Télévision - Anxiolytiques, antidépresseurs, somnifères et autres tranquillisants sauvent des vies, mais de nombreux experts parlent aussi de «bombes à retardement» : ils seraient à l'origine de vagues de suicides, de troubles de comportement graves, d'homicides et certains seraient plus addictifs que les drogues dures... Ce film montre la dangerosité potentielle de ces molécules et analyse comment l'industrie pharmaceutique a verrouillé le marché, avec un cynisme effrayant.
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TV - MORTS SUR ORDONNANCE

PRÉSENTATION

- 6.01.2015 MORTS SUR ORDONNANCE sur France 5
Anxiolytiques, antidépresseurs, somnifères et autres tranquillisants sauvent des vies, mais de nombreux experts parlent aussi de «bombes à retardement» : ils seraient à l'origine de vagues de suicides, de troubles de comportement graves, d'homicides et certains seraient plus addictifs que les drogues dures... Ce film montre la dangerosité potentielle de ces molécules et analyse comment l'industrie pharmaceutique a verrouillé le marché, avec un cynisme effrayant.

- 6.01.2015 Débat : Psychotropes : Pourquoi ils ne peuvent pas tout guérir ? sur France 5
Après la diffusion du documentaire «Morts sur ordonnance», Marina Carrère d'Encausse ouvre le débat avec ses invités, le docteur Patrick Landman, psychiatre, auteur de «Tristesse Business» paru aux éditions Max Milo, et le professeur Jean Pierre Olié, chef de service de psychiatrie à l'hôpital Saint-Anne, auteur d'un rapport sur les anti-dépresseurs pour l'Académie de Médecine.

PRÉSENTATION :

 

Dossier relatif aux émissions de télévision concernant le domaine de la santé et pour réfléchir !

Il s'agit de comprendre comment la télévision nous renvoie les informations relatives à la santé.

Les transcriptions écrites sont faites avec l'aide des sous-titres.
- Site de Télé Scoop pour les scripts des sous-titres : http://telescoop.tv/



 

MORTS SUR ORDONNANCE

France 5 - Mardi 6 janvier 2015 - 20h35 - Documentaire

VIDÉOS - L'EMISSION - TRANSCRIPTION ÉCRITE - AUTRES INFORMATIONS

Anxiolytiques, antidépresseurs, somnifères et autres tranquillisants sauvent des vies, mais de nombreux experts parlent aussi de «bombes à retardement» : ils seraient à l'origine de vagues de suicides, de troubles de comportement graves, d'homicides et certains seraient plus addictifs que les drogues dures...
Ce film montre la dangerosité potentielle de ces molécules et analyse comment l'industrie pharmaceutique a verrouillé le marché, avec un cynisme effrayant.



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Vidéo sur Dailymotion :

Télécharger avec Captvty pendant 6 jours :
http://captvty.fr/


Vidéo en replay
http://pluzz.francetv.fr/videos/morts_sur_ordonnance_,114197602.html
et
http://www.france5.fr/emission/morts-sur-ordonnance





L'EMISSION :

Lu au lien : http://www.france5.fr/emission/morts-sur-ordonnance

Anxiolytiques, antidépresseurs, somnifères et autres tranquillisants sauvent des vies, mais de nombreux experts parlent aussi de «bombes à retardement» : ils seraient à l'origine de vagues de suicides, de troubles de comportement graves, d'homicides et certains seraient plus addictifs que les drogues dures.
Aux Etats-Unis, les procès intentés par les victimes ont coûté des milliards de dollars aux industries pharmaceutiques.
Pourtant, ces médicaments restent un best-seller planétaire et, en tant que premier consommateur mondial, la France représente un véritable tiroir-caisse.
Ce film montre la dangerosité potentielle de ces molécules et analyse comment l'industrie pharmaceutique a verrouillé le marché, avec un cynisme effrayant.



COMMENTAIRES :

Lu au lien : http://www.france5.fr/emission/morts-sur-ordonnance

- David... :
Merci pour cette émission très enrichissante... et très troublante !

- FLO liberta :
ENFIN petit à petit on voit la transparence entre la psychiatrie et les labos pharmaceutiques! et c'est tant mieux! stoppons ces faux médecins qui inondent notre société de drogues "légales"...et je sais de quoi je parle!( les enfants sont déjà leurs cibles..)

- Liseuse :
Hélas oui, les médecins sont trop impliqués avec les labos. Voyages offerts, soit disant des formations...cadeaux de toutes sortes. Je le sais car je suis une ancienne compagne d'un délégué médical. La plupart des médecins ne connaissent même pas les effets secondaires des médicaments...Ils sont achetés par les labos et prescrivent à gogo. Personnellement, j'ai arrêté les anti-dépresseurs et je suis passée au Millepertuis. Ça me réussit aussi bien que le serop...sans les effets secondaires. Quant à ceux qui ont des troubles psychiatriques assez graves, il faut consulter un psychologue pour se faire aider. Je dis psychologue et non pas psychiatres, qui prescrivent trop de médicaments, et font presque des essais sur nous...


TRANSCRIPTION DE L'ÉMISSION À PARTIR DES SOUS-TITRES :

