Télévision : émissions SAGESSES BOUDDHISTES - Dossier relatif aux émissions de France 2 "SAGESSES BOUDDHISTES", avec ou sans sous-titres et avec une transcription écrite pour la plupart de ces émissions. L'émission est présentée chaque dimanche de 8h30 à 8h45.
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TV - SAGESSES BOUDDHISTES - émissions Télévision France 2

PRÉSENTATION DES VIDÉOS ET DES TRANSCRIPTIONS ÉCRITES

* LISTE DES VIDÉOS DES ÉMISSIONS "SAGESSES BOUDDHISTES" PAR ORDRE CHRONOLOGIQUE :

- 24.04.2016 Vasubhandu, un philosophe audacieux du IVème siècle Vidéo VOSTF : https://www.youtube.com/watch?v=LVb-EoeLqUA (14'55)
Sagesses Bouddhistes consacre son émission à Vasubandhu, dont le nom signifie « le second bouddha ». Ce personnage du IVème siècle, est l’une des figures les plus importantes de la philosophie indienne. Ses écrits, dont le plus connu est le Trésor de l’Abhidhamma, traduits en chinois et en tibétain, ont exercé une influence essentielle sur les bouddhismes mahāyāna et vajrayāna.
http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/vasubhandu-un-philosophe-audacieux-du-iveme-siecle.html

- 17.04.2016 Prenons soin de nos aînés dans le Dharma Vidéo VOSTF : https://www.youtube.com/watch?v=I9HO6V9Vmdc & http://www.dailymotion.com/video/x454xgm (14'55)
Dès les années 70 de nombreux occidentaux ont consacrés leur vie au Dharma, embrassant pour beaucoup, la vie monastique. Mais que devient-on lorsque l'on se fait vieillissant ? Existe t-il une possibilité de finir ses jours sereinement au sein d'une sangha de la même génération.
http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/prenons-soin-de-nos-aines-dans-le-dharma.html

- 10.04.2016 Les Eclaireuses et Eclaireurs de la nature Vidéo VOSTF : https://www.youtube.com/watch?v=tkegJY8eaCA (14'45)
Une émission consacrée aux «Eclaireuses et Eclaireurs de la nature» (EDLN) un récent mouvement scout inspiré par les valeurs fondamentales du bouddhisme tout en restant laïc et ouvert à toutes et à tous.
http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/les-eclaireuses-et-eclaireurs-de-la-nature.html
http://www.edln.org/

- 24.01.2016 Quelles réponses donner aux enfants confrontés aux violences de la société ? Vidéo VOSTF : https://www.youtube.com/watch?v=BoGHPF2CocY (14'55)
Victimes innocentes de bien des conflits de tous ordres, guerre, attentat, violence familiale, mauvais traitement, les enfants peuvent subir des traumatismes physiques et psychologiques graves. Aussi comment les écouter, leur parler, leur expliquer. Quels sont les mots ou les attitudes qui peuvent les aider. Sagesses Bouddhistes reçoit Serge Tisseron, psychiatre, pour en parler.
Transcription écrite au lien : http://telescoop.tv/browse/1332493/sagesses-bouddhistes.html
Sur Bouddhisme-France :
http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/quelles-reponses-apporter-aux-enfants-confrontes-aux-violences-de-la-societe.html

- 17.01.2016 Revenir à la simplicité Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=E5Xd04OLBrk (14'49)
La simplicité est une notion essentielle dans de nombreuses pratiques spirituelles, notamment le zen. Mais quels en sont les divers aspects, comment appliquer cette qualité dans la vie quotidienne ainsi que dans la relation de maître à disciple dans la tradition zen ? Réponses avec Pierre Crépon, moine zen de tradition sôtô.
Transcription écrite au lien : http://telescoop.tv/browse/1324318/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses%20bouddhistes
Sur Bouddhisme-France : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/revenir-a-la-simplicite.html

- 03.01.2016 et 10.01.2016 Emile Guimet, sa vie (1/2) Vidéo VOSTF émission 1ère partie : https://www.youtube.com/watch?v=klNpHdobE50 (14'50)
Emile Guimet, son oeuvre (2/2) : Vidéo VOSTF émission 2ème partie : https://www.youtube.com/watch?v=236avK5m4l0 (14'55)
Sagesses Bouddhistes propose en ce début d’année, deux documentaires sur la vie de M. Emile GUIMET (1836-1918) grand industriel lyonnais, passionné d’art, qui fonda le Musée Guimet à Paris – Place Iéna, inauguré le 20 novembre 1889. Cet homme à la personnalité hors-norme, mécène reconnu, consacra une grande partie de sa vie aux voyages, autour du monde, et se passionna pour toutes les civilisations qu’il put découvrir au cours de ceux-ci.
Transcription écrite 1ère partie au lien : http://telescoop.tv/browse/1303468/sagesses-bouddhistes.html
Transcription écrite 2ème partie au lien : http://telescoop.tv/browse/1314678/sagesses-bouddhistes.html
Sur Bouddhisme-France : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/emile-guimet-sa-vie.html

- 20.12.2015 et 27.12.2015Ayya Khema, « une vie libérée »
Vidéo VOSTF du 20.12.2015 au lien https://www.youtube.com/watch?v=cmsiuCr6yfU (14'50)
Un portrait d'Ayya Khema, une femme d'origine allemande qui connût les souffrances de la Seconde Guerre mondiale avant de trouver sa voie dans le bouddhisme. Elle consacra entièrement la seconde partie de sa vie à la diffusion de l'enseignement du Bouddha dans différents pays.
Transcription écrite au lien : http://telescoop.tv/browse/1284253/sagesses-bouddhistes.html
Sur Bouddhisme-France : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/ayya-khema-une-vie-liberee.html
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Vidéo du 27.12.2015 Les enseignements d'Ayya Khema au lien https://www.youtube.com/watch?v=wgcrBZ3UQ5A (14'51)
Jeanne Schut se penche plus particulièrement sur les enseignements et sa pratique de la méditation basée sur les «jhana».
Transcription écrite au lien : http://telescoop.tv/browse/1293819/sagesses-bouddhistes.html
Sur Bouddhisme-France : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/les-enseignements-d-ayya-khema.html

- 13.12.2015 Message aux dirigeants et aux décideurs selon l'expérience du roi Trân Nhân Tông
Vidéo VOSTF au lien https://www.youtube.com/watch?v=xB3RFEif5qI (14'55)
Le parcours de vie de Trân Nhân Tông, un roi ayant vécu au XIIIe siècle, qui devint moine après avoir confié le pouvoir à son fils, et qui transmit par la suite à son ancien peuple des enseignements sur la sagesse qu'il avait pu découvrir et acquérir au cours de sa nouvelle vie de patriarche et de moine.
Transcription écrite au lien : http://telescoop.tv/browse/1274360/sagesses-bouddhistes.html
Sur Bouddhisme-France : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/message-aux-dirigeants-et-aux-decideurs-selon-l-experience-du-roi-tran-nhan-tong.html

- 06.12.2015 Le bouddhisme de Madame Butterfly - Vidéo VOSTF au lien https://www.youtube.com/watch?v=Zw-5yz5IZ78 (14'50)
Sagesses Bouddhistes s’est rendu à Genève, au Musée d’Ethnographie, sur les traces de Madame Butterfly et du « japonisme bouddhique », à travers une exposition rare et originale. Suite à la réouverture du Japon au milieu du 19ème siècle, de nombreux artistes et collectionneurs se sont penchés sur l’art japonais, mais également sur la doctrine et la vie du bouddhisme de ce pays, et il en résulta un mouvement baptisé le « japonisme bouddhique ».
Jérôme Ducor, directeur du département Asie du Musée et co-commissaire de l’exposition est l’invité de Sagesses Bouddhistes, et évoque les principales étapes de la rencontre de ces deux cultures et de l’héritage important qui en découle.
Transcription écrite au lien : http://telescoop.tv/browse/1264907/1/sagesses-bouddhistes.html
Sur Bouddhisme-France : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/le-bouddhisme-de-madame-butterfly.html

- 29.11.2015 Le vénérable Bun Saluth et la forêt - 2ème partie sur France 2 - Vidéo VOSTF au lien https://www.youtube.com/watch?v=UMMYO-wJXhI (14'55)
Le vénérable Bun Saluth confie ses difficultés, ses attentes, mais aussi les espoirs qu'il met dans les jeunes générations.
Transcription écrite au lien : http://telescoop.tv/browse/1255303/sagesses-bouddhistes.html

- 22.11.2015 Le vénérable Bun Saluth et la forêt - 1ère partie sur France 2 - Vidéo VOSTF au lien https://www.youtube.com/watch?v=JvTbBq0fyBo (14'49)
Le quotidien du vénérable Bun Saluth, au Cambodge, dans la forêt d'Oddar Meanchey. Depuis des années, il s'acharne, avec un groupe de villageois, à protéger quelque 20 000 hectares de forêt du pillage, de la déforestation et de tout autre prédateur, bien souvent au péril de sa vie.
Transcription écrite au lien : http://telescoop.tv/browse/1245565/sagesses-bouddhistes.html
Sur Bouddhisme-France : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/le-venerable-bun-saluth-et-la-foret-1ere-partie.html

- 15.11.2015 Rendez-vous exceptionnel : Que faisons-nous de la création ? sur France 2
Sur Bouddhisme-France : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/rendez-vous-exceptionnel-que-faisons-nous-de-la-creation.html

- 08.11.2015 Images de la montagne dans la poésie bouddhique indo-tibétaine sur France 2 - Vidéo VOSTF au lien https://www.youtube.com/watch?v=jsnW4VsAX4s (14'54)
De grands yogis et maîtres tibétains ont, depuis toujours, privilégié les hautes cimes himalayennes pour se retirer et méditer. Danièle Masset étudie les textes bouddhiques anciens qu'elle traduit du tibétain, mais aussi du sanscrit et du pali. Elle donne des conférences et a soutenu une thèse intitulée : «Les oiseaux ne laissent pas de traces dans le ciel : images de la nature dans la poésie bouddhique indo-tibétaine».
Transcription écrite au lien : http://telescoop.tv/browse/1226117/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses%20bouddhistes
Sur Bouddhisme-France : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/images-de-la-montagne-dans-la-poesie-bouddhique-indo-tibetaine.html

- 01.11.2015 Symboles et images de la forêt dans le bouddhisme sur France 2 - Vidéo VOSTF au lien https://www.youtube.com/watch?v=f87BFfI81ZU (14'54)
Danièle Masset, universitaire et auteur d'une thèse sur les images de la nature dans la poésie bouddhique, se penche sur le thème de la forêt dans la littérature indienne.
Transcription écrite au lien : http://telescoop.tv/browse/1216699/sagesses-bouddhistes.html
Sur Bouddhisme-France : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/symboles-et-images-de-la-foret-dans-le-bouddhisme.html

- 25.10.2015 Réflexions sur l'amour dans le bouddhisme zen sur France 2 Vidéo VOSTF au lien https://www.youtube.com/watch?v=KGjZ3qv1MRs (14'55)
Jean-Pierre Faure, moine zen, de tradition sôtô explique qu'il existe un petit amour et un grand amour, et que la pratique bouddhiste vise un amour dépouillé de tout intérêt.
Transcription écrite au lien : http://telescoop.tv/browse/1206905/sagesses-bouddhistes.html
Sur Bouddhisme-France : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/reflexions-sur-l-amour-dans-le-bouddhisme-zen.html

- 18.10.2015 Le chemin vers l'éveil dans le taoïsme et le bouddhisme tibétain sur France 2 Vidéo VOSTF au lien https://www.youtube.com/watch?v=t1rxcOZlodI (14'49)
Si l'école tch'an utilise la métaphore du dressage du buffle pour conduire toute personne vers l'éveil, le taoïsme utilise le dressage du cheval et le bouddhisme tibétain le dressage de l'éléphant. A quoi correspondent ces métaphores, quels sont leurs points communs et sur quels textes se basent-elles ?
Transcription écrite au lien : http://telescoop.tv/browse/1197618/sagesses-bouddhistes.html
Sur Bouddhisme-France : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/le-chemin-vers-l-eveil-dans-le-taoisme-et-le-bouddhisme-tibetain-selon-la-metaphore-du-dressage-du-cheval-et-de-l-elephant.html

- 11.10.2015  "Le chemin vers l’Eveil dans le tch’an « selon la métaphore du dressage du buffle »" sur France 2 Vidéo VOSTF au lien https://www.youtube.com/watch?v=KBlaTtD-sIk
Dans l'école tch'an, de nombreuses métaphores sont utilisées pour illustrer les enseignements du Bouddha et conduire toute personne en quête spirituelle, vers l'éveil. Catherine Despeux, évoque la plus importante d'entre elles, celle relative au dressage du buffle et les différentes étapes à suivre pour parvenir à l'éveil.
Transcription écrite au lien : http://telescoop.tv/browse/1188097/sagesses-bouddhistes.html?q=tch%27an
Sur Bouddhisme-France : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/le-chemin-vers-l-eveil-dans-le-tch-an-selon-la-metaphore-du-dressage-du-buffle.html
Télécharger "L’art d’apprivoiser le buffle - Les étapes de l’éveil selon le zen" commentaire de Jean-Yves Leloup au lien :
http://www.terre-du-ciel.org/upload/File/Articlesdintervenants/10%20tableaux.pd

- 04.10.2015 La famille recomposée sur France 2 Vidéo VOSTF au lien https://www.youtube.com/watch?v=ud7ilhpTzS8
Au sein de la famille recomposée, des conflits peuvent parfois éclater : Christophe Fauré indique quels sont les pièges et les erreurs à éviter.
Sur Bouddhisme-France : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/la-famille-recomposee.html
Transcription écrite au lien : http://telescoop.tv/browse/1178549/sagesses-bouddhistes.html

- 27.09.2015 La tradition thaïe des moines de la forêt 2/2 sur France 2 Vidéo VOSTF au lien https://www.youtube.com/watch?v=iLYVOEc9xCY (14'54)
Comment utiliser la respiration pour l'entraînement de l'esprit.
La maîtrise absolue de la respiration conduit à un meilleur entraînement de l'esprit, ce qui permet d'acquérir concentration et discernement.
Sur Bouddhisme-France : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/comment-utiliser-la-respiration-pour-l-entrainement-de-l-esprit.html
Transcription écrite au lien : http://telescoop.tv/browse/1168916/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses%20bouddhistes
Télécharger le livre : "Avec Chaque Respiration" : http://www.dhammatalks.org/Archive/french/AvecChaqueRespiration150222.pdf


- 20.09.2015 La tradition thaïe des moines de la forêt 1/2 sur France 2 Vidéos VOSTF au lien https://www.youtube.com/watch?v=4KaX1uCxiLA (14'55)
Moine bouddhiste américain de la tradition thaïe des moines de la forêt, Thanissaro Bhikkhu explique à travers son parcours personnel, quelles sont les principales caractéristiques de cette tradition et sa pratique en occident.
Sur Bouddhisme-France : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/la-tradition-thaie-des-moines-de-la-foret.html
Transcription écrite au lien : http://telescoop.tv/browse/1159370/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses%20bouddhistes

- 13.09.2015 : Peur et non peur dans l'enseignement du Bouddha sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-2015-09-13.html Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=6fFHJ3GyCmY (14'54)
La peur qui envahit bien souvent l'humain et met un frein à son épanouissement et à son bonheur. Pourtant il existe des remèdes et l'enseignement du Bouddha en montre la voie, par exemple par une pratique régulière de la méditation qui permet d'atteindre la paix intérieure.

- 06.09.2015 : "La Fête des Lumières au Laos - 2e partie : Le Mékong en lumière". Documentaire de Peter Livermore
Rediffusion du 04.11.2012 :
http://www.dailymotion.com/video/xutw6y_sagesses-bouddhistes-2012-11-04-la-fete-des-lumieres-au-laos-2-sur-2_webcam
Sur Youtube VOSTF : https://www.youtube.com/watch?v=jqYu1SfGMLc (14'44)

- 30.08.2015 :  "La fête des lumières - Laos - 1ère partie : les pagodes en lumière". Documentaire de Peter Livermore
Rediffusion du 28.10.2012 :
http://www.dailymotion.com/video/xuntwr_sagesses-bouddhistes-2012-10-28-la-fete-des-lumieres-au-laos-1-sur-2_webcam
Sur Youtube VOSTF : https://www.youtube.com/watch?v=CIvcNjehaqs (14'45)

- 23.08.2015 : "Les trois esprits qui animent les responsables d’une temple zen". Invitée : Jiko Simone Wolf
Emission déjà diffusée le 14.12.2014 : http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes-7-12-2014-le-temple-zen.html#seconde_partie

- 16.08.2015 : "Qu’est ce qu’un temple zen".  Invitée : Jiko Simone Wolf
Déjà diffusé le 7.12.2014 - Dossier : http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes-7-12-2014-le-temple-zen.html
Revoir sur Youtube VOSTF sous-titrée en français : https://www.youtube.com/watch?v=BazcwY3j6p0 (14'51)

- 09.08.2015 : Les émotions - 2ème partie. Invités : Dr Christophe André et Jean-Marc Falcombello
Emission déjà diffusée le 20 octobre 2013 - Dossier : http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html#les_emotions_2
Sur Youtube, revoir l’émission : http://www.youtube.com/watch?v=leKLFNV5Ok4

- 02.08.2015 : Les émotions - 1ère partie. Invités : Dr Christophe André et Jean-Marc Falcombello
Emission déjà diffusée le 13 octobre 2013 :
http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html#les_emotions_1
Sur Youtube, revoir l’émission : http://www.youtube.com/watch?v=ZHAmn8Sv_fc (14’39)

- 26.07.2015 :  "La signification et l’importance des Edits de l’empereur ASHOKA"
Emission déjà présentée le 13 avril 2014
http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html#la_signification_et_l_importance_des_edits_de_l_empereur_ashoka

- 19.07.2015 : Le tombeau de l'empereur Qianlong au lien : http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes-14-09-2014-qianlong.html
Sagesses Bouddhistes vous propose de découvrir le tombeau de l’empereur Qianlong (1711 – 1799) au cœur de la Cité Interdite, non dévoilé au Public.

- 12.07.2015 : Célébrer la vie selon Sakyong Mipham Rimpoché sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-2015-07-12.html
Les enseignements de Sakyong Mipham Rimpoché, de la lignée Shambhala, ont un but : celui de célébrer la vie, ce don si précieux offert à tous, dans les actes du quotidien et de fraternité, afin de construire une société éveillée et bienveillante. Tessa Racine, elle-même enseignante dans le centre européen de Sakyong Mipham Rimpoché, évoque ces enseignements.

- 05.07.2015 : Rinchen Palmo, le lama de Holy Island (Ecosse) sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-2015-07-05.html
Rendez-vous en Ecosse, sur Holy Island, à la rencontre de Rinchen Palmo, une lama d'origine française, disciple d'Akong Rimpoché. Elle conduit les retraites organisées par le grand monastère Samyé Ling, premier monastère bouddhiste implanté en Europe dès 1956.

- 28.06.2015 : "Le yoga du rêve" sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-2015-06-28.html
Sagesses Bouddhistes évoque aujourd’hui le yoga du rêve. Dans la tradition tibétaine, le rêve peut constituer une aide pour s’engager dans des pratiques profondes menant à la libération. En effet, dans l’état de sommeil, la conscience au sein du rêve, peut devenir un moyen de progression sur le chemin spirituel et peut nous aider à nous libérer de nos habitudes et de nos attachements psychologiques.

- 21.06.2015 :Dharma et éthique sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-2015-06-21.html
Dans le dharma (enseignement du Bouddha), l'éthique, appelée en d'autres époques la morale, est essentielle. Comment le bouddhisme interprète-t-il cette notion vaste et importante, qui devrait guider l'homme vers plus de manifestations positives pour le bien de tous les êtres ?

- 7.06.2015 & 14.06.2015 :La vie du grand maître bouddhiste chinois Xu Yun, un saint de l'époque moderne (1/2 & 2/2) sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-2015-06-07.html
Sagesses Bouddhistes consacre deux émissions à la vie et l’œuvre d’un très grand maître chinois contemporain, de l’école tch’an, Maître Xuyun, ayant une personnalité remarquable et un parcours de vie étonnant.
Infatigable, il a traversé les périodes houleuses de l’histoire chinoise, sans cesser d’enseigner, de construire et même de reconstruire les monastères détruits.
Ce maître vénéré, est considéré aujourd’hui comme un « saint » dans cette Chine moderne qui ne cesse d’étonner.

- 31.05.2015 :Le mouvement Wake Up du Village des Pruniers (2/2) sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-2015-05-24.html
Sagesses Bouddhistes poursuit sa découverte du mouvement WAKE UP créé par le Maître zen vietnamien Thich Nhat Hanh, fondateur du Village des Pruniers et qui rencontre un vif succès. Mais quel est le message du bouddhisme ainsi transmis par ce mouvement et qui s’adapte si bien aux jeunes générations ?

- 24.05.2015 :Le mouvement Wake Up du Village des Pruniers (1/2) sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-2015-05-24.html
Le mouvement Wake Up a été créé par le fondateur du Village des Pruniers, le maître zen vietnamien Thich Nhat Hanh. Wake Up ou «éveillez-vous» est un mouvement conduit par des jeunes très dynamiques, religieux ou pas, désireux de transmettre les valeurs du bouddhisme dans le quotidien de chacun pour une meilleure connaissance de soi et du monde.

- 17.05.2015 :Bouddhisme et soins : l’art du geste, de la parole et de l’esprit sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-2015-05-17.html
Sagesses bouddhistes reçoit le Dr Daniel Chevassut et le peintre Robert Faure, qui associent leurs réflexions sur « l’art sacré du soin », le rôle de la compassion et de l’écoute dans l’approche de la souffrance ainsi que le rôle de l’art dans l’accompagnement de cette même souffrance.

- 03.05.2015 & 10.05.2015 :Rencontre avec Kyabjé Thuksey Rimpoché (1/2) "Actions et compassion" et (2/2) "Le bouddhisme dans le monde conteporain" sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-2015-05-03.html
Rencontre avec son éminence Thuksey Rimpoché, un jeune maître tibétain de la lignée Drukpa, une des écoles majeures du bouddhisme tibétain et fortement implantée au Bhoutan, qui est très impliqué dans le domaine humanitaire et la protection de l’environnement.

- 19.04.2015 & 26.04.2015:Zen et crise de civilisation (1/2 et 2/2) sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-2015-04-19.html
Partie 1 : On parle couramment depuis quelques années de « crise de civilisation ». Mais qu'entend-on par civilisation ? De quelle manière cette crise se manifeste-t-elle ? Est-elle grave, irréversible et quelles en sont les réelles causes ?
Partie 2 : Comment revenir aux fondamentaux d'une société plus humaniste, tournée vers un futur altruiste ? Roland Rech apporte des éléments de réponses à ce qui pourrait être le défi du XXIe siècle.

- 12.04.2015 :Le sens de la vie : les réponses du bouddhisme sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-2015-04-12.html
Olivier Raurich, pratiquant et enseignant bouddhiste, apporte les réponses du bouddhisme au sujet de la quête du sens de la vie.

- 05.04.2015 La bouddhéité - Rencontre avec Ringou Tulku Rimpoché sur France 2
Sagesses Bouddhistes reçoit Ringou Tulku Rimpoché au Temple Kagyu Dzong près du Lac Daumesnil. Il parlera de l’état de bouddhéité ou état d’éveil, notion cruciale dans le bouddhisme et souvent mal comprise.
Vidéo et Transcription écrite au lien : sagesses-bouddhistes-2015-04-05.html

- 29.03.2015 Le Bouddha dans son contexte indien sur France 2
Le Bouddha est né et a vécu en Inde il y a 2600 ans. Siddharta Gautama s'est séparé du brahmanisme dans l'espoir de créer une société plus juste, plus généreuse et plus altruiste.
Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=Owpg6y6Vzkk VOSTF (sous-titrée en français)
Transcription écrite : http://telescoop.tv/browse/916264/sagesses-bouddhistes.html
Autres informations (livres...) : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/le-bouddha-dans-son-contexte-indien.html

- 15.03.2015 & 22.03.2015 : L'école tendai des moines du mont Hiei (1/2) et (2/2) sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-2015-03-15.html
Le monastère de l'école Tendaï est situé sur le mont Hiei, non loin de Kyoto, depuis 1200 ans. Dans une nature somptueuse, les moines s'appliquent à une discipline de fer et répondent à une ascèse très particulière, qui requiert une force physique et mentale peu commune.

- 01.03.2015 & 8.03.2015 : S’affranchir des quatre attachements – 1ère partie sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-2015-03-01.html
L'émission : Si on est attaché à cette vie, on n’est pas un pratiquant du Dharma. Si on est attaché au samsara, on n’a pas atteint la renonciation. Si on est attaché à son propre objectif, on n’a pas atteint la bodhicitta. Si un attachement naît, on n’obtient pas la vision.

- 22.02.2015 : Bouddhisme et handicap sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-2015-02-22-handicap.html
L'émission : Bouddhisme et handicap ou quel autre regard pouvons-nous offrir sur les personnes handicapées ? et quelle place le bouddhisme et notre société peuvent-elle leur offrir ?

- 15.02.2015 : Parcours de vie d'un pratiquant bouddhiste occidental sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-2015-02-15.html
L'émission : Infirmier de formation, le jeune moine Damien Jampa consacre sa vie au bouddhisme tibétain en Inde du Nord.

- 8.02.2015 : Bouddhisme et laïcité sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-2015-02-08-laicite.html
Dans une société moderne qui a séparé depuis cent dix ans maintenant les religions et l'Etat, «Sagesses bouddhistes» s'interroge sur la laïcité et sur ses rapports avec le bouddhisme.

- 1.02.2015 : Le mandala du Bouddha de médecine sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-2015-02-01-mandala-de-medecine.html
La maladie peut contribuer au développement de la compassion, à la pratique du bien envers les autres et également à surmonter l'orgueil, à travers notamment la pratique de la méditation du Bouddha de médecine.

- 25.01.2015 : Instructions essentielles pour la pratique de la voie sur France 2 avec Anne Benson au lien : sagesses-bouddhistes-2015-01-25-la-voie.html
Anne Benson parle des instructions essentielles pour pratiquer la voie et suivre les différentes étapes du bouddhisme, instructions issues du dernier ouvrage de Dzongsar Khyentsé Rimpoché « Pas pour le Bonheur ».

- 18.01.2015 : Le renouveau du bouddhisme chan dans la Chine contemporaine sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-18-1-2015-chine.html
Sagesses bouddhistes reçoit Catherine Despeux, afin d'évoquer le renouveau religieux dont le bouddhisme chan, dans la Chine d'aujourd’hui.

- 11.01.2015 : Emission interreligieuse sur France 2 au lien : charlie-hebdo.html
Quatre invités sur le plateau représentant les confessions bouddhiste, juive, musulmane et chrétienne témoignent de la résonance de l'attentat survenu mercredi 7 janvier dans les locaux de «Charlie Hebdo» sur leur foi et sur le rôle des religions et croyants dans la société contemporaine. 

- 11.01.2015 : La sagesse : rencontre avec Ringou Tulku Rimpoché sur France 2 au lien : sagesses-bouddhistes-11-1-2015-la-sagesse.html
Ringou Tuklu Rimpoché aborde le thème de la sagesse qui revêt de multiples formes dans la philosophie bouddhiste et est très souvent reliée à la compassion.

- 4.01.2015 : Les Meunlams Shangpas sur France 2 au lien sagesses-bouddhistes-4-01-2015-meulams.html
Réintroduits en France depuis peu par le jeune Maître Kalou Rimpoché, les Meunlams Shangpas sont des prières de souhaits récitées pendant plusieurs jours par les pratiquants et dédiées à la Paix et au bien de tous les êtres. Ces Meunlams ont eu lieu en Août 2014 au Centre Palden Shangpa La Boulaye.

- 21.12.2014 & 28.12.2014 : Portrait d'une femme remarquable : Dipa Ma - 1ère partie et 2ème partie sur France 2 au lien : sagesses-bouddhistes-21-12-2014-dipa-ma.html
Rencontre avec la figure de Dipa Ma, née en 1911 et décédée en 1989, un maître du theravada honoré et respecté ayant découvert et pratiqué la méditation auprès du Birman Mahasi Sayadaw

- 7.12.2014 & 14.12.2014 : Qu'est-ce qu'un temple Zen ? au lien : sagesses-bouddhistes-7-12-2014-le-temple-zen.html
Quelles sont les origines de fondation des temples, comment se perpétue la transmission entre le Japon et l’Europe et quelle est la place des femmes dans les nouvelles structures occidentales du zen ?

- 30.11.2014 : Les jeunes sur le chemin du bouddhisme au lien : sagesses-bouddhistes-30-11-2014-jeunes.html
Les responsables des émissions religieuses des « Chemins de la foi » mettent en commun leurs temps d'antenne sur le thème de la foi chez les jeunes. Comment les adolescents ou les jeunes adultes expérimentent-ils, en famille, en communauté ou ailleurs, le fait d'être croyants ? Quel regard la foi leur donne-t-elle sur le monde qui les entoure ?

- 23.11.2014 : Comment suivre la voie bouddhique ? au lien : sagesses-bouddhistes-23-11-2014-voie-bouddhique.html
Comment s'engager dans la voie bouddhique, en faire l'apprentissage, analyser notre expérience, connaître nos limites ou dépassements, définir notre relation avec un maître.

- 16.11.2014 : Vivre la culpabilité autrement au lien : sagesses-bouddhistes-16-11-2014-culpabilite.html
La culpabilité est source de souffrance car elle fausse la compréhension des situations et des choses. Quelles qualités faut-il développer pour remédier à ce sentiment ? 

- 9.11.2014 : Les moudras du Bouddha au lien : sagesses-bouddhistes-9-11-2014-moudras.html
Les moudras ou gestes sacrés sont des symboles très forts dans la spiritualité bouddhiste. Véronique Crombé, conférencière au Musée Guimet de Paris, en présente aujourd'hui les principaux.

- 2.11.2014 : Eveil et transformation dans la pratique du zen au lien : sagesses-bouddhistes-2-11-2014-eveil.html
L'Eveil socle de la philosophie bouddhique, que tout pratiquant souhaite atteindre, semble être une notion très complexe pour le néophyte. Roland Rech en expliquera les principales particularités.

- 26.10.2014 : Le koan dans le chan : une voie vers l'éveil au lien : sagesses-bouddhistes-26-10-2014-le-koan.html
Le koan est un petit texte court, déstabilisant, ressemblant à une énigme, dicté par le maître à son disciple afin de l'aider dans sa compréhension des principes fondamentaux du bouddhisme.

- 19.10.2014 : Zen, la vertu de l'effort au lien : http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes-19-10-2014-zen.html
L'effort enthousiaste est l'une des paramitas ou « perfections » transmises dans le bouddhisme mahayana.

- 5.10.2014 & 12.10.2014 : Rencontre avec Akong Rimpoché (1ère et 2ème partie) au lien : http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes-5-10-2014-akong-rimpoche.html
La rédaction de «Sagesses bouddhistes» rend hommage à Akong Rimpoché, disparu dans des circonstances tragiques à Chengdu, en Chine, en octobre 2013, en rediffusant les entretiens qu'il avait accordés dans son monastère de Samyé Ling, en Ecosse, quelques mois auparavant.

- 21.09.2014 & 28.09.2014 : Quelles réponses apporter aux violences contemporaines ? (en deux parties) au lien : http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes-21-09-2014-les-violences.html
Sagesses Bouddhistes ouvre un court débat en deux parties, sur la violence, et réunit deux personnalités dont l’expérience et la pratique intérieure, très différentes, permettront de témoigner et débattre.

- 14.09.2014 : Le tombeau de l'empereur Qianlong au lien : http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes-14-09-2014-qianlong.html
Sagesses Bouddhistes vous propose de découvrir le tombeau de l’empereur Qianlong (1711 – 1799) au cœur de la Cité Interdite, non dévoilé au Public.

- 31.08.2014 & 7.09.2014 : Henro, le pèlerin de Shikoku (1ère partie et 2ème partie) au lien : sagesses-bouddhistes-31-08-2014-pelerinage-de-shikoku.html
Sagesses Bouddhistes vous invite au Japon, sur l’Ile de SHIKOKU, célèbre pour ses 88 Temples et son pèlerinage connu du monde entier, dédié particulièrement à Maître KUKAÏ, fondateur de l’école bouddhiste Shingon.

- 17.08.2014 & 24.08.2014: Maha Sangharajah Bour Kry (1ère & 2ème partie) au lien : http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes-17-08-2014.html
Rencontre avec S.S. le Vénérable Maha Sangharajah Bour Kry, Grand patriarche suprême de l’ordre Dhammayutta du Royaume du Cambodge. Émission déjà diffusée en septembre 2012.

- 03.08.2014 & 10.08.2014 : DÔGEN, un maître pour aujourd'hui (1ère partie & 2ème partie) au lien http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes-3-08-2014-dogen.html
Filmés au temple de la Gendronnière, siège de l'association zen internationale, près de Blois, les principaux responsables occidentaux du Zen sôtô en France analysent l'oeuvre de maître Dôgen, le Shôbôgenzô. Émission déjà diffusée en janvier 2012.

- 27.07.2014 : Le Bouddha de Jade pour la paix universelle au lien http://www.conscience33.fr/sb-27-07-2014-le-bouddha-de-jade-pour-la-paix-universelle.html
La Grande Pagode de Vincennes accueillait en 2011 l'exposition du Bouddha de jade pour la paix universelle, dont l'avant-dernière étape était la France. Émission déjà diffusée en octobre 2011.

- 20.07.2014 : Vers une société éveillée au lien http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes-20-07-2014-vers-une-societe-eveillee.html
À la découverte du principe de « société éveillée »... pour une meilleure réalisation de vie, pour soi et pour les autres.

- 06.07.2014 & 13.07.2014 : LAMRIM, une voie vers l'Eveil au lien : http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes-lamrim-une-voie-vers-l-eveil.html
Au sud de l'Inde, à Mundgod, le dalaï-lama a exceptionnellement dispensé les enseignements du Lamrim en décembre 2012. 
Le Lamrim ou voie progressive vers l'Eveil, réunit à chaque fois un nombre considérable de fidèles dans une ambiance colorée et rythmée.

- 29.06.2014 : La relation maître à disciple dans le zen avec Valérie Yashô Guéneau au lien http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes-relation-maitre-disciple.html
C'est l'un des principes fondamentaux du bouddhisme, et notamment du bouddhisme Zen : sans relation vivante de disciple à maître la tradition zen ne peut se transmettre.

- 22.06.2014 : Concentration et calme mental avec Pierre Bourges au lien : http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes-concentration.html
Concentration et calme mental : les nouveaux outils au cœur de la formation professionnelle.
Prôner la pratique de la pleine conscience et celle de la méditation dans les milieux de l'entreprise n'est plus un fait isolé ni utopique.
Petit à petit, ces pratiques modifient les relations aux autres en créant de la bienveillance, de la confiance, des émotions positives, qui ne peuvent qu'être un avantage pour tous.

- 15.06.2014 : Zen : pratiquer avec les autres avec Pierre Crépon au lien sagesses-bouddhistes-zen.html
Pierre Crépon, moine zen et fondateur du temple zen de Vannes, parle des aspects positifs qui émanent de la pratique en groupe et des bienfaits qu'elle engendre.

08.06.2014 : Georges Clémenceau et le bouddhisme : intérêt, fascination, passion ? avec Aurélie Samuel à voir au lien sagesses-bouddhistes-clemenceau.html
Georges Clémenceau, promoteur du dialogue des cultures, sut diffuser, à son époque, toutes les valeurs généreuses des civilisations de l'Asie auprès du public français. Un aspect méconnu de sa personnalité.

01.06.2014 : Que signifie être bouddhiste aujourd'hui : réflexions d'un jeune maître occidental au lien sagesses-bouddhistes_que-signifie-etre-bouddhiste-aujourd-hui.html
Rencontre avec Thinley Rimpoché, un jeune maître occidental reconnu tulku - c'est-à-dire comme étant la réincarnation d'un grand maître - dès l'âge de trois ans, par le XVIe Karmapa et Kalou Rimpoché. Il souhaite partager son expérience de la philosophie et de la pratique bouddhistes afin d'apporter une meilleure compréhension du bouddhisme à bon nombre d'Occidentaux qui en suivent les préceptes.

25.05.2014 : Les Thérigâthâ ou stances des Anciennes avec Danièle Masset
Les Thérigâthâ sont composés de 73 poèmes, issus des écrits des femmes de l'époque du Bouddha, qui démontrent avec beaucoup de simplicité et véracité, leur parcours religieux et leur libération spirituelle.

18.05.2014 : Les femmes et le bouddhisme à l'époque du Bouddha avec Danièle Masset
Danièle Masset parle du statut et du rôle des femmes dans le bouddhisme au temps du Bouddha.

11.05.2014 : Apaiser son esprit dans un monde agité (2/2) Rencontre avec Son Éminence Gyalwa Dokhampa
Le jeune maître tibétain explique, dans son ouvrage « La Retraite de l'esprit », comment apaiser celui-ci, afin de trouver le calme approprié dans un monde si agité, et pouvoir ainsi accéder à une vie harmonieuse.

04.05.2014 : Apaiser son esprit dans un monde agité (1/2) Rencontre avec Son Éminence Gyalwa Dokhampa
Gyalwa Dokhampa, jeune et charismatique maître bouddhiste de la lignée Drukpa, représente un bouddhisme jeune, dynamique et conscient de la pression du monde moderne.

27.04.2014 : Les chants de réalisation des Maîtres de la lignée Shangpa avec Lama Denis Phuntsok
Une approche originale de la lignée Shangpa, du bouddhisme tibétain, au travers des chants de réalisation de grands Maîtres.

