Télévision : émissions SAGESSES BOUDDHISTES - Dossier relatif aux émissions de France 2 "SAGESSES BOUDDHISTES", avec ou sans sous-titres et avec une transcription écrite pour la plupart de ces émissions. L'émission est présentée chaque dimanche de 8h30 à 8h45.
Retour ACCUEIL      Retour SOMMAIRE          Retour Télé_SANTE          Retour SAGESSES BOUDDHISTES

TV - SAGESSES BOUDDHISTES - émissions Télévision France 2
Rencontre avec Akong Rimpoché
en son monastère de Samyé ling, en Ecosse

* VIDÉO DES DEUX ÉMISSIONS "SAGESSES BOUDDHISTES" :

- 5.10.2014 : Rencontre avec Akong Rimpoché (1ère partie)
La rédaction de «Sagesses bouddhistes» rend hommage à Akong Rimpoché, disparu dans des circonstances tragiques à Chengdu, en Chine, en octobre 2013, en rediffusant les entretiens qu'il avait accordés dans son monastère de Samyé Ling, en Ecosse, quelques mois auparavant.

- 12.10.2014 : Rencontre avec Akong Rimpoché (2ème partie)
La rédaction de «Sagesses bouddhistes» rend hommage à Akong Rimpoché, disparu dans des circonstances tragiques à Chengdu, en Chine, en octobre 2013, en rediffusant les entretiens qu'il avait accordés dans son monastère de Samyé Ling, en Ecosse, quelques mois auparavant.

- VIDÉO & TRANSCRIPTION DES DEUX ÉMISSIONS

PRÉSENTATION :

Dossier relatif aux émissions de télévision "Sagesses bouddhistes", avec une transcription écrite.

L'émission " Sagesses Bouddhistes" est présentée chaque dimanche sur France 2 de 8h30 à 8h45.

 


VIDÉOS SAGESSES BOUDDHISTES :

Les vidéos sont sur Youtube au lien :
https://www.youtube.com/user/mauricegaultier

o O o


Replay sur France 2 :
http://www.france2.fr/emissions/les-chemins-de-la-foi

Replay sur Pluzz.fr :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html


o O o

Toutes les vidéos, sur Youtube, depuis septembre 2010 avec la Sangha des Colibris au lien :
http://www.youtube.com/user/colibris67

 

Toutes les vidéos, sur Dailymotion, depuis 2008 avec vchristophe :
http://www.dailymotion.com/vchristophe

 

D'autres vidéos au site de Mickaël (Bordeaux) :
http://www.dailymotion.com/user/sakiamuni/1


o O o

 

Site de l'UBF (Union Bouddhiste de France) :
http://www.bouddhisme-france.org/ et plus particulièrement :
http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/ : les émissions diffusées, les livres présentés...

 

Forum Bouddhiste : L'Arbre des Refuges :
http://www.larbredesrefuges.com/




SOUS-TITRES et TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES

Les présentes transcriptions écrites sont faites avec l'aide des sous-titres.

 

Vous pouvez aussi voir l'émission sous 7 jours avec les sous-titres
en activant les sous-titres dans la barre de défilement au lien :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html
(roue crantée "plus d'options" et cliquer sur "sous-titres")


Remarques :
Le site "Télé Scoop" présente une transcription écrite des émissions "Sagesses bouddhistes" au lien :
http://telescoop.tv/search/?q=Sagesses+bouddhistes&ref=home


Il existe aussi dans le site de l'UBF ("Union Bouddhiste de France" ) des archives depuis 1997 au lien :
http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/ où sont présentés quelques extraits des émissions Sagesses Bouddhistes.
Voici à ce lien quels thèmes sont ainsi présentés : #archives_u_b_f



 

Rencontre avec Akong Rimpoché

en son monastère de Samyé Ling, en Ecosse
(1ère partie)

 

VIDÉO DE L'ÉMISSION - PRÉSENTATION - TRANSCRIPTION ÉCRITE

Dimanche 5 octobre 2014 - France 2 à 8h30

La rédaction de «Sagesses bouddhistes» rend hommage à Akong Rimpoché, disparu dans des circonstances tragiques à Chengdu, en Chine, en octobre 2013,
en rediffusant les entretiens qu'il avait accordés dans son monastère de Samyé Ling, en Ecosse, quelques mois auparavant.



