Télévision - La fraise, un parfum de business. En forme de coeur, charnue et savoureuse, la fraise des jardins d'antan a un parfum de paradis perdu. Mais où est-elle passée ?
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Tv - La fraise, un parfum de business

PRÉSENTATION :

15.06.2014 La fraise, un parfum de business
En forme de coeur, charnue et savoureuse, la fraise des jardins d'antan a un parfum de paradis perdu. Mais où est-elle passée ?

 

PRÉSENTATION :

 

Dossier relatif aux émissions de télévision concernant le domaine de la santé et pour réfléchir !

Il s'agit de comprendre comment la télévision nous renvoie les informations relatives à la santé et de réflexion.

Les transcriptions écrites sont faites avec l'aide des sous-titres.
- Site de Télé Scoop pour les scripts des sous-titres : http://telescoop.tv/

 

 

 

 

LA FRAISE, UN PARFUM DE BUSINESS
Documentaire de Ghislaine Buffard

France 5 - Documentaire - Dimanche 15 juin 2014 à 20h35

En forme de coeur, charnue et savoureuse, la fraise des jardins d'antan a un parfum de paradis perdu. Mais où est-elle passée ?

VIDÉOS - PRESENTATION - TRANSCRIPTION ÉCRITE


Photo de l'album de Facebook

Vidéo sur Dailymotion : (49'08) VFSTF Sous-titrée en français
http://www.dailymotion.com/video/x1zkdmk (52'30)


La fraise, un parfum de business VFSTF 15 juin... par conscience33

Site France 5 :
http://www.france5.fr/emission/la-fraise-un-parfum-de-business/diffusion-du-15-06-2014-20h35
ou
http://pluzz.francetv.fr/videos/la_fraise_un_parfum_de_business_,103999125.html



PRÉSENTATION :

En forme de coeur, charnue et savoureuse, la fraise des jardins d'antan a un parfum de paradis perdu. 
Mais où est-elle passée ? 
S'est-elle perdue avec les fraises de Noël, championnes du gaspillage énergétique, ou égarée dans les serres hors sol, où les plants ne sont jamais en contact avec la terre et où les pesticides font office de médicaments ? 
La majorité des fraises consommées aujourd'hui provient d'Andalousie, une région où se concentrent les chômeurs espagnols et les migrants des pays pauvres. 
Quelques puristes bio tentent de subsister à l'agrobusiness : ainsi dans le Périgord, où sont cultivées des fraises sans pesticides, dans le respect de l'équilibre naturel.


TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION, À PARTIR DES SOUS-TITRES :

-On en consomme 4kg par seconde en France. 
La fraise est l'un et, comble de bonheur, on en trouve toute l'année. 
Faut-il s'en réjouir ? 
Grâce aux importations, d'Espagne notamment, la fraise a perdu ses saisons et son goût. 
Bien grosse, bien rouge, ferme, gorgée d'eau... 
Elle est moins chère mais n'a rien à voir avec la Gariguette ! 
Comment les producteurs espagnols inondent le marché toute l'année avec un produit à bas coût ? 
Dans quelles conditions les fraises sont-elles produites ? 
Je vous laisse le découvrir avec Ghislaine Buffard. ras la collerette des idées de Laurent André. 
Non seulement, elle est concurrencée...

-Pour débuter mon enquête sur la star des fruits rouges, je me rends au palace Royal Monceau. 
Là, je rencontre le chef Laurent André, un iconoclaste qui aime explorer l'inattendu. 
Avec lui, j'apprends que la fraise est tout aussi attirante sans sa robe rouge.

-J'ai la chance d'avoir un petit jardin à la maison et une petite fille qui, un jour, a ramassé des fraises vertes qu'elle pensait prêtes parce qu'elles avaient la forme. 
Et chez moi, en cuisine, j'en ai goûté une. 
"Cette acidité-là me plaît. Elle se rapprocherait presque d'un citron" : et je l'ai tout de suite mariée avec un poisson.

-La fraise rouge en a par la fraise verte, mais aussi par une de ses cousines : la fraise ananas, une variété qui devient blanche a maturité et se marie délicieusement avec un magret de canard.
En forme de cœur, sucrée et savoureuse, en gâteau, glace ou coulis, la fraise est un des fruits préférés des Français qui en consomment 130 000 t par an. 
Mais la fraise du jardin de nos grands-mères a aujourd'hui un parfum de paradis perdu, un arrière-goût décevant de fraise à l'eau. 
Pourquoi la saveur des fraises de notre enfance a-t-elle disparu ? 
S'est-elle perdue dans les fraises de Noël, une des dernières modes énergivores ? 
Ou bien s'est-elle égarée dans les serres hors-sol de France, de Belgique ou d'Espagne ? 
Que penser des différents scandales de pesticides retrouvés dans les fraises ?

-En général, on y retrouve 3, 4 ou 5 résidus de pesticides différents.

-La majorité des fraises consommées par les Français viennent d'Espagne. 
En Andalousie, nous avons découvert que chômeurs espagnols et étrangers venus de pays pauvres s'y livrent une concurrence inquiétante pour quelques euros de l'heure.

-On vous a proposé 3 euros/h ? aussi. 
Moins que ça !