20.04.2014 : Comment concilier l'estime de soi et le non-soi ? avec Lama Puntso
Les notions d'estime de soi et de non-soi peuvent paraître tout à fait contradictoires.
Comment les expliquer, les développer, les relier et en tirer tout avantage pour avancer sur le chemin spirituel que l'on choisit de suivre ?

13.04.2014 : La signification et l'importance des Édits de l'empereur Ashoka avec Dominique Trotignon
L'empereur Ashoka, qui a régné de 273 à 232 avant l'ère chrétienne, a été le premier souverain maurya à avoir pu unifier l'Inde et à introduire un code de morale et de discipline très important...

06.04.2014 : Alice project, une école de la sagesse en Inde avec Judith Soussans
Plusieurs écoles en Inde proposent un modèle d'éducation basé sur le développement du potentiel de bonté et de sagesse de chaque enfant. Quel est ce programme et quelles en sont les grandes lignes : réponses avec Judith Soussans, très impliquée dans ce programme.

30.03.2014 : Écoles, véhicules et courants, comment s'y retrouver ? avec Philippe Cornu
Le point sur l'importante mosaïque d'écoles du bouddhisme, leurs véhicules et courants qui, des plateaux himalayens aux contrées sud de l'Asie, représentent majoritairement cette religion depuis plus de 2500 ans.

23.03.2014 : Le jeu des trois figures, ou comment développer l'empathie chez les enfants avec Serge Tisseron
Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, a développé une méthode de jeu, douce et rassurante, permettant aux jeunes enfants de découvrir très tôt, dès la maternelle, le sentiment d'empathie et d'altruisme, vis-à-vis de tous ceux qui les entourent.

16.03.2014 : La voie du bodhisattva dans le zen avec Gérard Pilet
Gérard Pilet, moine zen et ancien disciple de maître Deshimaru, s'applique à définir «la voie du bodhisattva», cet être généreux qui met ses qualités essentielles au service d'autrui.

09.03.2014 : La méditation pour tous avec Élisabeth Drukier
Élisabeth Drukier présente la session de «méditation pour tous» qu'elle propose gracieusement, depuis une trentaine d'années, à toutes les personnes, bouddhistes ou non bouddhistes qui le souhaitent, afin de leur permettre de se poser et de vivre un temps de paix intérieure et de réflexion, dans ce quotidien citadin tant agité.

02.03.2014 : La dévotion avec Khémpo Deunyeu Rimpoché. La dévotion sur le chemin spirituel.
Khempo Deunyeu Rimpoché, qui réside à Darjeeling en Inde, évoque le sentiment de dévotion qui relie magnifiquement le disciple et le maître dans la pratique du bouddhisme et la vie en général.

23.02.2014 : L'Égo avec Jean-Pierre Faure.
On dompte son ego, on l'éloigne, et il revient aussitôt. Jean-Pierre Faure, fondateur du monastère zen Kanshoji donne les principales pistes pour déjouer cet égo.

16.02.2014 : La coproduction conditionnée dans le bouddhisme ancien (2/2) avec Dominique Trotignon. Après avoir abordé le mécanisme de la "coproduction conditionnée", "Sagesses bouddhistes" examine l'impact que peut provoquer cette notion fondamentale sur la vision du "moi". VFST (sous-titrée en français)

09.02.2014 : La coproduction conditionnée dans le bouddhisme ancien (1/2) avec Dominique Trotignon.
La coproduction conditionnée, dans la tradition du bouddhisme ancien, est un élément central de la doctrine, bien souvent incompris. Dominique Trotignon, directeur de l'Institut d'études bouddhique, spécialiste du bouddhisme theravada, en explique le subtil mécanisme

02.02.2014 : Vers une éducation du cœur et de l'esprit avec Matthieu Ricard

26.01.2014 : Empathie, compassion et santé (2/2) : Le 4ème forum internationalc

19.01.2014 : Empathie, compassion et santé (1/2) : Le 4ème forum international "Bouddhisme et médecine"

12.01.2014 : Mongolie, un bouddhisme nomade (2/2) - Le Bouddha du futur
En Mongolie, la population, enfin apaisée après des décennies de souffrances et d'oppression, renouvelle sa foi dans la religion qu'elle dut abandonner malgré elle. Un immense complexe, actuellement en construction, sera dédié au «bouddha du futur», le bouddha Maitreya, offrant ainsi bienfait, espoir et paix.

05.01.2014 : Mongolie, un bouddhisme nomade (1/2) - Les moines aux manches bleues
Sous l'oppression sanglante des autorités soviétiques, au début du XXe siècle, et avec la destruction massive des monastères, biens et hommes, le bouddhisme fut quasiment éradiqué de la Mongolie jusqu'en 1990, date à laquelle la démocratie est réapparue.
Sagesses bouddhistes consacre deux documentaires à ce renouveau du bouddhisme et se rend en Mongolie, à Oulan-Bator, et dans les vastes steppes, à la rencontre des moines aux manches bleues.

29.12.2013 : Les chants au coeur du Village des Pruniers
"Sagesses bouddhistes" vous invite au village des Pruniers où la pratique de nombreuses formes musicales est au coeur de la quête spirituelle de chacun.

22.12.2013 : Les splendeurs de Tara avec Khèmpo Deunyeu Rimpoché.
À la découverte de Tara, la principale divinité féminine du bouddhisme tobétain. Lumineuse, active, vertueuse et célébrée dans la dévotion, elle est la mère qui engendre tous les êtres éveillés tout en étant la protectrice des êtres ordinaires, qu'elle considère come ses enfants.

15.12.2013 : L'altruisme, un facteur de paix avec Matthieu Ricard :
Le moine bouddhiste Matthieu Ricard aborde le thème de l'altruisme. En effet, développer et cultiver une attitude bienveillante envers autrui est aujourd'hui un facteur de paix essentiel pour le «vivre ensemble» dans toutes les sociétés.

08.12.2013 : Upasika Kee Nanayon, ses enseignements (1901-1978) et "Les Moines de la Forêt".
Sagesses Bouddhistes poursuit sa rencontre avec Upasika Kee Nanayon (1901-1978) dont les enseignements sont perpétués par ses disciples au sein du centre de méditation pour femmes qu'elle a fondé en Thaïlande...

01.12.2013 : Upasika Kee Nanayon, une femme remarquable (1901-1978) et "Les Moines de la Forêt".
Découverte du parcours d'Upasika Kee Nanayon, considérée comme l'un des plus grands maîtres de méditation en Thaïlande au cours du XXe siècle.

24.11.2013 : "Les chapelles tibétaines de la Cité interdite" avec F. Wang-Toutain

17.11.2013 : La prière -
Beau reportage tourné par Nina Barbier dans la Communauté du village des Pruniers en Dordogne (10’) présenté dans le cadre d’une matinée exceptionnelle avec les responsables des émissions religieuses des « Chemins de la foi » consacrée à la prière, reportages et échanges...

10.11.2013 : 49 jours, entre mort et renaissance (2/2) - Film réalisé par Nina Barbier

03.11.2013 : 49 jours, entre mort et renaissance (1/2) - Film réalisé par Nina Barbier

27.10.2013 : La méditation zen : origine, histoire et pratique avec Roland Rech

20.10.2013 : Les émotions (2/2) avec Dr Christophe André et Jean-Marc Falcombello

13.10.2013 : Les émotions (1/2) avec Dr Christophe André et Jean-Marc Falcombello

06.10.2013 : Les actions sociales et humanitaires de Gyétrul Jigmé Rinpoché avec Gyétrul Jigmé Rinpoché

29.09.2013 : Le Mönlam ou le grand festival des souhaits dans le bouddhisme tibétain avec Thierry Lamouroux

22.09.2013 : L'importance du dialogue interreligieux avec Éric Vinson

15.09.2013 : Le bouddhisme engagé - 2ème partie avec Éric Rommeluère et Emmanuel Ollivier

08.09.2013 : Le bouddhisme engagé - 1ère partie avec Éric Rommeluère

01.09.2013 : Hommage à Bokar Rimpoché avec Lama Tcheuky

25.08.2013 : La fête de Vésak de la communauté sri-lankaise de Paris

18.08.2013 : Amour et compassion dans le chaos des temps présents avec Lama Jigmé Rinpoché

11.08.2013 : Comment développer l'amour bonté ? avec Jean-Paul Ribes

 

* AUTRES ÉMISSIONS SIMILAIRES au lien : #autres_emissions et Contes : La princesse disparue de Rabbi Nahman.
MATTHIEU RICARD Dossier au lien matthieu_ricard.html
: Arte 13.10.2014 - RTS.CH 24.08.2014

* ARCHIVES UBF au lien #archives_u_b_f

 

 

 

PRÉSENTATION :

Dossier relatif aux émissions de télévision "Sagesses bouddhistes", avec une transcription écrite.

L'émission " Sagesses Bouddhistes" est présentée chaque dimanche sur France 2 de 8h30 à 8h45.

 


VIDÉOS SAGESSES BOUDDHISTES :

Les vidéos sont sur Youtube au lien :
https://www.youtube.com/user/mauricegaultier

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Replay sur France 2 :
http://www.france2.fr/emissions/les-chemins-de-la-foi

Replay sur Pluzz.fr :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html


o O o

Toutes les vidéos, sur Youtube, depuis septembre 2010 avec la Sangha des Colibris au lien :
http://www.youtube.com/user/colibris67

 

Toutes les vidéos, sur Dailymotion, depuis 2008 avec vchristophe :
http://www.dailymotion.com/vchristophe

 

D'autres vidéos au site de Mickaël (Bordeaux) :
http://www.dailymotion.com/user/sakiamuni/1


o O o

 

Site de l'UBF (Union Bouddhiste de France) :
http://www.bouddhisme-france.org/ et plus particulièrement :
http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/ : les émissions diffusées, les livres présentés...

 

Forum Bouddhiste : L'Arbre des Refuges :
http://www.larbredesrefuges.com/




SOUS-TITRES et TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES

Les présentes transcriptions écrites sont faites avec l'aide des sous-titres.

 

Vous pouvez aussi voir l'émission sous 7 jours avec les sous-titres
en activant les sous-titres dans la barre de défilement au lien :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html
(roue crantée "plus d'options" et cliquer sur "sous-titres")


Remarques :
Le site "Télé Scoop" présente une transcription écrite des émissions "Sagesses bouddhistes" au lien :
http://telescoop.tv/search/?q=Sagesses+bouddhistes&ref=home


Il existe aussi dans le site de l'UBF ("Union Bouddhiste de France" ) des archives depuis 1997 au lien :
http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/ où sont présentés quelques extraits des émissions Sagesses Bouddhistes.
Voici à ce lien quels thèmes sont ainsi présentés : #archives_u_b_f



 


ÉMISSIONS SAGESSES BOUDDHISTES sur France 2 :

Les Thérigâthâ
ou

stances des Anciennes

 

LA VIDÉO DE L'ÉMISSION - PRÉSENTATION - TRANSCRIPTION ÉCRITE - AUTRES INFORMATIONS

Dimanche 25 mai 2014 - France 2 à 8h30

Les Thérigâthâ sont composés de 73 poèmes, issus des écrits des femmes de l'époque du Bouddha,
qui démontrent avec beaucoup de simplicité et véracité, leur parcours religieux et leur libération spirituelle.

Photo
Photo de l'album de Facebook

LA VIDÉO DE L'ÉMISSION :

Revoir sur Youtube (VFSTFR) :
https://www.youtube.com/watch?v=k35sOUpsUeM (14'49)



 

Revoir en replay (6 jours) :
http://www.france2.fr/emissions/les-chemins-de-la-foi
ou
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes_,102754281.html



PRÉSENTATION :

Les Thérigâthâ sont composés de 73 poèmes, issus des écrits des femmes de l'époque du Bouddha, qui démontrent avec beaucoup de simplicité et véracité, leur parcours religieux et leur libération spirituelle.

Sagesses Bouddhistes revient avec son invitée Danièle Masset sur la position des femmes au temps du Bouddha en s’appuyant sur un texte rare du Canon pali, les Thérigâthâ ou Stances des Thérigâthâ dont elle explique toute l’originalité

Invitée : Danièle Masset
Émission présentée par : Sandrine Colombo

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

- Bonjour et bienvenue. "Sagesses bouddhistes" revient sur le statut des femmes au temps du Bouddha en s'appuyant sur un texte rare.

-Bonjour. Merci de nous retrouver pour une 2ème émission avec Danièle Masset pour évoquer la vie spirituelle des femmes à l'époque du Bouddha grâce à un des rares textes de l'époque sur le sujet, un texte du canon pali intitulé les "Therigatha", c'est-à-dire les "Stances des Théri".
Les "Théri" sont les nonnes des premiers temps du bouddhisme.
Ce sont 73 poèmes évoquant chacun l'expérience d'une femme parvenue à la libération spirituelle après avoir renoncé à la vie laïque.
Notre invitée  est la première a avoir traduit ces stances, et c’est avec bonheur que nous la retrouvons pour parler de ces poèmes.

-Bonjour. Vous étudiez les textes bouddhiques poétiques indiens et tibétains et vous êtes traductrice de tibétain, sanscrit et pali, ce qui vous permet de comparer les textes anciens.
Vous donnez d'ailleurs des conférences sur les "Théri".
Comment peut-on traduire "Therigatha" ?

-On peut décomposer l'expression en deux mots.
Le mot "gatha"signifie "stance" ou "strophe". 
C'est l'équivalent, à peu près, d'une strophe de quatre vers.
Et le mot "théri" est le féminin de l'adjectif "théra" qui signifie "ancien".
Mais dans le bouddhisme, "thra" et "théri" ont d'abord un sens technique.
"Théri" peut s'appliquer à toute religieuse ordonnée depuis plus de 10 ans.
Par extension, ce terme s'est appliqué à toute personne âgée et respectable et même à toute religieuse digne de respect quel que soit son âge.
C'est bien le cas ici.
Ces "théri" ne sont pas forcément des femmes très vieilles ni ordonnées depuis très longtemps.
Ce sont les nonnes exemplaires des premiers temps du bouddhisme, des femmes dont beaucoup ont été les disciples du Bouddha.

-Comment se présentent ces stances ?

–En fait ces stances sont au nombre de 522, mais elles sont regroupées en 73 poèmes de longueur très variable.
Certains poèmes sont très courts et ne font qu'une seule stance, alors que le poème le plus long en fait 75.
Entre les deux extrêmes, on a une série de poèmes de taille intermédiaire de 2, 3, 4 stances.

-Ils sont classés en fonction de la longueur.

-Voilà. C'est un mode de classement assez souvent adopté dans le canon pali.
Quand on ouvre le recueil, on a d'abord la première section des poèmes à une stance, puis celle des poèmes à deux stances, etc.
Jusqu'à la section du grand poème composée uniquement de ce grand poème de 75 stances que j'ai déjà mentionné.

-Est-ce que ce sont des poèmes signés ?

-Oui, on peut considérer puisque que chacun est suivi par le nom d'une "theri" qui est celle dont l'expérience est évoquée.

-C'est elle l'auteure de la stance ?

-C'est une question délicate à laquelle il est difficile de donner une réponse tranchée.
Même si certaines peuvent être les auteures des poèmes qui leur sont associés, elles ne les ont pas écrits puisque, à l'époque, les textes étaient improvisés oralement et ensuite récités.
Donc les "Stances des théri" sont de la poésie orale. 
Et certains poèmes ont effectivement la forme de poèmes autobiographiques. 
Les "théri" y prennent la parole en leur nom propre.
On peut donc penser qu'elles en sont les auteures de ces poèmes. 
Mais on trouve aussi d'autres stances dans lesquelles elles ne sont pas les énonciatrices mais les destinataires.
Et certains poèmes plus longs ont même la forme de dialogues dans lesquels la "théri" donne la réplique à des personnages.
Ça ressemble tout à fait à notre théâtre.
Le statut de la "théri" est alors bien plus celui d'un acteur que d'un auteur.
L'expression "stance des théri" doit s'entendre au sens large.
Ce sont les stances qui nous ont été transmises par la tradition au sujet des "théri".
Certaines "théri" ont des auteures, mais d'autres stances sont l'œuvre de compilateurs soucieux de perpétuer la mémoire des "théri".

-Quand ces stances ont-elles été mises par écrit ?

-En même temps que tous les autres textes du canon pali, lors d'un concile qui a eu lieu à Ceylan vers l'an 35 avant notre ère.
Depuis l'époque du Bouddha, il s'était passé 4 siècles de transmission orale, ce qui est énorme.

-Quelles sont les origines sociales de ces "théri" ?

-On trouve un assez large panorama de conditions sociales.
Certaines sont filles de brahmanes, d’autres sont filles de princes, de guerriers ou d’autres aussi  de riches marchands.
Parmi les "théri" assez riches, on trouve plusieurs femmes qui ont été courtisanes.
Par exemple la courtisane Ambapali, qui était certainement la plus célèbre dans le bouddhisme ancien.
À côté de ces femmes venant de milieux privilégiés, on trouve aussi des femmes ayant vécu une existence de ménagère.
On trouve même une "théri" qui était esclave dans la maison d'un riche marchand et chargée de la corvée d'eau.
Plusieurs "théri" semblent aussi avoir connu la pauvreté et même la misère.
On sent dans leurs poèmes un poids de malheur qui semble avoir pesé sur ces femmes.

-Comment celles qui évoquent le malheur décrivent leur situation ?

-Ces malheurs sont très souvent associés à des deuils et on trouve des mères désespérées d'avoir perdu leur enfant.
Je vais vous citer deux stances du poème de Vassiti qui explique être devenue folle de chagrin après avoir perdu un fils.
"Accablée de chagrin à cause de mon fils, l'esprit égaré, ayant perdu le sens, nue, échevelée, j'errais çà et là. Parmi les ordures, les champs de crémation et les grands chemins, j'allai 3 années durant, tenaillée par la soif et la faim."
Une rupture totale intervient dans l'existence de cette future "théri" quand elle rencontre le Bouddha.
Elle retrouve ses esprits, se consacre à la vie religieuse et se détache de ce chagrin qui l'avait submergée pendant 3 ans.
Il y a aussi une autre "théri" qui est Chanda.
Elle incarne aussi une condition extrêmement misérable car elle est veuve.
C'était très difficile à vivre dans l'inde ancienne puisque les veuves étaient de mauvais augure.
Elles étaient méprisées.
On ne voulait pas les fréquenter.
C'est ainsi que Chanda s'est retrouvée au ban de la société.
Voici comment elle décrit sa vie :
"Je menais jadis une existence misérable. Veuve sans enfants, privée d'amis et de parents, je n'avais ni de quoi manger, ni de quoi m'habiller. Munie d'un bol et d'un bâton, je mendiais de famille en famille. Brûlée de chaleur et de froid, j'errai sept années durant."
Elle s'est convertie au bouddhisme dans le simple espoir de ne pas mourir de faim.
Après quoi, elle a trouvé de meilleures raisons de pratiquer le bouddhisme.
Devant ce genre de poème, on s'aperçoit que le malheur de ces femmes est lié, bien entendu, aux particularités de leur parcours individuel mais aussi, certainement, à l'existence de tout un contexte socio-culturel qui n’était vraiment pas favorable aux femmes.

-Quelle image ces poèmes donnent de ces religieuses ?

-Une image idéale.
Ces femmes apparaissent comme des femmes d'une grande dignité, des femmes exemplaires et qui sont capables, aussi bien que les hommes, de parvenir à l'état d'arhat, de devenir par exemple instructrices et prédicatrices.
Certaines des "théri" sont extrêmement éloquentes, parfois un peu trop.
Leurs discours sont très travaillés.
Des femmes ne pouvaient pas parler ainsi à l'époque.
Ces stances sont certainement l'œuvre de compilateurs qui ont mis en forme les stances et la légende des "théri".
Cette image a été tellement embellie qu'on arrive à une vision totalement idéalisée qu'on a dans "La Légende dorée".

-Vous avez un exemple d'une "théri" devenue légendaire ?

-Oui, le cas le plus spectaculaire est celui de Subba au bois de manguiers de Jivaka.
Elle se trouve un jour seule dans un bois et elle rencontre un mauvais garçon qui lui fait des propositions galantes et qui, en particulier, célèbre la beauté de ses yeux.
Il lui dit qu'elle a des yeux pareils à des bourgeons de lotus.
Et Subba lui répond par un grand discours sur le thème de l'extinction du désir et de l'inanité des apparences.
Et elle termine son discours en disant :
"Les yeux ne sont que des globes enfoncés dans une cavité et qui contiennent des larmes. Les différentes parties de l'œil sont un conglomérat de substances."
C'est à l'opposé de la vision quelque peu lyrique du mauvais garçon.
Il y a ensuite des stances de récit qui proposent un dénouement tout à fait spectaculaire :
"Puis la nonne aux beaux yeux se mutila car elle n'avait aucun attachement. Tiens, prends cet œil pour toi. Et elle donna son œil à cet homme. En lui aussitôt s'apaisa la passion et il lui demanda pardon. Puis, il la laissa partir et la nonne se rendit auprès de Bouddha, et dès qu'elle l'aperçut, son œil redevint tel qu'auparavant."
C'est un récit de légende dorée avec deux miracles successifs :
Premier miracle : Subba arrive à s'arracher l'œil sans la moindre difficulté puis, deuxième miracle,  elle retrouve son œil intact une fois qu’elle est en présence du Bouddha.
Ce genre de récit constitue certainement une revanche par rapport aux déboires que devaient affronter les religieuses dans leurs vies, puisque le Vinaya fait état de plusieurs cas de religieuses violées.
Et Subba courait certainement ce risque dans ce bois avec le mauvais garçon.
Or, non seulement elle n'est pas violée, mais encore elle retourne la situation de façon spectaculaire.
Elle apparaît comme une héroïne.

-Vous avez aussi traduit les "Théragatha".
C'est le pendant masculin des "Thérigatha" ?

-Oui, on peut considérer que les "Théragatha" sont les pendant des "Thérigatha" puisque ce sont des recueils en tout point symétriques.
Les "Théragatha" mettent en scène les moines les plus exemplaires.
Les deux recueils sont donc apparentés.
Ils procèdent de la même vision du monde et on y retrouve aussi les mêmes traits de style, voire, parfois, les mêmes expressions ou les mêmes vers.
Mais chacun des deux recueils garde sa physionomie propre.

-Merci Danièle Masset d’avoir répondu à mes questions.

Pour prolonger cette émission, voici quelques suggestions de lecture.
D’où d’abord, « Les "Thérigatha ou stances des Théri" » et leur pendant masculin, « Les Théragatha ou stances des "Théra"  ».
Ces deux recueils de poèmes et publiés par Pali Text Society qui les distribue en Angleterre ou sur le Net.
« lntroduction à l'enseignement du Bouddha et à sa pratique » de Michel Henri Dufour, une initiation au bouddhisme selon la tradition du Theravada.
« Pure et simple » d'Upasika Kee Nanayon aux éditions Sully. Il s'agit des enseignements d'une femme maître de méditation qui n'a jamais pris de vœux monastiques.

Notre émission touche à sa fin.
Merci de l’avoir suivie.
Vous pouvez la revoir toute la semaine sur le site Internet de France 2, en rubrique pluzz.fr
Excellente semaine à tous et à dimanche prochain.
Merci.

 

FIN


Une transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/472550/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses%20bouddhistes





AUTRES INFORMATIONS :

 

Lire au lien : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/les-therigatha-ou-stances-des-anciennes.html


 

 

Les femmes et le bouddhisme

à l'époque du Bouddha

 

LA VIDÉO DE L'ÉMISSION - PRÉSENTATION - TRANSCRIPTION ÉCRITE - AUTRES INFORMATIONS

Dimanche 18 mai 2014 - France 2 à 8h30

Danièle Masset parle du statut et du rôle des femmes dans le bouddhisme au temps du Bouddha.


Photo de l'album de Facebook

LA VIDÉO DE L'ÉMISSION :

Revoir sur Youtube (VFSTFR) :
https://www.youtube.com/timedtext?v=hUCNXN47j64 (14'49)

 

Revoir en replay (6 jours) :
http://www.france2.fr/emissions/les-chemins-de-la-foi/videos/101973039#disqus_thread
ou
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html



PRÉSENTATION :

Sagesses Bouddhistes reçoit Danièle Masset, qui parlera du statut et du rôle des femmes dans le bouddhisme au temps du Bouddha, ainsi que des actions prises envers celles-ci lorsque l’ordre monachisme masculin fut élaboré.

Invitée : Danièle Masset
Émission présentée par : Sandrine Colombo

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

-Bonjour, bienvenue dans "Sagesses bouddhistes".
On commence un cycle de 2 émissions consacrées aux femmes dans le bouddhisme ancien.
En fondant une communauté de nonnes, Bouddha reconnaît leurs aptitudes religieuses et spirituelles, ce qui n'allait pas de soi en Inde.
Nous allons nous intéresser aux premières nonnes bouddhistes.
On verra des documents permettant d'en savoir plus sur elles, quel était leur statut et quels accomplissements spirituels elles pouvaient espérer obtenir.
Pour parler de ces femmes, nous avons le plaisir de recevoir Danièle Masset. Bonjour.

-Bonjour.

-Vous étudiez les anciens textes bouddhiques, indiens et tibétains et évidemment les textes poétiques.
Vous écrivez sur les images de la nature dans la poésie bouddhique, en particulier dans les chants de Milarépa.
Et vous avez été la première à traduire en français les "Therigatha", poèmes du canon pali, nous y reviendrons lors de la deuxième émission.
Nous allons parler du contexte des femmes et du bouddhisme à l'époque du Bouddha.
Quels sont les documents sur lesquels on peut s'appuyer ?

-D'abord, je voudrais préciser que l'époque du Bouddha pourrait correspondre approximativement au 5ème siècle avant notre ère. 
Les savants occidentaux du 19ème et du 20ème siècle ont parlé du 6ème siècle.
Mais des découvertes relativement récentes ont mené à rajeunir le Bouddha.
On estime actuellement qu'il aurait plutôt quitté ce monde vers l'an 400, voire même 10 ou 20 ans plus tard.

-Il existe des textes.

-Oui, il existe des textes.
Ils figurent dans le canon pali, donc les textes réputés les plus anciens, le canon bouddhique le plus ancien.
Ces textes sont très intéressants, puisqu'ils nous prouvent que le bouddhisme a accordé dès l'origine une grande attention aux femmes, et leur a même consacré une littérature spéciale.
En effet, il existe dans ce canon pali 6 ouvrages qui sont également consacrés aux femmes.
Trois sont des textes de vinayas.
Ils ont trait à la discipline que les nonnes bouddhistes doivent apprendre à respecter.
Et trois ont trait à l'expérience spirituelle des femmes.
Les "Therigatha" sont l'un de ces 3 ouvrages sur l'expérience spirituelle des femmes.

-Quelle est la place des femmes dans la société et la religion ?

-C'est très simple, la place d'une femme revient à être auprès de son mari et à savoir y rester.
Les femmes dans la société indienne n'ont pas d'existence indépendante.
Elles dépendent soit de leur père, soit de leur mari, soit de leur fils si elles ont le malheur d'être veuves.
Cette dépendance des femmes est perceptible jusque dans le domaine religieux.
Puisque dans le brahmanisme, qui est la religion dominante en Inde à l'époque du Bouddha, la femme n'a pas d'existence religieuse autonome, elle n'existe que comme partenaire rituelle de son mari.
C'est l'obéissance à son époux qui est son principal devoir religieux.
Donc en créant une communauté de nonnes dans laquelle les femmes peuvent se consacrer à une vie religieuse en dehors de tout époux, le Bouddha a rompu avec une tradition bien ancrée, même s'il existait à son époque certains mouvements ascétiques dans lesquels les femmes étaient admises.
Mais la présence des femmes n'était pas reconnue au même titre que dans le bouddhisme.

-Le Bouddha a créé une communauté de nonnes.
Quand et comment ça s'est passé ?

-Le Bouddha n'a pas créé cette communauté immédiatement après son éveil comme il l'a fait pour la communauté des moines, mais 4 ans après.
Selon la légende ou selon la tradition, il aurait créé cette communauté à contrecœur, et sur les instances de sa tante, Mahaprajapati Gautami, qui l'a élevé.
Elle était la sœur de la reine Maya.
Les deux sœurs avaient épousé le même homme, le roi Shuddhodana.
Et Maya est morte une semaine après la naissance d'un petit garçon, qui n’était autre que le futur Bouddha.
Donc c'est Mahaprajapati Gautami qui a élevé cet enfant.
Cet enfant grandit, il devient un bouddha.
Puis le roi Shuddhodana meurt, veut entrer dans la communauté religieuse qui a été fondée par son neveu et qui, à cette époque, ne comprend que des hommes.
Mais elle se heurte à plusieurs refus successifs du Bouddha.
Elle trouve néanmoins un intercesseur, qui est Ananda.
Ananda appartient à la même famille que le Bouddha et sa tante Mahaprajapati Gautami.
À l'époque, il est un jeune moine, et c'est sur ses instances finalement que le Bouddha accepte de créer une communauté de nonnes.
Et le Bouddha impose à Mahaprajapati Gautami de respecter et de faire respecter aussi les 8 préceptes fondamentaux qui règlent les relations de la communauté des nonnes avec la communauté des moines.

-Parlez-nous de ces préceptes, même sans entrer dans les détails, pour savoir un petit peu de  de quoi il s'agit.

-Le premier précepte donne le ton d'emblée.
Toute nonne, fût-elle ordonnée depuis 100 ans, doit le respect à tout moine, fût-il ordonné du jour même.
On a un principe d'inégalité qui est instauré d'emblée.
Les préceptes suivants sont relativement techniques. 
Ils sont relatifs à des usages et à des procédures spécifiques à la communauté religieuse, donc je n'entrerai pas dans les détails. 
Pour ces procédures, la communauté des nonnes n'est pas autonome.
Toutes les activités et toutes les décisions prises par la communauté des nonnes doivent être contrôlées par la communauté des moines. 
Et enfin les derniers préceptes reviennent sur cette notion d'inégalité entre moines et nonnes.
Puisque une nonne n'a jamais le droit de réprimander un moine, même si son comportement est répréhensible. 
Et les nonnes n'ont pas le droit d'enseigner aux moines, alors que  les moines ont le droit, et même le devoir, d'enseigner aux nonnes.
Pourtant, il y a eu parmi les premières nonnes bouddhistes des enseignantes et des prédicatrices très renommées.
Donc, les femmes pouvaient être très savantes, elles pouvaient atteindre la libération spirituelle, mais en même temps, elles devaient se comporter sur le plan de la vie quotidienne en inférieures par rapport aux moines.
Il y a un décalage entre le plan de l'expérience spirituelle et le plan du comportement à adopter dans la vie quotidienne.

-Pourquoi ?

-On peut penser que le Bouddha s'est conformé aux usages de son temps.
Il n'a pas voulu choquer ses contemporains, donc il s'est plié, il a fait respecter jusque dans le cadre de la communauté cette notion de supériorité masculine.

-Ces nonnes, dans leur quotidien, doivent respecter beaucoup plus d'interdits que les hommes : 311 interdits contre 227.
Comment expliquer cette inégalité ?

-En fait, ces règles plus nombreuses peuvent s'expliquer en partie par le fait que les nonnes ont plus d'occasions de "mal agir", entre guillemets, que les moines.
Les bouddhistes ont en effet repris l'idée que la femme est une incitation au plaisir sensuel.
Donc les femmes ont toujours la tentation de se parer, de se rendre séduisantes, voire de se comporter de façon lascive.
Elles aiment les parfums, elles aiment la danse, les massages, toutes choses interdites aux nonnes bouddhistes.
Et donc, le but de la pratique religieuse étant dans le bouddhisme ancien l'extinction du désir, les nonnes doivent veiller à ne pas susciter le désir, et donc apprendre à se contrôler dans tous les aspects de leur vie, à surveiller tous les faits et gestes, en sorte d'éviter d'être dangereuses à la fois pour elles-mêmes, et pour les autres, et en particulier pour les moines qu'elles doivent évidemment éviter d'induire en tentation.

-On veut aussi protéger ces femmes.

-Oui, on désiré assurer leur sécurité.
Puisque les nonnes sont considérées comme plus vulnérables que les moines, et par exemple il y a un certain nombre de règles qui leur interdisent de se hasarder par exemple seules dans les bois.
Ces règles leur prescrivent d'éviter l'isolement. 
Elles doivent voyager à plusieurs et, quand on traverse des régions réputées dangereuses, elles doivent se joindre à une caravane de marchands.
Parfois, elles sont autorisées à voyager avec des moines, si ces moines peuvent assurer leur sécurité.

-On va parler à présent de la compétence religieuse de ces femmes.
Le Bouddha leur reconnaît l'égalité sur ce plan-là.
Elles peuvent atteindre le salut spirituel par les mêmes méthodes que les hommes.

-Oui.

-Quelles sont ces méthodes ?

-C'est d'abord et avant tout la pratique intensive de la méditation.
Mais aussi le respect rigoureux des règles monastiques.
Ainsi que l'écoute et la mémorisation de l'enseignement.
Cet aspect, le respect est important.
À l'époque, la vie religieuse est considérée comme le seul moyen d'atteindre l'éveil.
Donc les femmes qui ne sont pas religieuses, les femmes laïques peuvent espérer accumuler des mérites, notamment en pratiquant le don, et ainsi obtenir une renaissance lors de laquelle elles pourront devenir religieuses et ainsi progresser vers l'éveil.

-Quel type d'éveil peuvent-elles atteindre?

-L'éveil auquel peuvent accéder les religieux dans le bouddhisme ancien est l'éveil des auditeurs, c’est-à-dire des disciples.
On le distingue de l'éveil du parfait Bouddha.
L'éveil des disciples consiste à devenir "arhat", un terme qu'on peut traduire par "méritant" ou garder tel quel.
Les arhats sont libérés du cycle des existences mais en même temps sont dépourvus de qualités comme l'omniscience, donc on ne les considère pas comme des bouddhas.
Dans ce bouddhisme ancien, les disciples ne peuvent pas faire aussi bien que le maître, mais les femmes peuvent devenir arhats comme les hommes.

-Peut-on citer un exemple de femme avec les textes dont vous parliez au début, les "Therigatha", d'une femme qui a pu atteindre cet état d'arhat ?

-Je vais citer un poème qui est très représentatif quant à la question de savoir si les femmes pouvaient atteindre l'éveil.
C'est un poème qui est sous forme de dialogue entre une religieuse dénommée Somâ et Mâra, qui dans les textes bouddhiques est le grand tentateur. 
Il fait obstacle à ceux qui sont sur le point d'atteindre l'éveil.
Mâra parle à Somâ :
"Cet état que les sages se proposent comme but, et dont l'obtention est si difficile, une femme n'ayant qu'une once de sagesse ne peut l'atteindre."
Somâ dit : "Qu'importe la condition de femme, si l'esprit est bien concentré, si cet être a de la doctrine une juste vision. La jouissance a été mise en échec, la masse des ténèbres est transpercée sache, ô Malin, que tu es vaincu, toi l'agent de la mort."
Mâra parle comme parlaient sans doute beaucoup de contemporains du Bouddha.
Somâ, en revanche, revendique hautement son aptitude à atteindre l'éveil. 
Et effectivement elle l'atteint, puisque les expressions qui sont employées dans la dernière stance nous prouvent qu'elle a atteint l'état d'arhat et qu'elle a reconnu le tentateur, le Malin, Mâra, qui est vaincu exactement comme il l'a été par le Bouddha la nuit de l'éveil.

-Ce texte, cette stance, fait partie du recueil "Therigatha", qui fera l'objet de notre prochaine émission dimanche prochain.
Ce sont des poèmes consacrés à l'expérience spirituelle des femmes du temps du Bouddha.
Merci Danièle Masset d’avoir répondu à nos questions.

Voici quelques suggestions de lecture.
Les "Therigatha", ou "Stances des Theri", traduit donc par notre invitée Danièle Masset, publié par la Pali Text Society en Angleterre et distribué pour l’instant en ligne.
"Les Moniales bouddhistes. Naissance et Développement du monachisme féminin", de Mohan Wijayaratna, aux éditions du Cerf.
"Sangha ou la Communauté bouddhique", de Christophe Richard, chez L'Harmattan.

Voilà, c’est la fin de notre émission, vous pouvez la revoir sur le site Internet de France 2 rubrique pluzz.fr
Très bon dimanche et à la semaine prochaine, merci.  

FIN


Une transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/468193/sagesses-bouddhistes.html





AUTRES INFORMATIONS :

 

Lu au lien : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/les-femmes-et-le-bouddhisme-a-l-epoque-du-bouddha.html

Livres :

- Les thérigâthâ ou stances des théri
Danièle Masset Editions : Pali Text Society (GB)

Les Thérigâthâ ou Stances des Théri Traduits par Danièle Masset
Publiés par la Pali Text Society / Grande Bretagne Plus d’infos : http://www.palitext.com/ cliquer dans publications puis traductions Email : pts@palitext.com
Stances des Therī, 
tr. D. Masset, 2005, 
ISBN 417 2 (£15.40) Traduction française des Therīgāthā.
Stances des Thera, 
tr. D. Masset, 2011
, ISBN 486 5 (£55.00) Traduction française des Théragâthâ.
Les « Thérigâthâ » réunissent 73 Poèmes qui témoignent de l’expérience spirituelle de femmes qui ont suivi le Bouddha à son époque. Livre rare.

 

- Les moniales bouddhistes, naissance et développement du monachisme féminin

Mohan Wijayaratna Editions : Editions du Cerf
Un livre ancien qui est devenu une référence rare pour ceux et celles qui veulent connaître le bouddhisme et s’imprégner des préceptes régissant toute la communauté des moniales bouddhistes, un des mouvements féminins organisés les plus anciens du monde.
Certains poèmes des thérigatha y sont cités.