Photo de l'album de Facebook

LA VIDÉO DE L'ÉMISSION :

Revoir sur Youtube VOSTF sous-titrée en français :
https://www.youtube.com/watch?v=N0klRApvVSY (14'50 )



Revoir sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x27brq7 (14'51 )




Sagesses bouddhistes - Rencontre avec Akong...
par conscience33


Revoir en replay (6 jours) :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes_,110281989.html



PRÉSENTATION :

La rédaction de «Sagesses bouddhistes» rend hommage à Akong Rimpoché, disparu dans des circonstances tragiques à Chengdu, en Chine, en octobre 2013, en rediffusant les entretiens qu'il avait accordés dans son monastère de Samyé Ling, en Ecosse, quelques mois auparavant.

Présenté par : Aurélie Godefroy

 

Autres informations :

Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Akong_Rinpoch%C3%A9

Hommages : http://www.samye.be/fr/archives/405-homages-a-tcheudje-akong-tulkou-rinpotche-decede-le-8-octobre-2013

Nouvelles : http://www.samye.be/fr/ksd-a-bruxelles/hommages-a-akong-rinpotche/184-hommages-a-akong-rinpotche/414-messages-de-lama-yeshe-losal-rinpotche

Centre Samye Ling : http://www.samyeling.org/

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

 

