Télévision - Les implants cochléaires
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TV - "LES IMPLANTS COCHLÉAIRES"

VIDÉOS ET TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION - PRÉSENTATION

- 26.09.2014 : Les implants cochléaires sur Arte dans X:enius
Près de 80 000 personnes en Allemagne et environ 65 000 en France sont nées sourdes ou le sont devenues... 
Comment les faire accéder au monde des sons et du langage parlé ? "X:enius" explique comment les implants cochléaires permettent de traiter la surdité.

 

PRÉSENTATION :

 

Dossier relatif aux émissions de télévision concernant le domaine de la santé et pour réfléchir !

Il s'agit de comprendre comment la télévision nous renvoie les informations relatives à la santé et de réflexion.

Les transcriptions écrites sont faites avec l'aide des sous-titres.
- Site de Télé Scoop pour les scripts des sous-titres : http://telescoop.tv/



 


LES IMPLANTS COCHLÉAIRES


Arte - magazine - Vendredi 26 septembre 2014 à 8h30

Près de 80 000 personnes en Allemagne et environ 65 000 en France sont nées sourdes ou le sont devenues... 
Comment les faire accéder au monde des sons et du langage parlé ? "X:enius" explique comment les implants cochléaires permettent de traiter la surdité.


VIDÉO - PRÉSENTATION - TRANSCRIPTION


Photo de l'album de Facebook



Revoir le film avec Dailymotion VOSTF : CONTENU REJETÉ !
http://www.dailymotion.com/video/edit/x26p20w

Annonce sur Dailymotion
http://www.dailymotion.com/video/x26p59o (0'34")

Annonce sur Youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=69oaa2fWhig (0'33")

L'émission peut être aussi téléchargée pendant 6 jours avec Captvty :
http://captvty.fr/

Revoir l'émission sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/051384-010/x-enius?autoplay=1 (26'07)

 



PRÉSENTATION :

Près de 80 000 personnes en Allemagne et environ 65 000 en France sont nées sourdes ou le sont devenues... 
Comment les faire accéder au monde des sons et du langage parlé ? "X:enius" explique comment les implants cochléaires permettent de traiter la surdité.

Les présentateurs de « X:enius » Emilie Langlade et Adrian Pflug se rendent à Hanovre, au Centre allemand de l’audition, une institution qui détient le record mondial de poses d’implants cochléaires. 
Grâce à un simulateur en temps réel, Emilie et Adrian découvrent comment une personne porteuse d’un implant entend le monde. 
Ils font la connaissance de Natalie Girth, une jeune femme sourde de naissance. 
Son parcours permet de comprendre à quel point opter pour un implant cochléaire est une décision capitale. 
Quelles sont actuellement les limites de cette technologie ? 
Quelles améliorations la recherche apportera-t-elle à l’avenir ? 
La réponse avec « X:enius ».

 

TRANSCRIPTION :

Alternance entre sons ambiants et silence total dans la voiture

-A quoi ressemblerait notre monde sans son, musique et parole ? Pour nous, c'est difficile à imaginer. Pour certains, c'est une réalité.

-Bonjour et bienvenue dans X:enius. En Allemagne, 80 000 personnes souffrent d'une déficience auditive profonde ou totale. En France, elles sont environ 65 000. Elles sont totalement sourdes depuis leur naissance ou le sont devenues au cours de leur vie.

-Aujourd'hui, il existe un moyen de quitter le silence et de participer à notre univers acoustique. C'est l'implant cochléaire. Cet implant est placé ici, dans la cochlée.

-C'est dans cette clinique à Hanovre que cette intervention est le plus souvent réalisée au monde. Chaque année, les chirurgiens pratiquent quelque 500 greffes cochléaires. Dans cette émission, nous verrons comment ça fonctionne, comment on entend lorsqu'on en est équipe, et s'il est possible d'améliorer cette technologie.

-Nous allons rencontrer Natalie. Elle est sourde depuis l'enfance, et à travers son histoire, nous allons découvrir ce que l'implant cochléaire implique.

-Lorsque Natalie se lève, tout est silencieux. Natalie est presque entièrement sourde. Même avec des appareils, sa capacité auditive résiduelle, sa perception des sons, est si faible qu'on peut à peine la mesurer. Natalie ne connaît ni la voix de son compagnon, Johannes, ni la sienne.

-Salut. Bonne journée.

-Merci. Ça peut sembler banal, mais j'ai envie d'entendre les oiseaux. J'aimerais entendre le bruit d'une voiture, connaître la voix de mon compagnon, entendre le rire des enfants. Il y a tant de choses que j'aimerais entendre.

