Retour ACCUEIL     Retour ANTHROPOSOPHIE      Retour ESSENTIEL    

 

DISCIPLES DANS LA LUMIERE DE MICHEL 

  TEXTES SUR L'HISTOIRE DE L'HUMANITE

ANTHROPOSOPHIE

Cliquez ici

 

 

  

D'OU VIENT LA MALADIE ? Cliquez ici 

 

 

 

 

AVERTISSEMENTS IMPORTANTS PAR L’AUTEUR DU RÉSUME :

 Ce résumé de 12 pages, réalisé à partir à partir d’un livre de 175 pages

ne peut en être qu’une présentation incomplète. 

Il est une invitation à lire, si vous en sentez l’intérêt, l’intégralité du livre.

Les points de suspension qui apparaissent correspondent à des parties de phrases volontairement retirées 

ou à plusieurs phrases omises, avant ou après le texte, pour ne pas alourdir le résumé.

Les parties soulignées ou surlignées en gras et/ou en jaune sont dues à l'auteur du résumé.

Le numéro apparaissant en début de chaque chapitre correspond à la page du texte tel qu'il est dans le livre téléchargé.

Un résumé est surtout utile à celui qui a d’abord lu avec attention le livre dans sa totalité.

Il est conseillé de compléter ce résumé par la lecture du  livre : DISCIPLES DANS LA LUMIERE DE MICHEL.

Ce livre étant en Copyright, vous êtes priés d'en respecter la propriété intellectuelle des auteurs 

pour toute citation éventuelle de phrases extraites du résumé.

 

Le résumé (12 pages) ne peut être qu'un aperçu de ce livre.

 

Vous pouvez commander ce livre, par exemple, à :  http://www.amazon.fr  ou http://www.alapage.com ou http://www.priceminister.com   

 

    

 

  Remarque : Livre à télécharger gratuitement 

Une version du livre "DISCIPLES DANS LA LUMIERE DE MICHEL " peut être téléchargée à partir du site suivant :

  http://users.belgacom.net/idcch/index1.html (cliquer : ''Livres gratuits'')

 

 

 

DISCIPLES DANS LA LUMIERE DE MICHEL 

TEXTES SUR L'HISTOIRE DE L'HUMANITE

  

 

DISCIPLES DANS LA LUMIERE DE MICHEL

TEXTES SUR L’HISTOIRE DE L’HUMANITE

- Sommaire -

Par la doctoresse Ita Wegman,   1929 - 1960 © 2001 Editions « Tre Uno »  - 175 pages (traduit de l’italien par Daniel Kmiécik)

 

- Les numéros de pages indiqués entre parenthèse à chaque chapitre correspondent aux pages de l’édition téléchargée (via Internet)  ©2001.

 

SOMMAIRE

 

Essai introductif (Giancarlo Roggero) Sur les voies de l’Archange de l’époque

I.        MICHEL OU BIEN LE SECRET DU CŒUR QUI PENSE Giancarlo Roggero

1. L’HOMME ET LE MONDE SUPRASENSIBLE (p. 4)

2. SAINT MICHEL DANS LA TRADITION CHRETIENNE (p. 6)

3. LA REVELATION DE MICHEL DANS L’ŒUVRE DE RUDOLF STEINER (p. 15)

4. APPEL AU TOURNANT DES ÂGES (p. 22)

 

II – ITA WEGMAN – UNE RECHERCHE SUR LES IMPULSIONS FORMATRICES DE SON ŒUVRE Giancarlo Roggero

1. RUDOLF STEINER ET ITA WEGMAN: LES ETAPES D’UNE COLLABORATION. (p. 28)

2. CONTINUITE ET ORIGINALITE DANS LES ECRITS DE ITA WEGMAN (p. 38)

3. LES DEUX COURANTS DE MICHEL (p. 48)

4. VERS LA FORMATION D’UN NOUVEAU DESTIN (p. 54)

 

PREMIERE PARTIE par Ita wegman

AUX AMIS Lettres sur le Mystère de Michel Ita Wegman

I.                     L’ALITEMENT, LES DERNIERS JOURS ET LES ULTIMES HEURES DU DOCTEUR STEINER (p. 63)

II.                   EN NOUS RAPPELANT LE CONGRES DE NOËL (p. 66)

III.                 L’ANCIEN ET LE NOUVEAU GOETHEANUM (p. 68)

IV.                 MICHEL, GARDIEN DE L’ANTHROPOSOPHIE (Michel, c’est-à-dire l’archange Michaël. (ndt)) (p. 70)

V.                   ANCIENNE ET NOUVELLE REGENCE DE MICHEL (p. 72)

I.                     MICHEL ET SES ADVERSAIRES (p. 75)

II.                   IMPULSIONS MICHAELIENNES EN ORIENT ET EN OCCIDENT (p. 77)

III.                 LA CONNAISSANCE DU DESTIN A LA LUMIERE DE L’ARCHANGE MICHEL (p. 79)

IV.                 LES DEUX COURANTS DE LA SOCIETE ANTHROPOSOPHIQUE (p. 82)

V.                   RESURRECTION DES IMPULSIONS DES MYSTERES (p. 85)

XI.        LES CATEGORIES D’ARISTOTE, UN ALPHABET DU COSMOS (p. 88)

XII.      LES METAUX, VEHICULES D’INFLUENCES PLANETAIRES (p. 91)

XIII.     LE MOYEN DE LA PENSEE ET LA « PHILOSOPHIE DE LA LIBERTE » (p. 95)

XIV.     LUMIERES ET OMBRES AUTOUR DU MYSTERE DE MICHEL (p. 98)

XV.      UN SOUVENIR DES MYSTERES D’ÉPHESE (p. 100)

XVI.     LA PRESENCE ROSE-CROIX EN BOHEME (p. 103)

 

SECONDE PARTIE par Ita wegman

L’ACTION DE L’ARCHANGE MICHEL DANS L’HISTOIRE SPIRITUELLE DE L’HUMANITE Ita Wegman

INTRODUCTION

PREFACE

I —       LA GENESE DES DEUX COURANTS DE MICHEL (p. 108) 

II —     LA CONFLUENCE DE LA SAGESSE DES MYSTERES DANS LES CATEGORIES D’ARISTOTE (p. 112)

III —    LE MYSTERE DU GOLGOTHA ET SES REFLETS AU MOYEN ÂGE (p. 117)

IV —    VERS LA NOUVELLE REGENCE DE MICHEL (p. 121)

V —     L’IMAGE DE L’APOCALYPSE ET L’AVENIR DE L’HUMANITE (p. 125)

 

TROISIEME PARTIE par Ita wegman

REUNIR CE QUI EST DIVISE Deux écrits sur les destinées du Christianisme Ita Wegman

I —       LA LEGENDE DU TEMPLE - PARADIGME DE LA VIE SPIRITUELLE DE L’HUMANITE (p. 128)

II —     LA GRECITE ET LE MYSTERE DU GOLGOTHA (p. 131)

 

APPENDICE A

SAINT-MICHEL AU MOYEN-ÂGE ET DANS LE PRESENT

I —       SAINT MICHEL - TIRE DE LA LEGENDE DOREE DE JACQUES DE VORAGINE (p. 144)

II —     LE CLIMAT INTERIEUR DE LA FETE DE SAINT MICHEL de Rudolf Steiner (p. 148)

 

QUELQUES TEMOIGNAGES DE L’ART FIGURATIF (p. 152)

 

APPENDICE B 

A PROPOS DE L’AUTEURE

1. IMPRESSIONS D'ORIENT ET D'OCCIDENT DANS LES PREMIERES ANNEES  par Giancarlo Roggero (p. 155)

2. SOUVENIRS D’UNE ENFANCE ET D’UNE ADOLESCENCE VÉCUES ENSEMBLE par Charlien Wegman (p. 158)

3. APERÇU DE LA VIE D’ITA WEGMAN par Hilma Walter (p. 161)

4. TROIS NOËLS EN TEMPS DE GUERRE À ASCONA par Erica Müller (p. 168)

5. LE FUTUR OUVERT par Liane Collot d’Herbois (p. 170)

 

Bibliographie

 

 

DISCIPLES DANS LA LUMIERE DE MICHEL

TEXTES SUR L’HISTOIRE DE L’HUMANITE

- Résumé -

Par la doctoresse Ita Wegman, 1929 - 1960 © Editions « Tre Uno » - 175 pages (traduit de l’italien par Daniel Kmiécik)

 

- Les numéros de pages indiqués entre parenthèse à chaque chapitre correspondent aux pages de l’édition téléchargée (via Internet)  ©2001.

 

La première partie est tirée de : Ita Wegman, An die Freunde, Arlesheim 1960 (3ème édition, 1968).

La seconde partie est tirée de : Aus Michaels Wirken, aux soins de Nora Stein von Baditz, Stuttgart 1929 (5ème édition, 1983)

 

La traduction italienne de Giancarlo Roggero a été menée sur les éditions les plus récentes indiquées ci-dessus.

La publication italienne advient avec l’autorisation de la doctoresse Ita Wegman Nachlaß, Arlesheim (Suisse)

(Traduit de l’Italien par Daniel Kmiécik)

 

Essai introductif (Giancarlo Roggero) Sur les voies de l’Archange de l’époque

I.      MICHEL OU BIEN LE SECRET DU CŒUR QUI PENSE Giancarlo Roggero

L’époque de Michel est venue. Les cœurs commencent à avoir des pensées ; l’enthousiasme n’afflue plus seulement d’obscurités mystiques, mais bien plutôt de la clarté de l’âme soutenue par la pensée.

 Rudolf Steiner (Extrait des « Lettres aux Membres », 17 août 1924)

 

1. L’HOMME ET LE MONDE SUPRASENSIBLE (p. 4)

Parler aujourd’hui d’une réalité suprasensible est une entreprise ardue… Grâce au caractère « non-organique » de son intelligence, l’homme est doté de liberté et il peut se sentir membre d’un monde suprasensible…

Maints exercices indiqués par les écoles qui cultivent l’intériorité de l’homme — nous nous référons ici en particulier à l’orientation anthroposophique de Rudolf Steiner — visent précisément, comme ascèse préliminaire, à une libération de l’intelligence comme elle est comprise ici.

Tout comme pour remonter au suprasensible, on part de l’activité pensante, en scindant en elle ce qui est sensible de ce qui ne l’est pas, on pourrait, par une opération analogue, intervenir sur les autres activités de l’âme, sur le sentir et sur le vouloir...

 

2. SAINT MICHEL DANS LA TRADITION CHRETIENNE (p. 6)

L’humanité antique, quand elle tournait le regard vers le monde suprasensible, y percevait la présence des « dieux », à savoir des « êtres lumineux », à l’action desquels elle cherchait à accorder son existence. Si la révélation chrétienne préféra parler plutôt « d’anges », c’est-à-dire de « messagers », c’est parce qu’elle entendit souligner la dépendance des entités suprasensibles de l’Être suprême, duquel ils recevaient l’existence et auquel ils ordonnaient leur agir…

Ce qui différencie les « anges » de la révélation chrétienne des « dieux » de la sagesse païenne, c’est l’intention profonde du vouloir, la fin à laquelle est ordonné l’agir. Le caractère d’entité suprasensible est cependant le même…

Purification, illumination et perfection sont traditionnellement les trois degrés de l’initiation, à savoir de la voie par laquelle un sujet doué de spiritualité s’élève à une plus vaste participation de l’être. Cela signifie que les esprits supérieurs remplissent, vis-à-vis de ceux inférieurs, la fonction d’initiateurs…

Cette prémisse nous aidera à comprendre la fonction que remplit dans l’histoire de l’humanité cet être du monde suprasensible, connu de la tradition chrétienne comme Saint Michel Archange.