 

- Sangha ou la communauté bouddhique

Editions : Editions l’Harmattan
Vous découvrirez ici les principes qui régissent le Sangha ou « communauté des bouddhistes », cette dernière se divisant en quatre catégories représentées par les moines, les moniales, les hommes et les femmes laïques.
L’auteur définit toutes ses caractéristiques à travers les différentes traditions du bouddhisme.
Très intéressant.

 

 

Apaiser son esprit
dans un monde agité (2/2)

 

LA VIDÉO DE L'ÉMISSION - PRÉSENTATION - TRANSCRIPTION ÉCRITE - AUTRES INFORMATIONS

Dimanche 11 mai 2014 - France 2 à 8h30

Apaiser son esprit dans un monde agité (2/2)

Rencontre avec son Éminence Gyalwa Dokhampa


Photo de l'album de Facebook

LA VIDÉO DE L'ÉMISSION :

Revoir sur Youtube (VFSTFR) :
https://www.youtube.com/watch?v=ywD3O5jiF80 (14'55)

Revoir en replay (6 jours) :
http://www.france2.fr/emissions/les-chemins-de-la-foi/videos/101973039#disqus_thread
ou
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html



PRÉSENTATION :

Sagesses Bouddhistes poursuit son entretien avec Son Eminence Gyalwa Dokhampa, jeune maître tibétain de la lignée Drukpa.
Il explique au travers de son ouvrage « La retraite de l’esprit » comment apaiser celui-ci, afin de trouver le calme approprié dans un monde si agité.
Un regard lucide, moderne et direct.

Invité : son Éminence Gyalwa Dokhampa
Émission présentée par : Aurélie Godefroy

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

-Bonjour à tous et bienvenue.
Nous sommes très heureux de vous retrouver en compagnie de Son Eminence Gyalwa Dokhampa pour la suite de nos émissions consacrées à l'apaisement de l'esprit.
Nous avons pu voir pourquoi il était important de le calmer, nous verrons ce matin comment le faire concrètement.
Quel peut être le rôle de la médiation, comment lutter contre nos habitudes mentales, pourquoi pratiquer dans notre quotidien, nous rejoignons pour en parler notre invité.
Votre Eminence, bonjour et merci d'être avec nous.
Vous êtes le Gyalwa Dokhampa connu comme Khamtrul Rinpoché.
Vous êtes né au sein de la famille du 12ème Gyalwang Drukpa, chef spirituel de la lignée Drukpa.
Et vous venez de publier un livre, "La Retraite de l'esprit", aux éditions Marabout.
Alors dans ce livre, vous partez de trois points essentiels pour arriver à calmer notre esprit : accepter l'impermanence, revenir à l'instant présent et apprendre à mieux nous connaître.
Peut-on revenir sur ces trois points ?

-Merci beaucoup, tout mon plaisir d'être ici. 
Parmi les pratiques de méditation, les gens sont très habitués en général à l'idée de méditation, pacification, rester tranquille. 
Mais dans la pratique bouddhiste, ce genre de méditation, c'est juste une étape pour mieux introduire l'étape suivante.
Parce que quand nous faisons la méditation pacification, nous avons la capacité de focaliser en un point, de mettre l'accent, de se focaliser sur notre esprit, de contempler ce qu'est notre esprit et de passer au travers ces différentes étapes pour arriver à cette première étape, qui est revenir au moment présent.
C'est important, parce que la plupart du temps, nous sommes agités, perturbés.
Nous donnons trop d’importance au passé.
Par exemple, quelque chose s'est déroulé dans le passé, peut-être un incident, qui a duré peut-être 20 minutes, ça a été douloureux, mais on ne peut pas laisser passer, et cette souffrance de 20 minutes peut-être va durer pendant 20 ans, parce qu'on ne peut pas lâcher prise par rapport à ce passé.
Et quelquefois, on a beaucoup d'imagination qui porte sur le futur, parfois c'est très débridé, mais la plupart du temps, pour nous autres quand on était jeunes, on a planifié notre vie, et tous nos projets peut-être ne sont pas passés comme on le souhaitait.
Donc, ce besoin de ramener l'esprit au moment présent et de développer un sens de l’appréciation de l'instant présent, de cette situation présente et de toutes ces choses merveilleuses présentes dans notre vie, notre santé, notre vie et cetera.
Parce que si on ne peut pas être heureux aujourd'hui, qu'est-ce qu'on va espérer demain, espérer après ?
Toute notre vie, on va passer à espérer.
C'est pourquoi c'est important de revenir au présent et d'apprécier notre vie.
Deuxième point sur l'impermanence, ou la nature changeante des choses.
Dans cette pratique de méditation, on doit se remémorer que tout ce qui s'est passé hier, que ce soit agréable ou difficile, aujourd'hui, c'est juste la mémoire. 
Si on est trop attaché à quelque chose qui se passe bien aujourd'hui, ou qui ne se passe pas bien, ce sera pour le souvenir demain.
On va être trop attaché à tout cela.
Donc, si ça change trop, sujet à l'impermanence, plutôt que de s'attacher à trop de choses, d'être trop soucieux, on devrait comprendre que le but de notre vie, c'est de partager le bonheur, donner le bonheur à un autre, donc ne pas être trop porté sur l'attachement, l'insécurité, mais combien on peut rendre cette vie sensée et échanger le bonheur.
Tout est impermanent.
Le pouvoir, la richesse, on devrait pouvoir utiliser cela pour comment ça peut être utile aux autres.
Et le 3ème point, c'est connaître son esprit.
Le plus important concernant cette connaissance : le bonheur vient de l'esprit.
C'est l'esprit qui dit heureux ou triste.
Par exemple, j'ai demandé à mon maître il y a très longtemps : "Dans ce monde, qu'est-ce que c'est que le bonheur?"
J'ai demandé à Sa Sainteté le Gyalwang Drukpa.
Je pensais qu'il allait me répondre : l'amour, il m'a dit : "C'est la satisfaction qui est le vrai bonheur." J'ai réalisé que c'était vrai.
Oui, bien sûr, vous êtes heureux quand vous tombez amoureux, par exemple, pour aussi longtemps que vous êtes satisfait de cette situation.
Pareil avec le travail.
Le bonheur, c'est l'esprit, comprendre cela, c'est important.
Si vous ne comprenez pas, vous allez courir toute votre vie après des choses, l'une après l'autre, changer de partenaire, de travail, sans comprendre d'où vient le bonheur.
C'est donc important de comprendre ce qu'est l'esprit.

-Effectivement, vous pointez du doigt le fait qu'il faut qu'on soit très flexible, notre esprit doit être souple, et vous dites que le corps peut nous y aider.
C'est assez amusant.
Pour vous, c'est très important, pourquoi ?

-Parce que maintenant notre corps, c'est le support de l'esprit.
Quand on va mourir, la conscience partira, mais pour le moment, le support de la conscience, c'est le corps.
Et il y a une relation très forte entre le corps et l'esprit.
Quand on fait de la méditation, des études montrent des changements dans le cerveau, dans l'esprit. Si vous êtes agité, par exemple, la tension artérielle va monter, votre visage va changer de couleur. Tout ça, c'est par l'agitation, le pouvoir des émotions.
Donc, ça porte peut-être sur la santé également.
Le corps, c'est le support pour la médiation et pour avoir un esprit positif ou négatif.
Par exemple, si vous méditez dans un cadre paisible, par exemple devant une statue du Bouddha, c'est un grand soutien.
Ou bien vous prenez soin de votre santé, parce que vous êtes malade, ou parce que vous ne dormez pas, ou vous dormez de trop et vous devenez trop paresseux, ce n'est pas bon pour l'esprit, ou si vous dormez trop peu, votre esprit devient agité, je ne pense pas qu'à ce moment-là, la méditation pourra se développer.
Le Bouddha a dit: "Vous devez manger, avoir suffisamment de nourriture, "dormir d'une manière correcte, suffisante."
Donc, cela aidera l'esprit à demeurer paisible.
Prendre soin de votre corps, c'est prendre soin de votre esprit.
Et prendre soin de votre esprit aide à prendre soin du corps.

-Dans votre livre, vous donnez différents outils pour tenter d'apaiser notre esprit.
Il y a différentes formes de méditation, quelles sont selon vous les plus appropriées ?
Et peut-être que vous pouvez nous montrer un exemple.

-Au début, je pense que le plus important, peut-être aussi le plus facile, c'est la méditation sur l'attention au souffle. 
Ce qu'apporte la méditation sur le souffle, c'est que ça ramène votre esprit à l'instant présent.
Parce que quand vous faites la méditation sur le souffle, vous focalisez votre esprit. 
Tous les jours, on respire, mais on ne saurait pas dire combien de fois on respire par jour parce que notre esprit n'est pas concentré.
Donc, dans l'attention au souffle, vous amenez votre esprit à l'instant présent, vous êtes concentré.
Et durant tout cet exercice, votre esprit est dans le présent. 
Et votre esprit à ce moment-là n'est pas dans l'agitation, vous ne pensez pas aux choses qui vous énervent, vous irritent, ou à la jalousie...
Cela amène la pacification dans votre esprit, ça vous permet de demeurer tranquille et concentré.
Et après, les autres méditations suivront plus facilement. 
Par exemple, pour la méditation sur la respiration.
D'abord, on va mettre l'accent sur la posture de méditation.
Puis d'abord, l'expiration.
Expirer de manière longue par les narines.
Dans la lignée Drukpa, l'un des points importants, c'est qu'on pense qu'on expire toute la négativité sur un souffle sombre, toutes les négativités sont expulsées, et quand on inspire, toutes les choses positives dans ce monde viennent sous la forme d'un souffle lumineux blanc.
C'est le plus facile mais aussi le plus efficace pour quelqu'un qui débute la pratique.
Mais si vous vous en tenez à cela, je dirais que c'est plus comme une solution à court terme.
Puisque vous apaisez votre esprit, c'est important de comprendre comment il fonctionne.
Donc la méditation est importante au début.
Ensuite, vous explorez votre esprit.
Pourquoi suis-je heureux, triste ou malheureux ?
Donc l'étape suivante, c'est la contemplation sur l'appréciation, sur l'impermanence, l'appréciation de la nature de notre monde.

-Et je pense qu'il est important de rappeler que cette méditation doit se poursuivre tout au long de notre vie quotidienne pour pouvoir porter ses fruits, il ne doit pas y avoir de rupture.

-Dans le bouddhisme, on dit: "Tous les êtres ont la nature de Bouddha."
Dû aux conditions négatives, on devient colérique, orgueilleux, et cetera.
Et par les conditions positives, on peut réaliser ce bonheur.
Mais pour aussi longtemps qu'on ne réalise pas la nature de l'esprit complètement, on a besoin de pratiquer, de s'adonner à la méditation.
Et parmi toutes les pratiques, je dirais que la plus importante, c'est de voir l'égalité entre vous-même et quelqu'un d'autre.
Quand vous voyez quelqu'un, de le voir comme vous-même, quelqu'un qui veut le bonheur, et de voir comment se déroule la relation dans un couple, et cetera.
C'est de la compassion, un point-clé dans le bouddhisme.
En tant que bouddhiste, ne pas nuire aux autres, c'est le premier point.
Et puis, avec ce genre de méditation sur l'égalité avec les autres, si vous le faites tous les jours, peu importe la durée, il y aura une amélioration.
Personne dans ce monde n'est négatif, tout le monde a cette nature positive.

-Merci infiniment, Votre Eminence, de nous avoir accompagnés.

-Thank you very much.

-Nous vous proposons deux ouvrages.
Celui de notre invité, "La Retraite de l'esprit", aux éditions Marabout, traduit par Louise Henri.
Un livre qui nous aide, à travers des conseils et des exercices, à calmer notre esprit.
Puis "Les Merveilles du gourou" de Sa Sainteté Gyalwang Drukpa.
Partant de ce qu'il appelle "le gourou extérieur", Sa Sainteté nous fait cheminer jusqu'à l'éveil lui-même, nous démontrant combien la vie nous sert de maître si nous écoutons ses messages.
Je vous signale, par ailleurs, la sortie du DVD du dialogue entre Sa Sainteté et le philosophe des religions Frédéric Lenoir, sur le thème : ‘‘Quelle sagesse pour aujourd’hui ? ’’.

Vous pouvez revoir cette émission pendant toute une semaine sur le site Internet de France 2 en consultant pluzz.fr
Merci à tous de votre fidélité.
Très belle journée, à la semaine prochaine.


Une transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/reader/463827/sagesses-bouddhistes.html




AUTRES INFORMATIONS :

Son éminence Gyalwa Dokhampa :
- son site sur Internet : https://gyalwadokhampa.org/
- sur Facebook : https://www.facebook.com/Gyalwa.Dokhampa.Khamtrul

 

Lu au lien : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/rencontre-avec-son-eminence-gyalwa-dokhampa-2-2.html

Livres :

- La retraite de l’esprit
Gyalwa Dolhampa
Éditions : Editions MARABOUT
Comment faire pour apporter un peu de paix et d’équilibre dans nos vies trépidantes.
Notre esprit court, court, court !
Il saute d’un moment de stress à une plage d’ennui, d’un accès de colère à un fou rire.
Face à toutes ces turbulences de l’esprit, qui nous écrasent si souvent, Gyalwa Dokhampa, nous montre comment l’apprivoiser, le calmer, le rassurer.
Un jeune maître tibétain nous offre ses conseils avisés.
À ne pas manquer

-Les merveilles du gourou
Gyalwang Drukpa
Editions : Editions Claire Lumière
Partant de ce qu’il appelle le « gourou extérieur », il nous fait cheminer jusqu’au gourou secret, l’Eveil lui-même, nous faisant comprendre combien la vie entière nous sert de maître si nous écoutons ses messages.

-La Méditation du dragon
Gyalwang Drukpa
Editions : Editions Claire Lumière
Dans la méditation du Dragon, Sa Sainteté aborde le cœur du sujet : la découverte de la vérité au-delà des apparences.
Quels outils pour cette découverte ?
La compréhension, la méditation, ainsi que le jeu mystérieux et intime de la dévotion s’unissant à la bénédiction.
Le lecteur engagé dans la pratique du bouddhisme, ou simplement celui qui cherche à comprendre, trouvera là, sans aucun doute, une source d’inspiration à laquelle il s’abreuvera pendant longtemps.

 

Apaiser son esprit
dans un monde agité (1/2)

 

LA VIDÉO DE L'ÉMISSION - PRÉSENTATION - TRANSCRIPTION ÉCRITE - AUTRES INFORMATIONS

Dimanche 4 mai 2014 - France 2 à 8h30

Apaiser son esprit dans un monde agité (1/2)

Rencontre avec son Éminence Gyalwa Dokhampa

Photo de Maurice Gaultier.
Photo de l'album de Facebook

LA VIDÉO DE L'ÉMISSION :

Revoir sur Youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=sQam5TN_1qA (14'55)

Revoir en replay (6 jours) :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes_,101563020.html (14'55)



PRÉSENTATION :

Gyalwa Dokhampa, jeune et charismatique maître bouddhiste de la lignée Drukpa, représente un bouddhisme jeune, dynamique et conscient de la pression du monde moderne.

- A. Tempier: "Sagesses Bouddhistes" accueille Son Éminence Gyalwa Dokhampa, pour aborder la nature et le fonctionnement de l'Esprit.

Invité : son Éminence Gyalwa Dokhampa
Émission présentée par : Aurélie Godefroy

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

-Bonjour à toutes et à tous, merci de nous retrouver dans "Sagesses bouddhistes".
Nous accueillons Son Eminence Gyalwa Dokhampa pour deux émissions consacrées à la manière de calmer notre esprit, une chose peu évidente dans le monde actuel.
Qu'entend-on par "esprit agité" et "esprit apaisé" ?
Quelles sont leurs caractéristiques et de quelle manière fonctionne notre esprit ?
Nous en parlons avec notre invité. Bonjour.

-Thank you.

-Merci d'être là.
Vous êtes le Gyalwa Dokhampa, plus connu comme Khamtrul Rinpoche.
Vous êtes né au sein de la famille du 12ème Gyalwang Drukpa, chef spirituel de la lignée Drukpa.
Alors, pourriez-vous nous présenter cette lignée ?

-Tout d'abord, merci de cette opportunité.
La lignée Drukpa est ancienne, de plus de mille ans.
Elle vient de l'inde et s'est établie au Tibet.
Son fondateur, Tsangpa Gyaré, vit 9 dragons dans le ciel et il nomma sa lignée "la lignée du dragon". Dans cette lignée du Tibet, passant ensuite au Bhoutan, puis dans d'autres régions, tellesque le Ladakh et dans l'Himalaya.
Les points essentiels, c'est de pratiquer.
L'accent est mis sur la pratique.
La méditation et aussi l'engagement dans la vie.
Que la vie soit une pratique, ça, c'est notre message essentiel.

-Afin de mieux faire votre connaissance, dites-nous quelques mots de votre formation.

-Je fus reconnu par Sa Sainteté le Dalaï Lama et Sa Sainteté le Gyalwang Drukpa, quand j'avais 2 ans.
À 5 ans, on m'a conduit au monastère et j'ai été formé dans les pratiques habituelles: le langage, les visualisations.
Quand j'ai eu une vingtaine d'années, je suis allé au royaume du Bhoutan, à l'université de Tango, et là, on étudie 9 années pour obtenir un doctorat en philosophie bouddhiste.
Et ensuite, j'ai pratiqué les méditations plus approfondies du Vajrayana.
Franchement, jusqu'au moment où vous devenez bouddha, vous êtes en formation.

-Vous tenez beaucoup à cette tradition du bouddhisme tibétain.
Mais vous tenez également à y insuffler un souffle moderne, notamment en Occident.
Pourquoi cela vous tient tant à cœur dans la transmission de vos enseignements ?

-En fait, plus récemment, mon maître, donnait un enseignement à New York, il disait qu'il n'aimait pas trop l'idée de la paix si cela veut juste dire : "Rester assis sans rien faire."
Cette paix-là est un peu inutile.
La paix doit être celle de l'esprit, dans un premier temps.
À travers la méditation, le développement de la compassion.
Mais une fois que le développement de la compassion est advenu, il faut voir que tout, dans le monde, est en interdépendance.
Quand vous avez cette compréhension, vous devez quitter votre siège de méditation et utiliser votre sagesse, qui est venue de la compassion. 
Ça permet d'influer sur le monde. Tous les êtres sont nos propres parents. 
Dans ce monde, tout est interdépendant.
Donc ce qui affecte l'Asie nous touche ici. 
En particulier, dans cette époque, au 21ème siècle. 
Et dans la lignée Drukpa, on met surtout l'accent sur l'amour, mais avec l'action.
La méditation appliquée dans une action. 
C'est pourquoi on fait ces pèlerinages à pied, parfois, plus de 45 jours. 
Des centaines de moines, de nonnes, beaucoup de gens de l'étranger, de France, pour collecter les plastiques, les bouteilles vides, etc., et pour enseigner en même temps aux gens de ces régions leur importance, leur fonction dans ce monde.
L'Himalaya est la source de l'eau pour beaucoup de monde.
Dans notre monde, il faut leur dire combien c'est important pour eux de prendre soin de leur environnement car, en en prenant soin, ils mettent en œuvre la compassion de l'enseignement bouddhiste, c'est-à-dire l'action.
En tant que bouddhiste, quand on pratique la compassion, on se rend compte qu'on doit aller vers le monde et faire en sorte que ça amène une différence.

-Revenons à notre thème. Vous avez publié: "La retraite de l'esprit, trouver le calme dans un monde agité".
Qu'est-ce que vous-même, vous définissez comme "esprit agité" ?
Quelles sont ses caractéristiques ?

-D'une certaine manière, c'est facile de comprendre ce qu'est un esprit agité. 
Nous avons tous un esprit agité, mais d'une manière générale, je dirais qu'un esprit agité vient du fait que nous ne donnons pas assez d'importance, nous ne comprenons pas combien notre esprit est important.
Par exemple, on prend soin de notre corps.
On fait des exercices, on suit des diètes.
On va se promener, on fait toutes sortes de choses pour notre corps.
Mais que fait-on pour prendre soin de notre esprit ? 
Fait-on le nécessaire pour que notre esprit soit paisible ?
Ne pas s'énerver, tout ça.
On ne met pas l'accent là-dessus. 
Mais quand on dit: "Je suis content de boire un café", on est en train de dire que l'esprit est heureux.
Si on n'est pas heureux, peu importe la quantité de café que vous boirez.
L'esprit est important pour tout.
Quand on expérimente le bonheur, la tristesse, la réussite, l'échec, tout, dans notre vie, peut être ramené à cet esprit.
C'est pourquoi différentes personnes ont différentes expériences, de bonheur, de souffrance, etc. Quand on laisse de côté l'importance de notre esprit, finalement, quand il est en colère, qu'il fait des choses négatives, qu'on ne fait rien habituellement là-dessus, petit à petit, on s'aperçoit que l'esprit peut être formé positivement ou négativement.
De cette manière, la jalousie ou les autres émotions deviennent comme une seconde nature.
Mais ça n'est pas le cas.
Tout ce qui nous énerve fait qu'on n'est pas heureux, mais on ne sait pas pourquoi ça arrive.
On pense que telle personne ou tel travail, ou le fait d'être à Paris, va me rendre heureux.
Mais tout le monde devrait être heureux à Paris, mais ce n'est pas dans un lieu, ce n'est pas dans notre personne, c'est ce qui doit venir de la personne.
Et quand on ne comprend pas ça, l'esprit est agité.

-Alors, qu'en est-il plus précisément du fonctionnement de notre esprit ?
Le problème, n'est-ce pas sa vision dualiste, qui est assez générale ?

-Oui, du point de vue des enseignements du Bouddha...
Mais en fait, je dirais que ce n'est pas simplement vrai pour les bouddhistes, car ces enseignements ne sont pas au sujet d'une religion, mais c'est la recherche et la réalisation de la vérité.
Le Bouddha a enseigné que la nature de notre esprit est claire, vide, positive.
L'esprit en soi n'est pas colérique.
On parle de la nature de l'esprit.
Mais comme on ne reconnait pas cette nature de l'esprit, alors nous avons des concepts dualistes. Les notions de bien, de mal, de bonheur, malheur, réussite, échec, et ainsi de suite.
C'est pourquoi différentes sociétés ont des notions différentes du concept du succès ou de la richesse.
Ce qu'on considère comme le bonheur en Occident est différent en Asie, mais toutes ces notions, on ne les comprend jamais comme étant des créations de notre esprit égoïste, mais on pense qu'elles existent en tant que telles.
Donc on ne reconnaît pas cette nature brillante, claire, vide de notre esprit et les pensées dualistes surgissent.
Elles disent : "Moi, les autres, le bien, le mal."
Donc, on cherche qui va être bien.
On ne veut pas ce qui est laid, ce qui est douloureux.
Pour nous, la douleur n'est pas une création de l'esprit, la souffrance nous paraît réelle.
Quand les concepts deviennent si réels, alors, la souffrance devient réelle.
Et ce n'est pas très logique.
Quelle est votre idée du bonheur aujourd'hui ou quelqu'un qui vous rend aujourd'hui heureux ? Peut-être qu'il ne vous rendra pas heureux demain.
Donc, je pense que c'est cette compréhension de l'esprit qui doit être menée à bien.
De voir comment notre monde est un monde de l'esprit conceptuel.

-Nous arrivons à la fin de cette première émission avec vous.
Pouvez-vous nous dire pourquoi, dans votre livre, vous nous dites qu'il est difficile de calmer notre esprit dans notre époque.
Plus qu'auparavant.
Est-ce parce qu'il est plus sollicité ?

-Je pense que dans la génération actuelle... 
Je pense qu'on peut dire, peut-être que ça tient à la stratégie commerciale... 
Il y a beaucoup d'influences très puissantes qui vont perturber notre esprit.
Par exemple, vous portez des vêtements qui sont à la mode, mais vous voyez dans un magazine que ce n'est plus à la mode.
Donc, vous pensez que vous devez vous mettre à la mode.
Beaucoup de choses dans notre éducation, nous donnent l'idée que pour que l'on soit heureux, on a besoin d'être miss France ou monsieur France, s'il existe.
On doit tous être très riches, très bien habillés, etc.
Et on nous dit que c'est de cette manière-là que vous allez être heureux.
Mais en vérité, si le bonheur venait simplement d'être élégant ou d'être riche, alors, ce serait une très mauvaise nouvelle.
Car la majorité des gens né vont pas être élégants comme des superstars ou ne deviendront pas riches.
Donc, qu'est-ce que ça veut dire pour eux ?
Si on met trop l'accent sur le bonheur matériel, cela rend la vie moderne plus difficile pour la spiritualité.

-Merci pour toutes ces explications.
Nous vous retrouvons la semaine prochaine pour la suite de cette émission.

-Merci.

-Voici quelques ouvrages que nous vous proposons.
Tout d'abord, le livre de notre invité: "La retraite de l'esprit" aux éditions Marabout, traduit par Louise Henri.
Un livre complet qui nous aide à calmer notre esprit.
"La puissance de l'amour", de Sa Sainteté Gyalwang Drukpa.
Et enfin "Tibet sacré", de Philip Rawson, chez Dervy

Vous pouvez revoir notre émission sur le site Internet de France 2, sur Pluzz.fr.
Merci à tous de votre fidélité.
À la semaine prochaine pour la suite de cet entretien.

 

 

FIN

Une transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/459976/1/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses+bouddhistes



AUTRE INFORMATION :

Son éminence Gyalwa Dokhampa :
- son site sur Internet : https://gyalwadokhampa.org/
- sur Facebook : https://www.facebook.com/Gyalwa.Dokhampa.Khamtrul

 

Lu au lien : http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/rencontre-avec-son-eminence-gyalwa-dokhampa.html

Livres :

- La retraite de l’esprit
Gyalwa Dolhampa
Éditions : Editions MARABOUT
Comment faire pour apporter un peu de paix et d’équilibre dans nos vies trépidantes.
Notre esprit court, court, court !
Il saute d’un moment de stress à une plage d’ennui, d’un accès de colère à un fou rire.
Face à toutes ces turbulences de l’esprit, qui nous écrasent si souvent, Gyalwa Dokhampa, nous montre comment l’apprivoiser, le calmer, le rassurer.
Un jeune maître tibétain nous offre ses conseils avisés.
À ne pas manquer

- La Puissance de l’Amour
Gyalwang Drukpa
Editions : Editions Claire Lumière
Sa Sainteté nous explique l’importance et le pouvoir de la compassion et du partage, afin d’atteindre le Bonheur ; le tout sur le ton moderne et vivifiant qui lui est propre, afin de mieux transmettre la sagesse du bouddhisme tibétain.

- Tibet Sacré
Philip Rawson
Editions : Editions Dervy
L’art et la culture du Tibet forment un ensemble unique dans l’histoire du monde, ce livre nous offre de façon magistrale, une puissante rétrospective du bouddhisme tibétain, de l’art ainsi que des coutumes ancestrales l’entourant et se mariant avec lui. A ne pas manquer

 

Les chants de réalisation des Maîtres
de la lignée Shangpa

Dimanche 27 avril 2014 - France 2 à 8h30

Les chants de réalisation des Maîtres de la lignée Shangpa

Une approche originale de la lignée Shangpa, du bouddhisme tibétain, au travers des chants de réalisation de grands Maîtres.


Photo de l'album de Facebook


Revoir sur Youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=l90qQvK7FO8 (14'40)

Revoir en replay (6 jours) :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes_,101157998.html (14'44)



RÉSUMÉ :

Sagesses Bouddhistes nous propose de découvrir la lignée shangpa, du bouddhisme tibétain, au travers des « chants de réalisation » des grands maîtres de cette lignée.
En effet, depuis son fondateur Khyoungpo Neljor jusqu’aux grands maîtres contemporains dont Kalou Rimpoché et Bokar Rimpoché, ils ont tous su inscrire dans la beauté des mots, toute la profondeur de leur réalisation.

Invité : Lama Denis Phuntsok
Émission présentée par : Aurélie Godefroy

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

AURÉLIE GODEFROY :-Bonjour à toutes, bonjour à tous !
Merci de votre présence.
Nous vous retrouvons avec grand bonheur pour évoquer les chants de réalisation des Maîtres de la lignée Shangpa.
Exprimer sa réalisation par des chants est une longue tradition du bouddhisme tibétain, du fondateur Khyoungpo Neljor aux grands Maîtres contemporains, Kalou Rinpoché ou Bokar Rinpoché.
Tous ont inscrit dans la beauté des mots l'étendue de leur compréhension et la profondeur de leur réalisation.
Quelles sont  plus précisément les caractéristiques de ces chants ?
D'où viennent-ils ?
Et quelle est la particularité des chants de la lignée Shangpa ?
Nous allons voir ça avec notre invité.
Bonjour Lama Phuntsok.

LAMA DENIS PHUNTSOK :-Bonjour.

AURÉLIE GODEFROY :-Vous pratiquez le bouddhisme tibétain depuis 23 ans.
Vous avez fait la retraite de 3 ans au centre Palden Shangpa à La Boulaye, que vous gérez en partie.
Ce centre a été fondé par le précédent Kalou Rimpoché et est sous l'autorité spirituelle du jeune Kalou Rimpoché.
Merci d'être avec nous.

LAMA DENIS PHUNTSOK :-Je vous en prie.

AURÉLIE GODEFROY :-Pour commencer, pourriez-vous nous dire ce qu'on qualifie de "chants" dans le bouddhisme tibétain, qui en sont très caractéristiques.

LAMA DENIS PHUNTSOK :-Les chants sont un genre littéraire d'inspiration indienne.
Ils sont utilisés par les Maîtres pour véhiculer l'enseignement,
Pour transmettre leur réalisation, leurs expériences spirituelles.
Ces chants ont été introduits, ou plutôt ont été mis à l'honneur lors de la deuxième introduction du bouddhisme au Tibet, au 11e siècle, à peu près.
Ces chants ont été beaucoup utilisés par différents maîtres.
C'est surtout Milarépa qui a donné ses lettres de noblesse à ce genre littéraire.
Il utilisait beaucoup les chants pour enseigner.
Pour lui, c'était une façon plus vivante et divertissante de transmettre l'enseignement.
Ces chants ont été utilisés par tous les maîtres qui ont succédé.
L'origine de ces chants remonte aux Mahasiddhas.

AURÉLIE GODEFROY :-Qui sont-ils ?

LAMA DENIS PHUNTSOK :-Les Mahasiddhas sont des Maîtres réalisés de l'Inde ancienne.
Ils sont apparus entre le 7ème et le 12ème siècle.
Le plus célèbre d'entre eux, Saraha, a fait beaucoup de chants, des dohas.
Les Maîtres tibétains ont repris cette tradition.
Padmasambhava a aussi fait des chants, Vairocana aussi, plutôt mêlés à la culture populaire, pour introduire le bouddhisme.
Ensuite, les Maîtres comme Milarépa ou Shabkar, que nous connaissons, ont utilisé ces chants pour diverses raisons.
Non seulement pour enseigner, mais aussi donner des conseils d'ordre pratique et de bon sens.
Ils ont aussi utilisé ces chants pour chanter la nature.
Il y a de nombreux styles de chants.

AURÉLIE GODEFROY :-Effectivement! Il y en a différentes sortes.

LAMA DENIS PHUNTSOK :-Oui.

AURÉLIE GODEFROY :-On va s'arrêter aujourd'hui sur les chants de la lignée Shangpa.
Quelle est son histoire ?

LAMA DENIS PHUNTSOK :-La lignée Shangpa fait partie des lignées introduites lors de la deuxième introduction du bouddhisme au Tibet, au 11e siècle.
A l'origine de la lignée Shangpa, il y a Khyoungpo Neljor, qui est un érudit tibétain, qui a fait à peu près 7 voyages en Inde et a eu 150 Maîtres.
Parmi ceux-ci, on en retient quatre, dont deux ont été particulièrement marquants pour la trajectoire spirituelle de Khyoungpo Neljor.
Il s'agit de deux femmes, Niguma et Sukhasiddhi. 
Il a reçu les enseignements de ces deux éminentes femmes, qui étaient des êtres éveillés.
Il les a ramenées au Tibet et s'est installé dans la région de Shang, d'où le nom de la lignée Shangpa. 
Niguma, qui a été la principale instigatrice de ces enseignements, a demandé à Khyoungpo
Neljor de ne les transmettre qu'à un disciple, pendant sept générations.
Khyoungpo Neljor a transmis ces enseignements à Mochokpa.
Celui-ci les a transmis à Sangye Nyentonpa, qui les a transmis à Sangye Tonpa.
Ça s'est diffusé ensuite.
Cette lignée est caractéristique car il n'y a pas eu d'institution.
Les Maîtres de cette lignée ont pratiqué secrètement, en dehors de toute institution.
Cette lignée Shangpa a séduit, si bien que ces enseignements se sont propagés dans toutes les traditions tibétaines.
Cette lignée se caractérise par les cinq enseignements d'or.
Ils se présentent sous la forme d'une métaphore.
La métaphore d'un arbre.
Les racines sont les doctrines de Nigouma, le tronc est le mahamudra, les branches sont les trois intégrations, les fleurs sont les dames célestes rouge et blanche, les fruits sont l'immortalité.

AURÉLIE GODEFROY :-Revenons aux chants de la lignée Shangpa, qui sont aussi caractéristiques.
Dites-nous en quoi .
 
LAMA DENIS PHUNTSOK :-Ces chants de la lignée Shangpa sont différents des chants de Milarépa ou de Shapkar, où ils répondent aux questions des disciples, ou bien parlent de la beauté de la nature, et donnent aussi des enseignements.
En réunissant ces chants de la lignée Shangpa, Jamgon Kongtrul, au 19ème siècle, a choisi uniquement les chants d'enseignement et de réalisation, qu'on appelle techniquement "namo guru", les chants de réalisation
Ces chants ont une structure métrique plus courte.
D'habitude, les chants sont composés, le plus souvent, de sept, huit, voire neuf pieds.
Ceux-là sont plus courts et traitent uniquement de l'expérience intérieure.

AURÉLIE GODEFROY :-Vous avez choisi des extraits.
Le premier est le chant de Rahula.

LAMA DENIS PHUNTSOK :-Oui, c'est ça.
Le premier extrait est le chant de Rahula, un des Maîtres des Khyougpo Neljor.
On dit qu'il a effectué des prodiges. Il a voyagé.
D'Inde, il s'est rendu au Tibet. 
Il est parti à l'aube et arrivé au Tibet au lever du soleil. C'est ce qu'on dit.
Il a été un Maître de KhyoungpoNeljor.
Voilà ce qu'il dit dans son chant.
"La racine de la souffrance est la saisie de moi. Renoncez donc à la colère et au désir arbitraire, et laissez l'esprit reposer dans l'égalité. La vie est transitoire mais ne s'achève pas avec la mort. On renaît. Conformez-vous à la loi des causes et des effets, respectez vos engagements tantriques."

AURÉLIE GODEFROY :-On trouve beaucoup de thèmes principaux du bouddhisme.

LAMA DENIS PHUNTSOK :-Oui, c'est exact.
Notamment la saisie de l'ego qui est la racine de notre souffrance.
Il en est aussi question dans Les Quatre Nobles Vérités.
Elles voient dans les causes de la souffrance le karma et les émotions négatives, dont la racine est la saisie de l'ego.
Ce chant l'évoque bien.

AURÉLIE GODEFROY :-Vous avez aussi choisi de nous parler du chant de Mochokpa Rinchen Tsondru qui évoque davantage la transmission de maître à disciple, entre autres.

LAMA DENIS PHUNTSOK :-Il parle surtout de l'amour qui est l'antidote à la colère.
Voici ce qu'il dit :
"Tu as versé l'eau fraîche sur le grand brasier de la colère. Excellent ! O yogi! Le désir et la colère sont les racines du cycle des existences et de sa transcendance. Diminue tes attachements, ô yogi !"

AURÉLIE GODEFROY :-On retrouve ici aussi la saisie de l'ego, cette transformation qui permet de se libérer de la colère et de l'attachement.

LAMA DENIS PHUNTSOK :-Tout à fait.

AURÉLIE GODEFROY :-Terminons avec un dernier chant de Kalou Rimpoché.

LAMA DENIS PHUNTSOK :-C'est un extrait.
Cet extrait d'un chant de Kalou Rimpoché dit ceci :
"Maître Racine, incomparablement bon, corps qui unit tous les vainqueurs et leurs enfants, les trois temps, illustre guide des êtres, moi-même et autrui, du fond du cœur, nous vous prions. Que, par votre grâce, j'apprenne l'amour, la compassion et l'esprit d'éveil. Je vois le visage de l'éveil non né dans ma nature fondamentale."

AURÉLIE GODEFROY :-Kalou Rimpoché était un grand Maître.
Pourriez-vous nous rappeler l'importance qu'il a pu avoir, notamment en Occident, au niveau de son action ?

LAMA DENIS PHUNTSOK :-Son action a été de transmettre le bouddhisme et de favoriser l'instauration du bouddhisme en Occident.
Le premier voyage de Kalou Rimpoché a été en 1971.
Il s'est rendu sur les Lieux saints, au mur des Lamentations, et vers le pape Paul VI à l'époque.
Il a ensuite été à Vancouver, au Canada, où il a créé le premier centre en 1972.
Lors de son deuxième voyage en 1974, à Vancouver, il a donné les initiations de la lignée Shangpa. C'est lors de son troisième voyage en 1976 qu'il a créé le premier centre de retraite en dehors de l'Inde et du Tibet, en Bourgogne, au centre Palden Shangpa, La Boulaye.
À sa mort, il avait créé plus de 60 centres à travers le monde.
Kalou Rimpoché a été le personnage central pour l'établissement du bouddhisme en Occident, avec d'autres.
Tout le monde s'accorde à dire qu'il a été très important, en France en particulier.