-Natalie fait tout pour mener une vie normale. Mais son handicap la prive de beaucoup de choses. C'est pourquoi elle s'est résolue à être opérée. L'intervention sera pratiquée par la médecin-chef Silke Helbig à l'hôpital universitaire de Francfort-sur-le-Main.

-Bonjour.

-Bienvenue dans notre clinique.

-Natalie observe avec attention la bouche de son interlocutrice. Elle lit sur les lèvres.

-Je vais examiner vos oreilles et m'assurer que tout va bien.

-Dans quelques semaines, le docteur Helbig lui greffera une prothèse appelée "implant cochléaire".

-Là, je n'entends plus rien.

-L'implant cochléaire est un véritable espoir pour les patients atteints de surdité sévère ou profonde. Quand les sons percutent le tympan sous forme d'ondes sonores, ils le mettent en vibration. Ces vibrations sont dirigées vers les osselets, le marteau, l'enclume et l'étrier, qui les transmettent au véritable organe de l'ouïe, la cochlée. Elle est tapissée de milliers de cellules ciliées chargées de convertir les vibrations en signaux nerveux. Situé à l'extrémité de la cochlée, le nerf auditif transmet ces signaux aux centres de l'audition dans le cerveau, qui les transforment en information compréhensible. Chez Natalie, les cellules ciliées sont endommagées. Les vibrations des ondes sonores ne peuvent plus être converties en influx nerveux. Elles ne sont plus transmises au cerveau. Voilà pourquoi Natalie est sourde. Un implant cochléaire pourrait changer la donne.

-Nous pratiquerons une incision derrière l'oreille. que l'appareil sera placé.

-Le fait que j'aie 31 ans est-il un problème ? Il paraît que l'implant donne de meilleurs résultats chez l'enfant.

-On ne peut pas prédire ce que vous comprendrez. Il y a de bonnes chances que vous entendiez correctement.

-Au quotidien, Natalie s'en sort plutôt bien, même sans implant. Elle est architecte et a fait des études à l'étranger. Le téléphone sonne. Mais seule dans son bureau, elle se heurte aux limites que lui pose son handicap. Là, j'ai mis le téléphone sur silence. La sonnerie me dérange car elle ne me sert à rien. Même si j'entends la sonnerie, je ne peux pas décrocher, car je ne comprends pas ce qu'on me dit.

-C'est l'heure de la pause-café. Grâce aux lèvres et aux mimiques, Natalie déduit les paroles prononcées. Petite, elle a appris à lire sur les lèvres et à parler à voix haute, au prix de nombreux efforts. Si un des participants détourne le visage, Natalie ne peut plus suivre. Parfois, j'ai l'impression d'être dans un no man's land, entre le monde des entendants et celui des malentendants.
Je suis trop sourde pour appartenir au monde des entendants, mais trop tournée vers lui pour réellement appartenir au monde des sourds.

-Natalie a du mal à savoir ce qui l'attend après l'opération. Elle souhaite avant tout comprendre ce qui se passe autour d'elle. plus fort que l'incertitude. Elle confie ses réflexions à ses sœurs, Lara et Alicia.

-C'est aussi pour ça que je veux franchir le pas. Si j'ai des enfants, je veux les entendre. Je ne voudrais pas qu'ils disent: "Maman, écoute-moi !" J'ai envie de faire la cuisine tout en écoutant ce que mon enfant me raconte.

-Entendre la voix de son enfant. Le souhait de Natalie est plus que compréhensible. L'implant cochléaire pourrait l'aider à réaliser son rêve.

-Près de 7000 patients en ont été équipés ici, à la clinique ORL de Hanovre. Le professeur Lenarz est à la tête de cette clinique. L'implant ressemble beaucoup à une prothèse auditive classique. A qui est destiné chaque dispositif ?

-La prothèse a pour but de renforcer les sons. Elle est destinée aux patients ayant suffisamment de faculté auditive. Les sons leur parviennent amplifiés, ils peuvent mieux les comprendre. Lorsque les facultés auditives ne sont plus suffisantes, un implant cochléaire est nécessaire. Il va assumer la mission de l'oreille interne : convertir le son en signaux nerveux.

-L'implant fonctionne-HI sur tous les patients ?

-Cela dépend de la durée de la surdité, de l'âge de la personne lorsqu'elle est devenue sourde. Si c'était durant l'enfance ou à l'âge adulte. Et de la rapidité avec laquelle elle est devenue sourde, de l'usage que fait le patient de son implant pour apprendre à entendre. C'est important dès le début. Les facultés cognitives sont également décisives : La personne arrive-t-elle à différencier les informations et à se servir de ces différences, par exemple, pour analyser le langage ?