-Bonsoir, bienvenue dans "Le monde en face". C'est un record dont on se serait bien passé. 1 Français sur 4 serait sous psychotropes. Anxiolytiques, antidépresseurs, somnifères. La France en serait le 1er consommateur au monde. Si ces médicaments de l'âme sauvent beaucoup de vies, des experts tirent la sonnette d'alarme. Le documentaire de ce soir présente certains médicaments étant à l'origine de troubles de comportements, voire de suicides.
-Mon mari est venu ici, en pleine nature, mettre fin à ses jours, en s'immolant dans sa voiture. Il a tout simplement bu de l'essence. Pour vous dire à quel point il était bien touché. Il a bu de l'essence, il a imbibé l'intérieur de sa voiture, il a allumé le briquet pour se faire imploser de l'intérieur. Pour vous dire la souffrance dans laquelle il était. C'est un meurtre contre lui-même.
-Ces molécules sont-elles plus néfastes qu'efficaces ? Y a-t-il des intérêts qui se cachent derrière ? Les médecins français les prescrivent-ils trop facilement ? On va en débattre avec le Pr Jean-Pierre Olié, de l'hôpital Sainte-Anne, auteur d'un rapport sur les antidépresseurs, et le Dr Patrick Landman, qui s'élève contre l'abus de prescriptions. Mais avant, notre documentaire: "Mort sur ordonnance", c'est signé Olivier Pighetti. Sous-titrage MFP. C'est un tsunami pour sa famille et pour sa veuve.
-Il avait pris simplement 5 comprimés, 5 jours de suite, seulement. La notice était bien au fond de la boîte. Personne ne l'avait lue. Je l'ai ouverte et j'ai lu: "ldées suicidaires "et aggravation de votre dépression ou de votre trouble anxieux. "Si vous souffrez de dépression, vous pouvez avoir des idées "d'agression envers vous-même ou de suicide. "Ces manifestations peuvent être majorées par antidépresseur, "car ce médicament agit "après 2 semaines de traitement." Mon frère a pris 5 jours de traitement, et il s'est pendu. Et je reste persuadée aujourd'hui que s'il n'y avait pas eu cette molécule chimique, il serait encore là.
-Marc avait 48 ans lorsqu'il se suicide en octobre 2013. Il a un mal de dos récurrent, se fait opérer mais l'opération sera pire que le mal. Il accuse le coup, on lui prescrit un antidépresseur. Père de 2 enfants, il n'a jamais eu d'idée suicidaire. Mais en moins d'une semaine, le médicament le rend fou. Sa soeur Florence ne s'en est pas remise.
-Il ne faut pas qu'il soit mort pour rien. Tout ça pour 5 jours de médicaments. Arrêtons l'incendie. Il faut que ça serve d'exemple.
-Un antidépresseur est-il responsable de la mort de Marc ?
Ce cri du coeur fait écho à des milliers de cas répertoriés, car les médicaments psychotropes sont sur la sellette. Antidépresseurs, somnifères ou tranquillisants sont censés apaiser l'âme. Ils sauvent des vies, mais poussent-ils aussi au suicide ou même au meurtre ?
-Rien ne permet d'expliquer le geste du Dr Bécaud, sauf ce médicament.
-Un antidépresseur serait à l'origine d'un drame familial.
-Cet homme prenait 9 psychotropes. Il a noyé son fils.
-Le drame est inexplicable.
-J'ai voulu tuer ma fille.
-Des suicides violents.
-Le tueur était sous anxiolytique lors du drame.
-Quels sont ces psychotropes qu'on tient parfois pour responsables de violences ? D'abord les antidépresseurs, dont le grand-père de la nouvelle vague est le Prozac, censé agir sur les états dépressifs, l'épuisement psychique et les anxiétés. Il boosterait les humeurs pour faire revenir le patient à un état plus stable. En France, au moins 6 millions de personnes en prennent. Ensuite, les benzodiazépines, dont les plus répandus sont les anxiolytiques comme le Valium ou le Xanax. Mais aussi de nombreux somnifères agissant sur les états anxieux, les crises de panique, les insomnies. Ils font redescendre les humeurs pour calmer les anxiétés. En France, c'est un best-seller. 11,5 millions de personnes en prennent tous les ans, soit plus d'un adulte sur quatre. Enfin, il y a certains tranquillisants et les neuroleptiques qui influent sur les nerfs. Personne ne conteste l'utilité de ces médicaments agissant sur la sérotonine, qui régule les humeurs. Mais selon les individus, il ferait disjoncter le cerveau et serait même mortel. En France, le Pr Even est l'un des rares médecins à alarmer l'opinion. Il a compulsé ou traduit des dizaines de rapports qui mettent en garde contre les psychotropes.
-Vous avez joué au jeu de quilles ? Quand vous lancez une bombe, plusieurs quilles tombent. C'est la même chose. C'est un genre de thérapie psychiatrique. On lance un médicament au milieu des neurones qui dirigent l'esprit. Des fois, on fait tomber le bon et le malade va mieux.
Mais on en fait tomber d'autres. On a des systèmes de contrôle. L'envie de tuer, on l'a tous rencontrée. Certains se contrôlent, d'autres se contrôlent moins. Vous lancez la boule dans le jeu de quilles et les inhibitions disparaissent. Des gens commettent des actes dont ils ne se croyaient pas capables, sans pouvoir l'expliquer.
-A quel moment ces médicaments peuvent-ils être dangereux ? Pour les benzodiazépines, c'est dans les 1ers jours de la prise, et surtout au moment de l'arrêt des médicaments. Chez beaucoup de gens, anxiolytiques ou somnifères rendent plus dépendants que l'héroïne. C'est pourquoi les traitements ne devraient jamais dépasser quelques semaines. Pour les antidépresseurs qui n'agissent qu'au bout de 15 jours, meurtres ou suicides peuvent avoir lieu lors des 1ers jours de prise, a l'augmentation des doses ou a l'arrêt du médicament. Dans ce dernier cas, l'effet rebond dévastateur peut obliger certains patients à continuer. Avant de se donner la mort, Marc en était au tout début de son traitement. Dans sa lettre, il dit avoir du vitriol dans le corps.
-Mon frère avait des douleurs suite à une opération ratée. Il n'était pas dépressif. Il n'a pas eu de traitement alternatif. On ne l'a pas écouté. Plusieurs fois, il m'a dit : on ne m'a pas compris." On lui a donné la molécule, qui l'a entraîné à se pendre. On met toute une population sous molécules, sous cloche.
-Prescrit-on trop facilement en France ? Pour le vérifier, nous sommes allés chez 6 médecins pris au hasard, avec une caméra cachée. 95 % des psychotropes sont prescrits par des généralistes. Le scénario : une mauvaise passe due à une perte d'emploi.
-J'avais un contrat renouvelable. Donc j'ai appris il y a une semaine que ce n'était pas renouvelé. J'ai plus vraiment de désir, j'ai du mal à me lever le matin.
-Oui, oui, ça allait bien. C'est juste la perte d'emploi...
-Non, pas spécialement. Non. Vous parlez de suicide, je suppose. Non. Je n'irais pas jusque-là. Non, non.
-5mn30 pour se faire prescrire un anxiolytique, lors de la première consultation.
Le 2e médecin tend une ordonnance où il a prescrit un antidépresseur dont il affirme que les effets secondaires sont quasi inexistants.
-Le 3e n'est pas trop favorable aux médicaments psychotropes. Mais il fournit tout de même une ordonnance pour du Seroplex, un antidépresseur. La 4e est la seule qui trouve prématuré de donner un psychotrope dans un tel cas.
-D'accord.
-Un antihistaminique est un traitement contre les allergies qui peut faciliter le sommeil. La 5e propose un anxiolytique. Elle préconise un demi-comprimé, puis 1, puis 2, et jusqu'à 4 par jour. La prescription est pour 3 mois, alors qu'il est recommandé de la limiter à 8 semaines, en raison des effets de dépendance du Xanax. Si ça ne suffit pas, elle conseille d'ajouter un antidépresseur.
-Si ça ne va pas, je prendrai un antidépresseur.
-Record battu pour ce dernier médecin qui propose un anxiolytique en 2 mn seulement.
-Un antidépresseur, ça lève les barrages. C'est pour ça que certains se suicident. Alors on leur donne aussi des calmants. Ça fait 2 médicaments. S'ils ne sont pas équilibrés, on peut utiliser d'autres médicaments. ou on prend des antiépileptiques, détournés de leur indication et prescrits hors autorisation, de sorte qu'un certain nombre de malheureux "déprimés", sont traités par 2 ou 3 ou 4 molécules.