AURÉLIE GODEFROY :-D'accord. C'est un flambeau que reprend très bien l'actuel Kalou Rimpoché.

- LAMA DENIS PHUNTSOK :-Sa réincarnation, sa renaissance, le Kalou Rimpoché actuel, reprend le flambeau.
En 1983, Kalou Rimpoché avait initié les meunlams à Bodhgaya.

AURÉLIE GODEFROY :-De quoi s'agit-il ?

LAMA DENIS PHUNTSOK :-C'est l'occasion pour les pratiquants de se réunir, et de faire des souhaits.
Kalou Rimpoché ne l'a pas inventé, ça se faisait déjà au Tibet.
Mais en 1983, il a instauré ça en Inde, à Bodhgaya.
Il y allait avec les moines de son monastère.
Ça a pris beaucoup d'ampleur, depuis.
L'actuel Kalou Rimpoché va maintenant introduire ces meunlams en Occident.
Il a décidé d'organiser les meunlams à son centre principal, en Bourgogne à Palden Shangpa, La Boulaye.

AURÉLIE GODEFROY :-À quelles dates ?

LAMA DENIS PHUNTSOK :-Du 17 au 22 août.
Les meunlams eux-mêmes y seront du 17 au 21.
Et le 22, on va célébrer l'anniversaire de la fondation du centre, qui aura 40 ans.
Centre fondé par Kalou Rimpoché.

AURÉLIE GODEFROY :-Merci infiniment d'avoir été avec nous aujourd'hui.

LAMA DENIS PHUNTSOK :-C'est moi qui vous remercie.

AURÉLIE GODEFROY :-Voici deux ouvrages pour aller plus loin de la série Tsadra chez ClaireLumière.
. "Les chants de l'immortalité, chants de réalisation des maîtres de la lignée Shangpa", rassemblés par Jamgon Kongtrul, maître tibétain du 19e siècle, pour comprendre ces maîtres poètes et le cheminement de leur lignée grâce aux notices biographiques présentes.
. "L'Ondée de sagesse, chants de la lignée Kagyu", un recueil des chants rédigés par les fondateurs de cette lignée, comme Marpa, Gampopa et Milarépa.
Chaque chant est précédé d'une introduction et d'une biographie des Maîtres.
Nous vous conseillons enfin le dernier numéro de "Regard bouddhiste", avec une interview du Gyalwa Dokhampa, qui sera notre invité au mois de mai prochain.

C'est la fin de notre émission, vous pouvez la revoir pendant une semaine sur le site Internet de France 2, en consultant pluzz.fr
Merci de votre fidélité.
Nous vous retrouverons avec grand plaisir la semaine prochaine.

 

FIN

Une transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/reader/455774/sagesses-bouddhistes.html ou
http://telescoop.tv/browse/455774/sagesses-bouddhistes.html




 

Comment concilier l'estime de soi et le non-soi ?
avec Lama Puntso

Dimanche 20 avril 2014 - France 2 à 8h30

Comment conciler l'estime de soi et le non-soi ?

Les notions d'estime de soi et de non-soi peuvent paraître tout à fait contradictoires.
Comment les expliquer, les développer, les relier et en tirer tout avantage pour avancer sur le chemin spirituel que l'on choisit de suivre ?

Photo : Comment concilier l'estime de soi et le non-soi ?  avec Lama Puntso  Dimanche 20 avril 2014 - France 2  Vidéo et transcription écrite : http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html    Les notions d'estime de soi et de non-soi peuvent paraître tout à fait contradictoires.   Comment les expliquer, les développer, les relier et en tirer tout avantage pour avancer sur le chemin spirituel que l'on choisit de suivre ?     Revoir sur Youtube :  https://www.youtube.com/watch?v=Th_lQknoCIs (14'39)    TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :     AURÉLIE GODEFROY :-Bonjour à tous et merci de votre fidélité.   Nous sommes heureux de vous retrouver pour une nouvelle émission que nous consacrons ce matin à une proposition apparemment difficile à réaliser : concilier estime de soi et non-soi.   Ces deux notions ont longtemps souffert de malentendus.   De quelle manière l'estime de soi se construit-elle et en quoi permet-elle d'avancer sur le chemin spirituel et de dépasser notre fonctionnement égocentré ?   Nous en parlons ce matin avec Lama Puntso.   Lama Puntso, Bonjour.     LAMA PUNTSO :-Bonjour.    AURÉLIE GODEFROY :-Vous pratiquez le bouddhisme depuis une trentaine d’années.   A Bordeaux, vous vous occupez du centre Dhagpo-Bordeaux, un centre d'études et de méditation.   Et vous vous occupez aussi de l'Atelier des Savoirs.    LAMA PUNTSO :-C'est un espace de réflexion multidisciplinaire où, à partir des enseignements d'inspiration bouddhiste, on essaie de clarifier des problématiques d'aujourd'hui, comme le deuil, l'accompagnement, l'éducation, dans une certaine mesure.   On essaie d'y voir plus clair dans des questionnements de société.    AURÉLIE GODEFROY :-Pour revenir au thème de cette émission, commençons par définir précisément ce qu'on entend par 'ego'.   On mélange souvent le point de vue psychologique et le point de vue bouddhiste.   Comment est-ce que vous définissez l'ego ?    LAMA PUNTSO :-Tout d'abord, je confirme que ce terme, 'ego', a généré beaucoup de confusion.   D'autant plus qu'il y avait, dans l'approche bouddhiste, l'ego et le non-ego, ce qui, sur le versant de la psychanalyse, de la psychothérapie, a vraiment posé question.   Pour répondre simplement, on pourrait dire que l'ego, dans la perspective psychologique, qui est toujours une structure évolutive, mentale, mais on a finalement toujours affaire à une entité.   Alors que dans le bouddhisme, on parle plutôt de l'ego en termes d'activité, une activité continue de l'esprit qui nous amène à avoir un sentiment, une sensation d'être quelque chose de fini, de solide.   Une continuité qui procure un sentiment de familiarité, de connu, me permettant de dire : 'Je suis continuellement moi.'   Or, en y regardant de plus près, il n'y a pas là une entité, quelque chose de solide, mais une activité sans cesse renouvelée.   Donc, il y a entre les deux approches une réelle différence.  Ce qui permet la complémentarité.   Mais l'ego, dans le bouddhisme, désigne une activité sans cesse renouvelée, et non une entité, une substance.   Nous sommes plus process que matière.    AURÉLIE GODEFROY :-Parler de 'soi' et d''ego' revient-il à dire la même chose ?    LAMA PUNTSO :-Il y a différents termes, dans le bouddhisme.   Quand on dit 'le je', 'le soi', 'l'ego', 'le moi', on fait référence à la même chose : cette identification d'un ensemble d'éléments que l'on cristallise.    AURÉLIE GODEFROY :-Et qu'entend-on par 'non-soi' ?    LAMA PUNTSO :-Pour bien comprendre le soi...   Permettez-moi de développer un peu plus comment fonctionne le soi.   Comme on a dit, c'est une activité d'identification à quoi ?   D'abord, bien sûr, au corps, qui est la base de notre expérience.   Ensuite, comme ici, dans ce lieu, sur la base de mon corps, j'ai diverses sensations, visuelles, auditives, etc., qui vont me donner des données me permettant de faire de l'information, car je vais identifier ce qui se passe.   Cela fait, les différents états d'esprits vont subjectiviser mon expérience, différentes émotions ou autres.   Et la conscience va me dire: ''Ça, c'est réellement existant.' Donc, plutôt que de dire 'ego', on devrait dire: 'un mode de connaissance centré sur cette identification.'   Et quand on parle du 'non-ego'...    AURÉLIE GODEFROY :-Donc, du 'non-soi'.    LAMA PUNTSO :-Oui.   Il ne s'agit pas de détruire quelque chose, mais de changer de mode de connaissance.   De passer d'un mode égocentré à un mode de connaissance qui n'est plus cristallisant.    AURÉLIE GODEFROY :-Qu'est-ce qu’on entend par 'estime de soi' ?   Là aussi, c’est un terme qui peut prêter à confusion.    LAMA PUNTSO :-Oui. Alors...   Il y a eu, parmi les diverses incompréhensions du bouddhisme en Occident...   Heureusement, ça va de mieux en mieux, on clarifie les notions.   Parmi les incompréhensions, il y avait l'idée que, puisqu'il faut réaliser ce non-soi, le soi devient l'ennemi.   Or les enseignements du Bouddha ne disent pas ça.   Ils nous invitent à prendre le soi comme base pour, peu à peu, dépasser ce soi et changer de mode de connaissance.   Pour ce faire, il faut des qualités.   Et l'estime de soi, aussi paradoxal que ça puisse paraître, l’estime de soi va être une ressource nécessaire pour changer ce mode de connexion, à la fois une bienveillance envers soi-même, en même temps une vision de soi-même et également une confiance en soi, cet ensemble va nous permettre de trouver les ressources qui vont nous permettre de parcourir ce chemin de changement de connaissance.    AURÉLIE GODEFROY :-Mais alors, comment concrètement se construit cette estime de soi si importante pour nous ?    LAMA PUNTSO :-L'estime de soi commence par: se sentir valable.   C’est-à-dire, est-ce que j'ai cette bienveillance envers-moi-même ?   Quelque chose, d'une certaine façon, inconditionnelle.   D’'un côté, j'évalue ce que je suis.   Mais au-delà del’évaluation de la conscience de ce que je suis, il y a cette stabilité intérieure qui me dit : 'Je suis respectable, je suis valable. Je suis au monde et je peux être au monde.'   Ensuite, il y a le 2ème aspect.   Tout ça étant des facettes différentes d'un même sentiment.   Un 2ème aspect qui est la conscience de soi.   'Conscient de mes qualités, de mes défauts. Je sais où j'en suis.'   Mais la vision de soi va un petit peu plus loin.   Elle part du principe que je peux faire face, avec ce que je suis, à la diversité, aux difficultés que je rencontre, et je vais pouvoir y aller.   Et le 3ème aspect c’est la confiance en soi, ça a à voir avec mes capacités, mes compétences.   'Suis-je à même, suis-je capable de faire les choses ?'   Donc, le premier : 'Je suis valable.'   Le deuxième : 'Je suis adaptable.'   Le troisième : 'Je suis capable.'   Si on décline cette approche, quand on voit les maîtres du passé.   Un Milarepa, après avoir détruit son village et tué des êtres, des personnes de son entourage, si on regarde sa réaction, il décide de se transformer, de sortir de ça.   Il a cette bienveillance envers lui-même.   Et il se sent capable de le faire.   Il va à la recherche de son maître, Marpa, et il a une conscience de ses capacités, de ses limites. L'estime de soi est nécessaire pour pouvoir parcourir le chemin.    AURÉLIE GODEFROY :-Pour revenir à la construction de cette estime de soi, quel peut-être le rôle des parents dans l’éducation de leurs enfants ?   Tout se construit dès le plus jeune âge.    LAMA PUNTSO :-C'est essentiel.   Dans le bouddhisme, on n'arrive pas avec des valises vides.   Il y a le karma de chacun.   Mais au-delà du karma, il y a aussi les circonstances que l'on rencontre.   Et là, dans la construction d'un individu, le rôle des parents et des éducateurs en général est essentiel.  Pour que quelqu'un puisse se sentir respectable et avoir cette bienveillance envers lui-même, les parents ont quelque chose à montrer, pas seulement à dire.   De même pour la confiance en soi.   On ne sort pas ses compétences de nulle part : elles nous sont apprises, par l'école et l'entourage.  Nous avons ce potentiel mais il est aussi construit, il est nourri par les personnes qui nous accompagnent depuis la naissance jusqu'au moment où on n'est plus autonomes.    AURÉLIE GODEFROY :-En quoi justement l'estime de soi nous permet-elle d'aller au-delà de notre fonctionnement égocentré ?    LAMA PUNTSO :-Oui...   Tout à fait.   En réalité, le chemin spirituel n'est pas un chemin facile.   On est d'accord là-dessus.   Au-delà de ce qu'on peut entendre sur un bouddhisme facile à vivre, de détente et d'ouverture, il y a un réel travail sur soi-même.   Ce travail sur soi-même demande des ressources.   Et onc, quand nous disions, tout à l'heure: 'On va s'appuyer sur cette notion de soi 'pour dépasser le soi, on va partir d'une connaissance égocentrée pour aller vers un mode de connaissance plus ouvert, moins conditionné', à ce moment, il va falloir développer des états d'esprit qui vont petit à petit nous permettre cette transformation.   On ne passe pas de l'égocentrisme à cette grande ouverture de l'éveil pare qu’on le décide.   Donc ces qualités à développer vont être des qualités intérieures, le respect de son éthique, la considération envers les autres, c’est-à-dire la façon d'entrer en relation avec les autres de façon inspirante, la dimension de compassion.   Développer toutes ces qualités demande cette confiance et cette estime de soi qui vo nous permettre petit à petit d'aller au-delà de ce que je vis maintenant pour y trouver ce mode de connaissance qui n'est plus égocentré.   Alors, concrètement, qu’est-ce que vous pourriez nous conseiller pour y arriver dans notre pratique ?    LAMA PUNTSO :-L'essentiel...   Si on ramène l'enseignement du Bouddha à l'essentiel, cela reste cette dimension de connaissance de soi, d'attention, de vigilance, de présence.   Un entraînement à la présence à soi et aux autres semble être le socle.   N'est-ce pas ?   Et par cette conscience de moi-même, je vais pouvoir, comme on le disait tout à l’heure, développer des qualités et abandonner ce qui cause la confusion, ce qui cause la souffrance.   Le développement de cette qualité de vigilance accompagnée de la bienveillance, de la compassion d’ouverture pour les autres, ce qui demande aussi une stabilité intérieure, va faire que, petit à petit, ça va donner la place à d'autres qualités.  Il y a une notion qui est un peu plus délicate à expliquer, c'est la notion de mérite, qui est vraiment liée à l'enseignement du Bouddha.   C'est cette nécessité de rassembler dans le courant de notre être les actes bénéfiques, vertueux.  Les actes qui vont comme fertiliser l'esprit.   Parce que c'est delà que va pouvoir naître une compréhension, une clarté qui va faire que, petit à petit, je vais passer d'un fonctionnement égocentré, avec cette estime de soi, à un autre fonctionnement, où l'estime de soi n'aura plus beaucoup de sens, parce que le soi n'y sera plus.    AURÉLIE GODEFROY :-En fait, pour conclure, ce que l’on peut dire, c’est que ces deux notions ne sont pas contradictoires.   Estime de soi et non-soi ça marche ensemble.    LAMA PUNTSO :-Pour être précis, l'estime de soi est nécessaire quand on est pris dans le soi.   C'est par l'estime de soi, notamment, que l'on va pouvoir aller vers ce non-soi et ce mode de connaissance non conditionné.    AURÉLIE GODEFROY :-Très bien, je vous remercie infiniment, Lama Puntso.   Pour aller plus loin, voici quelques ouvrages.   'La Foi fondée sur la raison', une approche de la voie du milieu de Sa Sainteté le Dalaï Lama, aux éditions Vajra Yogini.   'Petits Galets sur le chemin', d'A. Duhayon, chez Rabsel.   Et enfin 'Petit Traité de la connaissance de soi', de J. Le Roy, chez Almora.     C’est la fin de notre émission, vous pouvez la revoir pendant une semaine sur le site de France 2, en consultant pluzz.fr   Merci de votre présence, je vous souhaite une très belle journée.  Nous vous retrouvons la semaine prochaine.    FIN    Une transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien :  http://telescoop.tv/browse/450850/sagesses-bouddhistes.html
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Revoir sur Youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=Th_lQknoCIs (14'39)



RÉSUMÉ :

Les notions d'estime de soi et de non-soi peuvent paraître tout à fait contradictoires.
Comment les expliquer, les développer, les relier et en tirer tout avantage pour avancer sur le chemin spirituel que l'on choisit de suivre ?

Invité :  Lama Puntso
Émission présentée par : Aurélie Godefroy

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

AURÉLIE GODEFROY :-Bonjour à tous et merci de votre fidélité.
Nous sommes heureux de vous retrouver pour une nouvelle émission que nous consacrons ce matin à une proposition apparemment difficile à réaliser : concilier estime de soi et non-soi.
Ces deux notions ont longtemps souffert de malentendus.
De quelle manière l'estime de soi se construit-elle et en quoi permet-elle d'avancer sur le chemin spirituel et de dépasser notre fonctionnement égocentré ?
Nous en parlons ce matin avec Lama Puntso.
Lama Puntso, Bonjour.

LAMA PUNTSO :-Bonjour.

AURÉLIE GODEFROY :-Vous pratiquez le bouddhisme depuis une trentaine d’années.
A Bordeaux, vous vous occupez du centre Dhagpo-Bordeaux, un centre d'études et de méditation.
Et vous vous occupez aussi de l'Atelier des Savoirs.

LAMA PUNTSO :-C'est un espace de réflexion multidisciplinaire où, à partir des enseignements d'inspiration bouddhiste, on essaie de clarifier des problématiques d'aujourd'hui, comme le deuil, l'accompagnement, l'éducation, dans une certaine mesure.
On essaie d'y voir plus clair dans des questionnements de société.

AURÉLIE GODEFROY :-Pour revenir au thème de cette émission, commençons par définir précisément ce qu'on entend par "ego". 
On mélange souvent le point de vue psychologique et le point de vue bouddhiste.
Comment est-ce que vous définissez l'ego ?

LAMA PUNTSO :-Tout d'abord, je confirme que ce terme, "ego", a généré beaucoup de confusion.
D'autant plus qu'il y avait, dans l'approche bouddhiste, l'ego et le non-ego, ce qui, sur le versant de la psychanalyse, de la psychothérapie, a vraiment posé question.
Pour répondre simplement, on pourrait dire que l'ego, dans la perspective psychologique, qui est toujours une structure évolutive, mentale, mais on a finalement toujours affaire à une entité.
Alors que dans le bouddhisme, on parle plutôt de l'ego en termes d'activité, une activité continue de l'esprit qui nous amène à avoir un sentiment, une sensation d'être quelque chose de fini, de solide.
Une continuité qui procure un sentiment de familiarité, de connu, me permettant de dire : "Je suis continuellement moi."
Or, en y regardant de plus près, il n'y a pas là une entité, quelque chose de solide, mais une activité sans cesse renouvelée.
Donc, il y a entre les deux approches une réelle différence.
Ce qui permet la complémentarité.
Mais l'ego, dans le bouddhisme, désigne une activité sans cesse renouvelée, et non une entité, une substance.
Nous sommes plus process que matière.

AURÉLIE GODEFROY :-Parler de "soi" et d"'ego" revient-il à dire la même chose ?

LAMA PUNTSO :-Il y a différents termes, dans le bouddhisme.
Quand on dit "le je", "le soi", "l'ego", "le moi", on fait référence à la même chose : cette identification d'un ensemble d'éléments que l'on cristallise.

AURÉLIE GODEFROY :-Et qu'entend-on par "non-soi" ?

LAMA PUNTSO :-Pour bien comprendre le soi...
Permettez-moi de développer un peu plus comment fonctionne le soi.
Comme on a dit, c'est une activité d'identification à quoi ?
D'abord, bien sûr, au corps, qui est la base de notre expérience. 
Ensuite, comme ici, dans ce lieu, sur la base de mon corps, j'ai diverses sensations, visuelles, auditives, etc., qui vont me donner des données me permettant de faire de l'information, car je vais identifier ce qui se passe.
Cela fait, les différents états d'esprits vont subjectiviser mon expérience, différentes émotions ou autres.
Et la conscience va me dire: "'Ça, c'est réellement existant." Donc, plutôt que de dire "ego", on devrait dire: "un mode de connaissance centré sur cette identification."
Et quand on parle du "non-ego"...

AURÉLIE GODEFROY :-Donc, du "non-soi".

LAMA PUNTSO :-Oui.
Il ne s'agit pas de détruire quelque chose, mais de changer de mode de connaissance.
De passer d'un mode égocentré à un mode de connaissance qui n'est plus cristallisant.

AURÉLIE GODEFROY :-Qu'est-ce qu’on entend par "estime de soi" ?
Là aussi, c’est un terme qui peut prêter à confusion.

LAMA PUNTSO :-Oui. Alors...
Il y a eu, parmi les diverses incompréhensions du bouddhisme en Occident...
Heureusement, ça va de mieux en mieux, on clarifie les notions.
Parmi les incompréhensions, il y avait l'idée que, puisqu'il faut réaliser ce non-soi, le soi devient l'ennemi.
Or les enseignements du Bouddha ne disent pas ça.
Ils nous invitent à prendre le soi comme base pour, peu à peu, dépasser ce soi et changer de mode de connaissance.
Pour ce faire, il faut des qualités.
Et l'estime de soi, aussi paradoxal que ça puisse paraître, l’estime de soi va être une ressource nécessaire pour changer ce mode de connexion, à la fois une bienveillance envers soi-même, en même temps une vision de soi-même et également une confiance en soi, cet ensemble va nous permettre de trouver les ressources qui vont nous permettre de parcourir ce chemin de changement de connaissance.

AURÉLIE GODEFROY :-Mais alors, comment concrètement se construit cette estime de soi si importante pour nous ?

LAMA PUNTSO :-L'estime de soi commence par: se sentir valable. 
C’est-à-dire, est-ce que j'ai cette bienveillance envers-moi-même ?
Quelque chose, d'une certaine façon, inconditionnelle. 
D’'un côté, j'évalue ce que je suis.
Mais au-delà del’évaluation de la conscience de ce que je suis, il y a cette stabilité intérieure qui me dit : "Je suis respectable, je suis valable. Je suis au monde et je peux être au monde."
Ensuite, il y a le 2ème aspect.
Tout ça étant des facettes différentes d'un même sentiment.
Un 2ème aspect qui est la conscience de soi.
"Conscient de mes qualités, de mes défauts. Je sais où j'en suis." 
Mais la vision de soi va un petit peu plus loin.
Elle part du principe que je peux faire face, avec ce que je suis, à la diversité, aux difficultés que je rencontre, et je vais pouvoir y aller. 
Et le 3ème aspect c’est la confiance en soi, ça a à voir avec mes capacités, mes compétences.
"Suis-je à même, suis-je capable de faire les choses ?" 
Donc, le premier : "Je suis valable." 
Le deuxième : "Je suis adaptable." 
Le troisième : "Je suis capable." 
Si on décline cette approche, quand on voit les maîtres du passé.
Un Milarepa, après avoir détruit son village et tué des êtres, des personnes de son entourage, si on regarde sa réaction, il décide de se transformer, de sortir de ça.
Il a cette bienveillance envers lui-même.
Et il se sent capable de le faire.
Il va à la recherche de son maître, Marpa, et il a une conscience de ses capacités, de ses limites. L'estime de soi est nécessaire pour pouvoir parcourir le chemin.

AURÉLIE GODEFROY :-Pour revenir à la construction de cette estime de soi, quel peut-être le rôle des parents dans l’éducation de leurs enfants ?
Tout se construit dès le plus jeune âge.

LAMA PUNTSO :-C'est essentiel.
Dans le bouddhisme, on n'arrive pas avec des valises vides.
Il y a le karma de chacun.
Mais au-delà du karma, il y a aussi les circonstances que l'on rencontre.
Et là, dans la construction d'un individu, le rôle des parents et des éducateurs en général est essentiel.
Pour que quelqu'un puisse se sentir respectable et avoir cette bienveillance envers lui-même, les parents ont quelque chose à montrer, pas seulement à dire.
De même pour la confiance en soi.
On ne sort pas ses compétences de nulle part : elles nous sont apprises, par l'école et l'entourage.
Nous avons ce potentiel mais il est aussi construit, il est nourri par les personnes qui nous accompagnent depuis la naissance jusqu'au moment où on n'est plus autonomes.

AURÉLIE GODEFROY :-En quoi justement l'estime de soi nous permet-elle d'aller au-delà de notre fonctionnement égocentré ?

LAMA PUNTSO :-Oui...
Tout à fait.
En réalité, le chemin spirituel n'est pas un chemin facile. 
On est d'accord là-dessus. 
Au-delà de ce qu'on peut entendre sur un bouddhisme facile à vivre, de détente et d'ouverture, il y a un réel travail sur soi-même. 
Ce travail sur soi-même demande des ressources.
Et onc, quand nous disions, tout à l'heure: "On va s'appuyer sur cette notion de soi "pour dépasser le soi, on va partir d'une connaissance égocentrée pour aller vers un mode de connaissance plus ouvert, moins conditionné", à ce moment, il va falloir développer des états d'esprit qui vont petit à petit nous permettre cette transformation. 
On ne passe pas de l'égocentrisme à cette grande ouverture de l'éveil pare qu’on le décide. 
Donc ces qualités à développer vont être des qualités intérieures, le respect de son éthique, la considération envers les autres, c’est-à-dire la façon d'entrer en relation avec les autres de façon inspirante, la dimension de compassion.
Développer toutes ces qualités demande cette confiance et cette estime de soi qui vo nous permettre petit à petit  d'aller au-delà de ce que je vis maintenant pour y trouver ce mode de connaissance qui n'est plus égocentré.
Alors, concrètement, qu’est-ce que vous pourriez nous conseiller pour y arriver dans notre pratique ?

LAMA PUNTSO :-L'essentiel...
Si on ramène l'enseignement du Bouddha à l'essentiel, cela reste cette dimension de connaissance de soi, d'attention, de vigilance, de présence.
Un entraînement à la présence à soi et aux autres semble être le socle.
N'est-ce pas ?
Et par cette conscience de moi-même, je vais pouvoir, comme on le disait tout à l’heure, développer des qualités et abandonner ce qui cause la confusion, ce qui cause la souffrance.
Le développement de cette qualité de vigilance accompagnée de la bienveillance, de la compassion d’ouverture pour les autres, ce qui demande aussi une stabilité intérieure, va faire que, petit à petit, ça va donner la place à d'autres qualités.
Il y a une notion qui est un peu plus délicate à expliquer, c'est la notion de mérite, qui est vraiment liée à l'enseignement du Bouddha.
C'est cette nécessité de rassembler dans le courant de notre être les actes bénéfiques, vertueux.
Les actes qui vont comme fertiliser l'esprit.
Parce que c'est delà que va pouvoir naître une compréhension, une clarté qui va faire que, petit à petit, je vais passer d'un fonctionnement égocentré, avec cette estime de soi, à un autre fonctionnement, où l'estime de soi n'aura plus beaucoup de sens, parce que le soi n'y sera plus.

AURÉLIE GODEFROY :-En fait, pour conclure, ce que l’on peut dire, c’est que ces deux notions ne sont pas contradictoires.
Estime de soi et non-soi ça marche ensemble.

LAMA PUNTSO :-Pour être précis, l'estime de soi est nécessaire quand on est pris dans le soi.
C'est par l'estime de soi, notamment,  que l'on va pouvoir aller vers ce non-soi et ce mode de connaissance non conditionné.

AURÉLIE GODEFROY :-Très bien, je vous remercie infiniment, Lama Puntso.
Pour aller plus loin, voici quelques ouvrages.
"La Foi fondée sur la raison", une approche de la voie du milieu de Sa Sainteté le Dalaï Lama, aux éditions Vajra Yogini.
"Petits Galets sur le chemin", d'A. Duhayon, chez Rabsel.
Et enfin "Petit Traité de la connaissance de soi", de J. Le Roy, chez Almora.

C’est la fin de notre émission, vous pouvez la revoir pendant une semaine sur le site de France 2, en consultant pluzz.fr
Merci de votre présence, je vous souhaite une très belle journée.
Nous vous retrouvons la semaine prochaine.

FIN

Une transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/450850/sagesses-bouddhistes.html




AUTRES INFORMATIONS :

Lu sur le site de Bouddhisme-France, au lien :
http://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/emissions-sagesses-bouddhistes/article/comment-concilier-l-estime-de-soi-et-le-non-soi.html

 

Livres présentés lors de cette émission


La foi fondée sur la raison, une approche de la Voie du Milieu

Sa Sainteté le 14ème Dalaï-Lama Tenzin Gyatso
Editions : Vajra Yogini Editions
Il s’agit de la transcription des enseignements de Sa Sainteté donnés en 2004 à Toronto, qui présentait les principes fondamentaux du bouddhisme. On y retrouve notamment un chapitre consacré au thème du « non-soi ».

Petits galets sur le chemin
Duhayon Alain
Editions : Editions Rabsel
Dans ce livre, pour tout lecteur, l’auteur propose au travers de différents thèmes, des éléments de réflexion et des outils pour permettre de faire face aux différentes situations de la vie et mieux intégrer une pratique spirituelle au quotidien.

Petit traité de la connaissance de soi
José Le Roy
Editions : Almora Editions
A travers un vaste panorama des philosophies d’Orient et d’Occident, et en s’appuyant sur des textes de maîtres spirituels des principales traditions, José Le Roy nous invite à un voyage au centre de nous-mêmes.

 

Informations complémentaires


Centre Dhagpo Bordeaux, 4 avenue de la République, 33200 Bordeaux
http://www.dhagpo-bordeaux.org/
courriel : dhagpobordeaux@gmail.com

 

La signification et 'importance
des Édits de l'empereur Ashoka
avec Dominique Trotignon

Dimanche 13 avril 2014 - France 2 à 8h30

La signification et l'importance des Édits de l'empereur Ashoka avec Dominique Trotignon

L'empereur Ashoka, qui a régné de 273 à 232 avant l'ère chrétienne, a été le premier souverain maurya
à avoir pu unifier l'Inde et à introduire un code de morale et de discipline très important...


Photo de l'album de Facebook


Revoir sur Youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=xOHVsrELnQE



RÉSUMÉ :

L'empereur Ashoka, qui a régné de 273 à 232 avant l'ère chrétienne, a été le premier souverain maurya à avoir pu unifier l'Inde et à introduire un code de morale et de discipline très important.
Il s'est employé à promulguer son idéal de tolérance et de bonne conduite.
Ces écrits furent gravés dans la pierre, dans les différents dialectes de l'époque, pour que tous les sujets de son empire et bien au-delà, les comprennent et en appliquent les préceptes.

Invité :  Dominique Trotignon
Émission présentée par : Aurélie Godefroy

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

- A. Tempier: "Sagesses Bouddhistes" est consacrée aux Edits de l'Empereur Ashoka.
Il fut le premier à avoir pu unifier l'Inde et introduire un code de morale.

-Bonjour et merci de nous retrouver sur le plateau de "Sagesses Bouddhistes".
Ce matin, l'émission sera consacrée aux édits de l'empereur Ashoka, un empereur indien qui régna au 3e siècle avant notre ère.
Il s'agit de proclamations qui témoignent de la préoccupation du souverain d'expliquer sa politique. Sur quels supports ont-ils été rédigés ?
Quel a été leur rôle ?
C'est ce que je vous propose de voir avec Dominique Trotignon. Bonjour.

-Bonjour.

-Vous pratiquez le bouddhisme dans la tradition Theravada depuis 35 ans et vous êtes le directeur de l'IEB, l'Institut d'études bouddhiques.
Pourriez-vous nous rappeler qui est l'empereur Ashoka ?

-Il est le premier et le seul souverain indien à avoir réuni sous une seule autorité la quasi-intégralité du continent indien.
Après lui, l'empire va s'effondrer.
On retrouvera l'unité du territoire avec la colonisation anglaise.
C'est vraiment un personnage capital et, dans le drapeau indien, les pères fondateurs de la République moderne ont souhaité lui rendre hommage en présentant, au centre du drapeau, un chapiteau d'une colonne d'Ashoka sur lequel un édit fut gravé, en souvenir de ce monarque exceptionnel.

-On dit qu'il y a une grande différence entre ce que l'on dit d'Ashoka dans la légende et les faits historiques.

 -La vérité est du côté des témoignages qu'il nous a laissés.
La tradition bouddhique donne une image très légendaire d'Ashoka.
Elle en fait le parangon du roi bouddhiste, mais un roi qui est soumis aux moines bouddhistes et qui leur obéit en tout.
Les édits d'Ashoka, au contraire, nous le montrent plus autoritaire, plus sûr de sa fonction et qui se montre parfois intrusif dans la communauté bouddhiste.
On a donc deux images presque opposées, entre celle transmise par la légende et celle révélée par ses édits.

 -Comment pourrait-on définir un édit ?
De quoi s'agit-il ?

-Un édit, c'est une proclamation puisque c'est toujours présenté comme les paroles du roi qui déclare.
Ces édits sont répartis sur la quasi-totalité de son territoire.
On en trouve même quelques-uns en 8 exemplaires rédigés parfois dans les langues régionales, de façon à être connus de tous ceux qui sont susceptibles de les lire.
Et grâce à ces inscriptions qui sont gravées pour qu'elles durent, ce roi veut faire comprendre comment il entend commander son royaume et diffuser ce qu'il appelle "la loi", "le dharma".

-Sur quels supports étaient-ils ?

-Sur deux types de supports : des grands rochers, dans la campagne ou à proximité des villes, ou alors des colonnes qui servaient pour honorer un personnage ou un lieu.
Soit des colonnes qu'il a lui-même érigées, soit qui lui étaient préexistantes.
On a une quinzaine d'édits écrits sur des rochers et autant écrits sur des colonnes.

-Quand les a-t-on découverts ?

-Ils ont été découverts au moment de l'occupation coloniale anglaise, aux alentours de 1830, et ça a été un événement historique important car, jusque-là, on ne connaissait Ashoka que par la légende.
Ces édits ont été déchiffrés petit à petit quand on a réussi à comprendre ces différentes écritures, notamment grâce à un édit qui se trouvait placé dans une zone périphérique de l'empire, à proximité des royaumes grecs, parce qu'il est écrit à la fois dans une langue indienne et en grec.
Il y en a même un autre en araméen, la langue du Proche-Orient.
C'est un peu comme la pierre de Rosette, ça a permis de déchiffrer les autres édits dans les multiples langues indiennes.

-Ces édits étaient destinés à l'ensemble de la population.

-Certains sont destinés à toute la population.
D'autres s'adressent à un corps de fonctionnaires créé par Ashoka, qu'il appelle les "surintendants de la loi", et qui sont un peu ses envoyés pour faire appliquer sa loi dans tout son royaume.

-Ces édits avaient deux missions : à la fois montrer l'exemplarité du roi et propager sa loi.
Pouvez-vous nous en dire un mot ?

-A partir du moment où Ashoka se convertit au bouddhisme...
Au départ, c'est un roi qui correspond au prototype du roi indien qui règne par la violence.
Et après un massacre particulièrement énorme lors de la conquête d'une province, le Kalinga, il est pris de remords et il veut devenir un propagateur de la loi bouddhique.
Et ses édits permettent de voir comment il veut instaurer comme une loi générale de gouvernement et, en même temps, comment il cherche à convertir par l'exemple.
Il dit : "La loi peut être diffusée par des lois prescriptives "ou par l'exhortation et l'exemple.
On voit que, dans les faits, ce n'est pas la coercition qui fonctionne, c'est l'exhortation et l'exemple."
Ses édits ont le rôle de montrer : Moi, Ashoka, j'ai fait ceci...
Faites comme moi.
"C'est comme ça qu'on gagne dans ce monde-ci et dans l'autre", dit-il.

-Le mot "dharma" est employé de manière un peu ambiguë dans ses édits.

-Dans la culture indienne, "dharma" sert à tous les courants religieux pour désigner la loi, l'ordre des choses, l'ordre cosmique.
Dans les édits, on ne sait pas si ça concerne le dharma bouddhique ou bien une sorte de principe, d'éthique universelle, quelque chose qui serait le socle commun à toutes les religions et qui devrait être utilisé, mis en œuvre par tous les hommes, quelle que soit leur religion.
Il l'a défini dans plusieurs édits: c'est le respect de tous les êtres vivants, hommes et animaux.
C'est le respect vis-à-vis de ses aînés, ses parents, ses maîtres...
La charité que l'on effectue à tous ceux qui en ont besoin: les ascètes, mais aussi les mendiants, les vieillards...
La tolérance et la magnanimité vis-à-vis des prisonniers, de ceux qui ont fauté...
C'est toute une série d'ordres qu'il présente comme un socle commun à toutes les religions.

-Revenons aux thèmes abordés par ces édits.
De quoi Ashoka nous parle-t-il ?

-Il y a des édits qui sont très personnels.
Par exemple, celui où il évoque la conquête du Kalinga et les remords qu'il a ensuite, en disant :
"J'ai tué des milliers de personnes. Au-delà de ces morts, cette guerre a provoqué la souffrance de tous ceux qui ont été tués. Donc aujourd'hui, je veux régner par la paix."
Quand il va en pèlerinage sur le lieu de naissance du Bouddha, il nous laisse une trace en disant :
"Je suis venu pour honorer le Bouddha et j'ai exempté le village des impôts. "
Certains édits s'adressent à ses fonctionnaires en leur rappelant qu'il considère ses peuples comme ses enfants et que ses surintendants doivent être comme des nourrices.
Les peuples doivent avoir confiance en eux.
Il leur délègue le pouvoir de justice.
Il faut qu'ils travaillent de façon à avoir l'esprit libre pour donner la justice dans de bonnes conditions.
Ils doivent être attentifs aux besoins du peuple, etc.
Et puis il y a des édits beaucoup plus généraux, mais souvent d'exemplarité, où le roi incite son peuple à faire comme lui : à respecter les animaux, à être généreux...

-Deux thèmes reviennent souvent : les animaux et la tolérance religieuse.
Pourriez-vous nous citer un extrait ?

