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L'EVANGILE DE JEAN DANS SES RAPPORTS AVEC LES TROIS AUTRES EVANGILES 

  ET NOTAMMENT CELUI DE LUC

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L'EVANGILE DE JEAN 

DANS SES RAPPORTS AVEC LES TROIS AUTRES EVANGILES ET NOTAMMENT CELUI DE LUC

 

 

L’EVANGILE DE JEAN DANS SES RAPPORTS AVEC LES TROIS AUTRES EVANGILES  

ET NOTAMMENT AVEC CELUI DE LUC

Sommaire

GA 112 - Par Rudolf Steiner, cycle de 14 conférences faites à Kassel, 24 juin au 8  juillet 1909 © 2007 Triades-Edition – F-Paris - 144 pages

 

S O M M A I R E

 

- Les numéros de pages indiqués entre parenthèse à chaque chapitre correspondent aux pages de l’édition téléchargée (via Internet), ©2007.

 

 

PREFACE A L’EDITION FRANÇAISE (par S. Rihouët-Coroze - 1934)

 

PREFACE A L’EDITION ALLEMANDE (par Marie Steiner)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                       

 

Liste des œuvres de Rudolf Steiner citées en note de bas de page 

 

L’EVANGILE DE JEAN DANS SES RAPPORTS AVEC LES TROIS AUTRES EVANGILES 

ET NOTAMMENT AVEC CELUI DE LUC

Résumé

GA 112 - Par Rudolf Steiner, cycle de 14 conférences faites à Kassel, 24 juin au 8  juillet 1909 © 2007 Triades-Edition – F-Paris - 144 pages

 

PREFACE A L’EDITION FRANÇAISE (par S. Rihouët-Coroze - 1934)

Le cycle de conférences qui paraît aujourd’hui en français fait partie d’une série qui se compose d’une soixantaine environ de recueils publiés en allemand pour un cercle de lecteurs privés… Dès le début de sa vie, le monde des réalités spirituelles qui se révélaient intérieurement à lui avait à ses yeux plus de force, de vérité, que les perceptions du monde sensible…

S’il y eut des temps où une connaissance directe de Dieu était possible, si, dans un avenir qui s’annonce encore assez lointain, d’autres temps viendront où l’homme à nouveau recevra et cette fois en pleine conscience l’action directe de la sagesse de Dieu, notre époque doit passer par un approfondissement de la vie matérielle.

Cette vie n’a pas conquis la puissance prépondérante qu’elle a sur les esprits sans qu’il n’y ait à cela une double raison : une certaine forme de conscience individuelle n’a pu d’abord être acquise qu’au moyen du physique et de la connaissance de tout ce qui est matière. Ensuite, cette matière même doit se révéler à nous comme le message de l’esprit, car dans la beauté des choses se révèle la splendeur divine.

Notre époque, qui semble en apparence s’être tellement éloignée du Christ, est au contraire celle qui, par certains côtés, est la plus prête à le retrouver dans une compréhension nouvelle. Car en Lui l’esprit s’incarne jusque dans la matière et désormais l’humanité ne peut plus se perdre en pénétrant dans cette matière : elle peut l’y retrouver, si toutefois elle développe une acuité de regard suffisante pour discerner son action derrière les phénomènes…

La science moderne se heurte au problème de la vie sans parvenir à le résoudre, parce qu’elle ne possède pas de méthode qui lui permette d’atteindre ces phénomènes suprasensibles que beaucoup d’esprits modernes pressentent derrière les faits sensibles. La méthode de la connaissance du vivant aboutit nécessairement à la connaissance du Christ cosmique. Car depuis le Mystère du Golgotha le Christ est lié à ces forces suprasensibles qui agissent au sein de tous les phénomènes terrestres.

C’est cet aboutissement nécessaire que Rudolf Steiner a vu et a fait voir à d’autres après lui ; c’est là qu’est le nerf vital de la science spirituelle qu’il a fondée… Les religions n’ont laissé qu’entrevoir encore comment le Christ peut parler aux hommes par la voie intérieure, la voie du cœur. L’action d’une pensée spiritualisée révélera de plus en plus à l’esprit humain comment le Christ cosmique agit dans l’ensemble de la Terre…

 

PREFACE A L’EDITION ALLEMANDE (par Marie Steiner)

  Pas à pas Rudolf Steiner a fait pénétrer ses auditeurs plus avant dans les mystères du christianisme… Ces conférences… nous conduisent jusqu’au mystère de Dieu, dont nous sommes nés, et nous enseignent ce qu’est la mort.

Nous saisissons le sens de cette victoire sur la mort, qu’est la mort en Christ, et apprenons à comprendre la vie. La croix universelle surgissant des eaux du monde prend sur notre Terre un sens physique et, imbibée du sang du Christ, pénétrée de Soleil, elle devient le symbole grandiose de la résurrection. La Terre qui a reçu en elle la substance osseuse et le sang du Christ, la Terre devient le corps du Christ et le centre d’un nouveau rayonnement ; de ce centre qu’est l’événement christique naît une aura de rayons spirituels, un nouveau Soleil : le Saint-Esprit…

Le voile opaque tendu encore devant les forces spirituelles de l’homme, c’est la cérébralité, cette pensée qui est si étroitement unie au cerveau qu’elle s’en sert comme d’un réflecteur où ne se projette que l’objet extérieur de la pensée…

L’arbre de la connaissance est transmué en arbre de la vie. La mort est devenue un éveil par cette union de l’homme avec le « Je » divin. Cette expérience intérieure de soi-même n’est rien d’autre que mourir dans le Christ, c’est-à-dire renaître…

 

 La date du 24 juin, fête de Jean-Baptiste, a toujours été un grand jour pour la majeure partie de l’humanité… La fête du « baptême d’eau et de feu »… La fête de Jean-Baptiste, le précurseur du Christ Jésus… peut nous offrir… un point de départ…

Ce jour de la Saint-Jean nous rappelle qu’un précurseur a devancé l’apparition de la plus grande personnalité qui ait jamais pris part à l’évolution humaine… Il fut possible au Précurseur de préparer, d’aplanir les voies pour le Christ…

La Rose-Croix1 a essayé de révéler à ses adhérents les plus profondes vérités du christianisme, leur donnant aussi le nom de « chrétiens johannites »… Le Verbe, ou Logos, était donc au commencement en Dieu et ensuite on dit de Lui que la Lumière brilla dans les ténèbres et que les ténèbres ne l’ont point comprise, que cette Lumière était dans le monde, qu’elle se trouvait parmi les hommes et que parmi eux il n’y eut qu’un petit nombre capable de la comprendre. Alors apparut le Verbe fait chair, sous la forme d’un homme. Celui dont Jean-Baptiste fut le précurseur…

Par là et par maintes autres paroles dans les évangiles, l’individualité qui porte le Christ, qui le manifeste, est désignée comme la plus grande apparition spirituelle au sein de l’évolution humaine… Pour les chrétiens johannites des cercles rosicruciens : que dans chaque âme humaine existe quelque chose qui se rapporte directement aux faits qui ont lieu en Palestine concernant le Christ Jésus… les Rose-Croix répondent : Chaque âme humaine renferme la possibilité de ce qu’on peut appeler « Éveil », « Renaissance » ou « Initiation » 2

Or ceux qui connaissent le chemin du monde spirituel savent que l’homme n’y accède pas au moyen des sens, mais par la voie de l’éveil, de la renaissance ou de l’initiation. Qu’est-ce qui renaît donc ? Quand l’homme tourne ses regards vers le dedans de son âme, il constate que l’être intérieur qu’il trouve en lui-même, c’est celui dont il dit : « Je, Moi. »…

De ce « je » naît un « Je » supérieur, comme l’enfant naît de la mère… Pour ceux qui suivent les directives des occultistes. « Le « je » que je connaissais jusqu’ici, se disent-ils, participe à tout le monde extérieur ; il est périssable comme ce monde : mais en mon « je » sommeille un deuxième « Je » dont je peux arriver à prendre conscience »…

p. 1/23 - L’Evangile selon Saint Jean dans ses rapports avec les trois autres évangiles

 

Ce « Je » est uni à l’impérissable comme le premier « je » fait partie des choses périssables et temporelles. Par la renaissance, ce « Je » supérieur pourra contempler les mondes spirituels, tout comme le « je » inférieur peut regarder le monde sensible par les sens, les yeux, oreilles, etc… Ce qu’on appelle « éveil spirituel », « renaissance », « initiation », est l’événement le plus important de l’âme humaine ; telle était aussi l’opinion de ceux qui se reconnaissaient disciples de la Rose-Croix. Ils savaient qu’il doit y avoir un rapport entre l’événement de la renaissance du « Je » supérieur qui est capable de regarder d’en haut le « je » inférieur et l’événement du Christ Jésus… Autrement dit : ce qui est un événement mystique pour chaque homme en particulier, ce qu’il peut expérimenter comme la naissance de son « Je » supérieur, a eu lieu pour l’humanité entière dans le monde extérieur, historiquement, par l’événement du Christ Jésus en Palestine…

Comment ce fait apparaissait-il à celui qui a écrit l’Évangile de Luc ?... En Jésus de Nazareth, cette descendance divine demeure visible. L’auteur de l’Évangile de Luc se trouve de ce fait en devoir de dire : Regardez celui que Jean-Baptiste a baptisé ; il porte les marques distinctes de la divinité d’où Adam a tiré son origine et qui se renouvelle en lui…

L’auteur de l’Évangile de Jean fait ressortir plus nettement que quelque chose de divin vit dans l’homme et que ce divin est apparu sous l’aspect grandiose de Dieu, du Logos même…  Et que dirent ceux qui reprirent les enseignements des évangiles, les chrétiens johannites ? Pour eux, tout homme peut vivre individuellement l’immense événement qu’on nomme la renaissance du « Je » supérieur… Les évangélistes se sont donné pour tâche de démontrer avant tout que l’origine du Christ Jésus se confondait avec l’origine même de l’univers, avec Dieu lui-même…

Ceux qui s’appelaient les chrétiens johannites et avaient pour symbole la Rose-Croix disaient : Ce qui est né à nouveau dans l’humanité, le mystère du « Je » supérieur, a été conservé par la petite communauté issue des Rose-Croix. Cette continuité s’exprime par un symbole : la sainte coupe dans laquelle but et mangea le Christ Jésus avec ses disciples, celle qu’on appelle le « Saint-Graal » et dans laquelle fut recueilli, par Joseph d’Arimathie, le sang qui coulait des plaies du Christ

Un temple fut érigé pour elle et les Rose-Croix devinrent les gardiens du contenu de cette coupe, c’est-à-dire de ce qui constitue l’essence de Dieu qui naît à nouveau, qui ressuscite. Le mystère du Dieu ressuscité (né à nouveau) règne dans l’humanité : c’est ce que représente le mystère du Saint-Graal… Ce qui était depuis le commencement a été conservé.

Au commencement existait le mystère du « Je » humain supérieur ; ce mystère fut conservé par le Saint-Graal, il y est resté lié et dans le Graal vit le « Je », qui est uni à l’impérissable et à l’éternel, comme le « Je » inférieur est lié au périssable et au mortel.

Ceux qui connaissent le secret du Saint-Graal savent que du bois de la croix sort la Vie active, le « Je » immortel symbolisé par les roses sur le bois noir de la croix… Ainsi qu’en chaque homme peut naître individuellement le « Je » supérieur, ainsi est né en Palestine le « Je » supérieur de toute l’humanité, le « Je » divin…

Remontons jusqu’à l’Inde antique, la première civilisation fondée après la grande catastrophe du déluge. Nous y trouvons sept grands saints Instructeurs qu’on appelle les saints Rishis… Les sept Rishis sacrés voient très loin, mais c’est au-delà de leur sphère que se trouve celui qu’ils nommaient Vishva Karman, cet Être qui, tout en remplissant le monde spirituel, était au-delà de la sphère que l’œil humain clairvoyant de ces époques pouvait voir. Ensuite vint la civilisation guidée par Zoroastre… Il disait : « Comme on voit autour de l’homme une aura, ainsi on voit autour du Soleil la grande aura solaire Ahura Mazdâ. » C’est la grande Aura solaire qui, comme nous allons l’expliquer, avait produit l’homme. L’homme est l’image de l’esprit solaire, d’Ahura Mazdâ… Zoroastre trouva en Moïse son successeur ; quand le regard spirituel de celui-ci s’éveilla, il aperçut dans le Buisson ardent, et dans le feu sur la montagne du Sinaï, l’Esprit qui se révéla à lui comme « Eieh asher eieh » : « Je suis celui qui était, qui est, qui sera, — Iahvé ou Jéhovah ». Que s’était-il passé ?

Depuis les âges anciens et l’époque de Zoroastre, l’Esprit qui se trouvait auparavant seulement sur le soleil s’était rapproché de la terre… Lorsque quelques époques se furent encore écoulées, cet Esprit… apparut enfin dans un homme, en Jésus de Nazareth… Voilà le chemin accompli : le Christ est descendu des hauteurs de l’Univers, d’abord dans les éléments physiques et ensuite jusque dans un corps humain. Ce n’est qu’à ce moment que le « Je » divin dont l’homme est issu renaît dans l’humanité… Pour nous, qui connaissons l’existence de la réincarnation, nous disons que Jésus de Nazareth (non pas le Christ) a passé par plusieurs incarnations et qu’il a dû atteindre un degré élevé d’initiation avant de pouvoir recevoir le Christ en lui…

A la naissance d’un initié, une âme très avancée va s’introduire dans un corps, une âme ayant passé, dans des époques antérieures, par de formidables expériences. C’est pourquoi la légende dit de tous les initiés que leur naissance s’est déroulée autrement que pour les hommes ordinaires… Mais alors, au moment où ce corps aura atteint la maturité voulue, c’est alors que Jean lui donnera le baptême, et qu’un Esprit plus sublime descendra s’unir à Jésus de Nazareth, c’est-à-dire que le Christ entrera en lui… Du « je » inférieur ressuscite le « Je » immortel. Cette naissance est liée à l’événement capital de l’évolution…

 

II.                        L’histoire spirituelle vivante. – Les guides de l’humanité. – Le Verbe créateur. (p. 18)

Car l’occultisme peut en effet observer par la vue de l’esprit tout ce qui s’est passé, même aux âges les plus reculés…

Tout ce qui se passe dans le monde physique et sensible a son écho dans le monde spirituel… Rien ne peut arriver en ce monde sans laisser d’empreinte… Cette vision est nommée : « La lecture de la chronique akashique », lecture vivante que peut faire l’œil spirituel… Nous trouvons ceci : La race humaine entière qui vit sur la terre est issue d’un royaume spirituel divin.

Avant qu’aucun œil physique humain ne put voir, avant qu’aucune main humaine ne put saisir quelque chose, l’homme existait en tant qu’être spirituel… Il est né de ces êtres divins : les dieux sont pour ainsi dire les ancêtres des hommes

Les dieux avaient besoin des hommes comme descendants, parce qu’ils n’étaient en une certaine mesure pas à même de descendre dans le monde physique sensible. Les dieux continuèrent jadis leur existence en ces mondes et agirent du dehors sur les hommes qui se développaient graduellement sur terre. Les hommes durent alors surmonter de degré en degré les obstacles produits par la vie terrestre. Quels sont ces obstacles ?

L’essentiel fut que les dieux restèrent des êtres spirituels et que les hommes, leurs descendants, prirent un corps physique.

C’est au sein de la vie matérielle qu’il dut poursuivre son évolution… Grâce à cette vie physique, l’homme mûrissait graduellement et il lui fut ainsi de plus en plus possible de s’élever de nouveau vers les dieux dont il était issu

Pour les atteindre à nouveau et se réunir à eux : c’est ainsi que le cours de la vie humaine est tracé sur la terre

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Mais pour que l’homme puisse passer par ce développement, il fallait que quelques individualités humaines devancent les autres hommes dans leur évolution et qu’ils deviennent leurs guides et instructeurs. De tels guides se rencontrent parmi les hommes et ce sont eux qui retrouvent plus rapidement que les autres le chemin qui mène vers le divin.

Nous pouvons donc nous représenter ce qui suit : les hommes ont atteint à une certaine époque un certain degré de développement, où ils n’ont fait que pressentir qu’il existe une voie de retour vers les dieux. Ce but est encore bien lointain ; mais il est resté une étincelle du divin dans les hommes… Il faut la vue spirituelle pour distinguer un « guide » d’un homme de talent quelconque… De notre temps, un personnage comme celui du Bouddha ne serait pas particulièrement respecté…

Des événements comme la naissance du Bouddha n’ont pas seulement une signification pour cette personnalité, mais ils répandent des forces spirituelles sur le monde entier… Ces influences existent encore, mais il faut un voyant pour les percevoir ; car non seulement ces forces doivent rayonner, mais il faut aussi que quelqu’un les reçoive. Au temps jadis, les hommes, plus spirituels, étaient plus réceptifs à ces sortes de rayonnements… Mais celui qui considère le monde spirituellement sait qu’il existe des âmes qui dépassent la route de l’évolution humaine : ce sont les guides de l’humanité

Ils ont franchi peu à peu les étapes qui conduisent dans le monde spirituel. La plus importante de ces étapes, c’est la naissance du « Je » spirituel supérieur… l’événement christique étant la plus puissante impulsion donnée à l’évolution humaine, une longue préparation fut nécessaire pour que l’Être du Christ puisse s’incarner en Jésus de Nazareth.

Supposons qu’au cours d’une incarnation, un homme s’engage sur le chemin de la connaissance spirituelle… L’homme passe par de multiples expériences… Ce n’est qu’avec de la patience et de la persévérance qu’on peut traverser ces expériences. Le but de celui qui entreprend un développement occulte, c’est de faire naître en lui le « Je » supérieur ; cependant il n’atteindra peut-être qu’un degré préparatoire. Supposons qu’ensuite il meure, puis se réincarne…

Deux choses peuvent avoir lieu. Ou bien il se sentira poussé à chercher de nouveau un instructeur qui lui montre la plus courte méthode — ou bien, pour une raison quelconque, il ne cherche pas cette voie. Mais en ce cas sa vie se déroule au milieu d’événements exceptionnels… Par là, il retrouvera le niveau qu’il avait atteint autrefois par ses efforts…

Supposons que cet homme ait atteint un certain degré de développement occulte dans une incarnation précédente.

Il renaîtra normalement ; mais à 7 ou 8 ans, il passera par quelque dure épreuve et la conséquence en sera que toute la sagesse acquise autrefois remontera progressivement, — de sorte qu’il se retrouvera au degré qu’il avait atteint et pourra avancer vers le degré suivant… Un des degrés qu’on atteint relativement vite, quand on s’applique à marcher sur la voie de la connaissance, est celui qu’on appelle le degré d’« homme libre », c’est-à-dire de l’homme qui se libère des entraves et des préjugés de son entourage direct… Supposons que cet homme meure après avoir acquis une certaine indépendance intérieure.

Quand il va se réincarner, un événement pourra avoir lieu relativement tôt, par exemple qu’il perde son père ou tout autre être avec lequel il est lié ; ou bien que son père le repousse ou se conduise mal envers lui… Vous y trouverez le fait typique du père qui abandonne son enfant et le chasse hors de la maison… Voyez l’histoire de Chiron, Romulus et Rémus… La légende de l’abandon d’Œdipe est également un exemple de ce fait… Plus un homme est avancé… plus sa vie est fertile en événements…

L’homme se compose, vous le savez, du corps physique, du corps éthérique, du corps astral et du « je ».

Quand l’homme physique vient au monde, seul le corps physique naît ; le corps éthérique reste entouré jusqu’à la 7e année d’une sorte d’enveloppe maternelle éthérique ; à la 7e année, après la seconde dentition, cette enveloppe maternelle éthérique est rejetée, comme l’enveloppe maternelle physique l’a été au moment de la délivrance. Ensuite, au moment de la puberté, l’enveloppe astrale est rejetée de la même façon, et le corps astral naît. A peu près vers 21 ans le moi naît, mais lui aussi graduellement. Après ces quatre naissances, nous aurons à considérer de la même manière, à 21 ans à peu près la naissance de l’âme sensible, à 28 ans, celle de l’âme d’entendement, et à 35 ans celle de l’âme de conscience

Car c’est dans la période comprise entre la 28e et la 35e année que l’Être du Christ pénétra cette individualité qui était la réincarnation d’un grand initié… Si les quatre évangiles peuvent avoir d’autres différences, l’époque où pour ainsi dire le Christ s’incarne dans une personnalité terrestre est marquée par tous les quatre distinctement : c’est le baptême dans le Jourdain…

Au moment caractérisé dans l’évangile de Jean par la descente de l’Esprit sur Jésus sous la forme d’une colombe, le Christ naît dans l’âme de Jésus de Nazareth comme un nouveau Moi supérieur… Qui donc naissait ainsi en Jésus de Nazareth ?

Le Dieu qui était depuis le commencement, qui était resté pour ainsi dire dans le monde spirituel cependant que l’évolution humaine s’accomplissait ; ce Dieu devait à ce moment descendre et s’incarner en Jésus de Nazareth…

La Parole s’est déversée dans la matière et y est devenue comme la forme extériorisée de la Divinité. « En elle était la Vie et la Vie était la Lumière des hommes.». C’est ainsi que l’auteur de l’Évangile de Jean se rattache directement à la plus ancienne des Écritures, à la Genèse… L’auteur de l’Évangile de Luc dit d’un mot comment Jésus de Nazareth s’était préparé…

Nous nous trouvons devant un sens caché. Voyons ce passage dans le texte original grec : « Il augmentait en sagesse » — cela veut dire en réalité : il formait son corps astral. Celui qui sait ensuite quelles pensées évoquait en l’esprit grec le mot Helikia pourra vous dire qu’on a eu ici l’intention de parler du développement du corps éthérique par lequel la sagesse devient graduellement une capacité. Vous savez que le corps astral nous donne toutes les activités qui ont pour caractère de ne pas se répéter, par exemple lorsqu’on comprend une fois quelque chose, on a compris pour toujours. Tandis que le corps éthérique crée des habitudes, des tendances acquises. C’est ce qui s’acquiert par l’exercice et la répétition. La sagesse devient une habitude ; on s’y conforme parce qu’elle s’est incorporée à l’être. Voilà ce que veut dire cet accroissement de sagesse.