D’un être spirituel de nom Michaël, qui en hébreux signifie « Celui comme Dieu », l’Ancien Testament en parle déjà, même si c’est en peu d’endroits seulement du prophète Daniel, un livre comparable, dans son genre, à ce qu’est l’Apocalypse du Nouveau Testament. Là (Chapitre 10), Michel, par la voix d’un « homme vêtu de lin » et « au visage de foudre » qui apparaît en vision au prophète, il est dit : « votre prince qui résiste pour me donner force et aide » et plus loin (12, 1) « grand prince qui se tient dans la garde des fils de ton peuple ». Dans ce dernier passage, on parle d’un temps futur où « Michel surgira », caractérisé comme « un temps d’angoisse, comme il n’y en avait jamais eu dans la naissance des nations [...] ; dans ce temps-là de ton peuple sera sauvé quiconque se trouvera inscrit dans le livre ».

La rareté des références explicites à Michel dans l’Ancien Testament ne signifie pas, cependant, qu’il eut une place marginale dans la conscience des Israélites. Ceux-ci, au contraire, le ressentaient comme l’esprit-guide de leur peuple, et dans de nombreuses légendes, ils lui attribuèrent des actions ou des qualités, au sujet desquelles le texte sacré ne se prononce pas expressément. Ainsi apparaît-il comme celui qui connaît l’iniquité de Caïn, avant même encore que celui-ci accomplît son geste fratricide, ou comme l’Ange du Seigneur qui intervient sur le Mont Moría pour dispenser Abraham d’accomplir le sacrifice de son fils, ou encore comme celui qui lutte avec l’esprit mauvais de Samael pour avoir en garde l’âme de Moïse à sa mort.

Dans le Nouveau Testament, Michel apparaît en deux endroits, dans l’Épître de Jude…¸où reparaît le motif de la dispute pour l’âme de Moïse, et dans l’Apocalypse de Jean (Chap. 12), dans laquelle, le climat eschatologique déjà présent chez Daniel s’installant de nouveau, on parle explicitement d’une « guerre dans le Ciel » de Michel qui combat « avec ses anges contre le dragon », d’une précipitation de ce dernier sur la Terre, où il se déchaîne contre la « Femme » d’abord apparue dans le Ciel, et fait la guerre au « reste de sa descendance »…

Pour comprendre le rôle remarquable que Saint Michel assumera dans la tradition chrétienne, il faut tenir compte de ce que lui-même révélera de lui-même aux hommes au cours du temps, en se manifestant par des voies convenables à sa propre nature et à la leur, et en amenant ainsi une nouvelle lumière quant à ce qui est dit de lui, souvent sous une forme voilée dans les Écritures…

À celui du Mont Gargano, se reliront deux autres sanctuaires importants, dus eux-aussi à une apparition, localisés par rapport au premier sur une même ligne droite idéelle ; Mont Saint Michel en Normandie (début du huitième siècle) et le sanctuaire Sacra de Saint Michel dans le Val de Susa (dixième siècle)…

p. 1/12  - Disciples dans la lumière de Michel

Cette tradition, dans son récit essentiel, parle d’une intervention de Michel pour libérer le monde céleste de la présence d’un esprit qui s’est rebellé contre Dieu — par pur orgueil ou, selon certaines versions, par jalousie à l’égard de l’homme à peine créé — et le précipiter dans l’abîme, d’où il aurait par la suite tenté l’homme lui-même. En faisant cela, Michel agit par pur amour à l’égard de l’ordre divin présent dans l’univers. Cependant son intervention ne résulte pas simplement de la « nature des choses », mais elle est le fruit d’une libre initiative de son vouloir. Le rôle exceptionnel qui lui sera dès lors réservé dans le Cosmos, ne dérive pas d’une de ses qualités de nature — il est et reste un Archange —, mais de l’une des ses qualités morales qui lui sont propres. Elle laisse entrevoir une nouvelle attitude à l’égard du mal, qui n’est plus seulement évité, mais affronté et vaincu, non pas en son nom propre, mais au nom du Bien originaire…

Son acte le rapproche de l’homme, lui aussi contraint à se mesurer aux puissances du mal, et accorde son agir depuis les origines à l’agir de Celui qui, pour décider des sorts de l’homme, descendra jusqu’à lui, en en partageant la nature. Michel est donc l’esprit destiné à suivre Christ dans sa descente du Ciel sur la Terre pour venir à la rencontre de l’homme…

Par son exceptionnelle position de conscience céleste intacte à la frontière du monde terrestre, Michel apparaît comme le « visage des Hiérarchies célestes »…

À la position de Michel, en tant qu’Ange de l’Occident, est connexe aussi une autre fonction qui lui revient, très ressentie durant le Moyen-Âge: celle de guide des âmes défuntes. Elle oriente son activité en polarité à celle de l’Archange Gabriel. Alors que celui-ci conduit l’âme humaine sur les voies de l’incarnation terrestre, Michel la relie à la dimension céleste, et après l’avoir prédisposée, la guide dans ses destinées posthumes, vers les buts ultimes…

L’attribut de la balance n’est pas une adjonction arbitraire, mais un complément de l’image de Michel. Il correspond à ses facultés passives, comme l’épée correspond à celles actives. Avec l’épée, il agit, avec la balance, il accorde son agir à l’ordre universel. À telle fin, il lui faut une capacité d’écoute pure et impartiale, c’est pourquoi l’aiguille de la balance est souvent située dans la région cardiaque ou au moins à la hauteur du cœur. L’acte de la pesée renvoie à une quiétude transcendante, dont le combat spirituel est l’équivalent dans la dimension du temps…

L’ère des cathédrales… Le visage de Michel est toujours plus un visage humain, dans lequel se reflète l’idéal de vertu et de beauté de la nouvelle humanité…

L’homme, rendu participant à un contenu de conscience supérieur, commencerait à percevoir dans l’expérience de la réalité sensible les intentions créatrices qui la sous-tendent. Sans renoncer à l’image scientifico-naturelle du monde, il la verrait se compléter de son côté intérieur. Ce ne serait pas un succédané de la religion, comme ne l’était pas non plus les arts libéraux au Moyen-Âge, mais le premier pas vers sa spiritualisation. Il réaliserait le processus initiatique avec celle que nous avons appelée la « seconde phase de la révélation de Michel » et l’idéal s’avérerait de l’ère gothique, dans un certain sens cependant à partir du côté opposé : tandis qu’à l’époque il était une nostalgie d’une expérience qui arrivait à échéance, à présent ce serait le prélude de sa présentation nouvelle.

La possibilité ici considérée s’est réalisée dans l’œuvre de Rudolf Steiner.

 

3. LA REVELATION DE MICHEL DANS L’ŒUVRE DE RUDOLF STEINER (p. 15)

Les premières communications explicites de Steiner relatives à Michel remontent aux années 1905-1907…

En 1913… Michel apparaît comme l’esprit qui favorise dans l’humanité la compréhension du Mystère du Golgotha, en inspirant un ordre de pensées adéquates à la nature de cet événement. Comme à l’époque de l’Ancien Testament, en tant que « visage de Yahvé », il servait de médiateur à sa lumière ineffable, dans un degré accessible à l’intelligence humaine, ainsi à présent guide-t-il cette même intelligence vers la lumière qui émane du Christ…

À l’époque de Gabriel, caractérisée par l’avènement de la vision scientifique et spirituelle du monde, suit donc l’époque de Michel… L’action de Michel vise à affranchir l’intelligence humaine du lien exclusif au système neuro-cérébral, pour lui restituer la conscience de son caractère « non-organique », coïncidant avec sa liberté essentielle… Michel promeut la « compréhension des vérités inspirées et intuitives »…, à savoir de ces contenus spirituels fondés sur sa propre essence et ne nécessitant pas pour être reconnues, le témoignage des sens….

Entre novembre et décembre 1919, un cycle complet de conférences est consacré à La mission de Michel

Après avoir caractérisé le dragon comme l’image d’un penser qui « dévore l’homme », en le concevant comme « l’animal le plus élevé » né d’une nature régie par la pure causalité matérielle, et qui trouve son expression dans certains verdicts de la science, indiscutés parce que en réalité non-pensés, Steiner met en garde : « La lutte de Michel avec le dragon est arrivé à son moment le plus intense justement à notre époque… De toute part le dragon nous assaille » (1)

La force de Michel s’exprime à l’inverse dans la capacité d’insuffler une nouvelle vie dans l’univers au moyen de « nos impulsions morales ». Ce qu’il révèle à l’homme est la « réalité de l’ordonnancement moral du monde », dans laquelle est placé le germe de la future évolution humaine et cosmique. Le ton des conférences de cette période semble rendre Michel davantage proche de l’homme et de son âme. Cela s’avère évident lorsqu’à l’automne 1923, Rudolf Steiner s’apprête à reconstruire sur de nouvelles bases la Société Anthroposophique… L’accent est mis alors sur la particularité de la fête de Saint Michel, sur son caractère « automnal », sur la possibilité qu’elle devienne la fête de la « résurrection de l’âme », si elle est vécue par des personnes capables de susciter activement dans leur âme le feu de la conscience spirituelle, celle-ci servant de complément à ce qui de cosmique est donné dans la festivité de Pâques. Une telle résurrection de l’âme presse dans la civilisation présente, si celle-ci ne veut pas périr dans l’évanescence d’un penser entièrement sujet au pouvoir de la sensation…

Le « Congrès de Noël » 1923-24… Michel apparaît à présent comme un esprit plus que jamais proche des hommes, sur lesquels il n’exerce pourtant aucune pression, en attendant avec vigilance la démarche de leur libre initiative spirituelle…

Michel, le tuteur de la liberté humaine, est cependant aussi l’esprit qui désapprouve, en face de la conscience des hommes éveillés, les idées qui discordent avec l’ordonnancement moral du monde…

A l’occasion des conférences de 1924, nous signalons seulement, puisque sans répétition ultérieure, celle sur « l’école suprasensible de Michel », en tant que coulisse de la vie spirituelle moderne et condition de la science actuelle du suprasensible… Le 28 septembre… dernière conférence publique, en cherchant à susciter une compréhension de « l’autre courant de Michel », qui gravite autour des personnages des « deux Jean », le Baptiste et l’Évangéliste…

p. 2/12  - Disciples dans la lumière de Michel

Les « Maximes » [titre très mal traduit en français par le terme de « Directives » typiquement centralisateur et français, ndt, par les éditions Triades en 1978, nde]… Au terme de cette ultime conférence, il prononçait certains versets méditatifs dédiés à l’Archange, à l’accent d’hymne, et qui probablement aurait dû constituer une partie intégrante d’un rituel pour la fête de Saint Michel, qui malheureusement ne peut être réalisée… Les Maximes anthroposophiques, en reformulant entièrement les contenus de la science de l’esprit, fournissent de nouveau les catégories pour la compréhension de l’être de Michel et de son action dans l’humanité… Dans la « Lettre aux membres » du 17 août 1924 intitulée : « L’avènement de l’époque de Michel »… : Steiner y écrit : « Autrefois, les hommes recevaient les pensées de Michel. Michel administrait l’intelligence cosmique.

