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L'EVANGILE SELON JEAN 

 Anciennement : "L'Evangile de Saint-Jean" (éd. 1935)

ANTHROPOSOPHIE

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L'EVANGILE SELON JEAN

Anciennement : " L'Evangile de Saint-Jean"

 

 

- Les numéros de pages indiqués entre parenthèse à chaque chapitre correspondent aux pages de l’édition téléchargée (via Internet), ©2006.

 

 

L’EVANGILE SELON JEAN

 Anciennement : « L’Evangile de Saint-Jean » (éd. 1935)

Sommaire

GA 103 - Par Rudolf Steiner, cycle de 12 conférences faites à Hambourg 18 au 31 mai 1908 © 2006 Triades-Edition – F-Paris - 120 pages

 

 

S O M M A I R E

 

- Les numéros de pages indiqués entre parenthèse à chaque chapitre correspondent aux pages de l’édition téléchargée (via Internet), ©2006.

 

 

PREFACE (par Marie Steiner) :  

 

 I – LA DOCTRINE DU LOGOS – (p. 7)

 

II – L’ESOTERISME CHRETIEN – (p. 15)

 

III – LA MISSION DE LA TERRE – (p. 23)

 

IV – LA RESURRECTION DE LAZARE – (p. 32)

 

 

VI –  LE « JE SUIS »  – (p. 53)

 

VII –  LE MYSTERE DU GOLGOTHA  – (p. 62)

 

 

 

 

XI –  L’INITIATION CHRETIENNE – (p. 96)

 

 

Liste des œuvres de Rudolf Steiner citées en note de bas de page 

 

 


 

L’EVANGILE SELON JEAN

 Anciennement : « L’Evangile de Saint-Jean » (éd. 1935)

Résumé

 

GA 103 - Par Rudolf Steiner, cycle de 12 conférences faites à Hambourg 18 au 31 mai 1908 © 2006 Triades-Edition – F-Paris - 120 pages

 

PREFACE (par Marie Steiner) : Par ce livre nous pénétrons au cœur même de l’activité de Rudolf Steiner. Car son action entière eut pour unique but de frayer pour tous la voie vers le Christ. Le Christ s’est perdu pour nous à l’époque du rationalisme et du matérialisme… Eveiller le « Je » dans l’homme vers la conscience de lui-même et de l’univers…

 

 I – LA DOCTRINE DU LOGOS – (p. 7)

Les présentes conférences sur l’Évangile selon Jean ont un double but : le premier est d’approfondir et d’élargir dans plusieurs directions l’enseignement anthroposophique ; le second est de nous faire mieux pénétrer, à l’aide de cet enseignement, le document capital qu’est l’Évangile de Jean… Pénétrer par lui le profond mystère de l’existence…

Par l’exercice de ses facultés intérieures, l’homme peut atteindre ces mystères et parvenir à une connaissance directe des forces créatrices de l’univers… C‘est ainsi que les grands faits cosmiques ou les grands faits décrits par l’Evangile selon Jean peuvent être retrouvés par les forces latentes de l’homme sans qu’il connaisse cet évangile… Les mystères les plus profonds sont contenus dans ce livre, et celui qui sait de quoi il s’agit peut reconnaître alors que ce livre est vraiment de nature divine…

On peut trouver une certaine concordance entre les trois premiers évangiles, mais que celui selon Jean s’écarte beaucoup plus du récit que donnent les autres… Un grand nombre d’historiens pense que la rédaction… n’aurait été faite qu’entre les années 130 et 140 après Jésus-Christ… Le christianisme avait déjà pris forme et avait rencontré des adversaires…

L’intention de l’auteur aurait été… d’établir sa position personnelle à l’égard du Christ… afin d’enthousiasmer les esprits… L’humanité… a marqué une certaine répugnance… qu’expriment les premiers mots de l’Evangile de Jean… introduire dès le début ce qu’il appelle le Verbe, le Logos, pour parler de Jésus. Il dit : ce Verbe était au commencement et tout a été créé par lui… l’auteur de cet évangile se voit contraint d’appeler Logos le Principe du monde, le point suprême où puisse s’élever l’esprit humain, et de dire : « Toutes choses ont été faites par ce Logos, cette cause première » !...

Le matérialisme a d’abord pénétré la vie religieuse ; et il est infiniment moins dangereux, pour l’évolution spirituelle de l’humanité, de le rencontrer dans les sciences naturelles, que dans la conception des mystères de la religion…

En voici encore un exemple non moins significatif. Ne croyez pas qu’il ait eu un seul commentateur au Moyen-Age, pour attribuer aux six jours de la création la valeur de six journées de vingt-quatre heures, comme on l’a fait plus tard…

Prenons encore un autre exemple : au deuxième chapitre du premier livre de Moïse, verset 21, [Genèse, 2/1], il est dit « Le Seigneur Dieu fit tomber un profond sommeil sur Adam, et il s’endormit. »… Il s’agit donc du sommeil primitif, d’un état de conscience où l’homme a pu percevoir constamment les choses de l’esprit…

Et si la science spirituelle remplit sa mission, si elle montre aux hommes quels sont les mystères que recouvre l’existence physique, on retrouvera le sens caché de ces textes…

Que désignait-on en ce temps-là lorsqu’on employait le mot Logos ou Verbe ? De qui parlait-on ?...

Dans les stades antérieurs de la Terre, l’homme existait, bien que sous une forme imparfaite, muette, et il s’est développé peu à peu jusqu’au Logos, jusqu’au niveau d’un être doué de parole… C’est ainsi que la doctrine du Logos considérait l’homme et disait : Si nous remontons à travers l’évolution, nous trouvons des périodes passées que l’homme, muet encore, ne possède pas le Verbe ; mais comme la graine est née de la fleur, ainsi l’homme muet est issu à l’origine du Dieu parlant, du Verbe… Et bien que ce germe au début soit muet, au commencement était le Logos ou Verbe  Où est désormais le Verbe ? Il est en l’homme, et le Verbe s’est fait homme ! L’auteur de cet évangile rattache ainsi l’homme à Dieu…

 

II – L’ESOTERISME CHRETIEN – (p. 15)

… Résumons d’abord rapidement la nature de l’homme telle que l’occultisme nous la fait voir à travers le cours de la journée, depuis le réveil jusqu’au moment où vient le sommeil. Nous savons que la nature humaine se compose du corps physique, du corps éthérique ou vital, du corps astral et du « Je ».

Ces quatre éléments de la nature humaine ne sont dans le rapport que nous leur connaissons que pendant l’état de veille.

Il est particulièrement important de se rappeler que l’homme est un être tout différent pendant la veille ou pendant le sommeil.

Car ces quatre éléments ont entre eux un rapport tout autre. Quand on dort, le corps physique et le corps éthérique restent étendus ; le corps astral et le « Je » sont délivrés en un certain sens du lien qui les rattachait à eux ; ils sont, si nous ne prenons pas ce mot dans un sens purement spatial mais aussi dans un sens spirituel comme sortis du corps physique et du corps éthérique.1 Durant la nuit, l’être humain est donc une entité composée de deux parties détachées l’une de l’autre ; or ce qu’il faut comprendre, c’est que la nuit, pendant le sommeil, si le corps physique et le corps éthérique étaient complètement abandonnés par le corps astral et le « Je » qui s’y unissent pendant la journée, ils ne pourraient plus du tout subsister…

Notre planète, avant d’être la Terre actuelle, a traversé un état que nous appelons l’ « ancienne Lune », car la planète actuelle de la Lune n’est qu’un déchet de cette ancienne planète. Ce n’est donc pas de la Lune actuelle que nous parlons lorsque nous disons l’ « ancienne Lune », mais d’une planète qui a précédé la Terre actuelle.

– Or, de même qu’entre une incarnation et une nouvelle naissance, il s’écoule un espace de temps, il y a un intervalle entre l’incarnation de notre planète Terre et celle que nous appelons Lune. Et il en est de même pour la planète qui précéda l’état lunaire, que nous appelons l’ « ancien Soleil », et celle qui lui fut encore antérieure, l’ « ancien Saturne ». Nous suivons donc notre planète dans ses trois états antérieurs. Le tout premier rudiment de notre corps physique date de l’ancien Saturne

Lorsque celui-ci se transforma en Soleil, à la seconde phase de notre évolution planétaire par conséquent, le corps éthérique s’ajouta au corps physique et l’imprégna… Sur la Lune, le corps astral pénétra dans ce composé physique et éthérique…

p. 1/14   - L’Evangile selon Saint Jean

 Le corps physique subit alors une troisième transformation, et le corps éthérique une seconde. Sur la Terre finalement, le « Je » s’ajouta aux corps physique, éthérique et astral, et il transforma une quatrième fois le corps physique qui devint ainsi le composé qu’il est aujourd’hui. Ainsi ce corps physique… a passé par maintes transformations auxquelles il doit sa complexité…

Un cristal de roche par exemple, à moins qu’il ne soit détruit par une cause extérieure, conserve sa forme ; quant au corps physique, il ne peut pas de lui-même conserver sa forme ; il la doit au corps éthérique, astral, au « Je », et ne la conserve qu’aussi longtemps que ceux-ci sont en lui… Exactement comme le corps physique que nous voyons porte en lui un corps éthérique, un corps astral et un « Je », le minéral a, lui aussi, un corps éthérique, un corps astral et un « Je »…

Seulement, ces parties de son être se trouvent dans des mondes supérieurs. Le corps éthérique du minéral se trouve dans ce que nous appelons le monde astral ; son corps astral se trouve dans ce que nous appelons le monde dévachanique ou céleste ; et son « Je » réside dans un monde plus élevé encore, le monde spirituel proprement dit… Ce monde que nous percevons avec nos sens est pénétré par le monde astral, et celui-ci à son tour par le monde dévachanique, qui se divise en dévachan inférieur et dévachan supérieur2 L’homme est au-dessus du minéral parce qu’à l’état de veille il a en lui ses trois autres éléments, ce que n’a pas le minéral… Il ne peut y avoir d’être qui ne possède à sa façon corps éthérique, corps astral et « Je »…

Chez l’homme, le corps astral et le « Je » se séparent chaque nuit des autres corps… Chaque nuit, cette métamorphose se produit ; l’être de nature spirituel délaisse les corps physique et éthérique… Le corps astral et le « Je » ont quitté les corps physique et éthérique, mais ils sont remplacés par un autre « Je » et un autre corps astral !... Tandis que pendant le sommeil, notre corps astral et notre « Je » ont abandonné nos corps physique et éthérique , des entités supérieures y descendent…

Or, quel est le sens de cette évolution à travers les vies successives ? Ce sens est qu’ainsi le « Je » travaille sur lui-même et transforme les éléments de sa nature. Il modifie tout d’abord son corps astral2… le travail du « Je » a formé en outre dans le corps astral un élément nouveau qui est sa création. En tout homme le corps astral comporte deux parties : celle que le « Je » a déjà transformée, et celle qui ne l’est pas encore. Cette métamorphose se poursuit sans cesse. Un jour viendra où le corps astral tout entier aura été recréé par le « Je ». Dans la terminologie orientale, on a coutume d’appeler Manas la partie déjà transformée du corps astral, soit dans notre langage le « Je spirituel ». En ce sens, l’homme se compose toujours de quatre éléments, mais nous pouvons maintenant distinguer cinq parties, car il comprend aussi ce Manas ou « Je » spirituel, produit, créé par le « Je ». Et l’être humain continuera à travailler sur lui-même. La Terre passera par d’autres incarnations.

L’homme acquerra peu à peu la faculté qui est déjà l’apanage des initiés, celle de travailler sur le corps éthérique ; il commence même a y travailler actuellement, et dans la mesure où ce corps éthérique est métamorphosé par le « Je », nous l’appelons Bouddhi ou « Esprit de vie ».

Finalement l’homme parviendra à transformer son corps physique sous l’action du « Je » ; le résultat de ce travail, nous l’appelons Atma ou « Homme-Esprit »…

Ce corps physique tel qu’il existe actuellement, l’homme n’en n’est pas encore le maître, car il n’a pas encore atteint la fin de son évolution, le temps où l’action du « Je » se fera sentir jusque dans le corps physique.