-Ce simple test montre la méconnaissance de beaucoup de médecins pour les effets secondaires des psychotropes. Parfois, ces cocktails explosifs virent a la catastrophe. Guy Hugnet a écrit des ouvrages sur les psychotropes et en dénonce les effets pervers, et dans son dernier livre, il a récupéré des ordonnances délirantes qu'il a publiées.
-Cet homme avait 9 psychotropes sur son ordonnance. Il a noyé son fils. C'était un alcoolique dans un état lamentable. Un matin, il a pris son fils et a été le noyer. Là, il y a une association de 2 antidépresseurs avec un somnifère et un antidouleur. L'association de 2 antidépresseurs expose le patient a des risques potentiellement mortels. Cet homme avale 42 comprimés par jour. de l'expert pharmacologue: "La quantité de médicaments choque.
"Les 2 tranquillisants et les antidépresseurs aggravent "la confusion mentale. "Il est impossible de manipuler tant de médicaments "sans faire de casse." Là, il y a 7 psychotropes sur la même ordonnance. L'avis de l'expert pharmacologue: "C'est une ordonnance très lourde "qui ne répond à aucune logique. On transforme le patient en légume." Les médecins disent : "Je ne peux pas ne pas donner quelque chose." Donner quoi ? Vous n'avez pas le choix. Si vous donnez une poudre de perlimpinpin, c'est-à-dire un placebo, ce ne sera pas remboursé, le patient n'en voudra pas, donc vous donnez un antidépresseur,
-"Tout le monde est content", sauf quand les médicaments psychotropes rendent fou. Voici Aurélie. Il y a 6 ans, son traitement l'a transformée en machine à détruire.
-On ne ressent plus d'émotions, il n'y a plus de vie intérieure, on est comme des robots.
-Aurélie aurait pu mourir ou tomber dans la folie. Après une tentative de suicide, elle a été internée en hôpital psychiatrique. Titulaire d'un master en économie, elle trouve un poste à New York. Elle travaille beaucoup et frise le "burn-out". A Paris, son médecin est absent et elle va voir une psychiatre.
-Au bout de 15 mn, j'avais une ordonnance. 3 médicaments. Ça a été foudroyant. Dès la 1re prise, j'étais transportée ailleurs, c'était spectaculaire, en fait. J'ai ressenti une envie de me tuer moi-même, de me suicider. Je me voyais sauter d'un pont, des trucs assez incroyables. Et j'avais surtout l'envie de tuer des gens, dans le sens où... J'imaginais des choses vraiment gore. J'imaginais tuer mes parents, organiser un meurtre, couper des têtes, décapiter des gens. Je m'imaginais avec une mitraillette et je tirais sur tout le monde. J'allais dans des écoles. Je fuyais les gens autour de moi. C'était effrayant de se voir penser ça, de se dire qu'on est en train de penser à ça.
-La jeune fille pacifique s'est transformée en furie, elle s'en inquiète et consulte d'autres médecins.
-Au lieu de réduire ces médicaments et de me confirmer qu'ils étaient la cause du changement, il a augmenté les doses.
-Aurélie réagit à l'augmentation des doses et passe à l'acte. Tentatives de suicides puis la psychiatrie. Elle décide alors d'arrêter son traitement. Les désirs de violence disparaissent mais elle mettra 2 ans a s'en remettre. Aurélie a refait sa vie. Elle vit à Londres où elle est peintre. Mais elle souhaite toujours savoir ce qui s'est vraiment passé. Elle va voir un psychiatre réputé, David Healy. Pour l'industrie pharmaceutique, c'est l'homme a abattre. Depuis 20 ans, il dénonce la dangerosité des psychotropes et ses expertises ont permis de condamner les grands laboratoires. Il dit que ces pilules sont utiles mais dangereuses.
-Ces pilules peuvent être efficaces. Je les utilise d'ailleurs pour soigner mes malades. Mais elles ne sont pas faites pour tout le monde et agissent pour certains comme du poison. Elles peuvent vous pousser au suicide ou à tuer quelqu'un, elles peuvent vous faire entendre des voix ou vous rendre fou. Il y a, de façon certaine, au moins une personne sur vingt qui a ce type de réaction extrême. Ce qui veut dire que c'est très commun. En plus de ça, à peu près la moitié des gens qui prennent ces médicaments ressentent des effets secondaires sérieux. Ils réagissent mal, même si ce n'est pas une réaction extrême.
-Si quelqu'un a des effets secondaires, on Iui dit: "C'est à cause de votre dépression que vous vous sentez ainsi." Ils vous font croire que votre état initial vous rend aussi malade, au lieu du traitement.
-C'est ça, le problème. C'est là qu'on a tort, car une fois que vous êtes sous traitement, les médecins ne reconnaissent pas qu'ils ont empiré votre état.
-Les labos créent le problème et ne veulent pas le reconnaître. Ils soignent le problème avec d'autres pilules.
-Ils rejettent la responsabilité sur les médecins. Ils disent qu'ils fabriquent le médicament, mais que c'est aux médecins de l'utiliser à bon escient. Et si ça dégénère, c'est la faute du médecin, pas la leur. L'industrie pharmaceutique a autant de contrôles sur tout le système que PURSS en avait dans les années 1960.
-Aurélie a l'impression d'avoir été victime d'une erreur médicale et elle en veut à sa psychiatre. Elle va la rencontrer 6 ans plus tard pour tourner enfin la page.
-On s'est vues une fois, il y a 6 ans. Je suis très contente de vous voir aujourd'hui, 6 ans après pour vous faire part du fait que Vous avez failli mettre ma vie a néant avec votre traitement. Au bout de 15 mn de consultation, vous m'avez prescrit un cocktail de médicaments puissants. Seropram, Théralène et un anxiolytique. Vous ne réalisez pas a quel point c'est puissant. Il faut réfléchir avant de prescrire des médicaments et essayer de comprendre la situation.
-Mais vous avez conscience que c'était surpuissant et extrêmement dévastateur ?
-J'ai eu tous les effets secondaires.
-Bonne continuation.
-Merci.
-La psychiatre reconnaît une erreur de diagnostic, mais c'est aussi un système qui pousse à une consommation accrue de psychotropes.
-On a une pyramide avec divers stades de la dépression. Celles-ci sont celles présentant le plus de risques suicidaires et là, on sait avec certitude que ce sont des dépressions pour lesquelles les antidépresseurs sont indispensables. Dans Iés dépressions modérées, il y a une action favorable des antidépresseurs. C'est la partie invisible étant ici, c'est-à-dire dans tout ce qui est la partie "Mal-être", on sait par les rapports de santé mentale que 50 % des prescriptions, en France, sont non justifiées. C'est un réservoir phénoménal pour les laboratoires qui encouragent les médecins à prescrire ces médicaments.
-Les laboratoires ont intérêt a augmenter le nombre de malades car il s'agit d'un marché de plusieurs milliards de dollars. 1er consommateur mondial de ce type de psychotropes: la France est un vrai tiroir-caisse. Cela fait le bonheur des laboratoires dont les bénéfices dépassent ceux de l'industrie pétrolière.
-Médicaliser la vie quotidienne, psychiatriser les problèmes de l'humeur, c'est créer des marchés pour l'industrie pharmaceutique qui ne s'en est pas privée. On ne gagne pas l'argent juste avec les malades.
Y en a pas assez. On est parvenus, aux Etats-Unis d'abord, à faire croire à beaucoup de gens que leur sentiment de mal-être relevait de comprimés, de pilules, et que même, depuis 20 ans, on y a ajouté le syndrome d'agitation de l'enfant, l'hyperactivité, dont personne ne parlait, en 1980, encore, et qui est tellement rentrée dans la tête des psychiatres, des médecins et des industriels qu'à l'heure où je vous parle, un adolescent de sexe masculin, américain ou enfant, entre 5 et 18 ans, un sur cinq est sous traitement par 1, parfois 2, même quelquefois 3 psychotropes.
