Télévision : émissions SAGESSES BOUDDHISTES - Dossier relatif aux émissions de France 2 "SAGESSES BOUDDHISTES", avec ou sans sous-titres et avec une transcription écrite pour la plupart de ces émissions. L'émission est présentée chaque dimanche de 8h30 à 8h45.
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TV - SAGESSES BOUDDHISTES - émissions Télévision France 2
QU'EST-CE QU'UN TEMPLE ZEN ?

* VIDÉO DES ÉMISSIONS "SAGESSES BOUDDHISTES" :

- 7.12.2014 : Qu'est-ce qu'un temple Zen ? sur France 2
Quelles sont les origines de fondation des temples, comment se perpétue la transmission entre le Japon et l’Europe et quelle est la place des femmes dans les nouvelles structures occidentales du zen ?

- 14.12.2014 : Seconde partie : Les trois esprits qui animent les responsables d’un temple zen
Quels sont les trois esprits qui animent les responsables d’un temple zen : l’Esprit Vaste, l’Esprit de la Grand-Mère et l’Esprit Joyeux ?

 

PRÉSENTATION :

Dossier relatif aux émissions de télévision "Sagesses bouddhistes", avec une transcription écrite.

L'émission " Sagesses Bouddhistes" est présentée chaque dimanche sur France 2 de 8h30 à 8h45.

 


VIDÉOS SAGESSES BOUDDHISTES :

Les vidéos sont sur Youtube au lien :
https://www.youtube.com/user/mauricegaultier

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Replay sur France 2 :
http://www.france2.fr/emissions/les-chemins-de-la-foi

Replay sur Pluzz.fr :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html


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Toutes les vidéos, sur Youtube, depuis septembre 2010 avec la Sangha des Colibris au lien :
http://www.youtube.com/user/colibris67

 

Toutes les vidéos, sur Dailymotion, depuis 2008 avec vchristophe :
http://www.dailymotion.com/vchristophe

 

D'autres vidéos au site de Mickaël (Bordeaux) :
http://www.dailymotion.com/user/sakiamuni/1


o O o

 

Site de l'UBF (Union Bouddhiste de France) :
http://www.bouddhisme-france.org/ et plus particulièrement :
http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/ : les émissions diffusées, les livres présentés...

 

Forum Bouddhiste : L'Arbre des Refuges :
http://www.larbredesrefuges.com/




SOUS-TITRES et TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES

Les présentes transcriptions écrites sont faites avec l'aide des sous-titres.

 

Vous pouvez aussi voir l'émission sous 7 jours avec les sous-titres
en activant les sous-titres dans la barre de défilement au lien :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html
(roue crantée "plus d'options" et cliquer sur "sous-titres")


Remarques :
Le site "Télé Scoop" présente une transcription écrite des émissions "Sagesses bouddhistes" au lien :
http://telescoop.tv/search/?q=Sagesses+bouddhistes&ref=home


Il existe aussi dans le site de l'UBF ("Union Bouddhiste de France" ) des archives depuis 1997 au lien :
http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/ où sont présentés quelques extraits des émissions Sagesses Bouddhistes.
Voici à ce lien quels thèmes sont ainsi présentés : #archives_u_b_f



 


Qu'est-ce qu'un temple Zen ?


 

VIDÉO DE L'ÉMISSION - PRÉSENTATION - TRANSCRIPTION ÉCRITE

Dimanche 7 décembre 2014 - France 2 à 8h30

Quelles sont les origines de fondation des temples,
comment se perpétue la transmission entre le Japon et l’Europe et
quelle est la place des femmes dans les nouvelles structures occidentales du zen ?