-Ça veut dire que vu son âge, Natalie n'est peut-être pas la patiente idéale ?

-Natalie a des facultés auditives résiduelles. Son système auditif est donc
utilisé. Il est entraîné. Elle est capable de parler à voix haute.
Elle communique par ce biais. Elle a suivi un entraînement. Tous ces facteurs ajoutés les uns aux autres, et l'usage conscient du langage parlé jouent en faveur de la pose d'un implant cochléaire. Même si elle a atteint l'âge adulte.

-Merci beaucoup. Natalie remplit donc toutes les conditions. Pourtant, avant l'opération, elle ignore si une fois greffée, elle pourra entendre. Le jour de l'opération est arrivé. L'intervention doit durer trois heures. La médecin-chef Silke Helbig marque l'endroit de l'implant. Elle doit dégager une place derrière l'oreille gauche, directement dans l'os du crâne.

-Voilà comment il sera positionné. Là, il y aura l'aimant.

-Opérer au microscope est indispensable pour réaliser ce travail d'orfèvre. La chirurgienne fore un canal jusqu'à l'oreille moyenne et dégage une cavité dans la cochlée.

-Voilà à quoi ressemble ce bijou technologique. C'est là que ça se passe. C'est le récepteur avec l'aimant. L'oreille interne de Natalie va accueillir un groupe de douze électrodes qui vont stimuler le nerf auditif, lui-même relié à un muscle bien précis.

-Ce petit morceau de tissu-là. C'est lui qui doit bouger.

-Ce muscle n'a pas bougé depuis 30 ans chez elle. S'il se mettait à bouger, ce serait sensationnel. On va voir. Attention. 10 Coulombs. Maintenant...

-Le test est réalise au moyen de décharges électriques.

-Toujours rien ?

-On continue.

-C'est bon.

-Génial. Ce muscle n'avait jamais bougé.

-C'est la condition pour pouvoir entendre avec l'implant cochléaire. Celui-ci est composé d'une partie interne et d'une partie externe. Le processeur et l'émetteur sont à l'extérieur, derrière l'oreille. Sous la peau, l'implant, c'est-à-dire le récepteur. Les deux parties sont connectées via un système d'aimants. Le processeur filtre les ondes sonores et les convertit en signal numérique puis envoie les données vers l'implant. L'implant transforme les données en signaux électriques et les relaie aux électrodes situées dans la cochlée. Chaque électrode, 22 au maximum, correspond à une fréquence bien précise. Ce qui permet au patient de percevoir 22 sons différents, graves et aigus.
Ces électrodes stimulent directement le nerf auditif, comme les cellules ciliées chez les entendants. Delà, les signaux sont dirigés vers le cerveau, qui les interprète comme des sons. Les médecins sont confiants. Natalie pourra très probablement entendre grâce à l'implant. Mais avant tout, il faut que la plaie guérisse. Au bout de quatre semaines, l'appareil pourra être activé.

-Nous verrons comment Natalie va réagir lors de l'activation.

-Cette expérience est unique et probablement très perturbante. Quel est l'effet ressenti ? Demandons au professeur Bueschner, directeur de la section de recherche, ici à Hanovre. Comment entend-on le monde qui nous entoure avec un implant ?

-Je peux vous le montrer avec un simulateur. Adrian, entrez dans la cabine et essayons ensemble.

-Bien. Je suis curieux.

-Il s'est installé. Son métallique non compréhensible

-C’était dur à comprendre.

-Je n'ai rien compris. Qu'est-ce que j'ai dit ? C'était très confus et métallique.

-J'ai dit : "Pour prendre le bus, il faut un ticket." Recommence, tu veux bien ?

-Vous avez compris ?

-Pour prendre le bus, il faut un ticket. J'ai compris.

-C’était nettement plus facile. Quand on a entendu la phrase une première fois, on la comprend beaucoup mieux. Cela montre combien les patients doivent s'entraîner.

-Ça ressemble à la voix d'un vieil ordinateur. Pourquoi un tel son ?

-C'est lié au nombre d'électrodes. Il varie entre 12 et 22, selon les modèles. C'est ce dispositif qui est placé dans la cochlée. Il peut accueillir jusqu'à 22 contacts d'électrodes. Chacun de ces contacts produit un seul son. Une personne entendante perçoit et différencie jusqu'à mille sons. Il y a donc une énorme différence avec l'implant. C'est pourquoi le son est nettement moins bon.

-Au début, c'est étrange d'entendre grâce à un implant. Ça n'en est pas moins une incroyable prouesse technique.