-Est-ce ce moins-disant social qui permet de tirer les prix de la fraise espagnole au plus bas ? 
D'autres, au contraire, préfèrent vendre plus cher pour produire de la qualité. 
Adeptes du bio, comme les Naulin, ils récoltent des fraises sans aucun produit chimique.

-La nature a ce qu'il faut pour nous nourrir et faire en sorte qu'on aille bien. 
C'est un tout. 
Protégeons-la et elle nous protégera.

-Quelques rares paysans dans un univers où l'industrie a remplacé l'agriculture pour laisser place à l'agrobusiness. 
Fruit du soleil et de la chaleur, la saison des fraises, c'est de mai à septembre. 
Enfin ça, c'est la théorie. 
Petite promenade à Rungis. 
Nous sommes fin décembre et pourtant, on y trouve beaucoup de fraises. 
On les imagine importées de lointains pays chauds. 
Eh bien, pas du tout. 
C'est le contraire. 
Étonnamment, elles nous viennent d'un pays situé encore plus au nord de la France.

-Cette fraise vient de Belgique, une Elsanta, très parfumée. 
Oui, vraiment sucrée. 
La Belgique, c'est sécurisant pour nous : on a une fraise de qualité gustative comme visuelle.

-Direction la Belgique donc, pour comprendre comment des producteurs réussissent à faire mûrir des fruits d'été au cœur de l'hiver.
Nous nous rendons dans le nord des Flandres, à deux pas des Pays-Bas, à la coopérative d'Hoosstraten. 
Tous ces bacs en bois appartiennent aux producteurs de la région. 
A l'intérieur, des milliers de plants de fraisiers. 
Peter Rombouts nous emmène dans un frigo géant. 
Ce responsable de la coopérative va nous dévoiler le secret des fraises de Noël. 
Dans la nature, les fraisiers donnent des fruits au printemps. 
Ici, on force les plants à l'hibernation pendant tout l'été pour qu'ils produisent des fraises à Noël. 
Ainsi, on trompe la nature.

-Tant que les plantes sont dans le frigo, elles croient que c'est l'hiver. 
Dans le frigo, nous les maintenons à une température comprise entre -1,5 et -2 degrés.

-Pendant des mois, ces frigos consomment de l'électricité pour maintenir les plants au froid en plein été. 
Pour comprendre comment ces plants produisent ensuite des fraises à Noël, Peter Rombouts nous emmène chez Jan Jansen, un des producteurs flamands de la région.

-Salut, Jan !

-Salut, Peter!

-Alors, tu récoltes ?

-Oui, la dernière, je crois.

-Les fraisiers que nous voyons ont été sortis des chambres froides au tout début de l'automne puis ils ont donné des fruits en plein hiver.

-Il n'y a pas de soleil, alors nous le fabriquons. 
Avec ces lampes, nous imitons le soleil. 
Enfin, pas tout à fait, mais ça marche. 
Plus il y a de fraises, plus nous avons besoin de lumière car la plante doit créer du sucre pour le transmettre aux fruits.

-Les serres de Jan Jansen sont éclairées toute la journée une importante consommation d'électricité. 
Mais ce n'est pas tout. 
Pour simuler la douceur du printemps, ce producteur doit aussi chauffer ses serres.

-Nous chauffons la serre avec ces tuyaux. 
L'eau chaude coule dans ces tuyaux. 
Nous essayons d'avoir 18 degrés dans la serre.

-A quelle température est l'eau ? 
Ça dépend de la température extérieure. 
L'eau est chauffée par une chaudière à gaz.

-Pour recréer ce printemps artificiel, Jan Jansen a investi dans un système impressionnant de réservoirs d'eau chaude géants et de chaudières ultra puissantes.
Produire des fraises hors saison, c'est une agriculture de luxe.

-Qu'est-ce qui coûte le plus cher : le gaz ou l'électricité ?

-Les deux coûtent cher. 
On utilise beaucoup de gaz et d'électricité. 
C'est juste très cher.

-Dans les magasins, ces fraises d'hiver s'affichent autour de 15 euros le kilo.
Sur ce prix, il faut compter plus de 5 euros pour le gaz et l'électricité. 
Voilà pourquoi elles sont 3 fois plus cher à Noël qu'au printemps. 
Les écologistes dénoncent cette impressionnante consommation de chauffage et donc un bilan carbone déplorable. 
Jan Jansen balaie ces critiques.

-Ces théories sont périmées car en Bélgique, on trouve aussi des fraises espagnoles. 
Elles arrivent ici par camion. 
Ce n'est pas très écologique. 
Nous travaillons avec le moins d'insecticide possible. 
Nous utilisons du gaz à 100%. 
Le gaz, c'est écologique. 
Nous utilisons de l'eau de pluie, c'est naturel. 
On trouve des tomates toute l'année, même chose pour la salade. 
Tous les légumes sont disponibles ! 
Si on fait venir des fraises du Mexique en avion, pourquoi nous, nous n'aurions pas le droit de les cultiver ici ? 
Et en plus, elles sont meilleures !

-Tout le monde ne partage pas l'enthousiasme des producteurs belges pour la fraise de Noël. 
Au Royal Monceau, le chef Laurent André ne l'inscrit jamais à son menu en hiver.