-Aux Etats-Unis, cette médicalisation outrancière a une résonance particulière. Des suicides inexpliqués de gosses sous antidépresseurs ont frappé l'opinion publique. Ici, un enfant de 10 ans appelle les urgences. Sa soeur de 14 ans tente de se suicider alors qu'elle prend du Paxil, un antidépresseur connu en France sous le nom de Seroxat. GSK, le laboratoire qui fabrique le Paxil, a dissimulé des études explosives faites par ses propres experts. Suite à des procès, la justice a obligé GSK à les dévoiler. Elles montrent que son médicament augmente jusqu'à 8 fois les pensées suicidaires ou les passages a l'acte. Que dire aussi de ces tueries de masse perpétrées par des adolescents ? 9 auteurs sur 10 prenaient plusieurs psychotropes. Malgré des milliers d'individus qui ont engagé des procédures contre les laboratoires, les psychotropes restent des best-sellers, et c'est "business as usual". Tous les ans, l'Association américaine de psychiatrie organise le plus important colloque de la planète. Pendant 5 jours, 15 000 psychiatres du monde entier assistent à plusieurs conférences. L'industrie pharmaceutique a flaire le bon filon. Elle finance l'événement en faisant la promotion de ses derniers médicaments. Pour l'occasion, même le vice-président des Etats-Unis, Joe Biden, se déplace. C'est dire l'importance qu'on y porte. A la tête de cette association, Jeffrey Lieberman, le psychiatre le plus influent au monde. Lors de la conférence de presse, on lui pose la question sur la dangerosité des psychotropes.
-Ces médicaments n'ont rien de dangereux, rien de plus dangereux que ceux que vous utilisez communément. Les effets secondaires ne devraient en aucun cas être un obstacle pour quelqu'un qui souffre de dépression et qui doit être traité.
-La dépression est une maladie avec un taux de mortalité de 5 %. Cette maladie empêche toute émotion car on se sent sans espoir, et on peut probablement mourir si vous savez comment faire pour vous suicider.
-Toutes ces exagérations ou ces peurs sur les effets secondaires sont véhiculées par des gens qui n'y connaissent rien ou ne veulent rien savoir. Ils font croire à ces choses.
-J. Lieberman est-il le mieux placé pour défendre ces médicaments ? La liste des laboratoires pharmaceutiques qui le financent est infinie et on comprend mieux pourquoi J. Lieberman n'aime pas trop les trouble-fêtes, ces manifestants qui perturbent la grand-messe de la psychiatrie. Il y a une multitude d'associations et la Commission des citoyens pour les droits de l'homme. Le slogan du jour : "Cessez de droguer "nos soldats". Une vague de suicides sans précédent secoue l'armée américaine. Ces manifestants mettent en cause les antidépresseurs qu'on leur administre dans 9 cas sur 10.
-22 vétérans dé l'armée américaine se suicident tous les jours. En 2012, il y a eu plus de soldats qui se sont suicidés que de morts au combat. Pour les antidépresseurs, il y a 49 mises en garde obligatoires qui alertent contre les risques d'agression, d'anémie, de suicide ou même de possibilités de meurtre. Les psychiatres ne peuvent pas dire ne pas savoir.
-En face des protestataires, des psychiatres, souvent étrangers, un peu sceptiques.
-J'en ai parlé et c'est difficile de définir s'il y a une relation de cause à effet entre le traitement et le fait que la maladie s'aggrave. Est-ce dû aux médicaments ?
-J'ai lu que de nombreux vétérans s'étaient suicidés l'an dernier, mais je me demande combien de suicides ont été évités grâce aux antidépresseurs. On ne peut pas tout soigner juste avec une pilule. Il faut de la thérapie. Mais je ne suis pas sûre que les antidépresseurs soient responsables de l'augmentation du nombre de suicides.
-Les conférences se succèdent. Mais aucune ne traite du danger des antidépresseurs. L'une d'entre elles est tenue par Anthony Rothschild, psychiatre réputé pour ses livres à succès sur les psychotropes. Il tient un débat sur la façon d'adapter les traitements en fonction des maladies, mais il ne dit pas qu'il ne faut pas prescrire d'antidépresseurs. Notre question est simple.
-Il semble qu'il soit dangereux de prendre des antidépresseurs. Qu'en pensez-vous ? Je parle de suicides ou de comportements meurtriers.
-Je ne vois pas de quoi vous parlez. Aucune preuve ne permet de dire au meurtre ou au suicide.
-Alors pourquoi sur les boîtes...
-C'est complètement stupide.
-Cette réaction est-elle étonnante ? A. Rothschild est aussi en conflit d'intérêts avec plusieurs laboratoires.
-Je vous ai répondu. Ne me posez pas la même question. Vous avez ma réponse.
-Comment peut-on tenir de tels propos alors que sur les stands qui font la promotion des psychotropes, la liste des effets secondaires est très longue ? Parmi ces effets, tous les laboratoires mettent en avant le risque suicidaire. Ces mises en garde sont une obligation légale faite par les instances médicales. Mais que valent ces alertes face aux publicités des laboratoires ? Ces publicités atteignent des millions de foyers, aux Etats-Unis, l'un des pays où la promotion pour les médicaments est autorisée. Pour les promoteurs de ces spots, un nouveau client est un client captif. C'est ce que dénonce Michael Baum, un avocat spécialisé dans l'industrie pharmaceutique. Cet homme est un cauchemar pour les laboratoires. Ses procès leur ont coûté cher. Il dénonce l'effet de dépendance des médicaments.
-L'un des problèmes de ces médicaments, c'est qu'une fois que vous les prenez, impossible de décrocher. Vous en devenez prisonnier et on peut dire qu'on programme les malades pour les prendre à vie. Si vous prenez ces médicaments et que vous voulez les arrêter, vous ressentez comme des chocs au cerveau, des nausées, des vertiges. Alors vous reprenez le médicament et tout ceci disparaît.
Et vous êtes alors convaincu qu'il faut continuer à en prendre. Pour les docteurs, c'est pareil. Ils pensent que sans médicaments, leur patient retombe dans sa dépression. Mais c'est faux.
-Cette dangerosité est connue de longue date. Des septembre 1991, l'Agence américaine du médicament doit réagir face a des plaintes contre le Prozac. Celui-ci est mis en cause dans des centaines de suicides et les officiels de l'administration essaient de déterminer si le Prozac peut être responsable. Face à ce comité de psychiatres de renom, les familles des victimes.
-Mon mari ne m'écoutait pas. C'était un pharmacien. On est revenus ensemble et le 30 avril, il s'est mis une balle dans la tête devant nous. Combien doivent mourir avant qu'on réalise qu'on a fait des erreurs ? On est humains.
-Après avoir pris du Prozac pendant 21 jours, ma femme a tué nos deux garçons, puis elle s'est tiré 2 balles. Vous voulez des preuves scientifiques ? Eh bien, je vais vous en montrer. Les voici, vos preuves scientifiques. Voici les preuves scientifiques pour ceux qui disent qu'il n'y en a pas.
-J'ai été en thérapie il y a un an en tant que victime de viol. Je suis aujourd'hui ici en tant que victime du Prozac. Ça me gêne de penser que je puisse comparer les effets de cette pilule à un viol. Mais on peut le faire car si cette pilule vous ôte toute envie de vivre, alors c'est un crime aussi grave que le viol.
-Pendant une journée entière, les témoignages se succèdent. Bouleversants.
-Combien de personnes vont être tuées avant que vous agissiez ? Vous pouvez changer les choses et enquêter. On a besoin d'aide.
-A l'issue de ces témoignages, le comité va passer au vote.
-Que ceux qui pensent qu'il y a une relation crédible entre les antidépresseurs, les actes de suicide et d'autres comportements violents Ievent la main. l'opposé le disent.
-La surprise est totale. A l'unanimité, le comité décide qu'il n'y a pas de lien entre le Prozac et les violences décrites par les familles des victimes. Dans le comité, on retrouve Jeffrey Lieberman, qui deviendra le puissant président de l'Association de psychiatrie.