-Le grand moment est arrivé pour Natalie. Après 30 ans de silence, elle va enfin pouvoir entendre. Quatre semaines ont passé depuis l'opération. L'implant va être activé.

-Nous allons tester la réaction de l'implant.
Nous allons envoyer une légère décharge électrique. Peut-être allez-vous entendre quelque chose. Attention. N'ayez pas peur. Doucement. N'ayez pas peur.

-Je vais le faire moi-même.

-Attendez un instant. Je vais le faire doucement. Il ne va rien vous arriver. On va essayer de ne pas faire de bruit. Elle toussote. Ça fait un choc, c'est sûr.

-Tout va bien. Elle souffle. Quand on l'active, on a l'impression de prendre un coup, car le nerf reçoit beaucoup d'informations. Ensuite, le nerf s'habitue et la sensation äattènue. Il faut dix secondes pour que ça rentre dans l'ordre. C'est tout à fait normal. On va faire un test auditif avec l'appareil. M'entendez-vous assez fort quand je parle ? Ba, ba, ba, ba.

-Oui.

-Maintenant, c'est audible. Attention, n'ayez pas peur. Rire

-C'est si fort, ça donne le vertige.

-On va y aller doucement.

-Ça passe. O.K.

-C'est assez fort ? On diminue un peu. Vous n'entendez pas vraiment, c'est normal, car cette fonction n'a jamais été activée dans le cerveau. Elle baragouine.

-On dirait que ma tête est traversée par des décharges à plusieurs endroits. Je sens que le muscle est sollicite et bouge. Mais c'est le tout début. Et ça chauffe, aussi. Elle expire.

-Pour Natalie, ces premières journées sont un choc, une accumulation de sons indéfinissables. C'est comme si de nombreux objets métalliques s'entrechoquaient dans son cerveau.

-Encore. Natalie soupire.

-C’était "ne" 7

-Deux mois ont passé depuis l'activation de l'implant. Deux fois par semaine, elle apprend à mémoriser le son de chaque mot. De nombreuses répétitions sont nécessaires.

-"C'est juste" ?

-C'est fascinant, quoiqu'un peu frustrant, même pour nous, simples spectateurs. Natalie apprend à comprendre ce qu'elle entend comme un enfant. Elle doit tout assimiler pas à pas.

-Natalie a très bien décrit ce qu'elle entend avec l'implant. C'est comme des objets métalliques qui s'entrechoquent. Quand nous avons fait le test, c'est vrai que le son était confus et plutôt désagréable. Professeur, vous nous avez dit que c'est dû au nombre d'électrodes.
Un implant ne comprend que 22 électrodes au maximum. Ce qui signifie 22 fréquences. On ne pourrait pas augmenter ce nombre ?

-Ce n'est pas si simple, pour deux raisons. Premièrement, on ne peut pas mettre plus de 22 contacts sur le porte-électrodes. Chacun des contacts d’électrode a besoin de sa propre alimentation. Si on en rajoutait, le porte-électrodes serait trop rigide pour être inséré dans la cochlée. La deuxième raison est la présence d'interactions provoquant une diaphonie à l'intérieur de la cochlée. Les électrodes sont remplies de liquide. Le courant électrique se répand dans la cochlée, ce qui crée des interférences. Nous l'avons entendu dans le simulateur. Ce son brouille est provoque par les interférences. Si on ajoute des contacts d'électrode, cela produit plus d'interférences, et nous voulons l'éviter.

-Peut-on améliorer la qualité du son ? Absolument. Nous avons développé une nouvelle stratégie de codage du signal basée sur la technique MP3.

-La technique qu'on utilise pour mettre des chansons sur nos lecteurs MP3 ? Précisément. Le format MP3 supprime 90 % des données qui se trouvent sur un CD, et malgré tout, la qualité est pratiquement aussi bonne que sur un CD. On a adapté cette technique aux implants cochléaires. Nous laissons de côté les parties du signal qui n'ont pas d'intérêt. Cela permet de réduire les interactions, et donc la diaphonie dans la cochlée. On obtient une meilleure qualité d'écoute.

-On peut entendre ce que ça donne ?

-Oui, dans le simulateur. J'ai chargé la nouvelle stratégie.

-J'y retourne. Grésillement 'Quand je suis dans le bus et que je regarde dehors, je vois le paysage défiler.

-C'est déjà mieux, non ?

-Oui, on comprend la phrase tout de suite. On a tout compris.

-C’était mieux ?

-Beaucoup mieux. Quand cette technique sera-t-elle mise en pratique ?

-Une version précédente est déjà sur le marche. La stratégie que nous venons d'entendre est en test auprès des patients de la faculté de médecine. Nous espérons qu'elle sera prête l'an prochain.