Il ne peut pas non plus maîtriser son corps éthérique ; il ne le pourra que lorsque la Terre passera dans l’état de Vénus. Il ne dominera ses corps physique et éthérique que lorsqu’il en aura fait Bouddhi et Atma…

A notre présente incarnation terrestre, le corps physique de l’homme devait se perfectionner encore avec ce nouveau stade d’évolution… La faculté de faire résonner son âme du dedans vers le dehors…

Toute l’évolution a été conduite de telle sorte que la faculté de parler, le Verbe, fut à l’origine en Dieu, et que Dieu a créé les conditions pour que l’appareil physique de l’homme fasse un jour retentir des sons vers le dehors…

D’où vient donc le corps physique de l’homme, tel qu’il nous apparaît à l’origine, sur Saturne ?... Il vient du Logos ou du Verbe… Sur Saturne, le corps humain est une expression du Logos. Saturne disparaît ; le corps humain se réincarne sur le Soleil ; là, le corps de vie se joint au corps physique et il est imprégné de l’Esprit de vie. Le Logos devient Vie sur le Soleil en élevant l’homme d’un degré… Sur la Lune apparaît le corps astral, corps de lumière : « Et la Vie était la Lumière. » 3

Qu’arrivera-t-il sur la Terre ? Pour l’homme et en l’homme, le « Je » vint s’ajouter à cet ensemble. L’être humain put non seulement vivre dans la lumière, dans la vie, mais encore observer tout cela du dehors, se ressentir lui-même en face du Verbe, de la Lumière et de la Vie. Mais par là cet univers devint matériel, prit un aspect matériel…

Chaque nuit, lorsqu’il dort, il détache de ses corps physique et éthérique les parties de sa nature qu’il a déjà conquises, ce qui fut toujours y demeure et prend soin des corps physique et éthérique cependant que l’homme les abandonne…

Au commencement était le Verbe, archétype du corps physique de l’être humain : et il était le fondement de toutes choses. Les animaux, les plantes, les minéraux sont apparus plus tard ; sur Saturne, il n’existait en réalité que l’être humain. Sur le Soleil, le règne animal s’y ajouta, sur la Lune le règne végétal et sur Terre le règne minéral. Le Logos se fit Vie sur le Soleil et Lumière sur la Lune. Lorsque l’être humain fut doué du « Je », tout cela lui apparut. Mais l’être humain devait apprendre à reconnaître ce qu’était le Logos, quel est le but de sa manifestation. Au début, fut le Logos, puis la Vie, puis la Lumière, et cette lumière brille dans le corps astral. Dans l’intérieur de l’homme où il n’y avait que ténèbres et ignorances pénétra la lumière. Et il dut apprendre à la percevoir, à triompher intérieurement des ténèbres : c’est là le sens de l’existence terrestre…

 

III – LA MISSION DE LA TERRE – (p. 23)

… Il est une époque de notre évolution terrestre que nous appelons époque lémurienne. C’est la plus ancienne époque où l’on puisse distinguer, au sein de l’existence terrestre, la forme de l’être humain actuel. Pour la dernière fois alors, le « Je », l’essence véritable de l’homme, commence à s’incarner dans les trois corps physique, éthérique, et astral. Vient ensuite l’époque atlantéenne ; la plus grande partie de l’humanité habite à ce temps un continent un continent qui forme aujourd’hui le fond de l’Océan Atlantique, ayant été englouti par le grand déluge dont le souvenir s’est conservé chez presque tous les peuples. Toute entité humaine a traversé jusqu’à nos jours toute une suite d’incarnations depuis le temps où, à l’époque lémurienne, les âmes entrèrent pour la première fois dans l’homme constitué des trois corps que nous avons étudiés…

Qu’appelons-nous en occultisme, du point de vue de la science spirituelle, l’existence actuelle de l’homme ?

p. 2/14   - L’Evangile selon Saint Jean

C’est pour nous l’état de conscience qui est le nôtre depuis le matin jusqu’au soir, tant que nous sommes éveillés. Nous percevons alors, au moyen des sens extérieurs, les objets qui nous entourent. Tandis que, pendant notre sommeil, nous ne les voyons pas. La véritable essence humaine ( « Je » et corps astral ) se trouve unie sur le plan physique aux corps physique et éthérique. Cette essence peut alors percevoir, entendre, voir, à l’aide des organes physiques. Quand l’homme est endormi, le « Je » et le corps astral sont détachés du monde physique et ne peuvent percevoir ce qui les entoure.

Cette alternance de la veille et du sommeil ne s’est établie que lentement, progressivement… Il fallait gagner cette conscience de veille qui caractérise l’existence terrestre, et cela au prix de la descente dans le corps physique.

Jadis l’homme ne s’était jamais senti un être indépendant ; il était confondu dans la divinité dont il était issu…

Il n’aurait pas pu dire « Je suis », mais « Dieu est – et moi en lui »… Or, une mission particulière était réservée à la Terre…

La mission de notre Terre réside en ce que des êtres doivent y produire par leur travail l’épanouissement de l’élément Amour.

L’Amour devra imprégner complètement la Terre quand celle-ci aura atteint le terme de son évolution…

La Terre fut précédée de l’ancienne Lune. Celle-ci eut aussi sa mission. Elle eut pour tâche d’être un Cosmos de Sagesse…

Vous trouverez partout que la nature est profondément imprégnée de Sagesse. A sa base se trouve comme une sorte de substance spirituelle qui est cette Sagesse sur laquelle repose toute chose… L’homme ne pourra que plus tard acquérir une sagesse analogue et se joindre peu à peu à la Sagesse divine qui imprègne toutes choses créées ; il saura alors retrouver par lui-même les trésors que la sagesse a enfermés dans la Terre. Ainsi que la Lune a eu cette mission de déposer la Sagesse dans le monde, la Terre a pour but d’élaborer l’Amour… Quand la Lune eut terminé son évolution, tout fut saturé de Sagesse…

Quand à la sagesse intérieure, c’est par l’homme par le « Je » qu’elle pénètre sur Terre ; mais elle doit encore être développée. Comme la Sagesse développée sur la Lune peut maintenant vivre dans les choses, ainsi maintenant se développe l’Amour. Il est apparu tout d’abord sous la forme la plus basse, la plus sensuelle ; mais au cours de l’existence terrestre, il se spiritualise progressivement, et à la fin de l’évolution terrestre l’existence entière sera pénétrée d’amour, si les hommes ont su remplir leur mission.

La Terre pourra passer alors à l’étape suivante que nous appelons Jupiter. Sur Jupiter, les humains sentiront la force de l’amour rayonner de tout ce qui existera… La science matérialiste ne croit pas à la Sagesse cosmique ; elle ne croit qu’à la sagesse de l’homme. En principe, tout ce que l’homme découvre se  trouve déjà dans la nature ; mais ce qu’il donnera véritablement à la Terre, c’est l’amour, cette force qui doit évoluer depuis les formes les plus grossières jusqu’aux plus spirituelles. Telle est la tâche de l’évolution terrestre. La Terre est le Cosmos de l’Amour.

Qu’est-ce qui est donc nécessaire à l’amour ? Que faut-il pour qu’un être puisse en aimer un autre ? – Il faut que cet être ait pleine conscience de lui-même, qu’il soit indépendant. Aucun être ne peut en aimer un autre au sens total du mot s’il ne fait pas de lui même un don libre à autrui. Seul un être indépendant de l’être aimé peut ressentir l’attrait de l’amour.

Il fallait pour cela que l’homme devînt un individu, et dans ce but le « Je » devait pénétrer au sein des corps physique éthérique et astral… L’amour pénètre l’évolution terrestre… Aussi nous voyons que durant tout le temps où l’homme posséda l’ancienne clairvoyance de rêve, l’amour descendit en lui dans un état ténébreux qui n’avait pas encore atteint la pleine conscience de soi… Ensuite, …la conscience de veille s’allonge…

Ce divin, cet invisible, qui parle derrière tout ce monde visible, l’ésotérisme chrétien l’appelle le Logos, le Verbe…

La lumière solaire est au Logos ce que votre corps est à votre âme. Par elle, une force spirituelle se déverse sur la Terre.

Si nous sommes capables de saisir cette force, qui est non le corps du Soleil, mais l’esprit du Soleil, nous voyons en elle l’amour qui se déverse sur la Terre… Mais ils ne peuvent le faire qu’en devenant des êtres conscients… Il faut se rendre compte que l’amour a influencé inconsciemment l’homme et l’a préparé intérieurement à sa mission de veille…

La mission d’un habitant de la Terre, c’est de s’assimiler l’amour pendant l’époque terrestre… La mission des habitants de la Terre ne pourrait s’accomplir si les habitants du Soleil n’envoyaient pas dans les rayons solaires le fruit de leur sagesse.

Cette sagesse déversée sur la Terre permet à l’amour d’y germer.

Sept entités de lumière purent donc se développer sur le Soleil et être en même temps les dispensateurs de l’amour. Mais six d’entre eux seulement s’y établirent ; et la lumière que le Soleil nous envoie physiquement contient la force de leur esprit. Le septième se sépara de ces six esprits de lumière, ou Elohim, dont parle la Bible, et fixa sa demeure non sur le Soleil, mais sur la Lune. Cet esprit unique renonça pour ainsi dire librement à l’existence solaire ; c’est lui que l’ancien Testament appelle Iahvé ou Jéhovah.4 C’est lui qui dirigea de la Lune la sagesse sur Terre et qui prépara les âmes à l’amour…

La nuit appartient à la Lune… C’est pourquoi Iahvé peut être appelé le régent de la nuit ; il prépara l’homme à l’amour qui devait naître plus tard durant la pleine conscience du jour… Pendant la nuit, Iahvé a jadis fait pénétrer dans l’homme la force de l’amour d’une manière inconsciente, le préparant ainsi à ressentir par lui-même le Logos. Comment l’homme y parvint-il ?...

Pour que l’homme puisse devenir sur Terre un porteur conscient de l’amour, il lui fallait un guide, un maître durant la claire conscience de veille. Le chemin de l’humanité s’engageant dans le champ des perceptions sensibles, le Logos dut lui-même se rendre sensible et apparaître dans un corps de chair. C’est ce qui arriva quand le Christ s’incarna.

Les forces des six Elohim, du Logos, s’incarnèrent alors en Jésus de Nazareth… L’entité qui descend dans le corps de Jésus au début de notre ère est véritablement bien l’incarnation des six Elohim. ; le septième le Dieu Iahvé, n’a fait que les précéder, les annonçant en quelque sorte. Et cette figure unique de Jésus de Nazareth en qui s’est incarné le Christ ou Logos, apporte jusque dans la vie humaine, dans l’histoire même de l’humanité, la force qui n’avait fait jusqu’alors que se déverser sur Terre à travers la lumière solaire.3,5 « Et le Verbe s’est fait chair, et il a demeuré parmi nous. »…

La mission de la terre n’a donc commencé à se réaliser qu’avec les événements de Palestine… La Terre a pour but de donner à l’homme la pleine conscience de soi, le Je suis… Le Christ est la force qui a conduit les hommes à cette conscience libre du Je suis… Un chrétien ressent le Je suis… « Moi et le Père, nous sommes Un ! » Voilà le mot essentiel qu’il faut retenir…

Ce que disaient les initiés les plus proches du Christ, … ils firent du Je suis le nom même du Christ… le Je suis était le nom

qui unissaient les initiés… « Ce que Je suis peut dire de lui-même, c’est qu’il est la force de la lumière du monde ; et qui me suit verra en pleine et lumineuse conscience de veille ce que ne voient pas ceux qui marchent dans les ténèbres. »…

Mais ceux qui restaient attachés aux vieilles croyances, d’après lesquelles la lumière de l’amour ne peut être déposée dans l’homme que durant la conscience nocturne, ceux qui sont appelés les « Pharisiens »…

p. 3/14   - L’Evangile selon Saint Jean

IV – LA RESURRECTION DE LAZARE – (p. 32)

… Quelle est donc la signification de cette résurrection de Lazare ?... Mais pour que nous puissions le comprendre, il faut que nous jetions un coup d’œil sur ce qu’on appelle l’ « initiation » dans les anciens mystères. Quand cette instruction était jugée suffisante, elle était suivie de certaines expériences qui ouvraient au néophyte la voie des visions personnelles. Mais jadis il fallait, pour en arriver là, que le corps physique, le corps éthérique et le corps astral soient mis dans des conditions tout à faut particulières. L’initiateur plongeait alors le néophyte pendant trois jours et demi dans un état semblable à la mort...

Ceux qui se préparaient à l’initiation devenaient capables, par suite de leur entraînement, de développer les organes spirituels du corps astral. Quand ils en étaient arrivés là, l’action essentielle était alors que toutes les perceptions du corps astral puissent s’imprimer ensuite dans le corps éthérique comme un cachet dans la cire. Ainsi, se préparer à l’initiation, c’était passer par un certain entraînement intérieur qui transformait l’organisation du corps astral…

L’activité qu’on déploie dans la méditation, la concentration, en un mot les expériences intérieures, agit comme la lumière sur l’œil, comme le son sur l’oreille. Elle transforme le corps astral et des organes se développent qui permettent d’avoir des perceptions astrales. Mais ils n’ont pas encore de racine dans le corps éthérique…

Pendant les trois jours et demi où le corps éthérique était comme retiré du corps physique, il se gravait en lui tout ce qui avait été perçu par le corps astral. L’homme vivait d’une expérience purement spirituelle. Quand l’initiateur le rappelait dans le corps physique, il rapportait un témoignage personnel de ce qui se passe dans ce monde…

Or, c’est précisément ce procédé que l’apparition du Christ Jésus sur la terre a rendu inutile. Désormais ce sommeil semblable à la mort, qui durait trois jours et demi, peut être remplacé par la force qui émane du Christ.

