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LES DÉFRICHEURS
Voyage dans la France qui innove vraiment


Par Éric Dupin 

LE livre à lire, à partager avant de créer des groupes de réflexion autour de ce thème !!!

EXTRAITS avec LA TABLE DES MATIERES et la liste des liens

COMPLÉMENTS avec les sites de référence :
QUATRIEME DE COUVERTURE
(intégralité) - INTRODUCTION (intégralité) - CONCLUSION (importants extraits)

 

Autre livre :
VIVRE AUTREMENT :
ÉCOVILLAGES, COMMUNAUTÉS ET COHABITATS
Extraits au lien Vivre autrement.html

AVERTISSEMENTS IMPORTANTS PAR L’AUTEUR DES EXTRAITS :

Ce document ne peut en être qu’une présentation incomplète. 

Il est une invitation à lire, si vous en sentez l’intérêt, l’intégralité du livre.

Un tel document est surtout utile à celui qui a d’abord lu avec attention le livre dans sa totalité.

Ce livre étant en Copyright, vous êtes priés d'en respecter la propriété intellectuelle des auteurs 

pour toute citation éventuelle de phrases extraites du résumé.

 

Vous pouvez commander ce livre, par exemple, auxÉdition La Découverte

 

    

    

 EXTRAITS DU LIVRE LES DÉFRICHEURS
COMPLÉMENTS avec les sites de référence

 

 

 

LES DÉFRICHEURS

Voyage dans la France qui innove vraiment

Par Éric Dupin

(présentation d'extraits)

 

Éric Eric Dupin © 2014 Éditions La Découverte, 9 bis rue Abel-Hovelacque, 75013 Paris (19,50 €) – 278 pages

Site des Éditions La Découverte : http://www.editionsladecouverte.fr

 

Table des matières, quatrième de couverture et introduction en intégralité au lien :  
http://ericdupin.blogs.com/ld/ (et présentés ici en bas de page)

Conclusion avec des extraits importants au lien :
http://www.slate.fr/story/92163/defricheurs (et présentée ici en bas de page)

Lire intégralement les pages 1 à 36 au lien : http://widget.editis.com/ladecouverte/9782707175625/#page/1/mode/1up
(ou encore en partie sur Google-Books ici)

Extraits du livre  :

QUATRIEME PAGE DE COUVERTURE - Extrait (l'intégralité est présentée ici et au lien http://ericdupin.blogs.com/ld/) :
« Bien plus de Français qu'on ne l'imagine vivent déjà selon une échelle des valeurs différente de celle qu'impose la société actuelle.
Plus ou moins radicalement, ils se sont détachés du modèle productiviste et consumériste qui nous étouffe....
... C'est cette richesse et cette diversité que révèle ce livre, fruit d'une vaste enquête conduite pendant près de deux ans dans une dizaine de régions...
... De très nombreux défricheurs rencontrés rejettent la politique, mais l'utopie concrète qu'ils vivent a bel et bien un sens politique.
Pour autant, le changement social peut-il naître de l'essaimage d'alternatives locales ?
Et, au-delà de la convergence vers des valeurs écologiques et sociales qui caractérise cette mouvance, comment définir la postmodernité à laquelle de plus en plus de gens aspirent ? »

Éric Dupin, journaliste et essayiste, collabore actuellement au ''Monde diplomatique'' et à Slate.fr...



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TABLE DES MATIERES avec de courts extraits et la liste de liens cités...

INTRODUCTION. UN CONTINENT MÉCONNU
- L'univers bigarré d'une autre France ?
… Les défricheurs sont encore mus par un puissant désir d'autonomie...
- Enquête de terrain
… J'ai procédé à une enquête de terrain s'étant sur une période allant d'octobre 2012 à avril 2014...
… Ces défricheurs se méfient énormément des médias, assimilés à un système politique qu'ils réprouvent. De ce point de vue, ma qualité de journaliste politique a plutôt constitué un handicap. Qui plus est, je ne leur ai pas caché que mon réel intérêt pour ces démarches ne m'empêchait pas d'être étranger à leur univers. Ma culture politique d'origine n'est pas celle de l'écologie et mon mode de vie personnel n'a pas grand-chose d'alternatif...
- Un mouvement invisible
Au total, le nombre de réalisations originales se revendiquant de l'expérimentation sociale ou écologique est impressionnant. Comment expliquer que cet espèce de mouvement social potentiel demeure invisible ?...

I. LA GALAXIE DES EXPÉRIMENTATEURS

1. LES NOUVEAUX DISSIDENTS
               (ce chapitre peut être lu intégralement au lien http://widget.editis.com/ladecouverte/9782707175625/#page/37/mode/1up)
Ils vivent en rupture avec la société...
- La « Nef des fous » des Alpes-de-Haute-Provence
à Saint-Vincent-sur-Jabron.
- Une ferme autogérée dans les Alpes-Maritimes 
à La Roya http://www.collectif-far.org
- Charpentiers indépendantistes en Dordogne
 près des Eyzies : http://copeauxcabana.overblog.com
- Le peuple des yourtes en Haute-Vienne
à Bussière-Boffy : http://yourtesbussiere-boffy.info et ailleurs.
- Le paradis perdu des « yourteurs » de Terre du Cinoble
à Cubières-sur-Cinode en Aude
- Choisi ou subi ? La Sorga en Dordogne 
: http://www.facebook.com/lasorga
- De la communauté à la coopérative : l'expérience de Longo Maï 
à Limans (Alpes-de-Haute-Provence) : http://www.prolongomaif.ch

2. LES ÎLOTS VERTS
Ce sont des havres de paix dans ce monde de brutes...
- Éourres (Hautes-Alpes) : un vrai village : http://www.eourres.fr
- Un moulin collectif en Haute-Vienne
à Busseix : http://moulindebusseix.org
- L'écohameau chrétien de La Bussière-sur-Ouche (Côte-d'Or) :
voir Facebook
- L'Oasis de Lentiourel, un lieu de paix en Aveyron 
près de Sainte-Affrique : http://oasisdelentiourel.overblog.com
- Écologie et collectif : Ecologie en Haute-Garonne 
à Gensac-de-Boulogne : http://www.ecolectif.fr et à Soulvache (Loire-Atlantique) : La Grée http://lagree.cc
- Réalisme et utopie à la ferme des Amanins (Drôme) 
: http://www.lesamanins.com
- Le village coopératif du Viel Audon (Ardèche)
à Balazuc  : http://www.levielaudon.org
- La pédagogie en actes de l'Écocentre du Périgord
à Saint-Pierre-de-Frugie (Dordogne) : http://ecocentre.org
- Réalisations personnelles : quand des vies basculent...
Eric Lavaysse à Tourves (Var), Patrick Baronnet à Moisdon-la-Rivière (Loire-Atlantique) ; Sylvain Ghysens : L'Écohameau du vignoble nantais (Loire-Atlantique) http://www.ecohameau-vignoble-44.fr
- Élitisme et rayonnement des expériences alternatives
...
C'est bien à condition de rayonner le plus largement possible que les îlots verts hâteront l'avènement d'un monde nouveau.