Photo de l'album de Facebook

LA VIDÉO DE L'ÉMISSION :

Revoir sur Youtube VOSTF sous-titrée en français :
https://www.youtube.com/watch?v=BazcwY3j6p0 (14'51)

 


Revoir sur Dailymotion VOSTF :
http://www.dailymotion.com/video/x2c1ewm (14'51)


Sagesses bouddhistes - Qu'est-ce qu'un temple... by conscience33


L'émission intégrale peut être téléchargée pendant 6 jours avec Captvty :
hhttp://captvty.fr/

Revoir en replay l'intégralité de la matinée (6 jours) :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes_,113717906.html




PRÉSENTATION :

Lu au lien : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/qu-est-ce-qu-un-temple-zen.html

Sagesses Bouddhistes reçoit Jiko Simone Wolf, maître zen, résidant en Suisse, fondatrice depuis plusieurs années, de centres zen et du temple Ryokuinzan Kôsetsu-ji.
Quelles sont les origines de fondation des temples, comment se perpétue la transmission entre le Japon et l’Europe et quelle est la place des femmes dans les nouvelles structures occidentales du zen ?

Invitée : Jiko Simone Wolf

Présentation : Sandrine Colombo


AUTRES INFORMATIONS :

LIVRES PRÉSENTÉS :

Journal d’un apprenti moine zen
Sato Giei
Editions : Philippe Picquier Editions
L’auteur nous raconte au fil des saisons et des différentes fêtes de l’année, toutes les étapes de l’apprentissage d’un moine dans la tradition zen, à travers notamment, sa première rencontre avec le Maître, le rituel du thé, ou encore la pratique de la méditation. Livre agrémenté de joyeux dessins. A ne pas manquer

Ouvrir la main de la pensée. Méditer dans le bouddhisme zen
Editions : Eyrolles Editions
Ce livre répond aux nombreuses questions que l’on se pose sur le zen et sa pratique. Clair, concis et accessible à tous, il permettra d’approfondir le regard que nous portons sur la vie, soi-même et les autres. Un guide subtil.

Zen d’aujourd’hui, face aux pièges de l’Ego
Philippe Coupey
Editions : Le Relié
L’auteur s’attaque dans ce livre vif et décapant à des sujets très divers tels que l’usage des drogues, la souffrance et l’angoisse vécues au quotidien, à la ronde des désirs et des illusions qui perturbent et déstabilisent bien souvent l’être humain.


INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES :

Temple Ryokuinzan Kôsetsu-ji
35 Rue Daniel Jean-Richard / CH – 2300 LA CHAUX DE FONDS
http://www.zen-soto.ch
Email : chx@zen-soto.ch


TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION À PARTIR DES SOUS-TITRES :


L'ÉMISSION :

 
-Bonjour. Bienvenue. Discrètes mais présentes, des femmes consacrent leur vie à enseigner la pratique de la Voie.
Dans le bouddhisme zen, les nonnes peuvent animer un temple, comme au Japon, depuis la 2e moitié du 20e siècle.
En Occident, la transmission du zen a eu lieu avec maître Deshimaru, à la fin des années 60.
On a créé des dojos.
Les temples zen ?
Leurs origines ?
La transmission entre le Japon et l'Europe ?
Leur évolution, avec la place des femmes ?
Pour répondre, nous avons la joie de recevoir Jiko Simone Wolf.

-Bonjour.
 
-Bonjour.

-Nonne suisse, vous avez créé, il y a 5 ans, près de la Chaux-de-fonds en Suisse, le temple zen Kosetsu-ji, "le temple de la neige lumineuse".
Vous avez suivi les enseignements de maître Deshimaru qui vous a ordonnée nonne en France.
Vous avez reçu la transmission, au Japon, avant de créer ce temple.
Merci de votre présence.
Partons de votre expérience.
Comment en vient-on à fonder un temple zen ?

-C'est circonstanciel.
A la mort de maître Deshimaru, j'ai quitté Paris pour retourner dans les montagnes suisses, à La Chaux-de-Fonds, j'ai fondé un groupe de zazen qui est devenu plus tard un dojo, puis un centre zen. Et la nécessité s'est fait sentir
par les pratiquants d'avoir leur propre lieu de vie et de créer un temple, dans la campagne, pas au centre-ville.
Nous avons eu la chance de trouver à une dizaine de kilomètres le lieu qui a permis de faire un temple.