-En ce qui concerne les animaux, on aime cet aspect d'Ashoka, aujourd'hui.
Il faut peut-être le tempérer.
Selon les édits, on se rend compte qu'Ashoka n'est pas un végétarien convaincu, même s'il souhaite que les animaux soient protégés.
Dans un édit, il interdit aux brahmanes de procéder à des sacrifices d'animaux et il dit que, dans sa cuisine, on avait pour habitude de tuer deux paons et une gazelle.
Dorénavant, les paons ne sont plus tués et même la gazelle ne le sera plus.
Et on a dit : "Cet homme ne veut pas qu'on tue des animaux."
Dans un autre édit qui est beaucoup plus développé...
Je peux vous le citer.
"26 ans après mon sacre, j'ai interdit le meurtre de ces animaux..."
Suit une série de 25-30 animaux dont on se rend compte que ce sont tous des animaux sauvages.
"Les chèvres, les brebis ou les truies, "lorsqu'elles sont pleines ou qu'elles allaitent, "ne doivent pas être tuées, ni non plus leurs petits "jusqu'à 6 mois.
Il est défendu de châtrer les coqs, de mettre le feu "aux balles" de grain qui peuvent contenir des êtres vivants.
"Il est défendu de nourrir l'animal avec l'animal."
Après la crise de la vache folle, ça nous parle.
On se rend compte qu'il s'agit de protéger.
Pour les animaux domestiques, il n'interdit pas la consommation, mais il restreint l'abattage.
Il y a d'autres explications : à certaines fêtes, par exemple.
Il va dire aussi, dans plusieurs édits :
"Pour le bien des animaux, j'ai fait en sorte qu'il y ait des abreuvoirs au bord des routes."
Il a fait planter des vergers, des bosquets pour que les animaux puissent avoir de l'ombre.
Il a fait distribuer des plantes médicinales, pour les hommes et pour les animaux.
On voit toute une série de mesures d'accompagnement de soins de la vie, humaine et animale, ce qui est assez extraordinaire pour cette époque.

-Et la tolérance religieuse ?

-C'est un peu aussi une habitude de la royauté indienne que de ne pas privilégier une religion par rapport aux autres.
Ashoka a promulgué un édit qui est très intéressant dans sa formulation.  
Il dit, en gros : lorsque l'on fait la promotion de sa propre religion, on a l'impression de lui faire du bien.
C'est le contraire, on lui fait du mal.
Chacun doit dire du bien autant de sa propre religion que des autres, voire même plus, parce qu'ainsi, on grandit sa propre religion en même temps qu'on rend service aux autres.
Dans l'idéal, il faudrait que tous s'enseignent les uns aux autres pour que ça serve le progrès de tout le monde.

-Pour rester sur cette question de religion, existe-t-il des édits strictement bouddhiques ?

-Il y a quelques édits, assez peu, où le roi s'adresse à la communauté des moines bouddhistes.
Il y en a un où il déclare que si quelqu'un crée un problème au sein de la communauté, il va l'exclure et le rendre à l'état laïc.
Il y en a un autre qui donne des indications sur des textes du canon bouddhique qu'il souhaite que les moines et les laïcs lisent régulièrement.

-Merci beaucoup.

-Je vous en prie.

-Voici quelques ouvrages.
"Les édits de l'empereur Asoka", aux éditions Aquarius.
Vous y retrouverez une analyse critique des sources, ainsi qu'un panorama complet des religions indiennes et de la pensée philosophique de l'époque.
"Les inscriptions d'Asoka", publié aux éditions Belles Lettres.
"Royautés bouddhiques" de Robert Lingat.
Et le numéro 5 des "Cahiers bouddhiques" de l'Institut d'études bouddhiques.

 

FIN

Une transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/445696/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses%20bouddhistes

 

 

Alice project,
une école de la sagesse en Inde
avec Judith Soussans

Dimanche 6 avril 2014 - France 2 de 8h30 à 8h45

Plusieurs écoles en Inde proposent un modèle d'éducation basé sur le développement du potentiel de bonté et de sagesse de chaque enfant.
Quel est ce programme et quelles en sont les grandes lignes : réponses avec Judith Soussans, très impliquée dans ce programme.

Alice project, une école de sagesse en Inde


Revoir sur Youtube :
http://youtu.be/KVqLCjYVXFs (14'51)

Revoir l'émission en replay jusqu'au 12 avril 2014 au lien :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes_,99871342.html
et
http://www.france2.fr/emissions/les-chemins-de-la-foi



RÉSUMÉ :

Plusieurs écoles en Inde proposent un modèle d'éducation basé sur le développement du potentiel de bonté et de sagesse de chaque enfant.
Quel est ce programme et quelles en sont les grandes lignes : réponses avec Judith Soussans, très impliquée dans ce programme.

Invité :  Judith Soussans
Émission présentée par : Aurélie Godefroy

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

‘‘Alice project’’, une école de la sagesse en Inde

- "Sagesses Bouddhistes" consacre cette émission au thème de la scolarité en nous faisant découvrir un nouveau modèle

AURÉLIE GODEFROY :-Bonjour à tous et merci de nous retrouver, ce dimanche matin.
Cette nouvelle émission de "Sagesses bouddhistes" est consacrée au "Projet Alice", "Alice Project", dans le cadre de notre thématique sur la jeunesse et l'éducation.
Ce projet né en Inde propose un nouveau modèle d'éducation, fondé sur le développement de notre potentiel de sagesse.
Comment est né ce programme ? Quelles sont les grandes lignes ? En quoi est-il novateur ?
Et comment peut-il se développer?
Judith Soussans, bonjour.

-Bonjour, Aurélie.

AURÉLIE GODEFROY : -Vous pratiquez le bouddhisme, depuis 13 ans.
Disciple de Sogyal Rinpoché.

JUDITH SOUSSANS :-Oui.

AURÉLIE GODEFROY :-Vous êtes la présidente de "Alice Project", en France.

JUDITH SOUSSANS :-Oui

AURÉLIE GODEFROY :-Justement, vous revenez d'Inde.
Dites-nous pourquoi vous vous êtes investie dans ce magnifique projet.

JUDITH SOUSSANS :-C'est un magnifique projet, comme vous le dites.
Quand j'ai pu avoir connaissance de ce projet, il y a un an, j'ai eu de l'espoir pour l'humanité et pour l'avenir.
Ce projet est révolutionnaire, novateur dans la méthodologie employée et dans l'espoir qu'il peut donner aux êtres humains de déployer leur véritable nature.
Il se fonde sur le potentiel de chacun.
Potentiel de sagesse et de bonté fondamentale.
En reconnaissant et permettant à chaque être de connaître son esprit.
C'est fondé sur la science de l'esprit.
Les sciences occidentales rejoignent les valeurs spirituelles des sagesses d'Orient.
Et qui démontrent que l'esprit est le créateur du monde.
Il faut donc le connaître.
J'ai voulu m'investir dans ce projet pour les aider, mais aussi pour pouvoir, à long terme, importer ce projet, en France, puisqu'en France aussi, l'éducation est fondamentale.

AURÉLIE GODEFROY :-Racontez-nous la genèse du projet.
D’où est venue l’idée ?

JUDITH SOUSSANS :-L'idée est venue, il y a longtemps, de 2 personnes.
Valentino Giacomino et Luigina De Biasi, deux Italiens qui étaient professeurs en Italie, il y a, maintenant, plus de 25 ans.
En travaillant avec les enfants, ils ont vu les difficultés.
L'échec scolaire, l'hyperactivité, des manques d'intérêt, voire des dépressions et même des côtés addictifs.
Ils ont voulu comprendre pourquoi.
Eux-mêmes étant bouddhistes, ils se sont demandé pourquoi ils étaient bien dans ce monde et pourquoi ces enfants qui débutent n'ont pas ces outils.
Ils ont réfléchi à une méthodologie qui intégrerait les grandes valeurs universelles de chaque spiritualité et la science de l’esprit.
Ils ont créé une méthodologie qui est une méthodologie pour les enfants jusqu'au bac et aussi pour les enseignants.
Valentino, étudiant bouddhiste, a présenté ce projet à Sa Sainteté le Dalaï-Lama, en 94.
Et Sa Sainteté lui a dit : "Vas-y, va en Inde, lance le projet. Tu dois aider l'éducation en Inde."
Valentino s'est lancé et a créé trois écoles.
Une à Sarnath, en 2000.
Une à Bodhgaya, en 2005.
Et une en Arunachal Pradesh pour aider une minorité, en Inde, les Chakmas, des bouddhistes sans Etat, qui ne sont pas reconnus par le gouvernement, actuellement.

AURÉLIE GODEFROY :-Quelles sont les grandes lignes ?
Racontez-nous une journée de pratique dans ces écoles.

JUDITH SOUSSANS :-Les grandes lignes de la pédagogie sont fondées sur la connaissance de l'esprit.
On leur apprend à reconnaître le fonctionnement de leur esprit.
Comment je perçois les choses ?
Comment mes émotions s'élèvent?
D'où viennent-elles ?
Elles viennent de mon esprit.
Qu'est-ce que l'esprit ?
Ces questions sont abordées et inculquées aux enfants.
Et quand on apprend à un enfant à ne pas s'identifier à ses pensées, à ses émotions, à comprendre que tout vient de l'intérieur et que s'il est en connexion avec la réalité intérieure de l'esprit, il peut voir que tout est projection de son esprit, alors il se familiarise aussi avec les valeurs d'interdépendance, de causalité, de vacuité...
Donc une journée type va commencer avec de la méditation.
Trente minutes de méditation en groupe.
Et puis, ensuite, aussi par quelques prières.
C'est un lieu multiconfessionnel.
Les enfants sont invités, après la méditation, à partager leurs expériences.
Le côté relationnel dans l'éducation.
Les enfants partent en classe.
Chaque début de classe, ils font 5 minutes de méditation en groupe.
Et on leur demande également d'être en contact avec leurs émotions.
On vérifie avec des boules colorées leur état émotionnel.
Et ils le partagent avec leurs camarades et leurs maîtres qui porteront plus d'attention à celui qui aura exprimé son mal-être.
Tout au long de la journée, cette investigation des émotions et de la pensée est faite de façon informelle ou formelle.
Et l'étudiant, avec la pratique de la méditation, du yoga, développe cette présence authentique, cette présence à ses émotions et cette distanciation.
De là se développe un comportement.
Les résultats sont éblouissants.
Quand on va là-bas, on voit des enfants très stables, très ancrés, ils n'ont aucune illusion de contes de fées, qui connaissent la mort, la maladie...
Mais étant extrêmement ancrés, ils sont extrêmement disciplinés et ils ont le cœur ouvert.

AURÉLIE GODEFROY :-L'accent est mis, en dehors de la connaissance, sur le savoir être. La base de la pédagogie.

JUDITH SOUSSANS :-L'école se veut universelle.
C'est une éducation universelle, fondée sur les grands principes qu'ils appellent "The Golden Rule", "Les Règles d'or", inspirée de chaque religion.

AURÉLIE GODEFROY :-L'enseignement spirituel tient une place essentielle.

JUDITH SOUSSANS :-Chacun arrive avec sa religion et la pratique, mais il est aussi en contact avec ses autres camarades qui ont d'autres religions. 
L'accent est mis sur le fait qu'on fait sa pratique, on étudie sa religion, et on a une connaissance des      autres religions.
Donc les étudiants déploient une véritable tolérance et ouverture, parce qu'ils n'ont pas d'ignorance sur les autres religions.
Et on voit, vraiment, des camarades qui pratiquent ensemble, chacun.
C'est l'unité dans la diversité.
C'est vraiment ce qui manque.
Ce côté fédérateur qui rassemble autour de principes-clés.

AURÉLIE GODEFROY :-Dites-nous un mot des programmes qui sont enseignés, justement, dans ces écoles.

JUDITH SOUSSANS :-Il y a le programme académique qui correspond à l'éducation de base, en Inde.
Histoire, géographie, les langues, la physique.
Et, notamment, aussi, tout ce qui est l'art, la danse, le yoga, le théâtre...
Et, en plus, bien entendu, les élèves suivent des enseignements et des entraînements à la méditation, tous les jours, ensemble ou individuellement.
Et ils ont, aussi, une formation en massage et médecine ayurvédique ancestrale.
Et, également, ils sont sensibilisés à l'environnement.

AURÉLIE GODEFROY :-Précisez-nous en quoi consiste l'enseignement sur l'environnement.
C'est une sensibilisation à l'écologie ?

JUDITH SOUSSANS :-Quand on va en Inde, on est toujours choqué de voir leurs difficultés qu'ils peuvent avoir avec l'environnement.
A l'école, on apprend le tri sélectif.
Et une sensibilisation à la responsabilité individuelle de chaque être par rapport à l'environnement extérieur.
On leur apprend à bien consommer et à trier, et à pouvoir développer cette responsabilité.

AURÉLIE GODEFROY :-Vous parliez de Sa Sainteté le Dalaï-Lama.
D'autres maîtres, comme le karmapa, encouragent cette initiative.
Dites-nous ce qu'il en pense.

JUDITH SOUSSANS :-Sa Sainteté le Dalaï-Lama a visité l'école, à trois reprises.
Il en est le parrain.
Il soutient évidemment ce projet et Valentino et Luigina.
Il vient souvent et quand il voit les enfants, il dit que, pour lui, c'est les enfants de demain, les citoyens du monde de demain.
Il est toujours émerveillé de voir dans leurs yeux cette lumière de confiance en soi, d'assurance qu'ils ont.
Le karmapa aussi soutient l'école, parce qu'il considère que dans le monde extérieur, on cultive énormément l'argent, on cultive l'extérieur, mais pas la paix mentale.
Dans cette école, tout est fait pour cultiver la paix, l'altruisme et la compassion.

AURÉLIE GODEFROY :-Comment les projets de "Alice Project" sont appelés à se développer en Inde et en Europe ?

JUDITH SOUSSANS :-Aujourd'hui, il y a trois écoles, en 
Inde
. Et c'est un projet qui existe depuis 20 ans.
Mais nous sommes en Inde et les fondateurs ont 70 ans.
Et les conditions dans lesquelles ils travaillent sont difficiles.
Ils ont des projets de développement, d'augmenter le nombre de classes, d'éditer leurs manuels pédagogiques, d'éditer les contes de morale et d'éthique qui ont été écrits.
Ils ont besoin d'aide pour certaines expertises.
Médecins... Dentistes... Agriculteurs...
C'est la raison pour laquelle, avec Valentino, on a décidé de créer "Alice Project France" pour développer ces activités en France et en Europe, pour informer.
Peu de personnes connaissent ce beau projet.
Et, à long terme, créer une école, en France qui utiliserait cette méthode.

AURÉLIE GODEFROY :-Ce qui est intéressant de voir, c'est que les professeurs ont été élèves de ces écoles.
Comment se passe leur formation ?

JUDITH SOUSSANS :-C'est très inspirant de voir ça.
Il y a cette gratitude que les professeurs expriment à cette éducation.
Certains sont devenus les directeurs des écoles.
Et, sinon, ils suivent l'entraînement à la méthodologie pédagogique que Valentino et Luigina ont créé.
C'est des sessions au cours desquelles eux-mêmes ont étudié.
Ils ont reçu l'éducation, mais on leur apprend à donner aux autres la possibilité de faire l'expérience de leur vraie nature.

AURÉLIE GODEFROY :-Avant de nous quitter, une dernière question qui peut sembler anecdotique.
Pourquoi ce nom ?

JUDITH SOUSSANS :-"Alice Project" vient de "Alice au pays des merveilles" qui les a inspirés dans la création de la méthode.
Pourquoi? Parce qu'Alice fait ce voyage intérieur.
Elle va à la rencontre de ses pensées, rêves, émotions et elle revient au monde normal.
C'est ce qu'on propose.
C'est ce retour à l'intérieur.
Se tourner à l'intérieur.
Trouver la réalité intérieure dans l'esprit et le cœur pour avoir une vision claire et faire face au monde extérieur.

AURÉLIE GODEFROY :-Merci Judith Soussans.

-Merci.

AURÉLIE GODEFROY :-Si vous souhaitez aller plus loin, voici quelques ouvrages.
. « Être parent aujourd’hui, Amour, bons sens, logique » d’Alain Braconnier aux éditions Odile Jacoob.
De nombreuses pistes pour éduquer les enfants, à travers trois piliers fondamentaux.
La confiance en soi, le sens de la responsabilité, le goût de sourire.

. « La Dame des mots » d’Eve Ricard, aux éditions Nil.
Orthophoniste atypique, l'auteure s'est longtemps occupée d'enfants en difficulté.
Vous retrouverez le récit émouvant de son expérience avec eux.

. « Le jeu des trois figures en classes maternelles » de Serge
Ce psychiatre présente le jeu éducatif qu'il a mis en place afin de permettre aux enfants de réduire les violences scolaires.

C’est la fin de notre émission.
Vous pouvez la revoir sur le site Internet de France 2.
Merci de votre fidélité.
A la semaine prochaine.

 

FIN

Une transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/441338/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses%20bouddhistes

 

ÉCOLES, VEHICULES ET COURANTS,
COMMENT S'Y RETROUVER ?
avec Philippe Cornu

Dimanche 30 mars 2014 - France 2 de 8h30 à 8h45

Le point sur l'importante mosaïque d'écoles du bouddhisme, leurs véhicules et courants qui,
des plateaux himalayens aux contrées sud de l'Asie, représentent majoritairement cette religion depuis plus de 2500 ans.

Écoles, véhicules et courants, comment s' retrouver ?


Revoir sur Youtube :
http://youtu.be/Y1adEskg4Kw (14'51)
ou
http://www.youtube.com/watch?v=Y1adEskg4Kw&feature=youtu.be (14'51)

Revoir l'émission en replay jusqu'au 5 avril 2014 au lien :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes_,99507399.html
et
http://www.france2.fr/emissions/les-chemins-de-la-foi



RÉSUMÉ :

 Le point sur l'importante mosaïque d'écoles du bouddhisme, leurs véhicules et courants qui, des plateaux himalayens aux contrées sud de l'Asie, représentent majoritairement cette religion depuis plus de 2500 ans.

Invité :  Philippe Cornu
Émission présentée par : Aurélie Godefroy

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

- Bonjour. "Sagesses bouddhistes" reçoit Philippe Cornu, afin de faire le point sur les nombreuses traditions du bouddhisme,

AURÉLIE GODEFROY :-Bonjour. Merci de nous retrouver, ce dimanche, dans "Sagesses Bouddhistes".
S'il est de plus en plus connu en occident depuis les années 70, le bouddhisme reste difficile à cerner et est l'objet de malentendus en ce qui concerne les multiples courants qui le composent.
Qu'entend-on par ces thèmes ?
A quoi correspondent-ils ?
Leurs définitions s'appliquent-elles partout où s'est diffusé le bouddhisme ?
Pour y répondre, notre invité Philippe Cornu. Bonjour.

AURÉLIE GODEFROY :-Vous présidez l'Institut d'Etudes Bouddhiques et enseignez à l'INALCO et à l'Université catholique de Louvain.
Vous pratiquez le bouddhisme depuis 35 ans et traduisez de nombreux textes en tibétain.
Vous avez publié "Le bouddhisme, une philosophie du bonheur ?", aux éditions du Seuil.
Première question : comment établir la différence entre véhicules, courants et écoles ?
A quoi correspondent ces termes ?

PHILPPE CORNU :-Il faut peut-être les hiérarchiser, dans le sens où le courant, c'est ce qui est le plus vaste.
Il y a 3 grands courants.
Il y en a un dans le sud-est asiatique, qui correspond à une école, pour le coup.
C'est ce qu'on appelle le Thevarada, qui est issu du bouddhisme ancien.
C'est un grand courant qui englobe les pays du sud-est asiatique : le Sri-Lanka, la ThaïIande, la Birmanie, le Laos, et le Cambodge.
Ensuite, vous avez le courant sino-japonais, qui représente un grand courant mahayaniste, qui s'est constitué en Chine, puis qui est passé à la Corée, au Vietnam et au Japon.
Et enfin, le 3ème courant, c'est le courant dit indo-tibétain, dans le sens où c'est le courant de l'inde, le bouddhisme tardif de l'inde, qui est passé au Tibet, et du Tibet, à la Mongolie et à certaines régions de la Sibérie.
Ce sont les 3 grands courants.

AURÉLIE GODEFROY :-Et qu'entend-on par le mot "école" ?

PHILPPE CORNU :-Dans un courant, il y a des écoles.
Les écoles se définissent beaucoup plus comme des choix philosophiques accompagnés souvent, parce que ce sont aussi des écoles de pratique, puisque dans le bouddhisme, pratique et philosophie sont indissociables.
La philosophie a toujours un but de pratique.
Donc il y a aussi des pratiques spécifiques qui vont être choisies selon des choix philosophiques, et qui constituent des écoles.
Et dans les écoles, on a des lignées.
Il peut y avoir plusieurs lignées de maîtres dans une même école.
C'est un ensemble assez précisé.
Les écoles sont assez précises.
Et enfin, les histoires de Yana.
Les Yanas, c'est là que c'est le plus confus.

AURÉLIE GODEFROY :-Les Yanas, c'est les véhicules ?

PHILPPE CORNU :-Tout à fait.
Véhicule, ça veut dire moyen de transport, pour aller d'un point à un autre, partir de là où nous sommes pour aller vers l'éveil, la libération.
C'est un ensemble de méthodes qui constitue un véhicule, étayé par une philosophie qui correspond à ces méthodes. 
Mais le véhicule, c'est un mot qui n'est apparu, finalement, dans son acception actuelle, que dans le Mahayana.
C'est le mahayana lui-même qui a commencé à parler de véhicule, parce que dans le bouddhisme ancien, on suivait la voie des auditeurs qui essayaient d'appliquer l'enseignement de Bouddha pour devenir des éveillés, qu'on appelle des harats.
Donc il y avait finalement un seul véhicule préconisé pour tous.
Le Mahayana qui propose un autre véhicule, qui est celui des bodhisattvas, qui essaient d'œuvrer au bien des êtres, et qui visent le plein éveil d'un bouddha, comme celui du Bouddha historique, c'est un véhicule différent qui fonctionne selon d'autres critères.
Alors pour se différencier de ce qui était proposé, ils ont distingué plusieurs véhicules.

AURÉLIE GODEFROY :-Donc il y en a 3 principaux.

PHILPPE CORNU :-Oui.
Dans ce cadre-là, dans le cadre du Mahayana, on distingue 3 grands véhicules : le Sravakayana, le véhicule des auditeurs, qui correspond à l'ancien véhicule qui est préconisé dans l'école Theravada comme le véhicule principal.
Le véhicule des bouddhas par soi, c'est-à-dire des bouddhas qui se réalisent en solitaire, sans recevoir d'enseignement, mais c'est un petit peu un cas d'école.
C'est pour les éveillés isolés qui pourraient exister.
Parce que si notre véritable nature est ce qu'elle est, il est normal que certaines personnes puissent retrouver leur nature sans aide.
C'est prévu pour ça, mais c'est un peu théorique.
Et enfin, le véhicule des bodhisattvas, le Bodhisattvayana, qui s'identifie au Mahayana, grand véhicule du Mahayana, car pour eux, le but est beaucoup plus vaste que celui des deux premiers véhicules.
C'est la façon de voir disons, en Inde.
Par la suite, avec le bouddhisme tibétain, on a aussi 3 façons de regarder les véhicules, et même aussi dans le bouddhisme chinois.
On dit parfois Mahayana, grand véhicule, et Vajrayana, véhicule de diamant, le véhicule tantrique.

AURÉLIE GODEFROY :-On reviendra sur le Vajrayana.
Quelle est la différence entre le Hinayana et le Mahayana ?

PHILPPE CORNU :-Le mot "Hinayana", déjà, est malheureux.
Il peut être utilisé dans un contexte historique précis lié à des polémiques entre le Mahayana émergent et les écoles anciennes qui sont taxées de Hinayana par rapport à ces vues, parce qu'il y avait des discussions.
Mais le Mahayana lui-même n'était qu'un courant qui émergeait des écoles anciennes et qui a voulu s'en différencier. 
Dans les écrits du Mahayana, on traite souvent les tenants des écoles anciennes d'adeptes du Hinayana. 
C'est un petit peu péjoratif. 
A l'heure actuelle, toutes les écoles qui étaient taxées de Hinayana ont disparu.
Et l'école qui est issue du bouddhisme ancien et qui est bien vivante dans le sud-est asiatique, c'est l'école Theravada, qui n'entend pas être taxée de Hinayana non plus, car ça correspond à une réalité historique ancienne, contrairement à l'école Theravada, qui a complètement évolué depuis, et qui d'ailleurs, certes se rattache à un canon ancien, le canon pali, mais qui, dans ses méthodes a des influences du Mahayana.
Il ne faut pas voir le Thevarada comme un bloc monolithique.

AURÉLIE GODEFROY :-Vous évoquiez le Vajrayana.
De quoi s'agit-il, plus précisément ?

PHILPPE CORNU :-Le Vajrayana, c'est la prolongation pratique, avec un ensemble de méthodes pratiques très précis, très technique, qui permet de prolonger le Mahayana dans son application.
C'est-à-dire que le Mahayana pose toute la philosophie définitive.
Après le Mahayana, il n'y a plus véritablement d'innovation philosophique.
Par contre, le chemin est très long.
Dans les textes du Mahayana classique, il dure une infinité de temps pour qu'un boddhisattva puisse devenir un bouddha éveillé.
On peut être un peu plus impatient, surtout à notre époque.
Alors le Vajrayana propose des raccourcis et permet d'aller plus vite dans le chemin en donnant des méthodes qui font feu de tout bois et permettent de tout transformer en outil d'éveil.

AURÉLIE GODEFROY :-Par exemple ?

PHILPPE CORNU :-Par exemple, on va utiliser la visualisation, les mantras, le principe du mandala, on va utiliser des techniques corporelles de yoga, qui vont être liées à ces visualisations, et on a un ensemble de moyens extrêmement habiles et très intelligemment liés entre eux, pour qu'on transforme notre vision.
On unifie le corps, la parole et l'esprit dans une pratique qui est véritablement, qui forme une sorte d'ensemble cohérent et qui permet de mûrir beaucoup plus rapidement.

AURÉLIE GODEFROY :-Peut-on parler de hiérarchisation des véhicules, et de quel point de vue ?

PHILPPE CORNU :-La hiérarchisation des véhicules, ça a été le grand truc des Chinois, car ils avaient besoin de hiérarchiser les écrits, les sutras, notamment.
Donc les grandes écoles chinoises ont hiérarchisé en 4, 5 niveaux les différents sutras attribués au Bouddha.
Les Tibétains aussi ont fait une hiérarchisation, entre petit véhicule, grand véhicule et Vajrayana.
Il y a même eu des hiérarchisations qui vont jusqu'à 9 Yanas, ça commence à faire beaucoup, dont 6 sont du Vajrayana, et les 3 premiers, on en a parlé : véhicule des auditeurs, des bouddhas pour soi et des boddhisattvas.
C'est valable pour des moines, c'est valable pour une pédagogie monastique, je dirais.
C'est très didactique, ces hiérarchisations.
Mais en occident, c'est beaucoup moins pertinent car tout le monde choisit son chemin.

AURÉLIE GODEFROY :-Mais comment faire concrètement ?
C'est compliqué de s'y retrouver.
On a beaucoup d'informations.

PHILPPE CORNU :-Concrètement, il faut plonger.
Il faut aller voir dans les centres quand un maître passe, faire des retraites, commencer à s'engager, à regarder un petit peu dans des enseignements généraux, voir un peu, aussi tester un peu la communauté, le maître qui enseigne, et petit à petit, à l'écoute de l'enseignement, on voit si ça va nous convenir.
Au début, il faut papillonner un peu.
Ensuite, on se décide pour un chemin car on ne peut pas tous les faire.
Le problème, c'est que certains hésitent toute leur vie.
Si on veut vraiment faire un chemin, il faut creuser son sillon.

AURÉLIE GODEFROY :-Est-ce que le rôle du maître est aussi important dans toutes les écoles ou pas ?

PHILPPE CORNU :-Non.
Par exemple, dans le Thevarada, le seul véritable maître, c'est le Bouddha.
On a des amis spirituels.
Des gens qui sont experts en méditation vont être des amis spirituels. 
Des moines anciens, desTheras, vont être des conseillers spirituels. 
Mais ils se réfèrent aux écritures quand ils donnent des conseils.
Ils ne donneront pas de conseils venant de leur propre expérience. 
Mais dans le Mahayana, la relation avec le disciple est plus importante, plus intime.
Et en plus, c'est un ami spirituel qui peut avoir un rôle déclencheur d'éveil.
On le voit bien dans le chan et le zen, où le maître compte beaucoup. 
Mais c'est valable dans d'autres chemins du bouddhisme sino-japonais.
Il n'y a pas que le zen.
Il y a aussi des véhicules tantriques, il y a aussi des écoles comme la Thera céleste, et ce sont des écoles où les maîtres ont compté.
Dans le Mahayana, le maître prend son importance. 
Certains maîtres sont des trésors nationaux. 
Ça devient important, même au niveau impérial. 
Et puis, dans le bouddhisme Vajrayana, le maître devient crucial.
Les méthodes sont tellement fortes que si vous n'êtes pas guidé pas à pas, vous risquez de glisser et de vous faire mal.
Donc il faut avoir un maître qui vous guide et lui rapporter ses expériences pour continuer la progression et voir si on se fourvoie.
C'est extrêmement important.
Donc c'est une relation de collaboration avec le maître.

AURÉLIE GODEFROY :-Merci pour ces explications, Philippe Cornu.

PHILPPE CORNU :-Merci.

AURÉLIE GODEFROY :-Avant de nous quitter, quelques ouvrages.
De notre invité, "Le bouddhisme, une philosophie du bonheur ? 12 questions sur la voie du Bouddha", aux éditions du Seuil.
Toujours au Seuil, de notre invité, "La terre du Bouddha", avec des photographies de Michel Gotin.
Vous y retrouverez l'histoire et le développement du bouddhisme et de ses idées.
"Le bonheur est entre vos mains" de Dzigar Kongtrul, préfacé par Matthieu Ricard, chez Nil éditions.
Un livre passionnant sur les enseignements du Bouddha, qui nous explique comment trouver des remèdes aux tracas quotidiens.
Et enfin "Le bouddhisme", de Cécile Becker, publié chez Eyrolles, une excellente synthèse d'introduction au bouddhisme, de son émergence en Inde à nos jours.

Vous pouvez revoir cette émission pendant une semaine sur notre site…
Merci à tous de votre fidélité.

FIN

Une transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/439598/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses%20bouddhistes

 

LE JEU DES TROIS FIGURES ou
COMMENT DÉVELOPPER L'EMPATHIE CHEZ LES ENFANTS
avec Serge Tisseron

Dimanche 23 mars 2014 - France 2 de 8h30 à 8h45

Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, a développé une méthode de jeu, douce et rassurante, permettant aux jeunes enfants de découvrir très tôt, dès la maternelle, le sentiment d'empathie et d'altruisme, vis-à-vis de tous ceux qui les entourent.

Le jeu des trois figures

Photo : LE JEU DES TROIS FIGURES ou  COMMENT DÉVELOPPER L'EMPATHIE CHEZ LES ENFANTS   avec Serge Tisseron  Dimanche 23 mars 2014 - France 2    Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, a développé une méthode de jeu, douce et rassurante, permettant aux jeunes enfants de découvrir très tôt, dès la maternelle, le sentiment d'empathie et d'altruisme, vis-à-vis de tous ceux qui les entourent.    Revoir sur Youtube :  https://www.youtube.com/watch?v=ulCrXypTpOo (14'50)     Revoir l'émission en replay jusqu'au 22 mars 2014 au lien :  http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html (14'50)     Dossier 'Sagesses boudhhistes' au lien :  http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html


Revoir sur Youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=ulCrXypTpOo (14'50)

Revoir l'émission en replay jusqu'au 29 mars 2014 au lien :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html (14'50)



RÉSUMÉ :

Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, a développé une méthode de jeu, douce et rassurante, permettant aux jeunes enfants de découvrir très tôt, dès la maternelle, le sentiment d'empathie et d'altruisme, vis-à-vis de tous ceux qui les entourent.

Invité :  Serge Tisseron
Émission présentée par : Aurélie Godefroy

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

 

 

LA VOIE DU BODHISATTVA DANS LE ZEN
avec Gérard Pilet

Dimanche 16 mars 2014 - France 2 de 8h30 à 8h45

Gérard Pilet, moine zen et ancien disciple de maître Deshimaru, s'applique à définir «la voie du bodhisattva», cet être généreux qui met ses qualités essentielles au service d'autrui.

La voie du bodhisattva dans le zen

 


Revoir sur Youtube (avec ou sans sous-titres) :
http://www.youtube.com/watch?v=kQuo9jnYV64&feature=youtu.be (14'50)

Revoir l'émission en replay jusqu'au 22 mars 2014 au lien :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html



RÉSUMÉ :

Gérard Pilet, moine zen et ancien disciple de maître Deshimaru, s'applique à définir «la voie du bodhisattva», cet être généreux qui met ses qualités essentielles au service d'autrui.

Invité :  Gérard Pilet
Émission présentée par : Sandrine Colombo

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

"Sagesses Bouddhistes" propose une réflexion sur la démarche que chacun peut accomplir pour le bien d'autrui en suivant la voie du Bodhisattva ou de la méditation.

SANDRINE COLOMBO :-Bonjour et bienvenue dans "Sagesses bouddhistes".
La méditation donne parfois l'impression d'être une attitude narcissique, qui vise le bien-être individuel au détriment de celui des autres.
En réalité, tout au contraire,  la méditation permet au contraire d'aller vers l'autre.
C'est ce qu'on appelle a voie du bodhisattva.
Avec notre invité, Gérard Pilet, nous allons vous proposer de comprendre ce que signifie la voie du bodhisattva.
Comment s'articulent la consécration à l'éveil et l'activité bénéfique envers les autres ?
Dans quelles conditions l'aide à autrui s'inscrit-elle dans la démarche spirituelle du bodhisattva ? Quels sont les terrains d'expression de cette aide, matériels comme spirituels ?
Bonjour, Gérard Pilet.

GÉRARD PILET :-Bonjour.

SANDRINE COLOMBO :-Vous êtes moine zen, disciple de maître Deshimaru.
Vous enseignez la pratique du zen depuis des années, après avoir enseigné la philosophie.
Vous avez récemment écrit un livre sur la voie du bodhisattva, qui a servi de base à l'émission.

GÉRARD PILET :-Oui.

SANDRINE COLOMBO :-Commençons par définir ce qu'est un bodhisattva.

GÉRARD PILET :-C'est un être mais qui se consacre aussi vis-à-vis des autres êtres.
La voie du bodhisattva a ceci de particulier qu'elle articule avec l'activité vis-à-vis de tous les êtres, et le souci de leur venir en aide, si besoin est.

SANDRINE COLOMBO :-Qu'est-ce que l'éveil ?

GÉRARD PILET :-C'est la fin de dukkha, c'est-à-dire la fin de ce sentiment d'incomplétude. {Ndr :  Dukka = souffrance}
Et la fin de ce sentiment d'incomplétude prend place lorsque cesse l'illusion de la séparation entre moi et autrui, entre moi et le monde.
Ainsi, aider autrui, ce n'est pas seulement aider autrui pour le bodhisattva, c'est aussi s'affranchir de l'illusion d'un moi séparé.
D'un moi séparé des autres, d’un moi séparé de la société, d’un moi séparé du monde.
C'est ce que maître Dogen dit dans le chapitre du "Shobogenzo" qu'il consacre aux pratiques du bodhisattva.
Il préconise de s'employer à la pratique altruiste, avec le désir de se libérer de l'égarement dû à l'objet.
C'est les illusions qui résultent de la dualité entre sujet et objet.
C’est-à-dire la dualité entre moi et le monde, moi et la société, moi et les autres.

SANDRINE COLOMBO :-Quelles sont les conditions pour que l'aide à autrui s'inscrive dans la démarche spirituelle du bodhisattva ?

GÉRARD PILET :-La première est le désintéressement.

SANDRINE COLOMBO :-Être désintéressé.

GÉRARD PILET :-Maître Dogen insiste beaucoup sur ce point.
Cela consiste à aider autrui sans rien attendre en retour, que ce soit sous forme d'un service de valeur équivalente, ou sous la forme d'une quelconque reconnaissance.
Ce désintéressement suppose aussi qu'on n'aide pas autrui avec ostentation.
Sans faire en sorte que les autres sachent ou voient qu'on a rendu service aux autres.
Cette aide à autrui doit aussi se faire sans s'enorgueillir de l'aide qu'on a apportée à autrui.
Tout cela définit

SANDRINE COLOMBO :-C'est la première condition.

GÉRARD PILET :-Oui. La deuxième consiste à ne pas aider autrui en se disant : "J'aide autrui, je suis un bodhisattva, "je suis un grand bodhisattva."
Pour s'affranchir de ce sentiment égotique de l'aide à autrui, il est important de le remplacer par le sentiment suivant : "Je ne suis qu'un instrument.
Je suis "le canal par lequel "s'écoule l'énergie de compassion des éveillés."

SANDRINE COLOMBO :-Eviter le piège de l'ego.

GÉRARD PILET :-Oui, c'est exactement Le "Sutra du diamant" insiste aussi beaucoup sur ce point.
Le bodhisattva qui est attaché à l'idée de son moi, de sa personne, n'est pas un vrai bodhisattva. Quand cette deuxième condition est bien respectée, il y a une aide à autrui, mais personne pour s'en attribuer la paternité ou le mérite.

SANDRINE COLOMBO :-Il y a une troisième condition ?

GÉRARD PILET :-Oui. C'est celle qui consiste à aider les autres sans considérer qu'il s'agit des autres que moi.
Mais en considérant que les autres sont son véritable soi-même.
C'est à la réalisation de ce véritable soi-même que nous conduit la fin de l'illusion de la séparation.

SANDRINE COLOMBO :-Ces conditions sont difficiles à atteindre.
La méditation va être tout à fait nécessaire à cela.
Pourquoi et comment la méditation va nous aider ?