Tout comme le corps astral croissait en sagesse, de même le corps éthérique croissait en nobles habitudes pour le bien et le beau. La troisième qualité qui augmente en Jésus de Nazareth, c’est Charitas, ce qui veut dire en réalité l’expression visible de la beauté… « Jésus augmentait en sagesse (en son corps astral), en tendances acquises (en son corps éthérique), en beauté gracieuse (en son corps physique), et cela devenait visible pour Dieu et pour les hommes. » Telle est la description de Luc…

 

III.                         Les métamorphoses de la Terre. – Les prototypes spirituels et leurs copies. – Les serviteurs du Verbe. (p. 27)

L’homme… se compose de quatre organismes essentiels : le corps physique, le corps éthérique (ou vital), le corps astral (ou corps des sensations) et le « Je »… Mais la nuit, pendant le sommeil, le corps astral et le « Je » se détachent du corps physique et du corps éthérique. L’homme qui dort ne consiste qu’en un corps physique et un corps éthérique… Or chaque fois qu’aux éléments inférieurs d’un être vient s’ajouter un élément supérieur, les premiers éléments eux-mêmes s’en trouvent transformés.

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C’est pourquoi, si nous nous trouvons devant un être qui possède, comme l’homme, non seulement un corps physique mais qui comprend aussi des éléments supérieurs, suprasensibles, ces éléments trouvent leur expression dans la nature inférieure…

De même que votre âme s’exprime par la physionomie, de même votre corps physique est une expression du travail du corps astral et du « Je » ; nous ne voyons pas en lui ce corps physique seul, mais aussi une expression physique des éléments restés invisibles… De même, le système des glandes et tout ce qui en dépend est l’expression du corps éthérique. Tout ce qui fait partie du système nerveux est une expression du corps astral et tout ce qui se rapporte au système de la circulation est une expression du « Je ». Ainsi nous aurons à distinguer dans le corps physique lui-même une quadruple organisation…

La conscience clairvoyante perçoit le fait suivant : Dans la mesure où le « Je » et le corps astral se retirent, un « Je » et un corps astral divins (tout au moins quelque chose qui en tient lieu), entrent dans l’homme pour le conserver jusqu’au moment du réveil. Vous voyez donc par là que dans la sphère de notre existence physique opèrent des entités autres que les êtres qui se manifestent extérieurement… Nous savons qu’en lui veillent ces Êtres qui maintiennent l’édifice du corps pendant le sommeil et qui appartiennent aussi à notre sphère de vie…

Le corps physique est plus parfait que le corps astral, même pour une observation superficielle… Ces structures merveilleuses du cœur et du cerveau humain peuvent satisfaire non seulement les plus grandes avidités intellectuelles,… mais encore élever les sentiments esthétiques et moraux… Le corps astral n’est pas encore arrivé à ce degré de perfection.

Il est le porteur des joies et des peines, des instincts, des désirs, etc., et nous devons avouer que l’homme, à l’égard de ces jouissances, de ces désirs, agit d’une façon peu favorable à la vie de son cœur et de son cerveau.

Par son besoin de jouissance l’homme absorbe des choses qui sont, comme le café entre autres, du poison pour le cœur.

Et le cœur peut résister assez longtemps à ces poisons que l’homme absorbe par un besoin astral de jouissance.

Le corps physique est de beaucoup plus parfait que le corps astral, quoique le corps astral doive être dans l’avenir bien plus parfait que le corps physique… Ceci vient de ce que le corps physique est en effet le plus ancien élément de la nature humaine

Pour l’investigation occulte, de même que l’homme marche d’incarnation en incarnation, notre terre a passé par d’autres formes d’existence et d’autres états planétaires. Avant que notre terre fût ce qu’elle est, elle était ce que la Science spirituelle nomme « l’ancienne Lune ». Ce n’était pas notre lune actuelle, mais un état précédant notre terre… L’ancienne Lune est comme une incarnation précédente de la Terre. L’incarnation qui précédait celle de la Lune fut celle de l’ancien Soleil ; non pas le Soleil actuel, mais un état plus reculé de notre Terre ; et enfin il y eut l’ancien Saturne, qui précéda l’ancien Soleil… Sur l’ancien Saturne3… rien de tout ce qui nous entoure actuellement, règnes végétal, animal, minéral, n’existait… Mais le corps physique humain en son tout premier germe y existait… s’y trouvait… à l’état embryonnaire…

Lorsque Saturne eût achevé son évolution, il entra dans la nuit cosmique, de même que l’homme traverse le monde spirituel avant de pouvoir se réincarner. Saturne se réincarnant devint le Soleil… Tout comme la plante naît de la graine, ainsi revint le corps physique humain sur l’ancien Soleil. Graduellement, il se pénétra d’un corps éthérique ou vital… L’homme n’était pas une plante, mais il en avait atteint le niveau… Sa conscience ressemblait en ces temps à la conscience du profond sommeil…

L’existence solaire prit fin ; une autre nuit cosmique commença. Après que le soleil eût passé par ce dévachan, ou état spirituel, il revêtit l’état de l’ancienne Lune… et, pendant l’évolution lunaire, le corps astral y fut adjoint…

Alors il se passa sur la Lune quelque chose qui ne s’était pas encore produit pendant les états Saturne et Soleil. Jusqu’alors, l’homme était indivisible ; mais sur la Lune, la planète se divisa en deux parties : un Soleil et puis un satellite, la Lune

Le Soleil qui naquit alors n’est évidemment ni notre Soleil ni l’ancien Soleil dont nous parlions plus haut ; c’est une sécrétion de l’ancienne Lune qui, elle, tourne autour de ce soleil. Pourquoi cette planète… se scinde-t-elle ainsi ?

C’est qu’avec le Soleil, les Êtres supérieurs et les substances les plus subtiles se séparèrent de la masse globale pour former un astre isolé ; les substances plus grossières et les êtres inférieurs restèrent en arrière sur l’ancienne Lune. Nous trouvons donc que pendant la phase lunaire, d’un seul corps céleste, il s’en forme deux : un corps solaire habité par des êtres supérieurs et un corps lunaire habité par des êtres inférieurs. Si le tout était resté uni certains êtres, qui se développèrent sur la Lune une fois disjointe, n’auraient pas pu suivre le rythme accéléré des Êtres solaires ; ils n’étaient pas assez avancés pour cela…

Ces êtres humains connurent alors sur la Lune le niveau de développement de l’animal de notre temps… Mais il ne faudrait pas s’imaginer que les hommes sur l’ancienne Lune fussent des animaux. La forme humaine était toute différente… Après la séparation, l’état que l’homme avait acquis parce qu’il avait reçu un corps astral sur la Lune le fit descendre, en quelque sorte, au rang de l’animalité ; il s’endurcit. Par contre, les êtres que leurs substances plus subtiles avaient attirés vers le soleil s’affinèrent. Ainsi tandis que l’homme se condensait sur la Lune, sur le Soleil des êtres d’une très haute spiritualité s’épanouissaient.

On a toujours distingué avec raison, là où apparaît l’animalité, différents degrés d’animaux. Pour les hommes-animaux sur la Lune, il y eut trois degrés distincts qu’on désigne en Science spirituelle par les degrés du « taureau », du « lion », de « l’aigle ». Ce sont des archétypes. On trouve donc sur la Lune trois différents groupes : l’homme-taureau, l’homme-lion, l’homme-aigle. Quoique ces noms ne doivent nullement désigner l’aigle, le lion et le taureau actuels ainsi nommés, le lion exprime quand même un certain aspect de la nature dégénérée de ces hommes primitifs qu’on désigne sous le nom d’hommes-lions sur la Lune, le taureau représente la nature dégénérée des hommes-taureaux, etc.

Et sur le soleil au même moment se trouvaient les archétypes spirituels de ces animaux. Ils formaient aussi trois groupes, répondant aux trois différentes espèces d’hommes-animaux par les hommes spirituels correspondants ; ce sont des entités angéliques, des êtres spirituels qu’on désigne aussi sous les noms de Lion, Taureau et Aigle, mais qui sont les prototypes des premiers. Si donc vous élevez le regard vers le soleil vous y trouverez les prototypes, êtres spirituels qui s’expriment par de belles formes pleines de sagesse. Sur l’ancienne Lune vous trouverez comme les copies grossières des êtres qui existaient sur le Soleil et en étaient les prototypes… Nous trouvons donc sur la Lune ancienne un groupe d’hommes primitifs, les hommes-taureaux, et au-dessus, sur le Soleil, un groupe d’êtres spirituels, les Esprits-Taureaux.

Et il existe une relation spirituelle entre le prototype et la copie. Car le prototype, c’est l’âme-groupe qui agit par là sur les copies. Les forces partent de l’âme-groupe et dirigent d’en haut les copies : l’esprit-lion dirige les hommes-lions, ses copies ; l’esprit-aigle dirige les hommes-aigles, etc. Si ces Esprits élevés étaient restés unis à leurs copies, s’ils avaient dû les habiter, ils n’auraient pu employer leurs forces pour le bien et le développement de ces copies…. C’est le sens de l’évolution. Il fallut à certaines entités un champ d’activité plus élevé qu’à ces êtres qui constituaient leurs copies physiques.

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Nous voyons ainsi comment l’évolution prenait d’une part une voie descendante et d’autre part une voie ascendante…

Les Êtres spirituels, qui agissaient du dehors sur leurs copies physiques, spiritualisaient par là la Lune ; de sorte qu’elle put se réunir à nouveau au Soleil… Alors s’étendit de nouveau une nuit cosmique, un dévachan. (On appelle aussi ces nuits pralaya, tandis qu’on nomme les états comme Saturne, Soleil, Lune, des manvantaras.) Après cette nuit cosmique, il sort du sein obscur des mondes notre Terre, dont la mission va être de conduire l’homme au point où il pourra ajouter à ces corps physique, éthérique et astral : le « Je ».

Mais tout ce qui s’était développé dans le passé dut être répété. Une loi cosmique veut que lorsqu’un état plus élevé doit se produire, tout ce qui a existé antérieurement se répète. La terre a donc dû repasser une fois de plus par l’ancien état de Saturne… Parmi les esprits-taureaux, esprits-lions et esprits-aigles, se trouvèrent donc ceux qui avaient atteint un degré supérieur de l’évolution : les esprits-hommes (hommes spirituels) qui habitent alors, au début de notre Terre, sur le Soleil.

Ils sont pour ainsi dire les prototypes spirituels de ceux qui se développent alors sur la « Terre-Lune », l’astre dont le soleil s’est détaché. Vous comprendrez que puisqu’une densification ou un durcissement de ces êtres s’était déjà produit sur l’ancienne Lune, les descendants de ces êtres de l’ancienne Lune devaient réapparaître avec une tendance à la densification, au dessèchement… Alors se produisit une chose qui seule rendit possible la continuation de l’évolution : ce qui forme aujourd’hui notre lune se détacha du corps céleste formé par la « Terre-Lune » et ce qui forme notre terre actuelle resta seule.

Ainsi furent éliminées les substances les plus grossières qui auraient causé la pétrification entière de notre terre ; la terre fut débarrassée de l’élément qui en aurait fait un désert complet.

Au début de l’évolution terrestre, la terre fut donc unie au Soleil et à la Lune actuels. Si la Terre était restée unie au soleil, l’homme n’aurait jamais pu atteindre l’état actuel de son évolution ; il n’aurait pu se maintenir au rythme évolutif des êtres solaires… Si d’autre part la Lune était restée unie à la terre, l’homme se serait graduellement desséché, momifié. La terre serait devenue un corps céleste pétrifié…

L’exode de la lune permit que sur la terre, les descendants des êtres de l’ancienne Lune, composés de corps physique, éthérique et astral, ajoutassent un « Je » à leur constitution. Par le fait que les forces de la Lune et du Soleil se contrebalançaient, l’homme put arriver à ce que le « Je » vînt le féconder.

Le développement commencé sur la Lune et transporté sur la Terre ne fut tout d’abord qu’une descente, une matérialisation.

Mais à partir du moment où la Lune se détacha, l’évolution de l’être humain reçut un nouvel élan vers le haut…

Si nous tournons le regard clairvoyant en arrière, vers l’ancien état de Saturne, nous voyons que là est le premier germe du corps physique humain. Les formes corporelles physiques actuelles sont sorties primitivement du chaos universel. Ensuite vint l’état solaire, où le corps éthérique fut ajouté à la forme primitive du corps physique. Sur l’ancienne Lune l’élément astral fut ajouté aussi bien aux formes qui continuaient leur évolution sur la Lune, qu’aux esprits qui se trouvaient sur le Soleil détaché. Sur la Lune habitaient les copies qui en étaient au niveau du règne animal ; et sur le Soleil les prototypes spirituels. Enfin s’est formé graduellement sur la Terre un état qui rend à l’homme la capacité d’accueillir de nouveau en lui l’élément astral, développé sur le Soleil pendant l’évolution lunaire… Considérons ces quatre états :

La forme sublime, qui a donné pendant l’évolution de Saturne le germe né du chaos universel pour qu’apparaisse la forme physique humaine, est nommée par l’auteur de l’Évangile de Jean : « le Logos ».

Ce qui fut ajouté sur le Soleil au germe créé sur Saturne est nommé par lui « la Vie » et nous l’appelons le corps éthérique ou vital.

Ce qui fut ajouté sur la Lune, il l’appelle « la Lumière », car c’est la lumière spirituelle, la lumière astrale.

Sur l’ancienne Lune, lorsqu’elle fut séparée, cette lumière astrale provoqua le durcissement tandis que sur le Soleil même, elle produisit un accroissement de spiritualité. Ce qui s’était ainsi spiritualisé poursuivit son évolution.

Lorsqu’au début de la phase terrestre le soleil se sépara de nouveau, cette lumière qui s’était développée au troisième stade de l’évolution (sur l’ancienne Lune) envoya ses rayons vers l’homme, mais l’homme n’était pas encore capable de la voir.

Cette lumière qui formait l’homme agissait comme une force, mais l’homme ne pouvait pas la saisir.

« Au commencement était le Logos. »… « Et le Logos devint la Vie. »… « Dans le Logos vivant naquit la Lumière. »…

La lumière continuait à se développer ; d’une part elle devint la lumière clairvoyante, lorsque le soleil se sépara de la terre, et d’autre part, avec les hommes, elle devint ténèbres… Au commencement, pendant l’évolution de Saturne tout naquit du Logos… Durant l’évolution terrestre la lumière se forma sur le Soleil sous une forme supérieure ; mais les hommes étaient dans un état de ténèbres… La lumière qui se déversait d’en haut était une lumière spirituelle. Les hommes ne pouvaient la recueillir en eux, ils ne la comprenaient pas ; cette lumière favorisa l’évolution entière des hommes mais ceux-ci n’en eurent pas conscience. « La Lumière rayonna dans les ténèbres, mais les ténèbres ne pouvaient la comprendre. »…

 

IV.                   Les entités hiérarchiques de notre système solaire et les règnes de la nature. (p. 36)

… L’homme… La nuit, pendant qu’il dort, il ne conserve plus que les corps physique et éthérique. Et le clairvoyant peut voir comment des êtres supérieurs pénètrent dans ces deux corps. Ces êtres, quels sont-ils ?

Ceux dont nous avons dit plus haut qu’ils ont transporté leur champ d’action sur le Soleil

Ainsi, pendant le jour, quand l’homme veille, il est dans ses corps physique et éthérique ; il dort pendant la nuit, c’est-à-dire qu’il se trouve en dehors de ces corps qui sont alors veillés par des êtres divins, des êtres supraTerrestres… Ces êtres n’ont pas seulement une importance pendant notre sommeil, mais leur action s’étend graduellement sur notre vie de veille.

Sur l’ancien Saturne, il n’existait uniquement que les germes humains… D’où est donc venu ce « quelque chose » qui a déposé alors le premier germe du corps physique de l’homme ?

Ce quelque chose est venu de deux directions différentes. De hautes entités spirituelles ont déversé leur propre substance et accompli sur l’ancien Saturne un grand sacrifice ; ces entités, l’ésotérisme chrétien les nomme les « Trônes »…

Sur l’ancien Saturne, les Trônes en étaient précisément au degré de pouvoir sacrifier la substantialité acquise au cours de leur évolution précédente. Et par là, ils s’élevèrent eux-mêmes à un degré plus haut encore de l’évolution. Or, la substance qui découlait des Trônes, semblable à celle que l’araignée secrète pour tisser sa toile, a été le premier principe de substance dont fut formé le corps humain. — Une autre sorte d’entités, moins élevées que les Trônes, s’unirent ensuite à eux : les esprits de la Personnalité ou Principautés, ou encore, dans l’ésotérisme chrétien : « Archaï ».

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Ainsi c’est de l’action combinée de ces deux types d’entités que naquit la toute première ébauche du corps physique.

D’immenses périodes de temps s’écoulèrent. — Puis il se fit, ainsi que nous l’avons vu, une nuit cosmique, après laquelle réapparut la seconde incarnation de la Terre, l’étape solaire. L’évolution humaine reprit, et d’autres entités spirituelles y travaillèrent aussi : les esprits du Feu, dans l’ésotérisme chrétien « Archanges », et les esprits de la Sagesse ou « Kyriotetes »...

Ces Kyriotetes ou esprits de la Sagesse, ou encore « Dominations » purent alors sacrifier leur propre substance pour qu’apparaisse dans le corps physique ce que nous appelons le corps éthérique.

Les esprits du Feu ou Archanges unirent leurs efforts aux esprits de la Personnalité, et… l’homme arriva au niveau du végétal.

Sur l’ancien Saturne, il n’existait que le niveau du minéral ; car nos minéraux ont seulement un corps physique…

Certaines entités n’atteignent pas toujours le degré cosmique voulu. C’est ainsi que des esprits de la Personnalité qui auraient dû s’élever à un certain niveau sur Saturne restèrent en arrière, n’ayant pas fait tout ce qu’il fallait pour permettre à l’homme d’atteindre le degré du minéral, et mener à bien sa première étape. Ces entités durent alors rattraper à la phase suivante ce qu’elles avaient négligé de faire. Mais quelle fut leur action sur le Soleil ? Elles furent incapables de créer un être doué d’un corps physique et d’un corps éthérique. C’est pourquoi les esprits du Feu durent se joindre à ces esprits de la Personnalité. Ceux-ci ne purent que reproduire sur le Soleil ce qu’ils avaient créé sur l’ancien Saturne : un germe physique ayant le niveau du minéral. Par leur action, il apparut donc sur l’ancien Soleil des êtres qui eurent un degré d’évolution inférieur à celui de l’homme ; ils constituèrent un règne inférieur, composé des ancêtres de ceux qui sont aujourd’hui les animaux

Ainsi nous voyons que l’homme est le plus ancien dans l’évolution parmi les êtres Terrestres, le premier-né de la création.

Les autres êtres naquirent parce que les forces d’évolution attachées à l’humanité s’attardèrent en un point, donnant ainsi naissance à des êtres d’un niveau inférieur. Si les esprits de la Personnalité demeurés en arrière avaient accompli sur Saturne l’œuvre qu’ils n’exécutèrent que sur le Soleil, le règne animal ne serait pas né, et il en est de même à l’égard de l’évolution humaine : l’homme progressa parce que certaines entités que nous appelons les Anges, unies à d’autres esprits plus élevés qui sont les esprits du Mouvement (dans la terminologie chrétienne les « Dynamis » ou Vertus), lui donnèrent son corps astral, ce qui fit de lui un être du niveau animal. Mais les êtres qui étaient apparus comme un second règne inférieur pendant l’existence solaire atteignirent sur la Lune le niveau de la plante. Ce sont les prédécesseurs de nos animaux.

Ensuite, sous l’action d’entités spirituelles retardées, apparurent les créatures qui appartiennent au règne végétal actuel.

Il n’existait donc pas encore de règne végétal sur le Soleil, mais seulement sur la Lune.

Quant au règne minéral, tel que nous le trouvons aujourd’hui à l’état solide, il n’y en avait pas trace sur la Lune…

Le règne animal est comme une sorte de rebut de ce règne humain, comme un élément retardé dans son évolution, et ce qui est resté plus en retard encore, c’est ce qui est devenu le règne végétal.

Quand le Soleil se détacha tout d’abord, le germe de tous les règnes amorcés réapparut ; c’est-à-dire règne animal et règne végétal ; et tandis que la Lune était encore unie à la Terre, le règne minéral se forma. C’est précisément la formation du règne minéral qui produisit les phénomènes de durcissement et de dessèchement qui menacèrent de pétrifier la Terre. Car le règne minéral est en réalité ce qu’ont rejeté les règne supérieurs… Le minéral. Il s’est formé parce que les êtres dont l’action s’exerce depuis l’ancien Saturne ont continué d’agir sur la Terre. Ce sont les esprits de la Personnalité. Mais si l’évolution s’était poursuivie de cette façon, la Terre entière se serait graduellement desséchée et pétrifiée…

La plante se compose bien d’un corps physique et d’un corps éthérique ; mais à sa partie supérieure, pour le regard clairvoyant, elle est en outre entourée d’astralité. Et cette astralité reçoit sa force du Soleil, de la partie spirituelle du Soleil se déversant sur la Terre… Au printemps, en été, quand les plantes s’épanouissent, c’est l’être du Soleil qui s’approche et se joue à la surface des plantes. Vienne l’automne, l’astralité se retire au sein de la vie solaire. Elle avait cherché au printemps le corps physique de la plante dans lequel s’incarner sinon tout à fait en lui, du moins autour de lui. A l’automne, elle retourne au Soleil et ne laisse derrière elle que la graine, comme un gage qui lui fera retrouver sa route vers la nature physique…

Une sorte d’échange s’était ainsi formé autrefois entre l’être, humain dans son corps physique et les entités solaires.