-La fraise à Noël, c'est une plaisanterie ! 
On nous parle de couche d'ozone, de quoi encore ? 
De faire attention à la nature, au monde, et on fait des fraises à Noël avec du gaz ! 
Je ne veux pas jouer les vieux cons mais stop ! 
La bûche n'est pas à la fraise !

-Les producteurs disent répondre à une demande des consommateurs a laquelle ils doivent répondre.

-S'il n'y avait pas de fraises, le consommateur n'en demanderait pas. 
On fait des fraises business plutôt que de qualité à Noël. 
Ne m'en parlez pas !

-La Belgique est-elle la seule à produire des fraises hors saison ? 
Nous sommes à la fin de l'hiver sur ce marché parisien. 
La gariguette vient d'arriver et cela n'étonne personne de la voir sur les étals dès mars. 
Mais est-ce si naturel ? 
Direction, la Bretagne, à Plougastel.
Chez Jean-Jacques Le Gall, on cultive la fraise depuis plusieurs générations.
Une variété de gariguette qui a un petit côté acidulé, sa caractéristique principale. 
Surtout ne pas mettre la fraise au frigo, ça casse le goût. 
3, 4h au frigo, vous avez enlevé une partie de la "flaveur".

-Ça ne reviendra pas a température ambiante ?

-Non, ce n'est pas comme du vin qu'on met à chambrer. 
Ça gâche le plaisir.

-Nous, on a goûté et c'est vrai que juste cueillies, ces gariguettes ont du goût. 
Nous sommes mi-mars et sous ces fraisiers, on trouve la aussi des kilomètres de tuyaux de chauffage.

-Ça nous permet d'avoir les premières fraises début mars alors qu'une variété de gariguette sans chauffage, on arriverait en production un mois, un mois et demi plus tard. 
Nos fraises sont sur le marché début mars.

-Ici, les fraisiers poussent en hors-sol : leurs racines n'ont aucun contact avec la terre ferme, comme les 3/4 des fraises françaises que vous trouvez en magasin. 
Les producteurs préfèrent parler de "jardins suspendus", plus vendeurs. 
Mais en fait, tous ces mots, ça veut dire quoi ? 
Ça pousse dans quoi?

-Dans du terreau. 
Mais on pourrait la faire pousser dans n'importe quoi.

-C'est dans le terreau qu'elle trouve sa nourriture ?

-Non. 
Il n'y a rien dedans. 
On apporte de l'eau et de l'engrais 4, 5 ou 6 fois par jour, suivant le temps.

-En hors-sol, le fraisier est nourri uniquement avec des engrais chimiques. 
De quoi sont-ils constitués ? 
Jean-Jacques Le GaIl a accepté de nous montrer son local à engrais.

-Nos solutions d'engrais se préparent dans ces bacs-là. 
On a de la chaux là, de la potasse ici, acide phosphorique. 
Il y a 4 gros engrais différents. 
Là, du nitrate de chaux, là du nitrate de potasse. 
C'est un engrais sous forme solide. Une fois mélangé à l'eau, ça s'y dissout très bien. 
Du phosphate mono-potassique, sulfate de magnésie et là-bas, la chaux.
-Ce sont des engrais chimiques. C'est-à-dire ?

-C'est des granulés. C'est des... Voilà. 
Vous voyez, le terreau, voilà, c'est ça.

-Mais ceux qui fabriquent ce produit-là, ils vont chercher ça dans la terre ?

-Non, ils le fabriquent à base de produits pétroliers.

-Et vous pensez que vos fraises sont aussi saines avec des engrais chimiques que les fraises bio ?

-90% des fraises sont produites comme on le fait nous-mêmes. 
Je ne pense pas que le fait de mettre de l'engrais au pied des plantes les rendent moins bonnes.

-Pour comprendre le lien entre engrais chimiques et goût des fraises, nous rencontrons Lydia et Claude Bourguignon, 2 microbiologistes à la tête d'un laboratoire d'analyses des sols.

-Une fraise hors-sol, même cultivée comme ça, ne pourra jamais avoir le goût d'une fraise de plein champ. 
A Plougastel, c'était un terroir.

-Le sol de Plougastel était différent du sol de Nantes. 
Chaque roche a un certain pourcentage d'oligo-éléments qui lui sont propres qui permettront la synthèse d'un certain nombre d'arômes. 
C'est ce qui faisait que les fraises n'étaient pas les mêmes selon qu'elles venaient de Bretagne ou du sud-est de la France.

-En hors-sol, l'indication "Périgord" ou "Bretagne" sur la barquette ne sert donc à rien. 
Les fraises d'une même variété auront le même goût quelle que soit leur provenance. 
Le terroir n'existe plus. 
Pourtant Jean-Jacques Le GaIl préfère le hors-sol à la culture pleine terre.

-Les gens qui font du bio interdisent de faire du bio en France en jardins suspendus parce qu'il n'y a pas de contact entre la plante et le sol. 
Moi, je préfère user de méthodes modernes. 
Mes fraises ne seront pas meilleures parce que les gens les auront ramassées à quatre pattes, le dos cassé, et ce sera du bio. 
Je ne suis pas bio, chacun a son métier. 
On peut maintenant faire les choses en culture raisonnée. 
Je n'ai pas envie, pour sauver la planète, de chauffer a la bougie. 
Il faut vivre avec son temps : la 404 était une bonne bagnole, mais je n'en achèterais pas une.