Sur les 10 psychiatres présents lors du vote, 9 d'entre eux étaient en conflit d'intérêts avec des laboratoires. Lors du lancement du Prozac, le laboratoire Lilly n'a pas ménagé sa peine, mais l'un de ses cadres dirigeants a dénoncé les moyens qu'il a lui-même mis en oeuvre pour booster les ventes de ce médicament. John Virapen a été directeur de Lilly, en Suède, jusqu'en 1988, et il n'est pas du genre à manier la langue de bois.
-On ne peut plus parler de patients. Ce sont des clients et on les détrousse par tous les pores de la peau. Malheureusement, d'après ce que je vois aujourd'hui, ce sont les laboratoires qui tirent les manettes, le pouvoir total. Ils se sont immiscés dans toutes les franges du tissu industriel. Ils sont partout en train de faire leur sale boulot.
-Et vous en faisiez partie, vous ? C'est pour ça que je peux vous dire tout ça. J'ai les mains sales. J'essaie de changer. Maintenant,
-"C'est le temps de la rédemption" et John Virapen a écrit un livre au titre provocateur. Il y raconte la façon dont on lui demandait de dissimuler les effets secondaires.
-Les médecins prescrivent mais ne disent rien aux patients. C'est parce qu'ils ne savent rien. lls se reposent entièrement sur ce que leur disent les laboratoires. Il y a des commerciaux partout, et moi, j'en étais un aussi. Et quand j'étais vendeur, on me disait souvent: "Sache que tu ne dois pas dire un mot sur les effets secondaires."
-De conférences en interviews, John Virapen révèle les méthodes qu'il mettait en oeuvre pour faire exploser les ventes: corruption, cadeaux, voyages.
-Les médecins généralistes n'ont pas l'habitude d'aller dans les grandes conférences. Donc un jour, je me suis dit que ce serait bien de faire quelque chose avec ces types. J'en ai réuni tout un groupe et je les ai emmenés à Singapour. Je leur ai pris un vol pour là-bas et je leur ai fait le grand jeu. La grande classe. Quand ils sont rentrés, les ventes ont explosé.
-Face à ces accusations, Lilly, le laboratoire qui a créé le Prozac, n'a pas souhaité nous recevoir et voici leur réponse e-mail.
La firme Lilly a lutté pour que l'administration américaine n'impose pas sur les notices des antidépresseurs le "Black box warning", une mise en garde explicite contre les risques suicidaires ou de comportements violents. En 2004, ce sera chose faite. On doit la victoire à l'activisme des familles de victimes et de leurs avocats, comme Andy Vickery. Ce Texan est aussi très redouté par l'industrie pharmaceutique. Il a obtenu des milliards en indemnités lors de ces arrangements où les laboratoires ont payé plutôt que d'aller au tribunal. Pour expliquer comment une pilule peut tuer, il se sert d'un puzzle. Sa démonstration, dit-il, est valable pour tous les psychotropes.
-Y a-t-il des points communs entre tous les suicides que peut causer le Prozac ? La première constatation, c'est que la personne devient subitement suicidaire. Des gens qui n'ont jamais pensé à se tuer ou à se faire du mal prennent l'un de ces médicaments, et vlan! Ils passent subitement de cet état au désir de mort. La 2de constatation est que les suicides sont en général violents. Je vous ai raconté l'histoire de Pat Williamson. Elle était sous Prozac depuis 9 jours quand elle a dit à son mari: "Chéri, tu peux me dire comment je peux me tuer ?" Et son mari répond : "Voyons, Pat." Au bout de 20 mn, il va la voir et il découvre qu'elle s'est mutilé le corps pas moins d'une centaine de fois. La 3e pièce du puzzle, qui est commune, c'est l'obsession que l'on met à se détruire. C'est une pulsion subite qui pousse à faire un acte d'extrême violence, ou très dangereux, à son encontre ou contre les autres. Ça submerge. Ça devient une obsession, et on ne peut plus la contrôler. Entre le moment où le patient commence à prendre sa pilule et celui de leur mort ou de leur tentative de suicide, il y a un comportement anormal. Quelque chose ne va pas. Parfois, la réponse du médecin, c'est: "Il vous faut davantage de médicaments. J'augmente les doses." Il y a un incendie ! Pourquoi pas rajouter de l'essence ? Et à chaque cas que j'ai connu, la mort est arrivée dans les 30 jours après la 1re prise ou après l'augmentation des doses.
-La encore, face aux accusations, le laboratoire Lilly nous répond par un e-mail qui précise... Où est la vérité ? Cette étude est contestée par d'autres qui disent l'opposé. Et si, aux Etats-Unis, des milliers de victimes se sont manifestées, alors pourquoi la France serait-elle épargnée ? Quelques affaires font réfléchir, comme celle du conseil municipal de Nanterre, en 2002. 8 morts, 19 blessés dont 14 graves. L'auteur, Richard Durn, un homme sans antécédents de violence. Il prenait ces médicaments de façon massive puis a arrêté subitement. Il y a aussi Charles Pujol, un homme épuisé qui a disjoncté contre des voisins trop bruyants. Bilan :2 morts et 2 blessés. Il prenait un cocktail de médicaments a assommer un boeuf ou à le rendre fou. L'affaire passera aux assises en 2015. Que dire aussi d'Emmanuel Bécaud, un médecin de 35 ans qui s'en est pris à sa famille, en 2010, avant de se suicider? Bilan : 4 enfants tués à coups de bûche et sa femme poignardée. Il a pris un seul antidépresseur pendant moins d'une semaine. Mais confrontée aux médicaments, la justice française semble frappée d'autisme. En 2014, une affaire judiciaire vient éclairer de façon édifiante l'état des lieux actuel.
-Là, nous arrivons à l'endroit où Jean a commis cet acte... C'est ignoble, ignoble. Mon mari est venu ici, en pleine nature, mettre fin à ses jours en s'immolant dans sa voiture. Il a bu de l'essence. C'est pour vous dire à quel point il était bien touché. Il a bu de l'essence, il a imbibé l'intérieur de sa voiture, il a allumé le briquet pour se faire imploser. C'est pour vous dire la souffrance dans laquelle il était. C'est un meurtre contre lui-même. Ce n'est même pas un suicide. Ces cachets ont changé complètement son comportement. C'était un fou, un homme fou qui avait perdu complètement la raison. Ces antidépresseurs, qu'il prenait chaque matin, l'ont tué.
-Retour en décembre 2008. Jean est dépressif. Il a du mal à concilier sa vie professionnelle et la naissance de son fils. Il fait une tentative de suicide. Il se rend chez le Dr Gaussares, un psychiatre qui lui propose de tester un antidépresseur qui n'a pas encore son autorisation de mise sur le marché: le Brintellix.