-Est-ce difficile ?
Avez-vous eu des difficultés au niveau des moyens, des autorisations ?

-Non, pas particulièrement.
Il faut quand même une petite somme d'argent, ou recevoir des dons, car acheter une maison, ça a un certain prix, surtout en Suisse.
Sinon, pas d'autres difficultés.

-Et le fait d'être une femme, est-ce plus facile ou plus difficile ?

-Je ne me suis pas vraiment posé la question mais j'ai été très impressionnée, lors de mon dernier voyage au Japon.
J'ai été accueillie à Tokyo, dans un petit temple de femmes, où l'abbesse était à la veille de diriger de grandes cérémonies, au temple de Eihei-ji.
Je la félicitais car c'est un événement historique et elle m'a répondu :
"C'est simplement mon tour."

-Vous avez baptisé ce temple Kosetsu-ji.

-Oui.

-Pour quelle raison ?

-Euh... Le nom... "setsu", c'est "la neige".
"Ko", c'est le "ko" de "l'éveil".
Une partie du nom que m'a donné mon maître.
Je m'appelle "Jiko".
C'est mon nom de dharma.
Et puis, je parlais avec une grande traductrice de maître Dogen qui est Yoko Orimo et qui m'expliquait un peu la poétique dogenienne, ce que signifient les arbres, les oiseaux, la neige.
Et elle me donnait l'image de la neige qui est comme l'ego abandonné qui s'abandonne.
Alors, le nom était trouvé.

-Alors...

-Qu'est-ce qui brille ?
La neige, l'éveil ?
C'est le koan.

-Alors, vous avez créé un centre zazen, puis un dojo, avant d'en venir au temple.
Quelles sont les différences entre ces 3 lieux ?

-Le groupe de zazen,
c'est un lieu qu'on propose.
Puis doucement, les gens viennent et la pratique mûrit et certains se font ordonner.
Puis, il y a des moines, des nonnes et ça devient un dojo et puis un centre qui rayonne sur une ville, sur une région mais on n'y vit pas.
Ce n'est pas vraiment un lieu d'accueil, un lieu de vie.
C'est un lieu de pratique où les gens viennent le matin puis repartent dans leur vie.
Le temple, c'est un lieu de vie.
C'est un lieu d'accueil, de rassemblement où tous ceux qui ont envie de pratiquer la Voie, peuvent venir partager leur enthousiasme, leur foi, écouter l'enseignement du Bouddha, donné par les anciens disciples, écouter leur silence et s'immerger dans une atmosphère.

-Voyons ce qu'est un temple zen, son histoire.
De l'origine à aujourd'hui, il est question de transmission ?

-Oui. Très souvent on oublie qu'il y a 2 600 ans, les moines avaient exactement la même manière de se rassembler pour pratiquer ensemble et partager.
Les moines se rassemblaient à la saison des pluies, à cette époque-là, restaient durant la saison et repartaient dans leur vie pour redonner ce qu'ils avaient mûri.
Leur mûrissement spirituel en sagesse et en compassion, ils le redonnaient aux autres.
Ensuite, le bouddhisme s'est transmis en Chine.
Ça s'est appelé le chan.
Et au Japon, ça s'est appelé le zen.
Et le fondateur du zen soto au Japon est maître Dogen, fondateur de notre école qui lui, a pratiqué en Chine, avec son maître.
Il s'est donc inspiré.
On n'invente jamais rien.
Il s'est inspiré des règles chinoises, des règles de Yakujo pour... pour continuer, transmettre l'enseignement de son maître.
Et c'est ce que nous faisons ici, en Europe.

-Grâce à l'enseignement de maître Deshimaru.

-Oui. Tout à fait.

-Au 20e, il introduit le zen en Europe.

-Tout à fait.

-Vous avez suivi son enseignement.
On assiste à un retour.
Les zens occidentaux éprouvent le besoin de retourner au Japon, un peu pour recevoir un enseignement particulier.