Et le corps astral peut aujourd’hui imprimer au corps éthérique les impressions qu’il a ressenties, alors même que celui-ci est lié au corps physique. Mais il fallait pour cela que le Christ Jésus vint sur terre. Auparavant, les hommes n’étaient pas assez développés pour que le fruit de la méditation et de la concentration puisse s’imprimer dans le corps éthérique, si l’on ne procédait pas comme nous venons de l’expliquer…

Il fallait que quelqu’un soit initié à l’ésotérisme chrétien, mais encore selon la tradition. Seul le Christ Jésus pouvait faire cela, et c’est ainsi qu’il initia celui qui est appelé Lazare. «Cette maladie n’est pas mortelle », est-il dit. C’est le sommeil des trois jours et demi ; l’indication est nette. Bien que très voilée, on retrouve ici la description d’une initiation…

On dit que « le Seigneur aimait Lazare »… Le Seigneur a initié Lazare qui, initié, sort du tombeau, du lieu d’initiation… Et Jean, …est toujours appelé ensuite « le disciple que le Seigneur aimait » ; ce disciple aimé, c’est Lazare ressuscité…  

Avant la résurrection, c’est le témoignage d’un ancien initié qui est rapporté… La première partie de l’évangile est le témoignage de l’ancien Jean, la deuxième celui du nouveau Jean que le Seigneur lui-même initia…

Jean-Baptiste avait des connaissances spirituelles qui lui révélaient déjà la vérité, et il put prophétiser que celui dont les mystères avaient parlé se trouvait en ce Jésus-Christ qui était là devant lui… Qui est en réalité le Baptiste ?...

Un homme qui connaît à fond les vérités des mystères concernant le Christ qui doit venir…

Nous savons que la véritable mission de la Terre, au sein de l’évolution, c’est l’amour, mais un amour né du libre don d’hommes conscients d’eux-mêmes. Or, l’homme n’acquiert que peu à peu la conscience de son « Je »…

L’individu se sentait alors pris dans un tout, le même sang coulait dans tous les membres du peuple. L’individu se sentait alors pris dans un tout, le même sang coulait dans tous les membres du peuple…

Le sens… à cette parole…: « Celui qui ne renie pas sa femme et son enfant, son père et sa mère, son frère et sa sœur, ne peut pas être mon disciple. » 3… Voici ce qu’elles signifient : Vous devez sentir que chacun de vous possède un « Je » individuel relié directement au Père spirituel qui emplit le monde… Le Christ l’investigateur de la grande impulsion donnée...

L’ancienne alliance se transforme dans la nouvelle, l’ancien caractère d’âme-groupe dans le nouveau sens du « Je »…

Et précisément parce que j’ai appris à me sentir seul, je puis être un prophète à qui le « Je » confère dans la solitude la véritable nourriture spirituelle. »… C’est pour cela que l’annonciateur se désigne comme une voix qui crie dans la solitude…

« La lumière brilla dans les ténèbres, mais les ténèbres ne pouvaient pas encore la saisir. » Elle descendit dans les individus, elle vint jusqu’à l’homme-Je, car celui-ci n’aurait pu naître si elle n’avait été déversée en lui par le Logos. Mais l’homme-Je ne la reçut pas. Quelques uns seulement la reçurent : les initiés. Ils s’élevèrent jusqu’au monde spirituel. Ils ont toujours été appelé

« enfants de Dieu » parce qu’ils avaient la connaissance du Logos, de la Lumière et de la Vie, et pouvaient en rendre témoignage…

Mais afin que tous les hommes puissent reconnaître à leur façon le Dieu existant, il fallait qu’ils le contemplent avec leurs yeux de chair. Dieu dut revêtir une forme corporelle, la seule que puissent voir les yeux du corps. Auparavant, seuls les initiés avaient pu le contempler dans les mystères…

. Ceux qui étaient « enfants de Dieu » avaient toujours été monogenoï et la doctrine du Fils de Dieu est la doctrine du monogenès – (l’homme physique est diogenès, né de deux). Ce mot indique donc qu’outre la naissance physique, l’être humain peut encore traverser une naissance spirituelle, celle qui fait de lui un fils unique, un enfant de la divinité. – Et cette doctrine ne pouvait être comprise que par celui qui annonçait le Verbe fait chair… « Le « Je » dont je parle, dit Jean, était avant moi ; il m’a précédé ; je rends témoignage de ce « Je » qui était en chacun ; après moi viendra celui qui était avant moi ».

Et maintenant viennent ces paroles essentielles : « Car de sa plénitude nous avons tous reçu grâces sur grâces ! »…

Qu’est ce donc que pléroma, la plénitude ? Ce mot avait un sens tout à fait précis dans les mystères… Ainsi Jahvé, le dieu unique, se distingue de la totalité divine, du pléroma constitué par les six autres Elohim qui ont pour centre le Soleil. Or la conscience totale de ce Logos solaire se rapporte au Christ. C’est donc à lui que l’on faisait allusion dans les anciens mystères lorsqu’on parlait de la plénitude divine. Telle est la vérité profonde que recèlent ces paroles : « Car de pléroma nous avons reçu grâces sur grâces. »… Transportons-nous au temps où les hommes se ressentaient encore comme un moi-groupe…

Ils s’aiment entre eux parce qu’ils sont parents. L’amour repose sur ces liens… De plus en plus, les hommes s’affranchissent de l’amour né de l’âme-groupe et vont vers l’amour qui est le libre don du « Je ».

A la fin de l’évolution terrestre, les hommes atteindront le point où le « Je », devenu indépendant, connaîtra au plus profond de lui-même une impulsion qui le mènera vers ce qui est juste et bon dans un esprit de total dévouement… De nos jours encore, l’homme est à bien des égards dépendant d’un moi-groupe. L’homme véritablement libre ne peut être aujourd’hui encore qu’un idéal

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… Il ne faut jamais perdre de vue… que l’auteur de cet évangile, c’est le disciple préféré, initié par le Christ lui-même…

L’auteur de l’Évangile selon Jean veut dire par là : tout ce qui précède, je ne le sais pas encore par initiation…

Il indique donc à plusieurs endroits que les premiers chapitres concernent les premiers degrés de l’initiation… Dans une certaine forme d’initiation orientale, on en distinguait sept auxquels on donnait toutes sortes de noms symboliques. Le premier degré était celui du « corbeau » ; le second celui de l’« occulte » ; le troisième celui du « guerrier » ; le quatrième celui du « lion ». Le cinquième est désigné chez les différents peuples qui sentaient encore un lien de parenté avec leurs âme-groupe par le nom du peuple. Ainsi chez les Perses, un initié du cinquième degré porte le nom occulte de « Perse »…

L’initié du premier degré forme le lien entre la vie occulte et la vie extérieure. Il circule de l’un à l’autre. Il doit être encore uni à la vie du dehors, mais ce qu’il découvre, il doit l’apporter dans les lieux d’initiation. C’est pourquoi il est question de « corbeaux »...

L’initié du second degré était déjà pleinement entré dans la vie occulte.

Au troisième degré, il avait le droit de servir l’occultisme ; c’est moins d’un combat qu’il s’agit que du droit de répandre et de présenter l’enseignement occulte.

Le « lion » réalise en lui-même toute la vie occulte qu’il a le droit de présenter non seulement en paroles, mais aussi par des actes, par l’action magique.

Le sixième degré était celui du « héros solaire », et le septième celui du « père ».

C’est le cinquième qui nous occupe pour le moment… L’initié du cinquième degré avait accompli un certain sacrifice ; il avait effacé sa personnalité pour l’unir à la nature de son peuple… Il accueillait l’âme du peuple en lui-même, ne s’attachant à rien de personnel, mais uniquement à l’esprit collectif. C’est pourquoi cet initié était désigné du nom de son peuple.

Or, l’Évangile selon Jean nous dit que parmi les premiers disciples du Christ se trouve Nathanaël, un initié du cinquième degré, mais pas assez élevé pour pouvoir le reconnaître… Le figuier est un symbole de l’initiation chaldéo-égyptienne…

On reconnaît ainsi que l’occultisme a raison de dire que des puissances divines circulent pendant la nuit dans les corps physique et éthérique, de telle façon que ceux-ci sont, en quelque sorte, incorporés, pendant la nuit, aux forces divines

Ainsi nous pouvons dire : sur le corps physique travaillent constamment des Entités qui appartiennent aux régions les plus hautes du Dévachan et sur le corps éthérique des Entités qui appartiennent aux régions inférieures du Dévachan…

« Apprenez à reconnaître le Christ et vous connaîtrez comment les puissances célestes montent et descendent sur l’homme »…

Les noces de Cana en Galilée, que l’on appelle souvent aussi « le premier miracle » ; il vaudrait mieux dire le premier signe que fait le Christ Jésus. Cela vous sera révélé par l’impulsion que le Christ donne à la Terre. »…

Dans les temps reculés, on s’aimait lorsqu’on était uni par les liens du sang, et on attachait une énorme importance à ce que l’amour eût cette base matérielle de la consanguinité. Le Christ vint pour spiritualiser cet amour… Ce n’est pas en Judée qu’il fait le premier « signe » mais en Galilée. Là, le sang de plusieurs peuples s’était mêlé. Galiléen signifie « mélange »…

Du mode de reproduction basé sur le mélange des sangs doit sortir l’amour qui ne s’attache pas à la matière… Le mariage se rapporte au mode de reproduction… L’occultiste ne nie aucunement la matière ; pour lui, la matière la plus dense est l’expression d’une âme et d’un esprit… Quand le corps astral fut arrivé à maturité, il a donc fallu que le corps physique soit aussi préparé à devenir un instrument du Je Suis. C’est ce qui se passa au cours de l’évolution…

Noé qui, en un certain sens, est l’ancêtre de l’humanité aux temps post-atlantéens, est le premier homme qui ait bu du vin ; le premier, il a connu les effets de l’alcool… Le vin a eu une mission au cours de l’évolution, celle de préparer le corps humain à l’éclosion du Je suis, à couper le lien qui rattachait ce corps à la divinité. L’alcool sépare l’homme du monde spirituel auquel il était primitivement lié… On verra de plus en plus à l’avenir que l’alcool a eu pour mission de faire tomber l’homme au point de densité matérielle où il devait retenir son « Je » pour lui et ne plus le mettre au service de tout le peuple.

Il a enlevé à l’humanité le don de se sentir reliée à l’univers spirituel… Une sorte d’ivresse extérieure ; c’est la fusion dans un tout sans la vision de ce tout… La mission de l’alcool est maintenant accomplie… Mais à l’époque même où l’alcool fait tomber l’homme le plus profondément dans l’égoïsme, surgit aussi la force qui lui donne l’impulsion la plus grande pour se retrouver uni à l’univers spirituel… A cette noce on boit du vin… Ce changement de l’eau en vin

L’homme a passé de l’état de l’eau où il vivait encore entièrement uni à la divinité, à la condensation dans la matière, ce qui l’a souillé. Et les hommes auxquels devait être rappelé leur lien originel avec Dieu, recevaient le baptême de l’eau

Le Christ Jésus devait baptiser autrement. Il n’avait pas à tourner les hommes vers le passé, mais vers le développement de la spiritualité en eux, vers l’avenir. Il baptisait par l’Esprit « saint », pur, rattachant ainsi l’esprit dans l’homme à celui de Dieu. Le baptême de l’eau était un souvenir, celui de l’esprit prophétisait l’avenir

S’il existe des vérités absolues, elles ne peuvent être toujours communiquées aux hommes sans préparation et n’importe quand. C’est pourquoi chaque époque reçoit ses vérités particulières. Pourquoi avons-nous le droit aujourd’hui de parler de réincarnation, et de cultiver une nouvelle science de l’esprit ? Parce que les âmes qui sont actuellement en nous ont été incarnées successivement un grand nombre de fois sur la Terre… Mais si l’on n’est pas honnête dès aujourd’hui, les conséquences en retombent sur la prochaine incarnation…

Le premier signe de sa mission ; il adopte les habitudes en usage jusqu’à transformer l’eau en vin. Par là, il signifie qu’il veut mener vers un état spirituel l’homme qui est descendu jusqu’au degré de matérialité symbolisé par le fait de boire du vin...

Il y avait là six vases de purification… La « purification » est la conséquence du baptême…

L’Évangile selon Jean… fait ressortir deux points. D’abord que ce qu’il contient est communiqué à ceux qui peuvent saisir jusqu’à un certain point les vérités occultes… La deuxième chose… c’est que le Christ veut remplir une mission qui dépasse les liens du sang. On nous le montre clairement par l’histoire de la Samaritaine à la fontaine, à laquelle il donne l’enseignement qu’il destine à ceux dont le « Je » s’est libéré des liens du sang… Puis les autres viennent vers Jean et lui disent : Mais Jésus baptise aussi ! Et Jean doit leur expliquer… en disant : Jésus… enseigne comment l’être humain, par le don du « Je » libre, devient conscient de lui-même ; car chacun doit découvrir en soi ce Je suis, Dieu ; c’est là son chemin vers le divin… « Dieu ne donne pas l’esprit selon la mesure »… La connaissance n’est certainement pas un signe de sagesse ; mais l’ignorance ne l’est sûrement pas non plusLe Christ en appelle au « Je » divin et libre dans l’âme

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VI –  LE « JE SUIS »  – (p. 53)

… Le dialogue du Christ et de Nicodème… « Nicodème lui dit : Comment un homme, quand il est déjà vieux, peut-il renaître ?... »… Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, nul, s’il ne renaît de l’eau et de l’esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu ! »… Faisons une transition en remontant d’abord à l’époque de l’Atlantide

L’ancien continent atlantéen fut détruit par des cataclysmes dont nous parlent tous les documents religieux où l’on trouve le récit du déluge. Ce continent occupe aujourd’hui le fond de l’Océan Atlantique. Ceux qui l’habitèrent furent nos ancêtres. Dans les derniers temps atlantéens, ils n’étaient donc plus très différents de ce qu’est l’homme actuel…

Il existait avant l’Atlantide cet autre continent qu’on appelle la Lémurie. Lui aussi périt dans de terribles catastrophes. Il était situé entre le sud de l’Asie, l’Afrique et l’Australie… La forme de l’homme… était… différente de la forme actuelle…

Plus on recule dans le temps, plus l’homme devient diaphane et se confond avec le milieu de l’eau et des vapeurs. Ce n’est qu’à l’époque atlantéenne qu’il commence à se densifier… L’homme est donc apparu relativement tard sur la Terre…

Chacun de ces êtres est enveloppé d’un corps astral et d’un « Je » qui sont encore complètement plongés dans le sein de la divinité, c’est-à-dire qui ne se ressentent pas encore comme séparés les uns des autres…

On se demande : Qu’est-ce que donc que ces courants de feu qui traversent l’air ? Ce feu, l’homme le possède encore aujourd’hui ; c’est le feu qui anime votre sang. C’est la chaleur du sang.