Toutefois la forme physique était encore très primitive, et il y eut un temps où les esprits solaires agirent d’en haut sur les corps humains en les entourant d’astralité, comme c’est le cas pour les plantes, du printemps à l’automne. A certains moments, la nature astrale de l’homme était unie au corps physique sur la Terre ; puis elle se retirait sur le Soleil pour revenir ensuite vers le germe demeuré seul. Cependant la Terre durcissait de plus en plus, ce qui eut pour conséquence quelque chose...

Auparavant, quand le Soleil s’était détaché de la Terre, il avait été encore possible que les entités astrales s’unissent au corps physique. L’influence lunaire grandissant durcit à tel point ces corps que les êtres solaires ne purent plus y pénétrer.

Ceci vous décrit plus concrètement ce que je n’ai pu que poser hier en vous disant que les forces solaires avaient perdu la possibilité de modeler les substances restées sur la Terre. C’est-à-dire que ces substances durcissant, les entités ne trouvèrent plus en elles un corps qui leur convînt. Ce fut aussi une cause du dépérissement de la Terre. Les âmes humaines étaient forcées d’abandonner les corps ; seuls les corps robustes purent survivre à cette période de pétrification qui atteignit son point culminant au temps où la Lune commença à se séparer de la Terre. Il ne resta plus alors sur la Terre que de rares êtres humains, et la désolation qui régnait ressemblait à une mort lente…

Après l’évolution lunaire, la Terre ressurgit du sein de l’univers. La Terre ne naquit pas comme autrefois était apparu Saturne. Tout ce qui reprenait vie contenait déjà l’effet des événements du passé, non seulement en ce qui concerne la matière physique, mais par rapport à tous les êtres qui avaient agi sur cette évolution. Car les Trônes n’avaient pu s’unir au globe de Saturne sans rester par là même unis à toute la suite de l’évolution. Ils réapparurent quand, des profondeurs du sein cosmique, la Terre émergea. Et avec eux revinrent les esprits de la Personnalité, les esprits du Mouvement, etc., comme avec la Terre réapparaissaient les germes des hommes, des bêtes et des plantes, car tout cela était en elle…

Ces divinités n’ont rien à faire avec la formation de l’univers. Il n’y a eu au commencement qu’une vaste nébuleuse originelle qui a commencé par un mouvement de rotation. Un globe s’en est d’abord détaché ; elle a continué à tourner, un second globe s’en est détaché, puis un troisième et ainsi de suite… La forme actuelle donnée au système créé par Copernic…

Il a existé des entités de toute nature qui avaient besoin de certaines conditions pour vivre et qui, lorsqu’elles se sont détachées en entraînant le Soleil, ont aspiré par leur puissance spirituelle la matière qui leur était nécessaire ; de même qu’il y eut d’autres entités qui ont attiré à elles la substance Terrestre.

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 C’est l’esprit qui a exercé son action jusque sur la partie la plus infime de la matière… L’esprit agit jusque dans les éléments matériels les plus grossiers… Il… faut… apprendre à connaître les « esprits » dans leur réalité concrète…

Avant que le Soleil ne pût se séparer, apparut la nécessité pour certains êtres spirituels d’occuper des endroits différents de l’espace. Ce qui se sépara ainsi forme aujourd’hui les planètes extérieures : Saturne, Jupiter et Mars. Les êtres qui se séparèrent tout d’abord en entraînant ces corps célestes avaient besoin des conditions de vie particulières qu’ils purent trouver sur ces planètes. Puis le Soleil se détacha avec les êtres les plus sublimes, et l’évolution continua jusqu’à ce que la Lune fût rejetée de la Terre… Quand le Soleil se détacha, certaines entités se crurent assez fortes pour pouvoir entreprendre avec lui ce voyage, mais comme seules les plus sublimes entités purent le faire, les autres durent s’en séparer par la suite ; elles se créèrent leur lieu propre, et c’est ainsi que naquirent les planètes Vénus et Mercure.

Saturne, Jupiter et Mars se sont donc détachés de la Terre avant le Soleil, tandis que Vénus et Mercure se détachèrent ensuite du Soleil, et enfin la Lune se sépara de la Terre. Voilà toute cette évolution sous son aspect spirituel. Elle nous décrit l’histoire de notre système solaire, nous fait comprendre comment sur chaque corps céleste se trouvent des êtres différents…

Qu’advint-il donc de ces entités astrales, spirituelles, qui auraient dû descendre sur Terre pour y être des hommes, mais qui n’y trouvèrent que des corps durcis qu’ils ne pouvaient habiter ? Ils ne purent tous s’unir aux esprits solaires, n’ayant pas pour cela la maturité nécessaire. Ils durent alors se retirer pour quelque temps sur les autres planètes Saturne, Jupiter et Mars.

Tandis que sur la Terre devenue un désert les corps ne pouvaient plus servir d’habitacle aux âmes humaines, celles-ci attendirent dans les planètes le temps où elles retrouveraient des corps humains. Seuls, quelques rares corps humains, les plus robustes, purent encore abriter des âmes pour perpétuer la vie au travers de la crise causée par le départ de la Lune. Quand celle-ci fut rejetée, les forces solaires purent agir à nouveau sur les formes humaines qui reçurent cette impulsion et redevinrent assez souples et plastiques pour que les âmes pussent redescendre de Saturne, de Jupiter, de Mars.

Et ces âmes revinrent peu à peu peupler les corps humains renouvelés…

L’homme est le premier-né de la création ; il est apparu sur Saturne, le règne animal sur le Soleil, le règne végétal sur la Lune et le minéral sur la Terre. Or, à partir du moment où la Lune quitte la Terre, les choses changent ; si elle ne l’avait pas quittée, tout serait mort sur cette Terre : d’abord les hommes, ensuite les animaux, et enfin les plantes. Cette momification fut évitée par le départ de la Lune ; tout se ranima, ressuscita. Comment se fit cette résurrection ?

Le règne le plus bas, le minéral, était, de tous, celui qui revenait de moins loin. Le végétal avait dépéri, mais pouvait aussi être vite ranimé. L’animal allait reprendre son évolution progressivement. Ce sont les formes humaines qui furent les plus longues à retrouver leur faculté d’accueillir les âmes venant vers elles des régions supérieures. Ainsi, après le départ de la Lune, tout l’ordre de l’évolution se renverse : auparavant le règne humain précédait l’animal, qui précédait le végétal, apparu à son tour avant le minéral ; mais maintenant les formes de vie reviennent d’abord au minéral, puis au végétal, à l’animal et enfin à l’homme, qui put alors seulement atteindre sa forme la plus haute. Les êtres qui ont eu la force d’attendre pour s’unir à l’élément physique sont donc ceux qui, au sens le plus fort du mot, se sont élevés le plus haut dans l’échelle spirituelle après le départ de la Lune. Tandis que ceux qui terminèrent immédiatement leur évolution spirituelle sont restés à un état plus primitif. Après le départ de la Lune, il apparaît donc en premier les êtres les plus arriérés… Ainsi tous les êtres qui se sont incarnés trop tôt ont dû rester à un degré inférieur de développement par apport à ceux qui ont attendu davantage.

Ceux qui constituent aujourd’hui les animaux supérieurs en sont restés au niveau de l’animalité parce qu’ils n’ont pu attendre assez longtemps que s’effaçât l’influence lunaire. Ils se sont contentés des corps qu’ils ont pu trouver. Les âmes descendues tout de suite après eux ont pu modeler le corps, mais seulement jusqu’au degré des races humaines primitives destinées ensuite à dépérir ou à s’éteindre, comme elles le font encore aujourd’hui.

Vint enfin la période où les âmes purent s’unir harmonieusement aux corps physiques et c’est à partir de ce temps-là seulement que reprit l’évolution humaine proprement dite.

Tout cela ne se rapporte pas seulement aux êtres qui ne constituent que les hommes supérieurs, mais aussi à ceux qui sont venus sur Terre dans des buts tout autres que pour y être des hommes. Eux aussi ont dû attendre le moment d’entrer dans un corps terrestre. Alors descendit cet Homme qui avait su attendre le plus longtemps et qui s’était développé intérieurement au cours de nombreuses incarnations. L’Être solaire vit sur la Terre l’âme de cet homme qui habitait le corps de Jésus de Nazareth, et qui s’était préparée pour Lui. Et il pensa : « Comme jadis les entités inférieures sont descendues pour édifier les corps, ainsi je descendrai maintenant et habiterai l’âme de l’homme qui a été le plus patient. » — Certes, il est d’autres entités qui s’étaient autrefois unies à des hommes ; mais c’est au plus patient de tous que s’unit le Christ ; celui qui, lorsqu’il fut baptisé dans le Jourdain, avait élevé son âme si haut que l’esprit, qui se tenait jusque-là dans les sphères cosmiques, put descendre et s’unir à lui. Depuis le baptême du Jourdain, le Christ habita le corps de Jésus de Nazareth… « Je suis la lumière du monde ! »… Nous l’entendons dans la bouche de Jésus de Nazareth, au moment où le Christ descend en lui…

 

V.                         L’évolution humaine au cours des incarnations de la Terre. – Le royaume des esprits lucifériens-ahrimaniens et celui des êtres spirituels divins. (p. 45)

En l’homme… le corps éthérique et le corps physique coïncident à peu près comme forme et comme grandeur (du moins dans la partie supérieure)… Or, il n’en est pas ainsi pour les animaux. Chez les animaux supérieurs, il existe déjà une grande différence de forme et de grandeur entre la tête physique et la partie éthérique qui y correspond… Un cheval… L’éléphant…

Le progrès humain consiste justement en ceci que le corps éthérique pénètre de plus en plus le physique et qu’à la longue les deux corps arrivent à coïncider… Le moment où ils s’interpénètrent a dû tomber à un point précis de l’évolution.

Si le corps éthérique s’était enfoncé trop tôt dans le physique, l’homme aurait atteint avant l’heure un certain niveau d’évolution et s’y serait arrêté. Il a pu continuer de se développer parce que cette pénétration s’est faite au moment voulu…

Au début de l’évolution terrestre notre globe ne faisait qu’un avec le Soleil et la Lune. L’homme était réapparu comme un germe contenant en puissance les corps physique, éthérique et astral ; la période que l’homme traversait alors, ainsi que la planète, est celle qu’on nomme habituellement dans la science spirituelle « l’époque polaire »…

Il vint ensuite l’époque où le Soleil se prépara à quitter la Terre avec les entités qui ne pouvaient continuer de vivre unies aux substances durcissantes de la Terre. Cette époque s’appelle « hyperboréenne ».

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Ensuite vint le temps du dépérissement continu de toute vie sur Terre ; les âmes humaines quittant cette planète et n’y laissant plus survivre que des formes étiolées. C’est l’époque lémurienne. A ce point se place la séparation entre la Lune et la Terre suivie d’une période de régénérescence pour tous les règnes terrestres… L’air pur, l’eau pure, tels que nous les connaissons, n’existaient pas, à de rares exceptions près. Le corps de l’homme était donc fait de cette matière plus subtile…

De même que dans l’eau chaude se trouvent dissoutes des substances qui se déposent lorsque cette eau refroidit, ainsi la matière dissoute se déposa sur le sol terrestre. L’eau fut libérée, l’air fut séparé de la matière : l’eau et l’air étaient formés.

L’homme put alors utiliser ces matières affinées pour construire son corps. Les hommes passèrent alors de cette troisième période dans celle que nous appelons la période atlantéenne parce que, pendant ce temps, la majorité de la race humaine vécut sur une partie du monde aujourd’hui engloutie, et qui se trouvait entre l’Amérique, l’Europe et l’Afrique actuelles, là où se trouve l’océan Atlantique. C’est là que se passa tout ce dont je vais vous parler maintenant…

Pendant les derniers temps lémuriens et les premiers temps atlantéens se fit la descente des âmes humaines.

Les formes physiques toutefois qui s’étaient constituées immédiatement après le départ de la Lune prirent des caractères fixes qui se transmirent à leurs descendants, et ne purent être habitées par des âmes humaines…

Ces âmes, et notamment celles qui ressentent le plus tardivement le désir de s’unir à de la matière, choisissent les formes les plus souples et n’y séjournent que peu. Par contre, il en est d’autres qui s’unissent à des formes déjà arrêtées, s’y enchaînent et sont par là retardées dans leur évolution. Les animaux les plus proches de l’homme sont apparus sous l’action de ces âmes descendues avant l’heure des espaces cosmiques pour s’unir à des corps qui ne pouvaient plus évoluer ni absorber entièrement les forces du corps éthérique. La forme humaine est celle qui est restée plastique aussi longtemps qu’il l’a fallu jusqu’à ce qu’elle pût être entièrement pénétrée du corps éthérique. C’est pourquoi les deux corps coïncident depuis le temps qui se place à peu près au dernier tiers de l’époque atlantéenne…

Avant que l’être physique de l’homme ne fût entièrement uni à son être intérieur, il était clairvoyant, mais d’une clairvoyance vague, confuse. Il Comment se fait-il qu’au cours de l’évolution la clairvoyance nébuleuse n’ait pu être remplacée par une conscience précise des choses, sans que pour cela l’homme perdît la vue du spirituel ? Parce qu’au moment de la crise lunaire, quand l’homme commença à reprendre une vie nouvelle, des êtres qu’il faut compter au nombre des retardataires — bien qu’ils soient plus élevés que l’homme — ont pris sur lui un ascendant. Nous avons déjà rencontré de ces êtres ; nous savons que certains d’eux s’étaient élevés vers le Soleil, et d’autres avaient émigré sur les planètes. Mais quelques entités n’avaient pas encore rempli la tâche qui leur avait incombé sur l’ancienne Lune. Inférieures aux dieux, quoique supérieures à l’homme, ces entités sont celles que, d’après leur chef, Lucifer, nous nommons les êtres lucifériens

Au temps de la crise lunaire, l’homme possédait déjà un corps physique, un corps éthérique, un corps astral et un « je ». Il devait ce « je » à l’action des esprits de la Forme, le corps astral aux esprits du Mouvement, le corps éthérique aux esprits de la Sagesse, et le corps physique aux Trônes… Mais les êtres retardés, demeurés au niveau de l’ancienne Lune, les êtres lucifériens, agirent également… Les conséquences de l’action luciférienne pénétrèrent son corps astral…

Le corps astral est aujourd’hui le porteur des instincts, désirs, passions. La structure de ce corps astral serait toute différente si les esprits lucifériens n’y avaient pas pénétré. Il posséderait des instincts sûrs qui ne pourraient que le diriger sainement…

C’est la raison pour laquelle non seulement il put par la suite contempler les étoiles, mais aussi s’enflammer pour leur beauté, déborder d’enthousiasme et de passion, ne pas se limiter seulement à suivre l’instinct divin déposé dans le corps astral, mais déployer des instincts personnels nés librement de son désir. C’est cela que les esprits lucifériens ont déversé dans son corps astral. Par là, ils lui ont donné toutefois autre chose : la possibilité du mal, de la faute.

Il ne l’aurait pas connue s’il avait suivi pas à pas le sentier des dieux sublimes. Les esprits lucifériens ont rendu l’homme libre, lui ont inculqué l’enthousiasme, mais lui ont apporté en même temps le germe des désirs inférieurs.

Dans une évolution normale, l’homme n’aurait ressenti à l’égard de tout ce qui l’entourait que des sentiments normaux ; maintenant les choses sensibles pouvaient l’attirer plus qu’elles n’eussent dû le faire, et il pouvait s’éprendre d’elles. La conséquence en fut qu’il atteignit le temps de la densification physique plus tôt que cela n’aurait dû être. Sa forme s’est durcie plus tôt que les entités divines n’en avaient décidé.

C’est dans le dernier tiers de l’époque atlantéenne que devait se faire le passage de la forme gazeuse à la forme solide. Mais cette condensation s’est faite prématurément, et c’est elle que la Bible décrit comme le péché originel

Quand nous observons la vie physique de l’homme à cette époque, nous voyons en elle le reflet de ces deux puissances qui s’affrontent : les forces divines qui agissent sur le « je » et les êtres lucifériens… Pendant longtemps encore, seuls se reproduisent ceux qui ont pu traverser sur Terre la crise lunaire… Ces hommes, ainsi que leur postérité, ont eu conscience d’être des « hommes-solaires »…   Plus la race humaine se multiplia, plus se perdit le sentiment vivant lié à l’hérédité.

On trouve ici encore l’action des êtres lucifériens s’exerçant sur le corps astral et opposant leur influence à celle des puissances qui conféraient à l’homme le « je ». Les êtres lucifériens agirent contre tout ce qui pouvait rattacher les hommes entre eux. Ils voulaient enseigner à l’humanité la liberté, l’indépendance…

Les esprits lucifériens s’attaquèrent à ce sentiment de groupe qu’un même amour maintenait uni. Ils surent cultiver le « je » individuel de l’homme pour l’opposer au « je » collectif qui s’exprimait dans ces groupes…

Nous avons vu les esprits lucifériens intervenir pour s’opposer aux puissances spirituelles… C’est l’influence luciférienne qui a porté l’homme à densifier son corps prématurément et à s’ouvrir à la perception physique...

Dans le rapport de son « je » à l’univers, dans la distinction entre ce « je » et l’univers, il s’introduisit ensuite dans la perception extérieure, ceux que nous appelons les esprits ahrimaniens, au sens de Zoroastre, ou esprits méphistophéliques.

Ils purent apparaître parce que l’homme s’était uni trop fortement au monde sensible et que son corps physique, son corps éthérique, son corps astral n’étaient plus ce qu’ils seraient restés si seuls les dieux avaient agi. Des entités que nous appelons lucifériennes ont pénétré son corps astral et l’ont conduit hors du paradis plus tôt qu’il n’aurait dû en sortir ; et la conséquence de l’influence luciférienne est l’introduction dans l’âme humaine des esprits ahrimaniens, méphistophéliques, qui ne montrent à l’homme le monde extérieur que sous sa forme sensible, et non pas comme il est en réalité. C’est pourquoi les Hébreux nomment ces esprits qui trompent l’homme : « mephiz - topel » - « mephiz » le corrupteur, et « topel » le menteur. On en a fait « Méphistophélès » qui est aussi Ahriman. Que nous a donné Ahriman, en opposition à Lucifer ?

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Par l’influence de Lucifer, les forces du corps astral sont devenues plus mauvaises qu’elles n’auraient dû, et l’homme a durci prématurément sa substance physique. Par contre, il en a reçu la liberté.

L’action des esprits méphistophéliques a eu pour conséquence que l’homme ne voit pas la base spirituelle du monde, mais qu’il est leurré par une illusion dans sa perception. Méphistophélès a inoculé à l’homme l’idée que le monde extérieur n’a qu’une existence matérielle, et que rien de spirituel ne s’y cache

Par une vie pure et une connaissance minutieuse d’eux-mêmes, certains Atlantes rejetèrent d’eux l’influence de Lucifer…

Ces hommes devinrent les guides de l’époque atlantéenne, ou bien encore les initiés atlantéens. Lucifer avait dirigé ses attaques de préférence contre ce qui, dans l’amour, se rattachait aux liens du sang. Ces hommes apprirent à résister à ses attaques. Ils eurent la vision spirituelle que ce n’est pas dans la séparation que réside la force qui fera progresser l’humanité, mais dans le pouvoir qui unit les hommes… Ils s’efforcèrent de détruire l’élément personnel : « Tuez en vous le « je » personnel !... »…

L’événement du Christ, c’est d’avoir transformé en un bien l’influence de Lucifer… Mais les excès qui seraient nés fatalement de l’influence luciférienne ont été transformés en bien par le Christ. Lucifer a apporté aux hommes la liberté, l’autonomie ; le Christ a transformé cette liberté en amour. Le lien du Christ conduit les hommes à l’amour spirituel…

Devons-nous encore taxer de « négligence » ceux qui sont ainsi demeurés en arrière ? Non ; car ils sont restés en arrière pour remplir une mission spéciale au sein de l’évolution : celle d’empêcher que les hommes soient soudés les uns aux autres par les liens du sang, et par là ils ont préparé les voies au Christ… Nous nous approchons toujours de plus en plus de cette vérité que l’homme pourra graver dans son âme comme une morale élevée… Là où l’homme voit le mal, qu’il regarde en sa propre âme et se demande : d’où vient qu’ici où je rencontre le mal, je ne sois pas assez avancé pour distinguer, dans ce mal, le bien ?

 

VI.                       Les oracles atlantéens. – Les lieux d’initiation de la période post-atlantéenne. – Le baptême du Jourdain. (p. 54)

 Nous avons vu que l’humanité était déjà sous la direction de guides pendant cette période de l’évolution que nous appelons la période atlantéenne, parce qu’elle s’est déroulée sur l’ancienne Atlantide… L’Atlante percevait déjà les minéraux, les plantes, les animaux — mais il les voyait confusément… En revanche, l’homme aurait vu très nettement ce que nous appelons « l’esprit de la rose », « l’âme de la rose ». Et il en était de même pour tous les objets qui l’entouraient…

En revanche, l’homme cultivait sa conscience personnelle ; il apprenait à se connaître toujours mieux… Les rapports réciproques reposaient alors sur des influences inconscientes qui passaient de l’un à l’autre… Toutes les influences étaient puissantes, et la volonté de les recevoir très forte également. Il ne reste plus de tout cela que des traces aujourd’hui

Cependant, il est resté exposé à toutes sortes d’influences ; non seulement à celle des êtres spirituels supérieurs qui habitaient le Soleil, ou qui étaient répartis sur les différentes planètes de notre système solaire — mais aussi à celle des esprits lucifériens, qui s’exerçait sur son corps astral. Ceux qui devaient être les guides du peuple atlantéen devaient combattre dans leur corps astral ces influences lucifériennes. L’homme avait autrefois une conscience clairvoyante et spirituelle, et c’est pourquoi il percevait toutes les influences spirituelles qui se faisaient jour en lui…

Si nous donnons à ces institutions, à ces lieux, un nom né plus tard, celui d’« oracle », nous dirons qu’il y eut sur l’Atlantide un « oracle de Mars » où l’on étudiait les mystères de Mars, etc… Qu’en advint-il après que le corps éthérique s’unit entièrement au corps physique ?... C’est alors que se produisit la grande catastrophe qui balaya le continent atlantéen.