GÉRARD PILET :-La méditation, l'assise silencieuse, le zazen, aide beaucoup, car elle permet de créer un espace au-delà du moi.
Parce que le moi, l'ego, se constitue par une appropriation.
Une appropriation des pensées, une appropriation des émotions, une appropriation des sensations.
Durant le zazen, toutes ces appropriations sont abandonnées.
Ainsi, l'inconscient s'ouvre à un espace qui est beaucoup plus vaste que la conscience égotique.
C'est ce vaste espace de conscience qui nous permet de sentir intuitivement que son vrai soi-même n'est pas le soi du petit ego séparé, mais est un soi-même qui inclut les autres êtres.

SANDRINE COLOMBO :-Aider autrui, c'est s'aider soi-même.

GÉRARD PILET :-Exactement.

SANDRINE COLOMBO :-Quels sont les terrains d'expression de cette aide à autrui ?

GÉRARD PILET :-Oui ?

SANDRINE COLOMBO :-Quel que soit notre cadre de vie, qu'on soit pratiquant du quotidien, moine, on peut être bodhisattva ?

GÉRARD PILET :-Oui, on peut être bodhisattva en toutes circonstances. 
Il n'est pas nécessaire d'aller à l'autre bout du monde pour être un bodhisattva.
Il n'est pas nécessaire non plus d'être dans un temple ou un monastère.
Ça peut être le cas, mais ce peut être toute autre circonstance comme la vie professionnelle et familiale.
Ou l'ensemble de ces rencontres qui se produisent au fil d'une journée. Par exemple en allant chez le boulanger chercher son pain.
On peut être un bodhisattva en adressant à la boulangère le sourire qu'on lui donne. Et cetera.

SANDRINE COLOMBO :-Voyons les lieux où se manifeste l'aide à autrui.
L'aide matérielle par exemple ?

GÉRARD PILET :-En ce qui concerne cette aide matérielle, il faut avoir non seulement de la compassion, mais aussi du discernement.

SANDRINE COLOMBO :-C'est-à-dire ?

GÉRARD PILET :-Ne pas attribuer n'importe quoi à n'importe qui.
Si je donne par exemple de l'argent à un mendiant, en sachant que cet argent va être utilisé par lui pour se procurer de l'alcool, je contribue à la déchéance physique de ce mendiant.
Et je ne l'aide pas.
Il sera plus efficace de lui donner des vêtements ou de la nourriture, plutôt que de l'argent, quand je sais que cet argent n'aura pas l'utilisation souhaitable pour lui.

SANDRINE COLOMBO :-Un autre terrain d'expression est celui de la parole bienveillante.
Ça paraît tout simple, et pourtant, c'est difficile.

GÉRARD PILET :-Oui, effectivement.
Maître Dogen dit : "Ayez cette pensée au cœur quand vous vous adressez à quelqu'un : L'éveillé porte les êtres dans son cœur comme ses nourrissons."
Il faut penser que l'être auquel on s'adresse est un être qui a en lui le potentiel de la nature de Bouddha.
Il faut donc lui parler comme si vous parliez à quelqu'un d'éminemment respectable et digne de respect, parce qu'il est respectable et digne de respect.

SANDRINE COLOMBO :-Le cœur et l'esprit doivent suivre la parole.

GÉRARD PILET :-C'est très important.
Si, dans l'exercice de la parole bienveillante, le cœur exprime un élan spontané de compassion, l'aide qu'on apporte à la personne à qui on s'adresse est considérable.
Ça pacifie, ça lui permet aussi d'être plus sereine face à l'adversité.
Et, dans le cas où un conflit est sur le point d'éclater, au lieu d'apporter une parole d'agressivité, si j'apporte une parole bienveillante, je désamorce bien souvent le conflit naissant.
Je mets celui à qui j'adresse cette parole dans des dispositions de cœur et d'esprit beaucoup plus favorables.

SANDRINE COLOMBO :-La parole bienveillante est un facteur de paix.

GÉRARD PILET :--Oui.

SANDRINE COLOMBO :-Au quotidien ou au plus vaste niveau de relations internationales.

GÉRARD PILET :-C’est un facteur de paix dans une société.
On a tout intérêt dans notre société, où les moyens de communication sont très nombreux, à ce que se développe ce type de parole bienveillante.
Même quand on a des reproches ou des critiques à faire à quelqu'un, même s'il est juste de les faire, utilisons pour cela la bienveillance.

SANDRINE COLOMBO :-En conclusion, vous dites que la voie du bodhisattva est une des plus complètes et des plus puissantes qui soient en matière de pratiques spirituelles.

GÉRARD PILET :-C'est très puissant. 
On peut dire que le meilleur moyen pour aider les autres est de faire soi-même des progrès spirituels. 
Et le meilleur moyen de faire des progrès spirituels est d'aider les autres. 
Il y a un cercle vertueux qui se met en place entre les deux et qui aide beaucoup chacun dans l'accomplissement de la voie spirituelle qu'il a choisie, mais aussi dans son travail de bodhisattva vis-à-vis de la société.
Car nous sommes les responsables de la société dans laquelle nous nous trouvons.
On n'en a pas assez conscience.
Individuellement, nous sommes responsables de la société dans laquelle nous nous trouvons.
Il suffit qu'on ait des petits gestes d'attention vis-à-vis des autres, qu'on ait des paroles justes et bienveillantes, pour que le climat change.
Si des millions de gens procèdent ainsi, c'est toute l'atmosphère de la société qui changera.

SANDRINE COLOMBO :-Merci d'avoir répondu à nos questions.

GÉRARD PILET :-Merci à vous.

SANDRINE COLOMBO :-Voici quelques suggestions de lecture pour prolonger l'émission.
De notre invité, Gérard Pilet, "Suivre la voie du bodhisattva", aux éditions Kan Jizai.
Ce dernier ouvrage de Gérard Pilet explique comment s'articulent la consécration à l'éveil et l'activité bénéfique pour tous.
Un ouvrage clair et tout à fait convaincant sur la nature et la fonction du bodhisattva.
"S'étudier soi-même", de Gérard Pilet également, chez Kan Jizai.
Enfin, "Cœur zen, esprit zen", d’Ama Samy, aux éditions Sully.

Cette émission touche à sa fin.
Vous pouvez la revoir toute la semaine sur pluzz.fr, rubrique France 2.
Merci à tous de nous avoir suivis.
Toute l’équipe vous souhaite une très bonne semaine, et vous donne rendez-vous dimanche prochain.

FIN

 

Une transcription écrite est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/431390/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses%20bouddhistes

 

LA MÉDITATION POUR TOUS
avec Élisabeth Drukier

Dimanche 9 mars 2014 - France 2 de 8h30 à 8h45

Élisabeth Drukier présente la session de « méditation pour tous » qu'elle propose gracieusement, depuis une trentaine d'années, à toutes les personnes, bouddhistes ou non bouddhistes qui le souhaitent, afin de leur permettre de se poser et de vivre un temps de paix intérieure et de réflexion, dans ce quotidien citadin tant agité.

La méditation pour tous

Photo : LA MÉDITATION POUR TOUS avec Élisabeth Drukier  Dimanche 9 mars 2014 - France 2 de 8h30 à 8h45    Élisabeth Drukier présente la session de «méditation pour tous» qu'elle propose gracieusement, depuis une trentaine d'années, à toutes les personnes, bouddhistes ou non bouddhistes qui le souhaitent, afin de leur permettre de se poser et de vivre un temps de paix intérieure et de réflexion, dans ce quotidien citadin tant agité.    Revoir surYoutube :  http://www.youtube.com/watch?v=ik7fq-_TWC0 (14'50)    Revoir l'émission en replay jusqu'au 15 mars 2014 au lien :  http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html    Présentation : http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html


Revoir sur Youtube :
http://www.youtube.com/watch?v=ik7fq-_TWC0 (14'50)



RÉSUMÉ :

Élisabeth Drukier présente la session de «méditation pour tous» qu'elle propose gracieusement, depuis une trentaine d'années, à toutes les personnes, bouddhistes ou non bouddhistes qui le souhaitent, afin de leur permettre de se poser et de vivre un temps de paix intérieure et de réflexion, dans ce quotidien citadin tant agité.

Invité :  Élisabeth Drukier
Émission présentée par : Aurélie Godefroy

 

TRANSCRIPTION PARTIELLE DE L'ÉMISSION :

- A. Tempier: Bonjour et bienvenue. Sagesses Bouddhistes reçoit Elisabeth Drukier, fondatrice du Centre Kalachakra.
Elle vous présente son programme de méditation pour tous qui permet un temps de paix intérieure et de réflexion dans un quotidien

-Bonjour et merci de nous retrouver pour une nouvelle émission de "Sagesses bouddhistes" consacrée ce matin à la méditation pour tous.
Il s'agit de sessions de méditation proposées par le centre Kalachakra, à Paris, ouvertes aux bouddhistes, mais pas seulement.
Elles ont lieu le mercredi soir, symbolisant un temps de sagesse dans le quotidien agité des citadins.
Qui vient y assister ?
Comment ces sessions se déroulent-elles ?
Retrouvons notre invitée, Elisabeth Druckier.

-Bonjour.

-Vous avez rencontré le bouddhisme il y a une quarantaine d'années.
Vous êtes moniale dans la tradition guélougpa.
Vous enseignez et êtes responsable de ce centre Kalachakra, à Paris.
Merci d'être avec nous.

-Merci à vous.

-Dans quelles circonstances avez-vous décidé de créer ces séances de méditation ?

-Nous avons voulu répondre à une demande de méthodes qui s'adressaient a des citadins qui n'avaient pas beaucoup de temps et qui souhaitaient, après leur travail, venir s'asseoir une fois par semaine dans ce lieu.
Cette demande est très ciblée.
C'est une demande de méthodes pour permettre une amélioration de leur paysage mental pour permettre d'avoir un meilleur contrôle sur eux-mêmes et sur leur environnement.

-Avant de revenir sur le fonctionnement de ces sessions, regardons un reportage que nous avons tourné dans votre centre.

-Bienvenue. Bonsoir.

-Il est 18h30. Comme tous les mercredis, le centre Kalachakra accueille les premiers participants à la séance de méditation pour tous, et ce depuis 28 ans.

-Qui est nouveau, aujourd'hui ?
Bienvenue.
Cette méditation se déroule en trois temps...

-C'est une véritable pause dans l'agitation de la vie parisienne.

-Ça m'apporte une espèce de sérénité d'esprit que je ne peux pas avoir au quotidien.
C'est comme un point de repère hebdomadaire par rapport aux idéaux que je vise.

-Prenez conscience des sensations physiques.
Toute votre attention se porte sur votre souffle.

-Cette pratique méditative permet aussi de mieux appréhender le monde du travail.

-Au niveau professionnel, ça me permet d'avoir plus conscience des choses, et des autres aussi.
Je suis encore étudiante.
Je me sens beaucoup plus concentrée quand j'essaie d'étudier depuis que je médite.

-Le thème du jour porte sur l'équanimité.

-Equanime...
On met à même distance, on aborde les sujets, les personnes de façon égale.

-Après la méditation, la pratique se poursuit par un temps d'échanges.

-Des questions, peut-être, que vous vous posez sur... sur ce que peut apporter cette méditation ?
Des difficultés que vous auriez pu rencontrer ?

-Une certaine résistance à modifier son jugement sur quelqu'un qu'on aime très fort et de le faire basculer...

-C'est intéressant de réfléchir à l'impermanence des relations pour nous ouvrir plus généralement à l'impermanence des choses...
Toutes ces questions.

-C'est très important, cet aspect collectif parce qu'il y a un effet d'entraînement.
Il y a aussi toute une atmosphère.
On est accompagné.
On est dans un lieu qui s'y prête très bien.
Après chaque méditation, il y a un moment de questions, de partage.
C'est très intéressant pour chacun.
Moi, ce partage m'apporte beaucoup.
Réfléchissez à cette motivation et n'oublions pas d'intégrer ces expériences de méditation à notre activité quotidienne.
Et donc, de prendre conscience de la façon dont fonctionne notre esprit.

-Le profil des personnes qui assistent à ces séances a-t-il évolué en 28 ans ?

-Oui. Ce sont des gens plus jeunes, plus insérés dans la société.
Ce sont des bouddhistes, des non-bouddhistes ou des personnes qui appartiennent à une autre religion.
Ils recherchent un message bouddhiste pragmatique, pas une doctrine ardue ou bien quelque chose d'exotique.

-Ces sessions sont gratuites.

-En effet. C'est un point fort.

-La méditation se déroule en trois temps.
Peut-on revenir sur chacun de ces trois temps ?

-La première partie, on s'installe dans la méditation.
Donc on essaie de se motiver d'une manière positive.
Plus la motivation sera positive, plus le résultat de la méditation sera affirmé et pourra durer dans le temps.
Ensuite, on va travailler sur la posture car il existe une relation très étroite entre le corps et l'esprit.
Plus la posture est exacte, plus l'esprit sera concentré.

-Pouvez-vous nous rappeler en quoi doit consister cette posture ?

-Les personnes peuvent s'asseoir sur un coussin ou sur une chaise.
Il est important d'avoir le dos droit.
Les yeux doivent être baissés et fixer le sol, ou bien fermés si on est gêné par les personnes qui sont autour.
Ensuite, il est important pour calmer l'esprit de se concentrer sur le souffle.
Ça permet d'ouvrir l'esprit, de calmer l'esprit car, toute la journée, on est happé par les événements extérieurs, donc c'est un moment où l'on rentre en soi.

-Le 2ème temps, c'est la méditation analytique.
De quoi s'agit-il ?

-C'est la conscience mentale qui agit.
Une partie de l'esprit va examiner l'autre partie.
Elle va examiner les pensées, les émotions qui surgissent...
Elle va examiner tout ce qui se passe et elle va analyser ces émotions, ces pensées.
Elle va également les rectifier.
Certaines émotions négatives amènent souffrance et frustration.
Grâce à la méditation analytique, on va pouvoir rectifier ces émotions, les transformer et, ainsi, éviter beaucoup de souffrances.

-La session se conclut sur un temps d'échange.
On a vu que c'est très important pour les gens qui viennent.
Comment se déroule-t-il ?

-Ce temps d'échange est important car nous méditons en groupe et l'interactivité de ce groupe est essentielle.
Donc des questions pourront être posées à la personne qui guide la méditation.
Egalement, il est important d'exprimer ce qu'on a ressenti au cours de cette méditation.
Et le groupe permet une émulation.
Des amitiés, des relations se forment au sein de ce groupe et forment une communauté urbaine qui se rencontre chaque semaine.

-On a vu que le thème de l'équanimité était abordé lors de cette session de méditation.
J'aimerais que l'on revienne sur sa définition.

-L'équanimité est une qualité de l'esprit essentielle puisque c'est la fondation de "l'esprit d'éveil", c'est-à-dire développer l'amour et la compassion pour aider les êtres.
Si nous n'avons pas construit cette qualité, cette fondation, alors l'esprit d'éveil ne peut pas être développé.
Tant que nous considérons que nous avons des amis et des ennemis, nous ne pouvons pas aimer ces êtres.
Nous éprouvons de l'attachement pour ceux qui nous font du bien, de l'aversion pour ceux qui nous ont fait du mal, et nous aimons les personnes d'une manière égocentrique et non pas altruiste.
Le développement de l'équanimité permet de dépasser ce genre de projection mentale que nous avons sur les êtres.

-Nous avons vu dans le reportage Quels sont les autres thèmes dont vous parlez lors de ces sessions ?

-Par exemple, on peut aborder le thème du potentiel humain.
Beaucoup de personnes souffrent de dépression. 
Parler du potentiel humain permet de comprendre comme cette vie est précieuse, la qualité de cette vie, et comme elle est rare à obtenir, cette vie humaine.
On peut parler de l'impermanence.
Cette vie humaine est précieuse, mais on peut la perdre à tout moment.
Parler de l'impermanence que cette vie est précieuse et qu'il faut l'utiliser d'une manière intelligente.
Ce genre de thème permet de générer une motivation positive et de lutter contre la dépression et le fait de se sentir inutile dans cette vie.

-Revenons un instant à l'aspect plus pratique de ces sessions de méditation.
Beaucoup de gens disent que ça les aide dans leur vie professionnelle.
Ça vous étonne ?

-Non. C'est le but de la méditation.
Nous souhaitons apporter aux gens une expérience qui leur permettra, tout au long de la semaine, de véhiculer ces concepts bouddhistes.
On essaie de ne pas utiliser un jargon technique pour porter ces expériences.

-Vous parliez d'émulation.
Ces sessions se déroulent en groupe.
Qu'est-ce que ça peut apporter de plus par rapport à la méditation individuelle ?

-Ça apporte une discipline.
On n'a pas toujours le courage de s'asseoir tous les matins ou le soir, après le travail.
Donc ça amène une forme de discipline, une sorte de rendez-vous qu'on met dans son agenda.
Le fait d'être en groupe amène aussi une dynamique, une forme positive d'émulation.

-Parlons maintenant des personnes qui guident ces méditations.
Il y en a huit dans votre centre.
Comment les "recrutez-vous" ?
...
11’40

 

 

Une transcription écrite est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/427065/sagesses-bouddhistes.html

 

 

INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES :

Centre KALACHAKRA 5 Passage Delessert 75010 PARIS http://www.centre-kalachakra.com

 

 

LA DÉVOTION SUR LE CHEMIN SPIRITUEL
avec Khémpo Deunyeu Rimpoché

Dimanche 2 mars 2014 - France 2 de 8h30 à 8h45

La dévotion sur le chemin spirituel.

La dévotion

Photo


Revoir surYoutube :
https://www.youtube.com/watch?v=rRpDNS3ZwTU (14'50)

 

Revoir l'émission en replay jusqu'au 8 mars 2014 au lien :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html



RÉSUMÉ :

Khempo Deunyeu Rimpoché, qui réside à Darjeeling en Inde, évoque le sentiment de dévotion qui relie magnifiquement le disciple et le maître dans la pratique du bouddhisme et la vie en général.
Cet élan du coeur désignant une attitude positive, constructive et d'une grande simplicité, Khempo Deunyeu Rimpoché, l'a vécu de très nombreuses années auprès de Bokar Rimpoché, disparu en 2004.

Invité :  Khémpo Deunyeu Rimpoché
Émission présentée par : Aurélie Godefroy

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

AURÉLIE GODEFROY :-Bonjour, nous sommes heureux de vous accueillir à "Sagesses bouddhistes" pour une émission consacrée à la dévotion.
Un thème tombé en désuétude dans notre société mais qui désigne une attitude positive et lumineuse, celle de l'élan du cœur, un appel à l'illimité, et ce à travers diverses formes, les sages, les divinités, les textes et les objets sacrés. 
Khèmpo Deunyeu Rimpoché avait une grande dévotion pour son maître, Bokar Rimpoché.
Voyons ce qu'est cette dévotion dans le bouddhisme tibétain, comment elle se manifeste et où elle mene.
Khèmpo Deunyeu Rimpoché, bonjour. Vous êtes un très proche disciple de Bokar Rimpoché, vous êtes aussi son successeur car vous dirigez le monastère de Mirik en Inde et vous êtes un spécialiste de Kalachakra et Tara.
Je le disais au début, c'est vrai que ce terme de dévotion est galvaudé aujourd'hui alors que c'est un sentiment très puissant.
Quelle signification ce terme a dans la spiritualité tibétaine ?

KHÉMPO DEUNYEU RIMPOCHÉ :-La dévotion est une qualité qu'il est indispensable de développer pour pouvoir progresser sur le chemin spirituel.
Comment se produit ce développement de la dévotion ?
On reçoit d'abord des instructions d'un maître authentique.
Et par la pratique qu'on fait de ses instructions commence à naître dans notre esprit une certaine expérience qu'on n'avait pas.
Et le fait que naisse cette expérience nous amène à reconnaître qu'il y a des qualités particulières dans le maître.
On reconnaît ses qualités.
On reconnaît la profondeur des qualités du maître et par là, on pratique davantage, on a encore davantage d'expérience.
Ceci fait que notre dévotion grandit et s'approfondit encore et on arrive à une dévotion qui est tout à fait naturelle, qui est ce sentiment profond de reconnaissance pour le maître.

AURÉLIE GODEFROY :-Rimpoché, vous nourrissez une dévotion très importante pour votre propre maître, Bokar Rimpoché, pouvez-vous en parler?

KHÉMPO DEUNYEU RIMPOCHÉ :-Comment est née ma propre dévotion à l'égard de Bokar Rimpoché ?
C'est selon le processus dont je viens de parler.
Tout d'abord, Bokar Rimpoché m'a donné des instructions profondes.
J'ai appliqué, j'ai pratiqué ses instructions et grâce à elles, petit à petit, une certaine expérience est née dans mon esprit.
Donc, par là, j'ai pu reconnaître qu'il y avait dans Bokar Rimpoché des qualités tout à fait extraordinaires. 
Et c'est par ces qualités que ma dévotion est devenue immuable, qu'elle n'a plus jamais changé.
Car par ma propre pratique, j'ai pu voir les qualités de Bokar Rimpoché et par là même, ma dévotion a grandi.
Mais ce n'est pas quelque chose qui ne concernerait que moi.
Bokar Rimpoché avait beaucoup de disciples, autant en Orient qu'en Occident. 
Et j'ai pu voir chez de très nombreux disciples cette même attitude, une attitude de grande dévotion. 
Mais qui naissait de la même manière: les disciples recevaient des instructions, pratiquaient et pratiquant, ils étaient amenés à voir les qualités très profondes de l'esprit de Bokar Rimpoché. 
Ses qualités, de très nombreuses personnes les ont vues.
On ne peut pas dire qu'il était quelqu'un qui, extérieurement, aurait manifesté des actions extraordinaires.
Il n'accomplissait pas des miracles ou ce genre de choses.
Mais c'était les qualités profondes de son esprit que les gens pouvaient voir, dans lesquelles ils étaient touchés.
C'est par là qu'ils avaient cette dévotion que j'ai eue pour lui.
C'est une expérience commune à de très nombreuses personnes.

AURÉLIE GODEFROY :-Revenons plus précisément sur ces qualités.
On parle de l'amour, la foi, la confiance, la ferveur, le respect, le service et le dévouement.
Dites-en un mot.

KHÉMPO DEUNYEU RIMPOCHÉ :-Le premier sentiment sur lequel va être fondée la dévotion, c'est un sentiment naturel de joie qui peut se produire quand on rencontre un maître.
Et dans notre tradition, on dit que ce sentiment reflète un lien positif qui s'était déjà établi dans nos vies passées entre nous-mêmes et ce maître.
Sur la base de ce sentiment de joie, on est amenés à vouloir demander des instructions à ce maître.
Donc, on demande des instructions.
Sur la base de ces instructions, on se met à pratiquer, on développe la foi.
Et petit à petit, je reviens à ce que je disais précédemment, c'est sur la base de la pratique que notre expérience se développe, on voit à quel point les instructions nous sont bénéfiques et c'est là que la dévotion, on peut parler aussi de confiance, devient toujours plus grande et profonde. 
Quelquefois, il arrive aussi qu'une personne rencontrant un maître éprouve immédiatement un sentiment si fort que la personne se met à pleurer, se met à frissonner, et ceci indique un lien très profond qui existait déjà entre le maître et la personne dans les vies passées.
On en a un exemple dans la vie de Milarépa. 
Lorsqu'il cherchait un maître, lorsqu'il a entendu le nom de son maître, Marpa, qu'il ne connaissait pas encore, le fait d'entendre ce nom a généré dans son esprit un sentiment très très fort, ses pensées ont cessé et son esprit a été comme éclairé par la dévotion.
Ça arrive quand ce lien est très très fort entre le maître et le disciple, qu'il y a une maturité qui s'est produite.
Mais pour les personnes ordinaires comme nous, c'est un sentiment progressif qui se développe.
Dans la tradition des tantras que nous suivons, on dit que s'il y a ce sentiment très fort de dévotion du disciple envers le maître, il se produit comme une fusion entre les esprits du disciple et du maître qui est assez forte pour qu'en l'espace d'une vie, le disciple atteigne l'éveil, l'état de Bouddha.

AURÉLIE GODEFROY :-On a le sentiment qu'il s'agit d'un lien karmique entre maître et disciple et que cette dévotion n'est pas à sens unique et que le disciple reçoit une forme de bénédiction ou de grâce, quelque chose de très fort.

KHÉMPO DEUNYEU RIMPOCHÉ :-Effectivement, le disciple reçoit la bénédiction.
Dans cette bénédiction où il y a ce lien entre le disciple et le maître, intervient sous la forme de...
C'est comme une sorte de relation de cause à effet.
Pourquoi la bénédiction peut intervenir ?
Car il y a dans l'esprit du maître toutes les qualités d'élimination des défauts et de développement des qualités spirituelles.
Quand le disciple se tourne vers ces qualités, on dit qu'il reçoit la bénédiction.

AURÉLIE GODEFROY :-Le 17ème Karmapa [Ndr : Orgyen Trineley Dorje], lorsqu'il nous parle de la dévotion, nous enjoint à être très prudents sur le choix du maître en faisant très attention à ses qualités.
Quelles sont les qualités d'un bon maître ?

KHÉMPO DEUNYEU RIMPOCHÉ :-Ce que dit le Karmapa est très important.
Ce ne serait pas une bonne attitude, quand on rencontre un maître, de vouloir aussitôt être son disciple. 
Il faut d'abord l'observer, voir s'il a les qualités requises, s'il est libre de défauts, et c'est une fois qu'on a bien procédé à cette observation qu'on peut s'en remettre à lui et devenir son disciple. 
C'est vrai dans l'autre sens.
Normalement, un maître ne doit pas accepter quelqu'un comme son disciple immédiatement.
Il doit l'observer, voir quelles sont les qualités du disciple. 
Est-ce qu'il sera un bon réceptacle pour recevoir les instructions ou est-ce qu'il est libre de trop de défauts ?
C'est seulement lorsque cette observation mutuelle a été faite que peut vraiment s'établir la relation de maître à disciple.
Mais se précipiter pour devenir le disciple d'un maître sans d'abord avoir observé quelles sont ses qualités, ce serait probablement une erreur.
Il faut ajouter une nuance sur laquelle on insiste dans notre tradition, c'est que de nos jours, il n'y a peut-être pas de maître qui serait libre de défauts et qui n'aurait que des qualités et il n'y a peut-être pas de disciple qui serait libre de défauts.
Donc, il faut observer si les qualités l'emportent sur les défauts.
Si on voit que la balance pèse du côté des qualités, à ce moment-là, on peut établir une relation de maître à disciple.

AURÉLIE GODEFROY :-Ne peut-on pas dire que la dévotion révèle la nature la plus profonde de l'esprit, qu'on soit maître ou disciple ?

KHÉMPO DEUNYEU RIMPOCHÉ :-C'est tout à fait vrai.
C'est la dévotion qui permet de découvrir, de reconnaître la nature profonde de notre propre esprit.
Dans notre tradition, le Mahamudra est un ensemble d'instructions qui permettent de reconnaître notre nature.
Dans cette tradition du Mahamudra, on dit que si on a une dévotion parfaite, cela seul peut suffire pour qu'on réalise la nature de notre esprit.
Donc, on dit que la possibilité qu'on a de réaliser cette nature de notre esprit dépend de la profondeur, de l'intensité de notre dévotion.

AURÉLIE GODEFROY :-A quoi nous engage cette dévotion, cet amour pour notre maître ?

KHÉMPO DEUNYEU RIMPOCHÉ :-L'engagement, c'est de garder toujours un regard pur vis-à-vis du maître.
Si on a une très forte dévotion, on n'a aucun risque de briser cet engagement.
Si notre dévotion est moyenne, on a le risque de voir des défauts dans le maître.
En voyant ses défauts, on brise le lien qui nous unit ou on endommage le lien qui nous unit à lui.
Il peut arriver que, d'un point de vue superficiel, il y ait des défauts dans le maître.
Mais le disciple qui a une foi profonde, même là où les gens ordinaires verront des défauts, lui verra des qualités.

AURÉLIE GODEFROY :-Merci beaucoup, Rimpoché, pour tous ces éclaircissements.
Si vous souhaitez poursuivre cette réflexion, voici quelques livres.
"Petite Guirlande de la dévotion".
Toujours chez Claire Lumière, "Les Routes de la compassion" du 17ème Karmapa.
Et enfin, "Chemins spirituels" de Matthieu Ricard chez Nil Editions.
C'est la fin de l'émission, vous pouvez la revoir 8 jours sur le site Internet de france 2 en consultant Pluzz.fr.
Merci à tous de votre fidélité, très très beau dimanche !

FIN

 

L'EGO
avec Jean-Pierre Faure

Dimanche 23 février 2014 - France 2 de 8h30 à 8h45

L'ego

On dompte son ego, on l'éloigne, et il revient aussitôt. Jean-Pierre Faure, fondateur du monastère zen Kanshoji donne les principales pistes pour déjouer cet égo.

Revoir l'émission avec Youtube (VFST sous-titrée en français) :
http://youtu.be/IfO26df2zFw ou http://www.youtube.com/watch?v=IfO26df2zFw&feature=youtu.be (14'51)

 

Revoir l'émission avec les sous-titres :
https://www.youtube.com/watch?v=wcdibJViXQI

 

et en replay jusqu'au 1er mars 2014

http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html



RÉSUMÉ :

« Chassez l’ego, il revient au galop » pourrait être le titre de cette nouvelle émission Sagesses Bouddhistes, tant cette notion semble éphémère.
On dompte son ego, on l’éloigne et il revient aussitôt.
Jean-Pierre Faure, fondateur du monastère zen Kanshoji et invité de Sagesses Bouddhistes, nous donne les principales pistes pour déjouer cet Ego qui nous tente trop.

Invité : Jean-Pierre faure
Émission présentée par : Aurélie Godefroy

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

AURÉLIE GODEFROY :-Bonjour, nous sommes heureux de vous retrouver sur France 2 pour "Sagesses bouddhistes".
Nous avons souhaité nous intéresser ce matin à la question de l'ego, car comprendre sa nature et son fonctionnement est vital si on souhaite se libérer des causes de la souffrance.
Qu'entend-on par ce terme d'ego ?
Que nous dit Bouddha à ce sujet et comment l'appréhender ?
C'est ce que nous allons voir avec notre invité Jean-Pierre Faure.

JEAN-PIERRE FAURE : -Bonjour.

AURÉLIE GODEFROY :-Vous êtes moine zen soto, disciple de Maître Taisen Deshimaru et abbé du monastère de Kanshoji, un monastère que vous avez vous-même fondé.
Merci d'être avec nous.
Aujourd'hui, on parle beaucoup d'ego, terme souvent galvaudé.
Comment pourrait-on le définir, et comment pourrait-on définir le moi, le soi qui sont des termes qui lui sont souvent associés ?

JEAN-PIERRE FAURE : -Le soi, c'est ce que je suis réellement, totalement, et je n'en ai pas conscience.
Alors que le moi, en grec : ego, moi ou ego, c'est pareil, c'est la conscience de mon existence et la façon dont je me le représente.

AURÉLIE GODEFROY :-Est-ce que Bouddha s'est exprimé sur cette question de l'entité éternelle ?

JEAN-PIERRE FAURE : -Cette question est centrale dans le Bouddhisme.
Il faut se souvenir que, plusieurs fois, Pascète Vaja Gota est allé voir Bouddha en demandant :
« Y a-t-il un soi ou non ? »
Et à la fin, Bouddha a répondu par un silence.
Son disciple Ananda était choqué de cette non-réponse.
Et Bouddha lui dit :
« Ananda, si j'avais dit qu'il y a une entité telle que l'âme, une entité éternelle, quelque chose qui existe, je pense que Vaja Gota serait tombé dans l'hérésie éternaliste qui consiste à croire à une entité éternelle. Si j'avais dit qu'il n'y avait pas de soi, Vaja Gota serait tombé dans l'hérésie nihiliste qui consiste à croire qu'avec la mort tout s'achève. Mais aucun des deux n'est vrai. »

AURÉLIE GODEFROY :-Revenons à l'enseignement de Bouddha, sur l'âme, pourquoi ce silence ?

JEAN-PIERRE FAURE : -Parce que Bouddha s'est toujours méfié des mots.
Il a toujours fait une grande différence entre les mots et ce qu'ils recouvrent.
Pour lui, les mots ne sont pas la vérité, comme trop souvent on aurait tendance à le faire.

AURÉLIE GODEFROY :-Dans le Bouddhisme, on parle de deux réalités.
A quoi correspondent-elles ?

JEAN-PIERRE FAURE : -Bouddha a enseigné selon deux réalités.
Une réalité absolue où je suis fondu, où tous les phénomènes sont fondus dans l'univers et il n'y a personne pour en parler et on n'en dit rien.
Tout au plus, les philosophes bouddhistes, selon les écoles, diront : "Tout est l'esprit, tout est vide."
C'est ce qu'on retrouve dans le sutra du diamant : "Le véritable esprit est celui qui ne s'accroche à rien."
D'un autre côté, une réalité relative, une réalité des apparences où, à ce moment-là, il y a un observateur où je me sépare de la réalité et où je prends conscience de mon existence, de l'existence des phénomènes.
Comment je prends conscience ?
Tout simplement en me voyant moi-même et surtout, en me donnant une représentation de moi-même.
Les six sens qui sont ouverts sur le monde donnent des informations et mon cerveau les recompose et me donne une image, une image de toute chose, mais aussi de moi-même.
C'est le moi.

AURÉLIE GODEFROY :-Ces réalités sont distinctes ?

JEAN-PIERRE FAURE : -Il n'y a qu'une réalité, mais ce sont deux façons de voir.
Il y a l'univers qui existe au plus profond des océans, au fond des galaxies, même si personne ne le voit.
C'est la réalité absolue.
Et puis il y a des moments où je prends conscience d'un phénomène que je n'avais pas vu.
Je l'observe, je m'en fais une image, et ces deux mondes coexistent.
Mais il ne faut pas confondre la réalité absolue dont, tout au plus, je peux avoir une intuition de son existence.
Et puis, bien sûr, la réalité relative, où je me donne des images, je me représente des choses.
Il ne faut pas confondre les deux.

AURÉLIE GODEFROY :-C'est notre attitude qui change.

JEAN-PIERRE FAURE : -Exactement.

AURÉLIE GODEFROY :-Et le moi, dans tout cela, qu'en est-il ?

JEAN-PIERRE FAURE : -C'est précisément quand j'existe.
Ça, c'est une réalité absolue.
Je ne sais pas où s'arrête, où commence mon existence, mais, par contre, je peux prendre conscience que j'existe.
Je me vois maintenant face à vous, et toutes ces informations me font dire il y a quelqu'un, quelque chose et cette entité, je l'appelle moi.

AURÉLIE GODEFROY :-Y aurait-il une opposition entre le moi et le soi ?
Et pouvez-vous me donner un exemple pour l'illustrer ?

JEAN-PIERRE FAURE : -Ce que je suis réellement, je ne le sais pas.
C'est sûr que je suis une forme vivante de l'univers, j'échange ma vie de l'univers, dans l'univers, avec l'univers.
C'est une vérité absolue à laquelle je n'ai pas accès.
Je ne peux en voir que des aspects.
Le meilleur exemple, ce serait de comparer, quand on parle d'une rivière, pour certains, ce serait de dire qu'une rivière, c'est de l'eau qui coule entre deux berges.
Mais si on regarde plus largement, on peut comprendre que le soleil, c'est aussi la rivière.
Le soleil fait évaporer l'eau de l'océan, l'océan fait partie aussi de la rivière.
Cette vapeur d'eau qui se condense sous forme de nuages, qui est poussée par les vents, qui rencontre les reliefs et va se transformer en pluie, tomber, ruisseler sur les gazons, former des ruisseaux et, à la fin, couler dans la rivière.
Cette totalité, c'est cela, la rivière.
Donc trop souvent, notre vision, par le fait qu'on veuille trop représenter les choses, on les réduit énormément.

AURÉLIE GODEFROY :-Justement, cette vision du moi n'est pas liée à notre condition humaine ?

JEAN-PIERRE FAURE : -Si, c'est quelque chose de lié à l'apparition de l'être humain.
L'être humain est un animal réflectif.
Il peut se réfléchir lui-même, prendre conscience qu'il existe et aussi se représenter son existence.
Ça, c'est la spécificité de l'être humain.

AURÉLIE GODEFROY :-Concrètement, comme pour d'autres religions, faut-il essayer de tuer l'ego ?
Est-ce possible ?

JEAN-PIERRE FAURE : -On ne peut pas tuer l'ego.
L'ego, c'est lié à la complexité de notre système neuronal qui nous permet de nous voir nous-mêmes.
Donc l'ego disparaît avec la mort.
Tout au plus, ce qu'on peut comprendre, c'est que l'ego est parfois utile, mais il n'est pas nécessaire.

AURÉLIE GODEFROY :-Il ne faut pas le tuer, mais on parle d'égoïsme, on le dénonce comme un vilain défaut, quel est le lien entre l'ego et l'égoïsme ?

JEAN-PIERRE FAURE : -Je me représente la situation.
Je me représente moi-même dans cette situation.
Je me représente et cette situation, dans le futur, j'en viens à établir une stratégie.
"Si je fais ci ou ça, je vais obtenir le meilleur pour moi-même."
Cette stratégie, ces calculs, c'est ce qu'on appelle l'égoïsme.
Ce sont des calculs centrés sur moi pour moi.
Il faut bien sûr savoir les contrôler.

AURÉLIE GODEFROY :-Pour les contrôler, il faut les comprendre.
Quel est le mécanisme ?
Comment ça marche ?

JEAN-PIERRE FAURE : -Il faut savoir que notre inconscient est parfumé et coloré par l'avidité et l'aversion, avidité et aversion qui viennent de situations passées, qui ont été vécues, motivées.
Et quand l'inconscient se lève face à une situation, sous forme de désir ou de rejet, il faut être conscient de cette situation, savoir qu'il y a une tendance à agir vers l'égoïsme, à se retrouver enfermé, ne pensant qu'à soi et rencontrant tôt ou tard la souffrance.