-La modernité, il l'a aussi épousée en utilisant des pesticides. 
Un sujet tabou chez les producteurs qui n'aiment pas en parler de peur d'effrayer les consommateurs. 
Lui a accepté de nous ouvrir son armoire à pesticides. 
Tout au long de notre interview, il va s'efforcer d'être le plus rassurant possible : le premier bidon qu'il nous montre, c'est un produit bio.

-Les produits qu'on utilise maintenant, ce n'est plus des produits chimiques : "huile essentielle d'orange".

-Plus de pesticides ?

-Si, on peut en utiliser si on a des bestioles, mais très peu.

-A vue d’œil, on compte quand même 25 produits : anti-acariens, anti-moisissures, anti-limaces, anti-champignons, produits pour la désinfection des sols et quelques insecticides que Jean-Jacques Le GaIl assure ne pas utiliser en grande quantité pour ne pas tuer ses bourdons dont il a besoin pour polliniser ses fraisiers.

-Des produits contre les pucerons.

-C'est quoi, contre les pucerons ?

-Calypso. 
Mais je n'ai pas fait un seul traitement cette année. 
S'il n'y en a pas, on ne fait pas. 
Le traitement, c'est un coût, un travail. 
On peut presque faire des cultures en serre avec traitement zéro. 
On peut faire un traitement après une récolte : le jeudi après-midi, je peux faire un traitement et je ne ramasserai pas avant le lundi. 
Plus de traces 3 jours après.

-Les insecticides sont utilisés sur les fraises, mais le producteur doit attendre un délai de 3 jours après traitement avant de les récolter. 
Il n'y a plus de traces : il est passé où ?

-Il est photo-dégradé par la chaleur, la lumière et le produit n'est plus existant en tant que matière active sur le plant.

-Les traces disparaissent-elles vraiment toutes ? 
Quand nous croquons une fraise, croquons-nous aussi des pesticides ? 
Réponse à Montpellier, dans ce bâtiment dédié aux laboratoires de la DGCCRF, la Direction de la concurrence, de la consommation et des fraudes. 
Ici, chaque étage a sa spécialité. 
Nous, on va au premier, à l'étage des pesticides. 
Serge Plonévez, ingénieur, va traquer les produits chimiques sur ces fraises prélevées dans un supermarché. 
Il va rechercher une liste impressionnante de pesticides. 380 exactement. 
Ces scientifiques ratissent très large en cherchant tous les produits susceptibles d'être aspergés sur les végétaux.

-Le maximum qu'on ait retrouvé, c'est 9 résidus sur des fraises. 
En général, on retrouve de 3 à 5 résidus de pesticides différents sur les fraises.
En général. 
Et les échantillons de fraises qui sont complètement exempts de résidus sont quand même assez rares.
90% de nos échantillons contiennent au moins un résidu.

-La quasi-totalité des fraises présentent donc des traces de pesticides. 
La théorie des produits chimiques qui disparaissent complètement serait donc fausse dans certains cas. 
Le réflexe classique, à la maison, c'est de bien laver ses fraises, mais cela sert-il vraiment à quelque chose ?

-On retrouve la majorité des pesticides sur fruit lavé et et non lavé. 
C'est lié à la structure de la fraise que les pesticides pénètrent plus. 
Le fruit est un peu poreux. 
On a fait des essais avec les salades, avec les agrumes, avec les pommes : sur tous les autres, il vaut mieux laver.

-En 2012, la DGCCRF a analysé 87 barquettes. 
Parmi elles, 6 dépassaient les seuils de pesticides autorisés. 
Les autres, donc la quasi-totalité, contenaient des traces mais en dessous des normes, donc conformes à la loi. 
Que faut-il penser de ces résultats ? 
Nous avons posé la question à François Veillerette, porte-parole de l'association Générations Futures. 
L'an dernier, il a fait analyser 49 barquettes de fraises et, comme la DGCCRF, il a constaté que la quasi-totalité contenaient des résidus en dessous des normes. 
Pas de danger ?

-Ce qui nous inquiète, c'est le cocktail : si on en mange 4 ou 5 dans les fraises, et dans les autres légumes ou fruits, d'autres, c'est ce qui est préoccupant. 
Pour autant, le respect de ces limites maximales en résidus ne nous semble pas une garantie absolue : beaucoup de pesticides ont des effets perturbateurs endocriniens. 
A faibles doses, ils peuvent perturber le jeune enfant ou le développement du fœtus, favoriser certains problèmes de développement ou encore de métabolisme : diabète ou obésité, certains cancers, des problèmes de reproduction.

-La solution est-elle d'acheter uniquement des fraises bio, ce qui n'est pas à la portée de tous ? 
Pas forcément. 
Dans son étude, François Veillerette a constaté que certains producteurs non bio travaillent aussi très bien.

-On a repéré, dans les fraises françaises, des écarts très importants selon les producteurs. 
Dans des échantillons non bio, on a trouvé zéro pesticide, dans un ou 2, on en a trouvé 12: il y a des pratiques diverses. 
Des producteurs travaillent très bien. 
Mais avec 12 résidus, ça veut dire que les gens n'ont pas bien travaillé du tout et abusé sur l'utilisation des produits. 
Nous, on voudrait que le consommateur sache le nombre et le nom des produits utilisés pour pouvoir choisir librement selon l'étiquette.