3. LES ÉCOMILITANTS
Il y a mille et une manières de s'engager concrètement en faveur de l'écologie...
- Habitations atypique... Max Barel au Moulin des Nonnières (Drôme) ; Virginie Farges à Chanteix (Corrèze) ; Philippe Doby aux Mûriers à Anse (Rhône)
- Militants de l'énergie...
Annick Lemonnier à Martigné-Ferchaud (Ille-et-Vilaine), Marc Jedlizka dans le Beaujolais, un des fondateur d'Enercoop http://www.enercoop.fr
- Laboureurs de terrain, dans le Tarn, le Var ou à Paris... Céline Rives-Thomas à Péchaudier (Tarn) : Rhizobiòme http://www.rhizobiome.coop ; Damien Dekarz à Bras (Var) : La Graine indocile http://lagraineindocile.blogspace.fr ; Jacky Libaud : Balades au jardin http://www.baladesauxjardins.fr
- L'étonnante pléiade des militants du local...
Benoît Kubiak à Quétigny (Côte-d'Or), Catherine Bernadet à Créon (Gironde) : http://brasseriesaintleon.com et http://lentredeuxmersentransition.weebly.com
- Colibris engagés dans la transition... Bérangère Sfaxi en Entre-deux-Mers, près de Bordeaux (Gironde) ; Armelle Bourquard en Bordelais ; Florian Jehanno à Nantes : les Cré'Alters http://lescrealters.org
- Écocentrisme, dans le Gers ou en Corrèze... Paul Cottavoz à Riscle (Gers) : Pierre et Terre http://www.pierreetterre.org ; Pascal Brette à Cornil (Corrèze) : Le Battement d'ailes http://www.lebattementdailes.org
- Enracinement dans le territoire et convivialité
… Dégagées de l'utilitarisme marchand, les diverses « écoréalisations » revalorisent l'utilité sociale sous toutes ses formes.


4. LES ALTERENTREPRENEURS
L'esprit d'entreprise n'est pas l'apanage de ceux qui sont en quête de fortune ou de réussite sociale...
- Les promoteurs d'innovation... Philippe Vachette à Chambéry (Savoie) : Inddigo http://www.inddigo.com ; Pascale et Joël Caron à Diois (Drôme) : Habiterre http://www.habiterre.org et Infra/L'Accorderie
- Equiphoria, le cheval pour surmonter son handicap...
à La Canourgue (Lozère) http://equiphoria.com 
- Plantes aromatiques dans la Drôme, vin bio dans le Bordelais...
Les Wartena et les Vink à Diois (Drôme) : L'Herbier du Diois http://www.herbier-du-diois.com ; Daniel Noël dans le Bordelais : Vini Vitis Bio avec Mathieu Huguet et Daniel Pasquet
- Habitats écologiques...
Pierre Pralus près de Seillans (Var) : Trihab http://www.trihab.com ; Patrick Belland à Albertville (Savoie) : Maison Nature http://maison-nature.fr
- Biovallée (Drôme) et Ecossolies (Nantes), pour stimuler la société civile...
Philppe Méjean dans la Drôme  Biovallée http://biovallee.fr ; Jean-Philippe Magnen à Nantes : Ecossolies http://www.ecossolies.fr  
- Créer son propre emploi...
Luc Parlavecchio à Die (Drôme) : DesEquilibres http://france.desequilibres.org ; Antony Barillé à Saint-Nazaire : JardiCompost http://www.jardicompost.fr ; Rudy Lauberton près d'Ugine (Savoie) : exploitation lombricole.
- Idéalisme et sérieux
...
Les alterentrepreneurs sont simplement aux avants-postes de pratiques qui restent à inventer.


II. LE BOUQUET DES INNOVATIONS

5. LES NOUVEAUX PAYSANS
Le monde agricole est un terrain de pédilection pour les défricheurs...
- Conversions bio... Nathalie Ginet-Welker à Brette (Drôme) : la Ferme du Villard  http://www.la-ferme-du-villard.com ; Cédric Marmié  près de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) : maraîchage bio.
- Reconversions agricoles...
Nicolas Petit au nord d'Auch (Gers) : La Ferme en coton  http://wwww.lafermeencoton.fr ; Eric Souffleux près de Sain-Père-en-Retz (Loire-Atlantique) maraîcher bio. 
- Fermes écologiques, de la Drôme à l'Hérault...
Guillaume Maillard à Cornillac (Drôme) : la Ferme de Pierre Vieille http://pierrevieille.com ; Caroline Rondineau et Jean-Louis Rey à Olargues (Hérault) : Les Jardins du Salvet http://www.lesjardinsdusalvet.fr  
- Difficultés agricoles...
Guillaume Etienne près de Saint-Romans (Drôme) maraîcher bio ; Marie-Christine Fort à Bétous (Gers) : la Palmeraie du Sarthou http://www.palmeraiesarthou.com
- Biodynamie et agroforesterie...
http://www.demeter.fr ; Le Domaine Saint-Laurent près de Cluny (Saône-et-Loire) http://domaine-saint-laurent.fr ; Aldric et Jeanne Guillon près de Velleron (Var) ; Alain Canet dans le Gers : Arbre et Paysage http://arbre-et-paysage32.com
- La guerre des semences : le combat de Kokopelli...
Ananda Guillet au Mas d'Azil (Ariège) https://kokopelli-semences.fr  


6. LA SOLIDARITÉ INVENTIVE
La solidarité est une très à Grenoble : le Jardin de la Poterne http://www.brindgre.org  belle et ancienne valeur qui prend aujourd'hui des formes nouvelles...
- Libres échanges et monnaies locales... Daniel Herlaut à Paris : le « SEL de Paname » ; Les Accorderies.
- Rebond par recyclage...
Mouvement Emmaüs ; Murielle Debernardy à La Buisse (Isère) : La Ressourcerie ; la boutique de Débrouille Compagnie  à Paris : http://www.debrouille.com
- Isère, Savoie, Drôme : solidarités militantes...
Jean-Jacques Pierre à Eybens (Isère) : Association des Amis du Zeybu http://www.lesamisduzeybu.fr ; Patricia Louis près de Ruffieux (savoie) : « L'Aire du temps »;Marianne Godez à Die (Drôme) : « garage fringues »
- Des jardins conviviaux, de l'Île-de-France au Var et à l'Isère...
Laurence Baudelet : Le Jardin dans tous ses états ; Jean-Paul Raoust : Regain de l'Esterel ; Dominique Viau à Hyères : les Jardins d'Hyères ; Charlotte Peigné à Grenoble : le Jardin de la Poterne http://jardins-partages.org
- Les limites de l'économie de la débrouille
...
L'économie solidaire a tout intérêt à oeuvrer de pair avec l'économie sociale. Viendra même peut-être un jour où la solidarité ne sera plus reléguée aux marges d'une économie qui a écrasé la coopération sous la cométition.