À partir du neuvième siècle [ap. J.-C.] nous ne percevons plus l’influence de Michel dans leurs pensées. Celles-ci s’étaient soustraites à sa gérance et descendaient désormais du monde spirituel dans les âmes humaines singulières » (2)

Michel est ici caractérisé comme l’inspirateur des pensées humaines. Par son inconditionnel amour à l’égard de l’ordre originel de la création, il en garde l’image intacte et la transmet aux hommes comme une lumière formatrice de leurs pensées. Dans un tel sens, il « administre l’intelligence cosmique »…

Leurs pensées [des hommes] se soustraient à la lumière inspiratrice de Michel. Ils ne pourront la retrouver que lorsque l’activité par laquelle elles naissent se sera convertie en amour, un amour pour les choses dans leur être, une adhésion profonde à leur vérité

Telle est la grande occasion qui se présente à l’homme dans celle que Steiner appelle « l’époque de Michel », dont l’avènement est ainsi privé de bruit et tourné vers le pur et insondable sens de la vérité, au point de passer inaperçu. Quand l’activité par laquelle l’homme connaît les choses, coïncide avec l’amour pour leur être, il entre en syntonie avec Michel…

Il est significatif… que dans l’œuvre de Rudolf Steiner, et donc aussi dans les Maximes qui la récapitulent, l’approfondissement le plus grand des lois qui président à la formation du destin correspond à la plus complète révélation de l’être de Michel… L’affinité de l’action de Michel avec l’amour qui se réalise dans l’intelligence, fait en sorte qu’elle entrouvre à l’homme le rapport au Christ, lequel est la source d’un tel amour. Certaines des « Lettres aux membres » sont consacrées à ce thème. En elles, Michel apparaît comme l’être qui révèle à l’intelligence humaine, spécialisée dans l’investigation de la nature sensible, les liens cosmologiques qui ramènent les manifestations de cette nature à l’ordonnancement moral du monde. « Aujourd’hui, on doit parler de la nature, comme l’exige l’évolution de l’âme consciente. On doit accueillir en soi le mode de penser purement scientifico-naturel. Mais on devrait aussi, eu égard à la nature, apprendre à parler — à savoir à sentir — de manière conforme au Christ…. » (2)

À faire obstacle à l’évolution de l’âme qui, au travers des voies entrouvertes par Michel, s’approche du Christ, c’est cet être spirituel que Steiner, se référant à l’antique tradition iranienne, désigne du nom d’Ahrimane. Dans les Maximes, il présente certaines caractérisations efficaces de son agir, opposé à celui de Michel. Ahrimane est l’esprit qui s’est approprié l’intelligence cosmique lorsqu’elle passait des mains de Michel à celles de l’homme, pour pouvoir la référer entièrement à lui…

Si le trait caractéristique de l’intelligence michaélienne c’est le don de soi, à la vérité des choses, celui de l’intelligence ahrimanienne est l’affirmation de soi à travers leur négation. À l’amour pour le Cosmos fait pendant le mépris. Son existence se déroule donc étrangère à la vie du tout et c’est à une telle aliénation qu’il voudrait mener les intelligences qu’il assujettit à son influence… Avec ceci, nous savons ce que nous devons comprendre par le « dragon » que Michel, à son exemple, nous invite à combattre et à vaincre. Il est la puissance qui voudrait nous induire à croire que l’unique réalité soit celle sensible…

La victoire du dragon s’accomplit donc sur le plan de la connaissance, dans la mesure où celle-ci s’accorde profondément avec les forces du cœur. Elle est un événement de l’âme, jamais définitif, fruit d’un combat à soutenir tant que dure la conscience terrestre…

 

4. APPEL AU TOURNANT DES ÂGES (p. 22)

Un moment crucial quand, dans la nuit de la Saint Sylvestre entre 1922 et 1923, part en flammes l’édifice en bois du Goetheanum,… La Noël 1923/24 un grand Congrès, dans lequel est prévue la fondation d’un nouvel organisme sociétaire qui s’appellera « Société Anthroposophique Universelle »… La réponse consiste dans l’illustration que les versets méditatifs de la « Pierre de fondation », récités dans leur intégralité le jour d’avant, puissent être utilisés, afin qu’ils « ne nous abandonnent plus », à savoir, qu’ils deviennent un patrimoine stable de l’âme. À telle fin, il en extrait de l’ensemble, en les écrivant au tableau noir, des strophes singulières, les « cadences » comme on les a appelées, sur lesquelles l’âme puisse concentrer son propre exercice dans une seule journée. Cette année-là, le 26 décembre tombait un mercredi. Jusqu’au mardi suivant, se succédèrent les instructions pratiques du type décrit, de manière qu’il en ressorte un programme complet pour la vie méditative dans le cours d’une semaine entière… Avec la pose spirituelle de la première pierre dans le cœur des assistants, le congrès de Noël offrait une réponse vivante au problème qui leur avait été exposé au commencement…

Elle ne devait pas être interprétée à la lumière des notions scientifico-spirituelles acquises, mais, devenue un art de vie de l’âme, faire en sorte que ces notions soient recueillies dans le flux vivant d’une conscience suprasensible en devenir. Donc pas un objet de savoir, mais une condition de son ravivage. Face à tout ceci, il est surprenant de voir combien peu elle a été cultivée par les membres dans les années qui suivirent le Congrès de Noël, combien rarement elle a été placée au centre de leurs activités et de leurs efforts… Le premier à appeler l’attention des membres sur son importance, en se servant d’un écrit — non pas pour substituer une tradition écrite à celle orale, mais pour obvier à l’absence même de cette dernière — fut, douze ans après le Congrès de Noël, l’anthroposophe d’origine russe, Valentin Tomberg (1900-1973)…

 

II – ITA WEGMAN – UNE RECHERCHE SUR LES IMPULSIONS FORMATRICES DE SON ŒUVRE Giancarlo Roggero

1. RUDOLF STEINER ET ITA WEGMAN: LES ETAPES D’UNE COLLABORATION. (p. 28)

… Ita Wegman… née le 22 février 1876 dans un village résidentiel près de Djakarta, sur l’île de Java, fille d’un industriel d’origine néerlandaise… S’étant transférée définitivement en Europe au printemps de 1900… elle s’était mise à étudier la théosophie, en adhérant à la Société Théosophique, sans en être pour autant intensément absorbée… Dans un entretien qui s’est déroulé dans les premiers mois de 1905 et auquel devait être aussi être présente Madame Marie von Sivers (1867-1948), future épouse de Steiner, ce dernier lui suggère d’abandonner la kinésithérapie et d’entreprendre des études régulières de médecine… pouvant ainsi… s’inscrire en faculté de médecine dès le semestre avril-août 1906, peu après avoir eu ses trente ans.

p. 3/12  - Disciples dans la lumière de Michel

Elle présentera, le 22 novembre 1912, une thèse… À partir de ce moment, la jeune doctorante peut exercer… la profession médicale… A Arlesheim, un village à deux pas de Dornach. C’est le 27 septembre 1920 et pour la première fois qu’elle peut à présent disposer pleinement d’une clinique, en se trouvant de plus dans le voisinage de celui dont émanent les principales directives pour son travail… Au terme d’une conférence, elle l’entend [Rudolf Steiner], non sans surprise, dire à un « ancien membre » : « J’ai l’intention de rédiger un livre de médecine avec la doctoresse Ita Wegman »…

Une atmosphère particulière de consécration accompagne la rédaction de cet ouvrage.

Au commencement de chaque session de travail tous deux récitent ensemble le Notre Père, selon une version conçue par Steiner lui-même. Depuis 1905, celui-ci avait donné à son élève des instructions concernant les exercices de l’âme auxquels elle s’était rigoureusement tenue. À présent, cette pratique prend parfois la forme d’exercices communs à exécuter individuellement à des heures convenues ensemble… Fruit de ce type de collaboration exceptionnel, tel est l’ouvrage Éléments fondamentaux pour un élargissement de l’art médical (3) qui paraîtra en septembre 1925, peu après la mort de Rudolf Steiner….

En embrassant du regard l’ensemble de l’œuvre, on s’aperçoit que les conférences à partir du jour de la Saint Michel 1923, jusqu’à la fin de l’année suivante se distinguent de toutes les autres par l’atmosphère intérieure qui y prédomine… Il s’adresse directement à l’âme de l’homme contemporain…

Dans le cours de l’année 1924, elle réalise les premiers pas dans le Département de Médecine qui vient de naître et auquel est rattaché le « Mouvement pour la Pédagogie curative », qui s’occupe des enfants handicapés ou, selon la très délicate expression de Steiner, « enfants ayant besoin de soin de l’âme »

Durant son alitement… on l’entend souvent réciter à haute voix le Notre Père, une pratique qui lui est devenue usuelle depuis longtemps et qu’il préfère mener debout, de sorte qu’avec l’aggravation de ses conditions de santé, ce sera la doctoresse Wegman qui le soutiendra, en priant avec lui…

 

2. CONTINUITE ET ORIGINALITE DANS LES ECRITS DE ITA WEGMAN (p. 38)

Avec la mort de Rudolf Steiner, Ita Wegman se sent investie d’une grande responsabilité. Elle a contribué de manière déterminante à la phase ultime de son œuvre et en a saisi, peut-être comme personne d’autre, le « mystère manifeste ». À présent, elle ressent le devoir d’en assumer l’héritage…

Parmi les activités développées par Ita Wegman dans les sept années qui vont de 1925 à 1932 — de son quarante-neuvième à son cinquante-sixième anniversaire — la production littéraire occupe un espace en soi, qui restera dans sa vie un phénomène limité à cette même période…

Quand, en mars 1935, le Denkschrift paraît contre elle… pas une seule parole d’elle, écrite ou orale, pour sa propre défense… À ceux qui insistèrent pour qu’elle réagît, elle répondit : « Contre les démons [à savoir l’esprit de la polémique et de la diffamation, ndt] il n’y a pas à combattre : on ne peut seulement que les laisser mourir de faim »

 

3. LES DEUX COURANTS DE MICHEL (p. 48)

Le soir du 28 septembre 1924, Rudolf Steiner, rassemblant encore une fois toutes ses forces, donne ce qui sera sa dernière conférence. Dans celle-ci, après avoir effleuré le mystère de la relation entre l’individualité du prophète Élie et Lazare le Réveillé, qui ramène à celui entre les deux Jean, le Baptiste et l’Évangéliste… pour pouvoir parler encore une fois de « l’autre courant de Michel »… Dans sa dernière conférence, Steiner semble adresser l’invitation à regarder dans la direction d’où viendrait un complément à tout ce qu’il a donné dans son œuvre… À présent, il réaffirme, dans une autre perspective, le thème de la coopération de plusieurs courants au but commun d’un renouvellement de la vie spirituelle...