- Bonjour et bienvenue. "Sagesses bouddhistes" rend hommage à Akong Rimpoché, disparu2E dans des circonstances tragiques en octobre 2013, et pour ce faire a choisi de rediffuser des entretiens.
-Bonjour et merci de votre fidélité. C'est avec bonheur que nous vous retrouvons en ce dimanche matin. Nous avons souhaité rendre hommage à Akong Rinpoche, grand maître tibétain, décédé Nous avions eu l'honneur de le rencontrer. Nous vous proposons de redécouvrir l'entretien qu'il avait accordé. Nous revenons sur le parcours de ce grand maître tibétain, mais aussi sur ses activités tant humanitaires que spirituelles.
-Akong Rinpoché, bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes le cofondateur.. du 1er centre bouddhiste tibétain à Samyé-Ling, au sud de l'Ecosse. Vous êtes la réincarnation d'un grand maître. Vous avez été reconnu a l'âge de 2 ans et éduqué a 4 ans, comme lama, toulkou et médecin aussi. On aimerait aborder avec vous votre action sociale, et plus spécifiquement le projet Rokpa. Pour commencer, j'aimerais savoir à quel moment vous avez souhaité fonder cette organisation humanitaire, Rokpa, ainsi que les raisons qui vous ont poussé à le faire.
-L'organisation Rokpa, je l'ai fondée il y a plus de 30 ans, du fait qu'il y avait tant de réfugiés tibétains en Inde. Une bonne partie d'entre eux Ils n'avaient personne pour les aider, les soutenir. Les plus jeunes pour s'occuper de leur éducation. Donc, nous avons pensé que ce serait très bien de pouvoir les aider. Rokpa a commencé il y a à peu près 30 ans.
-Je crois savoir que tout cela est parti d'une promesse que vous vous êtes faite. Vous pouvez nous en parler? C'était un voeu ?
-Je me suis enfui du Tibet A l'époque, nous sommes partis à cheval et avec des mules. Mais à la fin du voyage, on ne pouvait pas passer directement du Tibet en Inde, avec les chevaux et les mules. On a dû traverser les montagnes à pied. Ça nous a pris 6 mois, à pied. Et 4 mois à dos de cheval ou de mulet. Pendant la partie du trajet à cheval, ça n'a pas été trop dur, car on pouvait porter des provisions et communiquer avec les gens du coin.
Pendant la partie où nous avons dû escalader les montagnes a pied, nous avons vraiment eu beaucoup de difficultés. La nourriture n'était pas suffisante. Ça ne nous a duré que 3 mois. Pendant les 3 derniers mois, nous n'avions plus rien de correct à manger. Notre groupe était parti à 300. Nombreux sont ceux qui sont morts de faim, en chemin. Beaucoup de gens n'arrivaient plus a marcher. C'était très dur de traverser la montagne. Ils sont tombés sur le chemin. Au même moment, nous n'avions plus rien à manger. Nous avons dû manger le cuir de nos chaussures, pour se SUSÎGHÎG l', tout ce qu'on pouvait trouver. On a fait ça pendant 2 mois, pour survivre. Puis finalement, on n'avait même plus de cuir à faire bouillir. Il ne restait plus que de l'eau à boire. A la fin, c'était très dur. On était a bout de forces. Beaucoup étaient morts de faim. Nous n'étions plus que 13, à la fin. Beaucoup de nos compagnons avaient été capturés en route par l'armée chinoise. Ils ne pouvaient plus continuer. Pour une partie d'entre eux, ils sont morts d'épuisement. Partis à 300, on est arrivés à 13. On est arrivés dans une caverne. On ne pouvait plus marcher. On se demandait toujours: Qui va mourir demain ? On n'avait plus que de l'eau. C'était notre seule source de survie, pendant 10 jours. Tout le monde se disait : qu'est-ce qu'on a fait ? On faisait le bilan de notre vie. Si je ne meurs pas aujourd'hui, qu'est-ce que je ferai à l'avenir ? Moi, je suis arrivé à la conclusion que si je ne mourrais pas.. je ne m'assiérais plus sur des trônes. Je jouerai les êtres avisés et très sages, sous les traits d'un toulkou. Je resterai pour aider, pour donner à manger aux gens. Nous avions encore beaucoup de choses rares et précieuses. Nous portions des pièces d'or. A nous 13, nous avions des objets précieux, mais rien à manger. Quand on est proche de la mort, on se rend compte que la seule chose dont on a besoin, c'est à manger, quelque chose qui permette de survivre. On a besoin, en plus de cela, d'une éducation, parce que ça, ça vous aide à vous en tirer, partout où vous irez.