7. LES COHABITATIONS CHOISIES
L'habitat partagé revient au goût du jour...
- Lieux partagés... Marc Bodinier à Die (Drôme) : Habiterre http://www.habiterre.org ; Françoise à Saint-Pierre-le-Vieux (Saône-et-Loire) : Terre de possibles http://terre-de-possibles.org
- Du Château partagé à la Maison mosaïque : épreuves endurées...
Près du lac d'Aiguebelette (Savoie) : le Château partagé https://lechateaupartage.wordpress.com ; Annette Mathelin  près de Valence (Ardèche) : la Maison Mosaïque
- Risque d'usure, de la Viorne (Isère) aux Mûriers (Rhône)...
Cécile et Jean-Michel Viallon à Villefontaine (Isère) : La Viorne ; Alain Liénard à Anse (Rhône) : les Mûriers.
- Projets naissants en Rhône-Alpes...
Audrey et Ludovic à Saint-Germain-au-Mont-d'Or (Rhône), près de Lyon : les Choux lents ; Fanny Grenier à Pontcharra (Isère) : les Granges des Toits liés, voir Facebook.
- Projets en devenir...
Isabelle : le projet Gargousse à Lyon ; Carole Constant à Rennes : Graines urbaines http://www.hg-rennes.org/les-graines-urbaines.html ; Jean-Claude Recapet à Bordeaux : H'Nord http://www.hnord.org ; Claire Galland à Dieulefit (Drôme) : Ecoravie http://www.ecoravie.org ; Maxime Noyon entre Dijon, Lyon et Moulin : groupe Aventure village écoconstruction ; Nathalie Dujardin en échec.
- Militants de l'habitat...
Pierre-Yves Jan à Rennes : la Petite Maison ; Olivier David à Villeurbanne (Rhône) : Habicoop http://www.habicoop.fr ; Didier Croc à Rennes : Coop de construction http://www.coop-de-construction.fr ; Olivier Cencetti : L'Écho-Habitants http://www.lechohabitants.org 
 

8. APPRENDRE AUTREMENT
S'il est un domaine où l'exploration de pratiques alternatives est bienvenue, c'est l'éducation...
- Les pédagogies alternatives des écoles Montessori et Steiner
- Écoles aux champs, en Ardèche et en Savoie...
la Ferme des enfants à Lablachère (Ardèche) : http://www.la-ferme-des-enfants.com ; l'Ecole des quatre saisons à Challes-les-Eaux (savoie) : http://www.ecoledes4saisons.fr  
- Innovations rurales : Le Petit Monde et La Marelle...
Chantal et Jean-Michel Amillard à fresnay-en-Retz (Loire-Atlantique) : l'école alternative Le Petit Monde http://www.lesamisdupetitmonde.fr ; Géraldine Seignarbieux à Saint-Pantaly-d'Ans (Dordogne) : La Marelle http://www.marelleetcompagnie.com  
- Les héritages difficiles de l'«éducation populaire»...
Francine Mahéà Gahard (Ille-et-Vilaine) : le Pavé autodissoute http://www.scplepave.org ; Claire Héber-Suffrin à Evry : réseau d'échanges de savoirs http://www.rers-asso.org
- Alternatives culturelles dans le Gers...
Frédéric David à Arblade et Riscle (Gers) : association Spirales à histoires http://www.spiraleahistoires.com ; Alain Bouffartigue à Auch (Gers) : Association Ciné 32 http://www.cine32.com
- Enjeu global, risque de l'élitisme
...
Un travail de pénétration et de changement des institutions demeure indispensable en dépit de la puissance des conformismes et des corporatismes qui y sévissent. En attendant, les défricheurs de l'école du futur font heureusement rayonner l'idée d'un autre rapport éducatif.


9. LES ESPOIRS DE LA SOCIAL-ÉCONOMIE
Toute une économie ne tourne pas autour de l'argent...
- Succès autogérés : des tondeurs de moutons d'Ardelaine (Ardèche)...Gérard Barras (Viel Audon) à Saint-Pierreville (Ardèche) : Ardelaine http://www.ardelaine.fr 
- … aux scieurs de bois d'Ambiance Bois (Creuse)...
à Faux-la-Montagne (Creuse) : Ambiance Bois http://www.ambiance-bois.com
- Acome et scopelec, des coopératives d'envergure...
Jacques de Heere à Mortain (Manche) : Acome http://www.acome.fr ; Jean-Luc Candelon : Scopelec http://www.groupe-scopelec.com
- Mateloc et Ceralep : l'entreprise reprise par ses salariés...
Alain Durand àCholet : Mateloc http://www.mateloc.com ; Robert Nicaise à Saint-Vallier (Drôme) : Ceralep http://www.ceralep.fr 
- L'essor discret des coopératives d'entrepreneurs...
Stéphane Veyer en région parisienne : Coopaname http://www.coopaname.coop ; à Aubenas : natura Scop ; Jean-Luc Chatagnat basé en Rhône-Alpes : Oxalis http://www.oxalis-scop.fr et La Jardinière http://www.la-jardiniere.org ; Alain Oriot à Bellexombe-en-Bauges (Savoie) : les Editions du Croquant http://croquant.atheles.org et à Grenoble In Folio.
- Argent solidaire : financements alternatifs et monnaies locales...
Jean-Marc de boni à Lyon : la Nef http://www.lanef.com ; à Paris et en France : les Cigales (Clubs d'Investisseurs pour une gestion alternative et locale de l'épargne solidaire) http://www.cigales.asso.fr ; les monnaies locales à Toulouse : le Sol Violette, au Pays Basque : l'eusko.
- Dynamisme coopératif : les promesses de l'économie sociale et solidaire...
Patrick Lenancker : Arpège et A Cappella à amiens – Les Scop http://www.les-scop.coop
… Des grandes coopératives impliquées dans la compétition internationale aux petites entreprises autogérées, il existe d'innombrables moyens de défricher les voies d'une économie respectueuse des exigences sociales et environnementales. 

10. CHANGER SA VIE
La critique en acte du mode de vie dominant peut se traduire par des choix de consommation et de manière d'être...
- La conscience du ventre... Yann Fiévet à Arnouville (Val-d'Oise) : association Toutlemondilaibio http://circuits-courts.fr ; La Ruche qui dit oui, né en Haute-Garonne http://www.laruchequiditoui.fr 
- La saga des AMAP...
Michel Fréchou en Île-de-France et  http://miramap.org
- Epicerie bio et auto-alimentation...
Gilles Chabanet à Die (Drôme) : magasin bio de La Carline ; La vie Claire ; Satoriz ; les Incroyables comestibles http://www.incredible-edible.info  avec Cédric Dérouin à Saint-Nazaire.
- Consommation responsable et collaborative...
Sophie Caillat, journaliste ; Anne-Sophie Novel, journaliste http://www.ecoloinfo.com
- Prendre soin de soi...
Clotilde Brutin, thérapeute en biodynamique à Paris à l'espace Osada http://www.espaceosada.fr ; Laetitia Latté, thérapeute à Saint-Lyphard (loire-Atlantique).
- Thérapies alternatives...
Mirelle Monier à Voiron (Isère) ; Patrick Renald Josset à Monprimblanc (Gironde).
… On ne change pas efficacement la société si l'on ne se change pas simultanément soi-même.