-Merci et bonne chance. Nous sommes curieux de connaître les avancées technologiques.

-Revenons-en à Natalie. Pour pouvoir entendre avec un implant, il faut beaucoup s'entraîner. Pour Natalie, qui n'a jamais entendu, c'est un défi de taille et surtout, un combat au quotidien.

-Près de deux ans ont passé depuis l'opération. Natalie comprend de plus en plus de choses, ce qui lui donne de l'assurance. En tant qu'architecte en charge du projet, elle se rend chaque jour sur le chantier. Elle doit rester en contact permanent avec les artisans.

-Vous voulez connaître la disposition des pièces ?

-Du mur.

-De ce mur?

-C'est ça.

-Oui.

-Pour Natalie, lire sur les lèvres reste un support, surtout lorsqu'il y a du bruit. C'était très fort. Je suis passée devant les portes et ils se sont mis à percer juste à ce moment-là. Maintenant, ça va. C'était tellement fort que j'ai eu le tournis. Il a fallu que je m'éloigne un moment. Ce qui est drôle, c'est que quand je m'éloigne, c'est si silencieux que ça donne aussi le tournis, car je dois m'y réhabituer.

-Six mois plus tard. Des amis de Natalie l'aident pour la rééducation. Wolfgang et Christel s'entraînent avec elle une heure par semaine. Wolfgang fait la cuisine pour créer des bruits parasites pour le cours. Christel a appris à parler à Natalie lorsqu'elle était enfant.

-Surprendre.

-Encore ?

-Regarde-moi.

-Repenser.

-lnventer.

-C'etait bon, "repenser" ?

-Comme avant, Natalie doit entendre le son des mots et les assimiler en les répétant. Cela fait trois ans qu'elle expérimente les sons. Aujourd'hui, une nouvelle aventure l'attend. Battements de coeur C'est fort !

-Et c'est rapide. C'est normal.

-Natalie est enceinte de six mois. Elle va réaliser un de ses souhaits, entendre son enfant.

-Boum, boum, boum.

-Et voilà la photo. C'est une fille, aucun doute.

-Génial. Elle est trop mignonne.

-Et ce qui est également génial, c'est que nous allons aussi entendre la voix de cette fillette, car sa maman et elle sont venues nous rejoindre à Hanovre. Dans notre reportage, vous vouliez entendre votre enfant même en faisant la cuisine. Comment ça se passe, aujourd'hui ? Ça se passe très bien. Elle joue souvent seule quand je cuisine, et j'entends tout ce qu'elle fait. Récemment, il nous est arrive un petit incident. Je voulais me faire un café, et juste avant, elle avait pris un bonbon. inconsciemment, je n'ai pas allume la cafetière et j'ai attendu qu'elle revienne dans la cuisine. Là, j'ai entendu un bruit d'étranglement. J'ai couru dans sa chambre. Le bonbon était resté dans sa gorge. J'ai dû frapper deux fois dans son dos pour que le bonbon sorte.

-C'est dans ces moments-là que l'implant vous aide le plus ?

-Oui. Avant, avec l'appareil auditif, je ne l'aurais jamais entendue. Avec un appareil normal.

-Maman, regarde.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Un autre enfant ? Vous avez un deuxième implant de l'autre côté. Pour quelle raison ?

-Au bout de cinq ans, j'ai eu une réaction de rejet. C'est inhabituel, mais c'est arrivé. Dans la semaine, je me suis fait opérer de l'autre oreille. Ensuite, les gonflements se sont résorbés.
Tu veux descendre ? Va sur la pelouse.
Les gonflements se sont résorbés, mais du coup, j'ai dû entraîner l'autre oreille.
Ça n'a pas été facile.
Je connais déjà tout le programme.
La deuxième fois, c'est plus dur.
La première fois, je n'avais pas d'enfant, je m'entraînais plus intensément.

-Aurelia entend très bien, non ?

-Oui, elle entend parfaitement.
Parfois, elle me dit : "Tu entends sonner les cloches ?".
Je regarde l'heure, c'est toujours l'heure pile.
Cinq heures ou six heures.
Le plus souvent, elle a raison.

Rires

-On vous félicite pour votre détermination.

-C'est gentil.

-Porter un implant cochléaire, c'est plonger dans un monde nouveau qu'il faut
apprendre à maîtriser.

-On vous remercie chaleureusement d'avoir partagé cette expérience.
On vous dit bravo et on vous souhaite le meilleur.

-Merci beaucoup.

-Et à bientôt !

-Salut !
A la prochaine.

FIN

Une transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/662791/1/x-enius.html

 


 

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