-C'est très important, je crois, ce retour à la tradition car au Japon, il y a
7 siècles et demi de bouddhisme.
Ça veut dire qu'un moine naît bouddhiste, s'est imprégné.
C'est une autre imprégnation que pour nous qui avons 40 ans de zen, en Europe.
Alors, c'est très important d'aller se tremper, s'immerger dans ce bout ancien de la tradition.

-Il y a plusieurs sortes de temples au Japon.
Expliquez-nous ça.

-Il y a 2 grands temples.
Le 1er, c'est Eihei-ji, le temple de maître Dogen qui est un temple école.
200 moines peuvent suivre cette école, pendant une durée de 3 ans, de 2 ans, d'1 an.
C'est un temple de formation.
Formation des moines.
Et puis, le temple de maître Keizan qui a été fondé un peu plus tard qui est aussi un temple école et qui est, lui, dans la ville.
Alors, ce n'est pas seulement un temple de formation.
Le Soji-ji offre aussi une école pour les adolescents de culture bouddhique où les valeurs sont les valeurs du zen.
Ce sont des valeurs humanitaires.
Et puis, toute la partie...
On offre aussi du zazen pour qui veut bien aller s'asseoir tranquillement.
Ce n'est pas juste un lieu de formation.
Il y a également ce qu'on appelle des Senmon sodo, des petits temples où on peut aller faire des retraites de 3 mois, ce que Dogen appelait "ango", durant nonante jours exactement.
Euh...

-Nonante, c'est-à-dire 90 jours.

-Oui. 90 jours, pardon. Ma "suissitude".
Voilà. Moi, les nonnes peuvent aller.
Même les Occidentaux peuvent aller maintenant pratiquer un ango, dans ces temples.

-Vous-même, vous avez reçu au Japon la transmission de votre maître ?

-Oui. C'est au temple de Teisho-ji mais ce n'est pas un temple de formation.
C'est un temple très ancien où mon maître vit et fait les rituels bouddhiques.
Il y a le zazen, tous les dimanches mais ce n'est pas un temple de formation.

-Intéressons-nous à ce qui se passe derrière les murs du temple.
Comment pratique-t-on ?

-Chez moi, comme je crois dans tous les temples, il y a le rituel. La vie d'un
temple est rythmé par des sons.
Le 1er son, c'est le réveil.
C'est une cloche.
Il y a la cloche du réveil.
Puis le bois qui est frappé pour le temps de la méditation, de la pratique de zazen.
Puis, il y a le chant des sutras et le petit déjeuner.
Et puis, il peut y avoir la cérémonie du thé.
Boire le thé ensemble, avec l'abbé ou l'abbesse qui donne un enseignement un peu informel.
Cette cérémonie s'appelle sho san.
Et puis, il y a les nettoyages, la vie du temple.
Un court moment.
Et puis, ce qu'on appelle le samu, le temps où moines et nonnes redonnent leur énergie de la pratique pour la vie quotidienne.
Faire la cuisine...
Vous voyez ce qu'il y a à faire dans chaque lieu.

-Bien sûr.

-Et puis, il y a la cérémonie de midi, le rituel,
Le chant des sutras,
le repas de midi et puis, l'après-midi, ça dépend un peu du travail à faire.
En fin d'après-midi, il y a une cérémonie de banka où de nouveau, les moines
chantent les sutras.
Et il y a le zazen du soir.
Ça, c'est le rythme d'une vie quotidienne, hors des temps de retraite où il y a beaucoup plus de périodes de zazen.

-Finalement, c'est donc une vie qui ressemble à la vie monastique du temps du Bouddha.

-Absolument.
C'est le même esprit, même si les temps ont changé.
On ne vit pas la même chose en Occident qu'en Inde, il y a 2 600 ans, bien sûr.

-Aujourd'hui, vous par exemple, vous avez participé à la fête
de l'Union bouddhiste de Suisse, en sortant la sangha sur la place
publique pour se faire connaître.
Le temple doit donc sortir de son isolement pour exister ?