III. L'UTOPIE CONCRÈTE

11. LA VRAIE POSTMODERNITÉ
Notre « modernité » est épuisée. C'est tout un système de valeurs, de comportements et d'intérêts qui est devenu profondément malade...
- L'humilité intellectuelle de Pierre Rabhi... à Montchamp (Ardèche)
- Montrer l'exemple avant l'écroulement du système...
site http://www.oasisentouslieux.org  et la légende du colibri http://www.colibri-lemouvement.org
- Séduction de la décroissance
- Entre le fondamentalisme et la récupération

... Notre société souffre, à l'évidence d'un déséquilibre criant entre une profusion matérielle génératrice de frustrations infinies et des relations sociales terriblement superficielles et détériorées. Une vraie postmodernité ferait du « vivre ensemble » autre chose qu'un hypocrite slogan. Pour le reste, tout est à inventer.


12. LE CHANGEMENT PAR LES ÎLOTS
Les défricheurs n'ont pas de parti...
- Limites de l'écologisme politique...
Jean-Paul Besset, ancien député EELV, ancien journaliste ; Dominique Voynet à Montreuil (Seine-Saint-Denis) ; Alexis Boudaud à Auch.
- Écologisme radical...
Corinne Morel-Darleux, conseillère régionale de Rhône-Alpes ; Christian Sunt animateur du MOC (Mouvement des objecteurs de croissance) à Thoiras (Gard) 
- La transition amorcée ? L'exemple des Colibris...
Cyril Dion, cofondateur du mouvement des Colibris ; Yves Michel, éditeur à Éourres (Hautes-Alpes)
- Expérimentation de la sociocratie et de l'holocratie...
l'Université du Nous http://universite-du-nous.org
- Construire un débat, écrire une Constitution...
Patrick Viveret, philosphe ; Etienne Choard, enseignant ; Adrien Delahousse sur la démocratie directe...
… Les nouvelles technologies, par la souplesse et la facilité d'échange qu'elles offrent, pourraient permettre à la démocratie d'atteindre une profondeur inégalée. Mais tout reste à inventer. À la seule condition de ne pas oublier que la décision collective suppose des procédures rigoureuses si l'onveut conjurer la dangereuse naïveté des bonnes intentions.


CONCLUSION. UN MOUVEMENT EN GESTATION
- L'émergence des « révolutions tranquilles »... Emmanuel Daniel, journaliste http://www.tourdefrancedesalternatives.fr ; Bénédicte Manier, journaliste...
… Par rapport à cette mutation, la France se situe nettement en retard...
- Un mouvement social inconscient
... Les défricheur n'ont pas conscience de leur force...
- Une nouvelle élite
… L'aspiration au buen vivir et le rejet d'une société angoissante sont de puissants leviers du glissement des nouvelles générations vers d'autres modes de vie et de travail.
- Demain, deux mondes parallèles ?
… Le problème est également de nature sociale : comment se satisfaire d'une situation qui laisserait la majorité de la population aux prises avec l'exploitation, l'aliénation et tous les empoisonnements qui les accompagnent ?
- Radicalité et pragmatisme : les défis de la « transition citoyenne »
… Le capitalisme d'aujourd'hui, focalisé autour du mode de vie des riches, est incompatible avec les exigences écologiques.
- Vers un mouvement convivialiste
… Parfois excessifs, les défricheurs sont loin d'avoir raison en tous points. Les pistes variées qu'ils ouvrent n'en restent pas moins fécondes pour qui cherche à s'orienter dans la jungle du troisième millénaire.
 

 


COMPLÉMENTS AU LIVRE :

PLUS D'INFORMATIONS :

- Eric Dupin Sur France Culture le 28.10.2014 :
Le journalisme de solution, une solution pour le journalisme ? (35')
http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-2eme-partie-le-journalisme-de-solution-une-solution-pour-le-journalisme-201
"J'ai écrit ce livre en pensant à un public assez large, or il faut bien constater que pour ce livre je n'ai reçu aucune invitation dans les médias de mass, comme la télévision. Le système médiatique tourne en rond, il est un peu fermé sur lui même."

- Interview d'Eric Dupin par "Décideurs en Région" parue le 1.10.2014 :
http://www.decideursenregion.fr/National/Paroles-d-experts/economie-sociale/gestion-organisation/A-la-rencontre-des-alter-entrepreneurs


- Présentation du livre chez l'éditeur : 
http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Les_defricheurs-9782707185020.html

- Présentation du livre sur slate avec des extraits importants de la conclusion :
http://www.slate.fr/story/92163/defricheurs

- Présentation du livre chez Eric Dupin : au lien http://ericdupin.blogs.com/ld/
. Introduction du livre : http://ericdupin.blogs.com/ld/2014/08/introduction-du-livre.html
. Table des matières : http://ericdupin.blogs.com/ld/2014/08/introduction-un-continent-m%C3%A9connu-i-lagalaxie-desexp%C3%A9rimentateurs-1-lesnouveaux-dissidents-lanef-desfous-desal.html

Dans le Monde Diplomatique on en parle : "Le besoin de posséder" par Christophe Goby, novembre 2014
http://www.monde-diplomatique.fr/2014/11/GOBY/50958

Pour aller plus loin : Dans Le Monde, un article : "Cinq livres pour changer le monde" (4.11.2014) :
http://lesdebatsdudd.blog.lemonde.fr/2014/11/04/cinq-livres-pour-changer-le-monde/


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*** QUATRIÈME DE COUVERTURE présentée au lien http://ericdupin.blogs.com/ld/

Bien plus de Français qu’on ne l’imagine vivent déjà selon une échelle des valeurs différente de celle qu’impose la société actuelle. Plus ou moins radicalement, ils se sont détachés du modèle productiviste et consumériste qui nous étouffe. Guidés par un idéal lesté de pragmatisme, ces défricheurs d’un monde nouveau expérimentent et innovent dans des champs fort divers. Certains, en rupture franche avec la société, vivent dans des yourtes ou dans des « habitats légers ». D’autres, à l’opposé, sont des « alterentrepreneurs » qui se fraient un chemin exigeant, socialement et écologiquement, dans l’économie de marché. Et le champ des expérimentations est vaste : agriculture paysanne et circuits de proximité, écovillages et habitats partagés, renouveau coopératif et solidarité inventive, éducation populaire et écoles alternatives.

C’est cette richesse et cette diversité que révèle ce livre, fruit d’une vaste enquête qui s’est déroulée pendant près de deux ans dans une dizaine de régions. L’auteur a recueilli de très nombreux témoignages et réflexions des acteurs de ce mouvement social invisible, souvent surprenants, toujours passionnants. L’ouvrage s’interroge enfin sur le sens de ce fourmillement d’initiatives. De très nombreux défricheurs rencontrés rejettent la politique, mais l’utopie concrète qu’ils vivent a bel et bien un sens politique. Pour autant, le changement social peut-il naître de l’essaimage d’alternatives locales ? Et, au-delà de la convergence vers des valeurs écologiques et sociales qui caractérise cette mouvance, comment définir la postmodernité à laquelle de plus en plus de gens aspirent ?