 Des tempêtes formidables… L’Atlantide disparut. Les hommes émigrèrent vers l’Ouest et vers l’Est, et formèrent les plus diverses colonies… Un nouveau changement s’était produit dans les rapports du corps éthérique et du corps physique qui furent dorénavant beaucoup plus étroitement attachés l’un à l’autre… Il fallut donc que l’initiation prît une autre forme…

L’enseignement donné par l’influence directe de l’âme du maître sur le disciple fit graduellement place à un mode d’enseignement qui se rapprocha de celui que nous connaissons. A l’époque atlantéenne il y avait eu des oracles ; ce furent maintenant des sortes d’Écoles que les maîtres de l’humanité fondèrent pour y redonner les échos des antiques oracles atlantéens ; l’apparition des Mystères, des lieux d’initiation, se fait aux temps post-atlantéens… On voit partout que les disciples sont admis dans les mystères qui forment comme un intermédiaire entre l’église et l’école…

Car on ne parvient à une vision du monde spirituel que si tout ce qui a été déposé par l’étude dans le corps astral commence à vivre en soi si fortement que non seulement celui-ci mais aussi le corps éthérique, plus dense, en reçoit l’effet

Le disciple passait par une dernière préparation, non pas d’étude, mais de méditation, et par certains exercices destinés à développer la fermeté intérieure, le calme intérieur, l’objectivité intérieure… Et… au moment approprié il était plongé trois jours et demi dans un état comparable à la mort… Il fallait maintenant pour cela que l’homme fût plongé dans le sommeil…

Le grand progrès de l’humanité consiste en ce qu’ils ont vraiment pu développer cet amour pour le corps physique…

C’est pourquoi ce temps fut celui où l’on put le plus aisément reconduire l’homme vers l’esprit dont il avait gardé un goût très vif. Les choses ne purent naturellement rester ainsi, car c’est la mission de la Terre que les hommes apprennent à aimer cette Terre, à conquérir le plan physique. Si vous pouviez contempler l’époque de l’Inde antique, vous y verriez que la vie de l’esprit avait un niveau spirituel élevé… La vision spirituelle était considérable, mais par contre on ignorait encore le maniement des plus simples outils… L’on n’attribuait de réalité qu’au grand Être solaire ou à des entités de même nature…

Parmi ces hommes post-atlantéens, quelques-uns apparurent qui nourrirent la volonté de conquérir le domaine terrestre.

C’est à l’époque de Zoroastre que cette conquête commence, et la transition de l’Inde antique à la Perse préhistorique est de grande importance… Pour Zoroastre, le Soleil physique était le lieu d’activités d’entités spirituelles.

Par contre, l’initiation était devenue d’un accès plus difficile…Il contemple la marche des astres… En Égypte apparaît une géométrie qui va être appliquée… Une alliance se noue entre ce que l’âme ressent et la matière extérieure…

Mais à mesure que l’homme acquiert une puissance plus grande dans le monde sensible qu’il se met à aimer toujours davantage, c’est le monde spirituel et le temps qui s’écoule entre la mort et une nouvelle naissance qui lui deviennent étrangers… Ainsi l’homme devenait peu à peu étranger au monde spirituel… Les initiés se firent de plus en plus rares…

C’est alors qu’une impulsion nouvelle fut donnée à toute la vie humaine par l’événement du Christ, ce haut esprit solaire qui descendait peu à peu vers la Terre… Il fut pour cela nécessaire qu’un Être se sacrifiât, pour recevoir dans un corps humain l’esprit du Christ… Voilà ce que décrit dans l’Évangile de Jean la scène du baptême dans le Jourdain. Ce baptême est célébré par le précurseur du Christ Jésus, Jean-Baptiste, et donné à ceux qu’il a prédisposés à recevoir le Christ sous cette forme…

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A la mort, le corps physique demeure seul ; le corps éthérique s’est détaché de lui et reste un temps assez court uni au corps astral et au moi… A ce moment… la vie passée défile toute entièreLe corps éthérique est totalement le porteur de la mémoire, pendant la vie sur Terre ; sans le corps physique, l’homme pourrait voir sans cesse ce panorama qu’offre le corps éthérique. Quand l’homme est privé du corps physique par la mort, toute cette vision rétrospective afflue dans sa conscience ; elle peut aussi survenir dans les cas de danger de mort, de grande frayeur, de choc…

Le baptême consistait en ce que chacun d’eux demeurât sous l’eau assez de temps pour qu’il revécût sa vie, et ce qu’il revivait ainsi était un tableau spirituel… Après avoir reçu ce baptême de Jean-Baptiste, on savait qu’il existe un monde spirituel, et on pouvait se dire : en vérité, ce qui vit en moi peut aussi exister sans mon corps. On tirait de ce baptême la conviction qu’un monde existe auquel on appartient par l’esprit… Ceux qui venaient vers le Baptiste avaient compris que leur vie était de nature spirituelle, et qu’ils étaient autre chose que ce que le corps physique faisait d’eux… Ils avaient appris qu’en eux vivait quelque chose de spirituel, que leur moi fait partie du monde spirituel. Et cette conviction, ils l’avaient acquise dans le corps physique… Il comprenait que ce qui s’était révélé à Moïse, le « ejeh asher ejeh » dans le Buisson ardent et dans le feu du Sinaï, était ce qui parcourt la Terre et s’exprime par le nom de Iahvé ou Jéhovah, ou encore « Je suis le JE SUIS ». Car ainsi s’exprime vraiment le monde spirituel… Il savait aussi : « Dans ce monde spirituel vit le JE SUIS dont mon esprit est né. »… Quelques-uns reconnaissaient que l’esprit qui allait plus tard être appelé le Christ s’approchait de la Terre…

Les esprits lucifériens avaient permis à chacun de trouver sa propre individualité… la personnalité s’affermissait ; mais en revanche les hommes avaient perdu leur attache avec le monde spirituel et s’étaient épris de la Terre, du plan physique.

L’homme s’était attaché au plan physique, et la vie qui s’écoulait pour lui entre la mort et une nouvelle naissance s’était éteinte à ses yeux. L’action de Jean-Baptiste avait déjà introduit un événement essentiel ; elle avait permis que l’homme conservât son individualité et retrouvât pendant le temps de l’immersion du baptême cette même origine spirituelle qu’il avait autrefois appelée « les dieux »… Le Christ représente cette force spirituelle de l’amour descendant sur notre Terre, force qui n’est encore aujourd’hui qu’au début de son activité… Le principe du Christ ne s’est encore exercé que depuis fort peu de temps.

Bien qu’on cherche actuellement à réaliser l’harmonie et l’accord des âmes dans certains domaines extérieurs de la vie, les hommes ne se doutent, pas encore de ce que cette harmonie pourrait être pour les choses les plus intimes et les plus importantes de la vie (s’ils le pressentent, c’est tout au plus par une idée abstraite qui, dans ce domaine, est bien ce qui a le moins de valeur). En vérité, le christianisme n’en est qu’à son début ; de plus en plus, il pénétrera dans les âmes, et il ennoblira le « je ». Les peuples encore jeunes s’en aperçoivent. Ils voient que, pour aller de l’avant, il leur faut s’unir à la force du Christ, s’en pénétrer… On sent vibrer en Tolstoï l’impulsion christique… L’amour qui unira les hommes sera toute autre chose que ce que nous voyons s’exprimer aujourd’hui même chez les plus nobles esprits, lorsque l’harmonie extérieure et l’amour auront pénétré la vie, et que l’impulsion christique aura vivifié jusqu’au plus profond de nous-mêmes

Les grandes vérités que nous exprimons sous des formes périssables devront toujours trouver des formes de plus en plus vastes.

 

VII.                  Le baptême de l’eau. – Le baptême du feu et de l’esprit. (p. 64)

Le baptême de Jean provoquait… un état anormal. On plongeait le néophyte dans l’eau ; ce qui avait pour résultat de séparer le corps éthérique du corps physique, de le mener à une vision de sa vie, et à la conscience du lien de cette vie individuelle avec le monde divin des esprits… Seuls, ces hommes qui furent initiés au sens de l’Ancien Testament perçurent quelque chose de l’unité des forces divines… Jean baptisait avec l’eau, et le corps éthérique se séparait quelques instants du corps physique. Mais Jean se disait le précurseur de « Celui qui baptise dans le feu et dans l’esprit »….

Quelle est donc la différence entre le baptême de Jean-Baptiste et le baptême de feu et d’esprit que donne le Christ ?...

Derrière tout événement physique se trouve un phénomène spirituel, même derrière des événements physiques tels que les actions humaines… Comprendre qu’un phénomène physique est bien le résultat de ce qui se passe dans l’âme…

Celui qui nourrit son esprit et le fortifie, il prend par là peu à peu le contrôle de tout ce qui se passe dans ses corps physique et éthérique… Si l’on savait quel apport spirituel vient de l’incarnation passée, on comprendrait son action à côté des effets de l’hérédité ; on saurait qu’en accroissant la force spirituelle on la verrait prendre le dessus sur la partie matérielle, c’est-à-dire sur les facteurs héréditaires… Quand on ne travaille pas sa nature spirituelle, où rien n’est entré par hérédité, on devient esclave des caractères transmis par les parents… On peut vraiment influencer son esprit en se consacrant à fortifier sa nature spirituelle… La Science spirituelle, les recherches occultes, nourrissent l’esprit…

Lorsque notre Soleil s’est détaché de la Terre, des êtres partirent avec lui. Leur guide, c’est le Christ ; c’est lui qui s’est éloigné avec le Soleil au temps de cette séparation. Tout d’abord, il a commencé à rayonner sa force vers la Terre, comme du dehors, puis il s’est approché de plus en plus de cette Terre. Zoroastre le vit encore sous la forme d’Ahura Mazdâ ; Moïse le contemple déjà dans les éléments extérieurs, et quand le Christ apparaît sur Terre dans le corps de Jésus de Nazareth, c’est toute la force christique qui s’unit à un corps humain. Ainsi, pour l’anthroposophie, le Christ est le véritable centre du tableau d’ensemble des réincarnations, de l’essence de l’homme et du Cosmos, etc…

Parce que l’homme a aujourd’hui un corps hérité, il ne peut y provoquer que des phénomènes tels que rougir, pâlir, rire, pleurer ; mais plus tard, il acquerra toujours plus de maîtrise, il sera capable de spiritualiser par l’âme les fonctions du corps et d’occuper dans le monde extérieur le rôle d’un régulateur des forces spirituelles. La force du Christ règnera et agira en lui…

C’est l’impulsion qui peut dès maintenant, là où elle est assez grande, aboutir au même but que se proposait l’antique initiation.  Celle-ci passait de la façon suivante :… Il fallait que ce corps éthérique fût détaché ainsi pour que le disciple pût contempler le monde spirituel à travers ces forces éthériques… Et même à l’égard de l’initiation le Christ a apporté une nouvelle force sur la Terre, car aujourd’hui, il est possible de devenir clairvoyant sans ce dégagement du corps éthérique…

Celui qui peut vraiment s’abîmer si profondément dans les événements qui se déroulèrent jadis en Palestine par le mystère du Golgotha, qu’il se confonde avec eux, et voir ces événements comme tangibles devant lui, vivant d’une vie qui se communique à la circulation même de son sang, celui-là obtient le résultat qui était autrefois obtenu par le dégagement du corps éthérique.

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Ainsi par l’impulsion du Christ, quelque chose est entré dans le monde qui permet à l’homme d’agir sur ce qui fait intérieurement battre son sang. Il n’y a plus d’état anormal, d’immersion dans l’eau, mais uniquement l’influence toute puissante de l’individualité du Christ… Le feu intérieur qui s’exprime dans la circulation du sang

Lorsqu’on annonce au Christ Jésus que Lazare est malade, il prétend : « Cette maladie ne va point à la mort, mais elle est là pour que Dieu se révèle en lui ! »… Qui est donc Lazare après sa résurrection ? - Il est l’auteur même de l’Évangile de Jean ; c’est lui, Lazare, qui a été initié par le Christ. Le Christ a déversé le message de son propre être dans l’être de Lazare, afin que ce message du quatrième évangile, l’Évangile de Jean, répande dans le monde la description de la vraie nature du Christ. …

Le disciple « que le Seigneur aimait », n’apparaît qu’après la résurrection de Lazare…

 

VIII.                    Les mystères initiatiques dans leurs rapports avec les quatre évangélistes. – L’éveil par le Christ-Jésus. (p. 73)

L’impulsion du Christ opère d’une façon toute autre mais aussi puissante sur la conscience… L’Évangile de Jean… nous révèle les secrets les plus profonds de l’impulsion christique…. Dès le début il est dit que ce qui vécut trois ans dans le corps de Jésus de Nazareth, c’est le Logos lui-même, le Verbe primordial et éternel, ou bien, d’après le nom qu’on peut lui donner aussi, « l’éternelle sagesse créatrice »4… Ce qui déplaît à ces hommes, c’est que l’on fasse de Jésus de Nazareth une entité divine… Lorsque Jésus de Nazareth fut baptisé par Jean, il prit la résolution de détacher ce « je », ce quatrième élément de l’être humain, du corps physique, du corps éthérique et du corps astral. Il quittait ainsi la plus noble des structures qui allait pouvoir servir de réceptacle à une entité, après avoir été formée et préparée par le « je » le plus pur qui ait pu exister…

Dans cette coupe si claire allait pouvoir descendre le Logos, la sagesse créatrice ; et c’est ce qui se passa lors du baptême dans le Jourdain… Si vous lisez les Évangiles, vous y rencontrerez des contradictions…

L’akasha nous apprend plus encore… elle nous fait remonter jusqu’à une époque où celui qui devait plus tard s’appeler Jésus de Nazareth avait acquis dans la Perse antique un degré très haut d’initiation ; son action avait été fondamentale. Son regard avait pu plonger jusque dans le monde solaire, jusqu’au grand esprit solaire Ahura Mazda… Le Christ s’est servi des trois corps de Jésus de Nazareth, physique, éthérique et astral, pour son action sur Terre. Or, vous savez que toutes nos pensées, tout ce que nous exprimons par nos paroles, tout ce que nous ressentons, dépend du corps astral

Pendant trente ans, Jésus de Nazareth a vécu par son moi dans ce corps astral auquel il a communiqué tout ce qu’il avait connu et acquis au cours d’incarnations précédentes… Lorsque, dans l’antique Perse, Zoroastre levait ses regards vers le Soleil, vers Ahura Mazda, son corps astral en recevait l’empreinte… Quoi d’étonnant alors à ce que nous entendissions l’écho d’expressions de l’ancienne Perse retentir dans l’Évangile de Jean, et y refléter les initiations antiques ! L’impulsion qui vivait dans le Christ passa dans son disciple Lazare ressuscité…

Ceux dont la vision avait atteint des êtres spirituels sous la forme idéale du lion, ont vu dans le corps du lion une sorte de reflet de ce qu’ils avaient contemplé. Mais comme ils se rendaient compte aussi que ces esprits agissaient sur l’évolution humaine, ils ont donné au corps du lion une figure d’homme. Le Sphinx vient de là…

Ceux que l’initiation avait mis spécialement en rapport avec les esprits-taureaux recevaient surtout un enseignement relatif aux mystères de la nature humaine qui concernent le système des glandes, intimement lié au corps éthérique. . Ils étaient également initiés à tout ce qui, dans l’homme, se rattache étroitement à la Terre, ce qui le rive sur Terre ; voilà ce que donnait une initiation aux mystères des esprits-taureaux…

Il en était autrement pour les initiés aux mystères de l’aigle. Ils contemplaient les êtres spirituels qui sont très particulièrement liés avec ce qu’est l’homme… Ces animaux qui, par leur organisme, sont au-dessous de l’homme, incarnent des êtres qui se sont durcis trop tôt, qui n’ont pas su garder la substance de leur corps assez souple et plastique pour attendre le moment où ils auraient pu revêtir une forme humaine… Tout d’abord, ils se sont maintenus dans une substance trop plastique, tandis que les autres animaux s’incarnaient dans des substances trop denses… Au milieu se trouvent les esprits-lions et les esprits harmonieux qui ont su exactement garder la mesure, les esprits-hommes

Au temps où les évangiles furent écrits, les biographies n’étaient pas encore dans les mœurs comme aujourd’hui. Ce qui semblait l’essentiel, c’était qu’un grand initié eût reçu le Christ en son esprit, c’était la manière d’arriver à l’initiation…

La description de Matthieu est celle d’un initié aux mystères de l’Homme… De son côté, l’évangéliste Luc nous donne une description en rapport avec l’initiation qu’il a reçue, celle des esprits-taureaux… l’auteur de l’Évangile de Marc. Sa description ne commence qu’à partir du baptême de Jean. L’initiation reçue par cet évangéliste l’amenait à connaître le monde spirituel sous l’image de l’esprit-lion… Une antique tradition donne à l’auteur de l’Évangile de Marc le symbole du Lion…

L’Évangile de Jean. Nous disions : celui qui a écrit cet évangile a été initié par le Christ lui-même. C’est pourquoi il a pu donner ce qui contient pour ainsi dire le germe de la puissance actuelle qui émane de l’impulsion christique, et non seulement pour les temps présents, mais même pour les temps les plus lointains. Il a appartenu au groupe des initiés aigles qui se sont élevés au-dessus du développement normal. Dans l’Évangile de Marc nous trouvons ce qui correspond normalement à l’époque. Celui de Jean nous exprime comment le Christ agira dans les âges à venir, ce qui s’élève au-dessus de la Terre et la dépasse. C’est pourquoi la tradition attache à Jean le symbole de l’Aigle…

La vie du Christ sont rendus de la même façon par les quatre évangélistes… chacun d’eux peint le Christ Jésus tel qu’il l’a compris d’après le genre de son initiation. C’est ce que j’ai déjà esquissé dans le livre « Mystère chrétien ; Mystères antiques »…

Nous voyons que le Christ est éclairé de quatre cotés, par les évangélistes…

Ceux qui ont pu reconnaître la nature de cette mort du Christ ont toujours continué de considérer le Christ comme un être vivant. Que s’est-il donc passé, de ce point de vue, sur la route de Damas, lorsque celui qui était « Saül » devient « Paul » ?...

Au regard du clairvoyant, le monde spirituel n’était plus le même après l’événement du Golgotha qu’auparavant. Depuis cet événement, on pouvait voir le Christ dans l’aura de la Terre, tandis qu’auparavant on ne pouvait l’y trouver… Et il vit dans cette aura ce que Zoroastre avait contemplé dans le Soleil sous le nom d’Ahura Mazda. Il sut alors que celui qui avait été crucifié avait ressuscité !... Et dès lors, il se fit l’apôtre du Christ vivant pour qui la mort n’a pas la même signification que pour les autres hommes… La mort sur la croix, c’est la clé de voûte du christianisme, avec ce dont nous allons parler demain, la résurrection et la force de cette parole : Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde… Paul rattache le christianisme à la résurrectionUn christianisme de l’avenir est impossible si cette idée n’est pas comprise

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IX.                       La composition artistique de l’Evangile de Jean. – La progression dans les forces employées pour les miracles. (p. 83)

  L’Évangile de Jean… se révèle le document le plus admirable que possède l’humanité… Cette œuvre est le document le plus achevé qui existe au monde… L’évangéliste énumère sept miracles jusqu’à la résurrection de Lazare…

Quels sont ces sept miracles ? 1. Les noces de Cana en Galilée 2. La guérison du fils d’un officier du roi 3. La guérison de l’homme malade depuis 38 ans à l’étang de Béthesda ; 4. La multiplication des pains 5. Le miracle de Jésus marchant sur les eaux 6. La guérison de l’aveugle-né ; 7. Et enfin le plus grand des miracles, l’initiation de Lazare, qui devient l’auteur de l’Évangile de Jean… Que signifient ces sept miracles ?...

Pour acquérir peu à peu la conscience de soi, l’homme a dû renoncer à la clairvoyance. Le temps viendra où tous les hommes seront clairvoyants tout en conservant la conscience du « je »…

Telles sont les trois étapes que l’humanité a déjà parcourues partiellement et qu’il lui reste maintenant à terminer.

Dans l’Atlantide, les hommes ont connu une clairvoyance de rêve puis ils acquirent lentement la conscience des objets extérieurs il leur reste à atteindre une conscience clairvoyante qui s’unisse au sens du « je »

Tout se transforme. — Les rapports des êtres humains entre eux ont changé aussi… Autrefois, jusqu’au moment où l’impulsion christique est venue féconder l’évolution, les hommes avaient les uns sur les autres une très grande influence…

Autrefois l’amour guérissait, il agissait sur l’âme comme un baume. Avec le développement progressif de la pensée et de l’intelligence ont disparu ces forces qui passaient d’une âme à une autre… L’âme avait bien d’autres pouvoirs encore…

Il ne suffit pas de vouloir agir ; il faut encore que des êtres soient en état de recevoir cette influence. Autrefois, ceux qui étaient sensibles à ces influences étaient plus nombreux ; nous ne serons donc pas surpris de voir que l’on guérissait les maladies par ces moyens spirituels et que certains résultats mêmes, que l’on obtient aujourd’hui par des moyens mécaniques, étaient obtenus autrefois par cette action de l’âme.

L’apparition du Christ a eu lieu à une époque très précise pendant laquelle il subsistait encore quelques restes, hérités de l’époque atlantéenne, de ces courants spirituels. L’humanité allait entrer de plus en plus dans la matière, et perdre par là même toute possibilité d’agir par l’esprit. C’est à ce moment précis que l’impulsion christique devait apparaître et agir profondément sur ceux qui étaient encore sensibles à l’influence de l’esprit.