AURÉLIE GODEFROY :-Est-ce que l'ego nous pousse toujours vers l'égoïsme du coup ?

JEAN-PIERRE FAURE : -Non, l'ego n'est ni bien ni mal.
C'est cette capacité, c'est le fruit de cette capacité réflexive et de se représenter soi-même.
Il peut même nous emmener à la libération.
L'ego peut être au service du mal, mais il peut être au service du bien et, dans certaines situations, si j'entends l'enseignement de Bouddha, en ce qui me concerne, si j'en vois le bien-fondé, si je suis poussé à vouloir le pratiquer, à suivre les préceptes, je suis exactement animé par mon ego et par le mental qui lui est associé, je suis entraîné, poussé dans la pratique de la libération.

AURÉLIE GODEFROY : -Est-ce que l'ego est toujours à l'œuvre ?
Est-ce qu'il y a des moments de répit ?

JEAN-PIERRE FAURE : -J’existe.
Tout le temps, j'existe, mais à des moments j'ai conscience de mon existence, je me représente dans cette situation et je me dis : « C'est utile ».
Mais à d'autres moments, j'existe et je n'ai pas conscience de mon existence.
C'est un moment privilégié.
Je suis ravi.
C'est un moment de ravissement.
Je suis ravi à mon ego, je suis ravi au contrôle de mon ego.
Cette situation est importante car quand, dans d'autres moments, je serai dans la souffrance, dans des flux toxiques, perdu dans mes représentations mentales à chercher un chemin alors qu'il n'y en a pas, je serai content de savoir qu'il y a une possibilité de retourner à cette existence pure d'où l'ego est absent.

AURÉLIE GODEFROY :-Pour conclure cette émission, comment l'ego doit-il être géré pour éviter toute souffrance ?

JEAN-PIERRE FAURE : -L'ego doit être vu comme quelque chose qui peut se rigidifier.
On peut penser à partir de la pensée et continuer de pensée en pensée, nourri par l'avidité et l'aversion et arriver à des schémas rigides.
Et là, bien sûr, cette rigidité nous coupe, nous enferme, nous sépare de la réalité, donc tôt ou tard nous emmène à la souffrance.
Mais si on comprend qu'il est normal qu'il y ait des représentations de moi et de la situation à chaque instant, mais qu'une infinité de représentations, une infinité d'ego coule au gré des circonstances, alors je suis libre.
Je ne suis pas affecté par mon ego parce que je ne tombe pas dans les stratégies égoïstes.
D'un autre côté, il y a un moment où l'ego ne sert à rien et il faut le garder présent à l'esprit.
Les situations existentielles que nous allons rencontrer un jour ou l'autre, comme la naissance d'une situation nouvelle que je ne désirerais pas, la fin d'une situation que, bien sûr, je ne voudrais pas non plus, le fait que je rencontre la vieillesse et même un jour la mort, il faut comprendre que pour se glisser dans ces situations où on ne peut rien, qui ne sont pas à gérer par les stratégies de l'ego, mais par une acceptation totale, il s'agit de retourner à la réalité absolue, de retourner au monde du non- né, c'est-à-dire au monde où l'ego est totalement absent et n'est pas utile.
C'est en ce sens qu'il faut savoir, à des moments, comprendre le côté utilitaire de l'ego pour gérer notre relation aux autres, pour établir un avenir, mais à d'autres moments savoir que l'issue bouddhiste est de retourner au vrai soi.

AURÉLIE GODEFROY :-Merci beaucoup.

JEAN-PIERRE FAURE : -Merci beaucoup.

AURÉLIE GODEFROY :-Vous pouvez revoir cette émission sur le site Internet de France 2 sur pluzz.fr
Nous étions heureux de vous accueillir.
On se retrouve dimanche prochain.

 

 

Information complémentaire :
Monastère Zen Kanshoji 24450 La Coquille. Site Internet : www.kanshoji.org

 

 

 

LA COPRODUCTION CONDITIONNÉE DANS LE BOUDDHISME ANCIEN (2/2)
avec Dominique Trotignon

Dimanche 16 février 2014 - France 2 de 8h30 à 8h45

La coproduction conditionnée dans le bouddhisme ancien - seconde partie

Après avoir abordé le mécanisme de la "coproduction conditionnée", "Sagesses bouddhistes" examine l'impact que peut provoquer cette notion fondamentale sur la vision du "moi".


Revoir l'émission avec Youtube (VFST sous-titrée en français) :
http://youtu.be/Wd4vM-6Wzgo (14'50)

 

 

et en replay jusqu'au 22 février 2014

http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html






RÉSUMÉ :

Après avoir abordé le mécanisme de la coproduction conditionnée, gros plan sur l'impact que peut provoquer cette notion sur la vision du moi au quotidien pour mieux comprendre la souffrance qui peut en résulter.

Invité : Dominique Trotignon
Émission présentée par : Aurélie Godefroy

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

AURÉLIE GODEFROY :-Bonjour et bienvenue sur le plateau de "Sagesses bouddhistes" pour la suite des émissions sur la coproduction conditionnée dans la tradition du Bouddhisme ancien.
Nous avons vu son mécanisme et nous allons examiner son impact sur notre vision du moi au quotidien et mieux comprendre la souffrance qu'il en résulte.
En quoi le moi est-il soumis à ça ?
Quelles réactions en découlent ?
Que propose le Bouddhisme dans ce cadre ?
C'est ce que nous allons voir avec notre invité. Dominique Trotignon, bonjour.
Vous pratiquez le Bouddhisme theravada depuis plus de 30 ans et vous êtes le directeur de l'Institut d'Etudes Bouddhiques.
Pouvez-vous nous rappeler ce qu'est.

DOMINIQUE TROTIGNON :-C'est beaucoup plus simple que ce que le terme laisserait penser.
Cela veut simplement dire que les phénomènes apparaissent en fonction d'un certain nombre de conditions.
C'est aussi simple que ça. Les choses ne se produisent pas d'elles-mêmes, mais que si certaines conditions sont réunies qui vont provoquer leur apparition.

AURÉLIE GODEFROY :-Quand on parle de phénomène, on parle de "moi".
Pouvez-vous définir de quoi il s'agit ?

DOMINIQUE TROTIGNON :-La coproduction concerne tous les phénomènes.
Pour le Bouddhisme, le moi n'existe pas comme une entité éternelle.
C'est aussi un phénomène qui apparaît sous certaines conditions.
Quand on parle de "moi", c'est plutôt l'image qu'on a de soi.
Lorsque je dis "moi, je", j'essaie de projeter dans mon discours ce que je crois être moi.
C'est pas forcément mon moi réel, mais c'est l'image que j'en ai.
Et cette image se construit à chaque instant à partir d'identifications : à son corps, à ses idées, à ses sentiments, etc.
Comme tous ces phénomènes-là sont impermanents, mouvants, changent à chaque instant, l'idée que je me fais de moi et que je vais essayer de renvoyer aux autres va aussi changer.

AURÉLIE GODEFROY :-Ce sont des fabrications mentales ?

DOMINIQUE TROTIGNON :-Exactement. On appelle ça une construction mentale.
Quand on dit dans le Bouddhisme que le soi n'existe pas, pour dire les choses plus précisément il faudrait dire qu'il existe à chaque instant et à chaque instant il est différent.
Pour prendre un exemple, un instant je me considère comme quelqu'un d'heureux, puis, suite à un évènement, je me considererai comme malheureux ou j'étais amoureux d'une personne et je me mets à la détester.
Tout cela participe à l'idée que je me fais de moi et cette image est construite à chaque instant.

AURÉLIE GODEFROY :-On peut se demander s'il n'y a pas un décalage entre le moi essentiel et cette image qui pourrait peut-être générer une forme de souffrance ou de mal-être.

DOMINIQUE TROTIGNON :-C'est le discours du Bouddha. La cause de la souffrance, c'est ce décalage entre la réalité et le souhait que j'ai que ce moi existe de façon indépendante des circonstances.
Donc on est sans arrêt en porte-à-faux entre cette réalité qui change à chaque instant et l'espoir, le désir que j'ai que ce moi soit toujours équivalent.
Si je reprends l'exemple de la personne amoureuse, on a défini l'image de soi comme: "J'aime quelqu'un", on a défini la personne de l'autre comme : "Elle est amoureuse de moi", et on voudrait que ce soit permanent et on refuse que les choses puissent changer, que ce soit de mon côté, du sien ou du côté des circonstances.
Et c'est ce décalage entre la réalité telle qu'elle est et les idées que je me fais de cette réalité, la réalité telle que je voudrais qu'elle soit, qui provoque l'insatisfaction qu'on traduit dans le Bouddhisme par "souffrance".

AURÉLIE GODEFROY :-N'est-ce pas dû aussi a un excès d'attachement à ce moi ?

DOMINIQUE TROTIGNON :-Il y a les deux aspects.
Il y a l'attachement au passé et le désir pour le futur.
En fait, on est toujours dans la situation présente.
Soit on se tourne vers le passé, "Je voudrais rester le même, "ce que j'ai été, donc je refuse "de changer" ou alors "Je veux rester comme je suis dans l'avenir "et là aussi je refuse de changer."
Que ce soit l'attachement au passé ou la projection dans le futur, on est toujours, là, dans un refus de la réalité qui elle est soumise à l'impermanence et au changement.

AURÉLIE GODEFROY :-Comme on est toujours en train de construire ce moi, notre responsabilité semble évidente.
N'est-ce pas un aspect essentiel ?

DOMINIQUE TROTIGNON :-Cette responsabilité, c'est ce qu'on appelle le karma.
Le terme de karma, on pourrait le traduire par "acte de création", on parle de construction, c'est au karma qu'on fait allusion. 
C'est vraiment la racine du mot.
C'est la même idée que création.
Et ce que dit le Bouddhisme à travers cette notion de karma, c'est qu'on construit le moi à chaque instant, mais les conditions de ces constructions changent a chaque instant aussi. 
Dès qu'on a construit le moi, on voudrait qu'il perdure, mais le problème, c'est que la réalité va changer et nous serons en porte-à-faux.
On doit donc réadapter notre idée aux nouvelles circonstances, donc nous construisons un nouveau moi.
Et à nouveau les conditions vont changer et on va reconstruire. 
C'est ce processus qu'on appelle le processus de renaissance.
On donne naissance à chaque instant à un moi qu'on voudrait permanent.
Mais on est obligé, même inconsciemment, de le reconstruire et ce moi qu'on voudrait permanent se retrouve l'instant d'après en porte-à-faux. 
Si on voulait être en accord avec son moi, il faudrait accepter de le construire à chaque instant, que le moi précédent a disparu et que le suivant sera différent.
En fait, il faut accepter ce changement. 
Et un moi, ça n'existe pas.
On a un moi par instants. 
Et il y a une expression dans l'enseignement bouddhique, notamment dans l'enseignement qu'on transmet en Chine, où Bouddha demande à des moines "Combien de temps vit-on ?"
Le premier dit : "On vit de la naissance à la mort". "Non."
Le deuxième dit: "On vit le temps d'un repas, "le temps qu'on s'alimente." Bouddha a dit : "C'est mieux, mais pas tout à fait juste."
Le troisième dit : "On vit à chaque respiration" et Bouddha lui dit : "Tu as compris."
Notre moi ne dure pas plus longtemps qu'une respiration.

AURÉLIE GODEFROY :-Le problème, ce n'est pas un manque de flexibilité ? C'est ce qu'on ressent.

DOMINIQUE TROTIGNON :-On peut voir ça comme ça. C'est un manque d'acceptation du changement.
C'est le décalage encore une fois entre ce qu'on voudrait que les choses soient et ce qu'elles sont.

AURÉLIE GODEFROY :-En quoi le fait d'appréhender cette coproduction conditionnée, de la comprendre, peut influer sur la pratique du Bouddhisme ?
Ça ne peut pas nous aider?

DOMINIQUE TROTIGNON :-L'essentiel de la pratique bouddhique, c'est d'appliquer à notre façon de voir le monde et nous-mêmes ce principe.
C’est-à-dire, dans notre relation à nous-mêmes, dans la relation qu'on a aux autres, au monde, accepter qu'à chaque instant ce monde change parce que tous ces phénomènes qui font le monde, les autres ou moi-même, sont conditionnés à chaque instant de façon différente. 
Pour reprendre l'exemple de la personne amoureuse, d'une rencontre à l'autre, admettre qu'on ne va pas connaître le même sentiment que la fois précédente. 
La personne en face de nous a changé.
Nous-mêmes, on a changé.
Donc l'amour qui peut s'exprimer ne s'exprimera pas de la même façon.
Il n'y aura peut-être pas les conditions pour ça, mais la fois suivante, il s'exprimera d'une autre manière.
C'est cette aptitude à être toujours dans une certaine innocence vis-à-vis de ce qui va se produire.
"Tout ce que je pense des choses ne rend pas compte "de ce qu'elles sont en réalité."

AURÉLIE GODEFROY :-En quoi la méditation peut nous y aider ?

-La méditation nous permet de prendre conscience de ce processus de crispation.
On voit dans la méditation, si on observe ce qui se produit dans l'esprit, comment un phénomène se produit en fonction des conditions et comment l'esprit d'un seul coup se met à bavarder sur lui, à créer une image et c'est à partir de cette image qu'il va réagir en disant : "J'aime bien."

AURÉLIE GODEFROY :-Donc c'est la saisie qui se produit ?

DOMINIQUE TROTIGNON :-C'est ce qu'on appelle construction ou bavardage mental.
C'est tout ce qu'on va rajouter sur la réalité.
Et la méditation, le fait de se focaliser sur l'esprit et de calmer l'esprit, permet de voir ce processus à l'œuvre et, quand on le voit, on en est moins dupe.

AURÉLIE GODEFROY :-Est-ce qu'un des problèmes, ce n'est pas aussi finalement qu'on a du mal à voir l'ensemble de toutes ces conditions ?

DOMINIQUE TROTIGNON :-Effectivement, un des points sur lesquels Bouddha insiste, c'est cette idée de conditions multiples qu'on est incapables de voir, mais de savoir qu'elles sont multiples pour ne pas rester focalisé sur la loi de cause à effet.
Non, il y a toujours des conditions et, parmi elles, les plus importantes dépendent de nous.

AURÉLIE GODEFROY :-Précisons que cela est propre au Bouddhisme theravada et qu'on ne le retrouve pas dans le Bouddhisme tibétain ou dans d'autres traditions.

DOMINIQUE TROTIGNON :-Il y a un accent particulier dans les textes anciens de l'école theravada pour cette présentation

AURÉLIE GODEFROY :-J'aimerais qu'on revienne sur ce terme de coproduction conditionnée, car on parle de conditionnement et de coproduction conditionnelle.
Il y a une différence ?

DOMINIQUE TROTIGNON :-Il n'y a pas de grosse différence.
On va insister sur un point du terme original.
Coproduction conditionnée ou conditionnelle, le conditionnel montre que les conditions ne sont pas toujours réunies et qu'elles-mêmes sont conditionnées.
Quand on emploie conditionné, on a l'impression que la coproduction est conditionnée.
Avec conditionnelle, c'est non seulement la production, mais la réunion des conditions.
Donc on rajoute une interprétation.
C'est vraiment ça sur lequel Bouddha insiste le plus, c'est que tout est conditionné, donc il n'y a rien de stable.

AURÉLIE GODEFROY :-Bouddha nous met en garde en même temps ?

DOMINIQUE TROTIGNON :-Evidemment, car notre réflexe le plus courant est de penser que les choses ont une certaine permanence sur laquelle on puisse s'appuyer.
Or Bouddha sape tout point d'appui.
Il nous incite, il nous oblige, si on met son enseignement en pratique, à être à neuf à chaque évènement qui se produit à chaque instant, que ce soit dans notre façon ou de considérer tout ce qui nous entoure.

AURÉLIE GODEFROY :-Ce qui est tout à fait révolutionnaire.

DOMINIQUE TROTIGNON :-Ça reste le message unique du Bouddhisme par rapport aux autres religions, car généralement, les religions proposent au contraire quelque chose de stable, une explication comme une éternité qui pose une éternité, quelque chose sur lequel on puisse s'appuyer.
Une philosophe française qui étudiait le Bouddhisme disait que la particularité du Bouddhisme, c'était pas de trouver une solution à la mort, mais de dire qu'on meurt à chaque instant et tant qu'on le refuse, tant qu'on ne l'aura pas vécu, tant qu'on cherchera une solution, on souffrira.
On n'est pas dans une résolution du problème, mais dans la confrontation au problème, car c'est ce refus du problème qui fait qu'on souffre.

AURÉLIE GODEFROY :-Merci, Dominique Trotignon.

DOMINIQUE TROTIGNON :-Je vous en prie.

AURÉLIE GODEFROY :-Pour clore ces émissions, voici quelques ouvrages.
"Le grand livre du Bouddhisme" d'Alain Grosrey chez Albin Michel.
"La voix du Bouddha" d'André Bareau, un livre qui recense les écrits fondamentaux du Bouddhisme, des sources sûres pour connaître ce que fut la vie du Bouddha et son enseignement.
Enfin "La parole du Bouddha" par Nyanatiloka, une explication détaillée de la doctrine du Bouddha.

Vous pouvez revoir cette émission sur le site Internet de France 2 sur pluzz.fr rubrique France 2.
Merci de nous avoir suivi.
Je vous souhaite un très beau dimanche.


LA COPRODUCTION CONDITIONNÉE DANS LE BOUDDHISME ANCIEN (1/2)
avec Dominique Trotignon

Dimanche 9 février 2014 - France 2 de 8h30 à 8h45

La coproduction conditionnée dans le bouddhisme ancien - première partie

Photo



Revoir l'émission avec Youtube (VFST sous-titrée en français) :
http://www.youtube.com/watch?v=bIPguFb0BRI (14'50)

 






RÉSUMÉ :

La coproduction conditionnée, dans la tradition du bouddhisme ancien, est un élément central de la doctrine, bien souvent incompris.
Dominique Trotignon, directeur de l'Institut d'Etudes bouddhiques, spécialiste du bouddhisme Theravada, en explique le subtil mécanisme.

Invité : Dominique Trotignon
Émission présentée par : Aurélie Godefroy

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

AURÉLIE GODEFROY :-Bonjour.
Merci d'être là ce dimanche pour la première des deux émissions consacrées à la co-production conditionnée, dans la tradition du bouddhisme ancien expliquant que rien n'est sans cause et rien n'est sa propre cause.
Cela prête à confusion.
Quel est le mécanisme ?
Pourquoi est-il central ?
Comment l'aborder? 
Dominique Trotignon, bonjour.

DOMINIQUE TROTIGNON :-Bonjour.

AURÉLIE GODEFROY :-Merci d'être là.
Vous pratiquez le bouddhisme depuis 30 ans, dans la tradition theravada.
Vous dirigez l'IEB, Institut d'Etudes Bouddhiques.

DOMINIQUE TROTIGNON :-Oui.

AURÉLIE GODEFROY :-Pouvez-vous nous expliquer en quoi est-ce  central, essentiel, dans la doctrine du bouddhisme ?

DOMINIQUE TROTIGNON :-Car c'est l'enseignement le plus innovant du Bouddha.
Ça singularise l'enseignement bouddhique.
C'est la particularité du Bouddha dans le contexte indien de l'époque mais aussi par rapport aux religions du monde.
Cet enseignement spécifique au bouddhisme marque son originalité.

AURÉLIE GODEFROY :-On le voit dans la traduction en sanskrit, assez révélatrice.
Comment traduit-on ce terme ?

DOMINIQUE TROTIGNON :-Le terme sanskrit est un peu compliqué.
Précisément c'est : Commençons par "samutpada" "Utpada" signifie "apparaître, apparition". 
On pourrait traduire "Sam" par "ensemble, avec, simultanément".
"Pratitya", c'est une forme complexe qui veut dire qu'un certain nombre de choses viennent ensemble, se réunissent en fonction les unes des autres.
Quand on a l'intégralité du mot, ça veut dire que quelque chose est produit, apparaît simultanément à un concours de circonstances, de conditions.
"Concours" au sens de "venir ensemble".
C'est l'idée générale du terme.
On traduit par "co-production conditionnée ou conditionnelle".

AURÉLIE GODEFROY :-Ça signifie que toutes les conditions sont nécessaires.

DOMINIQUE TROTIGNON :-Oui, l'idée principale du Bouddha est qu'il n'y a pas une cause qui produit un effet.
Il y a un ensemble de conditions qui produisent de multiples effets.
A chaque fois qu'on considère un phénomène en particulier, il n'a pas une seule cause, comme on l'envisage souvent, mais tout un ensemble de conditions qui concourent à l'apparition de ce phénomène.
On appelle "phénomène" ce que l'on peut appréhender par les sens.
Les sens physiques mais aussi le sens mental.
Une idée, par exemple, un concept, c'est aussi un phénomène pour le bouddhisme.
Tous ces phénomènes n'existent pas en eux-mêmes, de toute éternité.
Ils sont des productions et les productions d'un ensemble de conditions.

AURÉLIE GODEFROY :-Pourquoi ce terme est-il trompeur dans notre vision occidentale ?
Une confusion règne souvent.

DOMINIQUE TROTIGNON :-Le problème vient souvent quand pour "coproduction conditionnée", on utilise le terme "interdépendance" qui pose problème car on imagine une dépendance mutuelle des choses.
L'élément A a une influence sur l'élément B et réciproquement, B a une influence sur A.
Ça c'est l'interaction ou l'interdépendance, pas la "coproduction conditionnée" qui signifie qu'il y a un ensemble de phénomènes qui provoquent l'apparition d'un autre phénomène qui n'agit pas sur les phénomènes l'ayant conditionné.

AURÉLIE GODEFROY :-Pas de réciprocité.

DOMINIQUE TROTIGNON :-Non. Voilà l'idée de base de l'enseignement bouddhique.
L'enseignement des conditions provoquant l'apparition d'un phénomène.

AURÉLIE GODEFROY :-Vous avez l'exemple du pommier.

DOMINIQUE TROTIGNON :-Je l'utilise pour montrer aux Occidentaux que la loi de co-production conditionnée n'est pas la loi de cause à effet.
Expression parfois employée par simplification et c'est dommage.
En voyant un pommier, on pense que c'est le résultat d'un processus qui a comme point d'origine la graine, le pépin de pomme.
Le pépin serait la cause et le pommier, l'effet.
On a l'idée d'une évolution linéaire d'une cause produisant un effet.
A la lumière ce pommier ne peut s'expliquer par le seul pépin de pomme car ce pépin a besoin de la terre pour germer, de la pluie, de la lumière du soleil, de la chaleur, d'une certaine température.
Pour être fécondé et devenir un pommier fructifié, il a besoin des abeilles qui vont butiner les fleurs.
C'est un ensemble de conditions qui interviennent pour que nous ayons un pommier aujourd'hui devant nous.
La deuxième idée importante dans le bouddhisme, c'est de dire qu'à chaque instant de ce que nous prenons pour une évolution, les conditions changent.
Ces conditions multiples changent à chaque instant.
On n'a pas un phénomène qui évolue mais une succession de phénomènes qui se suivent chronologiquement.
Ce n'est pas une graine qui devient un pommier.
C'est une graine qui, soumise à des conditions, devient un germe qui devient une pousse qui devient un arbrisseau qui devient un arbre qui devient un arbre fructifiant
A chaque fois, on a autant de phénomènes qu'on a d'instants.
Les conditions, à chaque fois, sont différentes.
L'abeille est une condition nécessaire, mais pas suffisante, à un seul moment de cette progression.
Ce n'est pas dès le début ni juste à la fin, mais au moment où les fleurs doivent être fructifiées.

AURÉLIE GODEFROY :-Prenons un autre exemple. Nos états d'âme.

DOMINIQUE TROTIGNON :-La loi générale de co-production conditionnée.
Parmi tous ces phénomènes, il y a ce phénomène particulier appelé "moi, je".
Pour le Bouddha, et pour le bouddhiste depuis, ce "moi" n'est pas existant en soi.
Ce n'est pas une chose donnée de toute éternité.
C'est une idée qu'on se fait de soi-même et qui dépend elle aussi de conditions.
La preuve est facile à considérer.
C'est que tout au long de notre vie, nous nous considérons différemment.
Entre le bébé encore sans concepts, l'enfant, l'adolescent, l'adulte, le vieillard, l'idée que nous avons de nous-mêmes est très différente, d'un instant à l'autre.
Si on replace dans l'enseignement sur le "moi" du bouddhisme, on dira qu'il y a 5 éléments principaux sur lesquels on se fonde pour bâtir l'idée de "moi".
Ces éléments sont les conditions de construction du "moi".
L'aspect physique, la façon dont nous nous reconnaissons dans un corps.
Notre vision de nous-mêmes peut changer en fonction des circonstances.
Si on a un bouton, ça a beau être sa peau, du fait que ça prenne la forme d'un bouton, on estime que ce n'est plus soi.
Il y a toutes nos émotions, toutes nos opinions, tous nos sentiments qui participent de cette construction qui est conditionnée par tous ces éléments qui changent très vite, à tout instant.

AURÉLIE GODEFROY :-Bouddha en a-t-il parlé

DOMINIQUE TROTIGNON :-C'est son enseignement central qu'on retrouve dans les textes les plus anciens.
Il y a une évolution au fil des siècles.
Dans les textes les plus anciens, on parle de cette condition. 
Le Bouddha s'oppose à ses contemporains qui enseignent la cause unique et la cause passée. La cause unique serait l'idée que le pommier est dû juste au pépin de pomme, en oubliant toutes les autres conditions.
C'est la première chose.
La cause passée, c'est de dire que le pépin est l'origine du pommier qui apparaîtra 15 ans plus tard. On pose comme condition d'apparition du pommier une cause qui aurait 15 ans d'âge.
Pour le Bouddha, non.
La cause du pommier actuel, c'est les conditions qui sont juste avant.
C'est l'idée du "sam".
On peut l'interpréter comme "simultané".
A chaque instant, les conditions sont juste présentes et celles-ci influent l'événement qui va se produire.
On a un phénomène différent à chaque fois.
On n'a pas un phénomène qui évolue. 
On a des phénomènes qui sont différents les uns des autres mais le phénomène actuel n'aurait pas pu se produire sans le phénomène précédent qui n'aurait pu se produire.
On remonte au pépin de pomme qui conditionne le pommier. 
Il n'est pas la cause.
Il est une des conditions.

AURÉLIE GODEFROY :-En vous écoutant, on pense à la notion de karma.
Quel est le lien ?

DOMINIQUE TROTIGNON :-C'est différent, selon les écoles bouddhiques.
Selon les textes anciens, le karma est soumis à la loi de co-production conditionnée, comme tous les phénomènes.
Un karma est une condition d'apparition de ce qu'on appelle le fruit du karma.
Mais c'en est une parmi d'autres.
Prenons l'exemple d'un sentiment désagréable, que je vais comprendre comme résultat d'un karma antérieur.
Ce karma antérieur, c'est un état d'esprit négatif que j'ai cultivé pendant une série d'événements successifs qui m'ont donné l'habitude de ressentir les choses négativement.

AURÉLIE GODEFROY :-C'est un phénomène répétitif.

DOMINIQUE TROTIGNON :-Oui. Cela va être important pour le Bouddha.
Si l'on est dans cette idée que la condition est une cause immédiate, on ne peut pas accuser une pensée qui vient d'une vie antérieure ou même de mon l'enfance.
J'ai cet état d'esprit négatif car je suis avec quelqu'un qui a fait une chose déplaisante, car je suis fatigué, car j'ai mal mangé...
Ce sont les conditions extérieures.
Il y a la condition interne que j'ai pris une habitude mentale, que j'ai une tendance négative. Tendance qui, par sa répétition, trouvera les conditions extérieures favorables pour donner naissance à ce fruit qui va être désagréable pour moi.
C'est valable pour les choses positives.
Quand les conditions favorables sont réunies, si j'ai cet état d'esprit positif va trouver les conditions extérieures pour créer une situation mentale agréable.

AURÉLIE GODEFROY :-On verra après comment la compréhension influe sur notre pratique.
Ne peut-on pas se dire qu'on vit dans une réalité conventionnelle ?
Le statut du bébé, de l'enfant, du vieillard sont des étiquettes.

DOMINIQUE TROTIGNON :-Bouddha met ça aussi en cause.
Quand on fait une idée de "moi" ou des phénomènes, on donne une étiquette qui donne l'idée d'une permanence des choses.
Quand on appelle une table une table, on ne voit pas que d'instant en instant, elle peut être différente.
En donnant un nom à une personne, on ne voit pas ce qui peut la différencier à chaque instant, selon les conditions.
On se fixe sur l'idée qu'on se fait d'elle.
L'exemple des différents noms qu'on se donne en vieillissant, est très symptomatique de ce point de vue car à quel moment, le bébé devient un enfant et l'enfant un adolescent ?
C'est purement conventionnel.
Là, on a bien des phénomènes successifs et à un moment, par convention, on a décidé que, quand certaines conditions sont réunies, on parle d'un adolescent et non d'un enfant, puis d'un adulte.
La question ultime peut se poser.
On parle d'un être vivant, d'un être mort.
Mais quand est-on mort ?
La science nous donne une réponse.
Le bouddhisme en donne une autre, ne s'appuyant pas sur les mêmes conditions d’attribution de ce nom.

AURÉLIE GODEFROY :-Merci, Dominique Trotignon.

DOMINIQUE TROTIGNON :-De rien.

AURÉLIE GODEFROY :-Pour finir, je vous propose des ouvrages.
Le deuxième tome du Sutta-pitaka issu du Canon Pali, le ‘‘Digha-nikaya’’, traduit par Môhan Wijayaratna. Lis éditions.
‘‘La Doctrine Bouddhique de la Re-naissance’’ par le vénérable Narada Thera. Editions Adrien Maisonneuve.
‘‘La co-production conditionnée transcendante’’ de Bhikkhu Bodhi, distribuée par le Refuge.

Vous pouvez revoir l’émission pendant une semaine sur Internet.
A la semaine prochaine pour la suite de cette émission.

 

 


Vers une éducation du cœur et de l'esprit
avec Matthieu Ricard

Dimanche 2 février 2014 - France 2 de 8h30 à 8h45

Vers une éducation du cœur et de l'esprit

Photo

Revoir l'émission avec Youtube (VFST sous-titrée en français) :
http://www.youtube.com/watch?v=oRNL7_j17Rk (14'47)

et en replay jusqu'au 8 février 2014

http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html (14'47)

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RÉSUMÉ :

On apprend souvent aux enfants plus un «savoir faire» qu'un «savoir être», pourtant à la base de toute bonne éducation.
Comment développer certaines qualités et favoriser les comportements positifs chez les enfants afin de leur permettre d'acquérir très tôt, des sentiments non égoïstes, synonymes de partage et de mieux vivre ensemble, en famille et dans la société ?

Émission présentée par : Aurélie Godefroy

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

- Bonjour et bienvenue. "Sagesses Bouddhistes" évoque avec Matthieu Ricard l'apprentissage des comportements altruistes.

AURÉLIE GODEFROY :-Bonjour à toutes et à tous.
Nous sommes ravis de vous retrouver sur notre plateau pour une émission sur l'éducation dans Ie cadré de notre série consacrée à la jeunesse.
On apprend souvent aux enfants un savoir-faire et non un savoir-être.
L'éducation ne devrait-elle pas permettre aux enfants d'actualiser le meilleur en eux ?
Les enfants qui s'entraident obtiennent de meilleurs résultats scolaires.
Comment encourager l'altruisme ?
Comment envisager une éducation qui ne soit plus basée sur la compétition ?
J'accueille, pour en parler, Matthieu Ricard.

MATTHIEU RICARD :-Bonjour.

AURÉLIE GODEFROY :-Vous vivez dans l'Himalaya depuis 1972.
Vous avez reçu l'enseignement de Kangyour Rinpoché.
Vous vous occupez de projets humanitaires au Tibet, au Népal et en Inde.
Et vous venez de publier "Plaidoyer pour l'altruisme", où vous parlez d'éducation, ce qui pour vous, est essentiel.
Vous mettez en exergue une phrase d'Aristophane.
« Enseigner, ce n'est pas remplir un vase, c'est allumer un feu. »
Pourquoi cette citation ?

MATTHIEU RICARD :-L'éducation moderne, principalement, vise à développer des qualités comme d’aiguiser l'intelligence, réussir aux examens.
Une certaine discipline, ce qui est excellent.
Et aussi à accumuler un grand nombre d'informations. 
Et si on demande aux parents : « Que souhaitez-vous pour vos enfants ? »
Ils disent : « Que mon enfant s'épanouisse dans l'existence, soit une bonne personne, réussisse sur le plan humain. »
Et entre ce qu'on enseigne et ce qu'on attend de l'éducation, ça ne correspond pas tout à fait.
Donc, allumer un feu, c'est donner un sens à l'existence, une direction, une joie de poursuivre son chemin à chaque instant de l'existence.
Pas seulement d'accumuler des informations, bénéfiques ou pas.

AURÉLIE GODEFROY :-C'est aussi cultiver certaines qualités. Notamment celle de l'altruisme.
Est-ce une qualité innée ?

MATTHIEU RICARD :-Pendant longtemps, certains ont prétendu ou affirmé que les enfants étaient extrêmement égoïstes, que l'empathie n'arrivait pas avant l'âge de 7 ans, etc.
En fait, toutes les études récentes bien menées ont montré que les enfants sont des coopérateurs inconditionnels.
Si on fait tomber quelque chose, les enfants se précipitent pour aider.
Les enfants, si on leur montre des personnages dont certains sont bienveillants et d'autres sont violents, ils préfèrent, de beaucoup, les personnes bienveillantes.
On a montré que quand on donne un bonbon à un enfant et qu'on propose de le donner à un autre, ceux qui préfèrent donner, leurs expressions faciales et leur comportement...
Ils sont beaucoup plus contents de donner que de recevoir.
Toutes sortes de facteurs montrent que même sans l'influence des parents...
Car les récompenses diminuent cet élan spontané.
Là, ils le font pour le plaisir.
Après, les normes sociales se mettent en place.
Mais spontanément, c'est dans l'ADN des enfants de vouloir coopérer.

AURÉLIE GODEFROY :-Donc, ceci doit être ensuite cultivé.
Et vous parlez d'éducation coopérative.

MATTHIEU RICARD :-Il faut favoriser ce potentiel.
Car vers l'âge de 5 ans, les enfants discriminent entre ceux qui les traitent bien ou pas bien.
Mais ils peuvent se renfermer.
L'éducation moderne met l'accent sur la compétition. Classements...
Il faut réussir. Et dans certaines cultures, notamment à Hong Kong ou en Corée du Sud, c'est un drame si l'enfant n'est pas dans les cinq premiers.
Donc, l'éducation coopérative, qu'est-ce que c'est ?
Vous allez, plusieurs fois par jour, faire des groupes de 5-6 enfants.
Vous mettrez des bons élèves avec des moins bons, des garçons avec des filles, etc.
Puis la leçon sera divisée en 5 parties. Chaque enfant étudiera durant 10 minutes.
Les meilleurs élèves aident les autres.
Ça donne de meilleurs résultats scolaires, mais aussi une bonne atmosphère humaine, moins de conflits, moins de brimades.
C'est un problème, dans les écoles, les brimades. Si les enfants sont solidaires, il y a moins de brimades.
De la même façon, les rapports avec les professeurs sont meilleurs.
Cet apprentissage est meilleur que l'apprentissage compétitif.
Une centaine d'écoles le font. Mais il faudrait le généraliser.
Une étude a évalué, sur 20 ans, le résultat de cette intervention.
Et elle montre des avantages indiscutables.

AURÉLIE GODEFROY :-Dans cette éducation, il y a un système de tutorat.

MATTHIEU RICARD :-Le tutorat, c'est de prendre des enfants de deux classes au-dessus d'un autre et de leur confier un enfant de deux classes en-dessous.
Les parents disent : « Mon enfant est déjà moyen en classe. S'il doit s'occuper d'un petit, ce sera pire. »
C'est le contraire ! Car l'enfant moyen se sent responsabilisé.
Pour aider le plus jeune, il doit étudier.
Donc, à la fin de l'année, les deux font des progrès.
Ça montre aussi les bienfaits de la méthode.
Aux USA, il y a des millions de tuteurs volontaires.
Ça se passe aussi dans certaines classes en France, mais ce sont des exceptions.
Il y a des instituteurs qui le font, mais il faut généraliser cela, les bienfaits sont évidents.

AURÉLIE GODEFROY :-A travers votre association, vous vous occupez beaucoup d'écoles, comme l'école de bambou.
Jeanne Mascolo vous a suivi. On regarde l'extrait. Elle parle en hindi.

MATTHIEU RICARD :-Génial. Il faut 100 professeurs par école.
Il met des annonces et fait une présélection.
Il a 300 profs, 3 par classe.
Ensuite, il met 3 profs pendant 1 semaine dans une classe.
Et à la fin de la semaine, il dit aux enfants de choisir le professeur.
J'ignore si ça passerait, en France, mais c'est génial.
Les enfants disent: « Celui-là, on l'aime bien. »
Donc, voilà ! Tout le monde accorde une grande valeur à l'éducation.
Ils espèrent que leurs enfants feront mieux qu'eux. Ils envoient un fils, car la fille part se marier. Il y a un préjudice contre les femmes.
Et lui récupère toute les filles.
Et quand on éduque des filles, on sait que la société change.
Il a bien compris ça !

AURÉLIE GODEFROY :-Vous vous exprimez là sur l'importance de l'éducation qui doit être donnée aux filles.
Pourquoi est-ce essentiel pour vous ?