C'est mieux qu'une pierre précieuse. Si vous avez des bijoux, des joyaux, même si vous avez des difficultés, vous pouvez en sortir. Vous pourrez vous en sortir si vous avez l'éducation. Il faut avoir les connaissances. C'est très important. J'ai donc décidé de créer une organisation caritative. C'était l'engagement que j'ai pris à ce moment-là. Il s'est trouvé que des chasseurs du coin nous ont trouvés dans la grotte où nous dormions. Ils nous ont donné à manger. C'est ce qui nous a permis de survivre. Grâce à ces chasseurs. Toute l'organisation caritative est partie de l'idée de nourrir les gens et de leur donner une éducation. C'est ce jour-là que j'ai pris cette décision. Cette décision était, pour moi, très précieuse. En 1963, je suis venu en Angleterre, avec mon ami Chogyam Trungpa, qui est très connu. Il fallait que l'un d'entre nous travaille pour gagner notre vie. J'ai décidé de travailler a l'hôpital. Jusqu'à un certain point, tous mes souhaits de travailler ont disparu, évidemment, car on doit travailler pour survivre, pour gagner son pain. En 1967, le centre était établi en Ecosse. Je suis venu m'établir là. J'ai un peu oublié mon engagement original. Mais un jour, quand on a commencé à construire ce monastère, une personne est venue me voir et m'a dit: "Qu'est-ce que vous faites, là ?" J'ai répondu qu'on construisait un monastère. Il y avait beaucoup de Vietnamiens, des boat-people qui s'étaient enfuis. On m'a dit : "Vous êtes bouddhiste ? Il y a tant de gens qui viennent de s'enfuir "du Vietnam. Vous faites quelque chose pour les aider?" J'ai répondu non. Mon interlocuteur m'a dit: "Puisque vous êtes bouddhiste, "ce ne serait pas mieux de s'intéresser aux gens, "plutôt que de construire un temple qui va coûter "un demi-million de livres ?" Bien qu'il ne fût construit que par des bénévoles, c'est vrai que ça m'a fait un sursaut dans la mémoire. Au départ, j'étais un peu choqué. Ça ne le regardait pas. Mais finalement, ça a été le déclencheur. C'est vrai, j'avais oublié cet engagement que j'avais pris. Donc, je lui étais très reconnaissant.
J'ai commencé à m'investir pour mettre sur pied une organisation caritative.
-Quel est son but?
-Je crois que les points les plus importants, c'est la préservation de la culture tibétaine. Tous les enfants que nous parrainons au Tibet doivent recevoir une éducation essentiellement tibétaine, à la base. S'ils n'ont plus la langue tibétaine, il n'y aura plus Je cherche à aider les orphelins, en particulier a apprendre le tibétain, fondamentalement. Au moins cela. Les autres points essentiels de notre action, ce sont des soupes populaires. Nous avons des programmes d'environnement, d'éducation. La préservation des lieux historiques de grande valeur. Par exemple, là où est né le 16e karmapa. On essaie de conserver la culture des plantes médicinales tibétaines. Au Tibet, on essaie de préserver Si c'est au Zimbabwe que nous aidons, la langue locale du Zimbabwe. Chaque culture devrait conserver sa propre langue.
-Rokpa est donc une très grande organisation. Vous agissez dans le monde entier, en Afrique, au Tibet, au Népal. Vous avez également souhaité promouvoir une action de proximité comme mettre en place, à Glasgow, une soupe populaire. Pourquoi est-ce important pour vous, d'aider les gens en Ecosse ?
-Je crois que mon travail, c'est d'aider partout, là où quelqu'un souffre. Je ne suis pas un politicien. Je ne peux pas changer le monde et la façon dont vivent les gens, mais je peux les soulager un peu de leurs souffrances. Une soupe populaire ne les libère pas. Je le sais. Les gens me disent : "Pourquoi vous faites ça ? "Les gens vont devenir paresseux, passifs. "Ils devraient aller travailler." Ce n'est pas mon affaire. Je regarde leurs besoins. Dès qu'on souffre quelque part, j'essaie d'aider, comme on l'a fait pour moi, quand je n'avais rien a manger. Si quelqu'un m'avait dit: "Pourquoi tu dors dans une caverne ? "Va donc essayer de chasser pour te procurer à manger." Si on m'avait dit ça, ça ne m'aurait pas aidé. Je constate la même chose. Je respecte les gens, qui que ce soit qui a besoin de manger. Je ne le regarde pas de haut. Je respecte cette personne. Chacun souffre de manière différente. Je respecte cela et je les nourris. Ça fait partie de l'offrande que je leur fais. C'est mon but. Soulager la souffrance a ma façon, partout où elle est subie.
-Merci beaucoup, Rimpoché, d'avoir été avec nous, aujourd'hui.
-Je vous en prie.