-Non. Je pense qu'un temple n'est jamais isolé.
Un temple rayonne.
Et puis, l'Union bouddhiste réunit toutes les traditions, toutes les écoles du bouddhisme.
Alors, c'est très important de partager de temps en temps des moments ensemble.
On a une base commune, les valeurs du bouddhisme.
Se rencontrer, c'est important.
Et permettre, sur la place du marché, à tout le monde de rencontrer les différentes écoles du bouddhisme, je crois que c'est important.
A l'époque, les Grecs avaient aussi l'agora, le lieu de patage, le lieu d'échange.
La place du marché, c'est un très bon lieu d'échange.

-Merci, Simone Wolf.
Nous vous retrouverons dimanche prochain, pour parler des 3 esprits qui animent
le responsable d'un temple zen.
Quelques indications de lectures.
"Journal d'un apprenti moine zen" de Sato Giei. Editions P. Picquier.
"Ouvrir la main de la pensée. Méditer dans le bouddhisme zen." de K. Uchiyama chez Eyrolles.
"Zen d'aujourd'hui. Face aux pièges de l'ego" de P. Coupey, aux éditions du Relié.
Merci d'avoir suivi l'émission.
Vous pouvez la revoir sur le site de France 2.
Bon dimanche à tous.
A la semaine prochaine. Merci.

 

 


Les trois esprits qui animent les responsables d’un temple zen


 

VIDÉO DE L'ÉMISSION - PRÉSENTATION - TRANSCRIPTION ÉCRITE

Dimanche 14 décembre 2014 - France 2 à 8h30

Quels sont les trois esprits qui animent les responsables d’un temple zen :
l’Esprit Vaste, l’Esprit de la Grand-Mère et l’Esprit Joyeux ?



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LA VIDÉO DE L'ÉMISSION :

Revoir sur Youtube VOSTF sous-titrée en français :
https://www.youtube.com/watch?v=894Pln9bKPI (14'55)

 


Revoir sur Dailymotion VOSTF :
http://www.dailymotion.com/video/x2ck6jh (14'56)


Sagesses bouddhistes 14.12.2014 VOSTF Les... by conscience33

L'émission intégrale peut être téléchargée pendant 6 jours avec Captvty :
hhttp://captvty.fr/

Revoir en replay l'intégralité de la matinée (6 jours) :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes_,114106626.html





PRÉSENTATION :

Lu au lien : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/les-trois-esprits-qui-animent-les-responsables-d-un-temple-zen.html

Quels sont les trois esprits qui animent les responsables d’un temple zen : l’Esprit Vaste, l’Esprit de la Grand-Mère et l’Esprit Joyeux ?
Que signifient-ils, comment y parvenir et comment les conjuguer ?
Réponses avec Jiko Simone Wolf.

Invitée : Jiko Simone Wolf

Présentation : Sandrine Colombo


AUTRES INFORMATIONS :

LIVRES PRÉSENTÉS :

Comment accommoder sa vie à la manière zen

Bernie Glassman
Editions :
Editions Albin Michel
Moine zen américain, Bernie Glassman nous livre ici son témoignage sur cet art singulier qui consiste à donner sens à son existence et qui peut se comparer à l’art culinaire. Dans la tradition bouddhique, la vie elle-même est apparentée au repas suprême que l’auteur nous invite à préparer en sa compagnie, dans le sillage des Instructions au cuisinier de Maître Dôgen , fondateur de l’ordre zen sôtô au XIII siècle