La contribution d’autres courants, non seulement répond à la loi de complémentarité selon laquelle toutes les choses se développent, mais elle fut chaleureusement appuyée par Rudolf Steiner lui-même, par exemple, dans une conférence du 28 juillet 1924, après avoir parlé de « l’école suprasensible de Michel » et de son destin au vingtième siècle, il avait mis en garde : « C’est seulement au moyen de l’union d’une spiritualité, telle que celle qui veut affluer au travers du mouvement anthroposophique, avec d’autres courants spirituels, que Michel trouver les impulsions qui le réuniront avec l’intelligence devenue terrestre, mais qui en réalité lui appartient » (4).

Ita Wegman, dès le commencement de sa production littéraire, se montre attentive à ce genre de considérations. Sa lettre aux membres du 9 août 1925… est entièrement dédiée aux « deux courants de la Société Anthroposophique »…

Les deux courants, dans ce cas, sont celui des « âmes jeunes », liées à l’antique paganisme, et qui sont enclines à mettre dans leur action les fruits d’une cosmologie intégrée par la vision du suprasensible, et celui des « âmes vieilles » de nature plus contemplative, qui aspirent, au travers d’une nouvelle compréhension de l’événement chrétien, à une continuité avec les expériences vécues par elles dans les premiers siècles du christianisme. Ces deux courants correspondent en partie à ceux des aristotéliciens et des platoniciens, qui ont en commun le but de la spiritualisation « michaélique » de l’intelligence…

Il y a donc, selon Ita Wegman, deux courants de Michel, « l’un qui se rattache directement à Michel, en tant qu’esprit solaire » - et c’est celui-là qui a sa plus haute manifestation dans la grécité, - et « l’autre, guidé par Élie ». « Leur rapport — poursuit Ita Wegman - est celui qui existe entre un courant solaire et un courant lunaire, les deux toutefois procèdent tous deux de Michel »… Alors que dans le premier, Michel agit plutôt dans une atmosphère « diurne », donc au moyen des formes primordiales du penser rationnel et dans les expressions de vie qui y correspondent, dans le second, son action est plus occulte, en ayant pour véhicule la dévotion profonde qui accompagne la transmission, régulée par un vouloir éternel, de la lignée générationnelle qui devra offrir la corporéité terrestre au Rédempteur…

 

4. VERS LA FORMATION D’UN NOUVEAU DESTIN (p. 54)

Des témoignages pareils nous indiquent qu’elle était le cœur de son être : un dévouement qui du cœur envoie ses rayons jusqu’à l’esprit, en dissolvant tout gel, et qui agit à l’extérieur comme une force morale suscitant confiance et courage…

Ce sont les forces d’une lumière qui peut vaincre parce qu’elles affluent de la Parole qui a créé les mondes et les recrée à chaque fois que dans les intelligences de la pure écoute jaillit une vertu d’amour. Tel est le sens de la fidélité que Michel indique par l’exemple à ses disciples… Automne-hiver 2000-2001 Giancarlo Roggero.           

p. 4/12  - Disciples dans la lumière de Michel

PREMIERE PARTIE par Ita wegman

AUX AMIS Lettres sur le Mystère de Michel Ita Wegman

I.                    L’ALITEMENT, LES DERNIERS JOURS ET LES ULTIMES HEURES DU DOCTEUR STEINER (p. 63)

… Avec patience et dignité il a supporté sa maladie… Mais son esprit resplendissait d’autant plus radieusement, et cette splendeur a été pour moi la plus belle expérience en ce temps de douleur… Le trépas fut semblable à un miracle. Il s’en alla comme si cela avait été une chose évidente… On avait besoin de lui dans le monde spirituel, cela était clair, tout comme il était clair que lui avait des choses importantes à communiquer à ce monde ; des choses que lui seul pouvait communiquer…

Nous le sentons présent au milieu de nous, lui, l’homme grand et merveilleux, l’Ami de Dieu… 19 avril 1925.

 

II.                  EN NOUS RAPPELANT LE CONGRES DE NOËL (p. 66)

… Clairement, devant notre esprit, nous apparaît le Congrès de Noël, qui constitue un événement décisif pour la Société Anthroposophique… Dès ce moment, elle n’était plus seulement la Société Anthroposophique, mais en elle fut présent le Mouvement anthroposophique lui-même… Dès lors — ce fut le 25 décembre 1923 — est né un nouveau Karma pour la Société Anthroposophique…

Quiconque a participé de la manière juste au Congrès de Noël, à ce Congrès qui se déroula sous les auspices de Michel, put faire en lui l’expérience d’un changement, comme s’il était devenu un autre être humain, comme si le monde spirituel étant devenu si proche, comme s’il se vivait désormais en lui… 26 avril 1925.

 

III.               L’ANCIEN ET LE NOUVEAU GOETHEANUM (p. 68)

… Lorsque le Goetheanum nous fut ravi, en 1922, suite à la catastrophe de l’incendie et que, profondément affligés, nous nous rassemblâmes autour de notre maître Rudolf Steiner, en qui nous puisions toutefois nos énergies, nous n’imaginions jamais que deux ans et demi plus tard, lui-même, notre conseiller, notre plus cher ami, prendrait congé de nous…

Ainsi le Goetheanum a-t-il pris naissance de l’être de Rudolf Steiner. Sa parole, qui annonçait l’anthroposophie, édifiait éthériquement le Goetheanum ; celui-ci était la parole condensée de Rudolf Steiner : son propre corps éthérique avait grandi avec l’oeuvre d’art, en se liant indissolublement à elle… Le Goetheanum devait cependant être reconstruit…

Ce nouveau Goetheanum devait se rattacher aux impulsions de Michel, être une sorte de forteresse michaélienne, où les disciples de Michel auraient pu se retrouver et se réunir pour entendre la communication de Michel… 3 mai 1925.

 

IV.                MICHEL, GARDIEN DE L’ANTHROPOSOPHIE (Michel, c’est-à-dire l’archange Michaël. (ndt)) (p. 70)

… C’est d’un approfondissement de l’anthroposophie, d’une nouvelle direction du Mouvement anthroposophique, que Rudolf Steiner parla durant le Congrès de Noël et dans la période qui suivit. Qu’entendait-il avec ceci ? Il parla d’un courant guidé par Michel qui, grâce à l’anthroposophie, veut se manifester dans l’évolution de la Terre, en devenant actif en elle. Il devrait se produire une pénétration de la vie terrestre par la force de Michel…

Si l’action de Michel n’est pas comprise et accueillie consciemment dans les cœurs, le danger surgira rapidement d’un nivellement des doctrines anthroposophiques et Ahrimane, agissant dans l’homme, prendra possession de ce savoir, en en privant la Société Anthroposophique… Pourquoi Michel est si important pour nous ?

Nous savons, grâce à Rudolf Steiner… que Michel, justement, est conscient de ces grands dangers à la rencontre desquels s’avance l’homme suite à la prise de possession d’une telle intelligence. C’est pourquoi il voudrait constamment maintenir en relation avec les entités divino-spirituelles ce qui se développe chez l’être humain dans cette direction. Si cela ne se produit pas, le grand danger surgit que des entités ahrimaniennes, lesquelles connaissent cette émancipation de l’intelligence vis-à-vis des dieux, absorbent cette intelligence, en l’unissant à eux. De cette façon elles deviendraient les intelligences les plus puissantes du Cosmos…

Jusqu’à présent Rudolf Steiner était au milieu de ces hommes ; sa mission terrestre consistait à apporter la sagesse aux hommes agrippés par l’intellectualité, à les conduire grâce à elle à un tel degré d’évolution qu’ils soient en mesure de reconnaître et de suivre le Christ et d’affronter Ahrimane. Il les a guidés pas à pas, instillant la sagesse, alors que Michel cédait peu à peu l’intellectualité. Tous deux agissaient de concert, gardant et donnant pour le bien de l’humanité. Michel s’approchait toujours plus de l’humanité et, à présent, il opère en tant qu’entité réelle entre les hommes…

La bouche humaine qui nous annonçait la sagesse des dieux, est close à présent et elle ne peut plus nous mettre en garde et nous guider dans un langage commun.

C’est avec grand sérieux que nous devons accueillir ce qu’elle a dit et ce qu’elle a placé au centre de l’anthroposophie : le courant de Michel. Michel est, avec les hommes, le gardien de l’anthroposophie.

Puisse un nombre suffisant d’hommes prendre conscience que cette puissance réelle et efficace est au milieu d’eux, puissent tous ceux qui en ont la force et le courage, non seulement manifester la pensée de Michel qui est en l’âme, mais aussi la faire vivre dans leurs actes, puissent-ils devenir de fidèles serviteurs de Michel, pour le mener à la victoire et grâce à elle sortir l’humanité de la grande crise dans laquelle elle se trouve… 17 mai 1925.

 

V.                  ANCIENNE ET NOUVELLE REGENCE DE MICHEL (p. 72)

… Une nouvelle époque de Michel a commencé. La compréhension de ce fait doit s’éveiller chez les hommes, l’être de Michel doit être compris. Rudolf Steiner l’a sans cesse répété à ceux qui voulaient l’écouter. Il fit l’annonce dans quelques conférences d’abord de l’action de Michel, lequel en 1879, assuma la régence [spirituelle, ndt] jusque-là détenue par Gabriel…

Comment devons-nous nous comporter pour ne pas perdre la guidance de notre maître depuis le monde spirituel, afin que l’anthroposophie puisse continuer à fleurir ? Chers amis, dans ce cas, nous devons offrir à Michel la disponibilité à agir en partant de la liberté, sans cependant tomber dans l’égoïsme, par pur amour. Nous devons accueillir la liberté dans sa grandeur réelle. L’anthroposophie doit devenir, plus encore que dans le passé, cosmopolite, et ne pas se cloîtrer dans des groupes singuliers de personnes ou rester limitée à des pays singuliers, elle est pour tous les hommes du monde. Telle est la volonté de Michel. Il voudrait voir l’amour pour le monde répandu entre tous les hommes24 mai 1925.

p. 5/12  - Disciples dans la lumière de Michel

VI.      MICHEL ET SES ADVERSAIRES (p. 75)

Si l’homme est prêt à servir Michel, il doit s’en approcher activement. Michel ne peut pas être rejoint au moyen d’une dévotion passive ou dans une attitude de prière, au contraire, on le rejoint en se portant activement dans le monde spirituel…

Dans le futur, il voudrait prendre demeure dans le cœur et dans les âmes des hommes terrestres. Il a besoin de la confiance spirituelle de la part de l’humanité. Si cette confiance lui est accordée, il peut alors agir comme inspirateur des hommes. Ceux qui vivent intensément dans l’âme rationnelle ou affective et instaurent un rapport avec Michel, peuvent facilement parvenir à ce monde spirituel dans lequel il vit, en en recevant les inspirations…

La partie restante des ennemis de Michel sera vaincue, quand le Karma sera compris des hommes.

Si celui-ci est compris avec les forces du cœur et de la tête, si, sans émotion ni frivolité, avec un profond sérieux, sont acceptées et comprises les vies terrestres répétées, alors ces ultimes démons anti-michaéliens pourront aussi être vaincus et l’époque de Michel, avec l’événement imminent du Christ, pourra suivre son cours… 7 juin 1925.