-L'étude publiée par Générations Futures a fait scandale car des insecticides interdits ont été découverts dans 2 barquettes. 
De l'endosulfan sur des fraises françaises et du carbosulfan sur des espagnoles. 
La fraise espagnole, c'est la moins chère. 
On la trouve partout sur les étals et dans les gâteaux. 
C'est aussi la plus consommée : plus de la moitié des fraises vendues en France. 
Pour savoir comment elle est cultivée, nous partons en Andalousie, dans la région de Huelva. 
A l'horizon, un océan de serres. 
Ici, la fraise, on l'appelle "l'or rouge" car elle fait travailler 75 000 saisonniers.
Une activité cruciale pour l'Andalousie dont le taux de chômage culmine à 36%, le plus élevé d'Espagne. 
Autant dire que la fraise est ici un secteur ultra sensible et que les journalistes ne sont pas les bienvenus. 
Nous allons même découvrir que les producteurs de fraises ont organisé une véritable omerta. 
Nous leur avons formulé plusieurs demandes de tournage par mail et téléphone, en vain. 
Sur place, je me rends au siège social de plusieurs coopératives avec une interprète. 
Vu l'accueil, nous filmons en caméra discrète. 
Nous sommes dans les locaux du plus grand regroupement de fraisiculteurs de la région.

-S'il nous connaissait, il nous donnerait le numéro, mais là, il ne veut pas.

-Nous demandons alors au gardien d'appeler le responsable pour nous. 
On insiste pour qu'il appelle maintenant, comme ça on pourra lui parler directement au téléphone, s'il veut bien.

-Il ne veut pas être dérangé.

-Hum, il ne va pas nous aider ! 
Il nous dit de partir, quoi.
0K, gracias !

-De nada.

-Nous tentons maintenant notre chance dans la coopérative la plus importante du secteur. 
Mais là encore, "le responsable n'est pas là". 
On peut laisser un message ?

-Elle appelle aujourd'hui ? 
Pour finir, nous allons dans la plus grande entreprise de production de fraises au monde. 
Leurs barquettes sont commercialisées dans nos supermarchés français. 
Là encore, nous laissons nos coordonnées, en vain. 
Personne ne nous rappellera. 
Finalement, nous trouvons quand même un fraisiculteur qui nous laisse filmer toutes ses méthodes de production. 
Le producteur, c'est lui, mais vous ne le verrez pas. 
Vous ne verrez pas non plus les engrais chimiques entreposés dans ce local, ni les pesticides enfermés à clef derrière cette porte. 
Après notre tournage, ce fraisiculteur a été menacé d'exclusion par sa coopérative car il avait parlé à des journalistes. 
Pour lui, cela signifie faillite de son entreprise. 
Nous avons décidé de ne pas diffuser notre tournage avec lui pour le protéger. 
Pourquoi cette omerta ? 
Le secteur de la fraise espagnole aurait-il des choses à cacher ? 
Veulent-ils dissimuler que leurs fraises poussent sur un sol stérile, nourries exclusivement d'engrais chimiques ? 
Ou veulent-ils éviter que l'on enquête sur la main-d'oeuvre qu'ils emploient ?

-Vous venez d'où ?

-De Roumanie.

-Et vous ?

-De Bulgarie.

-Moi ? De Roumanie.

-La fraise est un fruit fragile qui ne peut être ramassé qu'à la main. 
Cela nécessite beaucoup de personnel. 
C'est un des postes qui coûtent le plus cher aux producteurs qui recrutent massivement au-delà des frontières de l'Espagne. 
Le soir, sur les places des villages, comme ici, a Palos de la Frontera, c'est ambiance internationale : Maghreb, Afrique noire, pays de l'Est : les ramasseurs de fraises viennent de tous les horizons. 
Parmi eux Héléna, une jeune Roumaine de 26 ans. 
Ce soir, elle attend sa mère qui est partie en car de Roumanie depuis 3 jours et demi.

-J'ai parlé a mon chef pour que ma mère vienne travailler. 
Il m'a dit : "Comme tu me respectes, je peux faire "quelque chose pour toi. Ta mère peut venir travailler". 
Je ne reste que 4 mois. 
Mon salaire est pour la Roumanie. 
Il me paie 38 euros par jour. 
Je travaille la fraise, rien d'autre. 
La première année, j'ai trouvé ça dur. 
J'avais mal au dos. 
Maintenant, je peux travailler tous les jours sans problème. 
Maman arrive ! Maman arrive ! 
Venez, allons la voir !

-Des cars remplis de travailleurs étrangers comme celui-ci, il en arrive tous les jours dans cette région. 
Héléna a trouvé un contrat au SMIC ainsi qu'un logement. 
Mais tous les ramasseurs de fraises ne s'en sortent pas aussi bien. 
A la sortie des villages, nous remarquons ces habitations construites avec des palettes et des plastiques de serre. 
Ce sont ce qu'ils appellent ici des "chabolas", des bidonvilles. 
Dans cette forêt, cette cabane. 
Fouzia et Khalem, un couple de Marocains, vivent ici sans eau courante ni électricité. 
Comment vous avez fait pour fabriquer cette petite cabane ?

-Je fabrique avec le plastique et avec le bois.

-Il vient d'où, le plastique ?