Pourquoi est-il mentionné… dans le miracle des noces de Cana, qu’il se produisit « à Cana en Galilée » ?... Il se tourna donc vers ceux en qui le mélange du sang avait éteint cette sorte de foi ; il alla vers les Galiléens et commença là sa mission…

C’est par eux que le Christ put entreprendre la mission nouvelle de donner à l’humanité une conscience du « je » qui ne fût plus dépendante des liens du sang, — cette conscience qui se dit : Je me rattache par moi-même au Père spirituel, au Père dont le sang ne parcourt pas les générations, mais dont la force intérieure atteint chaque âme individuellement

« Moi et le Père sommes UN » et non pas « Moi et le père Abraham », c’est-à-dire l’ancêtre physique…

Le temps où vécut le Christ forme justement la limite, et c’est sur les derniers vestiges d’une ancienne humanité qui se transforme que le Christ montre le pouvoir de l’esprit sur le physique… Ainsi ce premier miracle et toutes les circonstances qui l’entourent montrent bien comment put s’exercer sur le monde physique une action qui vint de l’accord des âmes, de ce qui fut encore en rapport avec les liens du sang… C’est dans ce premier miracle que la force du Christ se manifeste le moins.

Elle a encore eu besoin d’être soutenue par les forces de l’âme maternelle et les forces de la nature qui se trouvent dans l’eau fraîchement puisée… La seconde fois que le Christ doit exercer sa puissance, celle-ci a déjà grandi…

Le second miracle est la guérison du fils d’un officier du roiEt comment agit la parole du Christ : « Va, ton fils vit » ?

Son action éveille dans l’autre âme la force de croire ce qui lui est dit là… Ainsi une force agit sur l’autre : il faut les deux…

Le troisième miracle est la guérison de l’homme qui se trouvait près de la piscine de Bethesda et qui était malade depuis 38 ans… « Jésus lui dit : Lève-toi, prends ton lit, et marche ! »… Le Christ a déversé en cette âme la force d’accomplir une action qui l’atteint jusque dans sa nature morale… Voici une maladie qui, d’après ce que le Christ dit lui-même, est en rapport avec le péché du malade. A ce moment le Christ peut donc intervenir jusque sur l’âme même…

Dans le miracle précédent, il lui a encore fallu le concours du père. Maintenant, sa force pénètre dans l’âme du malade, et ce qui lui donne une puissance de plus, c’est que le fait se passe le jour du Sabbat… « Pour que le Sabbat soit vraiment aux yeux de Dieu un jour saint, les âmes doivent ce jour-là tirer de la puissance divine une force spéciale. »… La force christique…

Le quatrième miracle, celui de la multiplication des pains pour cinq mille hommes… « Et Jésus prit les pains ; et ayant rendu grâces, il les distribua à ses disciples, et ses disciples à ceux qui étaient assis ; et il leur donna de même des poissons autant qu’ils en voulurent. »… le Christ Jésus s’adresse ici aux âmes des disciples, de ceux qui étaient avec lui et qui s’élevaient graduellement à son niveau… La force christique vient encore de s’élever. Précédemment, c’est dans l’âme du malade qu’elle s’est déversée ; elle atteint maintenant le niveau de l’âme de ses disciples…

Le cinquième miracle… « … Les disciples descendirent au bord du lac. Et étant entrés dans une barque … Jésus n’était pas venu à eux. Et le lac élevait des vagues, car un grand vent soufflait… ils virent Jésus marcher sur le lac, et s’approcher de la barque»… Sa forme même en est arrivée au point de pouvoir être contemplée spirituellement…

Le miracle suivant, c’est la guérison de l’aveugle-né5… « Jésus répondit : Ce n’est point qu’il ait péché, ni ses parents mais c’est afin que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. » Et alors il le guérit… En d’autres termes, le Christ répond : Au fond de chaque âme humaine, il y a le germe d’un dieu, il y a quelque chose de divin.

Combien de fois n’avons-nous pas dit que le quatrième principe de l’entité humaine, le « je », était un germe de divinité dans l’homme. « Vous êtes des Dieux ! » revient à dire : Quelque chose de divin habite en vous, qui n’est ni la personnalité qui vit entre la naissance et la mort, ni ce que nous ont faits nos parents.

Cet élément divin, cette individualité humaine passe de vie en vie au cours des réincarnations. Ainsi donc, ce ne sont pas les parents qui ont péché, ni la personnalité terrestre qui dit habituellement d’elle-même : « je ». Mais ce qui a rendu cet homme aveugle en cette vie a sa cause dans une vie antérieure. Il est aveugle parce que les œuvres du principe divin en lui manifestent par sa cécité ce qu’elles furent antérieurement. Le karma, la loi des causes et des effets, est clairement indiqué ici par le Christ Jésus… En déversant sa force dans le « Je suis », le Dieu Christ se révélant au Dieu dans l’Homme, il donne à l’homme le pouvoir de se guérir du dedans par lui-même. Le Christ vient d’atteindre le for intérieur de l’âme…

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X.                 Que s’est-il passé au baptême de Jean ? – Le règne du Christ sur les lois du système osseux et son triomphe sur la mort. (p. 93)

  La chronique de l’akasha : Lorsque Jésus de Nazareth eut environ trente ans, l’entité divine qu’on appelle le Christ pénétra dans ses enveloppes corporelles… Ce sacrifice consiste dans le fait que vers trente ans, le « je » de Jésus de Nazareth peut quitter le corps physique, le corps éthérique et le corps astral qu’il a purifiés et ennoblis. Rien n’était meilleur ni plus pur que ce triple réceptacle humain. Au moment du baptême, dans ce réceptacle abandonné par le « je » de Jésus de Nazareth, descend l’entité qui n’a encore jamais vécu auparavant sur Terre, qui n’a passé par aucune incarnation antérieure, - celle du Christ…

. « Et l’esprit de Dieu planait (ou couvait) sur les eaux »… Cet esprit divin de notre système solaire prend corps…

C’est dans un organisme triple — corps physique, corps éthérique et corps astral, — que descend le Christ… Dans les anciennes initiations, c’est l’homme tout entier qui était transformé… Son corps éthérique se trouvait alors séparé de son corps physique, et les expériences qui avaient pénétré dans le corps astral pouvaient pénétrer à leur tour le corps éthérique ; cela veut dire que celui qu’on initiait passait de l’état de « purifié » à celui d’« illuminé », c’est-à-dire de celui qui contemple le monde spirituel… Lorsqu’il réintégrait son corps physique, il acquérait la maîtrise complète de certains éléments subtils de ce corps physique… Mais il y avait quelque chose dont aucune initiation n’avait pu donner la maîtrise à l’homme…

C’était — si singulier que cela puisse paraître — les phénomènes très subtils qui sont à la base du système osseux…

Par la descente du Christ dans le corps de Jésus de Nazareth, le « Je » du Christ  devint le maître du corps tout entier, jusque dans les os… Celui qui a passé par une certaine initiation domine encore plus profondément son corps : il lui devient possible d’exercer une action précis sur les mouvements des différentes parties de son cerveau, etc…

Alors qu’à une naissance l’esprit descend des mondes supérieurs s’unir à l’élément physique, ici, au-dessus de la tête de Jésus de Nazareth, apparaît sous forme d’une blanche colombe le « je » qui se sacrifie pour que l’esprit du Christ puisse s’incarner. L’élément spirituel qui se détache du physique apparaît… cette naissance est un sacrifice ; c’est elle qui rend possible que l’esprit du début de notre évolution terrestre qui « planait sur les eaux » s’unisse à la triple enveloppe de Jésus de Nazareth et l’emplisse de force et de lumière… Nous touchons ici à un nouveau mystère très profond…

Au moment où l’esprit du Christ descend dans le corps de Jésus de Nazareth et y introduit une transformation, une action s’exerce jusque sur la mère de Jésus de Nazareth, et cette action consiste en ce qu’au moment même du baptême par Jean-Baptiste, la mère retrouve sa virginité : c’est-à-dire que son organisme redevient celui d’une femme avant la puberté.

La mère de Jésus de Nazareth est redevenue vierge à la naissance du Christ !

Mais tenons encore compte d’une chose : le principe masculin et le principe féminin collaborent pour que l’humanité se reproduise. Tout ce qui produit la ressemblance dérive du principe féminin. Tout ce qui crée une différence se rattache au principe masculin.. Quand un homme s’était élevé par l’initiation jusqu’à posséder le pouvoir sur les forces du sang qui coule à travers les générations par l’élément féminin du peuple, quel pouvait être le caractère essentiel de cet homme ? D’après la terminologie de l’initiation persane, on donnait à chacun des degrés de l’initiation différents noms : « corbeau » pour le premier, « occultiste » pour le second, « guerrier » pour le troisième, « lion » pour le quatrième ; le cinquième degré recevait le nom du peuple auquel appartenait. l’initié ; en Perse, cet initié se serait appelé par conséquent un « Perse »…

L’initié commençait par devenir un « corbeau » ; c’est-à-dire qu’il pouvait aller dans le monde extérieur pour observer ; il était alors le serviteur de ceux qui se trouvaient dans le monde, spirituel et leur apportait des nouvelles du monde physique

Celui qui avait atteint le second degré était déjà dans le monde spirituel.

A l’initié du troisième degré était confiée la mission de défendre les vérités de l’occultisme ; d’où son nom de « guerrier »…

L’initié du quatrième degré avait acquis une certaine fermeté dans ces vérités spirituelles.

Enfin celui du cinquième avait appris à manier ces forces du sang dont nous avons parlé. S’il avait reçu son initiation parmi le peuple des Israélites, il s’appelait un « Israélite »… Nathanaël répond : « Voici un véritable Israélite… »…

Le Christ lui dit, pour bien marquer qu’il s’agit vraiment de l’initiation : « … Je t’ai vu quand tu étais sous le figuier ! »

Le mot « figuier » est employé ici dans le même sens que dans l’histoire du Bouddha : le figuier, c’est « l’arbre-bodhi ».

C’est le signe d’initiation. Le Christ lui dit donc : je te reconnais comme un initié du cinquième degré… L’auteur de l’Évangile de Jean nous démontre graduellement que dans le corps de Jésus de Nazareth habite un être supérieur au cinquième degré d’initiation… A ce degré d’initiation on maîtrisait les forces occultes magiques qui coulent dans le sang des générations, qu’on ne faisait plus qu’un avec l’âme du peuple. Or, celle-ci s’exprimait par les forces féminines…

Or le Christ entre dans un rapport tout nouveau avec ces forces de la femme. Il est uni à cette femme qui est redevenue vierge par le baptême dans le Jourdain, qui a recouvré en elle les forces pleines de sève de la virginité.

Pour ceux qui avaient alors des connaissances occultes il n’y avait rien là d’extraordinaire à ce que le fils, s’il en était au cinquième degré d’initiation, pût faire un usage magique des forces du sang qui, par la mère, agissaient dans le peuple. Mais le Christ révéla les forces de la femme sous un aspect spirituel plus élevé lorsque celle-ci recouvre sa force virginale…

A Cana… Il prolonge l’action de la Terre. Dans la vigne, la Terre peut changer l’eau en vin…

Le Christ qui s’est approché de la Terre, qui est devenu l’esprit de la Terre, agit dans tout l’organisme terrestre ; s’il est le Christ, il doit pouvoir faire ce que la Terre fait dans la vigne, changer l’eau en vin… C’est le corps de Jésus de Nazareth, si pur et noble soit-il, qui doit être encore perfectionné. Car en lui vont se déverser des forces nouvelles.

Lors de la guérison du fils de l’officier… Son action ne doit plus maintenant se limiter au corps physique, mais pénétrer dans l’âme. C’est alors qu’il peut agir par l’intermédiaire du père sur l’enfant malade, et de même sur l’âme pécheresse de celui qui souffre depuis trente-huit ans. Si cette action n’avait pénétré que jusqu’au corps éthérique, comme au moment de la transformation de l’eau en vin, elle n’eût pas suffi.

Elle doit agir sur le corps astral, car c’est le corps astral qui commet le péché. Pour atteindre plus profondément la personnalité humaine, le Christ doit continuer de travailler la triple enveloppe corporelle de Jésus de Nazareth. Ce n’est pas lui qui se transforme, mais il perfectionne ces corps ; et il le fait de telle sorte que le corps éthérique puisse être plus indépendant du corps physique. Le moment vient où ce résultat est obtenu et où le corps éthérique acquiert par là un plus grand pouvoir sur le corps physique, où il peut y produire des actions plus puissantes, y régner dans toute sa force…

Le corps astral lui-même doit agir de telle manière qu’il permette au corps éthérique d’exercer cette action sur le corps physique.

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Quand vient ce pouvoir au corps astral ? Il lui vient lorsqu’il nourrit en lui les sentiments qui l’harmonisent avec le monde extérieur et ce qui s’y passe, et qu’il triomphe surtout de l’égoïsme humain

Comment le Christ se sert-il du corps de Jésus de Nazareth ?... Il acquiert ainsi la possibilité de dire plus tard que son corps astral est devenu assez fort pour reconstruire en trois jours le corps physique si ce dernier était détruit…

Au chapitre qui suit la purification du temple… : « …cet homme vint de nuit trouver Jésus…)… « De nuit » veut exactement dire que cette rencontre entre le Christ et Nicodème eut lieu dans le monde astral, dans le monde spirituel, et non dans le cadre de la conscience journalière. Le Christ s’entretient avec Nicodème en dehors du corps physique, — « de nuit », quand le corps astral a quitté le corps physique et le corps éthérique.

Ainsi les trois éléments corporels de Jésus de Nazareth furent élevés par le Christ à la hauteur des actes qui allaient suivre…

L’étape suivante fut celle du repas donné aux cinq mille et de l’apparition sur les eaux. Il fallait encore autre chose pour qu’on pût voir le Christ dans son corps sans qu’il fût physiquement présent et qu’il pût être vu par d’autres hommes encore que par ses disciples… Il n’est pas dit que les yeux ordinaires le voyaient, mais que ceux qui le cherchaient le trouvèrent, par un accroissement de leur force intérieure… Quand le Christ guérit, c’est que sa force a le pouvoir de se déverser dans une autre âme… « Je suis l’eau vivante ! »… Il se révèle comme vivant au sein de ces éléments mêmes… Il ne fait qu’un avec les forces qui agissent dans la Terre entière, dans l’univers entier

Dans la guérison de l’aveugle-né, le Christ intervient non seulement dans la vie qui s’écoule entre la naissance et la mort, mais aussi dans l’âme individuelle qui passe d’une existence à l’autre… Il existait dans le Christ la force spirituelle qui se trouve dans la lumière… Il est dit… : « Or Jésus leur parla et dit : Je suis la Lumière du monde. »…

A ce moment fut apportée à l’évolution terrestre l’impulsion qui allait vaincre la mort. Voilà qui explique la parole qui a été écrite sur celui qui fut appendu à la Croix : « Vous ne devez point lui briser les os ; » Pourquoi cela ?

Parce qu’il ne fallait pas toucher à la forme qui était en la puissance du Christ. Si on lui avait brisé les os, une force humaine inférieure se serait mêlée à la puissance que le Christ devait exercer jusque dans les os de Jésus de Nazareth. Cette forme devait être respectée car elle devait rester entièrement sous la domination du Christ.

 

XI.                 L’harmonieux équilibre donné aux forces intérieures de l’homme par le Christ. – Les rapports des mystères avec les oracles et les évangiles. (p. 103)

L’événement du Christ apparaît… comme l’impulsion nouvelle qui pénètre tout le devenir de la Terre…

Suivons ce qui se passe lorsqu’au réveil le corps astral et le « je » réintègrent le corps éthérique et le corps physique.

Un dessin le fera mieux comprendre. Représentons en bas le corps physique, au-dessus le corps éthérique. Lorsqu’au réveil y pénètrent le corps astral et le « je », en principe (je vous prie de tenir compte de ce mot) le corps astral pénètre dans le corps éthérique et le « je » dans le corps physique.

Si je dis « en principe », c’est parce que naturellement, dans l’homme, tout se pénètre ; il y a aussi du « je » dans le corps éthérique, et ainsi de suite. Mais dans les grandes lignes la chose se passe comme je viens de l’indiquer, ce qui est le cas quand cette pénétration atteint son maximum d’intensité. Que se passe-t-il lors du baptême dans le Jourdain ?... Le « je » de Jésus quitte son corps physique ; à sa place, le Christ y pénètre - ici encore « en principe » surtout dans le corps physique…

 Nous touchons là à un mystère… Dans le corps éthérique agit le corps astral, porteur de nos idées, de nos pensées, nos sensations, nos sentiments. Et d’autre part le corps éthérique est celui qui travaille le plus sur le corps physique ; c’est en lui que résident les forces qui modèlent ce corps physique… Ce qui fait qu’un homme ressemble à un autre, c’est une force qui agit spirituellement du dedans ; elle ne dépend pas du corps physique, mais des corps éthérique et astral. On peut sentir par là que l’élément maternel nous pénètre dans notre corps éthérique et notre corps astral ; quant à ce qui donne au corps physique la forme qui lui est imprimée par le « je », c’est l’héritage paternel

Vers de Goethe… « Je tiens de mon père la stature », etc., c’est ce qui se forme par le travail du moi. Les idées, le don de composer des fables, l’imagination, ce sont des qualités du corps éthérique et du corps astral

Si le Christ n’était pas venu déverser une force nouvelle dans l’évolution et remplacer l’ancien amour consanguin par un amour spirituel, que se serait-il produit ?

La force qui unit les hommes, l’amour eût graduellement disparu de la sphère terrestre, de la nature humaine. Sans le Christ, le genre humain en serait venu à perdre toute force d’amour, chacun s’enfermant dans son individualité… Les hommes en arriver à se combattre… Tous les hommes eussent été livrés sans rémission à cette guerre universelle, qui d’ailleurs viendra, mais pour ceux-là seuls qui ne se seront pas vraiment laissé pénétrer par le principe du Christ

Je vous ai dit que nous n’étions encore qu’au début de son impulsion. Les haines et les luttes qui existent résultent de ce que l’humanité ne s’est encore pénétrée que dans une trop faible mesure des impulsions du Christ, et que ce qui a existé avant sa venue sur Terre prévaut encore. C’est avec le temps, lentement, que cet état de choses pourra être transformé et que l’action du Christ se fera sentir dans l’humanité

Le Christ réfute le darwinisme matérialiste par son impulsion qui est une force spirituelle au sein de l’humanité !

Rendons-nous bien compte que les hommes ne peuvent éviter ces luttes extérieures dans le monde sensibleluttes d’opinions, de sentiments, d’actions, — que s’ils combattent en eux, que s’ils harmonisent en eux ces forces qui, sinon, se répandraient dans le monde extérieur. On ne pourra pas lutter contre l’opinion d’autrui avant d’avoir su maîtriser ce qu’il faut combattre en soi et harmoniser les diverses tendances de sa propre nature.

On pourra alors s’affirmer dans le monde extérieur, non pas par la lutte, mais par l’amour. Il s’agit de tourner ses armes vers l’intérieur de l’âme. Les forces qui règnent dans la nature humaine doivent s’affronter intérieurement.

Supposons que nous soyons en présence de deux opinions différentes. Si seule l’une d’elles nous paraît juste, si nous n’acceptons que notre opinion et voulons combattre l’autre, c’est la lutte sur le plan physique. Ne soutenir que son opinion, c’est agir égoïstement. Si j’accueille en moi l’opinion d’autrui et que j’essaie de l’harmoniser avec moi-même, je me trouve dans une position toute différente vis-à-vis de mon prochain ; je commence à le comprendre. Car nous pourrions aussi caractériser les progrès de l’évolution en disant qu’ils transforment la lutte extérieure en une harmonisation des forces intérieures de l’homme.

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Le Christ a rendu à l’homme la possibilité d’équilibrer les forces contraires de son âme et d’en finir avec les luttes. Ceux qui vécurent avant l’ère chrétienne considéraient avec raison que rien n’était plus effroyable que la lutte de l’enfant contre ses père et mère et aucun crime plus affreux que le parricide. Les sages qui prophétisèrent la venue du Christ connaissaient parfaitement les conséquences qui en résulteraient pour le monde extérieur si le combat ne se livrait pas tout d’abord à l’intérieur de l’âme.

Nous avons dit que là où le corps éthérique et le corps astral se pénètrent règne l’élément maternel, et que là où le moi habite le corps physique s’exprime le principe du « père ». C’est-à-dire : dans tout ce que nous avons en commun avec les autres hommes de notre race, la vie de nos pensées, notre philosophie, notre sagesse, vit l’élément féminin ; dans tout ce qui naît de l’union du « je » et du corps physique, dans la forme par laquelle nous exprimons notre personnalité, notre « je », agit l’élément masculin.

Les anciens sages qui savaient cela avaient donc dû avant tout exiger des hommes qu’ils se fissent une idée claire des rapports unissant leur corps éthérique et astral avec le corps physique et le « je » ; c’était prendre conscience en soi des éléments paternel et maternel. Car en dehors de la mère physique, on porte en soi un principe maternel, de même qu’on possède l’élément du père en dehors du père qui vit sur le plan physique. Et il était considéré comme un idéal d’harmoniser en soi le « père » et la « mère ». Si l’on n’y parvenait pas, une disharmonie se transmettait jusqu’au plan physique et y causait des ravages.

Au cours de ces initiations antiques… le corps éthérique et le corps astral se dégageaient ; le moi restait seul ; et pendant les trois jours et demi de l’initiation l’homme ne pouvait avoir conscience de lui-même. Il recevait des mondes spirituels une conscience qui lui était transmise par le prêtre qui l’initiait… Lorsqu’on initiait de la sorte, c’est donc l’élément maternel qui se dégageait tandis que l’élément paternel restait seul ; en d’autres termes, l’homme tuait en lui l’élément paternel (le dépouillait), et s’unissait avec ce qui était la mère en lui, — il tuait le père et s’unissait à la mère. Pendant ce sommeil léthargique de trois jours et demi, on était uni à la mère, et le père était comme mort. Il fallait qu’il en fût ainsi, car l’homme devait quitter son individualité pour s’identifier à un monde spirituel plus élevé. Il s’identifiait à son peuple, à l’élément maternel qui exprimait ce peuple… Ceux qui ont appris la sagesse dans les mystères s’en font les messagers auprès du monde extérieur auquel ils enseignent ce qu’ils ont contemplé. Mais la sagesse antique n’a pu faire dépasser à l’homme un certain point de l’évolution. Et si une impulsion nouvelle n’était venue lui succéder, la guerre de tous contre tous serait apparue

Souvenons-nous seulement du nom d’Œdipe et de l’antique légende grecque que les auteurs classiques ont retracée…

La légende traduit le déclin de l’antique sagesse. Afin qu’il fût possible de trouver un accord harmonieux entre les principes paternel et maternel une impulsion nouvelle était nécessaire, celle du Christ...