 

VII.             IMPULSIONS MICHAELIENNES EN ORIENT ET EN OCCIDENT (p. 77)

… Quand l’impulsion de Michel agit dans l’humanité terrestre, ce qui était initialement enseigné dans un centre spirituel, est à présent transmis et diffusé à tous les peuples de la Terre, à toutes les régions dans lesquelles existent des possibilités pour une action spirituelle…

Sur un ton de mise en garde, Rudolf Steiner a souvent confirmé, et plus encore dans les ultimes années de sa vie, que nous nous trouvons au-dessus d’un volcan, lequel peut faire éruption d’un moment à l’autre, dans le cas où il n’y aurait pas assez de forces spirituelles sur Terre capables de l’en empêcher. Or, seront présentes suffisamment de forces spirituelles, si l’on peut exercer tout ce qui, grâce à Michel, afflue dans notre temps… 26 juillet 1925.

 

VIII.           LA CONNAISSANCE DU DESTIN A LA LUMIERE DE L’ARCHANGE MICHEL (p. 79)

… La nécessité de céder l’intelligence cosmique à la Terre dérivait du fait qu’à la Terre l’Entité du Christ s’était unie. La descente du Christ fut pour Michel le signal qu’il devait céder l’administration de cette intelligence. Cela le mit toutefois dans la situation singulière de ne plus pouvoir envoyer ses propres impulsions sur la Terre. Il dut attendre que le début de sa nouvelle période de régence, ce qui n’advint qu’en 1879, alors que dans le passé, même en dehors de ces périodes, il était en condition d’envoyer constamment ses propres impulsions depuis le Soleil. Ayant cédé l’administration de l’intelligence cosmique, Michel fut contraint à l’inactivité.

Sur la Terre, les hommes étaient désormais privés des impulsions de Michel et cela fut surtout perceptible à partir du quinzième siècle, alors que commençait à se développer l’âme consciente. Les hommes avaient bien des pensées propres, mais aucune impulsion de pouvait plus leur être donnée à partir du monde spirituel…

Normalement, dans la période qui s’étend entre une mort et une nouvelle naissance, les âmes humaines élaborent le Karma de leur destinée successive sous la direction des entités spirituelles. Toutefois, au monde, comme il advenait alors, rien n’avait jamais été élaboré au moyen des enseignements de cette école suprasensible. Jamais les âmes n’avaient été instruites de cette manière sur les lois du Karma

S’occuper désormais, dans le domaine de l’anthroposophie, des lois du Karma, signifie s’occuper des enseignements qui se sont déroulés dans les mondes spirituels, grâce à Michel. Une opposition terrestre à l’activité de l’Archange est constituée par l’oeuvre d’Ahrimane, lequel cherche à détruire, en l’extirpant du domaine terrestre, ce que Michel octroie comme doctrine de sagesse… C’est justement dans cette conscience plus élevée, qu’Ahrimane perçoit un danger majeur pour le déploiement de sa propre puissance. Tenir les hommes dans un état de sommeil, lui convient parfaitement puisque dans ce cas, l’action consciente du Karma n’est plus un objet d’expérience… Si la conscience du Karma est étouffée par Ahrimane, ce qui s’exprime dans la peur des hommes à s’en occuper, alors les impulsions de Michel seront perdues…

Un autre danger pèse de toute sa menace, provenant lui, d’une autre direction, de celle de Lucifer. Si le plus grand sérieux n’est pas en vigueur dans les cœurs des hommes, si la modestie et la bonne volonté n’impriment pas la vie de l’âme de ceux qui s’occupent des ces grandioses vérités, alors Lucifer prend possession de leurs âmes

Ahrimane ne veut pas que les lois du Karma soient expérimentées consciemment dans les cœurs des hommes. Lucifer quant à lui se réjouit qu’ils s’occupent du Karma de manière frivole, avec suffisance et auto-complaisance… 2 août 1925.

 

IX.                LES DEUX COURANTS DE LA SOCIETE ANTHROPOSOPHIQUE (p. 82)

… Le docteur Steiner parla, pour illustrer le Karma de la Société Anthroposophique de deux groupes d’âmes qui en font partie…

Il y a un groupe d’âmes qui s’efforcent, en tant qu’anthroposophes actifs, dotés de fortes impulsions volontaires, d’accueillir en elles tout ce que l’anthroposophie peut donner. C’est surtout la cosmologie qui les attire. Elles ont une grande compréhension du Christ cosmique, mais, lorsqu’elles trouvèrent la voie vers l’anthroposophie, elles n’avaient pas tant recherché le Christ, que plutôt une conception de la vie capable d’accueillir le monde dans toutes ses manifestations. À l’intérieur du mouvement anthroposophique, elles s’efforcent de répandre ultérieurement ces enseignements parmi les hommes. Ces âmes ont vécu leur incarnation la plus importante et la plus significative à l’ère pré-chrétienne, durant laquelle elles étaient profondément imprégnées de paganisme et étroitement reliées à la sagesse des Mystères, et maintes d’entre elles pouvaient pénétrer par le regard dans le monde spirituel… En ces âmes vivaient l’élément aristotélicien

À l’intérieur de la Société Anthroposophique se trouve un autre groupe d’âmes. Ce sont celles de nature plus contemplative, qui ont une grande propension, dans leur présente incarnation, vers l’anthroposophie, mais sans ressentir le besoin d’être actives à l’intérieur du mouvement. anthroposophique. Elles ressentent une aspiration ardente à trouver le Christ et elles se sentent profondément apaisées si l’anthroposophie peut les conduire à l’Entité du Christ, pour laquelle vit, au plus profond de leur cœur, un sentiment chaleureux, rempli de nostalgie. Elles n’ont pas de propension particulière pour les enseignements cosmologiques de l’anthroposophie, par rapport auxquels, elles restent plus ou moins indifférentes. Dans la science théologique actuelle elles ne rencontrent aucun apaisement de la nostalgie du Christ qui vit dans leur subconscient. Elles se sentent attirées vers l’anthroposophie, dès qu’elles entendent ses vérités. Dans l’ère pré-chrétienne, elles avaient assimilé beaucoup du platonisme

p. 6/12  - Disciples dans la lumière de Michel

Ces deux groupes d’âmes donc, avant de s’incarner de nouveau dans le temps présent, accueillirent ensemble les puissantes imaginations, données par Michel dans le monde suprasensible au début du dix-neuvième siècle…

Ceux qui ont eu leur incarnation décisive dans l’ère pré-chrétienne, trouvent le plus souvent la voie qui les ramène au monde spirituel en se consacrant à l’approfondissement des liens cosmologiques. Leur travail méditatif va dans cette direction. Ceux dont l’incarnation décisive tomba dans les premiers siècles après Christ, développent par contre le meilleur de leur activité en approfondissant le christianisme à la lumière de l’anthroposophie et en en préparant sa forme à venir…

Même pour le nouvel art médical la connaissance de ces deux types se révèle d’une grande importance. Pour ceux qui appartiennent au premier des deux types décrits, le médecin, en cas de maladie, cherchera au moment d’intervenir en thérapeutique, à partir du système de la tête ou de celui du métabolisme ; dans le second groupe, par contre, les forces de guérison devront être stimulées au moyen du système rythmique 9 août 1925.

 

X.                  RESURRECTION DES IMPULSIONS DES MYSTERES (p. 85)

L’institution des Mystères a joué dans l’ère pré-chrétienne un rôle important pour l’évolution de l’humanité. La direction de toute la vie spirituelle lui incombait, de sorte que rien d’important n’advenait sans que les impulsions relatives fussent reconductibles aux Mystères. Dans les des Mystères se produisait des rencontres entre initiés ou initiants et les dieux, ce qui n’était possible qu’en ces lieux…

Au fur et à mesure que dut se développer la liberté humaine, l’être des Mystères se retira jusqu’à disparaître… Les hommes devaient désormais s’appuyer sur eux-mêmes et être amenés à agir en partant de leur impulsion propre…

Les cérémonies étaient riches de paroles magiques que prononçaient les prêtres… Les disciples étaient initiés, comme déjà dans les Mystères antiques, aux secrets de la Lune. De tels secrets sont en rapport avec l’être humain et mènent à une connaissance du corps éthérique. Aux disciples des Mystères on enseignait que dans la descente de l’homme d’un existence pré-terrestre à celle terrestre, le corps éthérique se forme grâce aux forces de la Lune…

On leur enseignait donc que quelque chose devait être retenu, afin que la formation du corps éthérique se déroulât tranquillement et ce quelque chose provenait du Soleil. Du Soleil provenaient des forces lesquelles n’avaient rien à faire avec la formation du corps éthérique. Les forces solaires ne se trouveraient en rapport qu’avec le Je et le corps astral et n’agiraient qu’avec un effet dissolvant et destructeur sur le corps éthérique : ce qui, dans les forces solaires, peut agir sur le corps éthérique, devrait d’abord passer au travers de la Lune, et devenir une lumière lunaire.

Après que cet enseignement avait été accordé, les initiants devaient parvenir à l’expérience du monde éthérique, ils devaient se rendre indépendants du corps physique et vivre dans le corps éthérique… 23 août 1925.

 

XI.      LES CATEGORIES D’ARISTOTE, UN ALPHABET DU COSMOS (p. 88)

… On peut effectuer au moyen d’un sage usage de ces concepts formulés par Aristote, la lecture des vérités cosmiques…

Si l’on réapprend à lire dans l’univers en se servant de ces concepts, il en renaîtra la sagesse primordiale qui se trouve secrètement dans les êtres humains. Ces concepts sont les catégories d’Aristote : qualité, quantité, relation, temps, espace, position, agir et pâtir. [Ita Wegman liste les catégories d’Aristote en se fondant sur la conférence de Rudolf Steiner du 22 avril 1924 (dans Sièges des Mystères du Moyen-Âge, GA 233a), dans laquelle huit sont rapportées à l’exclusion de celles de l’être (ou substance) et de l’avoir, quoique Steiner dise peu à peu qu’elles « peuvent être élargies à dix. » Ndt]…

Que l’on prenne la qualité, la substance ou dans une certaine quantité, qu’on l’introduise dans l’organisme humain et qu’on la laisse agir. On produira une force qui agit sur le penser, et une relation avec le Je est ainsi donnée, alors qu’il n’y a aucune relation directe avec le corps éthérique ni non plus avec le corps astral. Le penser, qui dans ce cas est mis en branle par l’organisation du Je, est libéré de son impuissance et mis de nouveau en condition d’agir vigoureusement à partir du Je, au moyen du corps astral et du corps éthérique, jusqu’au corps physique, alors que le penser abstrait est, inversement impuissant…

Le disciple apprenait ces choses, comme une conséquence du secret relatif à l’affinité de la substance « or » avec le Soleil, dans les écoles des mystères. On y enseignait en outre que le pôle opposé de l’or, est constitué par le carbone, lequel présente une grande affinité justement avec l’oxygène…

Tout ce qui était enseigné dans les Mystères n’était pas seulement un savoir terrestre, mais aussi une sagesse cosmique : c’étaient des secrets relatifs à la Lune, aux étoiles, aux planètes, et des pratiques préparatoires opportunes étaient toujours nécessaires au disciple afin qu’on pût lui confier ces secrets lunaires et solaires. L’or et la carbone, en tant que complémentaires en opposition jouaient un rôle important dans les Mystères. L’or déploie son action cosmique dans le Soleil, le carbone, qui est présent sur Terre comme carbone, graphite et diamant, déploie son action cosmique sur la Lune, où il apparaît comme argent…

Un rapport vivant s’instaurait ainsi avec les intelligences du Cosmos et on en venait à connaître les secrets des planètes…

Avec ses catégories Aristote inaugura un alphabet cosmique, qui s’était révélé en lui par une inspiration… De ces souvenirs, et des impulsions, il en fit les fondements de ses écrits philosophiques…

On parle de qualités, de substances, qui se trouvent en relation avec le Cosmos ; de la manière dont des quantités opportunes qui, introduites dans l’organisme produisent leurs effets sur les diverses organisations de l’homme, tout comme sur les organes singuliers ; grâce à une métamorphose, ce qui sur la Terre est lié en tant que substance à un certain lieu, à l’espace et au temps, présente un autre aspect dans le Cosmos ; de la manière dont au moyen des rapports réciproques des planètes, peuvent être provoqués l’agir et le pâtir, et de comment, suite aux changements de la position peuvent se produire des transformations dans les effets et dans les substances. Appliquées de cette manière, les catégories reprennent vie… 30 août 1925.