Le Zen et la vie Sagesse et compassion d’une nonne zen

Shundô Aoyama
Editions :
Editions Sully
Shundô Aoyama, abbesse du monastère zen Sôtô de formation pour les nonnes, est l’un des maîtres zen du Japon les plus éminents. Elle est également connue du grand public comme conférencière et auteur d’ouvrages sur le bouddhisme zen… dont le présent ouvrage traduit en français. Elle enseigne l’art du Thé, de la calligraphie, du Ikébana (arrangement floral), de la poésie. Elle a effectué plusieurs voyages en occident.
Maître zen, imprégnée de civilisation japonaise dans ce qu’elle a de meilleur, mais également femme de son temps et de grande culture, Shundô Aoyama porte dans cet ouvrage exceptionnel, un regard lucide et compassionné sur la condition humaine, qui touchera toute personne en quête de vérité. Elle nous parle directement de cœur à cœur, pour reprendre une expression classique du zen – de ce qui est essentiel : comment trouver le bonheur dans cette vie. Elle nous rend ainsi naturellement accessible la sagesse du Zen. A ne pas manquer.


Vivre le zen

Editions : Editions MARABOUT
Ce livre aborde la façon de développer la persévérance, en restant en contact avec la colère, la peur et autres émotions douloureuses ; Le calme, en demeurant proche d’un vécu difficile sans se laisser accabler ; La clarté d’esprit et l’expérience directe en touchant la réalité physique de l’instant présent. L’auteur écrit dans un style clair, simple qui vient du cœur. Il nous apprend ainsi que tout ce que la vie apporte peut être utilisé pour renforcer notre pratique spirituelle.



INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES :

Temple Ryokuinzan Kôsetsu-ji
35 Rue Daniel Jean-Richard / CH – 2300 LA CHAUX DE FONDS
http://www.zen-soto.ch
Email : chx@zen-soto.ch


TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION À PARTIR DES SOUS-TITRES :


L'ÉMISSION :

-Bonjour. Merci de nous retrouver dans "Sagesses bouddhistes".
Aujourd'hui, nous poursuivons notre découverte d'un temple zen.
On avait vu comment les dojos avaient été fondés en Occident.
On s'intéressera aux trois esprits qui animent un temple zen :
l'esprit vaste, l'esprit de la grand-mère et l'esprit joyeux.
Que signifient-ils et comment les conjuguer ?
Pour en parler, nous retrouvons notre invitée Jiko Simone Wolf.
Bonjour.

-Bonjour.

-Vous avez suivi les enseignements de Maître Deshimaru en France avant de recevoir la transmission au Japon.
Vous avez fondé un centre zazen puis un temple zen il y a 5 ans en Suisse, le temple
Kosetsuji dont nous avons parlé.
Merci de répondre à nos questions.
Les trois esprits qui animent le responsable du temple, c'est Maître Dogen qui en a parlé.
Expliquez-nous le contexte.

-Maître Dogen, nous sommes en 1237, au retour de Chine de Maître Dogen, et il écrit un texte à la mémoire de la première rencontre qu'il fit en Chine, sa rencontre avec un vieux moine, Tenzo, qui signifie "Cuisinier du temple".
Et le vieux moine fait sécher des champignons. Maître Dogen est impressionné.
Il lui dit : "Que faites-vous ? Vous devriez être au temple en train d'étudier les textes, de lire les soutras."
Et le moine le regarde et lui dit :
"Mais, mon jeune ami,les autres ne sont pas moi, je ne suis pas les autres. J'ai la tâche de préparer le repas pour les moines."
Et Dogen est bouleversé par cette première rencontre.
Donc à sa mémoire, il écrit un texte qu'il appelle le "Tenzo kyokun" qui est un texte universel puisque pas réservé à la vie monastique, mais avec des enseignements
dont chacun peut questionner sa vie, des enseignements pour la vie de chacun, et il va parler de ces trois esprits qui animent pas seulement les responsables du temple, mais les esprits qui sont cultivés, qu'on nourrit, qu'on développe dans la pratique du zen.

-Ces esprits sont-ils toujours ensemble ?
Sont-ils progressifs ou sont-ils simultanés ?

-Moi, je dirais que notre pratique n'est pas une pratique à escaliers.
La base de toute pratique religieuse et ça, c'est le "Tenzo kyokun", le
texte de Dogen, c'est la gratuité, ce que Maître Deshimaru appelait "Mushotoku".
C'est la base de toute la pratique, sans but, sans profit.
Donc on va retrouver ces trois esprits qui nous habitent, qui font partie de notre humanité, de notre véritable nature.