Éric Dupin, journaliste et essayiste, collabore actuellement au Monde diplomatique et à <a>Slate.fr</a>. Il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrage, dont Voyages en France (Seuil, 2011).

ISBN 978-2-7071-7562-5               19,50 €

 

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*** L'INTRODUCTION PRÉSENTÉE AU LIEN :
http://ericdupin.blogs.com/ld/2014/08/introduction-du-livre.html :

INTRODUCTION :


Un continent méconnu

Changer de vie ici et maintenant, sans attendre des lendemains qui tardent trop à chanter, sans plus croire aux promesses politiques : telle est la boussole des citoyens d’une autre France, étonnamment méconnue. De plus en plus nombreux, ils vivent en rupture avec les valeurs dominantes de notre société. Avec plus ou moins de radicalité, ils se sont détachés du consumérisme frénétique, du productivisme impérieux et de la stressante compétition sociale qui régissent le plus grand nombre. Mais cette France qui vit autrement ne se définit pas seulement, ni même principalement, par son rejet d’un système fou et par son refus des conditionnements qui en assurent la reproduction. Elle est engagée dans une démarche résolument positive. De mille et une manières, elle s’emploie à innover, à expérimenter de nouvelles façons de vivre, de consommer ou de produire. C’est en ce sens que l’on peut parler de « défricheurs » d’un autre monde encore en pointillé. Leurs projets ont l’ambition de traduire en réalisations concrètes de modernes utopies qui renouent parfois avec d’anciennes aspirations – tout simplement la quête d’une vie saine.


L’univers bigarré d’une autre France

Ce livre se propose de faire mieux connaître cet univers bigarré, composé de personnes qui entretiennent des rapports extrêmement divers à la société. À la pointe de cette mouvance, se situent ceux qui s’affirment en rupture claire et nette avec les modes de vie et de pensée dominants. Ces nouveaux dissidents mettent en pratique, à leur manière, une forme de « décroissance » : ils vivent frugalement dans des « habitats légers » ou des « lieux alternatifs ». Certes, ce noyau radical reste limité : quelques milliers seulement de personnes habitent dans des yourtes en France ; et si les « écovillages » et « lieux alternatifs » se multiplient, ils n’agrègent encore qu’une fraction minime de la population. Et pourtant, le mensuel La Décroissance, créé en 2004, dont les positions sont loin de faire l’unanimité au sein de cette mouvance, n’en est pas moins diffusé à quelque 20 000 exemplaires dix ans plus tard.

Une deuxième strate est composée de défricheurs qui, sans être en rupture franche avec la société, interviennent sur ses marges et à rebours de sa logique dominante. Ceux-là œuvrent dans l’économie sociale et solidaire, les circuits de consommation courts, l’agriculture vraiment biologique, l’habitat partagé ou encore l’éducation populaire. Cette sphère est déjà plus large. Le nombre de personnes engagées dans les AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), créées en 2001, donne une idée de l’ampleur prise, en peu d’années, par les manifestations de consommation alternative : on en comptait, en 2012, plus de 1 600 qui rassemblaient 50 000 familles et près de 200 000 consommateurs [1]. Selon le ministère de l’Agriculture, le nombre de fermes concernées par la commercialisation en circuit court serait de 80 000 et représenterait quelque 15 % des exploitations agricoles françaises.

L’habitat partagé se développe également, même s’il reste très limité : quelque deux cents projets engagés selon une estimation datant de 2012. Le renouveau du mouvement coopératif est encore révélateur de la mutation en cours. À la fin 2012, on recensait 2 165 sociétés coopératives dans lesquelles travaillaient 43 860 salariés [2] . Leur nombre s’est accru de 15 % en quatre ans. L’agriculture « bio » progresse lentement mais sûrement : fin 2012, la France comptait 24 425 exploitations agricoles engagées en bio, soit 4,7 % des exploitations françaises [3]. Ces surfaces représentaient, fin 2012, plus de 3,8 % de la surface agricole, contre 3,5 % en 2011 et 2 % en 2007. Là encore, les progrès enregistrés ne sauraient masquer le caractère très minoritaire de ces nouvelles pratiques.

Il n’empêche que tous ces défricheurs ont un impact croissant dans l’opinion. Ils entrent en résonance avec une sensibilité de plus en plus partagée, que l’on a pu rassembler derrière le vocable de « créatifs culturels ». Privilégiant la coopération sur la compétition, l’être sur le paraître, la connaissance de soi sur la domination des autres, ceux-ci représenteraient quelque 17 % de la population française selon une enquête publiée en 2006 [4].

Le champ de notre enquête est ainsi très vaste. Il y a un monde entre des « décroissants » qui vivent dans la « simplicité volontaire » et des entrepreneurs qui investissent leur énergie dans le collectif d’une coopérative. Les résidents des écovillages ne se confondent pas avec ceux qui sont engagés dans l’économie solidaire. L’habitat partagé est un univers bien différent de celui de l’agriculture biologique. Les écoles alternatives ne sont pas de même nature que le « travail sur soi » auquel s’attachent de plus en plus de personnes, ce qui les amène parfois à rompre avec les conditionnements ambiants. En caricaturant, on pourrait dire que ce livre balaie un large éventail qui va des « marginaux » soucieux d’agir positivement aux « bobos » qui s’efforcent, autant que faire se peut, de mettre leurs actes en cohérence avec leurs idées.

Il serait inconvenant de mettre tout ce monde dans le même sac. Les démarches de ces défricheurs sont éminemment diverses. Les clivages entre radicaux et modérés qui traversent cette mouvance font écho au vieux débat entre révolutionnaires et réformistes du mouvement ouvrier, même si les termes en sont posés, on le verra, très différemment. Pour autant, il est frappant de constater que ces personnes, aussi dissemblables soient-elles, convergent vers des visions du monde relativement proches. Elles ont en commun de rejeter, même si c’est à des degrés divers, un système oppressant et manipulateur. Et d’explorer, de manière pragmatique, d’autres modes de vie, de nouvelles manières de travailler.

L’écologie, entendue comme courant philosophique et non comme identité politique, est le cadre de pensée principal de cette mouvance. La figure de Pierre Rabhi, philosophe et promoteur infatigable de l’agroécologie, est la référence commune de la majorité de ceux que j’ai rencontrés. Ceux qui s’attachent à changer concrètement la société aujourd’hui sont d’abord des « écologistes », des personnes soucieuses de la préservation de la planète et du vivant. Encore s’agit-il là d’une écologie à coloration très sociale : la plupart des personnes que j’ai visitées sont indissociablement motivées par le respect de la nature et par la qualité des liens humains. C’est ce qui explique les rapports noués entre réalisations écologiques et économie sociale. La caricature du « bobo écolo », privilégié, égoïste et indifférent à la misère, est étrangère au champ de cette enquête.