-De la fraise.

-Vous l'avez pris dans les champs ?

-Oui, je l'ai trouvé dans la poubelle.

-Khalem et Fouzia habitent ici depuis 5 ans. 
Ils ont aménagé 2 petites pièces de fortune.

-Il faut entrer. Entrez ! 
"Je suis" dormi là. 
Et maintenant, c'est la cuisine. 
C'est le salon où "je suis" manger. 
Hier, "travaille" à la fraise. 
Elle est très jolie, la fraise. 
Mais elle n'a pas beaucoup de travail.

-Madame, vous ramassez la fraise ?

-Oui. Elle a ramassé. 
Il traduit en arabe. 
35 euros à la journée.

-Le problème pour Fouzia, c'est qu'il n'y a pas de travail tous les jours. 
Aujourd'hui, par exemple, elle n'a travaillé que 2 h. 
Impossible de payer un loyer dans ces conditions. 
Mais Fouzia et Khalem acceptent cette précarité. 
Ils savent qu'ils gagneraient encore moins

-Dans la fraise, au Maroc, on travaille pour 5 euros.

-5 euros de l'heure ? 
A la journée. Et ici...

-Oui, 7 fois plus.

-Si vous ramassiez la fraise au Maroc, vous seriez à la Sécurité sociale ?

-Porque la gente, la-bas, n'a pas le droit du travail comme vous voulez. 
Le chef...

-Le droit du travail.

-Il n'est pas respecté, oui.

-Au début des années 2000, les producteurs ne trouvaient pas assez d'Espagnols pour ramasser les fraises. 
Ils ont alors embauché des étrangers par dizaines de milliers. 
En 2007, la crise éclate en Espagne et le chômage explose. 
Aujourd'hui, les Espagnols veulent revenir travailler dans les champs de fraises, comme Maria et Roberto. 
Nous ne filmons pas leurs visages car s'ils sont reconnus, aucun producteur de fraises ne voudra plus jamais les embaucher. 
Maria tenait une boutique de vêtements dans la région de Huelva. 
Avec la crise, son magasin a fait faillite. 
Son mari était électricien. Il a perdu son emploi. 
Aujourd'hui, ils n'ont plus aucun revenu et 2 enfants à charge. 
L'an dernier, ils trouvent tous les 2 un travail chez un producteur de fraises, ils espèrent gagner le SMIC.

-Nous, on y allait car on était au chômage depuis 3 ans sans rien toucher. 
On n'a même pas demandé le salaire, ni les jours où on travaillait. 
On y allait comme ça.

-Il nous a proposé 3 euros de l'heure. 
De 7h du matin à 13h. 
C'était à peu près 18 euros par jour. 
Et en plus, on doit payer l'essence et le reste.

-Dans la fraise, le tarif horaire minimum avoisine les 6 euros. 
Là, on leur propose seulement 3 euros au noir, donc sans Sécurité sociale ni droits pour la retraite.

-Il nous a dit que si ça ne nous convenait pas, d'autres le faisaient pour moitié moins. "Si ça ne te convient pas, des petits Noirs le feront".

-Parce que nous, nous, on a de la chance, disait-il ! 
"Tu sais ce que ça représente 3 euros de l'heure ?" qu'il disait, "d'autres viennent "pour 3 euros par jour. " 
Moi, je cueillais et je me disais : "On a de la chance !"
Jusqu'à ce que tu te dises: "Non, ça, ce n'est pas de la chance. Ça, c'est un crime !"

-Mais c'est tout ce qu'on a !

-Vous avez accepté les 3 euros/h ?

-Oui.

-Pourquoi ?

-Ben, parce qu'on en a besoin. 
Parce qu'on n'avait rien d'autre.

-Y a-t-il beaucoup de gens qui acceptent de travailler pour moins de 3 euros ?

-Qui ça ?

-Des immigrés qui ont besoin d'être régularisés. 
Pour rester en Espagne et avoir la Sécurité sociale. 
Et des Espagnols comme nous.
Il y a de plus en plus d'Espagnols qui vivent maintenant dans la rue.

-Retour au village de Palos de la Frontera au coeur de la région de la fraise. 
Dans l'atmosphère, il règne comme une ambiance de bombe à retardement. 
D'un côté, des Espagnols victimes de la crise, de l'autre, des hommes qui ont fui la misère de leur pays. 
Deux précarités qui se retrouvent face à face et dont certains producteurs profitent. 
Dans ce village, nous croisons un étudiant malien qui a fui le conflit dans son pays. 
Ici, il ramasse les fraises et son silence en dit long sur ses conditions de rémunération. 
Vous êtes payé combien par jour ?

-Ça, c'est confidentiel.

-Ah bon ?

-Vous-même, vous savez, non ! 
Si on risquait de dire ça, je risquerais aussi de perdre mon travail ! 
Et aussi, ça va venir beaucoup de problèmes aussi a mes cousins, mes frères qui sont ici.

-C'est arrivé qu'on vous propose 3 euros de l'heure ? Aussi ! Moins que ça !

-Moins que 3 euros, on vous a proposé ?

-Oui, moins que ça.