Le miracle des noces de Cana. L’évangile dit : « La mère de Jésus était là. Or Jésus et ses disciples furent aussi invités à ces noces. »… Les temps étaient venus où l’homme allait devoir combattre en lui-même la force dominante de l’égoïsme, du « je », et la mettre dans un rapport juste avec le principe maternel des corps éthérique et astral. Les noces de Cana offrent l’image admirable de ces rapports du « je », du principe paternel avec le principe maternel. Une harmonie intérieure, l’amour qui règne dans l’univers, passe de Jésus à sa mère. On n’aurait pu trouver auparavant l’image de cet équilibre entre le « je » et l’élément maternel… A quoi le principe du Christ vient-il donc s’opposer ?...

Le danger de conserver les formes d’autrefois dans une rigidité hostile au principe christique, c’est ce qu’enseigne la légende de Judas. L’insuffisance des anciennes traditions à guider les hommes nous est révélée par l’évangile. Plus aucune impulsion ne peut venir du passé porter l’humanité vers l’avenir. L’évangile vient au contraire annoncer les vérités que l’homme doit s’assimiler et qui n’auraient jamais pu lui être données sans l’influence du principe christique, sans l’événement du Golgotha.

 

XII.              Comment l’ancienne source de sagesse tarit, et comment elle fut renouvelée par le Christ. – Ce que signifie le Mystère du Golgotha pour l’évolution humaine sur Terre. (p. 111)

Des quatre éléments qui composent la nature humaine, le corps physique et le corps éthérique sont unis aujourd’hui de telle sorte qu’ils se recouvrent à peu près, particulièrement dans la région de la tête. Mais à l’époque atlantéenne, le corps éthérique dépassait de toutes parts le corps physique ; il résulte de toute l’évolution atlantéenne que peu à peu le corps éthérique prend les dimensions du corps physique, notamment dans la tête ; en pénétrant ainsi le corps physique, l’éthérique le transforme.

Il est essentiel au point de vue de l’évolution que le corps éthérique arrive à coïncider avec le corps physique, notamment dans la tête. Aussi longtemps qu’il le dépasse, il est relié de toutes parts à des courants spirituels qui le traversent et qui lui rendent possible la clairvoyance. Quand vient l’époque où le corps éthérique se retire dans le corps physique, ces liens sont en partie brisés et il ne lui est plus possible de percevoir les courants qui lui transmettaient la sagesse du monde.

Mais lorsqu’au cours d’une initiation le phénomène inverse se produit et que le corps éthérique est à nouveau détaché, la partie correspondant à la tête est remise en contact avec ces courants, et la clairvoyance réapparaît

Pourquoi l’homme a-t-il dû épuiser graduellement ainsi son capital de sagesse ? — Parce qu’en lui sont entrées deux sortes d’entités spirituelles : d’abord les êtres lucifériens et, par une conséquence nécessaire, les êtres ahrimaniens ou méphistophéliques. C’est eux qui l’ont empêché de remplacer l’ancienne sagesse par un nouveau trésor. Chaque entité agit à sa manière : Lucifer corrompant les passions, les sentiments, Ahriman défigurant notre perception de l’univers.

Si les êtres lucifériens n’étaient pas intervenus dans l’évolution, l’homme n’aurait pu prendre goût au monde physique, descendre au-dessous de son état primitif. Et si les êtres ahrimaniens ou sataniques n’avaient été la conséquence de cette action, l’homme eût gardé la conscience que derrière tout le sensible se trouve le spirituel. Il aurait continué de voir l’esprit à travers le monde des sens. Mais Ahriman a mêlé à ces sensations comme un nuage opaque qui ne permet plus à l’homme de percer la matière. C’est par Ahriman que l’homme s’est pris aux rets du mensonge, de la maya, de l’illusion.

 — Ainsi, ces deux sortes d’entités ont empêché l’homme de renouveler l’antique trésor de sagesse qu’il avait reçu, au fur et à mesure que celui-ci perdait de sa valeur… Le malheur fut qu’à l’époque atlantéenne, « abandonné de Dieu », son corps éthérique ayant sombré dans le corps physique, l’homme ressentit dans ce corps les influences de Lucifer et d’Ahrimane !...

L’influence de ce corps physique fit perdre tout son prix à l’ancien trésor de sagesse. Jusque-là, en effet, l’homme n’avait pas vécu dans ce corps physique… Il était en dehors de son corps physique là où il vivait dans son corps éthérique…

Il arriva que chaque fois qu’à la mort, il sortit de son corps physique, le corps éthérique fut un peu plus appauvri…

Le corps éthérique accomplit ainsi cette descente jusqu’à l’apparition du Christ sur la Terre, et même encore un peu après

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Au moment où le Christ apparaît, le corps éthérique commence graduellement à remonter et il est déjà aujourd’hui moins uni au corps physique qu’au temps du Christ. Mais par cela même, le corps physique est devenu plus grossier encore.

Ainsi l’homme marche vers un avenir où son corps éthérique sera de plus en plus dégagé du physique jusqu’à en émerger autant qu’à l’époque atlantéenne

Quand le corps éthérique pénétra dans le physique, il emporta avec lui le trésor de la sagesse divine, et put encore le donner au corps physique. Mais les esprits lucifériens et ahrimaniens tarirent ce trésor. Si maintenant le corps éthérique se dégage à nouveau, il ne reçoit rien du corps physique, et la conséquence de cette pauvreté devrait être que dans l’avenir le corps éthérique ne possède plus le moindre sens de sagesse, n’ait plus la moindre connaissance.

Le corps physique devrait se dessécher, et ne plus rien transmettre à l’éthérique. Pour qu’il n’en soit pas ainsi à l’avenir, il faut qu’une force de sagesse soit donnée au corps éthérique, et lui soit donnée dans le corps physique, afin qu’il puisse l’emporter avec lui lorsqu’il s’en dégage. Car il pourra alors, lorsqu’il sera dégagé, grâce à cette sagesse, agir en retour sur le corps physique, lui donner la vie, pour qu’il ne se dessèche pas…

Deux possibilités se sont présentées pour l’évolution humaine.

La première : l’homme se développe sans le Christ ; le corps éthérique qui se dégage du corps physique n’en emporte rien… L’homme perd peu à peu tous les fruits de la vie physique, et il doit finalement abandonner son corps… Si l’homme ne retire rien de son corps physique, s’il ne peut rien en faire passer dans le corps éthérique et qu’en plus il a usé tout l’ancien trésor de sagesse, la mission terrestre est perdue, et c’est pour l’univers entier qu’elle est perdue. L’avenir ne reçoit rien de l’homme, si ce n’est un crâne éthérique, qu’il avait reçu plein de sagesse en entrant dans l’évolution terrestre et qui désormais est vide !

Mais s’il intervient au bon moment quelque chose qui peut rendre l’homme capable de vivifier le corps éthérique au moment où il se dégage, celui-ci en ce cas peut affronter l’avenir avec une vie nouvelle, des forces nouvelles. Il peut même à son tour fortifier, vivifier le corps physique. S’il possède en plus cette vie et cette force, le fruit de l’action humaine sur Terre est sauvé. Le corps physique ne se décompose plus sans qu’il n’en reste rien, mais cette partie périssable de l’être humain prend la forme du corps éthérique, impérissable. La résurrection de l’homme, emportant avec lui les conquêtes du plan physique, est assurée.

Il a donc fallu que sur Terre vint une impulsion capable de renouveler l’ancien trésor de sagesse et d’insuffler une nouvelle vie au corps éthérique. Cette vie nouvelle, impérissable, a été apportée dans le corps éthérique par le Christ

Et l’homme qui sait lire dans l’avenir peut se dire : Lorsqu’un jour mon corps éthérique se dégagera du corps physique, il faudra que j’aie atteint le degré d’évolution qui permettra à ce corps éthérique d’être entièrement pénétré du Christ.

Le Christ doit vivre en moi !...

Que produisit dans le corps physique l’action des êtres lucifériens et ahrimaniens ? Ils y introduisirent le germe de la corruption, de la décomposition, le germe de la mort. Ce germe de mort aurait atteint ses dernières conséquences à la fin de l’évolution terrestre si le Christ n’était pas venu. Le corps éthérique aurait été incapable de vivifier l’homme ; tous les corps physiques seraient tombés en décomposition, et la mission de la Terre même aurait succombé à la mort…

La force de vie qui a été donnée à l’humanité n’arrive que lentement et graduellement à en triompher. Si l’homme peut connaître de nouvelles naissances, s’incarner à nouveau, c’est parce qu’un nouveau réservoir de vie lui a été donné…

Sans l’impulsion du Christ, l’humanité s’éteindrait vers la fin de l’évolution terrestre. Cette impulsion n’est encore qu’au début de son développement ; seuls les temps à venir verront tout ce qu’est le Christ pour l’humanité, et jusqu’à la fin des temps terrestres… A la venue du Christ, l’influence du corps éthérique a déjà commencé à se perdre, quant à la connaissance...

Galilée a complètement retourné la façon de penser, — mais il l’a fait de telle sorte qu’on a conçu le monde comme un mécanisme. Et l’idéal d’aujourd’hui c’est de s’expliquer mécaniquement l’univers et d’en chasser toute notion de force spirituelle. La raison en est précisément que les parties du cerveau qui sont l’instrument de la pensée, sont actuellement desséchées au point de ne pouvoir insuffler une vie nouvelle aux concepts qui s’appauvrissent de plus en plus…

La partie du cerveau qui sert à la pensée scientifique est en voie de se dessécher ; et s’il en est ainsi, c’est que la partie du corps éthérique qui devait la vivifier n’a pas encore aujourd’hui reçu l’impulsion du Christ. Tant que cette impulsion ne l’aura pas pénétrée, cette pensée scientifique sera sans vie. C’est une loi universelle qui s’exerce ici…

Le danger de l’avenir serait que des parts d’humanité de plus en plus grandes dépérissent. Mais grâce à l’impulsion du Christ, à la fin de l’évolution terrestre, toutes ces parts qui sinon auraient péri, se retrouveront vivantes ; cette impulsion pénètre le corps éthérique de l’univers auquel le corps éthérique de l’homme est uni…

Le Christ est entré dans le monde, dans sa totale universalité ; ce qu’il accomplit, c’est à l’aide d’un corps éthérique entièrement christifié ; car c’est bien ce qui s’est passé ; le Christ a fait du corps éthérique de Jésus de Nazareth un corps éthérique capable de vivifier aussi le corps physique… Le Christ explique alors ce qui s’est passé : « C’est maintenant le jugement du monde ; c’est maintenant que le prince de ce monde va être jeté dehors. »

Lucifer-Ahriman est rejeté à ce moment du corps physique du Christ. Ici s’offre à nous le grand idéal qui doit au cours des temps à venir se réaliser dans toute l’humanité : les entraves de Lucifer-Ahriman rejetées du corps physique grâce à l’impulsion du Christ ! Et le corps terrestre de l’homme vivifié par l’impulsion christique de telle sorte que le fruit de la mission de la Terre puisse être emporté jusque dans les temps qui survivront aux âges terrestres !

 

XIII.                     Le sens cosmique du mystère du Golgotha. – La mort vaincue par la neutralisation des influences lucifériennes et ahrimaniennes. – La mort porteuse de vie. – Première impulsion de notre Terre vers sa transformation en Soleil. – Le rayonnement de la force du Christ dans le corps éthérique humain. – L’action de la lumière christique et son reflet autour de la Terre sous forme de sphère spirituelle. – Le Saint-Esprit. (p. 118)

  L’entité du Christ est descendue des régions supraterrestres vers notre Terre… Les événements terrestres - et avant tout l’évolution humaine, - sont en rapport avec tout le système solaire… L’évolution n’aurait pu avoir le cours qu’elle a eu et n’aurait même pas pu exister si jadis le Soleil et ensuite la Lune n’étaient sortis du globe primitif qu’ils formaient avec la Terre, plaçant ainsi cette dernière en équilibre entre eux deux. Le Soleil avait entraîné avec lui les êtres qui eussent trop accéléré l’évolution terrestre ; puis la lune emporta avec elle les germes de durcissement…

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Nous avons vu hier que quelques-uns de ces germes étaient restés, mais que ce reste aurait entraîné l’humanité vers sa décrépitude totale à la fin de l’évolution terrestre, si l’impulsion christique n’était venue s’y opposer. La lune a quitté la Terre à l’époque lémurienne, et c’est à partir de l’époque atlantéenne que le Soleil et la lune éclairèrent la Terre du dehors…

Le moment où la croix est élevée sur le Golgotha, et où le sang coule des plaies du Christ Jésus…

Jusqu’à ce moment-là l’humanité a porté les conséquences de l’action qu’ont eues sur elle les entités lucifériennes et ahrimaniennes qui ont plongé l’homme dans la maya à l’égard du monde extérieur. Ainsi l’homme s’est trouvé pendant longtemps et se trouve encore aujourd’hui dans un état d’erreur, parce qu’il ne perçoit autour de lui que des impressions sensibles, matérielles, qu’il élabore dans ses représentations, sans voir l’esprit derrière elles. L’influence d’Ahriman lui présente donc le monde extérieur sous un faux jour, et il se fait une conception erronée du monde spirituel

Une des conséquences de l’action de Lucifer et d’Ahriman est que le sang de l’homme a permis de moins en moins à l’organisme de contempler le monde dans sa réalité ; les relations consanguines de jadis ont corrompu, dissocié ce sang, l’ont tué en quelque sorte, ce qui engendra une possibilité croissante d’illusion. Car l’homme ne parvint plus à interroger l’antique sagesse des origines, celle qui lui enseigna que le monde extérieur n’est pas seulement matière, mais que l’esprit se trouve derrière le physique. Cet héritage fut perdu et l’homme rejeté toujours plus vers le monde physique, ainsi que la vie de ses pensées…

Si l’action du Christ ne s’était produite, il aurait perdu la sagesse du passé pour ne posséder uniquement que le monde des sens, oubliant qu’il existe un monde spirituel. Ses yeux se seraient fermés à ce monde. Considérons cette possibilité dans toutes ses conséquences… La mort n’est plus comprise actuellement que sous son aspect matériel…

Mais quand nous nous demandons d’où viennent ces faits matériels, il faut bien nous dire qu’ils viennent du monde spirituel. Ce monde physique repose sur l’esprit. Si nous remontons à la forme originelle de l’esprit, dont toute apparence sensible est née, nous y voyons « le fondement de toute vie » ce qu’on appelle dans l’ésotérisme chrétien le principe du Père.

Toute créature repose sur ce principe divin du Père. C’est lui que recouvre le voile de l’illusion. Au lieu du mirage des sens, l’homme devrait voir en toutes les choses qui l’entourent ce principe du Père divin...

Qu’y a-t-il au fond de cette grande illusion ?... Un fait est essentiel : la mort… Que doit donc rechercher l’homme ? le Père, le Père cosmique ; il doit de même pouvoir se dire : la mort, c’est le Père ! Pourquoi donc une image faussée du Père nous apparaît-elle défigurée au point de nous apparaître sous les traits trompeurs de la mort ? — Parce qu’Ahriman-Lucifer sont mêlés à notre vie. Pour que l’homme puisse être ramené de l’idée fausse qu’il se faisait de la mort jusqu’à une vue exacte, il fallait que quelque chose se passât. Il fallait qu’il fût instruit des véritables faits ! Ce qui devait se passer, c’est un événement qui mette sous ses yeux la véritable image de la mort. Et ce fut la mission du Christ sur Terre, de rendre à la mort son vrai visage. La mort était le résultat des influences de Lucifer-Ahriman dans l’humanité.

Que devait donc faire celui qui voulait bannir du monde cette fausse image de la mort ?

. Mais seul un être qui n’avait pas encore vécu sur Terre au moment où Lucifer-Ahriman y pénétrèrent pouvait faire échec à leur influence. C’est alors au moment où la chose devait se faire, que l’être qui seul pouvait émousser l’action de Lucifer et d’Ahriman, descendit sur Terre, rejetant ainsi la cause qui avait introduit la mort dans le monde.

Il fallait que cet être n’eût jamais eu de rapport avec quelque cause de mort que ce fût, en d’autres termes, avec tout ce qui avait créé le péché dans l’homme, le mal. Car, si la mort avait frappé un être soumis à l’influence de Lucifer- Ahriman, elle aurait eu une raison d’être ; et seule une mort sans cause acceptée par un être sans faute, une mort absolument innocente, pouvait être l’antidote de toute mort dans le péché.

C’est pourquoi un innocent a dû souffrir la mort, l’épouser, la subir. Il apporta par là à la vie humaine les forces qui font progressivement apparaître dans l’homme une véritable connaissance de la mort sous son vrai jour. Cette connaissance révèle que la mort, sous son aspect sensible, n’est pas la vérité, mais qu’elle existe au profit de la vie dans le monde spirituel ; la mort du Christ pose les possibilités de la vie dans le monde spirituel.

La mort de l’innocent sur le Golgotha a donné la preuve qui deviendra peu à peu évidente à tous les hommes, celle qu’au fond la mort est identique au Père toujours vivant. Quand nous aurons appris par l’événement du Golgotha à comprendre que la mort extérieure n’a pas de sens, que dans le corps de Jésus de Nazareth a vécu le Christ auquel nous pouvons nous unir ; quand nous aurons reconnu que le signe de la mort sur la croix n’est qu’extérieur, et que la vie du Christ dans son corps éthérique est après la mort ce qu’elle était avant, que cette mort n’a donc pas atteint la vie, mais qu’elle est elle-même vie — nous verrons que Celui qui est attaché à la croix est désormais le symbole de cette vérité : la mort est la véritable dispensatrice de la vie. Comme de la graine sort la plante, la mort ne détruit pas, mais elle est la graine de la vie. Sa semence a été déposée dans le monde physique pour que celui-ci puisse être accueilli au sein de la vie. La réfutation de la mort a été donnée sur la croix par cette mort qui est en contradiction avec les lois humaines, la mort de l’innocent.

Nous avons vu précédemment que le « je » de l’homme a pour instrument physique le sang. C’est pourquoi le « je » tombe d’autant plus dans l’illusion, la maya, que ce sang se corrompt. Mais aussi l’homme doit la possibilité de relever son « je » au fait qu’il possède ce sang. Il doit l’aspect spirituel du « je » à sa faculté de se distinguer du monde spirituel, d’être une individualité. Mais il fallut pour cela qu’il perdît la vue du monde spirituel. Or ce qui lui a retiré cette vue, c’est justement la mort. Si l’homme avait toujours su que la mort est la semence de la vie, il n’aurait pas acquis de personnalité ; il serait resté uni au monde spirituel. Mais la mort vint, lui donnant l’illusion qu’il était séparé de ce monde, lui apprenant à être lui-même.

Il le devint même avec tant d’exagération qu’il dépassa le niveau nécessaire. II fallut créer une compensation en enlevant au « je » la force qui l’avait poussé à dépasser la mesure : l’égoïsme (pas seulement le sens du « je », l’égoïté, mais l’égoïsme). Cet égoïsme fut expulsé en principe, de sorte qu’il put être dorénavant expulsé de chaque « je » individuel, lorsque sur la croix le sang coula des plaies…

Tandis que le sang coulait sur le Golgotha, un fait spirituel survenait. A ce moment-là et pour la première fois, il commença à émaner de la Terre des rayons qui n’existaient pas auparavant et qui se répandirent dans l’espace cosmique ; de sorte que nous pouvons nous la représenter dans l’espace comme projetant des rayons apparus à ce moment. — Au cours des temps précédents, la Terre s’était assombrie toujours davantage. Lorsque le sang coule au Golgotha, elle commence à rayonner !

Car ce mystère a pénétré la Terre d’une lumière astrale qui peu à peu se transforme en lumière éthérique, puis en lumière physique,… et la Terre sera un astre brillant, un corps solaire…

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La Terre a été ainsi traversée d’une force nouvelle qui doit la mener à devenir un Soleil et cette même force est pour l’homme la force du Christ rayonnant dans son corps éthérique. Grâce à la lumière astrale qui a pénétré le corps éthérique de ses rayons, la vie dont nous avons besoin pour l’avenir nous est donnée…

On peut se dire : autrefois aucun rayonnement de la Terre ne pouvait entrer dans les corps éthériques.

Après la venue du Christ, le corps éthérique de ceux qui ont trouvé un contact avec l’impulsion christique est traversé de rayons. Ceux qui l’ont reçue en eux ont pris de la force rayonnante qu’il a déposée dans la Terre. Ils ont pris dans leur corps éthérique la lumière du Christ. Les corps éthériques renferment toujours depuis lors une portion de la lumière christique. Quel en est le résultat pour cette partie du corps éthérique où la lumière du Christ pénètre, notamment après la mort ?

Depuis ce temps, quelque chose de nouveau peut apparaître dans le corps éthérique sur quoi la mort n’a pas prise, quelque chose de vivant, d’immortel. Tant que l’homme succombera encore sur Terre à l’illusion de la mort, ce quelque chose y échappera, sera sauvé des forces terrestres de décomposition. Et ce que les hommes acquièrent ainsi par l’action du Christ se reflète dans tout l’espace universel pour y former (avec plus ou moins d’intensité d’après les hommes) une force rayonnante.