Jean ne réagit pas au traitement et le psychiatre double les doses. Quelques jours plus tard, Jean se tue. Corinne, sa femme, refuse de croire qu'il s'agit d'un simple suicide. Elle alerte les autorités et le Dr Gaussares est mis en examen pour 7 chefs d'inculpation. On lui reproche des malversations financières et la mise en danger de vie d'autrui sur 8 patients, dont Jean, le mari de Corinne. Le 30 avril 2014, le médecin est bizarrement jugé à Bordeaux, le tribunal où il a été lui-même expert judiciaire pendant des années. Condamné à 6 mois de prison avec sursis, il fera appel de cette condamnation. Mais pourquoi le laboratoire qui fabrique l'antidépresseur n'a pas été aussi inquiété ? C'est la question que pose Me Dupin, l'avocat du psychiatre.
-Les erreurs qu'on impute à mon client ne sont qu'une succession de violations manifestes de certaines obligations imputables au laboratoire, qui sont bien plus graves que celles qui sont reprochées à mon client. On fait un raccourci simpliste en disant : "Vous avez mis la vie "de gens en danger car vous les avez fait entrer dans cette étude." Mais qui les a fait entrer dans cette étude ? Pas mon client. Qui a mis ces médicaments dans le cadre du protocole et en phase expérimentale ? Pas mon client. Qui a validé les dossiers des candidatures ? Pas mon client. Mon client propose, le laboratoire dispose.
-Les laboratoires Lundbeck n'ont pas intérêt a ébruiter l'affaire. Ils ont investi des millions pour que le Brintellix soit autorisé à la vente. Sylvia Goni, psychiatre, est directrice des affaires médicales de la société.
-En aucun cas le produit n'est incriminé dans ce cas de déviance d'un homme.
-Le Brintellix est tout de même responsable.
-Pas du tout. C'est l'homme, c'est la prise en charge.
-Il n'a pas mis le feu au patient.
-Je pense qu'il est dit qu'il a mis en danger la vie d'autrui par ses pratiques.
-C'est quand même le médicament...
-Pas du tout. Le médicament n'est pas mis en cause, absolument pas mis en cause.
-Pourtant, Jean n'était plus du tout le même dès qu'on lui a augmenté sa dose de Brintellix, comme l'ont constaté Corinne et sa mère.
-Il ne dormait plus la nuit, ses yeux étaient exorbités. C'était un fou. Quand on lui parlait, 5 mn après, il avait oublié ce qu'on avait dit. Il avait un comportement agressif, il m'a envoyé un marteau dessus. Ce n'était pas son genre.
-Des qu'il a commencé à suivre ce traitement, ce n'était plus le même homme, même vis-à-vis de son fils.
-Son état physique a changé, avec des yeux exorbités, rouges, injectés de sang. Le visage de quelqu'un qui a perdu la raison. Déformé, c'est comme ça que je le décrirais. Et ça fait peur.
-Ce patient prenait vos médicaments.
-Le patient était malade. Il y a eu une enquête et une expertise. Moi, je m'en remets à ce travail qui a duré près de 3 ans.
-Pour Lundbeck, ce n'est pas le Brintellix qui est en cause, mais la dépression de gens. C'est une ligne de défense plausible que tous les laboratoires utilisent quand ils sont mis en cause. d'autres victimes du protocole d'essai décrivent les mêmes symptômes, comme Christian qui a lui aussi testé le Brintellix pendant 8 mois. Il en a perdu son boulot, sa mémoire, et se décrit lui-même comme un légume.
-Sur cette photo, on voit bien que mon mari était souriant, qu'il était bien avec notre fils, qu'il s'en occupait et qu'il était gai. Maintenant, il n'est plus du tout comme ça. On voit que son visage a changé, que ce n'est plus le même homme.
-Je devenais agressif vis-à-vis de mon épouse. Et je n'étais pas très bien.
-Pourquoi ? Tu avais quoi?
-Christian Mounier a cessé le Brintellix depuis 5 ans mais n'a jamais recouvré ses capacités intellectuelles. C'est désormais sa femme qui répond à sa place.
-Je ne me rappelle plus.
-Ses yeux sortaient des orbites, il devenait violent. Il n'était plus comme avant.
-Comme un fou.
-C'est ça. Il m'a quand même... tapée aussi. Mais ce n'était pas sa faute à lui. C'était dû au médicament.
-Il ne la faisait pas avant ?
-Ahnon! Ses filles ne reconnaissent plus leur pere. Il ne travaille plus. Il est en invalidité.
-Depuis qu'il a pris ces antidépresseurs ?
-Un homme qui n'est plus lui-même, un autre qui se suicide, des effets secondaires dévastateurs chez 8 malades. Mais il y a aussi le suicide de 2 autres patients peu de temps après l'arrêt du Brintellix. Mais ceci n'a pas alerté les autorités, et le jour même de l'immolation de Jean, le Dr Gaussares fait disparaître son nom de ses fichiers. Sa mort n'est plus reliée aux tests.
-Les décès éventuels des malades ne sont pas appelés "décès". On dit qu'il a été "perdu de vue". Pour un essai clinique, avec 5 000 malades, au bout d'un an d'essai, certains en ont eu marre, ils ne vous ont plus contacté, et ils sont "perdus de vue". Les morts, c'est pareil. Donc il n'y a pas de mort puisqu'ils ont été perdus. Et quand on présentera le dossier aux autorités, il n'y aura pas de décès.
-Pour tout test de médicament, les autorités médicales ne reçoivent que les résultats réalisés sur l'ensemble du territoire. Les essais tronqués du Dr Gaussares ont donc été noyés dans la masse et mélangés aux dizaines d'études validées dans le monde entier, comme le montre ce document qui officialise la vente du Brintellix. Lundbeck rejette la responsabilité sur les autorités sanitaires.
-La pharmacovigilance est faite par l'Agence du médicament. Ils ont pris la responsabilité...
-Et vous aussi?
-Dès qu'on est informés...
-Que le médicament provoquerait des actes de violence ?
-On prévient les autorités. Vous êtes sur une assertion qui n'est pas reprise. Le médicament n'a pas été incriminé. La notice ne mentionne pas qu'il favorise des actes violents.
-Alors que dire de cette notice jointe au médicament, que l'on a retrouvée aux Etats-Unis où le Brintellix est autorisé 2 pages d'effets secondaires.
-Le paragraphe principal met en garde contre les risques de pensées et comportements suicidaires. C'est la fameuse "Black box warning", c'est-à-dire le niveau d'alerte le plus élevé. En France, le Brintellix a obtenu son autorisation de mise sur le marché. Il est jugé utile contre la dépression. On ferme le ban. Jean est responsable de son suicide, tout comme Marc pour son décès, Aurélie, pour ses pensées meurtrières et sa tentative de suicide, ou Christian Mounier pour sa déchéance. Si on ne peut nier l'efficacité de ces médicaments sur les états dépressifs les plus sérieux, combien de drames encore avant une réelle prise de conscience des effets des psychotropes sur certains patients ?