Les défricheurs sont encore mus par un puissant désir d’autonomie. Ils veulent que leurs réalisations échappent, autant qu’il est possible, aux lourdes contraintes imposées par les structures économiques et sociales, même si le concours de la puissance publique, notamment des collectivités locales, est parfois sollicité. L’aspiration à reprendre le contrôle de son existence est ici centrale. Poussée à un certain stade, cette caractéristique peut se traduire par un deuxième type de référence idéologique, cette fois proche de l’autogestion ou de l’anarchie. Les secteurs les plus radicaux sont attirés par ces anciens courants d’idées qui pourraient bien retrouver une nouvelle jeunesse. Mais, là encore, le purisme idéologique est loin d’obséder nos défricheurs. Ils naviguent sans difficultés apparentes entre des références hétéroclites en privilégiant avant tout le faire sur le dire.

Enquête de terrain

L’idée de ce livre est née d’un de mes précédents ouvrages. Au cours de mon exploration, au petit bonheur la chance, de la société française dans Voyages en France [5], j’avais été surpris de constater qu’un nombre important de gens vivaient en rupture avec les valeurs dominantes. J’avais également été frappé par la vitalité de cette nouvelle marginalité. Celle-ci ne rassemble pas seulement des « blessés de la vie ». Elle est aussi et surtout vécue par des personnes qui font des choix de vie courageux. Certaines épreuves de l’existence peuvent certes conduire à des reconversions professionnelles et à des changements de vie radicaux. Mais il émane souvent de ces milieux « alternatifs » une espérance et une joie qui m’ont donné l’envie de les explorer dans un nouvel ouvrage.

Reprenant mon bâton de pèlerin [6], j’ai procédé à une enquête de terrain s’étalant sur une période allant d’octobre 2012 à avril 2014 [7]. Je me suis rendu dans une dizaine de régions, de la Bretagne à la Provence en passant par Rhône-Alpes ou l’Aquitaine sans oublier la région parisienne où je réside. Innombrables sont les initiatives qui étaient susceptibles de m’intéresser tant les réalisations remarquables fourmillent sur le territoire. Mais il était hors de question de prétendre toutes les visiter. J’ai ainsi choisi, pour des raisons autant écologiques que financières, de me limiter aux régions dans lesquelles celles-ci étaient les plus nombreuses. Car ces défricheurs sont assez inégalement répartis sur le territoire. Les alternatives diverses et variées sont incomparablement plus répandues dans le sud que dans le nord du pays. Certains départements sont très riches en la matière, comme l’Ardèche, la Drôme, la Loire-Atlantique ou encore le Gers, pour ne citer que certains de ceux que j’ai visités. Inversement, ce type de réalisations est plus rare dans le nord-est de la France et j’ai dû faire, à regret, l’impasse sur ces régions.

Au total, j’ai rencontré quelque cent cinquante personnes. Si mon enquête ne prétend assurément pas à une quelconque exhaustivité, elle permet sans doute de brosser un portrait assez fidèle de cette mouvance dans sa diversité. Ces entretiens ont généralement duré longtemps, l’heure étant le format minimal. C’est que je cherchais, à la fois, à comprendre l’itinéraire de mes interlocuteurs, leurs motivations, tout en recueillant leurs réflexions sur le sens qu’ils attribuaient à leurs expériences.

Ces entretiens se sont, la plupart du temps, déroulés dans un très agréable climat de confiance, pour ne pas parler de convivialité. Bien sûr, il a souvent fallu abattre d’abord quelques préventions. Ces défricheurs se méfient énormément des médias, assimilés à un système politique qu’ils réprouvent. De ce point de vue, ma qualité de journaliste politique a plutôt constitué un handicap. Qui plus est, je ne leur ai pas caché que mon intérêt réel pour ces démarches ne m’empêchait pas d’être étranger à leur univers. Ma culture politique d’origine n’est pas celle de l’écologie et mon mode de vie personnel n’a pas grand-chose d’alternatif.

Au final, cette extériorité ne m’a pas autant desservi que j’aurais pu le craindre. Je n’ai pas eu à forcer ma nature pour manifester de l’empathie à l’endroit de ces idéalistes de notre temps. J’ai eu le loisir d’admirer sincèrement la cohérence qu’ils parviennent à assurer entre leurs paroles et leurs actes. Voilà qui change de tous les discours moralisateurs et hypocrites qui saturent l’espace politique et médiatique. Et quel plaisir de rencontrer des personnes positives, enthousiastes malgré des conditions de vie souvent spartiates ! Ce nouveau voyage m’a heureusement conduit aux antipodes du cynisme et de l’aigreur que l’on trouve trop souvent dans les milieux de la petite bourgeoisie intellectuelle parisienne.

Un mouvement invisible

Au total, le nombre de réalisations originales se revendiquant de l’expérimentation sociale ou écologique est impressionnant. Comment expliquer que cette espèce de mouvement social potentiel demeure invisible ? Cette France qui vit autrement, innove dans le vrai sens du terme, explore les voies de ce que pourrait être la société de demain, n’apparaît que très peu dans les médias ou sur la scène publique. Plusieurs magazines de qualité rendent certes compte avec intelligence de cette mouvance [8]. Mais ils s’adressent surtout à un public déjà engagé dans ces démarches. Les grands médias, de leur côté, se contentent, la plupart du temps, d’une approche folklorique ou pointilliste de cette autre France. Ils présenteront les gens qui vivent dans des yourtes comme de nouveaux Indiens, à la fois fort sympathiques et un peu dérangés. Ils seront plus attentifs aux nouveaux modes de consommation, dits collaboratifs, et aux diverses recettes promettant un « développement personnel » qu’à la portée proprement subversive des choix de vie alternatifs. Le sens profondément politique de toutes ces expérimentations leur échappe généralement.

Encore les médias sont-ils loin d’être les seuls responsables de ce manque de visibilité des défricheurs. L’extrême diversité de cette mouvance ne favorise pas sa perception globale. Pour convergentes qu’elles puissent être, ces expériences demeurent en effet terriblement émiettées : chacun expérimente et innove dans son coin. En dépit des facilités offertes par Internet, la mise en réseau de toutes ces initiatives reste très balbutiante. Le mouvement Colibris, inspiré par les idées de Pierre Rabhi, s’y efforce et son site rassemble utilement un grand nombre d’expériences à travers la France [9]. J’ai eu recours à cette recension pour mes enquêtes, tout en constatant avec surprise que beaucoup de personnes ainsi rencontrées ignoraient que d’autres « colibris » œuvraient à quelques kilomètres de chez elles…

Fort occupés, celles et ceux qui changent leur vie sont parfois tentés de ne point trop se préoccuper du vaste monde. Ils privilégient l’implantation sur leur territoire. Ce localisme les expose à vivre dans leur propre univers et à négliger la communication avec l’extérieur. Cette tendance est favorisée par une méfiance, bien compréhensible, à l’égard des médias assimilés à un système rejeté. La France « alter » n’est pas en quête de publicité. Elle ne communie pas dans cette religion contemporaine de la communication dévotement pratiquée par les manipulateurs de tous poils. À l’extrême, elle s’en tient à la maxime : pour vivre heureux, vivons cachés. C’est pourquoi j’ai parfois dû déployer pas mal d’efforts pour convaincre certains défricheurs de témoigner de ce qu’ils faisaient et de ce qu’ils pensaient.