Une transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/673714/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses%20bouddhistes



 

Rencontre avec Akong Rimpoché

en son monastère de Samyé Ling, en Ecosse
(2ème partie)

 

VIDÉO DE L'ÉMISSION - PRÉSENTATION - TRANSCRIPTION ÉCRITE

Dimanche 12 octobre 2014 - France 2 à 8h30

La rédaction de «Sagesses bouddhistes» rend hommage à Akong Rimpoché, disparu dans des circonstances tragiques à Chengdu, en Chine, en octobre 2013,
en rediffusant les entretiens qu'il avait accordés dans son monastère de Samyé Ling, en Ecosse, quelques mois auparavant.

 



Photo de l'album de Facebook

LA VIDÉO DE L'ÉMISSION :

Revoir sur Youtube VOSTF sous-titrée en français :
https://www.youtube.com/watch?v=msCzIuXm9ic (14'55)

 


Revoir sur Dailymotion VOSTF :
http://www.dailymotion.com/video/x27sxxx (14'56)


Sagesses bouddhistes Rencontre avec Akong... par conscience33

 

Revoir en replay (6 jours) :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes_,110659476.html




PRÉSENTATION :

La rédaction de «Sagesses bouddhistes» rend hommage à Akong Rimpoché, disparu dans des circonstances tragiques à Chengdu, en Chine, en octobre 2013, en rediffusant les entretiens qu'il avait accordés dans son monastère de Samyé Ling, en Ecosse, quelques mois auparavant.

Présenté par : Aurélie Godefroy

 

Autres informations :

Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Akong_Rinpoch%C3%A9

Hommages : http://www.samye.be/fr/archives/405-homages-a-tcheudje-akong-tulkou-rinpotche-decede-le-8-octobre-2013

Nouvelles : http://www.samye.be/fr/ksd-a-bruxelles/hommages-a-akong-rinpotche/184-hommages-a-akong-rinpotche/414-messages-de-lama-yeshe-losal-rinpotche

Centre Samye Ling : http://www.samyeling.org/

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

-Bonjour toutes, bonjour à tous et merci de votre fidélité.
C'est avec une grande joie que nous vous retrouvons ce dimanche matin sur le plateau de Sagesses bouddhistes, pour la suite de notre hommage à Akong Toulkou Rimpoché, décédé tragiquement il y a un an.
Nous avons pu voir la semaine dernière quel était le parcours de ce grand maître tibétain, l'un des premiers à se rendre en Occident.
Je vous propose aujourd'hui de le retrouver lors d'un entretien exclusif qu'il nous avait accordé dans son centre de Samyé Ling en écosse pour évoquer plus particulièrement son action dans le domaine social et thérapeutique.

-Akong Rimpoché, good morning,
Merci de nous retrouver cette semaine.
Je vous rapelle que vous êtes le cofondateur de Samye Ling, le premier centre bouddhiste tibétain en Ecosse.
Vous avez été reconnu comme la réincarnation d'un grand maître à l'âge de 2 ans.
A l'âge de 4 ans, vous avez reçu une formation à la fois de lama et de médecin.
Donc, je voulais, pour commencer, vous demander comment vous avez vécu le fait d'apprendre la médecine si jeune.

-C'est assez fréquent, au Tibet.
Quand on est un lama réincarné, l'un des travaux que l'on a à faire, la principale tâche, c'est d'aider les autres.
On les aide spirituellement.
Les gens viennent vous voir pour chercher de l'aide pour leurs difficultés physiques ou mentales.
Donc, il faut savoir quelque chose par rapport à la médecine pour pouvoir vraiment les aider.
Il faut aussi avoir une certaine compréhension, exercer une forme de thérapie.
Parce que quand ils ont des problèmes, ils ne vont pas voir différents médecins.
Ils viennent me voir ou bien vont voir un autre lama.
Ils pensent qu'ils ont toutes les réponses.
Il faut donc être prêt à les aider.

-On dit d'ailleurs souvent que le Bouddha lui-même est le médecin de l'esprit.

-Oui. Tout l'enseignement du Bouddha vise à aider les gens à gérer leur esprit.
Parce que l'esprit, c'est ce qu'il y a de plus important.
Si on a une maladie physique, l'expérience qu'on a de cette maladie se fait à travers l'esprit.
Même si on coupait le corps en morceaux, s'il n'y avait pas d'esprit, il n'y aurait personne pour ressentir la douleur.
L'expérience de la souffrance et de la douleur c'est évidemment par l'esprit que ça passe.
Ce qui veut dire que l'esprit est fondamental.
C'est l'esprit qu'il faut traiter, qu'il aut aider, pour soulager la souffrance physique.

-Vous avez écrit un livre sur ce sujet, intitulé "L'Art de dresser le tigre intérieur".
Vous y comparez l'esprit à un tigre.
L'esprit est quelque chose qu'on peut dresser, qu'on peut former.
Il peut être complètement déchaîné et sauvage si on ne l'a pas formé, qu'on ne l'a pas entraîné.
Le tigre est un animal puissant.
C'est un exemple.
L'esprit humain est semblable à cela.
On le compare à un tigre.
Ou bien, on arrive à négocier avec lui d'une manière ou d'une autre, ou bien on le combat directement, ou bien on risque de perdre la bataille.
Il y a différentes expériences possibles.