De cette force se construira autour de la Terre une sphère qui deviendra un Soleil. Une sorte de sphère spirituelle se compose dans l’atmosphère de la Terre des corps éthériques devenus vivants, et c’est le reflet de la lumière du Christ dans l’atmosphère terrestre. La lumière du Christ ainsi reflétée, conséquence de sa venue sur Terre, c’est ce que le Christ appelle le Saint-Esprit !...

Il s’agit maintenant que nous comprenions qu’en contemplant le Christ à l’agonie, c’est à la naissance d’un nouveau Soleil que nous assistons. Le Christ épouse la mort, qui est devenue sur Terre l’expression du Père spirituel…

Il n’est pas vrai que la mort signifie souffrance. Quand les hommes, dans l’avenir, sauront laisser la mort venir à eux comme elle est allée au Christ, elle sera un germe de vie. Et ils contribueront à former un système planétaire nouveau lorsque, ayant reçu l’impulsion du Christ, ils donneront de leur propre « je » pour nourrir ce Soleil de vie…

Le Christ… a parlé en paraboles. Mais un moment vient où les disciples sont assez préparés pour recevoir les vérités sans ce vêtement. Le Christ alors leur parle sans métaphores… Les apôtres savent que le vrai visage de la mort repose dans l’esprit du Père… Le Christ est descendu sur Terre parce que le visage du Père était défiguré et il l’a rétabli dans sa vérité…

On ne comprendra l’Évangile de Matthieu qu’en insistant sur le fait que l’individualité de Jésus naît dans un corps qui descend vraiment d’Abraham par Joseph…

L’intelligence de l’Évangile de Jean conduira l’humanité à la compréhension la plus étendue du mystère du Golgotha ; de la mort perdant pour l’évolution humaine son aspect trompeur. Ce qui s’est passé sur le Golgotha ne démontre pas seulement à notre connaissance que la mort est en réalité la source de toute vie, mais que l’homme peut prendre en face de la mort une position qui lui permette d’infuser toujours plus de vie en lui jusqu’au point de vaincre la mort…

                                                                                                                                                                       

XIV.                   La Terre, corps du Christ et nouveau centre de lumière. – La Cène, prélude à l’union mystique avec le Christ. – Paul de Tarse, annonciateur du Christ spirituel vivant. – Les sept degrés de l’initiation christique. – La mort, germe du « Je » éternel. –La connaissance de l’esprit est le feu de la vie. (p. 126)

 Songez que l’aspect sous lequel la mort nous apparaît dans le monde physique n’est pas son véritable aspect.

Nous ne voyons pas non plus le monde extérieur tel qu’il est d’ailleurs, parce que nous le voyons entaché de mort…

Au fond, à l’égard de l’espace qui l’entoure et de ce qu’il y voit, l’homme vit dans une totale illusion.

S’il voyait la réalité des choses, il perdrait l’image sensible, et aurait celle de l’esprit.

S’il distinguait la mort sous son vrai visage, il y verrait l’expression que doit avoir le monde sensible pour pouvoir exprimer l’esprit divin du Père.

 Pour que notre Terre ait pu se former, il a fallu qu’auparavant un monde supraterrestre se condensât en matière physique, en substance, en Terre. C’est par là que le monde extérieur a pu servir d’expression à un monde spirituel ; dès lors le monde spirituel possède des créatures qui sont comme à côté de lui, en dehors de lui. Tout ce qui s’est formé avant la vie de notre globe était plus ou moins enclos dans l’être de Dieu. — Sur l’ancien Saturne, il n’existait encore ni l’air, ni l’eau, ni la Terre, aucun corps solide. Il n’y avait qu’un corps de chaleur, un espace de chaleur ; et les entités de l’ancien Saturne étaient encore dans le sein divin du Père. Il en était de même sur l’ancien Soleil, bien que la condensation s’y fît jusqu’à l’air. Cette planète renferma dans son sein — le sein des entités divines, — toutes ses créatures, et il en fut ainsi également sur la Lune. Ce n’est qu’avec la Terre que la création est projetée hors du sein des entités spirituelles et prend vie à côté d’elles. A la nature physique de l’homme furent peu à peu incorporés des esprits retardataires qui la firent dévier de la voie qui la menait à être un pur reflet de la divinité. Les entités spirituelles, après avoir porté dans leur sein toutes les créatures qui composent aujourd’hui le règne minéral, végétal, animal et humain, les ont pour ainsi dire alors laissé sortir et se répandre autour d’elles ; c’est dans cette mesure que les créatures sont le reflet des entités divines. La chose aurait dû rester ainsi, mais les êtres retardataires qui avaient été auparavant repoussés du sein de la divinité, vinrent se mêler à cette création qui perdit par là de son éclat et de sa valeur.

C’était au temps où la Lune se sépara de la Terre que la création fut ainsi ternie. Si cette séparation n’avait pas eu lieu, la Terre aurait dépéri. Mais il fallait que la race humaine survécût pour acquérir l’individualité et c’est pourquoi elle s’incarna dans une matière physique, terrestre. Elle fut guidée, de la période lémurienne à la période atlantéenne, par une tendance toujours plus grande à s’incarner dans la matière.

Mais dans cette matière se trouvaient les entités retardataires, et l’homme ne put donc faire autrement que de les rencontrer dans l’enveloppe corporelle qu’il revêtit. — Il y eut des entités spirituelles qui furent encore aux temps atlantéens des compagnons pour l’homme ; sa substance était d’ailleurs plus malléable que celle d’aujourd’hui. L’air était rempli de vapeur d’eau et l’homme lui-même était composé d’eau comme certains animaux gélatineux qui vivent dans l’eau de mer et qu’on peut à peine distinguer de leur milieu. Les germes de tous les organes existaient déjà. Ces organes se densifièrent, se durcirent, et graduellement, le système osseux se forma. — C’est aussi au début de la période atlantéenne qu’il existe encore des entités qui accompagnent la vie de l’homme ; sa clairvoyance lui permet de les voir ainsi que ceux qui habitent le Soleil, et brillent vers lui dans les rayons solaires. Car ce n’est pas seulement de la lumière physique qui descend vers l’homme ; la lumière solaire fourmille d’entités que l’homme voit.

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Et lorsqu’il se trouve dans un état qu’on pourrait comparer au sommeil, il se sent hors de son corps, dans la sphère où se meuvent ces êtres solaires. — Vers le dernier tiers des temps atlantéens, la matière physique se condensant toujours plus, l’homme reçut les premiers germes d’une conscience personnelle. Alors il ne vit plus d’entités autour de lui. Et ces entités se retirèrent de la Terre, disparurent du regard de l’homme. L’influence luciférienne entraîna toujours plus l’homme vers la condensation matérielle, au fur et à mesure que Lucifer s’incrustait davantage dans son corps astral. Et les entités spirituelles qui avaient été ses compagnes remontaient toujours plus haut, ne voulant point avoir contact avec les êtres retardataires qu’elles repoussaient dans les profondeurs, leur enjoignant de rester en bas et de voir ce qu’il en adviendrait. —

L’une de ces entités supérieures qui repoussent les êtres lucifériens dans l’abîme pour qu’ils évoluent dans le domaine terrestre, c’est Michaël. Les êtres lucifériens tentèrent alors d’exercer leur influence sur l’astralité des hommes. Ils n’eurent plus leur siège dans le « ciel ». Ceux qui y avaient trouvé place les avaient rejetés sur Terre. — Mais pourtant, il n’y a pas d’erreur, de mal, qui n’ait son bon côté, et ne trouve sa raison d’être dans la sagesse universelle.

Il fallait que ces êtres soient laissés en arrière dans l’évolution pour qu’ils attirent les hommes dans la matière physique au sein de laquelle seulement il lui est possible d’acquérir le « je », de développer une conscience personnelle.

S’il n’avait été pris aux rets de la maya, l’homme n’aurait jamais appris à se dire : « je ».

Je dois maintenant vous prier d’écouter ce que je vais vous dire avec toute la prudence d’esprits avertis ; car vous ne comprendrez exactement ces idées que si vous les laissez travailler en vous, et que vous les prenez « à la lettre », mais non certes d’une façon littérale matérialiste.

Quelle est l’intention des êtres lucifériens et ahrimaniens à l’égard du monde physique ?Que veulent-ils atteindre au moyen des hommes sur lesquels s’exerce leur action à partir de l’époque atlantéenne ?

Ils ne veulent rien moins que maintenir tout ce qui vit sur Terre dans la forme de la matière physique la plus dense.

Quand une plante pousse, par exemple, se développe feuille à feuille, jusqu’à la floraison, la tendance de Lucifer-Ahriman serait de continuer à l’infini cette croissance, c’est-à-dire de conserver cette plante sous la forme physique qu’elle vient d’atteindre, — de l’arracher par là au monde spirituel. Le résultat serait alors de fixer le ciel sur la Terre. Cette tendance est la même à l’égard des animaux, qu’elle souhaite identifier aux corps dans lesquels ils vivent, pour leur faire oublier au sein de la matière leur origine spirituelle. Et il en est de même vis-à-vis de l’homme.

Pour éviter cela, le Père spirituel est intervenu, disant : Certes les êtres terrestres ont acquis à leur cime, c’est-à-dire avec l’homme, une connaissance extérieure dont le « je » est le centre ; mais ne les laissons pas atteindre maintenant la vie. — Car la vie apparaîtrait alors sous des formes telles que les hommes seraient définitivement coupés de leur origine divine, s’identifieraient au corps physique, et oublieraient à jamais leur origine spirituelle. Le Père put alors seulement sauver en l’homme le souvenir de son origine, par le bienfait de la mort pour lui et tout ce qui vit dans la matière. C’est pourquoi la plante qui pousse et grandit jusqu’au temps où elle est fécondée et forme la graine d’une nouvelle plante commence au même instant à se faner. Et du fait que la plante se résume dans la graine et s’y prolonge, elle se trouve pour un moment dans le monde spirituel, et elle y puise des forces de rajeunissement. Et il en est ainsi tout particulièrement pour l’homme, qui serait ensorcelé dans la Terre et oublierait son origine spirituelle, si la mort ne régnait pas sur toutes choses, si de nouvelles sources de forces n’étaient pas données aux hommes dans la période qui s’écoule entre la mort et une nouvelle naissance, afin qu’il n’oublie pas sa patrie divine. La mort, lorsque nous l’examinons, où la trouvons-nous sur Terre ?

Demandons-le à ces plantes qui font notre joie. Elles nous réjouissent d’une floraison magnifique, mais en quelques mois elles ont passé ; la mort les a touchées. Songez à un animal, qui était peut-être fidèle, et qui, en un court délai, disparaît ; la mort l’a touché. Et l’homme, tel que nous le connaissons dans le monde physique, au bout d’un certain temps n’est plus ; la mort l’a touché. Si sa vie s’était indéfiniment prolongée, il aurait oublié son origine spirituelle. Evoquez une montagne même ; un jour viendra où l’activité volcanique de notre globe l’engloutira ; la mort aura passé sur elle. Evoquez ce que vous voudrez, vous ne verrez rien à quoi la mort ne soit mêlée ; tout sur Terre est plongé dans la mort !

Ainsi la mort est la bienfaitrice qui nous arrache à une existence qui nous détournerait du monde spirituel si elle se prolongeait. L’homme a dû venir dans le monde physique, car là seulement il a pu acquérir son « je » humain. S’il passait toujours par la mort sans rien emporter de ce domaine éphémère, il retournerait dans le monde spirituel, mais sans conscience ni personnalité. Il faut donc, pour qu’il y pénètre avec son « je », qu’il féconde sa vie terrestre toute pétrie de mort, si bien que la mort y devienne la graine d’où germera son « Je » éternel. Si l’action destructrice de la mort peut se transformer en une semence de « Je » éternel, c’est grâce à l’impulsion christique. Sur le Golgotha, le véritable visage de la mort est placé pour la première fois devant l’humanité. Parce que le Christ, le reflet du Père, le Fils, s’est uni à la mort, celle-ci est le point de départ d’une nouvelle vie, d’un nouveau Soleil. Désormais, à partir de cette conquête d’un « Je » éternel, tout le temps d’apprentissage des hommes peut se transformer ; le « Je » est sauvé. Il devient de plus en plus l’image du « Je-Christ ».

Il coule dans notre corps un sang de vie : le sang rouge, et un sang de mort : le sang bleu. Pour que notre « je » puisse vivre, il faut qu’à chaque instant la vie qui coule dans le sang rouge soit tuée dans le sang bleu. Si elle n’était pas tuée, l’homme descendrait si bas dans le physique qu’il oublierait son origine spirituelle. — Le symbole qui illustre le mieux ces deux sortes de sang, c’est celui des deux colonnes dont l’une est rouge, l’autre bleue ; l’une symbolise la vie qui émane du Père, mais qui irait se perdre dans la forme où elle se condense, et l’autre détruit cette forme. La mort est la plus forte, — c’est elle qui anéantit ce qui, sans elle, s’immobiliserait en soi-même. Mais anéantir ce qui, sinon, se détruirait de soi-même, c’est susciter la force de la résurrection ! L’Évangile de Jean, si nous l’interprétons bien, nous donne le sens de la vie. Ce que nous avons acquis hier et aujourd’hui, c’est qu’au moment où commence l’ère chrétienne, quelque chose se produit qui modifie toute l’évolution terrestre et, dans la mesure où l’évolution cosmique lui est liée, cette évolution même.

L’événement du Golgotha marque un point central dans l’évolution. Dorénavant, l’esprit du Christ est uni à la Terre.

Il y est descendu et vit dans la Terre ; il faut que les hommes apprennent à trouver dans la Terre, dans tout ce qu’elle produit, cet esprit du Christ. Ceux qui ne savent pas l’y reconnaître voient toutes choses sous l’angle de la mort, mais lorsqu’on peut l’y voir, tout apparaît sous l’angle de la vie.

Nous ne sommes qu’au début de ce qui sera l’évolution christique. Elle consistera en ceci que toute la Terre nous apparaîtra comme étant le corps du Christ.

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Car le Christ s’est incorporé à la Terre, y a créé un nouveau centre de lumière, rayonne de là dans l’univers ; il est pour l’éternité mêlé à l’aura terrestre. Si nous considérons aujourd’hui la Terre sans l’esprit du Christ, nous n’y voyons que ce qui périt, ce qui pourrit, ce qui devient cadavre. Si la Terre nous apparaît comme un morcellement de petites particules, et si nous ne comprenons pas le Christ, ce que nous voyons, c’est le cadavre de la Terre qui se décompose. Partout où nous ne voyons que des substances, nous voyons l’illusion ; en étudiant l’univers terrestre on ne voit pas la vérité, on n’en voit que le cadavre. Si vous étudiez ce cadavre, il est naturel que vous vous disiez : la Terre n’est composée que d’atomes, — que ce soit des atomes de matière ou des centres de forces, peu importe. — Si nous voyons les atomes qui composent notre Terre c’est le cadavre terrestre que nous voyons, ce qui sans cesse se désagrège, ce qui disparaîtra quand la Terre ne sera plus là. Et de fait, la Terre se dissout. - Nous ne comprenons la vérité qu’en voyant en chaque atome une partie du corps du Christ.

De quoi se compose donc la Terre depuis que cet Esprit l’a pénétrée ? Jusqu’au dernier atome, elle est faite de vie ! Tout atome n’a de valeur et ne peut être connu que si nous voyons en lui l’enveloppe d’une vie spirituelle, la vie du Christ.

Prenez n’importe quelle substance terrestre ; quand arriverez-vous vraiment à la connaître ? Quand vous dites : C’est une partie du corps du Christ ! Qu’est-ce que le Christ pouvait dire à ceux qui voulaient le connaître ? Il prit le pain qui est fait du blé de la Terre, et il dit : Ceci est mon corps. Que dit-il en donnant le jus de la vigne qui vient de la sève d’une plante ?

Ceci est mon sang ! Il était devenu l’âme de la Terre. C’est pourquoi il pouvait dire de ce qui est solide : « C’est ma chair » et du suc végétal : « C’est mon sang ». Comme vous pouvez dire pour votre corps et votre sang : « C’est ma chair, c’est mon sang. » Et ceux qui sont en mesure de saisir le sens véritable de ces paroles du Christ forment des pensées qui attirent le corps et le sang du Christ dans le pain et dans le jus de la vigne, — qui y attirent l’esprit du Christ. Et ils s’unissent à cet esprit.

Ainsi, le symbole de la Cène devient réalité !

Sans cette pensée qui se rattache au Christ dans le cœur humain, aucune force d’attraction ne peut se diriger vers l’esprit du Christ pendant la sainte Cène. Tandis que ces formes de pensée développent cette force d’attraction. Ainsi, pour tous ceux qui ont besoin d’un symbole extérieur pour accomplir un acte spirituel, notamment l’acte de s’unir au Christ, la sainte Cène sera le moyen, — jusqu’au jour où leur force intérieure sera assez grande, où ils seront suffisamment remplis du Christ pour pouvoir s’unir à Lui sans intermédiaire physique. La Cène, la communion, est la préparation pour l’union mystique avec le Christ, — je dis la préparation. C’est ainsi qu’il faut comprendre ces choses. Tout évolue depuis le physique jusqu’au spirituel, sous l’action christique ; ainsi grandissent aussi sous son action les étapes qui ont tout d’abord formé un pont. La communion doit passer du physique au spirituel, pour conduire à l’union véritable avec le Christ. On ne peut qu’effleurer ces questions, car il n’est possible de les comprendre qu’en les acceptant dans toute leur grandeur sacrée.

Le devoir qui s’impose aux hommes, c’est de reconnaître que le Christ est uni à la Terre depuis l’événement du Golgotha.

Mais pour que cette connaissance les pénètre, il a fallu que de grands esprits la leur inculquent. L’un des premiers a été Saül, devenu Paul. — Qu’a pu savoir Paul, qui avait reçu une sorte d’initiation juive ? Il a pu avoir connaissance de ce qu’enseignait la doctrine secrète des Hébreux : Celui que Zoroastre avait vu en Ahura Mazdâ, et Moïse dans le Buisson ardent, dans le tonnerre et l’éclair, sur le Sinaï quand Iahvé lui parlait, était descendu sur Terre jusque dans un corps d’homme pour que cette Terre puisse se renouveler. — Mais il subissait aussi l’influence de son époque et de la loi juive. Il avait assisté à l’événement du Golgotha et n’avait pu reconnaître dans le crucifié le porteur du Christ. L’événement dont il avait été témoin ne pouvait le convaincre que celui qu’il attendait, selon l’enseignement juif, fût incarné en Jésus de Nazareth. — Par quelle expérience devait-il passer pour se convaincre que dans le corps de Jésus de Nazareth expirant sur la croix, s’était vraiment trouvé l’esprit immortel du Christ ?

Il avait appris de son initiation hébraïque que lorsque l’esprit du Christ aurait vécu dans un corps humain et que ce corps serait mort, le Christ serait présent dans l’aura de la Terre et que le clairvoyant pourrait l’y voir. Cela, il le savait, mais jusqu’ici il n’avait pas été capable de l’y retrouver. Car il était un initié, mais non un clairvoyant. Il avait toutefois des dispositions pour devenir clairvoyant par une voie anormale, et il décrit lui-même en quoi consistait cette disposition. Il désigne comme une « grâce d’en haut » d’être né précocement, ce qui est en général traduit par : être né avant terme (avorton). Il n’a pas été porté jusqu’à la maturité dans le sein de sa mère, il a passé du monde spirituel au monde physique avant d’avoir pleinement acquis tous les éléments de l’existence terrestre. Il est venu au monde avant l’heure à laquelle on s’arrache généralement aux conditions qui font vivre encore inconsciemment, en union avec les forces spirituelles. C’est pourquoi, sur le chemin de Damas, ses yeux spirituels s’ouvrirent. De même son regard s’ouvrit précocement au monde spirituel : il vit l’aura de la Terre, et vit que le Christ s’y trouvait. Le temps où le Christ avait vécu dans un corps d’homme était donc accompli. La preuve lui était donnée que le Christ était mort sur la croix. Il savait qu’il devait vaincre la mort sur Terre, et voici qu’il lui apparaissait comme un esprit vivant. Il comprit alors le sens de la mort sur le Golgotha, et sut que le Christ était ressuscité. Car on n’aurait pu le trouver avant cela dans l’aura terrestre. A ce moment, il comprit ces paroles :

« Il te sera dur de regimber contre l’aiguillon. »

Quel aiguillon ? — Paul l’a dit lui-même : « O mort, où est ton aiguillon ? » En vain tu regimbes contre l’aiguillon. Si tu l’essayais, tu ne connaîtrais que la mort. Tu ne peux plus désormais regimber contre la mort, car tu as vu Celui qui a vaincu la mort !

Dès lors, Paul devint l’apôtre qui proclama partout le Christ vivant.

Comment pouvait-on voir le Christ dans l’aura de la Terre ? Parce que dans le triple corps de Jésus — comme par une première impulsion donnée à toute l’évolution terrestre — c’est le corps éthérique qui fut le premier pénétré complètement par le Christ. C’est pourquoi le corps éthérique put posséder une maîtrise complète sur le corps physique ; par là, il put même reconstituer ce corps après la mort, c’est-à-dire lui donner une apparence telle que tout ce qui avait été dans le corps physique se retrouve présent, mais cette fois par la force du corps éthérique. Quand le Christ est vu après sa mort, c’est donc dans son corps éthérique. Mais pour ceux qui peuvent voir, par la force qu’ils ont acquise au cours des événements, non seulement le corps physique, mais aussi le corps éthérique prenant toutes les apparences du physique, pour ceux-là le Christ est ressuscité dans son corps. Et c’est bien la vérité.

Mais dans l’évangile même il nous est dit que l’homme assez avancé pour qu’en lui l’impérissable se dégage du périssable, parvient aussi à un mode supérieur de vision.

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Il nous est également dit que ceux qui atteignirent alors cette vision supérieure purent reconnaître le Christ. Le texte le dit clairement, mais on ne veut pas lire dans l’évangile vraiment ce qui s’y trouve. Prenez par exemple la première apparition du Christ après sa mort (Jean, ch. XX, v. 11) :

« Or Marie se tenait dehors, près du sépulcre, pleurant. Et tout en pleurant, elle se baissa et regarda dans le sépulcre.