-L'omerta des fraisiculteurs vise-t-elle a cacher ce travail au noir dans les champs ? 
Ou bien veulent-ils nous occulter les dégâts causés sur le parc voisin de la Donana, un parc inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco ? 
Cette réserve naturelle abrite les derniers lynx d'Europe et plus de 300 espèces d'oiseaux. 
Felipe Fuentelsaz est le directeur local du Fonds mondial pour la nature. 
Selon lui, les producteurs de fraises volent la terre et l'eau de ce parc protégé. 
Des fermes illégales comme celle-ci, il y en aurait entre 200 et 400.

-Ces fermes n'ont pas les permis requis pour l'utilisation de l'eau et du sol.

-Le problème, c'est que la culture de la fraise nécessite beaucoup d'eau. 
Alors, sur plus de 2 000 hectares de forêt, certains producteurs ont creusé des forages sans autorisation. 
Des puits comme celui-ci.

-Voici un forage qui n'a pas de permis. 
Ce forage alimente une quinzaine de puits pour des fermes environnantes. 
Les tuyaux apportent l'eau jusqu'à dés propriétés qui sont parfois très éloignées. 
Selon une étude récente de l'administration de Guadalquivir, il y aurait 1000 puits illégaux à Donana pour que l'on retire plus d'eau qu'il n'en tombe avec les pluies. 
Le niveau d'eau baisse dans certaines zones de manière dramatique.

-Pour l'instant, aucun puits illégal n'a jamais été fermé, mais l'administration a promis d'intervenir d'ici 2019. 
Mais si des puits ferment, des fraisiculteurs pourraient faire faillite : un cas de conscience.

-L'activité des fraises génère beaucoup d'emplois. 
Beaucoup de familles en vivent. 
Ce n'est pas facile de prendre une telle décision. 
Actuellement, un agriculteur qui doit fermer son exploitation illégale, il perd tout ! 
Il ne peut pas se dire: "Je vais me consacrer à une autre activité", il n'y en a pas. 
Mais le futur du secteur de la fraise dépend du respect de ces réserves d'eau.

-Cimetière de plastiques de serres et de bidons de pesticides au cœur du parc de la Donana. 
L'agriculture intensive des fraises en Espagne, en France ou ailleurs, a un prix. 
Et c'est l'environnement qui le paie le plus cher.

-La culture en serre est la plus coûteuse au monde au niveau énergétique. 
C'est un bilan carbone catastrophique qui comprend le pétrole pour faire les engrais, une part énorme. 
Le phosphore vient du Sénégal. 
La fabrication de la serre: tout le métal, le verre coulé, tout ça coûte une énergie énorme à fabriquer. 
Il faut non seulement chauffer la serre mais l'éclairer. 
C'est totalement délirant. 
Alors que le champ ne coûte rien en calories pétrolières. Ça, c'est des usines à gaz. 
C'est artificialisé : ce n'est pas le sol de France qui nourrit les Français, c'est le pétrole : pour notre alimentation, nous dépendons des pétroliers. 
Quand il n'y aura plus de pétrole, on va manger quoi ?

-Il existe des producteurs qui font pousser des fraises sans pétrole, sans pesticides et en pleine terre. 
C'est le cas des Naulin, en Dordogne. Joseph, le père, Gaëlle, sa belle-fille et Mathieu, le fils. 
Ces producteurs bio sont une exception car moins de 4 % des fraises produites en France sont bio. 
Ce sont aussi les plus chères : de 16 à 25 euros le kilo, soit 10 fois la fraise espagnole. 
Avant Joseph cultivait la fraise avec des produits chimiques comme la quasi-totalité des producteurs en France.
Mais en 95, il a eu un déclic.

-J'ai commencé à avoir des démangeaisons dues aux produits chimiques, ça devenait insoutenable : j'étais en train de m'empoisonner et le consommateur avec.

-Pour vous, il n'y aucun doute: ça venait des produits chimiques que vous épandiez ?

-Oui, car dès que j'ai arrêté ça, les démangeaisons ont disparu !

-Joseph Naulin expérimente alors plusieurs traitements naturels pour remplacer les produits chimiques. 
En 2001, il devient le premier fraisiculteur biologique de Dordogne.

-Je ne me suis pas vanté quand j'ai voulu faire ma conversion au bio parce que je savais très bien que les gens me prendraient pour un illuminé. 
Et maintenant, les techniciens agricoles viennent voir comment je fais parce qu'ils ne comprennent pas. 
Ils ont appris à l'école qu'il fallait employer des produits chimiques. 
Ils n'ont jamais appris autre chose que ça, que la chimie. aussi quelques vaches. 
Leur fumier sert de fertilisant pour la terre et remplace les engrais chimiques.
Il travaille avec son fils Mathieu et Gaëlle, sa compagne. 
Il leur a transmis sa science du bio.

-Je ramasse des orties pour faire du purin d'ortie qui a le pouvoir de développer les défenses immunitaires de la plante.

-Ces producteurs bio utilisent beaucoup de végétaux comme aussi la consoude dont les feuilles servent d'engrais naturel.

-Moi, je pense que ce n'est pas le fait d'utiliser une plante ou une autre, c'est le fait d'en combiner beaucoup ensemble : le purin d'ortie, la consoude et le pur jus de consoude, on fait les 3 traitements en même temps.

-Ces herbes sauvages remplacent à elles seules plusieurs bidons d'engrais et d'insecticides.