Et votre organisme possède également des souvenirs de l’ancien élément de l’air. Par l’inspiration et l’expiration, vous faites vivre dans votre corps, par ailleurs solide, une masse d’air qui alternativement entre et sort. Quand vous respirez très profondément, votre souffle, au contact du sang, s’échauffe… L’air qui circule à travers l’être humain épouse absolument les formes du corps et crée ainsi une sorte de corps gazeux dans lequel circule la chaleur…

Ce n’est que vers le milieu de l’époque atlantéenne que l’homme atteint un point de densité qui transforme toutes les parties cartilagineuses de son être en substances osseuses…

Il faut que l’homme porte en lui cette certitude que lorsqu’il se réunira aux dieux, sans perdre la conscience acquise, ses corps physique et éthérique repasseront par les régions qu’ils ont traversées. L’homme vient de ces sphères d’air et d’eau ; il les retrouvera en s’épurant. Il ne peut aujourd’hui atteindre cet état que spirituellement, en créant en lui la conscience intérieure de ce qu’il pourra être plus tard. Car la force nécessaire pour l’évolution qui doit venir ne peut naître que de la conscience. Si l’homme acquiert cette conscience, il atteindra son but et remplira sa mission terrestre…

Cela signifie que l’homme n’est pas né de la terre, ni de la chair, mais qu’il est issu de l’air et de l’eau… Voici donc la traduction exacte de cette partie du dialogue avec Nicodème : « Amen, Amen, je te le dis : Nul s’il ne renaît d’air et d’eau, ne peut entrer dans le royaume des cieux. » Voilà comment le Christ indique l’état futur vers lequel l’homme doit progresser…

Observons le temps où le corps astral et le « Je » reposaient au sein de l’astralité divine universelle. Et voyons comment le corps physique se constitue et se forme avec le corps éthérique comme une coque qui isole cette nature spirituelle. C’est ainsi que l’être humain se sépara, se détacha comme un fragment de l’astralité universelle… Parallèlement à cette formation du corps physique, la conscience humaine individuelle s’est coupée de la conscience divine. A mesure que l’évolution avance, nous voyons comment les individus humains s’enferment dans leurs corps physique. L’homme paye cette indépendance de l’obscurcissement de sa conscience astrale… La partie de l’astralité universelle qui s’est jadis détachée du tout, retourne chaque nuit se fortifier dans cette substance divine. Elle ne s’y répand pas naturellement comme elle le faisait jadis…

Dans le langage occulte, cette partie de la nature humaine qui reste sur Terre, endormie, s’appelle l’homme terrestre proprement dit, « l’homme ». Et celle qui contient le « Je », qui a été engendré par le corps physique et le corps éthérique, c’est « l’enfant de l’homme » ou « le fils de l’homme ». Le « fils de l’homme », c’est le terme technique qui désigne le « Je » et le corps astral, tels qu’ils sont nés au cours de l’évolution terrestre des corps physique et éthérique…

Ce « fils de l’homme »… ayant acquis par contre la conscience physique, doit, par la force du Christ apparu sur la Terre, reconquérir la conscience de sa spiritualité. Il ne doit plus seulement voir avec ses sens physiques le monde qui l’entoure ; il faut que par la force de son être intérieur la conscience de l’existence divine s’allume en lui

Jadis,… ceux qui pénétraient… dans les mondes spirituels, et qui en devenaient les témoins,… étaient appelés les « serpents ». Ces « serpents » furent les précurseurs du Christ Jésus. Moïse révéla sa mission en dressant… le serpent d’airain…

Le Christ dit : « Comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que de même le fils de l’homme soit élevé ! »…

C’est sous l’autorité des initiés que les peuples pouvaient être instruits du Je suis dont l’étincelle devait s’allumer en chaque « fils de l’homme ». Voilà ce que signifie le Je suis dans l’Évangile selon Jean…

Moïse est élu parmi les Égyptiens pour devenir l’annonciateur du Dieu qui est le Je suis incarné. Il doit l’annoncer à l’avance à ceux qui pourront le comprendre. Il doit annoncer que la formule : « Moi et le Père Abraham nous sommes Un », sera remplacée un jour par cette autre : « Moi et le Père sommes Un », c’est-à-dire le fondement spirituel du monde est le père auquel Je me relie sans intermédiaire…  « Et Dieu dit à Moïse : Je suis le Je suis ! » C’est là l’annonce de la profonde vérité du Verbe qui apparaît plus tard incarné dans le Christ Jésus…

Regardons maintenant le signe extérieur par lequel le Logos se répand sur les Israélites dans la mesure où ils peuvent le saisir en esprit, en pensée. Ce signe extérieur, c’est la manne du désert. La manne est en vérité (ceux qui connaissent la science occulte le savent) le même mot que « manas » ou « Je » spirituel. Ainsi la première vague du « Je » spirituel pénètre chez les hommes qui acquièrent peu à peu la conscience du « Je »…

Ce qui vit dans l’essence même de ce « Je » spirituel se donne encore un autre nom, pour désigner non plus seulement ce qui peut se comprendre par la pensée, mais ce qui peut être reçu comme une force. Quand le Logos ne fait que dire son « nom », c’est par la raison qu’on le comprend. Mais quand il s’incarne et vit parmi les hommes, c’est alors une impulsion qu’il leur apporte. Il n’est plus seulement doctrine et pensée, il est une force à laquelle l’homme peut participer. Il ne s’appelle plus « manne », comme dans le désert, mais « pain de vie », ce qui est l’expression même pour caractériser l’esprit de vie, le bouddhi.

L’eau transformée par l’esprit, qui est symboliquement offerte à la Samaritaine, ainsi que le pain de vie, tels sont les premiers signes qui annoncent la descente de l’esprit de vie, ou Boudhi, dans l’homme.

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VII –  LE MYSTERE DU GOLGOTHA  – (p. 62)

… Ce qui forme le centre de tout le mystère du Golgotha, pour l’occultisme, c’est le moment de la crucifixion où le sang du Sauveur coule de ses blessures… L’événement physique du Golgotha est l’expression, la manifestation d’un phénomène spirituel qui forme le point central de toute l’évolution terrestre… Il y a pourtant une différence énorme, capitale, entre tout ce qui s’est passé sur la Terre avant l’événement du Golgotha et ce qui se passe après

Notre Terre a son corps éthérique et son corps astral. Si elle n’avait pas de corps éthérique, il n’y aurait pas de plantes à sa surface, et si elle n’avait pas de corps astral, elle ne pourrait pas être le séjour d’animaux…

La constitution spirituelle de la Terre se transforme en cet instant. Nous avons vu que le Logos, en réalité, c’est l’ensemble des Elohim qui sont unis au Soleil et abreuvent la Terre de dons spirituels à travers le rayonnement physique du Soleil. La lumière solaire est ainsi comme le corps physique de l’esprit, de l’âme des Elohim, du Logos…

Nous savons qu’avant de devenir terre, notre planète a traversé trois incarnations, – l’ancien Saturne, l’ancien Soleil, l’ancienne Lune… Ainsi, jusqu’à un certain moment, la Terre demeura unie à notre Soleil actuel… Puis vint le temps où le Soleil se sépara de la Terre, non point seulement le Soleil physique avec sa lumière physique, mais aussi les entités spirituelles ayant à leur tête les Elohim, les véritables esprits de la lumière…

Nous vivons actuellement sur la Terre comme sur une sorte d’île détachée du Soleil et de la Lune. Mais un temps doit venir où notre Terre se réunira de nouveau à ces astres et ne formera plus qu’un corps avec eux. Les hommes se seront alors suffisamment spiritualisés pour pouvoir supporter tout le dynamisme du Soleil, l’assimiler, s’unir à lui. Il n’y aura plus pour ainsi dire qu’un seul champ d’action commun aux hommes et aux Elohim…

L’événement du Golgotha a redonné à la Terre, dans son être spirituel, l’élan qui la reconduira vers le Soleil… Le Logos lui-même, devenu, grâce au Golgotha, l’esprit même de la Terre… Le Christ est l’esprit de la Terre… Et il a le droit de parler alors de la Terre comme de son véritable corps… « … Et quand vous buvez le jus des fruits, c’est comme vous buviez le sang de la Terre. Ce sang de la Terre, – c’est mon sang !... »… Si la Terre est le corps dont le Christ est l’esprit, l’homme est celui qui foule de ses pieds ce corps dont il mange le pain… Cette explication sanctifie tout le globe terrestre…

Nous découvrons ainsi dans la Cène le plus grand mystère de la Terre, par lequel l’événement du Golgotha s’intègre dans toute l’évolution… Le sang qui coule au Calvaire… a un sens pour l’univers entier… Il donne à la Terre la force de progresser…

Le sens de cette évolution, c’est que l’homme se purifie, transforme, par la force de son « Je », ses trois enveloppes : corps physique, corps éthérique, corps astral. Le « Je » travaille d’abord à la purification du corps astral. Son but est que ce corps se transforme alors en « Je » spirituel ou manas. Quand la force du « Je » aura complètement métamorphosé le corps éthérique ou corps de vie, celui-ci sera esprit de vie ou bouddhi. Quand à son tour le corps physique aura pu être totalement maîtrisé par le « Je », il sera métamorphosé en homme-esprit ou atma. Le but actuel de l’évolution humaine sera atteint2.

Cela ne peut s’accomplir que dans un très lointain avenir ; en outre, la transformation des corps astral, éthérique et physique, en manas, bouddhi, atma, doit être accomplie par le « Je » en toute conscience…

Par toutes les forces qui viennent du corps physique, éthérique, astral, de l’âme de sentiment, d’entendement, de conscience, l’homme doit édifier ce « Je » spirituel et faire mûrir le premier germe de l’esprit de vie Notre époque post-atlantéenne a ainsi une tâche d’une importance immense à réaliser, celle de développer consciemment la triple nature supérieure de l’être humain : manas, bouddhi, atma, bien que ce dernier but soit réservé à un lointain avenir…

Quand celui-ci [l’homme] sera pleinement évolué, le corps astral aura atteint un tel degré de purification qu’il sera devenu « Je » spirituel, le corps éthérique purifié sera devenu esprit de vie, et l’immense transformation subie par le corps physique en aura fait l’homme-esprit… Quelles sont aujourd’hui pour lui les conséquences de ce fait qu’il n’est pas encore transformé ?

C’est parce que le corps astral n’est pas encore purifié que l’égoïsme est possible ; c’est parce que les forces du « Je » n’ont pas encore pénétré le corps éthérique que le mensonge et l’erreur sont possibles ; c’est parce qu’elles ne sont pas encore entrées dans le corps physique que la maladie et la mort existent…

En fait, toute vie est tissée d’oppositions, d’extrêmes. La vie et la mort en sont un exemple…

Dans l’homme vivant éveillé, il y a une âme et un esprit ; mais ils sont en quelque sorte isolés, du point de vue de la conscience, individualisés au sein du monde spirituel ; ils ne peuvent percevoir ce monde. En face d’un cadavre, au contraire, nous sentons que l’âme et l’esprit l’ont quitté et sont en voie de passer dans les mondes spirituels ; la lumière de ces mondes s’allume pour eux. Et ainsi le cadavre devient le symbole de ce qui est en train de s’accomplir dans les mondes spirituels…

Lorsqu’un être humain va naître, de la matière se condense pour construire un corps ; cette concentration de la matière apparaît au clairvoyant comme une mort de la conscience dans le monde spirituel. Une mort là-bas, une naissance ici…

La décomposition ou par la combustion du corps physique… La décomposition physique répond à une naissance spirituelle…

Souvenons-nous que le Christ dit de lui-même : Le secret le plus profond de ma nature, c’est le Je suis ; la véritable puissance éternelle du Je suis ou du « Je », qui a la force de transformer les autres corps, doit pénétrer tous les hommes…

Le Christ veut donner à chacun la possession de son « Je ». Il veut en chaque homme allumer le dieu, éveiller en chacun…

 Pour comprendre pleinement l’idée de « karma », il faut la saisir dans son sens chrétien. Elle dit au fond que nul homme ne peut s’ériger en juge de ce qui est l’être intime d’un autre homme… Quand un homme en juge un autre, il lui impose la contrainte de son « Je ». Si l’on croit véritablement au Je suis, on ne juge pas… C’est donc au Christ lui-même qu’il faut le remettre. – Le karma s’étend à toute l’évolution. Nous pouvons remettre pour ainsi dire le châtiment que le karma impose à l’homme à toute l’évolution terrestre. C’est à elle qu’incombe cette tâche ; que sur elle s’inscrive ce qui s’enregistre au compte du karma. « Or Jésus… retourna au Temple, et tout le peuple vint à lui, et s’étant assis, il les enseignait. Alors les scribes et les Pharisiens lui amenèrent une femme qui avait été surprise en adultère… il leur dit : Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre.»… Alors Jésus se relevant lui dit : « Femme, où sont ceux qui t’accusent ?...