Présentation d'une transcription sur TéléScoop :
http://telescoop.tv/browse/805335/morts-sur-ordonnance.html?q=le+monde+en+face


 

MORT SUR ORDONNANCE
Débat :
Psychotropes : pourquoi ne peuvent-ils pas tout guérir ?



France 5 - Mardi 6 janvier 2015 - 21h30 - Débat

VIDÉOS - L'EMISSION - TRANSCRIPTION ÉCRITE

Anxiolytiques, antidépresseurs, somnifères et autres tranquillisants sauvent des vies, mais de nombreux experts parlent aussi de «bombes à retardement» : ils seraient à l'origine de vagues de suicides, de troubles de comportement graves, d'homicides et certains seraient plus addictifs que les drogues dures...
Ce film montre la dangerosité potentielle de ces molécules et analyse comment l'industrie pharmaceutique a verrouillé le marché, avec un cynisme effrayant.



Photo de l'album sur Facebook


Vidéo sur Dailymotion :

Télécharger avec Captvty pendant 6 jours :
http://captvty.fr/


Vidéo en replay
http://pluzz.francetv.fr/videos/le_monde_en_face_,114197603.html
et
http://www.france5.fr/emissions/le-monde-en-face/videos/114197603?onglet=tous&page=1





L'EMISSION :

Lu au lien : http://www.france5.fr/emissions/le-monde-en-face/videos/114197603?onglet=tous&page=1


Après la diffusion du documentaire «Morts sur ordonnance», Marina Carrère d'Encausse ouvre le débat avec ses invités, le docteur Patrick Landman, psychiatre, auteur de «Tristesse Business» paru aux éditions Max Milo, et le professeur Jean Pierre Olié, chef de service de psychiatrie à l'hôpital Saint-Anne, auteur d'un rapport sur les anti-dépresseurs pour l'Académie de Médecine.

 



TRANSCRIPTION DE L'ÉMISSION À PARTIR DES SOUS-TITRES :