-Dans cette ferme, on dirait que les chemins ne sont pas entretenus. 
Les Naulin ne désherbent pas volontairement. 
Les fleurs sauvages qui y poussent leur servent de mouchards, comme le bouton d'or qui a l'avantage d'être attaqué en premier par le thrips, un acarien nuisible qui ira ensuite manger les fraises.

-Là, il y a un petit thrips. 
Je regarde si le thrips est là. 
Voilà, c'est ce petit insecte-là. 
Là, sur le pétale jaune.
(Voilà, la, là !) 
Le voilà, ce petit thrips. 
L'un a sauté sur mon ongle là. 
Voilà, c'est pour ça que j'aime bien garder le bouton d'or car c'est une plante indicatrice sur le fait que dans 15 jours, 3 semaines, passé le mois de mai, il va falloir insérer les premiers Orius pour qu'ils mangent les thrips.

-L'Orius est une punaise qui tue les thrips. 
Mathieu va poser sous ses tunnels des cartouches pleines de ces punaises. 
Les punaises iront ensuite manger les thrips comme cela se fait dans la nature depuis la nuit des temps. 
Pas besoin de pesticides chimiques.

-Et de laisser de l'herbe dans les allées, ça fait une meilleure pollinisation : bourdons et abeilles iront dans les fleurs des allées puis se jetteront sur les fraisiers. 
C'est un tout. Je pense que la nature est équilibrée à la base. 
C'est peut-être nous, société, qui déséquilibrons un peu la nature, mais à la base, oui, la nature a ce qu'il faut pour nous nourrir. 
C'est un tout. 
Protégeons-la, elle nous protégera.

-Dans la nature, il existe des centaines de variétés de fraise mais certains essaient d'en créer des nouvelles, comme ici, toujours dans le Périgord. 
Voici le CIREF, un centre scientifique financé par les producteurs français. 
Des chercheurs s'y activent pour donner naissance à la fraise du futur. 
Elle doit être plantureuse et brillante, savoureuse et résistante aux maladies. 
Pour cela, Philippe Chartier, sélectionneur en chef, joue les agences matrimoniales. 
A l'aide de son pinceau, il pollinise fraisiers mâles et femelles pour créer plus de 8 000 variétés. 
Au bout de 8 ans, seules 2 ou 3 seront commercialisées. 
Une sélection impitoyable qui passe par le test de la fermeté.

-J'utilise un pénétromètre qui applique une certaine force pour s'enfoncer

-Pas de pitié pour les molles. 
A la poubelle ! 
Car la fraise idéale ne doit pas s'abîmer trop vite. 
Aurélie Petit cherche aussi la variété qui contiendra le plus d'antioxydants, qui promet un bienfait santé au consommateur.

-Plus on mange d'antioxydants, mieux on se défend face aux maladies cardiovasculaires, au cancer...

-Les 8 000 fraisiers ont aussi droit à un séjour dans cette serre de la torture. 
Ici, Philippe Chartier observe leur résistance aux maladies et aux insectes. 
Car la fraise du futur doit être capable de se passer de pesticides.

-Voici une plante qui a de l'oïdium même à un stade très précoce, qui se développe sur le fruit vert. 
C'est une variété sensible, donc je vais la sortir et c'est une plante qui va être éliminée et que je ne vais pas garder en sélection.

-Avoir une santé de fer ne suffit pas. 
La fraise idéale doit aussi être bonne.

-Là, je goûte la AH 182. 
Elle a un goût neutre. 
Donc, a priori, je ne vais pas la conserver.

-Vous goûtez combien de variétés par jour ?

-En général, je peux goûter jusqu'à une centaine de variétés différentes par jour. 
Une centaine de fraises par jour. 
Là, je goûte la AH 221 qui est aussi en deuxième année d'évaluation. 
Elle est bonne. 
Elle est parfumée. 
On la retrouvera peut-être dans les assiettes dans 6 ou 7 ans.

-En attendant l'arrivée de la fraise idéale, quelle est la meilleure des fraises aujourd'hui entre les fraises françaises, belges, espagnoles, les bio et les non bio ? 
Nous avons organisé une séance de dégustation avec 3 professionnels du goût : Xavier Denamur, propriétaire de 5 restaurants à Paris, Christophe Michalak, chef pâtissier du Plaza Athénée et le chef Laurent André, du palace Royal Monceau. 
Nous allons leur faire goûter 4 fraises sans leur dire quelle est la variété. 
Ils vont devoir deviner. 
Nous démarrons par l'espagnole.

-Non, je ne la finis pas, non.

-"Ça ressemble à des fraises, ça a l'odeur des fraises, mais ce n'en est pas".

-Il y a un côté un peu, un croquant un peu bizarre, assez "flotteux", c'est insipide.

-C'est que ça a cuit sous une lampe, que ça n'a pas de goût, juste de la couleur.

-Je pense que tout est dit.

-Alors, je vais vous demander de mettre une note

-1, c'est pour ne pas mettre 0.

-Je serai un peu moins sévère que Xavier, je mettrai 2.

-Je vais être terrible. J'ai envie de mettre 0 honnêtement.

...

 

 

Une transcription est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/reader/514751/la-fraise-un-parfum-de-business.html
ou
http://telescoop.tv/browse/514751/la-fraise-un-parfum-de-business.html





 

 

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