-Vous avez donc décidé de développer une thérapie reconnue, appelée la Tara Rokpa Therapy.
Est-ce que vous pouvez nous en parler ?
Mon système de thérapie est basé sur les principes bouddhistes, les principes de l'enseignement de Bouddha.
Je ne peux pas dire que j'ai été formé en tant que thérapeute.
Mais j'ai connu beaucoup de hauts et de bas dans ma vie, à cause de l'exil.
J'ai connu beaucoup de souffrances, physiquement et mentalement.
On doit se séparer de sa famille, on doit quitter son monastère, on doit quitter tout ce qui nous appartient, on doit renoncer à tout.
Aussi, je ne souffrais pas mentalement, à vrai dire, pendant la fuite.
Les difficultés, les souffrances mentales, étaient du temps où je travaillais à Oxford en tant qu'aide subalterne
Les gens ne connaissaient pas mon histoire.
Ils pensaient que j'étais quelqu'un de paresseux.
Ça a failli me tuer, ça !
Parce que je n'avais jamais travaillé concrètement physiquement.
Quand j'étais au Tibet, j'étais assis sur un trône, et c'était moi qui donnais des ordres.
D'un coup, c'était moi qui devais écouter les ordres des autres et leurs réprimandes.
C'était un grand choc.
Mais c'est vrai, c'était une cause de souffrance dans mon esprit.
C'était comme une vis qui rentrait dans mon cerveau, qui vrillait le cerveau constamment.
J'ai repensé à mes maîtres très précieux qui me disaient : "Il faut accepter la souffrance. Il faut rester positif face à la souffrance. Il faut comprendre que c'est une connaissance précieuse que de faire face a la souffrance."
J'ai donc pu me soulager de ma souffrance en repensant a ces enseignements.
Finalement, j'ai même trouvé une grande joie dans l'acceptation des ordres, quand je devais faire des tâches subalternes comme nettoyer les toilettes.
Evidemment, je n'avais jamais fait ça auparavant.
Chez nous, c'était réservé à des gens de très basse extraction.
Mais j'ai fini par le faire avec beaucoup de joie.
Une fois que j'ai passé cette barrière-là, ça a été ma formation à une thérapie.
Et quand je suis venu ici, je ne me suis pas posé en maître spirituel.
J'étais comme un des travailleur de Samye Ling.
Je faisais les lits, la cuisine, je faisais de la couture, je réparais les draps.
J'aime beaucoup ça.
Ça me plaisait vraiment.
J'avais complètement accepté que c'était une forme de vie très positive pour moi.
Beaucoup de gens qui venaient ici, étaient dans la même situation.
J'ai essayé de leur montrer qu'on pouvait surmonter ces difficultés.
Beaucoup ont dit que ça leur avait fait du bien.
Le livre est finalement le fruit de ces expériences-là.
Ça vient de mon expérience, plus que d'une formation théorique.
La base de cette thérapie c'est la compassion.
Comment développer la compassion et comment aider les autres à travers cette compassion.
Evidemment, ça repose sur les principes fondamentaux du bouddhisme.
On pourrait même dire, sur des principes universels.
La compassion est universelle.
Comment aider les autres ?

-Vous incorporez à cette thérapie des éléments occidentaux issus notamment de la psychiatrie.
Comment cela fonctionne-t-il ?

-Je crois que si on s'adresse à des Occidentaux, il faut évidemment une certaine connaissance des idées occidentales soi-même.
Mais la principale formation de mon côté, c'est que j'essaie de transmettre, c'est comment développer l'amour, la compassion, la tolérance.
Comment accepter, plutôt que rejeter.
C'est la formation que nous donnons.
Apprendre à reconnaître soi-même.
La base de ce système de thérapie, c'est d'analyser soi-même le genre de personne qu'on est.
Analyser très en profondeur.
Il y a certaines choses qu'il faut changer.
D'autres, non.
Une fois qu'on a compris vraiment ce qu'on était soi-même, on voit clairement ce qu'on doit modifier.
Et là, on s'efforce de le faire.