-En France, 200 millions de boîtes d'anxiolytiques ou médicaments de l'âme seraient prescrits chaque année. Quels sont leurs impacts sur la santé ? Peut-on éviter d'en prescrire autant? Existe-t-il des traitements de substitution ? On en parle avec nos invités. Nous prendrons tout à l'heure les questions de téléspectateurs sur l'impact de ces médicaments. Vous pouvez réagir tout au long du débat sur nos réseaux sociaux. Un chiffre pour ouvrir ce débat, un quart des Français sont sous antidépresseurs, anxiolytiques. Des antidépresseurs, qui d'après l'Académie de médecine, sauveraient beaucoup de patients. Les psychotropes sont-ils néfastes ? On va voir ça avec deux invités, le Pr Jean-Pierre Olié. Bonsoir. Vous êtes professeur de psychiatrie à l'hôpital Sainte-Anne à Paris, membre de l'Académie de médecine, coauteur du rapport sur les effets des antidépresseurs.
Pourquoi avoir rédigé ce rapport, pour faire le point ou parce qu'il y a une défiance dans notre pays ?
-Les deux. D'abord, nous avons pensé qu'il fallait faire le point, et notamment, sur cette question du rapport entre antidépresseurs et conduite suicidaire ou suicide. Et puis, d'autre part, nous avons pensé qu'il fallait sortir du silence devant, je dirais, ce marronnier qui fait que régulièrement, dans les médias, les psychotropes sont accusés d'être trop prescrits ou plutôt les médecins français sont accusés de trop prescrire les médicaments psychotropes. Nous sommes les champions du monde de consommation de médecine, de journées d'hospitalisation, de statine, d'anticancéreux, surtout quand ils sont chers. Il serait étonnant que nous sous-consommions
-C'est pas que les antidépresseurs.
-C'est aussi notre offre de soins.
-Notre rapport avec les médicaments et la médecine. Autre invité, Dr Landman, bonsoir.
-Bonsoir.
-Vous êtes psychiatre, pédopsychiatre, président de l'Association Stop DSM. Pour qu'on comprenne, juste pour les néophytes qui sont face à vous, c'est quoi, ce DSM ?
-J'ai amené la dernière version. C'est le DSM, "Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux". est parue en mai 2013. Il a une très forte responsabilité dans les faits que nous avons vus avec le documentaire remarquable.
-Il sert à qui, ce DSM ? aux professionnels de santé.
-Pas que les psychiatres ?
-Pas seulement. Aux Etats-Unis, il est utilisé par les travailleurs sociaux, les tribunaux, il sert pour la recherche, pour l'épidémiologie.
-En France, les généralistes l'utilisent ?
-Oui et ils sont influencés
-On y reviendra. On va essayer de comprendre de quoi on parle. Quelle est la différence entre dépression, coup de blues, déprime ?
-Tout d'abord, je voudrais dire ce n'est pas un manuel de psychiatrie, c'est fait pour les chercheurs. C'est une mine de renseignements. Quand on parle de médicaments psychotropes, il y a d'une part, les médicaments antidépresseurs, effectivement.
-Pour les dépressions.
-Qui doivent être prescrits lorsqu'il y a argument pour porter le diagnostic de maladie dépressive.
Une dépression, ce n'est pas une déprime, un coup de blues. Nous avons tous des coups de blues dans nos vies. C'est pas pour cela que nous prendrons des médicaments. Le médicament doit être réservé aux états de maladie dépressive, strictement à ces états.
-C'est-à-dire ?
-On appelle maladie dépressive un état qui est une rupture chez l'individu, qui n'est plus comme il était, brutalement ou progressivement. Il a un ensemble de symptômes qui sont la tristesse, le sentiment de culpabilité, des symptômes physiques, tels que les troubles du sommeil, des troubles digestifs, de l'angoisse, de la culpabilité. Tout cela entrave son fonctionnement au quotidien, de manière durable. C'est une douleur, la dépression. Il faut qu'il y ait une douleur profonde qui justifie le médecin à vouloir soulager cette douleur.
-On a parlé dans ce documentaire d'anxiolytiques. On a compris, les antidépresseurs On donne les anxiolytiques pour la dépression ?
-Les anxiolytiques, c'est l'aspirine sur le mal de dents. Les anxiolytiques sont des médicaments qui ont une merveilleuse efficacité sur l'anxiété, sous toutes ses formes. Le problème, c'est qu'effectivement, ils sont efficaces. En 20 minutes, ils calment une crise d'angoisse, mais ce ne sont pas des traitements régulateurs de fond. Comme l'aspirine sur le mal de dents, ça calme l'anxiété, mais ça ne règle pas le problème qui doit être réglé des chimiothérapies ou autres.
-Je reviens sur cette question dont vous parlez dans votre rapport, ces antidépresseurs sont accusés par certains de pousser au suicide. C'est une réalité ?
-Absolument. C'est documenté par le Pr Hylick que vous avez interviewé dans ce documentaire. C'est un professeur de psychiatrie, en Angleterre, c'est très sérieux. Dans ma pratique, je n'ai jamais constaté cela. J'ai constaté des effets désinhibiteurs très graves. En particulier, des gens qui avaient des comportements inhabituels pour eux, très brutalement. C'est évidemment très préoccupant. Par exemple, des comportements désinhibiteurs avec des actes agressifs, antisociaux, des comportements sexuels inhabituels.
Donc, c'est... J'ai jamais eu dans ma pratique des catastrophes aussi gravés que celles qui sont montrées, mais j'ai eu dés éléments qui me montrent qu'on a affaire à un problème réel. C'est pas simplement un fantasme.
-Que dit votre rapport ?
-Trois choses. Premièrement, si nous prenons un antidépresseur, il ne se passera rien.
-Pas de risque désinhibiteur ?
-Deuxièmement, on sait depuis la naissance des antidépresseurs, depuis le 1er antidépresseur, en 1957, on sait qu'il peut y avoir une absence de synchronie dans les effets sur les différents symptômes. Dans la dépression, il y a la douleur, la tristesse. Il y a l'inhibition, le ralentissement.
-Psychomoteur.
-Oui. Dans la dépression, il y a les idées noires. L'antidépresseur ne va pas forcément agir de manière synchrone sur ces symptômes. Il y a toujours la possibilité que l'antidépresseur agisse sur le phénomène de ralentissement d'inhibitions, avant d'avoir agi sur le phénomène idées suicidaires.
-Non, on ne peut pas le prévoir. Donc, chez le malade déprimé, il y a toujours un risque. La 3e chose que je veux dire, c'est que les enquêtes qui ont été faites partout, même chez les adolescents, ont toujours montré en matière de santé publique, une corrélation inverse entre le taux de prescriptions des antidépresseurs et le taux de tentatives de suicide ou de suicides. Lorsqu'on prescrit un antidépresseur, on doit prendre en compte le fait qu'il va y avoir une réactivité individuelle chez ce malade avec cet ensemble de symptômes. Il ne va pas forcément y avoir une synchronie dans les effets. On ne donne pas un antidépresseur en disant : "Revenez dans un mois". On réfléchit, on mesure les avantages, les inconvénients, on essaie d'ajuster le choix de la molécule à ce qu'on perçoit de la personne, et on suit de près la personne.
-Connaissant ce risque, y a-t-il des personnes qui ont
Ça ne me choque pas. Ce qui me choque, c'est qu'on veuille traiter.
-Qu'on essaie de comprendre les gens, bien sûr, qu'on essaie de leur parler, je suis d'accord.
-Une téléspectatrice, ATcha, demande: "Anxiolytiques et antidépresseurs sont-ils néfastes "pour des personnes dont les ascendants "ont eu la maladie d'Alzheimer et de Parkinson ?" On a parlé de ce lien avec ces maladies.
-Les anxiolytiques.
-Uniquement ?
-D'une part, les anxiolytiques altèrent des fonctions de la mémoire, malgré certaines de leurs qualités. D'autre part, une utilisation au long cours. Il y a aujourd'hui la possibilité de suspecter, d'accuser les anxiolytiques de faciliter une mauvaise qualité du vieillissement neuronal, alors qu'il y a l'inverse pour les antidépresseurs. Des arguments avancent que les antidépresseurs améliorent la qualité
-On reconsidere régulièrement un traitement quand on le prend depuis longtemps ?
-Pour les anxiolytiques, c'est clair. Il y a un problème dont on n'a pas parlé, l'accoutumance et la dépendance aux anxiolytiques. C'est un véritable problème, qui est de pratique courante.
-Merci beaucoup à tous les deux d'être venus. Votre livre, Patrick Landman, "Tristesse, business, le scandale aux éditions Max Milo.



Présentation d'une transcription sur TéléScoop :
http://telescoop.tv/browse/805336/le-monde-en-face.html?q=psychotropes
Pour la fin :
http://telescoop.tv/browse/805337/3/meres-porteuses-la-naissance-par-procuration.html?q=meres%20porteuses

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