 

XII.    LES METAUX, VEHICULES D’INFLUENCES PLANETAIRES (p. 91)

L’antimoine, dit Steiner, déploie une action protectrice contre les forces de nature souterraine, telles que l’électricité et le magnétisme…. L’antimoine déploie une action protectrice contre Ahrimane. Là où l’antimoine est présent, Ahrimane, lequel s’extériorise dans l’électricité et dans le magnétisme terrestre, ne peut plus agir fortement sur les hommes et sur leur environnement. Dans une région où l’antimoine agit, l’atmosphère est davantage spirituelle et adaptée au culte des mystères… 13 septembre 1925.

p. 7/12  - Disciples dans la lumière de Michel

XIII.  LE MOYEN DE LA PENSEE ET LA « PHILOSOPHIE DE LA LIBERTE » (p. 95)

… Michel guide la descente de l’intelligence cosmique, avec laquelle il se trouve en relation étroite… Michel fut toujours le grand inspirateur de l’humanité… Du penser actuel, si étroitement lié au corps physique, Michel ne peut malheureusement plus s’approcher… Les voix inspiratrices de Michel ne sont pas entendues. La satisfaction répandue par la connaissance de la nature, qui s’est emparée de l’être humain et le tient en son pouvoir, en est en cela le plus grand obstacle. Bien qu’aient été développées des idées significatives dans les divers domaines de la vie spirituelle par des hommes éminents, et bien que ces idées visassent à une expérience humaine intégrale, elles ne peuvent s’ouvrir à l’inspiration de Michel. Dans l’art éclatèrent encore çà et là les impulsions de Michel, par exemple à l’époque de la Renaissance et plus tard, dans la poésie de Novalis.

Toutefois, ces forces ne purent rayonner à l’intérieur de l’âme consciente…

Michel veut mettre de nouveau les hommes, comme dans le passé déjà, en rapport avec les dieux, mais sans l’intromission de forces lucifériennes, lesquelles voudraient réaliser la même chose, mais en détachant les hommes de la Terre. Michel veut en outre donner à l’homme, quoique lié à la Terre, autant de spiritualité qu’il lui est nécessaire pour se soustraire à l’influence d’Ahrimane…

Les pensées ressuscitèrent dans le corps éthérique et La Philosophie de la Liberté put être rédigée, qui devient un manuel de Michel. Rudolf Steiner expérimenta — comme il le dit lui-même — de 1889 à 1896 le monde éthérique confinant au monde sensible. Il perçut les mondes des pensées qui prennent de la substance dans le monde éthérique…

La mission de Michel put ainsi se déployer pour la première fois dans l’époque actuelle par l’entremise de Rudolf Steiner.

Pour la première fois en lui des pensées revivifiées émergèrent, lesquelles étaient si puissantes que les âmes et les esprits du monde suprasensible s’inclinèrent sur elles. Lui, il fut l’Homme libre, en mesure de vivre avec les entités spirituelles, comme cela était advenu autrefois dans les Mystères… Michel devint le serviteur de son esprit…

Les forces de Michel avaient en effet agit jusqu’à la fin du Moyen-Âge chez les Rosicruciens… Les Rosicruciens étaient en réalité les derniers hommes qui, au seuil de l’époque de l’âme consciente, gardaient encore un rapport vivant avec le monde spirituel… 20 septembre 1925.

 

XIV.   LUMIERES ET OMBRES AUTOUR DU MYSTERE DE MICHEL (p. 98)

… « Ces conférences ne me fatiguent absolument pas », répondait Rudolf Steiner, quand on le priait de se ménager. « Ce sont précisément ces conférences qui me tiennent en forme », disait-il, « ce qui me fatigue, ce sont les pensées mortes qui viennent à ma rencontre ; et l’absence d’intelligence, de compréhension des hommes m’épuisent »…

 

XV.    UN SOUVENIR DES MYSTERES D’ÉPHESE (p. 100)

… Grâce aux investigations scientifico-spirituelles de Rudolf Steiner, nous possédons de nombreuses communications autour des centres les plus importants des Mystères de l’Antiquité. Chacun d’eux avait une tâche spécifique et dans leur ensemble on distinguait des tâches orientales et des tâches grecques.

Les centres des Mystères orientaux étaient ceux où dominait encore une vision réelle de l’esprit dans la nature, l’homme y était en étroite communion avec le Cosmos, les dieux étaient ses guides qui descendaient sur la terre et dirigeaient eux-mêmes les cérémonies cultuelles.

Dans les Mystères grecs, au contraire, l’homme était déjà plus lié à la Terre et les dieux n’envoyaient plus que leurs forces aux prêtres célébrant, c’est pourquoi ceux-ci agissaient comme des images reflets des dieux.

Éphèse, le centre des Mystères situé en Asie mineure, constituait une voie médiane entre les Mystères orientaux et ceux grecs… Et c’est de Perséphone que parlait aux disciples d’Éphèses, hommes et femmes, celui qui, en tant qu’initié en avait assumé la direction… L’élève préparé à cela pouvait entendre ce qui suit…

Lorsque nous nous trouvons à l’état de veille, nous expérimentons la nature telle qu’elle apparaît à nos yeux. Mais elle présente aussi un autre aspect, dissimulé à la conscience ordinaire. On apprend à connaître cet autre aspect de la nature, quand on se trouve dans l’état du sommeil, cependant un sommeil dans lequel l’obscurité totale n’envahit pas la conscience.

Dans ce sommeil, Perséphone est autour de nous. Elle vit dans le devenir de la nature, dans la croissance des plantes, elle tisse en tout ce qui nous apparaît comme nature. Mais Perséphone n’est pas seulement autour de nous, plus encore, durant le sommeil elle pénètre en nous. Elle pénètre dans l’organisme physico-éthérique et nous, nous pouvons dans cet état en expérimenter l’action.

Perséphone se trouve ici dans le royaume de Pluton, à savoir dans le royaume de celui qui régit la condition du sommeil dans l’organisme physico-éthérique. Pluton est aussi le maître des forces des profondeurs terrestres du monde des Enfers, et c’est à ces forces qu’est à son tour relié le corps physico-éthérique.

Durant le sommeil, on peut donc expérimenter l’action conjointe de Perséphone et de Pluton. Le disciple réalise de cette façon un voyage dans le monde souterrain, démoniaque, ce qui en même temps joue un rôle dans la pénétration des secrets de la nature.

Pour parvenir à la connaissance de la nature, il ne suffit pas de laisser libre cours à ses sentiments : Perséphone œuvrant donc dans le monde céleste, mais il faut aussi la connaître aussi œuvrant dans le monde inférieur et pouvoir en faire l’expérience dans le corps physico-éthérique. Si le disciple expérimente aussi de la manière juste l’action de Perséphone, les régions souterraines ne pourront provoquer aucun dommage sur lui. Perséphone a en fait pour mère la déesse Déméter et c’est de cette manière qu’elle est reliée au monde céleste. Elle a gardé en elle les forces du monde céleste et ne peut donc se soumettre au pouvoir de Pluton, bien qu’elle est immergée profondément dans le domaine terrestre.

Dans l’état de veille, l’être humain vit dans le monde céleste, dans le sommeil dans celui inférieur…

Perséphone, qui fut appelée ensuite aussi « Nature », vit comme déesse terrestre dans la périphérie de la Terre et dans le monde inférieur. Les esprits de la Terre sont à son service [À savoir les êtres élémentaires, ndt], lesquels attendent avec la même nostalgie leur libération de l’enchantement des puissances terrestres dont ils sont les victimes. - Cela ne peut advenir que par l’entremise de Michel, lequel agit en l’être humain, en le conduisant vers une expérience vraie de la nature. Si Michel y parvient, avec l’aide de l’homme, ils pourront à leur tour se mettre au service de l’humanité. Viser à ce que cela soit possible, telle est la tâche des hommes inspirés par l’Archange. 23 octobre 1925.

p. 8/12  - Disciples dans la lumière de Michel

 

 

XVI.   LA PRESENCE ROSE-CROIX EN BOHEME (p. 103)

… Le terme Praha signifierait aussi « seuil »… Prague peut s’avérer significative pour l’activité anthroposophique. Dans son voisinage se trouve le château de Karlstein, dont la construction fut initiée par Charles IV [Rudolf Steiner parla de lui comme du dernier empereur européen « initié », ndt].en l’an 1348… En Bohême et dans les montagnes qui l’entourent, il y a une grande richesse de minéraux et de cristaux siliceux… En visitant ce château… un vrai joyau d’art, c’est la petite chapelle de Sainte Catherine… tandis que la voûte à croisées d’ogives a un fond bleu azur, ponctué de rosettes d’or et parsemé de motifs des Rose-Croix… Nous parvenons ainsi au donjon… À son sommet, se trouve la Chapelle de la Sainte Croix. Le couloir de l’escalier qui y mène en escaladant le donjon, est décoré de peintures… De ces peintures, le docteur Steiner déclara qu’elles représentaient une forme primitive des Noces chymiques de Christian Rose-Croix… Sainte chapelle de la Croix, et dont nous savons d’après les paroles de Rudolf Steiner, qu’elle serait une sorte de chapelle du Graal.

 Chez Saint Venceslas, le patron de Prague, mort en 936, le 28 septembre, donc la veille de la Saint Michel, vient à notre rencontre la figure lumineuse du vrai Rose-Croix. Son être se trouve aussi dans un rapport étroit avec Michel… 15 novembre 1925.

 

 

SECONDE PARTIE par Ita wegman

L’ACTION DE L’ARCHANGE MICHEL DANS L’HISTOIRE SPIRITUELLE DE L’HUMANITE Ita Wegman

 

INTRODUCTION

Tout ce qui sera exposé dans les pages qui suivent présuppose, pour être pleinement interprété, la reconnaissance d’un monde spirituel et d’entités qui sont actives dans ce monde… Dans l’image du monde de l’Anthroposophie, obtenue en suivant ces voies, on montre — seulement à un degré supérieur de connaissance, toutefois — que des entités cosmiques, hiérarchiquement ordonnées, régissent le devenir du monde. L’une d’entre elles est Michel. Avec le même sens du concret par lequel le scientifique de la nature parle des forces naturelles, l’investigateur de l’esprit, lui, parle de l’Archange Michel.