Cet ouvrage est composé de trois parties. La première explore la galaxie des expérimentateurs : des « nouveaux dissidents », qui vivent en rupture avec la société, aux « alterentrepreneurs », qui innovent avec réalisme, le lecteur fera connaissance avec une belle variété d’itinéraires réjouissants. La deuxième partie présente le bouquet des innovations : elle rend compte de toute une série de réalisations dans divers domaines, qu’il s’agisse de l’agriculture, de la solidarité, de l’habitation, de l’éducation ou encore de l’entreprise. La troisième partie s’interroge enfin sur le sens de l’utopie concrète dessinée par ces initiatives. Quelle postmodernité est susceptible de remplacer un modèle productiviste à bout de souffle ? Le changement social est-il possible par la multiplication et l’essaimage d’îlots alternatifs ? On le verra, la réponse à toutes ces questions est loin d’être simple.

Je remercie chaleureusement toutes celles et tous ceux qui ont bien voulu me rencontrer, parfois longuement, pour me parler de leurs expériences.

Note de l’Introduction

[1]. Données du Mouvement interrégional des AMAP (MIRAMAP).

[2]. Statistiques de la Confédération générale des Scop.

[3]. AGENCE FRANÇAISE POUR LE DÉVELOPPEMENT ET LA PROMOTION DE L’AGRICULTURE BIOLOGIQUE, « La Bio en France au 31 décembre 2012 », <ur1.ca/heotn>.

[4]. ASSOCIATION POUR LA BIODIVERSITÉ CULTURELLE, Les Créatifs culturels en France, Yves Michel, Gap, 2006.

[5]. Éric DUPIN, Voyages en France, Seuil, Paris, 2011.

[6]. J’avais également tenté de rendre compte de la campagne présidentielle de 2012 en enquêtant auprès des Français dans La Victoire empoisonnée, Seuil, Paris, 2012.

[7]. Les témoignages recueillis dans ce livre décrivent les lieux et les faits tels qu’ils étaient au moment de ma visite. C’est pourquoi j’ai indiqué à chaque fois, en note, la date de celle-ci.

[8]. Citons notamment L’Âge de faireKaizenPasserelle ÉcoSilence.

[9] http://www.colibris-lemouvement.org.

o O o o O o o O o

***CONCLUSION avec des extraits importants parus au lien suivant :
Lu au lien http://www.slate.fr/story/92163/defricheurs  :

Les défricheurs, un mouvement social invisible
Il y a en France des gens qui expérimentent et inventent dans les domaines social et écologique. Les gauches françaises, en crise profonde, seraient bien inspirées d’être un peu plus attentives à ce qui bouge de ce côté de la société.

Notre chroniqueur Eric Dupin a publié le 11 septembre aux éditions La Découverte un nouveau livre, Les Défricheurs, voyage dans la France qui innove vraiment. Il s'agit d'une vaste enquête de terrain, menée dans une dizaine de régions françaises, à la rencontre de ceux qui expérimentent et inventent dans les domaines social et écologique. On y découvre de nouvelles manière de vivre et de travailler en rupture, plus ou moins radicale, avec le productivisme et le consumérisme dominants.
Un site est consacré à cet ouvrage. On peut y lire la table des matières ainsi que le texte de l'introduction.
Nous publions ci-dessous des extraits de sa conclusion.

... Les défricheurs n’ont pas conscience de leur force. Ils se vivent généralement comme des gens en marge de la société, sans se rendre compte de leur nombre ni de leur influence potentielle. Ces innovateurs sous-estiment fréquemment l’impact qu’ils pourraient avoir si leurs réalisations étaient mieux connues. Dans le contexte chaotique de crise interminable, avec son lot de frustrations et de stress, l’idée que l’on puisse vivre plus sainement, plus tranquillement, est dotée d’un fort potentiel de séduction.
Une fraction notable de la jeunesse hésite à se plier aux règles d’un système aliénant et s’interroge sérieusement sur l’opportunité d’y échapper, même au prix de sacrifices financiers. De nombreux salariés, mal à l’aise dans un travail en dissonance avec leurs propres valeurs, sont prêts à une reconversion professionnelle qui leur ferait retrouver une cohérence de vie. Nombre de défricheurs que j’ai rencontrés ont rompu avec une vie sociale antérieure matériellement plus confortable mais moralement moins épanouissante. (...)

Une nouvelle élite
Comment caractériser sociologiquement cette mouvance? La question n’est pas sans intérêt eu égard aux potentialités de changement social ouvertes par ces initiatives. Il ne fait pas de doute que ces défricheurs ne sont pas représentatifs de l’ensemble de la société française. (...) Le cœur de cette population tourne autour de ce que l’on appelait autrefois la petite bourgeoisie intellectuelle. On trouve peu de personnes issues de la grande bourgeoisie et encore moins des classes populaires d’origine immigrée.
Soyons toutefois très attentifs à ne pas verser dans la caricature si souvent peinte des «bobos». Sous ce vocable, devenu une injure trop commode, on amalgame des positions sociales et des attitudes idéologiques extrêmement diverses. Les «bourgeois bohèmes», friqués et snobs, dénoncés par la chanson de Renaud de 2006, ne sont pas du tout ceux que j’ai croisés au cours de ce voyage. Il faudrait plutôt parler de «petits bobos», de personnes dotées d’un bon niveau culturel, mais de faibles ressources économiques. Surtout, les défricheurs se caractérisent par la cohérence entre leurs paroles et leurs actes, alors que les «bobos» honnis manifestent une coupable hypocrisie, laissant s’installer une dangereuse distance entre leurs bons sentiments et leurs pratiques sociales (...)
A vrai dire, la cohorte des défricheurs appartient à une certaine élite au sens propre du terme. Elle ne brille pas par sa supériorité en termes d’argent ou de pouvoir, mais peut se revendiquer d’appartenir au groupe des «meilleurs» du point de vue de l’éthique sociale et écologique. Le «mouvement convivialiste» dont parle Patrick Viveret est composé de ceux qui ont compris que la «joie» est un «sentiment beaucoup plus profond que le plaisir». La première, «à la jonction d’un chemin personnel et d’une transformation sociétale», apporte plénitude et apaisement, tandis que le second, exigeant toujours plus d’excitations, est générateur de frustrations sans cesse renouvelées. Encore faut-il reconnaître qu’atteindre une telle sagesse n’est pas si facile. Cela suppose d’avoir décidé d’opérer un travail exigeant sur soi et de l’avoir mené à bien. C’est en ce sens que cette mouvance peut être qualifiée d’élitiste (...)