-Cette thérapie est donc destinée à aider des gens en dépression.
C'est un mal très présent, dans notre monde occidental.

-Oui. J'espère que ça va vraiment aider les gens qui sont en dépression.
Ça aide à se rapprocher de ses amis, à se rapprocher de ses parents.
Il y a tant de problèmes, de nos jours, dans la société.
Des problèmes au sein de la famille.
Des problèmes qu'on peut avoir aussi à l'intérieur du couple.
Si on considère que tout est un problème, évidemment, tout devient problématique.
Mais si on aborde les choses de manière positive, ce ne sont plus des problèmes, cec sont simplement des malentendus que l'on essaie de résoudre soi-même, plutôt qu'attendre que les autres nous donnent la solution.
La thérapie nous permet de nous changer nous-mêmes.

-très concrètement, vous avez aussi décidé de créer une maison de soins de jour, baptisée Lothlorien.
Est-ce que vous pouvez nous en parler ?

-Cette maison de Lothlorien accueille des gens qui ont des problèmes de déséquilibre mental, des gens qui n'ont pas besoin d'être dans une institution psychiatrique, mais qui ne sont pas assez forts pour vivre de façon indépendante dans la société.
C'est une maison intermédiaire, un lieu intermédiaire, où ils peuvent, petit à petit, apprendre à s'adapter à la vie sociale.
C'est fondé sur des formes d'exercices.
Les gens travaillent comme jardiniers.
Le jardin est très thérapeutique.
Le jardinage aide vraiment.

-Nous venons d'évoquer un des aspects de votre action, l'action locale.
Mais vous en menez d'autres, au Tibet.
Vous formez des médecins, et tâchez de préserver les herbes médicinales tibétaines.
Dites-nous-en plus sur ce sujet.

-Je crois que les médecins tibétains sont des gens très précieux.
Parce qu'ils ne se contentent pas de diagnostiquer avec les instruments.
Ils ont une perception très fine qui leur permet d'établir des diagnostics.
J'ai formé à peu près 600 médecins tibétains.
Les herbes médicinales maintenant sont en danger d'extinction, au Tibet.
Parce que celles qui sont utilisées non seulement par la médecine tibétaine, mais par la médecine traditionnelle chinoise, sont maintenant surexploitées.
Des médecins tibétains viennent ici se former en Europe, sur les méthodes biodynamiques.
Quand ils rentrent au Tibet, ils utilisent ces systèmes et replantent des herbes médicinales sur des lieux préservés.

-Pour conclure cette émission, peut-on dire que vous êtes optimiste au sujet de cette thérapie et de tout ce que vous venez de dire sur la formation des médecins tibétains, entre autres ?

-Jusqu'à présent, ces deux lignes d'activité ont plutôt bien marché.
La thérapie ne cesse de progresser dans de nombreux pays.
Samye Ling a lui-même fait cause commune avec l'université d'Aberdeen, pour la formation "Mindfulness", la pleine conscience.
Si d'autres veulent se joindre à nous, ce sera notre prochaine possibilité de faire un cours à l'université.

-Nous vous souhaitons donc bonne chance.
Merci beaucoup de nous avoir reçus aujourd'hui.

-Merci beaucoup d'être venu de bien loin, de France, en Grande-Bretagne.
Merci.

-C'est la fin de cet hommage que nous avons souhaité rendre à Akong Rimpoché, ce grand maître tibétain.
Vous pouvez revoir cette émission pendant toute une semaine sur le site internet de France 2, en consultant Pluzz.fr.
Merci à tous de votre présence.
Je vous souhaite une bonne journée.


Une transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/685830/1/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses+bouddhistes


 


Retour ACCUEIL      Retour SOMMAIRE          Retour Télé_SANTE          Retour SAGESSES BOUDDHISTES