Cela était observable chez Rudolf Steiner. I. W. (1929)

 

PREFACE

Si l’on écrit aujourd’hui un livre sur Michel, cela advient parce que l’époque que l’humanité est en train de traverser, présente des caractéristiques, qu’aussi bien la tradition que l’investigation spirituelle vivante de Rudolf Steiner attribuent à l’Archange Michel. Une époque michaélique, donc, ainsi Rudolf Steiner a-t-il désigné l’époque présente...

L’histoire de l’humanité se déroule en époques successives… Sept époques clairement discernables, d’une durée de trois ou quatre siècles, se succèdent de manière telle qu’à chaque octave se représente celle régie par Michel…

Celles intermédiaires sont guidées par un choeur d’êtres spirituels, parmi lesquels chacun se trouve à l’origine de l’une des susdites attitudes de l’âme. La tradition médiévale les appelle, dans leur séquence : Oriphiel [ou Uriel, ndt], Azaël [ou Anaël, ndt], Zachariel, Raphaël, Samuel, Gabriel. Tels sont, avec Michel, les noms des sept Archanges régents. Une position singulière revient pourtant à Michel. Il agit durant les périodes de régence des autres Archanges par l’intermédiaire de ces derniers, de manière similaire au Soleil qui domine sur les planètes, de sorte que, en tant qu’Archange solaire, il détient constamment la guidance de l’humanité. Il a toutefois la possibilité d’agir directement sur la conduite de l’humanité en ces périodes où la régence lui revient d’office. La période actuelle en l’une de celles-là… I.W. (1929)

 

I — LA GENESE DES DEUX COURANTS DE MICHEL (p. 108) 

Comment se fait-il que toujours, quand on parle de Michel, les cœurs de ceux qui ont une sensibilité pour le spirituel se mettent à battre plus fortement ? C’est parce que ceux-ci sentent, au plus profond de leur cœur, que Michel est un être à qui l’on doit une action, sans laquelle l’humanité aurait dû aller depuis longtemps droit à l’abîme. De même que Christ a accompli une action par laquelle la mort fut vaincue, ainsi Michel a fait en sorte, grâce à une autre action, que l’homme puisse se préserver d’un endurcissement total dans l’existence matérielle.

Lorsque, dans les figurations et sculptures anciennes, on trouve à représenter Michel comme celui qui combat le dragon, dans ce dragon se discerne la force qui veut conduire l’homme à l’endurcissement terrestre. Michel s’y oppose, mais sans aucune dureté, car il n’est que bonté et infinie mobilité… Tandis que les autres puissances divines se retirent, Michel continue à accompagner l’homme tel un guide fidèle…

Un document de l’Inde antique transmet un reflet terrestre du combat grandiose dans les cieux que Michel dut soutenir contre ses adversaires : la Bhagavad-Gita, que Rudolf Steiner a traitée dans deux cycles de conférences…

Toutes ces images ont pour motif commun qu’une réalité inférieure est vaincue par une réalité supérieure. Dans la supérieure, c’est Michel qui agit, dans celle inférieure, on n’a pas seulement à faire avec le dragon, mais plutôt à côté de lui, on a également une entité qui se sacrifie volontairement et traverse la réalité du mal, sans être elle-même malveillante. Cet être qui choisit par sacrifice le passage dans la réalité inférieure est le “ Précurseur ” du Christ, dans sa descente progressive vers la vie terrestre. C’est l’Ange que Christ envoie au devant de Lui et qui prendra par la suite le nom d’Élie. L’Archange qui agit au travers de cet Ange, c’est Michel. Dans ce qui s’accomplit sur Terre grâce à des personnalités humaines inspirées par Élie est aussi présente également la force de Michel…

Il y a donc deux courants de Michel : l’un qui se relie directement à Lui en tant qu’esprit solaire, l’autre guidé par Élie.

Leur rapport est celui qui existe entre un courant solaire et un courant lunaire, lesquels procèdent pourtant tous deux de Michel… L’histoire du peuple hébreu se révèle comme le récit de la préparation du corps terrestre du Christ dans le cours des générations. Connexe à l’impulsion du Je-Suis, qui agit dans le sang de génération en génération, Michel apparaît à l’intérieur de ce courant. Il est en effet la face de Jahvè. Le second courant, provenant de la Chaldée est plus occulte, parce qu’il procède selon des voies purement spirituelles. . Il mène lui de la Chaldée à la Grèce.

p. 9/12  - Disciples dans la lumière de Michel

II — LA CONFLUENCE DE LA SAGESSE DES MYSTERES DANS LES CATEGORIES D’ARISTOTE (p. 112)

Ce qui avait été expérimenté en Chaldée comme sagesse cosmique agissant dans le cours des étoiles, reparut en Grèce dans l’expérience de ce qui, des étoiles, est le reflet terrestre, dans la perception de la vie bourgeonnante de la Terre. L’homme grec était en effet entièrement consacré au vivant…

 

III — LE MYSTERE DU GOLGOTHA ET SES REFLETS AU MOYEN ÂGE (p. 117)

 

IV — VERS LA NOUVELLE REGENCE DE MICHEL (p. 121)

Michel est l’esprit qui garde la mémoire des Mystères du passé dans les époques ultérieures de l’humanité, afin que la vie du présent et de l’avenir puisse s’éveiller grâce à l’expérience et au sentiment conférés par les antiques magnificences divines…

Michel veut mener à une vraie connaissance du Christ qui se déploie dans un agir moral capable d’harmoniser la liberté de l’individu avec la vie d’ensemble de l’humanité.

 

V — L’IMAGE DE L’APOCALYPSE ET L’AVENIR DE L’HUMANITE (p. 125)

… Nous vivons dans une époque où, grâce à Michel, le dragon n’agit plus dans le Cosmos. Le dragon, qui était à l’origine une réalité cosmique, a été absorbé dans l’élément substantiel de la Terre. Il est la figure imaginative de ce qui est désigné comme monde astral, dans la mesure où ce monde comprend toutes les forces spirituelles qui rayonnent des étoiles dans l’univers restant…

Cet élément de nature extérieur replié vers l’intérieur et agissant chez l’animal comme une force organisatrice, est appelé corps astral. Il est le porteur de sa vie émotionnelle. L’homme aussi possède un corps astral similaire, qu’il peut pourtant gouverner et dominer en agissant depuis son Je, dans la mesure où, dans la tranquillité de l’activité perceptive, il fait agir en lui ce qui est de nature divino-spirituelle…

Chez l’homme l’activité astrale engendre la conscience, laquelle s’atténue par la déconstruction de la substance vivifiée par l’éthérique. Si l’astral agissait seul, l’homme serait constamment malade. Qu’est-ce qui fait en sorte que cela n’advienne pas ?

La substantialité du fer présente dans son sang. Le fer, en attirant à lui l’oxygène et en produisant ainsi le sang artériel porteur de vie, assainit l’incessante maladie qui trouve une expression dans le sang veineux, porteur de mort…

Le fer est l’unique métal contenu comme substance dans le corps humain. Il a, comme tous les métaux, une origine cosmique…

L’homme introduit en lui, comme aliment terrestre, la substance ainsi imprégnée par le Christ et restitue au Cosmos ce qui déjà fut de nature cosmique. Dans l’activité du penser, dans l’activité du percevoir, par exemple dans ce qui émane de la vue, l’homme restitue au Cosmos ce qui appartient au Cosmos...

La Terre devient ainsi, pour la vision astrale, un Soleil, et un processus de solarisation commence à s’accomplir en l’homme…

Nous vivons dans une époque de Michel. L’humanité peut aujourd’hui le savoir, parce qu’elle doit chercher consciemment le chemin de sa propre évolution…

Là où est présente une expérience réelle de la liberté, l’homme est également libéré de tout ce qui fait de lui un être antisocial. Grâce à une connaissance spirituelle de l’entité humaine, il trouvera le chemin du cœur de l’autre homme. C’est justement ainsi que s’offre à Michel le domaine dans lequel il peut agir. Il veut en effet cultiver l’élément individuel, mais dans une humanité unitaire, liée par des liens d’amour…

 

 

TROISIEME PARTIE par Ita wegman

REUNIR CE QUI EST DIVISE Deux écrits sur les destinées du Christianisme Ita Wegman

 

I — LA LEGENDE DU TEMPLE - PARADIGME DE LA VIE SPIRITUELLE DE L’HUMANITE (p. 128)

Actuellement, le temps est venu de libérer le Je de la corporéité et d’en orienter l’activité de manière à ce que les composantes supérieures de l’homme puissent commencer à se développer

Pour cela, le principe de la liberté doit maintenant s’épanouir. Les hommes doivent être conduits à la liberté et à la compréhension et prendre en main, librement, leur propre évolution : non pas faire ce qui est juste parce qu’une loi extérieure le prescrit, mais parce que la voix de la conscience parle dans l’intériorité. C’est à ce type de développement que Rudolf Steiner voulait effectivement mener l’humanité… (1933)

 

II — LA GRECITE ET LE MYSTERE DU GOLGOTHA (p. 131)

Une affirmation du docteur Steiner a la teneur suivante : il y a deux choses importantes dont devraient s’occuper ceux qui s’intéressent à la science de l’esprit : la Philosophie de la Liberté et le Mystère du Golgotha.

Le livre, Philosophie de la Liberté, qui est né de l’esprit de l’Anthroposophie, a été écrit par Rudolf Steiner et conseillé par lui comme lecture et thème d’étude à ceux qui désirent s’élever au-delà de la pensée ordinaire et qui aspirent à la liberté. Le Mystère du Golgotha est un événement d’immense portée pour l’être humain, la Terre et pour le monde spirituel…

Les Grecs considéraient l’art comme un processus curatif. Qu’est-ce que la science signifiait au contraire pour eux ? Ils ne possédaient pas une science comme la nôtre. Penser scientifiquement comme le font les docteurs de notre temps, leur aurait provoqué une souffrance physique. Mais ils avaient au contraire la perception d’une vie intérieure dans la tête, comparable à un penser vivant.

Cette vie intérieure, ils l’appelaient Sophia et ceux qui aimaient cette Sophia, se considéraient philosophes. Philosophie signifie amour de la sagesse, ou bien « j’aime la Sophia »…

Le désir ardent de l’initiation, qui était une chose évidente dans le christianisme des origines, dans l’école de Denys l’Aréopagyte, doit de nouveau être adopté avec sérieux.

p. 10/12  - Disciples dans la lumière de Michel

 

C’est ce que Rudolf Steiner avait en vue lorsque, tel au premier acte de notre époque de l’Archange Michel, il écrivit son livre La philosophie de la Liberté. Avec cet ouvrage, il voulait libérer les hommes de la pensée morte et les conduire à une imagination vivante, une fantaisie qui est morale parce qu’elle se contient dans des limites déterminées. Cette imagination contrôlée, qui ne se perd pas dans l’illimité, mais se laisse dominer par la volonté, acquérant de cette façon une qualité chrétienne, est de nouveau éveillée en l’homme, afin qu’il puisse faire l’expérience du Christ en lui. Expérimenter le Christ en soi, signifie devenir libre.