-On va d'abord parler de l'esprit vaste, "daishin".
Au-delà de la traduction littérale, qu'est-ce que ça signifie ?

-Le kanji "dai", c'est le kanji qu'on apprend tout petit déjà au Japon et qui montre un homme avec les bras et les pieds ouverts, qui englobe.
Et "shin", c'est cet esprit vaste qui englobe toute chose.
Et Dogen, dans son texte, le compare à l'océan qui accepte toutes les eaux, aux montagnes stables qui ne bougent pas et qui acceptent tous les vents, toutes les pluies, toutes les neiges.
Tous les animaux peuvent s'y réfugier.

-Il écrit : "La grandeur d'esprit, c'est grand comme une montagne, vaste comme un océan.

-Voilà, c'est ça.

-Ca englobe tout.

-C'est ça.
Et l'esprit de notre pratique, c'est de tout englober.
Donc de ne pas stagner, de ne pas trier, de ne pas faire des catégories, puisque la source de la pratique du zen, c'est la posture du Bouddha.
Et dans cette posture, on revient à cet esprit stable.
On ne peut pas trier entre les bonnes pensées, les mauvaises pensées.
La pensée se fluidifie.
Arrêter de penser, c'est se crisper, c'est impossible.
On ne peut que laisser passer, comme les nuages dans le ciel, seulement garder, revenir à cet esprit stable qui englobe tout.

-C'est la pratique de zazen ?

-C'est la pratique elle-même.
C'est la base de la pratique.

-On va passer au deuxième esprit pour le catégoriser ainsi, l'esprit de la grand-mère.
Vous pouvez nous donner le sens de cet esprit ?

-"Roshinro", ça signifie "nourricier", alors on l'a appelé esprit parental
ou esprit de la grand-mère.
C'est comme une grand-mère qui protège son petit-enfant, qui en prend soin, qui prend soin de cette vie nouvelle.
Alors qu'elle, elle est sur le déclin de sa vie, elle peut protéger la vie.

-C'est-à-dire que ça s'adresse à plus qu'aux êtres humains, à l'environnement même ?

-A tous les êtres vivants, sans catégories...
L'esprit qui englobe tout.

-L'esprit de la grand-mère, on peut le comparer à de la bienveillance ou de la compassion ?

-A la bienveillance, à la compassion, à l'amour.
Il y a plein de mots pour l'exprimer.

-C'est ce que les chrétiens appelleraient l'amour universel.

-Voilà, redonner...
C'est l'échange naturel, l'empathie naturelle.

-Alors c'est un esprit inné, mais comment s'acquiert-il ?
Comment le travailler ?

-Alors il faut l'humilité de se regarder avec l'oeil de la sagesse, voir qu'on n'est pas si mal, mais pas si bien non plus, et pouvoir englober ça aussi.
Et patienter.
Et revenir à cet esprit très très vaste, cette conscience vaste de zazen, de notre pratique. Ou de l'éveil.

-Comment se manifeste l'esprit de la grand-mère ?

-Sans penser, sans y penser.
C'est naturel.

-Sans arrière-pensées ?

-Sans arrière-pensées et sans pensées non plus, sans intention.
C'est vraiment naturel.
Si vous avez un bébé dans les bras, il y a du soleil, vous le protégez, c'est le mouvement naturel.

-C'est de la générosité ?

-C'est la générosité naturelle, un flux naturel qui s'écoule inconsciemment, naturellement.

-Alors le troisième esprit, l'esprit joyeux, l'esprit de joie, vous pouvez nous donner son nom japonais et sa traduction ?

-C'est "kishin", l'esprit joyeux.
C'est tout à fait graphiquement que l'on reçoit la vie et qu'on reçoit la mort.
Et on peut être touché par ce don, ce don de la vie et de... de recevoir tout
de cette vie dans notre vie.
Alors, c'est l'esprit joyeux à ce moment-là.
C'est une joie sans condition.