Ainsi nous voyons comment l’idée de karma se rattache à la conception la plus profonde de la mission du Christ et de son importance pour la Terre… Le Christ permet aux hommes d’être des individus libres et ne dépendant que d’eux-mêmes…

Ainsi nous voyons comment, à l’époque post-atlantéenne, vient agir sur Terre la première impulsion qui a pour but le développement de l’homme au point de vue du principe christique pendant cette époque…

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… Appliquons-nous maintenant à comprendre comment il se fait que le Christ Jésus apparaisse à notre époque post-atlantéenne… Comprenons-nous la raison pour laquelle le Christ s’est fait homme à un moment précis de l’évolution…

Nos ancêtres ont vécu sur l’Atlantide… c’est seulement aux derniers temps de cette période atlantéenne que l’homme a commencé à ressembler aux formes d’aujourd'hui… Nous pouvons nous faire une idée du progrès accompli en comparant l’homme actuel avec l’une des races quelconques d’animaux supérieurs…

Ici-bas, l’animal possède, outre son corps physique, une nature éthérique et une nature astrale que le clairvoyant perçoit. Ce n’est que lorsqu’il veut atteindre le « Je » de l’animal qu’il ne peut pas rester dans le monde physique. Il doit s’élever dans le monde astral. Là se trouve l’âme-groupe, ou moi-groupe animal, et l’homme diffère des animaux en ce que son « Je » à lui se trouve dans le monde physique…

L’homme possède donc ses quatre natures dans ce monde, bien que le « Je », l’éthérique et l’astral ne puissent y être perçus que par un clairvoyant. Il existe une autre différence encore pour le clairvoyant entre l’homme et l’animal.  

La tête éthérique du cheval dépasse la tête physique et a une forte organisation. Il n’y a pas coïncidence entre les deux1. Chez l’homme de nos jours, au contraire, le clairvoyant constate que la tête physique et la tête éthérique s’interpénètrent à peu près également, ont même forme et mêmes dimensions…

Chez l’homme atlantéen, la tête physique et la tête éthérique ne coïncidaient pas à peu près également comme aujourd’hui, mais avant le dernier tiers de l’Atlantide, la tête éthérique dépassait considérablement la tête physique.

Elles se sont ensuite de plus en plus confondues pour ainsi dire, pour s’identifier à la fin ; il existe dans le cerveau, au voisinage des yeux, un point auquel correspond un autre point précis dans la tête éthérique ; ce dernier était chez l’Atlante tout à fait au dehors. Ces deux points se sont rapprochés peu à peu, et ce n’est que lorsqu’ils coïncidèrent que l’être humain apprit à dire : « Je », et qu’apparut ce que nous avons appelé hier l’âme de conscience.

La tête passa alors par une transformation remarquable. Pour le comprendre, il faut encore étudier un peu ce qu’étaient les conditions physiques dans l’ancienne Atlantide… Ce n’est qu’avec le déluge atlantéen que les masses de brouillard commencèrent à se condenser, à descendre sur terre sous forme d’eau… Vers la fin de l’époque atlantéenne, on voit qu’une certaine région avoisinant l’Irlande actuelle offre les conditions les plus favorables au développement de l’homme…

C’est là qu’au sein de l’humanité atlantéenne se forma le peuple le plus doué, le plus prêt à développer la libre conscience humaine. Et le chef de ce peuple, que nous appelons « les sémites primitifs », était un grand initié… Il émigra avec eux vers l’Orient… pour atteindre les régions du Tibet actuel… Une grande partie de la population de l’ancienne Europe est due à ces flots de peuples atlantéens qui s’établirent sur son sol et le peuplèrent. A ces courants se mêlèrent des populations qui avaient déjà accompli cette migration antérieurement, d’autres qui venaient de régions différentes de l’Atlantide ou même de l’ancienne Lémurie… Le petit groupe qui avait été conduit par une haute individualité spirituelle se fixa en Asie pour y cultiver le plus grand degré de spiritualité possible ; de ce centre de culture partirent des courants qui se dispersèrent…

Le premier de ces courants descendit vers l’Inde, où apparut, sous l’impulsion de la haute individualité dont nous avons parlé, la première civilisation postatlantéenne. . Cette civilisation hindoue est bien antérieure à celle des Védas, sur laquelle nous possédons des traditions. Nous pouvons l’appeler l’âge des antiques et saints Rishis

La « religion » est un véritable caractère de l’époque post-atlantéenne… Tandis que le plus grand des initiés avait émigré au Tibet et de là dirigeait la première civilisation apparue aux Indes, il était resté en Europe, unis à tous les peuples, des initiés qui cultivaient la vie spirituelle au moyen des Mystères. Les mystères druidiques furent par exemple de ce nombre…

Que se passait-il là en réalité ? Une sorte de communion toute naturelle des hommes avec le monde spirituel, et ce qu’on nomme aujourd’hui le ciel. L’homme était familiarisé avec ce monde. Il n’avait donc pas besoin à ce temps d’une religion qui attirât son attention sur l’esprit et sa réalité. Religion signifie lien, ce qui relie le monde physique au monde spirituel…

Point n’était besoin de relier l’homme de ce temps à un monde qu’il connaissait par expérience directe…

L’Atlante croyait aux dieux et aux esprits, non par un enseignement religieux, mais parce qu’il les percevait. Avec les progrès de l’humanité, la conscience claire s’affermit et l’homme paya cette acquisition de la perte de sa clairvoyance. Celle-ci sera rendue à l’homme plus tard, quand il pourra l’allier à la claire conscience de veille qui est la sienne actuellement…

Car au fond, en quoi consiste le progrès de la cinquième race post-atlantéenne sur la quatrième race, celle de l’Atlantide ? En ce qu’elle acquiert la vision de veille, aux dépens de l’ancienne clairvoyance…

Telle est l’origine de l’antique mode d’initiation hindoue. Elle est née du regret d’un état perdu ; elle consiste à déserter pour un certain temps la conscience de veille nouvellement acquise pour se replonger dans l’état d’autrefois. Cette méthode est celle du yoga, celle de l’initiation antique de l’Inde. Elle consiste à rétablir artificiellement le lien qui… a été brisé…

Le sens de toute l’évolution qui suit, c’est que l’homme s’habitue à la terre qui lui est destinée, et qu’il en apprécie la valeur…

Ainsi l’homme de la troisième époque a fait entrer l’esprit dans la matière ; il a imprégné d’esprit le monde extérieur…

Jamais une civilisation humaine ne fut encore aussi égoïste, aussi dépourvue d’idéal que la nôtre… L’humanité a dû dépenser une force spirituelle considérable pour aboutir aux grandes inventions, aux grandes découvertes des temps modernes…

Cette force spirituelle, sert-elle au progrès de l’esprit dans le monde ?... L’énergie spirituelle est prodigieuse aujourd’hui, mais elle est au service de buts essentiellement personnels…

C’est parce que les Égyptiens ont embaumé leurs morts que les hommes de la cinquième époque ont une conscience si personnelle d’eux-mêmes… Notre civilisation actuelle est celle qui a suivi la culture gréco-latine ; elle est par conséquent la cinquième époque depuis l’Atlantide… La troisième époque prépara ce qui devait être le plus grand événement terrestre…

A l’époque grecque, l’homme… peut comprendre ce qu’il est lui-même, comprendre aussi Dieu sous une forme personnelle… Au milieu de cette évolution postatlantéenne, Dieu lui-même apparaît sous la forme d’un homme

C’est ainsi que l’homme s’est développé depuis le temps où il se sentait un fragment de la divinité jusqu’au point où il atteint le sens d’être un individu personnel. Il conçoit alors la divinité même comme une personnalité, cette divinité qui est descendue, demeurée dans un corps parmi les hommes.

Voilà qui doit nous faire comprendre pourquoi le Christ Jésus est apparu précisément à ce moment là de l’évolution…

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… Nous avons même vu que les enseignements de la sagesse universelle se retrouvaient dans l’Évangile selon Jean…

Nous avons vu l’humanité se développer peu à peu, à la suite du déluge atlantéen, et fonder tout d’abord la civilisation de l’Inde antique, caractérisée par la nostalgie et le souvenir du monde spirituel… Avant le déluge, il n’y avait pas de conscience marquée, nous l’avons vu, entre la conscience de jour et la conscience de nuit… Durant le sommeil, l’expérience spirituelle de l’homme n’avait pas l’obscurité actuelle. Quand les images de la vie diurne s’éteignaient, les réalités de la vie spirituelle s’ouvraient à l’homme… Seul le souvenir persiste en son âme, et le désir en naît de rentrer, en passant par un état exceptionnel, dans le séjour spirituel qu’il a quitté… On se disait : « La réalité véritable n’est que le monde spirituel où nous pouvons pénétrer par le yoga seulement. Ce que l’homme voit avec ses yeux n’est qu’illusion, Mâyâ. – Ce fut le premier sentiment religieux fondamental de l’époque post-atlantéenne, et le yoga fut la première forme d’initiation…

Toute la sagesse hindoue a conquis la vérité spirituelle en se détournant de la réalité physique à laquelle on n’a attribué aucune valeur… Là où l’Hindou ne voyait encore que Mâyâ, dans le cours et le scintillement des astres, l’humanité de cette troisième époque voit l’expression des décrets et des intentions qui viennent des entités divines…

Avec la civilisation égyptienne, on commence à employer pour la mesure de la Terre des notions acquises dans cette étude des astres… Les hommes qui viennent alors pénètrent progressivement ce monde matériel à l’aide de leur esprit qui, de plus en plus, s’éveille en eux du dedans de l’âme… C’est seulement vers la fin de l’Atlantide que les hommes étaient devenus capables de ressentir en eux le « Je », ou le Je suis… Maintenant c’est au dedans de l’âme qu’ils saisissent l’esprit…

Dans la mesure où le monde spirituel disparut pour lui, l’homme devint intérieurement conscient de l’esprit, tel qu’il vivait en lui… A la troisième époque. La conscience du « Je » se développe… Dans l’Égypte antique… un autre sentiment vient s’y mêler, qui donne à la conscience personnelle l’impression d’une certaine infériorité, celle de se sentir enchaîné à nouveau, de ne plus avoir la possibilité de retrouver un contact avec le monde originel d’où l’homme est issu… Deux dispositions…

Seul le peuple de l’Ancien Testament a reçu la prophétie… donnée quand Moïse s’entend dire : « Quand tu annonceras mon nom, dis que je suis le Je suis. »… Le véritable « esprit de Dieu » de l’antiquité n’est autre que le Christ…

Les mots « Père », « Fils » et « Saint-Esprit » ont donné lieu aux plus étranges confusions.

Après l’Atlantide viennent les civilisations de l’Inde antique, de la Perse antique, puis la troisième qui est celle de Babylone, de la Chaldée et de l’Égypte, suivie de la quatrième, ou époque gréco-latine. Nous sommes aujourd’hui dans la cinquième… Voyez par exemple que la notion de « testament » est une notion romaine et n’est possible qu’à partir de cette époque… La quatrième époque est celle où la pensée de l’homme épouse étroitement la matière…

Le grand retournement qui se produit dans les époques qui suivent l’Atlantide s’exprime dans la forme du temple grec…

Il n’existe pas d’architecture plus parfaite, qui soit une expression plus pure des nécessités intérieures de l’espace…

Rares sont ceux qui, depuis ce temps, ont encore ressenti ce sens de l’espace. Quelques uns l’ont ressenti, mais plutôt par la peinture… Dans les peintures de la Chapelle Sixtine… l’artiste a vivement ressenti la notion d’espace… Sur certains tableaux, on voit planer trois quatre ou cinq anges. Ils sont peints de telle sorte qu’ils donnent l’impression que d’un instant à l’autre ils vont tomber. S’ils avaient été peints par un artiste en qui vive le sens de l’espace, ils se soutiendraient et s’équilibreraient mutuellement… Sentir ainsi les lignes de l’espace, c’était en géométrisant, sentir vivre l’esprit.

Voilà ce que Platon entendait en employant cette expression étrange : Dieu géométrise constamment

Qu’est-ce donc que le temple grec ? C’est par nécessité la demeure d’un dieu. Il est tout différent de l’église actuelle qui est un lieu de prédication. Dans le temple grec le dieu lui-même habite ; les hommes n’y sont qu’en passant lorsqu’ils visitent le dieu… Dans l’église gothique, on voit que les formes ne peuvent être en réalité conçues sans l’idée qu’elles abritent une foule en prière… La maison où habite Dieu ; elle est en même temps le lieu où se réunissent ceux qui viennent prier Dieu…

La civilisation grecque est l’union la plus belle qui ait existé entre la conscience humaine qui se découvre elle-même et la divinité qu’elle perçoit dans l’espace environnant. L’homme s’est complètement harmonisé avec le monde physique.  