Christ est la vraie liberté. De cela Rudolf Steiner voulait rendre les hommes conscients lorsqu’il rédigea La philosophie de la Liberté et donna l’anthroposophie à l’humanité. Ita Wegman (1938)

 

 

APPENDICE A

SAINT-MICHEL AU MOYEN-ÂGE ET DANS LE PRESENT

 

I — SAINT MICHEL - TIRE DE LA LEGENDE DOREE DE JACQUES DE VORAGINE (p. 144)

La fête de Saint Michel [29 septembre] a pour objet de fêter la mémoire des apparitions, victoires et consécrations de Saint Michel…

C’est de trois manières que les Anges nous libèrent des tentations : en s’opposant aux puissances diaboliques, en réfrénant nos convoitises, en imprimant dans notre esprit le souvenir de la passion du Christ…

Enfin en ce présent jour, l’Église célèbre la commémoration de l’Archange Michel et de tous les Anges : en effet, il est nécessaire que nous les honorions et que nous les louions pour de nombreuses raisons. Ce sont en effet nos frères ambassadeurs ; sur leurs bras nos âmes sont transportées au ciel, sur leurs ailes volent les prières en présence de Dieu et leurs mains sèches nos larmes.

Ce sont, comme on le dit, nos gardiens parce que tout homme a auprès de lui un mauvais Ange pour l’éprouver et un bon Ange pour l’aider, à savoir l’Ange gardien auquel nous sommes confiés dès la sortie de l’utérus maternel afin que nous ne mourions pas sans être baptisés ; une fois nés, baptisés, et devenus grands, l’Ange gardien nous préserve du mal en nous éduquant contre les astuces du diable, en nous exhortant à demeurer fermes devant ses flatteries, en nous défendant de la violence infernale. Sur l’âme humaine, quatre sont les effets d’une telle garde angélique :

le premier effet, c’est de faire avancer l’âme dans la voie de la grâce, une chose qui nous vient de l’Ange qui éloigne de nous tout obstacle qui nous empêche d’accomplir le bien.

Le second effet, c’est l’incitation à ne pas tomber dans le mal, et cela l’Ange le fait de trois manières : en éloignant de nous les motifs du péché, et réprouvant celui déjà commis pour que nous éprouvions de l’horreur, en nous arrachant de celui que nous sommes sur le point d’accomplir.

Le troisième effet, c’est la possibilité de l’âme de se remettre debout et de sortir du mal, et l’Ange fait ceci de trois façons : en suscitant la contrition en nous, en nous invitant à la confession, en se réjouissant pour la rémission des fautes.

Le quatrième effet est celui de ne pas nous faire tomber dans le péché toutes les fois que nous sommes poussés à cela par le démon et l’Ange fait ceci de trois façons : en réfrénant les pouvoirs diaboliques, en atténuant en nous l’ardeur de la concupiscence, en imprimant dans nos esprits la mémoire de la passion du Christ.

En second lieu, nous devons honorer les Anges comme nos ambassadeurs : en effet, ils sont chargés d’accomplir des missions auprès de nous, et c’est en cela que se manifeste la bonté divine qui envoie des esprits élus, qui lui sont étroitement familiers, pour venir en aide aux hommes dans leur lutte pour le salut éternel.

En troisième lieu, les Anges doivent être honorés par nous comme des frères et des concitoyens : en effet, tous les élus sont élevés au ciel parmi les légions angéliques ; certains parmi les Hiérarchies de degré moyen et d’autres parmi celles de grade inférieur, selon leurs mérites. Seule la bienheureuse vierge siège tout en haut, au-dessus de toute légion angélique.

 Tout ce que nous avons dit est affirmé par Saint Grégoire dans une de ses homélies…

 

II — LE CLIMAT INTERIEUR DE LA FETE DE SAINT MICHEL de Rudolf Steiner (p. 148)

1. Le combat de Michel avec le dragon

… Ce que l’être humain prend de la nature se déploie en lui comme convoitise, désir animal. Dans ce domaine l’esprit déchu a accès. Cela explique la « chute de l’homme ».

L’esprit rebelle a été transféré dans l’homme, à l’être duquel, toutefois, Michel est resté fidèle. Si l’homme s’adresse à ce dernier avec la part de son être qui tire son origine de la spiritualité supérieure, dans son âme s’instaure alors le « combat de Michel contre le dragon »…

Tels étaient les sentiments de ceux qui, nombreux dans les temps passés, célébraient la fête de Saint Michel en leur cœur.

Qu’est-ce qu’a à dire à ce propos un homme de notre temps qui admet, à côté de la connaissance de la nature, une connaissance de l’esprit, c’est ce que nous allons développer dans les considérations suivantes.

 

2. Le combat de Michel face à la conscience contemporaine

… Goethe avait justement la sensation que dans la vie de la nature, il n’y a pas seulement une tendances ascendante, mais aussi une tendance descendante. Il ressentait bien la germination, la croissance, la floraison et la fructification, mais il ressentait tout autant le flétrissement, la décoloration, l’assèchement et la mort. Il ressentait le printemps, mais aussi l’automne. En été, il pouvait, avec son âme, participer à la vie de la nature en plein développement, mais avec une âme tout aussi ouverte, il pouvait participer à sa mort

 

QUELQUES TEMOIGNAGES DE L’ART FIGURATIF (p. 152)

Remarque : On a renoncé à reproduire ici les représentations de Saint Michel réalisées par des peintres de l’école anthroposophique, qui se fondent surtout sur l’action morale des couleurs, laquelle serait entièrement perdue dans une reproduction en noir et blanc.

p. 11/12  - Disciples dans la lumière de Michel

APPENDICE B 

A PROPOS DE L’AUTEURE

 

1. IMPRESSIONS D'ORIENT ET D'OCCIDENT DANS LES PREMIERES ANNEES par Giancarlo Roggero (p. 155)

Sur l’île de Java

La première phase de la vie d’Ita Wegman se déroule à l’extrême périphérie de l’Asie, sur l’île de Java…

Elle y naquit le 22 février 1876, non loin de Jakarta, alors Batavia. Maria Hendrika, tel est son prénom originaire, abrégé par la suite en « Ita »…

Premier voyage en Europe

Suite au décès du petit Henri, frère cadet de Ita, en juillet 1890, les parents décident de l’envoyer elle, avec sa sœur Charlien, en Hollande, où toutes deux auraient poursuivi leurs études…

Nostalgie de la « Mitteleuropa »

Une fois revenue à Java avec sa soeur dans l’hiver 1894-95, Ita noue une amitié avec une jeune dame hollandaise de dix ans plus âgée qu’elle, Henny Steinbuch, dont elle a reçu en ville les leçons de musique et de chant. Il est probable que ce fut cette nouvelle amie qui l’introduisit dans le monde de la théosophie, telle qu’elle était cultivée alors au sein du mouvement fondé par Helena Petrovna Blavatsky et plutôt répandue alors dans les pays coloniaux. La théosophie devient ainsi l’intérêt principal commun aux deux amies…

Dans son esprit et son âme retentit cependant l’appel vers une patrie européenne secrète, à peine connue durant son séjour hollandais des années précédentes et plus jamais oublié. C’est ce qu’elle aurait par la suite appelé sa « nostalgie de la Mitteleuropa » (die Sehnsucht nach Miteleuropa), laquelle se fait vaguement sentir avec insistance dans ces années pensives de sa vie.

 

2. SOUVENIRS D’UNE ENFANCE ET D’UNE ADOLESCENCE VÉCUES ENSEMBLE par Charlien Wegman (p. 158)

Ita est née le 22 février 1876 (1), dans la partie occidentale de l’île de Java, au village de Krawang près de la sucrerie Parakanteroes, qui signifie « le droit chemin » (Parakan= la voie, le chemin) ; teroes = droit).

Notre père était l’administrateur de cette sucrerie… Notre vie de jeunes femmes sur l’île était assez singulière. D’une vie merveilleuse et riche en Europe, nous passâmes brusquement à la vacuité de la vie en Indonésie, toute de danses, amourettes et choses semblables qui ne plaisaient pas du tout à Ita…

Ita penchait plutôt pour les choses sérieuses, cette existence vide ne lui disait rien…

 

3. APERÇU DE LA VIE D’ITA WEGMAN par Hilma Walter (p. 161)

Le 4 mars 1943, la doctoresse Ita Wegman, à l’âge de soixante-sept ans, a achevé à Arlesheim — à l’Institut Clinique-Thérapeutique où elle a développé son activité de médecin — son existence physique terrestre. S’est ainsi conclue une vie terrestre, riche et féconde de travail, et le souvenir de cette personnalité, qui a ainsi abandonné le plan physique, continuera à vivre lumineusement dans le cœur de beaucoup de gens…

En outre, la riche expérience de son être, favorable en même temps au progrès, était devenue un exemple pour de nombreux jeunes médecins ou pour des personnes qui se dévouent autrement à la profession de thérapeute…

 

4. TROIS NOËL EN TEMPS DE GUERRE À ASCONA par Erica Müller (p. 168)

… Ainsi la nuit de Noël 1940, elle entama à Ascona une étude pour laquelle elle prit comme base les conférences de Rudolf Steiner au sujet de l’Évangile de Luc. L’enfant décrit dans cet Évangile, rempli de forces d’amour, capable, à peine né, de parler avec sa mère dans un langage compris d’elle seule, l’enfant auprès duquel se rendirent les plus pieux et les plus humbles des bergers, tout cela la doctoresse Wegman nous l’illustra en exprimant par des gestes de la main d’une délicatesse très éloquente ce qu’elle ne parvenait pas toujours à nous communiquer par ses mots, d’une manière satisfaisante pour elle.

Peut-être est-ce le lieu de signaler ici que la doctoresse Wegman ne fut jamais par elle-même une oratrice habile. Toutefois, lui était propre cette recherche de l’expression adaptée en s’aidant d’une gestuelle pleine de sens, capable de toucher immédiatement notre âme et d’atteindre une compréhension de notre sentiment, là où la raison ne pouvait pas suivre…

 

5. LE FUTUR OUVERT par Liane Collot d’Herbois (p. 170)

Oui ! oui ! Alors qu’on le fasse ! — voici les mots que quelqu’un aurait entendu, avec un demi sourire mais irradiant un intérêt affectueux, en réponse à une proposition sans queue ni tête. Avec elle tout était possible. Tant de fois elle répétait : « Dans l’action les dieux s’approchent. Tout ce que produit l’homme sera correct si c’est repris par l’action »...

Quand on était en compagnie de la doctoresse Wegman, le future était ouvert ; elle parvenait à transmettre aux autres les qualités de son âme ; c’était vraiment un don — et de cette façon, le futur était ouvert… ◙

Bibliographie :

(1) R. Steiner, conférence du 15 octobre 1922, dans Force spirituelles actives entre anciennes et nouvelles générations (GA 217)

(2) Rudolf Steiner, Anthroposophische Leitsätze (GA 26), en It. Maximes anthroposophiques, ed. 1969.

(3) Éléments fondamentaux pour un élargissement de l’art médical (GA 27). Le titre allemand… n’est pas dû à Rudolf Steiner.

(4) R. Steiner, Considérations ésotériques sur les liens karmiques, vol.III (GA 237), conférence du 28juillet 1924.

p. 12/12  - Disciples dans la lumière de Michel

 

 

 

Retour ACCUEIL     Retour ANTHROPOSOPHIE      Retour ESSENTIEL