-Maître Dogen écrit :
"Réjouissez-vous d'être ce que vous êtes" en s'adressant au cuisinier.
Qu'est-ce que ça veut dire ?

-Ca peut nous faire comprendre à quel point c'est difficile peut-être d'être naturel, à quel point souvent, la plupart du temps, on peut jouer des rôles.
Et quand on joue des rôles, la vie se complique.
Alors on a envie de revenir à... Dépouiller, se dépouiller, se dépouiller de l'attachement à soi-même, à ce qu'on appelle l'ego ou le moi.
Toute la pratique est une pratique de dépouillement, d'abandon de tous les rôles, de revenir à être simplement heureux du don de la vie.

-Cela s'applique à la vie d'aujourd'hui.
Dire aujourd'hui "Réjouissez-vous d'être ce que vous êtes", ça semble très difficile quand on est plongé dans le désarroi, la morosité, la routine.

-Bien sûr, car on n'a pas l'habitude de tout accueillir.
D'accueillir tous les chagrins qu'on n'a pas choisis, toutes les déceptions, toutes
les choses un peu amères d'une vie, pas seulement les joies d'une vie, toutes les choses amères, de les accepter et d'en faire, d'en cuisiner, si vous voulez, le plat le plus digeste pour soi-même et les autres.
Donc tout le propos de cet enseignement de Dogen, c'est comment faire de sa vie une voie, la voie, comme mon maître le disait, une oeuvre d'art.
Bien sûr, si on écrit un livre, on peut déchirer les pages et les jeter.
On ne peut pas se jeter soi-même, on doit s'accepter soi-même et accepter avec cet esprit vaste tous les événements que la vie va nous présenter et recommencer toujours.
Continuer toujours.
Comment faire le plat que je pourrai servir à l'univers ?

-Là aussi, c'est la pratique qui permet d'arriver à l'esprit joyeux, l'esprit de joie ?

-Bien sûr.
C'est revenir à... à l'inexplicable.
En revenant avant, avant que je puisse créer la dualité.
Donc à la naissance elle-même, à la vie elle-même.

-Alors ces "san shin", ces trois esprits, sont-ils simultanés ?
Est-on imprégnés par la pratique à la fois un peu des trois ?

-Oui, dès qu'on renonce, dans la pratique, qu'on s'abandonne, parce que c'est pas par la volonté personnelle, qu'on abandonne la colère, l'avidité, l'ignorance, l'attachement à une idée d'un moi fixe, à ce moment-là peuvent s'écouler ces trois esprits.
Parce que, bien sûr, un des grands enseignements du Bouddha, c'est l'impermanence.
C'est très facile à comprendre intellectuellement, l'impermanence.
La science comprend ça très bien.
Quand il s'agit de l'attachement à nous-mêmes, à l'idée d'un soi justement,
c'est beaucoup plus difficile.

-Ce sera le mot de la fin.
Merci, Simone Wolf, d'avoir répondu à nos questions.
Pour approfondir le sujet, voici quelques suggestions de lectures.
D'abord, "Comment accommoder sa vie à la manière zen" de Bernie Glassman chez Albin Michel.
La vie étant un repas, l'auteur décrit les recettes qui nourrissent l'esprit et permettent de mieux vivre ensemble.
"Le zen et la vie" de Shundo Aoyama aux éditions Sully.
Ecrit par l'abbesse d'un monastère qui forme les nonnes, cet ouvrage cherche à rendre accessible la sagesse du zen.
Et "Vivre le zen, introduisez la méditation dans votre quotidien" d'Ezra Bayda chez Poche Marabout.
Un guide pour intégrer la méditation dans le quotidien et donner des outils pour y parvenir.

Vous pouvez revoir cette émission sur le site de France 2 en consultant pluzz.fr
Merci de nous avoir suivis.
Très heureux dimanche et à la semaine prochaine.


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