L’époque où l’homme est comme incorporé à la réalité extérieure est seule apte à comprendre réellement que la divinité puisse apparaître dans une individualité humaine. Aucune des époques précédentes n’aurait pu comprendre cela…

On cherchait même à protéger le divin contre toute forme physique. « Tu ne feras pas d’image de ton Dieu », est-il dit précisément aux peuples qui avaient pour mission de concevoir l’idée de Dieu sous sa forme spirituelle. . C’est au sein de ce peuple, formé à ces idées, que naquit la notion de Christ, la notion que l’esprit allait apparaître dans la chair.

Ce fut la mission de ce peuple, et c’est alors, dans la quatrième époque après l’Atlantide, qu’eut lieu l’apparition du Christ.

C’est pourquoi tout le devenir de l’humanité se partage pour une conscience chrétienne entre les temps qui précédèrent et ceux qui suivent cette apparition. Le Dieu-Homme n’a pu être compris par l’homme qu’à une certaine époque…

Avec le progrès de l’humanité, l’art gothique est apparu ensuite parce que le christianisme était essentiellement appelé à élever à nouveau l’homme au-dessus de cette matière où il avait pénétré… Nous avons dit que nulle part ne se trouve le nom de Jean… On ne fait pas en général assez attention à la manière dont l’évangéliste Jean parle de la « mère de Jésus »…

Nulle part, on ne trouve le nom de Marie. Quand nous la retrouvons au pied de la croix, il est dit dans l’évangile : « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère, et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie-Madeleine. »… Si l’on y réfléchit, on doit se dire qu’il est étrange que les deux sœurs s’appellent Marie… Nous touchons ici à l’une des questions capitales de l’Évangile selon Jean : Qui est vraiment le père de Jésus ? Qui est sa mère ? Qui est son père ?

La question se pose si l’on examine non seulement l’Évangile selon Jean, mais aussi celui selon Luc… Ce qui est dit au moment de l’Annonciation : « L’Esprit-Saint sur toi viendra, et la force du Très Haut t’adombrera, et ce qui naîtra de toi sera appelé le Fils de Dieu. » Ainsi, dans l’évangile selon Luc, il est indiqué que le père de Jésus est le Saint-Esprit.

J’attire encore votre attention sur le genre de généalogie que donne l’évangile selon Luc, et sur le fait qu’il est dit dans cet évangile que Jésus fut baptisé par Jean, qu’il commença à enseigner à trente ans, et qu’il était « le fils de Marie et de Joseph, qui était fils d’Elie, etc. », selon toute la lignée ascendante. Parcourez-là, et vous verrez qu’elle remonte jusqu’à Adam.

Viennent ensuite ces paroles très étranges « …Il était fils d’Adam, qui l’était de Dieu ». Exactement comme on remonte du Fils au Père, l’auteur de l’évangile selon Luc remonte d’Adam à Dieu. Il faut prêter une grande attention à ce passage…

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… L’évolution qui suit l’Atlantide comprend sept subdivisions… Il s’agit de périodes d’évolution… L’évolution qui a précédé le déluge atlantéen, sur ce continent qui s’étendait entre l’Europe et l’Amérique actuelles, se divise également en sept périodes successives… Le principe d’unification entre les hommes que nous avons depuis le Christ est beaucoup plus intérieur que tout ce qui se rattache à l’expression de la race… C’est de ce point de vue qu’il faut comprendre la répartition en sept périodes : Inde antique, Perse antique, Babylone-Assyrie-Chaldée-Égypte, époque gréco-latine, époque actuelle, et les deux autres qui doivent suivre. C’est donc à la quatrième époque, celle qui a précédé la nôtre, que le christianisme a fait son entrée dans l’évolution… pendant cette troisième époque l’humanité a reçu un apport spirituel dont l’effet s’est poursuivi à l’époque suivante et s’est concentré dans le Christ. Cet apport étend son action jusqu’à notre époque, et il atteindra même la sixième, celle qui suivra la nôtre. . Essayons de comprendre de plus près ce qu’est cette action…

Vers la fin de l’époque atlantéenne, nous avons vu que la partie éthérique de la tête avait pénétré dans la partie physique, et qu’alors seulement l’homme avait pu se préparer pour dire de lui-même un jour Je suis.

Lorsque survint le déluge atlantéen, le corps physique de l’homme était traversé de cette puissance du Je suis…

Au moment du déluge, le corps physique possède la maturité nécessaire pour servir de porteur à un « Je »…

Quelle fut donc la mission de l’Atlantide ? Celle de faire descendre le « Je » en l’homme ; et cette mission se poursuit au-delà du déluge jusqu’à notre époque. Mais actuellement, autre chose doit encore entrer dans l’homme ; lentement doit pénétrer en lui le Manas, c’est-à-dire le « Je » spirituel… La première civilisation hindoue consiste essentiellement en ce que l’homme forme non seulement un instrument physique, mais encore un instrument éthérique du « Je ».

Pour comprendre, du point de vue de l’évolution humaine, l’enchaînement des périodes qui suivent, il faut passer au corps astral… Dans le livre « Théosophie ». Vous y verrez… les sept principes qui composent la nature humaine, mais que ce qui forme le centre de cette nature présente aussi une répartition d’éléments divers que nous appelons : le corps de sensation, l’âme de sentiment, l’âme d’entendement et l’âme de conscience. Après le « Je », nous avons le « Je » spirituel, l’Esprit de vie et l’Homme-Esprit

Le corps astral ou corps de sensation se développe à son tour à la seconde époque, celle de la Perse antique ; c’est avec lui qu’apparaissent des forces intérieures d’activité ; c’est pourquoi le passage de la première époque à la seconde est marqué par un commencement d’activité humaine à l’égard du monde matériel. Le début du travail, l’activité manuelle, voilà ce qui caractérise cette époque… Le yoga hindou consiste en un développement particulier du corps éthérique…

Celle [la civilisation] qui suit, celle de l’Assyrie, de Babylone, de la Chaldée et de l’Égypte, le fait pénétrer dans l’âme de sentiment C’est essentiellement, ce qui dans l’homme ressent, se tourne vers le dehors ; par elle, l’homme qui perçoit déploie l’activité de ses sens, de ses yeux, etc., il a la perception de l’esprit agissant au dehors, dans la nature. C’est pourquoi, durant cette époque, le regard se tourne vers les objets matériels répandus dans l’espace, vers les étoiles et les orbes qu’elles dessinent au ciel… Peu de développement personnel, d’activité intellectuelle… L’homme de ce temps… ressentait… apprenait à lire les lois dans les choses mêmes, et non pas à les apprendre comme une science théorique ; c’était une connaissance vivante et ressentie… L’histoire nous apprend que le fondateur de la logique fut au fond Aristote…

On ne trouve de logique, de réflexion intérieure, dans le « Je », qu’avec la quatrième époque celle de l’âme d’entendement.

Actuellement, nous vivons à l’époque où le « Je » pénètre dans l’âme de conscience ; nous y sommes entrés vers le milieu du Moyen-Age, vous trouveriez que partout encore l’homme n’a de valeur, en un certain sens, que d’après la place qu’il occupe dans la société. On hérite de la condition du père, de son titre, de son rang, et le rôle qu’on joue dans le monde est déterminé par ces influences entièrement impersonnelles et qui n’ont aucun rapport conscient avec le « Je ».

Ce n’est que plus tard, quand le commerce se développe et qu’il se fait des découvertes, des inventions techniques, que la conscience du « Je » commence à s’éveiller… Les chartes, les constitutions que se donnent les villes, les bourgs, etc…

Vers l’avenir… : nous sommes en train actuellement de développer dans l’âme de conscience le sens de l’individualité

Nous voyons, à l’époque qui suivra la nôtre, l’être humain s’élever jusqu’au « Je » spirituel ou Manas.

Être soi-même, être un individu, comme on le comprend aujourd’hui, ce n’est pas encore être soi-même à un degré bien élevé. Á l’individu, à la personnalité, se rattache le plus souvent le fait que les hommes se disputent, ont des opinions divergentes, et s’imaginent que s’ils ne cultivaient pas en eux des opinions particulières, différentes des autres, ils ne seraient pas eux-mêmes. C’est justement parce que les hommes veulent être indépendants qu’ils arrivent fatalement à des divergences d’opinion. ; mais c’est là un point de vue secondaire.

En fait, la paix et l’harmonie se réaliseront le mieux parmi les hommes lorsque ceux-ci auront le plus développé leur individualité. Leurs opinions différeront tant qu’ils ne seront pas encore complètement adombrés par le « Je » spirituel, et que ces opinions ne seront pas véritablement éprouvées au plus profond du cœur humain. Il existe… certaines opinions ressenties en commun, signes avantcoureurs de l’union qui pourra venir plus tard ; ce sont les vérités mathématiques et géométriques…

Quand les sources de la vérité seront toujours plus ressenties dans l’individualité humaine fortifiée, ce sera l’époque du développement du Manas… Les hommes ne sont pas encore avancés pour vaincre les sympathies et les antipathies personnelles… Et de même que ces vérités sont aujourd’hui reconnues, on comprend, lorsqu’on entre plus profondément dans la nature des choses, qu’il doit être également impossible d’être d’avis différents à l’égard des vérités supérieures, – mais faut-il encore s’être élevé jusqu’à elles. Quand on y arrive, ce qu’une âme découvre alors concorde exactement avec ce que trouve l’autre, sans discussion possible. C’est là seulement la garantie de la véritable paix, de la fraternité ; car il n’y a qu’une seule vérité, qui est l’expression du Soleil spirituel… Telle est l’immense perspective que nous ouvre la sixième époque

Et la septième, c’est l’esprit de vie ou Bouddhi qui pénétrera en un certain sens dans notre évolution6

Cette sixième époque sera très importante, car à l’aide d’une sagesse universelle elle fera régner la paix et la fraternité…

Il en sera ainsi parce que le « Je » supérieur, sous sa première forme (« Je » spirituel), descendra en l’homme, non plus seulement pour quelques élus, mais pour tout être humain parvenu à un degré normal d’évolution. Un lien s’établira entre le « Je » de l’homme ainsi développé et le « Je » supérieur, celui qui unifie… des épousailles spirituelles. Et c’est le nom de « noces » qu’on a toujours donné au sein de l’ésotérisme chrétien à l’union du « Je » de l’homme et du « Je » spirituel 

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Pour que quelque chose en principe puisse arriver, une préparation est toujours nécessaire… À la base de toute évolution, il y a une impulsion… La première impulsion fut tout à fait extérieure ; elle émanait du spirituel et ne pénétra pas encore dans le monde physique. C’est ce qu’exprime la grande mission du peuple hébreu… Quand Moïse, initié aux mystères égyptiens, reçoit de la direction spirituelle de l’humanité la mission… par ces mots : « Quand tu me nommeras en promulguant ma loi, dis-leur que je suis le Je suis. », – cela signifie : « Prépare-les, en leur parlant du Dieu sans forme, invisible… »…

Représentez-vous que l’humanité soit entrée dans cette époque sans le christianisme. Il lui serait alors impossible de retrouver l’impulsion qui doit la ramener vers les hauteurs… Il lui a été donné l’impulsion qui doit l’aider à remonter : celle du Christ… Il y a un rapport secret entre le christianisme et ce qui fait aujourd’hui la fierté des hommes…

Mais là où le christianisme a été reçu sans être vraiment compris, on l’a matérialisé profondément… Par exemple, au lieu de comprendre l’idée hautement spirituelle de la Cène, on a matérialisé cette Cène, on y a vu une transformation de substance matérielle… Le christianisme n’a pas encore été compris dans sa portée spirituelle… La nécessité s’impose à l’humanité de se rattacher à un christianisme spirituel, à ce que le christianisme doit être véritablement… Qu’un document comme celui de l’Évangile selon Jean soit resté incompris jusqu’à nos jours, cela tient à toute notre mentalité matérialiste.

L’amour qui a précédé est un amour qui résulte matériellement des liens du sang. Cet amour doit se transformer peu à peu en amour spirituel ; c’est cet amour spirituel qui descend… La célébration des noces entre l’humanité et le « Je » spirituel n’arrivera qu’au moment voulu… Jusque là l’amour n’est pas spirituel… Nous lisons : « Trois jours après, il se fit des noces à Cana en Galilée... » ; tout initié sait que ces trois jours signifient quelque chose de spécial. Que veut dire ce troisième jour ?...

Une grande prophétie. Ce mariage symbolise les grandes noces de l’humanité qui, dans l’initiation, se dévoilent au troisième jour. Le premier jour montrait ce qui s’est passé de la troisième à la quatrième époque ; le second jour, ce qui arrive de la quatrième à la cinquième ; au troisième jour, on voyait le temps où l’humanité passera de la cinquième à la sixième époque. Tels sont les trois jours de l’initiation. Avant la troisième époque, le temps n’est pas venu où l’impulsion du Christ puisse agir… L’impulsion du Christ a été si formidable que l’humanité l’a à peine comprise jusqu’à présent7

 

XI –  L’INITIATION CHRETIENNE – (p. 96)

Qu’est-ce qu’un initié ? A toutes les époques d’évolution qui ont suivi l’Atlantide, un initié a été l’homme capable de s’élever au-dessus du monde physique et sensible, capable de passer par des expériences personnelles dans les mondes spirituels.