Demain, deux mondes parallèles ?
Le profil particulier des défricheurs rend peu réaliste, à partir d’un certain niveau, la stratégie de l’essaimage. La multiplication des initiatives sociales ou écologiques a certes d’indéniables vertus d’exemplarité. Il est très probable que ce processus se développe dans les années à venir. La minorité agissante pour le bien de la planète et une meilleure sociabilité va vraisemblablement grossir dans des proportions non négligeables.
Son pragmatisme lui offrira des succès qui feront boule de neige. Avec un peu d’optimisme, on peut même imaginer que, dans une ou deux décennies, un quart de la population française vivra selon ces modes de vie.
Mais n’atteindrons-nous pas un seuil à partir duquel cette avant-garde écolo-sociale cessera de croître ? Ses caractéristiques sociales et culturelles peuvent, à un certain moment, freiner son élargissement. Les phénomènes d’imitation et d’exemplarité ne peuvent jouer qu’à certaines conditions de proximité, tant sociale que géographique. Or des pans entiers de la société française n’ont aucun point de contact avec les défricheurs.
La question de la masse critique à partir de laquelle c’est la société tout entière qui bascule dans un autre paradigme reste ainsi posée. Il ne faut pas sous-estimer les résistances multiples qui s’opposeront à un changement de ce type. Le capitalisme financiarisé et mondialisé ira certes de crise en crise, mais ceux qui parient sur son écroulement automatique font preuve d’une belle candeur.
L’histoire l’a amplement prouvé, ce système d’exploitation et d’aliénation a mille tours dans son sac. Expert dans l’art de déplacer ses contradictions, il saura se défendre et rebondir de bien des manières. Trop de privilèges et d’intérêts sont en jeu.
Un vrai changement social et écologique passe obligatoirement par un combat politique dont la dimension culturelle est essentielle. Or, sur ce plan, la bataille est à peine engagée. Le modèle consumériste continue de séduire le plus grand nombre. Sa contestation n’est portée que par des forces très marginales. En appeler simplement au changement personnel risque de ne pas être très efficace. Celui-ci présuppose une prise de conscience problématique dans beaucoup de milieux sociaux, des classes favorisées aux classes populaires. Et il y a un monde entre la compréhension intellectuelle de l’opportunité de changer ses comportements et la mise en pratique de ces idées. (...)
Tout cela dessine le scénario de deux mondes parallèles qui coexisteraient dans le futur. Vivant sainement, une minorité très substantielle aurait rompu avec le système productiviste et consumériste. Mais la majorité de la population demeurerait soumise à ses contraintes. La perspective de voir s’installer deux mondes aux valeurs antagonistes est très inquiétante. D’aucuns rétorqueront peut-être qu’elle permettrait au moins à ceux qui optent pour une «vie saine» de choisir une «société» en phase avec leurs valeurs.
Mais une telle dualité laisserait la question écologique entière. Il n’existe qu’une planète et la minorité vertueuse subirait forcément les conséquences de l’activité d’une majorité de pollueurs. Le problème est également de nature sociale: comment se satisfaire d’une situation qui laisserait la majorité de la population aux prises avec l’exploitation, l’aliénation et tous les empoisonnements qui les accompagnent ?

Radicalité et pragmatisme
(...) Il faut ici s’interroger sur le sens du mot «transition» si souvent employé dans cette mouvance. (...) Encore faut-il s’entendre sur le type de « transition » qui nous ferait passer d’un capitalisme gouverné par la finance à une écologie sociale. S’agit-il d’un processus régulier, presque naturel, de conversion des individus? (...) L’oubli de la transformation sociale», avec la dimension politique et collective qui s’y attache, préparerait sans doute d’amères déconvenues.
La « transition citoyenne » n’ira pas sans heurts, sans ruptures, sans batailles ni contradictions. Ses acteurs n’échapperont pas non plus à la vieille dialectique opposant radicalité et pragmatisme. Le choix de la rupture avec les logiques dominantes est poussé au plus loin par les partisans de la décroissance. Il est partagé par les nouveaux dissidents que nous avons rencontrés et qui, par définition, ne peuvent être très nombreux. Ces radicaux sont parfois tentés de verser dans un certain catastrophisme. Ils parient alors sur l’écroulement du système sous les coups de boutoir combinés des crises économique et écologique.
Un calcul éminemment dangereux : l’expérience historique montre plutôt que les catastrophes ont des effets régressifs sur les sociétés humaines. Elles nourrissent des peurs et des égoïsmes qui pavent la voie de régimes autoritaires. Si ces circonstances dramatiques devaient advenir, on imagine plus aisément l’avènement d’une dictature technocratique prétendant agir au nom de l’écologie que l’épanouissement d’un modèle novateur d’écosocialisme.
Le versant pragmatique de la «transition» est menacé d’une tout autre manière, celle de voir le changement désiré finir par être digéré par le capitalisme lui-même. « Les alternatives sont en train d’être récupérées », mettait en garde Pierre Rabhi à Cluny. Cet hommage du vice à la vertu –seule preuve empirique de la supériorité de la seconde sur le premier– peut être salué comme tel. Mais ces récupérations, dont le « capitalisme vert » offre des illustrations chaque jour plus nombreuses, sont surtout génératrices d’illusions. Elles font croire que le salut écologique passera simplement par le progrès technologique, nous épargnant de complexes et rigoureux arbitrages. (...)

Vers un mouvement convivialiste
L’idéal serait, bien sûr, de combiner visée radicale et méthode pragmatique. «Un autre monde existe, il est dans celui-ci»: cette citation de Paul Eluard est particulièrement prisée des défricheurs. «Changeons la vie ici et maintenant», proclamait l’hymne du Parti socialiste de 1977. Le moins qu’on puisse dire est que ce parti n’est plus guère animé par ce genre d’ambition. Cette volonté de changement concret devrait toutefois s’inscrire dans une perspective globale. Articuler transformation personnelle et transformation sociale est une condition majeure d’une «transition» de l’ensemble de la société.
Un jour viendra sans doute où le fourmillement d’initiatives et d’innovations sociales et écologiques se forgera un vecteur politique. Cela prendra du temps à en juger par le rejet de la vie publique autre que locale qui caractérise généralement nos défricheurs. (...)
En attendant, les gauches françaises, en crise profonde, seraient bien inspirées d’être un peu plus attentives à ce qui bouge de ce côté de la société. Même si ses élus locaux épaulent parfois de telles initiatives, le PS reste largement indifférent à ces mouvements. Les écologistes eux-mêmes, on l’a vu, n’ont pas réussi à irriguer leur parti de ces dynamismes et de ces enthousiasmes. Du côté de la gauche radicale, la thématique porteuse de l’écosocialisme est contrebalancée par des réflexes militants à l’ancienne qui font la part trop belle au manichéisme et à la désespérance.
Modérée ou radicale, la gauche française devra enfin rompre avec la vulgate naïvement « progressiste » qu’elle a héritée du marxisme. Prier pour le « retour de la croissance » ou rêver à la société idéale deviendront des attitudes de moins en moins crédibles.
Parfois excessifs, les défricheurs sont loin d’avoir raison en tous points. Les pistes variées qu’ils ouvrent n’en restent pas moins fécondes pour qui cherche à s’orienter dans la jungle du troisième millénaire.

 




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