« Et elle vit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait été déposé le corps de Jésus.

« Ils lui dirent : Femme, pourquoi pleures-tu ? Elle leur dit : Parce qu’ils ont enlevé mon Seigneur, et que je ne sais où ils l’ont mis.

« Ayant dit cela, elle se retourna et vit Jésus : Mais elle ne savait pas que ce fût Jésus.

« Jésus lui dit : Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Pensant que c’était le jardinier, elle lui dit : Seigneur, si c’est toi qui l’as enlevé, dis-moi où tu l’as mis, et je l’emporterai.

« Jésus lui dit : Marie ! Elle se retourna et lui dit : Rabboni (c’est-à-dire Maître) ».

Si vous aviez vu quelqu’un depuis peu, et que vous le retrouviez, pensez-vous que vous ne le reconnaîtriez pas ? Est-ce que vous lui demanderiez s’il est le jardinier, et où est celui que vous cherchez, si c’était lui-même ? Or c’est ce qu’il faut penser de Marie (ou de telle qui est ici appelée « Marie »), si on accepte que tout œil physique ait pu reconnaître le Christ et le voit comme on le percevait physiquement avant sa mort. Mais lisez l’évangile selon l’esprit !

Il fallait, pour que cette femme pût voir, que la force sacrée du Verbe fût entrée en elle. C’est l’écho des paroles qui ralluma le souvenir de tout ce qu’elle a pu voir autrefois, et son œil spirituel put alors contempler le Ressuscité. Paul ne nous dit-il pas la même chose ?

On ne peut douter que Paul n’ait vu le Christ qu’en esprit, lorsqu’il se trouvait déjà dans les hauteurs spirituelles, dans l’aura de la Terre. — Pour prouver que le Christ vit, Paul affirme qu’il lui est apparu ; et il cite comme apparition de même importance :

« Que Jésus a été vu par Cléophas, ensuite par les Douze ;

« Puis il a été vu par plus de cinq cents frères assemblés, dont plusieurs encore en vie, et plusieurs déjà morts.

« Il fut vu ensuite par Jacques, et après par tous les apôtres. Finalement il a été aussi vu par moi, grâce à une naissance précoce.

« Car je suis le moindre parmi les apôtres, et je ne suis pas digne d’être appelé un apôtre ».

Il place les apparitions qu’ont eues les autres exactement au même niveau que celle qu’il a eue par le regard spirituel. Ce qu’ont vu physiquement les autres apôtres a pu allumer en eux la force de voir le Christ ressuscité. Et Paul peut dire littéralement : Comme j’ai vu le Christ, les autres l’ont vu. Nous comprenons ce qu’il veut dire par là. Le sens en est immédiatement clair à la conception anthroposophique : Il existe un monde spirituel ; si nous le contemplons par l’impulsion que la force christique nous a donnée, nous pouvons retrouver dans ce monde le Christ lui-même, celui qui a passé par l’événement du Golgotha. — Voilà ce qu’a voulu dire Paul. Au moyen de ce qu’on peut appeler l’initiation chrétienne, l’homme peut devenir, avec patience et constance, un successeur de Paul, acquérir la faculté de voir dans le monde spirituel et d’y contempler spirituellement le Christ face à face.

J’ai souvent décrit d’ailleurs les degrés préparatoires par lesquels on s’élève à cette vision du Christ. Le disciple doit repasser intérieurement par tout ce que décrit l’Évangile de Jean.

Au premier degré, on regarde les plantes, la manière dont elles sortent de la terre minérale, croissent et fleurissent. Si la plante pouvait développer une conscience comme celle de l’homme, elle devrait se tourner vers le règne minéral dont elle sort, et lui dire : « 0 toi, pierre, tu es une créature inférieure parmi les êtres de la nature je suis au-dessus de toi, mais sans toi je ne pourrais pas exister ! Et de même, quand l’animal s’approcherait d’une plante, il pourrait ressentir qu’elle est à la base de la vie, et se dire : Je suis une créature supérieure à toi, plante ; mais sans toi je ne pourrais vivre ! Et en toute humilité je te dis que je te dois mon existence ! » — Et dans le règne humain il en devrait être de même : chaque homme devrait tourner son regard spirituel vers celui qui se trouve au-dessous de lui et dire : « Tu appartiens à un monde inférieur ; mais comme la plante s’incline devant la pierre, l’animal devant la plante, je m’incline devant toi à qui je dois mon existence. » — Si pendant des semaines et des mois, peut-être des années, on est plongé dans ces sentiments d’humilité universelle, on comprend ce que signifie le « lavement des pieds ». Devant le disciple s’ouvre une vision spirituelle qui lui montre le Christ, l’Être sublime, s’inclinant devant les douze apôtres et leur lavant les pieds. Et tout le sens de cet événement se révèle alors au disciple comme en une vision qui lui enseigne que cet événement s’est vraiment passé. Le fil de la connaissance le mène jusqu’au point où toute autre preuve est superflue. Car il voit directement dans le monde spirituel la scène du Christ au lavement des pieds.

Conduit par son maître, le disciple trouve la force de se dire : « Je supporterai sans murmurer toutes les peines et souffrances que la vie m’enverra. Ces peines ne seront plus des maux pour moi, car je serai trempé, et saurai que ce sont des nécessités dans l’univers. » Quand l’âme s’est suffisamment affermie dans cet exercice, elle ressent intérieurement l’impression de la « flagellation » ; le disciple se sent comme flagellé. C’est ce qui ouvre son regard intérieur pour voir lui-même la scène de la flagellation décrite dans l’Évangile de Jean. —

Le disciple est conduit ensuite à développer la force qui va lui permettre, au degré suivant, non seulement de porter toute la souffrance du monde, mais aussi de se dire : « Je possède un bien sacré dont toute ma personne est le gage. Que le monde m’accable de railleries, rien ne me détournera de ce trésor suprême, même si je devais demeurer seul. Je m’en sens responsable. » Il ressent alors spirituellement en lui le « couronnement d’épines ». Sans l’aide d’aucun document historique, la scène décrite par l’Évangile de Jean se déroule à son regard intérieur. —

Et quand le disciple est conduit à l’étape où toute existence physique lui apparaît comme du dehors, et où il porte son propre poids comme quelque chose d’extérieur, il en arrive à ressentir comme une évidence : mon corps physique est un instrument que je dois porter en ce monde. A cette quatrième étape de l’initiation christique, il ressent le « portement de croix ». Loin d’être devenu un ascète affaibli, il apprend à manier avec plus de force qu’auparavant l’instrument de son corps. Quand on est habitué à considérer son corps comme quelque chose qu’on porte, on en est à cette quatrième station. On obtient alors la connaissance spirituelle qui révèle le Christ portant sa croix sur son dos, et l’âme porte de même le corps comme un bois. —

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Ce qui arrive ensuite, c’est un événement qu’on appelle la « mort mystique », cinquième degré de l’initiation chrétienne. L’évolution de l’âme s’étant avancée, le monde physique apparaît comme éteint. Les ténèbres entourent le disciple. Et il vient un moment où ces ténèbres se déchirent comme un rideau qui se fend et derrière le monde physique apparaît le monde spirituel. Quelque chose vient alors s’ajouter à la vision. Dorénavant on rencontre le péché et le mal sous leur véritable aspect ; à cette étape s’accomplit la « descente aux enfers ». On apprend alors, non seulement à considérer son corps comme quelque chose d’étranger, mais à s’identifier avec tout ce qui existe sur Terre ; on ressent toute chose au même titre que le corps, comme on le ressentait au temps de l’antique clairvoyance. On vit aussi les souffrances des autres hommes comme un seul grand organisme dont on fait partie. On est alors uni à la Terre, « déposé dans la Terre » ; c’est la « mise au tombeau ». Mais en s’unissant à la Terre, on ressuscite, car on a vécu dans tout son être ce que signifient ces mots : « La Terre est en voie de devenir un nouveau Soleil. »

Les quatrième, cinquième et sixième degrés de l’initiation chrétienne ont permis d’atteindre par la contemplation intérieure l’événement du Golgotha. Il n’est plus besoin de documents. Les écritures ont servi à monter les premiers degrés.

Le septième vient alors, la « montée au ciel », l’ascension dans le monde spirituel. A cette étape, la langue humaine n’a plus de paroles pour exprimer ce qui est ressenti ; seul, celui qui peut penser sans se servir de l’instrument physique du, cerveau peut se le représenter, s’imaginer la merveille de la résurrection.

Ceux qui assistèrent jadis à l’événement du Golgotha étaient des croyants ; leur regard spirituel était ouvert ; c’est pourquoi ils purent voir le Christ pénétrer l’aura de la Terre. Mais ces hommes auraient pu voir le Christ, même s’il avait conservé en un certain sens la forme qu’il avait à ce moment-là, — si le Christ n’avait pas acquis quelque chose de plus du fait qu’il venait de vaincre la mort. Nous arrivons maintenant à un concept qui est d’ailleurs assez difficile à comprendre.

L’homme ne cesse d’apprendre au fur et à mesure qu’il se développe. Mais ce n’est pas l’homme seul qui apprend au cours de cette évolution ; tous les êtres le font, depuis le dernier jusqu’au plus sublime des êtres divins. Ce que l’entité divine du Christ a fait lorsqu’elle se trouvait dans le corps de Jésus de Nazareth, nous l’avons décrit plus haut ; nous en avons vu le résultat pour toute l’humanité. Mais posons-nous cette question : Est-ce que par là le Christ lui-même a été amené à s’élever d’un degré ?Oui, c’est bien ce qui s’est passé. Les entités divines peuvent aussi faire des expériences qui les font progresser. Et cette élévation vers un monde plus haut, le signe extérieur en a été donné par l’Ascension à ceux qui avaient été ses compagnons sur Terre. Un homme qui n’est ni initié, ni clairvoyant peut, sinon voir, du moins comprendre au moyen de son cerveau physique, les six premières étapes de l’initiation chrétienne. La septième n’est accessible qu’à celui qui n’est plus lié au cerveau physique et qui sait ce que cela signifie, de penser et de voir sans le cerveau.

Quand le Christ guérit l’aveugle-né, nous l’avons déjà vu, il explique bien que c’est le péché commis dans une vie antérieure qui apparaît maintenant. Il se pose devant l’humanité comme le maître qui enseigne l’idée de la réincarnation, le Karma, la chaîne des actions qui se répercutent d’une vie sur l’autre. Et cet enseignement, il le donne pratiquement adapté à la vie. Il veut montrer qu’un temps viendra où les hommes sauront que le karma agit et comprendront que lorsqu’on fait le mal, il ne s’ensuit pas nécessairement une punition extérieure sur Terre. Le mal aura fatalement sa conséquence, mais ce sera peut-être dans une incarnation suivante ; de toutes façons la faute est inscrite dans le grand Livre de la chronique akashique, dans le monde spirituel. Les hommes n’ont pas besoin de la condamner et peuvent s’en rapporter aux lois spirituelles, au karma ! (Jean, ch. VIII, v. 1-6).

« Or, Jésus se rendit sur la montagne des Oliviers. Et, de grand matin, il vint de nouveau dans le temple, et tout le peuple vint à lui ; et, s’étant assis, il les enseignait.

« Alors les scribes et les pharisiens lui amenèrent une femme surprise en adultère ; et ils la placèrent au milieu de la foule.

« Ils dirent à Jésus : Maître, cette femme vient d’être surprise en adultère. Or, Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Vous donc, que dites-vous ?

« Ils disaient cela pour le tenter, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus, se baissant, écrivait avec son doigt sur la Terre. »

Qu’écrivait-il donc ainsi ? Il inscrit le péché dans le monde spirituel.

C’est là que la faute recevra la compensation nécessaire. Puis il demande aux autres si leur conscience ne leur reproche rien. Car seulement dans le cas où ils n’auraient nulle faute à purger, ils auraient le droit de ne se sentir rattachés par nulle fibre au péché de cette femme, et de la juger. Mais tels qu’ils sont, ils ne peuvent savoir s’ils n’ont pas eux-mêmes dans une vie antérieure déposé le germe de l’action qu’ils blâment maintenant ; ou s’ils n’ont pas eux-mêmes dans une autre vie commis ce même péché. — Tout est inscrit dans le karma. Jésus trace des signes sur cette Terre qu’il a déjà pénétrée de sa lumière spirituelle ; c’est-à-dire qu’il confie à la Terre le karma qui naîtra de cet adultère. Et par cela il veut dire : « Marchez dans la voie que je vous trace ici soyez tels que vous puissiez dire : nous ne condamnons pas ; nous abandonnons les fautes à la loi des compensations karmiques. » Si les hommes suivent ce précepte, ils comprennent le karma ; on n’a pas besoin de le leur imposer comme un dogme ; on l’a prouvé par l’action. C’est ce qu’a fait le Christ.

Ces choses ne pouvaient être écrites que par le disciple qui avait été initié par le Christ, Lazare-Jean. Lui seul pouvait comprendre l’action d’un être devenu, depuis le baptême du Jourdain, maître de son corps éthérique et par lui du corps physique. Il pouvait comprendre comment il avait été possible aussi de transformer ce qui semblait être de l’eau de telle sorte que cela pût agir comme du vin sur l’organisme humain, — de n’avoir qu’un petit nombre de poissons et de pains et d’agir par la force du corps éthérique de telle sorte qu’une foule fût rassasiée. Voilà tout ce que nous explique l’auteur de l’Évangile de Jean quand nous savons le lire. Dit-il quelque part que les pains et les poissons aient été mangés d’une manière physique ? Non. Mais il dit clairement, et il faut peser chaque mot, que le Christ rompit le pain et rendit grâces au ciel (chap. VI, v. 11) :

« Jésus prit alors les pains, et ayant rendu grâces, il les distribua à ceux qui étaient assis ; il leur donna de même des poissons autant qu’ils en voulurent. »

Mais le sens exact de ces paroles est mal rendu par la tradition ; dans le texte primitif, il est celui-ci : Les disciples transmirent aux autres les pains et les poissons, et leur laissèrent faire ce qu’ils voulaient avec ces pains et ces poissons ; mais personne ne voulait en faire autre chose que ressentir à ce moment la force qui émanait du puissant corps éthérique du Christ.

Et qu’est-ce qui les rassasie ? Le verset 23 dit : « Cependant, d’autres barques arrivèrent de Tibériade, près du lieu où ils avaient mangé le pain parce que le Seigneur avait rendu grâces. »

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C’est par la prière du Seigneur qu’ils ont mangé le pain. Ils ont mangé sans que l’acte physique s’accomplisse. Aussi le Christ peut expliquer plus tard ce qui s’est passé en disant : « Je suis le pain de vie. »

Ce qu’ils ont pris en eux, mangé, c’est la force émanant du corps du Christ, et c’est de cela dont il reste en surplus. Elle agit avec tant de puissance qu’après les avoir tous nourris, ils pouvaient en recueillir encore.

Or, au regard spirituel, un corps se compose de douze parties auxquelles on peut donner les noms suivants : le Bélier, pour la partie supérieure ; le Taureau, pour la gorge ; les Gémeaux, pour les membres supérieurs ; le Cancer, pour la poitrine ; le Lion, pour la région du cœur ; la Vierge, pour le tronc ; la Balance, pour les hanches ; au-dessous, vient le Scorpion ; le Sagittaire, les cuisses ; le Capricorne, les genoux ; le Verseau, les jambes et les Poissons, les pieds.

Le corps humain se décompose en douze parties. Si l’on recueille par conséquent ce qu’il en reste quand la force du corps du Christ a été absorbée, on doit donc en recueillir douze mesures (ch. VI, v. 13) :

« Ils les ramassèrent donc, et ils remplirent douze corbeilles avec les morceaux qui étaient restés des cinq pains, après que tous eurent mangé. »

Ils n’avaient pas mangé les pains. Ils s’étaient nourris de la force que le Christ avait reçue en rendant grâces aux sphères d’où il était descendu. — C’est ainsi qu’il faut comprendre l’action du monde spirituel dans le monde physique, et voir comment les détails sont reliés ensemble dans ce grand événement de la Terre qui se transforme en un Soleil. Chaque détail occupe sa place dans cet événement. Et nous saisissons aussi que l’impulsion formidable donnée à la Terre en ce temps ne peut arriver que progressivement à gagner toute l’humanité.

Comme nous l’avons indiqué hier, l’Évangile de Marc fut le premier à éveiller en l’homme le sens de ces grandes vérités aux premiers siècles chrétiens. L’humanité dut alors, par sa propre force, retrouver le chemin du monde dont elle venait. — Elle est descendue des hauteurs spirituelles jusqu’au point le plus bas qui coïncide avec le mystère du Golgotha ; mais de là partit l’élan immense, qui la fit remonter. Le Christ lui donne la force de reconquérir le bien perdu si elle prend en elle la nouvelle lumière spirituelle. Dès les premiers siècles qui suivirent la venue du Christ sur Terre, l’homme dut commencer à remonter la pente qu’il avait descendue dans les derniers siècles avant Jésus-Christ. C’est alors que l’Évangile de Marc put l’aider. Ce qu’il avait perdu dans un temps plus reculé encore, il dut le reconquérir aux siècles qui succédèrent à ce début de l’ère chrétienne ; et l’évangile qui lui indiqua alors la voie intérieure fut celui de Luc.

Nous avons vu que six cents ans avant l’apparition du Christ sur la Terre, tout ce qui s’était passé précédemment se résuma dans la grande conscience de Bouddha qui ressentit tout le trésor spirituel perdu. Lorsque Bouddha vient au monde, sa naissance est prédite à sa mère Maya, et il est prophétisé que cet enfant deviendra Bouddha, le sauveur, le guide des hommes vers l’immortalité, la liberté, la lumière ! La légende de Bouddha raconte que lorsqu’il avait douze ans, ses parents l’ayant égaré, le retrouvèrent sous un arbre, entouré des aèdes et des sages de l’antiquité ; et il leur enseignait. Six cents ans après le Bouddha, les mêmes récits apparaissent dans l’Évangile de Luc, bien que sous une autre forme.

L’Évangile de Jean, comme les trois évangiles qui le complètent, sont des documents remplis de profondeurs infinies. Nous venons d’en étudier quelques-unes. Si nous pouvions continuer, nous en ferions ressortir d’autres. Nous n’aurions jamais fini d’étudier ces écrits et d’en tirer tout ce qu’ils contiennent. On n’en atteindra vraiment pas le fond. Il n’y a rien à y ajouter : Il faut seulement se préparer par la connaissance des vérités occultes à trouver tout ce qui y est contenu. Les évangiles dévoilent alors tout le plan de l’évolution humaine, et les rapports de cette évolution avec l’univers ; il nous faut comprendre toujours mieux le monde spirituel.

Mais lorsque nous avons entendu tout ce qui a été dit ici, il ne faut pas seulement en retirer le souvenir de quelques vérités isolées. C’est ce dont notre âme a le moins besoin, bien que cette mémoire soit nécessaire, car sans elle nous ne pourrions pas garder ce qui doit être le résultat de cette étude : ce qui a empli notre esprit doit descendre dans notre cœur et s’y transformer en sentiments, en impulsions. Quand la vérité devient ainsi une chaleur intérieure, elle agit comme une force guérissante sur l’esprit, l’âme et le corps. Et ces sentiments demeurent ; ils sont impérissables en nous ; nous continuons de vivre avec eux en ce monde. Nous n’avons pas seulement appris quelque chose, nous sommes devenus plus vivants par ce que nous avons appris. Si nous retirons de ces conférences des sentiments de cette nature, la science spirituelle sera pour nous une substance de vie. Sans nous écarter de la vie extérieure, elle deviendra comme le reflet de ces forces suprêmes dont nous avons parlé ces jours-ci. Certes, il a fallu que la mort pénètre dans le monde, mais l’idée que nous nous faisons d’elle n’est pas exacte, et c’est le Christ qui nous a appris à la connaître en vérité. Par là, la mort est devenue la semence d’une vie supérieure.

En dehors du cercle où ces conférences peuvent pénétrer, la vie extérieure suit son cours. Les hommes y sont mêlés. La science spirituelle n’appauvrira pas d’un iota cette vie. Mais la conception qu’on se fait généralement de l’existence, avant de la comprendre par l’esprit, est erronée ; il faut comprendre l’illusion de la vie. Cette illusion doit mourir en nous. De la semence de cette illusion morte naîtra une vie supérieure. Un sens spirituel de la vie ne nous fera pas pour cela vivre en ascètes, mais nous apprendra à connaître au contraire le vrai visage des choses, nous donnera la vraie maîtrise de la vie ; le Christ pénétrera toute notre existence quand nous saurons le retrouver par la science spirituelle, et nous comprendrons comment la mort peut être un reflet de la vie. En faisant nôtres les connaissances spirituelles, nous ne devenons pas étrangers à la vie, mais nous discernons ce qui était faux dans notre manière de la juger. Nous poursuivrons alors notre route, fortifiés par des pensées vraies, comme les travailleurs qui ne reculent pas devant la vie, car ils ont conquis la force au contact des idées qui conduisent au monde spirituel…

Par ces mots, je confie à votre cœur le soin de cultiver comme un thème de méditation intérieure les sentiments dont je viens de parler. ◙

 

Liste des œuvres de Rudolf Steiner citées en note de bas de page :

1 Cf. Rudolf Steiner « La Science de l’occulte » GA 13.

2 Cf. Rudolf Steiner, « L’Initiation ou Comment acquérir la connaissance des mondes supérieurs » – GA 10.

3 Cf. Rudolf Steiner, notamment « Les Hiérarchies spirituelles et leur reflet dans le monde physique » – GA 110.

4 Cf. Rudolf Steiner, « Les Guides spirituels de l’homme et de l’humanité » – GA 15.

5 Cf. Rudolf Steiner, l’ « Évangile de Jean » (Hambourg 1908) conf. n°7 – GA 103.

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