Cet être par conséquent connaît le monde de l’esprit comme l’homme connaît le monde physique, au moyen de ses organes sensibles, ses yeux, ses oreilles, etc… Mais il y a encore quelque chose de capital que tout initié acquiert pendant l’initiation, – c’est la faculté de s’élever au-dessus des sentiments et des sensations qui sont justifiés, et même indispensables, dans le monde physique, mais qui ne peuvent se retrouver de la même manière dans le monde spirituel…

S’il faut d’une part que l’homme spiritualise ses sentiments, il est d’autre part non moins nécessaire qu’avec une force accrue il conserve les sentiments qui le rendent capable d’agir dans le monde physique. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre l’expression : déraciné, libre (heimatlos), qui le caractérise…

L’acquisition des sentiments dont nous parlons dans le monde spirituel embellit, affine les sentiments du monde physique.

Qu’est-ce qu’un homme libéré des liens du pays ? C’est celui qui ne crée pas dans le monde spirituel les affinités particulières qui nous rattachent dans le monde physique à certains lieux, à certaines conditions. Personne ne peut acquérir l’initiation véritable s’il n’a passé par là. Dans le monde physique, on appartient toujours à un peuple, à une famille

L’initié doit être au plein sens du mot un homme objectif… Au cours de son évolution terrestre, l’humanité est sortie d’un état primitif, celui de l’ancienne clairvoyance nébuleuse, et dans cet état il n’y avait pas de différence de patries entre les hommes. Nous avons suivi cette descente depuis les sphères spirituelles jusqu’au monde physique… En prenant pied sur terre, des hommes peuplèrent telle région, d’autres telle autre ; ces divers groupes humains reçurent l’empreinte des lieux qu’ils occupaient… C’est au sein d’un même groupe, entre les membres d’une même communauté que l’amour tout d’abord se développe. Ensuite, au fur et à mesure qu’ils se dégageront de ces communautés, les hommes pourront s’élever vers un amour collectif, total, celui qui s’épanouira précisément sous l’action du « Je » spirituel…

Pour développer cette fraternité totale, l’initié doit déjà, par son égalité à l’égard des patries, rassembler les germes de cet amour… Or la mission du christianisme est d’apporter à l’humanité entière ce qui a toujours été le bien de quelques initiés…

Considérons ce qui est l’essence la plus profonde du christianisme, l’idée que le Christ est l’Esprit même de la Terre, que notre terre est devenue le corps et le vêtement du Christ… Ce vêtement de la terre, c’est-à-dire les parties solides, a été réparti entre les hommes, les territoires séparés les uns des autres… Une seule chose ne pouvait pas être partagée ; elle appartient à tous ; c’est l’enveloppe atmosphérique qui entoure la terre… Cette enveloppe d’air fut en partie insufflée à l’homme, par le souffle divin ; ce fut là le premier rudiment du « Je » dans le corps physique… L’air n’a pas été partagé, il est le bien commun. Il est le symbole matériel, extérieur, de l’amour qui enveloppe le globe terrestre et qui se réalisera plus tard…

Le corps éthérique et le corps astral n’ont pas encore leurs organes appropriés ; ils doivent être modelés. Avec eux apparaîtra la perception des mondes supérieurs… Comment se fait cette formation… A l’état de veille, le corps physique dans lequel il plonge agit sur lui ; l’astral n’est pas libre ; il obéit à ce que veut le corps physique ; on ne peut travailler directement sur lui… Il n’y a moyen d’y travailler, de le modeler, que lorsqu’il se trouve en dehors du corps physique, durant le sommeil. Il semble que nous touchions à une contradiction, puisque pendant le sommeil le corps astral a perdu conscience de son rapport avec le corps physique. Mais on peut y remédier indirectement en agissant durant le jour sur le corps physique pour que les impressions reçues physiquement pendant la veille demeurent dans le corps astral quand celui-ci se dégage. Tout ce qui nous vient du monde physique pénètre d’impressions notre corps astral ; il s’agit donc d’apporter au corps physique certaines impressions qui vont s’imprimer dans le corps astral et y produire ensuite le résultat qu’on veut obtenir. C’est ce qui arrive quand l’homme cesse de se laisser aller au hasard des impressions qui lui viennent du dehors, comme c’est ordinairement le cas, mais qu’il prend au contraire en main la direction de sa vie intérieure et suit méthodiquement une discipline. Cette discipline consiste en ce qu’on appelle la méditation, et la concentration ou contemplation.

Quand ces exercices sont pratiqués… le corps astral en est transformé lorsqu’il se dégage du physique pendant le sommeil

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Il existe trois manières de méditer. On peut travailler de préférence sur les idées, sur ce qu’on appelle les éléments de la sagesse, de la connaissance, de la pensée. C’est le yoga qui travaille principalement avec l’élément de la pensée, avec la contemplation. Ou bien on peut agir sur le sentiment d’une certaine façon : c’est l’orientation spécifiquement chrétienne

Ou bien encore on peut agir en combinant le sentiment et la volonté, et c’est la méthode à la fois chrétienne et rosicrucienne8

L’initiation chrétienne… travaille exclusivement avec le sentiment, et l’on peut indiquer sept sortes de nuances dans ce sentiment, qui donnent lieu à sept expériences par lesquelles on passe ; le corps astral qui les a faites peut pendant le sommeil développer ses organes supérieurs…

Le premier degré est celui qu’on appelle le « lavement des pieds » 3… Livre-toi pendant des semaines à ce sentiment cosmique du supérieur s’inclinant devant l’inférieur ; et quand tu l’auras complètement fait vivre en toi, tu éprouveras alors deux symptômes dont l’un est interne et l’autre externe !... Du « Je » supérieur s’inclinant vers le « Je » inférieur…

Le second degré consiste en ce que le maître explique ainsi à son disciple : «Éveille encore en toi un autre sentiment. Représente-toi que toutes les douleurs du monde, toutes les souffrances possibles t’assaillent ; ressens-toi comme entouré de tout ce mal, et pénètre-toi du sentiment que tu dois rester debout même si toute la misère du monde t’assaille ! » Quand le disciple s’est suffisamment exercé à ce sentiment, deux symptômes apparaissent de nouveau : l’un est la sensation d’être frappé de tous côtés et le second est la vision astrale de la « flagellation ». Je vous raconte là des choses que des centaines d’hommes ont expérimentées, par quoi ils ont acquis la faculté de s’élever dans les mondes, supérieurs

En troisième lieu, le disciple devait se représenter que ce qu’il possède de plus sacré, ce qui met en jeu son être le plus intime, est couvert de mépris, de railleries. Il devait se dire alors : Quoi qu’il puisse arriver, il faut que je tienne bon et que je défende la chose qui m’est la plus sacrée ! Quand il s’était pénétré de ce sentiment, il éprouvait comme des piqûres dans la tête et en une vision astrale il avait devant lui « le couronnement d’épines »…

En quatrième lieu, pour le sentiment du disciple son corps doit lui devenir aussi étranger qu’un objet extérieur, qu’un morceau de bois… Il ne rattache plus son « Je » à son corps… Alors arrive quelque chose qu’on appelle l’épreuve du sang…

Le cinquième comprend ce qu’on appelle la « mort mystique » Les sentiments par lesquels passe alors le disciple, l’amènent à sentir comme si subitement tombait sur tout ce qui est physiquement visible, un rideau noir, comme si tout disparaissait…

Si l’on veut parvenir réellement à l’initiation chrétienne au vrai sens du mot. On éprouve alors qu’on descend dans les tréfonds du mal, de la douleur, du péché, dans tout le mal qui vit dans l’âme humaine. C’est ce qu’on appelle « la descente aux enfers ». Lorsqu’on a éprouvé cela, c’est comme si le rideau noir se déchirait et l’on voit le monde spirituel.

Le sixième degré est celui qu’on appelle « la mise au tombeau » et la Résurrection. C’est à ce degré que l’élève se sent « Un » avec le corps entier de la Terre : il se sent comme plongé dans la planète terrestre, comme en faisant partie…

Le septième sentiment ne peut pas être rendu en paroles ; seul celui qui serait capable de penser sans l’instrument du cerveau physique pourrait le rendre et pour cela il n’existe pas de langue, car la nôtre n’a de mots que pour le plan physique…

On l’appelle « Ascension » ou entrée définitive dans le monde spirituel. Là se termine dans un certain sens l’échelle des sentiments dont le disciple doit se pénétrer à l’état de veille dans un recueillement intérieur- total…

Vous voyez donc que, dans l’initiation, il s’agit d’abord d’influencer le corps astral parle détour des expériences de veille, de manière à ce qu’une fois entièrement libre, il se donne à lui-même une nouvelle forme plastique… Le corps astral une fois transformé, il s’agit de faire pénétrer dans le corps éthérique ce qui a été acquis…

Le processus le plus intérieur, le façonnement du corps astral est identique dans toutes les méthodes d’initiation…

 

… Le principe de l’initiation est en somme partout le même… Pour que l’homme puisse avoir la vue des mondes supérieurs, il faut que les organes développés dans le corps astral s’impriment dans le corps éthérique. On nomme cette formation du corps astral par la méditation, purification ou « Catharsis »… Toutes sortes de méthodes pour produire cette catharsis…

On peut déjà faire de grands progrès en ce sens si l’on s’assimile ce qui est donné dans « La Philosophie de la Liberté », si on le vit intensément en soi-même, au point qu’on puisse se dire : Ce livre m’a donné une impulsion, et maintenant je peux vraiment reproduire par moi-même cet ensemble de pensées en toute exactitude… L’enchaînement des pensées qui forme dans ce livre un tout organique peut conduire jusqu’à un haut degré à la catharsis… Les pensées soient précisément exposées de telle manière qu’elles agissent… Ce livre est un tout organique ; l’étude approfondie de ce qu’il renferme constitue au fond quelque chose comme un entraînement intérieur. Ainsi, il existe plusieurs méthodes pour aboutir à la catharsis.

Si l’on a travaillé sur ce livre sans y arriver, il ne faut pas en conclure que le livre ne puisse pas la donner, mais plutôt qu’on n’a pas travaillé avec assez de constance et d’énergie…

Quand la catharsis a été produite et que les organes du corps astral sont formés, il faut que ces résultats soient imprimés dans le corps éthérique… Dans les initiations pré-chrétiennes… durant trois jours et demi, il était plongé dans un état léthargique… Quand le hiérophante ramenait ensuite le disciple à l’état normal et que le corps astral et le « Je » se trouvaient de nouveau réunis aux corps physique et éthérique (au moyen d’un procédé connu de l’initiateur), alors avait lieu non seulement la catharsis, mais ce qu’on appelle l’ « illumination », Photismos. Le disciple pouvait désormais percevoir dans le monde qui l’entourait toutes les choses qui ne sont pas seulement sensibles aux organes physiques il savait faire usage des organes de perception spirituels autrement dit il voyait le spirituel et pouvait le percevoir.

L’Initiation consistait essentiellement en ces deux procédés purification et illumination.

Au cours du développement de l’humanité, l’homme atteignit une phase où il devint peu à peu impossible de dégager ainsi le corps éthérique du corps physique sans troubler considérablement son fonctionnement C’est pourquoi il devint nécessaire d’employer d’autres méthodes qui, sans qu’il fût nécessaire de séparer le corps physique du corps éthérique, permissent au corps astral, lorsqu’il avait atteint un assez haut degré de catharsis, d’imprimer ses organes sur le corps éthérique quand il rentrait en lui dans le corps physique ; malgré, l’obstacle que lui opposait celui-ci. Il fallait donc que des forces plus grandes entrent en jeu dans la méditation et la concentration, afin qu’il se trouve dans le corps astral des impulsions assez fortes pour vaincre la résistance du corps physique.

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L’ancienne initiation fut ainsi suivie d’abord de l’initiation spécifiquement chrétienne qui exige que l’être se soumette à cette conquête des sept degrés... Ces exercices rendent effectivement l’être capable d’atteindre l’initiation sans passer par le sommeil léthargique de trois jours et demi ; notamment si le disciple chrétien médite sans cesse les paroles de l’Évangile selon Jean, s’il laisse journellement agir sur lui les premières phrases de cet évangile : « Au commencement était le Verbe... » jusqu’à ces mots : « plein de grâce et de vérité... », elles constituent une méditation d’une prodigieuse importance…

L’initiation rosicrucienne, bien que reposant absolument sur une base chrétienne, travaille davantage au moyen d’autres représentations symboliques qui amènent la catharsis, notamment avec des imaginations

Ce qui signifie que l’homme arrive à une connaissance infiniment plus réelle que ce que d’ordinaire on appelle abstraitement, froidement, prosaïquement, la connaissance. Pour qui atteint la connaissance spirituelle, c’est quelque chose de tout différent. C’est une réalisation complète de cette belle sentence « Connais-toi toi-même ».

Rien n’est plus dangereux dans le domaine de la connaissance que de mal comprendre cette sentence…

Si l’on exerce la connaissance de soi en se plongeant en soi-même, on n’atteint que ce que l’on a déjà : on n’arrive à rien de nouveau, mais uniquement à une connaissance du « Je » inférieur. Cet être inférieur n’est qu’une partie de ce qui est nécessaire à la connaissance. L’autre partie doit venir s’y unir. Sans les deux parties on n’arrive à rien…

Et quand on étudie en Grec la sentence : « Connais-toi toi-même », elle ne signifie pas « contemple-toi intérieurement », mais « féconde ton « Je » de ce qui afflue vers toi des mondes spirituels ! »… Que l’intérieur soit rendu réceptif et le « Je » supérieur de l’homme y affluera… Ce qui signifie que l’être, autrement dit le corps astral, doit être intérieurement purifié, ennobli, soumis à la catharsis. Alors il peut attendre que la spiritualité du dehors, entre en lui et provoque l’illumination…

Elle intervient quand l’être s’est suffisamment préparé en soumettant son corps à la catharsis et qu’il a ainsi développé ses organes de connaissance. Le corps astral est alors dans tous les cas suffisamment développé pour qu’en plongeant dans, les corps éthérique et physique, l’ « illumination », Photismos, en résulte. De fait, ce qui se passe, c’est l’impression des organes intérieurs du corps astral dans le corps éthérique et il en résulte la perception du monde spirituel.

L’ésotérisme chrétien appelait ce corps astral purifié, qui au moment de l’illumination est libre de toutes les impressions impures du corps physique et ne possède que les organes de perception du monde spirituel : « la pure, chaste et sage Vierge Sophia ». Grâce à toutes les forces que l’être humain reçoit dans la cartharsis, il nettoie et purifie son corps astral qui devient la Vierge Sophia. Et à sa rencontre vient le « Je » cosmique, le « Je » du monde qui produit l’illumination, qui entoure l’homme par conséquent de lumière spirituelle. Ce second principe qui s’ajoute à celui de la Vierge Sophia était appelé par l’ésotérisme chrétien le « Saint-Esprit » et l’est encore aujourd’hui…

L’occultisme chrétien, par le processus de son initiation, arrive à la purification de son corps astral ; il en fait la Vierge Sophia et il est illuminé (si vous voulez, vous pouvez aussi dire adombré par le Saint-Esprit, le « Je » cosmique)…

Quand cet être parle du Soleil, c’est l’Entité spirituelle du Soleil qui parle à travers lui. Il est l’instrument ; son « Je » s’est effacé, c’est-à-dire qu’il devient impersonnel pendant ces instants et c’est le « Je » cosmique qui se sert de lui comme d’un instrument et parle à travers lui. C’est pourquoi, considérant des doctrines ésotériques véritables qui émanent de l’ésotérisme chrétien, il ne faut pas parler d’opinions et d’avis… Les êtres de notre période d’évolution peuvent recevoir la Vierge Sophia (le corps astral purifié) et le Saint-Esprit (illumination), comme nous l’avons décrit…

Il faut que nous prenions connaissance d’un fait purement historique : la manière de donner les noms à l’époque où les Évangiles furent écrits…L’auteur de l’Évangile selon Jean… appela la mère de Jésus « Vierge Sophia »… Exotériquement il ne lui donne aucun nom, contrairement aux autres qui ont choisi pour elle le nom profane de Marie…

Il est important de distinguer entre ce qu’on appelle dans l’ésotérisme chrétien « Jésus de Nazareth » et ce qu’on appelle « le Christ Jésus », le Christ et Jésus de Nazareth… Nous trouvons en Palestine, nous sommes en présence d’un Être hautement développé… a été attiré vers une mère si pure que l’auteur de l’Évangile selon Jean peut lui donner le nom de « Vierge Sophia »… Les autres évangélistes n’ont pas atteint un degré d’illumination aussi élevé que l’auteur de l’Évangile selon Jean… Saint Matthieu est surtout préoccupé de montrer qu’en Jésus de Nazareth on est en présence d’un homme en qui vit le Père AbrahamL’auteur de l’Évangile selon Luc… s’attache à montrer qu’on peut remonter encore plus haut dans cette généalogie, jusqu’à Adam qui était le fils de la Divinité même.        

Naturellement, il faudrait ici, si nous voulions parler tout à fait catégoriquement, envisager le principe de ce qu’on appelle « l’immaculée conception » - « conceptio immaculata » ; mais, celui-ci ne peut être dévoilé que dans les cercles… fermés…

Les hommes… croient que cela signifie qu’il n’y a pas de paternité. Ce n’est pas cela. Une chose infiniment plus profonde se cache là, avec laquelle s’accorde précisément ce que les autres évangélistes veulent démontrer, à savoir que Joseph est le père ; et s’ils le contestaient, ce qu’ils s’efforcent de démontrer n’aurait plus aucun sens. Ils veulent prouver que le Dieu des origines vit dans Jésus de Nazareth… Nous avons affaire encore à un second mystère…

Quand l’être humain a atteint une certaine hauteur d’évolution, il lui devient possible à un moment donné de retirer son « Je » des autres corps, et ceux-ci pourtant demeurent intacts, en parfait état. Le « Je » s’élève dans les mondes spirituels, et les trois corps restent sur terre… Un moment d’élévation particulièrement grande arrive qui, dans certaines circonstances, peut s’étendre sur une période de temps plus ou moins longue, où le « Je » d’un homme s’élève dans les mondes spirituels et les trois corps hautement développés par ce « Je » deviennent des instruments dont une entité plus haute encore peut prendre possession. Quand Jésus de Nazareth eut trente ans, l’Être, que nous connaissons sous le nom de Christ, prit possession de ses corps physique, éthérique et astral.

Le Logos solaire qui brille alors dans l’être humain par l’illumination, le Saint-Esprit lui-même apparaît ; le « Je » du Monde, le « Je » cosmique apparaît ; et désormais c’est le Logos solaire qui parle, durant ces trois années, par le corps de Jésus de Nazareth. Ce phénomène se trouve indiqué dans l’Évangile selon Jean (et dans les autres également) par la descente de la colombe3, du Saint-Esprit, dans Jésus de Nazareth.

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Le Christ se trouve donc maintenant dans le corps astral, éthérique et physique de Jésus de Nazareth ; son action y est celle que nous avons décrite, jusqu’au mystère du Golgotha. Que s’est-il donc passé sur le Golgotha ? Considérons le moment réellement essentiel où le sang, coula des blessures du Crucifié.

Je voudrais essayer de vous faire mieux comprendre ce qui arriva, en employant une comparaison. Imaginez que vous ayez ici un récipient plein d’eau. Dans cette eau serait dissous un sel, en sorte que l’eau serait assez transparente. Vous auriez en la chauffant dissout le sel. Vous laissez maintenant l’eau se refroidir ; le sel se dépose et vous le voyez se solidifier en commençant par en bas et se déposer au fond… Avec des yeux spirituels… Tandis que, le sel se dépose dans le fond, l’esprit du sel parcourt l’eau et l’emplit. Si le sel peut se condenser, c’est parce que son esprit le quitte et se répand dans l’eau…

Il se produisit donc non seulement un phénomène physique au moment où le sang coula des blessures du Sauveur ; cette condensation du sang fut accompagnée vraiment d’un phénomène spirituel : Le Saint-Esprit qui était descendu au moment du Baptême, s’unit à la Terre ; le Christ lui-même s’épandit dans l’entité de la Terre. Et de ce moment la Terre fut transformée

 C’est la clé de tout ce qui vous a été dit au cours de ces conférences… Le Logos Solaire devait se communiquer à la Terre, s’allier à elle, devenir l’esprit de la Terre. La voie qu’il prit pour cela fut d’entrer dans le corps de Jésus de Nazareth quand celui-ci eut atteint l’âge de trente ans ; il y agit pendant trois ans et resta ensuite attaché à la Terre…

Une possibilité devait exister, autrement dit il devait y avoir quelque chose qui possédât la force, la véritable force de transformer le corps astral en Vierge Sophia. Où réside cette force ? Elle réside dans le fait que le Christ Jésus donna au disciple qu’il aimait, à l’auteur de l’Évangile selon Jean par conséquent, la mission de transcrire fidèlement et en toute vérité, à l’aide de son illumination, les événements de Palestine ; il le chargea de transmettre le récit de ce qui s’était passé là, afin que les hommes puissent le laisser agir sur eux. Et s’ils se livrent suffisamment à l’action qui les pénètre, leur corps astral est en voie de devenir une Vierge Sophia et de se préparer à recevoir le Saint-Esprit. En absorbant en soi la force des impulsions qui émanent de l’Évangile selon Jean, le corps astral se rend capable peu à peu de sentir d’abord, et plus tard de connaître la vraie spiritualité… Et il suffit de lire l’évangile pour voir que cela est vrai… « Et le disciple la prit chez lui », c’est-à-dire qu’il écrivit l’Évangile selon Jean… Et c’est dans cet évangile que son auteur a déposé les forces d’éclosion de la Vierge Sophia…

 Comment avait-elle cette possibilité ? Parce que les organes des sens intérieurs s’étaient ouverts en elle. L’évangile le dit-il ?

 Certainement. Nous apprenons que Marie de Magdala vint au tombeau ; le cadavre avait disparu ; elle vit alors près du tombeau deux formes spirituelles. On voit toujours ces deux formes spirituelles à l’endroit où séjourna un cadavre quelque temps. On voit d’un côté le corps astral, et de l’autre le corps éthérique qui se détache peu à peu et passe dans l’éther cosmique. Abstraction faite du corps physique, il y a là deux formes qui appartiennent au monde spirituel… Elle vit ce qu’elle devait voir, étant devenue clairvoyante par la force et la puissance de l’événement de Palestine…

Et afin de nous dire ceci aussi exactement que possible, cela nous est répété une deuxième fois lors d’une autre apparition au lac de Génézareth… Si les disciples et Marie de Magdala le virent, il y en avait d’autres cependant parmi eux, qui étaient un peu moins doués de clairvoyance, entre autre Thomas… « Et tu verras quelque chose si tu ne te fies pas seulement à l’apparence extérieure, mais si tu te pénètres de la « force intérieure. » Cette force intérieure qui doit émaner de l’événement de Palestine, on l’appelle la « Foi ». Ce n’est pas une foi banale, mais une force intérieure clairvoyante. « Pénètre- toi de la force intérieure, alors tu n’auras plus besoin de ne prendre pour vrai que ce que tu vois extérieurement car heureux sont ceux qui connaissent ce qu’ils ne voient pas extérieurement ! »…

Il est là et il reviendra, non pas il est vrai sous une forme charnelle, mais sous une forme que les hommes qui se seront d’ici-là développés par la force de l’Évangile selon Jean pourront voir, reconnaître ; ils cesseront d’être incroyants quand ils auront la force spirituelle de le voir… Une mission incombe au mouvement de la Science spirituelle : préparer cette partie de l’humanité qui veut s’y laisser préparer, à la réapparition du Christ sur terre

Avant tout, il faudra que le legs de l’Évangile selon Jean, la grande école qui conduit à la Vierge Sophia, pénètre de plus en plus dans les âmes et soit compris. Or la science spirituelle peut en faire toujours plus comprendre la profondeur…

Une autre parole : « Bienheureux les pauvres d’esprit, car le royaume des cieux est à eux. »

On ne peut s’appuyer sur une sentence semblable… car voici quelles sont en réalité ces paroles : « Bienheureux les mendiants en esprit, car ils accèderont en eux-mêmes aux royaumes du ciel. » Cela signifie : ceux qui sont comme des mendiants d’esprit, qui veulent recevoir toujours plus d’esprit, ceux-là trouveront en eux les royaumes du ciel

Efforçons-nous de nous familiariser toujours plus avec l’idée que la science du spirituel est infiniment diverse, et non un dogme, un article de foi ; elle est un chemin de connaissance ; de là sa diversité…

Sachons donc appeler le Saint-Esprit le Père du Christ Jésus, celui qui, dans le corps de Jésus engendra le Christ, et nous n’aurons pas de peine à trouver alors, si nous sommes en demeure de saisir les différentes faces d’une même chose, que les disciples qui étaient moins initiés n’aient pu nous renseigner aussi profondément sur les événements de Palestine que le disciple que le Seigneur aimait… On comprendra que le christianisme n’est qu’au début de son action et ne remplira sa véritable mission que lorsqu’il sera saisi dans sa forme véritable

 

Liste des œuvres de Rudolf Steiner citées en note de bas de page :

1 Rudolf Steiner, La Science de l’Occulte, GA 13

2 Rudolf Steiner, Théosophie, GA 9

3 Rudolf Steiner, L’Évangile de Jean dans ses rapports avec les trois autres évangiles, GA 112, et Apocalypse – GA 104

4 Rudolf Steiner, Les Mystères de la Genèse, GA 122

5 De Jésus au Christ, 10e conférence, GA 131

6 Rudolf Steiner, l’Apocalypse, GA 104

7 Rudolf Steiner, Pierres de construction pour la compréhension du mystère du Golgotha, 5e conférence – GA 175

8 Rudolf Steiner, L’Orient à la lumière de l’Occident, – GA 113

- L'ésotérisme chrétien, Paris 1906, GA 94

- Mystères chrétiens, mystères antiques, GA 8

- L'Univers, la Terre et l'Homme, GA 105

p. 14/14  - L’Evangile selon Saint Jean

 

 

 

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