MATTHIEU RICARD :-Une société où le statut de la femme est plus élevé est moins violente.
Il y a moins de mortalité infantile, au moment de l'accouchement, si elles ont été éduquées.
Ça s'appelle le "girl effect".
C'est reconnu par ceux qui s'occupent de ces questions.
C'est normal. Dans ces écoles, vous pouvez construire une école pour 2 000 enfants en 2 mois.
Et cet entrepreneur social en a construit une vingtaine.
Nous en avons construit 9 et chacune a 2 000 enfants.

AURÉLIE GODEFROY :-Et on l'a vu, les enfants choisissent leur professeur. Incroyable !

MATTHIEU RICARD :-Dans ces écoles, ils reçoivent des candidatures pour être profs. Vous avez 1 000 candidatures.
Ils en présélectionnent 300.
Trois professeurs font une semaine de classe.
Et les enfants disent : « Celui-là, on aime étudier avec lui. »
Ils choisissent leur prof.
Ce serait difficile de faire ça ici.

AURÉLIE GODEFROY :-Y a-t-il une différence énorme entre l'Occident et l'Orient dans le système éducatif ?

MATTHIEU RICARD :-L'âge moderne uniformise un peu tout ça.
Ce qui manque beaucoup, c'est la question des valeurs humaines.
On pense que c'est l'apanage des religions.
Le dalaï-lama parle tout le temps de l'éthique séculière.
On parle souvent de neutralité.
Mais la neutralité est un leurre.
Les enfants apprennent des valeurs dans des jeux vidéo violents.
Il y a des valeurs que personne ne peut contester.
La bienveillance, l'honnêteté, la non-discrimination.
Qui pourrait être contre ces valeurs ?
Il faut trouver un moyen de former les enfants.

AURÉLIE GODEFROY :-Un des moyens, c'est de renouer avec la nature. C'est très important.

MATTHIEU RICARD :-Plusieurs études ont montré que la nature nous apprend plein de choses sur la façon de résoudre des problèmes.
Et les enfants en contact avec la nature sont bien plus ouverts, et plus calmes.
C'est un défi pour ceux qui vivent en ville ou en banlieue.
En Norvège, par exemple, ou en Finlande, toutes les 45 mn, les enfants sortent pendant 15 mn pour être en contact avec la nature.
C'est une bonne chose.

AURÉLIE GODEFROY :-Il reste peu de temps mais j'aimerais en parler.
C'est le test des autocollants.
C'est passionnant pour montrer l'altruisme des enfants.

MATTHIEU RICARD :-Mon ami Richard Davidson, neuroscientifique, a fait un exercice avec des enfants de 4 ou 5 ans, en maternelle.
Pendant 10 semaines, 40 mn, 3 fois par semaine, les éducateurs viennent.
Et il y a un programme de pleine conscience.
Les enfants apprennent à respirer.
Ensuite, ils observent leurs émotions.
Si un enfant est triste, on fait venir un autre enfant : « Que ressent ton camarade ? »
Ils plantent les graines de l'amitié.
C'est un programme simple.
On évalue leur comportement, qui est nettement amélioré, par rapport à un groupe témoin.
On fait le test des autocollants : avant l'intervention, ils disent qui est leur meilleur ami et leur moins bon ami.
Sur 4 enveloppes, on met la photo du meilleur ami, du moins bon ami, d'un enfant inconnu et d'un enfant malade.
Ils ont 50 autocollants à donner à qui ils veulent.
Avant l'intervention, ils donnent tout à leur meilleur ami.
Après l'intervention, on a complètement gommé cette discrimination.
Ils donnent autant d'autocollants à leur meilleur ami, leur moins bon ami, à l'enfant inconnu et à l'enfant malade.
Quand on sait combien les discriminations nuisent à la société, c'est formidable de pouvoir, chez des enfants...
Deux mois après, cette non-discrimination demeure, chez ces enfants.
Il faudrait étendre ce système.

AURÉLIE GODEFROY :-Pour terminer, vous mettez en avant d'autres systèmes.
Notamment le "Bare-foot college".
Vous suggérez ces initiatives.

MATTHIEU RICARD :-Le "Bare-foot college", c'est pour les petites filles qui travaillent dans les champs, gardent des animaux.
De 19h à 22h, il y a des écoles très vivantes.
Les enfants apprennent à écrire, avec un éclairage solaire. Il y a un parlement des enfants.
Ça se passe dans le Rajasthan.
Ces initiatives ne sont pas transposables ici, en Europe.
Mais ça montre que l'éducation, ça peut être tellement plus que d'engranger des infos et apprendre à réussir aux examens !

AURÉLIE GODEFROY :-Nous allons nous quitter. Merci, Matthieu Ricard.

AURÉLIE GODEFROY :-Voici quelques ouvrages que nous vous conseillons...
Tout d'abord, le livre de notre invité,
"Plaidoyer pour l'altruisme", toujours de Matthieu Ricard,
"Plaidoyer pour le bonheur". Vous y retrouverez les thèmes évoqués et de nombreux conseils pour approcher ce bonheur.
Je vous signale aussi le DVD de Jeanne Mascolo. "Matthieu Ricard, sur le chemin de la compassion". Un film enrichissant, tourné entre le Népal et la France.

C'est la fin de notre émission.
Vous pouvez la revoir durant une semaine sur le site de France 2

 


EMPATHIE, COMPASSION ET SANTÉ (2/2)
Le 4ème forum international "La compassion dans l'approche médicale"

Dimanche 26 janvier 2014 - France 2 de 8h30 à 8h45

Empathie, compassion et santé (2/2)

Photo

 

Revoir l'émission sur Youtube :
http://www.youtube.com/watch?v=6ahixu3eXVY (14'45)

 

Autre lien de la vidéo :
http://www.youtube.com/timedtext?action_view=1&video_referrer=watch&smsg=1&v=MyEl5tUxH2M&tab=act&hd=1
http://www.youtube.com/edit?video_referrer=watch&video_id=MyEl5tUxH2M
ou
http://www.youtube.com/watch?v=MyEl5tUxH2M

 



RÉSUMÉ :

Sagesses bouddhistes consacre un second volet au 4ème Forum international Bouddhisme et médecine, où l’accent est porté sur les dernières découvertes médicales concernant la compassion et l’empathie, qui ont un impact important sur la santé.
Que l’on se situe dans le domaine des soignants ou des soignés…
Pourquoi est-ce essentiel et comment cultiver et appliquer ces principales qualités pour le bienfait de tous, dans les milieux médicaux et dans le quotidien.

Émission présentée par : Aurélie Godefroy

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

AURÉLIE GODEFROY :-Bonjour à tous. Merci de votre fidélité.
Nous sommes ravis de vous accueillir ce dimanche matin sur le plateau de France 2 pour la seconde partie des émissions sur le 4ème Forum Bouddhisme et Médecine consacré à l'empathie, la compassion et la santé.
Il a réuni pour la première fois en France de grands experts en médecine, neurosciences et bouddhisme.
Nous avons pu voir la semaine dernière  l'histoire de la création de cet événement, nous nous arrêterons sur les liens entre la compassion et la médecine.
En quoi sa pratique est-elle essentielle ?
De quelle manière la cultiver?
Je vous propose de retrouver pour en parler notre invité, Olivier Raurich.
Olivier Raurich, bonjour.

OLIVIER RAURICH :-Bonjour.

AURÉLIE GODEFROY :-Vous êtes le président de RIGPA France.
Je rappelle que vous pratiquez le bouddhisme depuis une trentaine d'années et que  vous êtes le traducteur personnel du maître tibétain Sogyal Rimpoché.
Est-ce que vous pouvez nous dire comment se déroulaient d’une manière pratique et concrète ces rencontres au forum de Lérab Ling ?

OLIVIER RAURICH :-Le Forum Empathie, Compassion et Santé de Lérab Ling se tenait dans ce centre de retraite, qui est un monastère bouddhiste. 
Il y avait 700 personnes environ, il y avait la moitié était du personnel médical, infirmières, médecins... 
Le matin, il y avait des conférences sur 3 thèmes principaux.
Il y avait les maîtres bouddhistes qui exprimaient l'approche bouddhiste de l'amour et de la compassion.
Ensuite, il y avait les chercheurs scientifiques, dont beaucoup étaient américains, qui exposaient le résultat des recherches scientifiques effectuées en neurologie sur les effets de la méditation et de la pratique de la compassion et il y avait donc les praticiens, des psychologues, des médecins, des psychiatres, qui témoignaient de leur approche concrète sur le terrain.
En quoi l'empathie et la compassion transformaient toute leur pratique de psychothérapeutes, de médecins, de psychiatres, etc.
C'est une succession de conférences et des ateliers en fin de journée où on pouvait s'initier aux pratiques de méditation, aux pratiques d'entraînement de l'esprit, a l'amour et à la compassion et puis il y avait des ateliers où ces praticiens pouvaient mettre les gens en situation d'expérimenter par eux-mêmes, par des exercices interactifs, comment pouvait se produire cette empathie dans la relation soignant et patient.

AURÉLIE GODEFROY :-Alors justement que nous montrent les dernières découvertes scientifiques par rapport à l'exercice de la compassion ?
Notamment au niveau cérébral.

OLIVIER RAURICH :-Depuis des temps immémoriaux, tous les pratiquants spirituels pratiquent la méditation, la compassion, l'altruisme et en ressentent bien sûr intérieurement les bienfaits pour eux-mêmes et pour les autres, mais pour la première fois vraiment dans l'histoire de l'humanité, on a mis en évidence une inscription corporelle de ces bienfaits.
Ces bienfaits ne sont pas seulement des états qui seraient spirituels déconnecté de la réalité, c'est une modification cérébrale où on voit bien que les zones du cerveau en relation à la joie, aux émotions positives, sont stimulées, que les zones liées à la peur, à l'angoisse, à la dépression diminuent d'activité quand on pratique la méditation, quand on pratique l'altruisme.
Également, toute la partie du cerveau liée à la mise en action est également activée par les pensées altruistes.
On a mis en évidence que l'altruisme donnait de l'enthousiasme en fait pour des projets, donc un antidote à la dépression.
Ce qui est extraordinaire, c'est que là, c'est vraiment sous forme de résultats de thèse médicale, biologique authentifiée scientifiquement, c'est une petite révolution.

AURÉLIE GODEFROY :-Cette révolution s'opère aussi au sein des soignants et des soignés notamment dans l'approche médicale.
Christophe Fauré était présent à ce colloque. {Christophe Fauré psychiatre et psychothérapeute}
Je vous propose de l’écouter.
On l'a rencontré.

CHRISTOPHE FAURÉ : -On pourrait penser qu’avec les approches médicales, que la compassion est inhérente au fait d'être dans l'exercice de la médecine, de prendre soin de quelqu'un en souffrance, mais on s'aperçoit qu'il y a eu une évolution très technique de la médecine, où progressivement, en privilégiant la dimension très technique, très scientifique, on a peut-être perdu au fil des années, des décennies une dimension qui était fondatrice du soin, à savoir l'attention à l'autre, l'empathie et la compassion pour la personne.
Donc là, on observe depuis peu de temps, en fait depuis quelques années, une prise de conscience de ce décalage entre à la fois l'approche très technique et l'approche du cœur et en fait, la jonction des deux est la véritable réponse.
Ce n'est pas une réponse que compassionnelle ou que technique, la jonction des deux crée une synergie qui va pouvoir donner des fruits concrets plus féconds qu'une seule approche scientifique.

AURÉLIE GODEFROY :-Vous êtes d'accord avec Christophe Fauré ?

OLIVIER RAURICH :-Entièrement d'accord.
Le dalaï-lama disait souvent que le terme tibétain qui désigne la compassion, "ninjé", c'est à la fois la chaleur du cœur,  l'empathie, mais aussi une intelligence pratique.
Ce que Christophe Fauré explique très bien, c'est que dans le monde moderne, on a insisté sur l'aspect technique, pratique, concret, intelligent avec toutes ces machines de plus en plus sophistiquées qui sont très utiles, mais elles ne voient l'homme que comme une machine biologique extrêmement complexe qui nécessite aussi des outils très complexes, alors que l'homme, c'est beaucoup plus que ça.
C'est un être doué de cœur, d'esprit, de conscience et en fait l'esprit a un infini pouvoir de guérison.
Que ce soit pour une maladie bénigne ou pour un cancer très grave, si vous êtes en empathie avec le malade, si vous apportez de la joie, s'il sent cette chaleur qui lui permet de se connecter vraiment à son énergie vitale propre, vous avez des possibilités de guérison incroyables.
Effectivement, maintenant, on assiste à la jonction des deux.

AURÉLIE GODEFROY :-Pour apaiser la souffrance, il faut éviter le ressassement et en cela, la compassion peut être utile.

OLIVIER RAURICH :-C'est plus lié à l'approche psychothérapeutique.
Par exemple, on a souvent dit qu'il devait y avoir une distance avec le patient et qu'on devait appliquer une sorte de technique sans s’impliquer, sans que le thérapeute s'implique émotionnellement avec le patient.
Et le problème de cette approche, à ce moment-là, c'est que par cette technique, peut-être que le patient va comprendre des traumatismes passés etc., mais il ne va pas y avoir de pouvoir vraiment libérateur car seul l'amour guérit.
Vraiment l’ouverture du cœur et l'amour va nous permettre de nous libérer de ces imprégnations.
S’il n’y a pas cet élément-là, on va peut-être arranger un peu l'ego, mais on ne va pas sortir des limites d'un ressassement égocentré.

AURÉLIE GODEFROY :-C'est pour cela que la compassion est très importante dans la relation soignant-soigné.
Et concrètement, qu'est-ce que ça peut apporter aux soignés ?

OLIVIER RAURICH :-Je pense que par la relation authentique de cœur à cœur avec quelqu’un, avec le soignant en particulier, eh bien ça va favoriser l'émergence d'une dimension beaucoup plus vaste que la souffrance.
Le soigné, bien sûr, il souffre.
Mais vous savez, quand on souffre, on est obsédé par sa souffrance.
Elle nous barre complètement l'horizon quand on est en deuil, quand on souffre.
On ne voit pas ce qu'il y a derrière et c'est pour ça qu'on peut se suicider...
Ici, ce qui va se passer, c'est que la personne soignée, grâce à cette empathie, va pouvoir s'ouvrir à une dimension plus vaste.
Donc, une possibilité de libération.

AURÉLIE GODEFROY :-On retrouve cette dimension finalement dans toutes les spiritualités.

OLIVIER RAURICH :-Oui. Le fonds commun de toutes les spiritualités c'est que l'homme est plus que ce qu'il apparaît sur le moment.
Vous êtes plus que votre corps à l’instant T, vous êtes plus que votre état mental à l'instant immédiat.
Vous avez une dimension d'amour et de plénitude sous-jacente au fond de votre être qui reste à découvrir.
Et ça, c'est le fonds commun de toutes les spiritualités, mais ce qui est extraordinaire, c’est que l'approche bouddhiste, l'approche authentique d'empathie et de compassion avec le patient va lui permettre de toucher du doigt, de s'ouvrir à cette dimension-là.
Et donc, quelque part, d'ouvrir les portes du pouvoir de guérison de son propre esprit.

AURÉLIE GODEFROY :-La pratique spirituelle, cet entraînement permettrait d'acquérir cette force d'être de manière aussi forte ?

OLIVIER RAURICH :-Alors là, le problème, c’est que ce sont des belles idées, mais comment ça se passe ?
Le médecin ou l'infirmière a tendance à se fermer à la souffrance de l'autre par peur d'être submergé par la souffrance de l’autre, par sa propre souffrance, par ses émotions qui peuvent en jaillir et donc on a mis cette distance professionnelle comme barrière pour protéger en quelque sorte le soignant, mais en réalité, c’est exactement l’inverse qui se passe, la fermeture, c'est ce qui fait souffrir le plus.
Et en réalité, la pratique spirituelle vous permet d'être à la fois ouvert et vulnérable.
Donc, d'oser être en empathie, de lâcher le bouclier, mais en même temps, de rester stable et de gérer vos émotions.
Donc elle vous permet de le faire, ce qu'on n'osait pas faire jusque-là.

AURÉLIE GODEFROY :-Pour conclure, avez-vous quelques outils à nous suggérer ?

OLIVIER RAURICH :-Comme premier outil, il faut créer des espaces de ressourcement pour soi-même.
C'est vraiment capital, surtout pour un soignant qui se consacre aux autres.
Pouvoir avoir des moments peut-être de méditation ou de repos, de revenir à soi-même.
Un espace d'accueil inconditionnel où on peut se permettre d'accueillir toutes ses pensées, ses émotions, mais sans jugement.
Passer du temps avec soi-même en paix, c'est très important.
Ça je dirais, c'est le premier outil.
Le deuxième outil, c'est évidemment la pratique spirituelle qui va nous permettre de retrouver une stabilité, de pouvoir aimer sans avoir peur des émotions parce qu’elle va nous donner un outil pour gérer les émotions.
On n'aura plus peur d’être emporté par les émotions et donc, on pourra avoir à la fois la stabilité et l'ouverture du cœur.
Et ces deux qualités, si on les a et qu’on a confiance qu’on les a, elles vont faire un monde de différence dans la relation qu'on va avoir avec tout le monde, pas seulement avec un patient, mais avec ses enfants, avec son compagnon ou sa compagne...

AURÉLIE GODEFROY :-Est-ce que vous auriez un exemple à nous donner ?

OLIVIER RAURICH :-Un exemple personnel.
J'ai été confronté à un ami très cher qui est en état de deuil très grave et je me suis aperçu de ce que la façon d'être qu'apportait la pratique spirituelle pouvait transformer.
Je ressentais sa souffrance, mais en même temps, si vous voulez, j'étais porteur de quelque chose qui allait au-delà et je voyais aussi en lui qu'il n'y avait pas que la souffrance.
Il ne pouvait pas le voir.
Je le ressentais.
Cette dimension-là, comme je la ressentais, j'ai pu communiquer avec lui en le comprenant, mais en même temps, quelque part a émergé un espoir, une dimension plus grande.
C'est comme une interaction qui favorise l'émergence d'une libération, d'une guérison.
C'est quelque chose que la pratique spirituelle personnelle peut nous apporter.
Elle nous met en contact avec notre bonté fondamentale, et cette beauté fondamentale que l'autre a aussi et il y a comme une résonance qui se fait.
Ce n'est pas seulement l'empathie avec la souffrance de l’autre, mais aussi l’empathie avec la vraie nature de bonté de l'autre.

AURÉLIE GODEFROY :-Nous allons nous quitter sur ces belles paroles.

OLIVIER RAURICH :-Merci.

AURÉLIE GODEFROY :-Si vous souhaitez aller plus loin, voici quelques livres que nous vous proposons.
"Vivre ensemble la maladie d’un proche. Aider l’autre et s’aider soi-même" de  Christophe Fauré chez Albin Michel.
Un ouvrage sensible et passionnant où le Docteur Fauré aborde cette épreuve sous tous ses aspects.
De Thierry Janssen, "Vers une nouvelle médecine du corps et de l'esprit".
L'auteur plaide pour la pratique d'une médecine intégrative capable de nous aider à trouver la solution que nous possédons tous en nous.
Et enfin, "Le bouddhisme, une philosophie du bonheur ?" ux éditions du Seuil.
Un livre pour défaire les croyances trop souvent liées au bouddhisme qui nous éclaire sur des notions comme celle du karma, en tentant de répondre à la question essentielle de la quête du bonheur.

Vous pouvez revoir l'émission pendant une semaine sur l’espace internet de France 2, en consultant pluzz.fr
Merci à tous de votre fidélité.
Je vous souhaite une très très belle journée.
A la semaine prochaine.  

 

 

¤

La transcription écrite de l’émission est proposée sur le site de "conscience33" http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html au lien :
http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html#empathie_2_2

FACEBOOK :
Cette transcription écrite est aussi présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses Bouddhistes"
https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3 au ien :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10152188533644932&set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3&theater



 


EMPATHIE, COMPASSION ET SANTÉ (1/2)
Le 4ème forum international "Bouddhisme et médecine"

Dimanche 19 janvier 2014 - France 2 de 8h30 à 8h45

Empathie, compassion et santé (1/2)

 

Revoir l'émission sur Youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=0rvcCBmae8s (14'43)

 



RÉSUMÉ :

Le 4ème  forum international «Bouddhisme et médecine» s'est tenu à Lérab Ling, dans l'Hérault, au mois de mai 2013.
Il réunissait de grands experts en médecine, neurosciences, psychologie et psychanalyse.
Dans cette première partie, gros plan sur la création, le développement et les échanges de ces rencontres, organisées autour de conférences, tables rondes, films et enseignements.

Émission présentée par : Aurélie Godefroy

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

AURÉLIE GODEFROY :-Bonjour à toutes, bonjour à tous.
Merci de votre fidélité.
Nous vous accueillons ce dimanche matin sur le plateau de France 2 pour la première des deux émissions sur le 4ème forum "Bouddhisme et médecine" dédié à l'empathie, la compassion et la santé qui s'est tenu en mai dernier au centre tibétain de Lérab Ling.
Pour la première fois en France, une conférence internationale a réuni les plus grands experts pour présenter les dernières recherches sur les bienfaits de la compassion.
Mais quel est plus précisément l'histoire de ce forum, dans quelles circonstances a-t-il été créé, pourquoi avoir choisi le thème de la compassion ?
Nous allons en parler avec notre invité Olivier Raurich.
Olivier Raurich, bonjour.
Vous pratiquez le bouddhisme depuis 30 ans.
Vous êtes le traducteur personnel du maître tibétain Sogyal Rinpoché et vous animez régulièrement des retraites et des conférences.
Merci d'être avec nous.

OLIVIER RAURICH :-Avec plaisir.

AURÉLIE GODEFROY :-Olivier Raurich, c'est sa sainteté le dalaï-lama qui est à l'origine de ce forum de Lérab Ling consacré à la médecine et au bouddhisme.

OLIVIER RAURICH :-Ça date de 1987.
Le dalaï-lama s'intéressait aux convergences entre la sagesse bouddhiste et les découvertes scientifiques et il a créé cet institut "Mind and life", "Esprit et vie" qui chaque année se réunit à Dharamsala avec de grands scientifiques sur différents thèmes.
Par exemple en 2003, il y a eu un thème, "Les émotions destructrices" avec Daniel Goleman et ça continue.
Donc le dalaï-lama est enthousiaste pour ces recherches scientifiques et c'est de là qu'est parti tout ce mouvement de convergences de toutes ces disciplines.

AURÉLIE GODEFROY :-Quel est l'historique de ce forum ?

OLIVIER RAURICH :-Dans cet esprit de dialogue avec les disciplines occidentales, l'Institut de sagesse et de compassion de Lérab Ling {Ndr : à Roquedonde (Hérault)} crée ces congrès et ces rencontres espérant que la sagesse bouddhiste servira à l'amélioration du monde.
Donc le premier congrès qui a été fait était sur la douleur.
Il réunissait des maîtres bouddhistes, des psychologues, des médecins en 2002 à Montpellier, puis il y en a eu un autre en 2006 sur la dépression.
En 2010, à l'institut de sagesse et de compassion sur les effets thérapeutiques de la méditation et en 2013, empathie, compassion et santé.
Je vais juste citer une anecdote.
En 2002, lors de l'ouverture du premier forum, le doyen de la faculté de médecine de Montpellier a dit :
« Avant, je demandais aux étudiants qui me voyaient en consultation ce qui était le plus important. Les étudiants rivalisaient de détails techniques variés. »
Et à la fin, il leur a dit : « Non, le plus important, c'est quand "j'ai salué le patient, je lui ai demandé comment il allait "et je l'ai aussi salué en repartant. »
Ça a donné le ton pour toutes ces rencontres.

AURÉLIE GODEFROY :-Rappelons que ce mouvement consacré aux soins palliatifs a d'abord émergé aux Etats-Unis.
Quel a été son cheminement ?

OLIVIER RAURICH :-Ça a commencé par Cicely Saunders qui après la seconde Guerre mondiale était en Angleterre et a commencé à créer un centre de soins palliatifs "the St Chistopher's Hospice" en 1963 et il y a eu  Elisabeth Kubler-Ross qui aux Etats-Unis a fait un travail immense dans le domaine de l'accompagnement des mourants et en France, c'est venu bien plus tard, mais Marie de Hennezel a joué un rôle capital dans le mouvement.
En 1991, une loi disait que la mission de l'hôpital était d'assurer des soins palliatifs aux personnes en fin de vie, ce qui est une grande nouveauté. 
C'est ainsi que s'est créé ce mouvement d'accompagnement des personnes en fin de vie, mais ce qui est intéressant, c’est que l'approche bouddhiste a apporté peut-être l'élément spirituel, car en termes d'accompagnement, il y a l'accompagnement matériel, affectif, psychologique, le soulagement de la douleur, mais comment inspirer la dimension spirituelle à un mourant?
Comment le préparer ?
Ça, c'est ce que des étudiants bouddhistes comme Christine Longaker aux Etats-Unis ont pu apporter à ce mouvement.

AURÉLIE GODEFROY :-Vous êtes le président de "Rigpa France" et vous êtes aussi très impliqué dans ce mouvement.
Comment vous est venu cette vocation ?

OLIVIER RAURICH :-J'ai eu la chance de côtoyer de près de grands maîtres tibétains et d'assister à des entretiens qu'ils ont eus avec des personnes en grande détresse et j'ai vu comment ils étaient avec ces personnes et c'était merveilleux, car tout en étant en empathie complète avec la personne, et en même temps ils avaient une limpidité et une parfaite sérénité.
C'est admirable d'être à la fois comme un soleil qui donne l'amour et la compassion tout en étant en empathie avec la personne.
J'ai trouvé cela merveilleux et c'est ce qui m'a motivé pour atteindre cette dimension qui permet d'apporter la joie et l'amour à l'autre.

AURÉLIE GODEFROY :-Et en quoi consiste cette implication concrètement ?

OLIVIER RAURICH :-A Rigpa, plus concrètement, ce que l'on fait beaucoup, c'est qu'on crée des retraites sur la méditation, l'amour, la compassion et divers thèmes où beaucoup de soignants, de médecins, de professeurs, des enseignants, des parents  viennent se ressourcer, trouver en eux-mêmes cette source de bonté fondamentale qu'ils ont tous et ces espaces de ressourcement sont essentiels pour apprendre à s'accepter, apprendre à s'aimer profondément et ensuite, ils trouvent une force d'amour et de stabilité qui leur permet vraiment de travailler avec les personnes qu'ils ont en charge de façon efficace.

AURÉLIE GODEFROY :-Alors revenons plus précisément à ce forum qui s'est tenu en mai dernier à Lérab Ling.
Comment est-ce qu’il se présentait, en fait concrètement parlant ?
Quelle était sa structure, combien de personnes.

OLIVIER RAURICH :-Il y avait 700 personnes dont la moitié était du personnel médical.
C'était un forum international.
Il y avait deux grands maîtres bouddhistes, il y avait des gens du domaine de la psychologie, de la psychiatrie, de la médecine et des neuro-scientifiques surtout américains venus exposer le résultat des recherches sur l'altruisme et la compassion.
Donc c'était une rencontre entre ces personnes.

AURÉLIE GODEFROY :-Cette rencontre était dédiée à la compassion et à l'empathie.
Alors est-ce qu’on pourrait définir ces termes du point de vue bouddhiste déjà ?

OLIVIER RAURICH :-Oui. Je vais vous proposer une définition du dalaï-lama sur l'empathie :
"J'utilise le terme de sentiment humain fondamental pour faire référence à la capacité que nous avons tous d'être en empathie les uns avec les autres.
Ça nous permet d'entrer dans la douleur de l'autre et jusqu'à un certain point, d'y participer."
Il continue en parlant de ce terme de "ninja" en tibétain souvent traduit par compassion.
"Ninja", c'est à la fois une qualité de cœur chaleureux, d'empathie, de générosité, de bienveillance, mais c'est aussi l'intelligence pratique, la sagesse, et donc un esprit pratique et intelligent.
Cette combinaison de la raison et de l'empathie est ce qu'on appelle en tibétain la compassion.

AURÉLIE GODEFROY :-On va en écouter à présent la définition de l'un des participants du colloque.
Il s'agit de Thierry Janssen, médecin à Bruxelles {Ndr : médecin et psychothérapeute} .

THIERRY JANSSEN :-Pour moi, la compassion, c'est la capacité empathique de percevoir la réalité de l'autre et en particulier sa souffrance en résonance avec notre propre souffrance.
On est conscient que l'autre est comme nous et avoir envie, c'est cet élément-là qui fait la différence, avoir envie de soulager la souffrance de l'autre, mais y compris la nôtre, c'est-à-dire de remettre les choses à leur juste place pour que chacun puisse s’épanouir et quand on exerce cette compassion, c'est l'expression du meilleur de nous qui fait du bien, qui fait que la vie peut se manifester et s'épanouir.

AURÉLIE GODEFROY :-Olivier Raurich, vous êtes d'accord avec cette définition ?

OLIVIER RAURICH :-Oui et je la trouve profonde, car elle a à la fois cette composante d'être en empathie avec la souffrance de l'autre, mais aussi de trouver en soi-même sa source d'amour, de réconfort, la faire partager et cet élément-là est capital dans le bouddhisme, car le Bouddha disait toujours :
« Si vous cherchez une personne plus digne de votre amour que vous-même, vous n'en trouverez pas. »
Seul quelqu'un qui s'aime lui-même ne fera pas de mal à autrui.
Donc commencer la compassion par soi-même pour pouvoir ensuite la rayonner, c'est un élément déterminant dans le bouddhisme.

AURÉLIE GODEFROY :-L'auto-compassion a été largement traitée durant ce forum.
Quel impact peut avoir justement cette pratique de la compassion sur la société ?

OLIVIER RAURICH :-Je pense que ce qui est formidable en ce moment, c'est que les découvertes scientifiques montrent qu'il y a une inscription corporelle de l'amour et de la compassion.
C’est-à-dire que quand vous exprimez l'empathie et la compassion, le cerveau est modifié et il y a une preuve biologique que vous allez être plus heureux, plus serein.
C'est gagnant-gagnant.
Et comme le monde entier cherche désespérément le bonheur, l'efficacité, le bien-être et toutes ces valeurs-là, on a presque une démonstration scientifique que c'est l'altruisme qui va nous y mener et si cette idée-là devenait importante dans le courant de la pensée toute entière, ça pourrait faire une vraie révolution dans les mentalités.

AURÉLIE GODEFROY :-Est-ce qu’on a déjà une idée du thème qui va être traité lors du prochain forum ?
Connaissez-vous le programme ?

OLIVIER RAURICH :-Le thème qu'on envisage c'est "Bouddhisme et éducation", car le dalaï-lama dit que c'est l'éducation qui déterminera l'avenir, parce que dans le bouddhisme, on pense que tous les êtres ont à l'état de potentiel cette bonté et cet altruisme, mais c'est comme un champ qui doit être cultivé et avec l'éducation juste, l'environnement juste, on pourra faire rayonner dans le cœur de tous les êtres cet altruisme et amener la paix dans le monde, mais ce thème de l'éducation à la fois dans les familles et dans les établissements scolaires, universitaires, c'est l'enjeu capital de notre siècle.

AURÉLIE GODEFROY :-Et qu’est-ce que vous espérez de ces rencontres, Olivier Raurich ?

OLIVIER RAURICH :-Moi, je pense que ce qui se passe en ce moment c’est que les maîtres bouddhistes enseignent l'altruisme, il y a ces congrès auxquels assistent beaucoup de gens et ça c’est formidable, c'est des éléments fondateurs.
Il y a aussi des ouvrages excellents qui paraissent sur le sujet, mais ce qui est le plus intéressant, c'est en fait que chaque personne qui est venue à ce forum de médecine, si c'est une infirmière ou un médecin, elle en revient avec un espoir, un espoir qui va pouvoir instaurer une autre relation avec le patient ou avec l'enfant, ou avec l'élève, une autre relation que la relation de distance professionnelle.
Il va pouvoir s'installer une relation d'empathie véritable. 
On va pouvoir se permettre d'être des êtres humains et d'être sincère et d'être en empathie victorieusement, que ça puisse rayonner et ça, c'est un espoir immense, car il y a une telle souffrance dans le monde des enseignants, dans le monde médical due à l'obligation de garder une distance professionnelle, de rester quelque part sur la défensive, ça, c'est une immense souffrance.
C'est aussi la cause du burnout et de toutes ces choses, et donc si les gens effectivement trouvaient le moyen d'être vulnérables, authentiques, tout en restant stables et bien ancrés en eux-mêmes, ce serait une véritable révolution et je pense qu’avec la pratique, les outils qu'offre la sagesse bouddhiste, ce n'est pas simplement un vœu pieux, ça peut être une réalité pour demain.

AURÉLIE GODEFROY :-Nous verrons ces outils la semaine prochaine.
Merci beaucoup.

OLIVIER RAURICH :-Merci.

AURÉLIE GODEFROY :-Pour terminer, voici quelques livres que nous vous proposons.
Une réédition enrichie du "Livre tibétain de la vie et de la mort" de Sogyal Rinpoché, à la Table Ronde, un ouvrage de référence où l'auteur concilie une ancienne sagesse du Tibet et la recherche contemporaine sur la mort et les mourants. Il nous présente également une introduction complète à la pratique de la méditation.
"Quand l'esprit dialogue avec le corps, entretiens avec le dalaï-lama sur la conscience, les émotions et la santé", sous la direction de Daniel Goleman, publié chez Guy Trédaniel, ainsi que
"S'épanouir pour un nouvel art du bonheur et du bien-être" par Martin Seligman, préfacé par Christophe André dans la collection L’Esprit d’Ouverture.

C’est la fin de notre émission, vous pourrez la revoir pendant une semaine sur l’espace internet de France 2, en consultant Pluzz.fr.

Merci à tous de votre fidélité.
Je vous souhaite une très très belle journée et nous nous retrouvons la semaine prochaine pour la suite de cet entretien.

 

¤

La transcription écrite de l’émission est proposée sur le site de "conscience33" http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html au lien :
http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html#empathie_1_2

FACEBOOK :
Cette transcription écrite est aussi présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses Bouddhistes"
https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3 au lien :
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Mongolie, un bouddhisme nomade (2/2)
Le Bouddha du futur

Dimanche 12 janvier 2014 - France 2 de 8h30 à 8h45

Mongolie, un bouddhisme nomade (2/2)
Photo

 

Revoir l'émission sur Youtube :
http://www.youtube.com/watch?v=4jAUnFDOjas&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g (14'44)

 



RÉSUMÉ :

En Mongolie, la population, enfin apaisée après des décennies de souffrances et d'oppression, renouvelle sa foi dans la religion qu'elle dut abandonner malgré elle.
Un immense complexe, actuellement en construction, sera dédié au «bouddha du futur», le bouddha Maitreya, offrant ainsi bienfait, espoir et paix.

 

Émission présentée par : Aurélie Godefroy


TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

-Bonjour à toutes, bonjour à tous et merci de votre fidélité.
Nous sommes très heureux de vous retrouver sur le plateau pour la suite du documentaire sur le bouddhisme en Mongolie.
Nous avons évoqué le renouveau religieux après l'ouverture démocratique dans les années 1990.
Poursuivons cette enquête historique à travers le parcours de Baatabatar, le lama qui nous sert de guide dans ce retour aux sources du bouddhisme.
Regardons dès à présent ce film.

Film à 0’52’’  « UN BOUDDHISME NOMADE – 2. Le Bouddha du futur »
Chant bouddhiste.
Il lit une prière.

LAMA BAATABATAR :-Mon père était mécanicien.
Il réparait des voitures au village.
Ma mère était professeur d'école.
Mes parents travaillaient tous les jours.
Je suis entré à l'école secondaire à 8 ans.
C'était l'école obligatoire de l'Arhangay.
A cette époque, j'ai commencé à apprendre l'ancienne écriture et à lire ce livre.
Près de ma maison habitait un moine qui m'a appris à lire l'ancienne écriture mongole et l'écriture tibétaine.
Dans les années 1990, les traditions et la religion sont revenues.
J'ai écouté les vieux qui parlaient de l'ancienne Mongolie.
J'ai commencé à apprendre l'ancienne écriture mongole.
C'était pour devenir moine.
J'ai lu beaucoup de  textes historiques.
Jusqu'à maintenant, j'ai appris beaucoup grâce au bouddhisme.
Mon esprit s'est élargi.
Je veux que le bouddhisme perdure en Mongolie, pour que mon fils puisse avoir cet héritage.
J'aime venir sur les ruines du monastère.
C'est notre lien avec le passé.

-Comme presque tous les monastères de Mongolie, le monastère de Manzshir a été détruit dans les années 30.
On pense qu'un tiers des hommes mongols étaient des moines attachés à d'innombrables monastères.
Au moment des persécutions en 1937, 50 000 moines furent exécutés et les autres redevinrent nomades, cachant leur savoir jusqu'en 1990.

Tintement et chant.
Bêlements.

-Après son pèlerinage, le lama est accueilli dans une famille nomade installée en bas de la montagne.
C'est la période des naissances dans le troupeau.

-Bonjour. Ça va bien ?

-Oui. C'est une belle année.

-Le troupeau est en bonne santé ?

-Oui. Ça va bien.

-C'est un honneur de recevoir un lama chez nous.

-C'est un plaisir d'être ici.

LAMA BAATABATAR :-Les moines âgés ont voulu transmettre les traditions du bouddhisme mongol à leurs étudiants.
Certains moines avaient caché des livres du temps du communisme.
Ils ont donné ces livres à leurs meilleurs étudiants.
Maintenant, ces anciens étudiants perpétuent le bouddhisme mongol.
Maintenant, tout est ouvert.
Certaines familles avaient caché des objets sacrés et des textes de prière.

-Moi et mon mari ne connaissons pas bien le bouddhisme.
Avant, tout ce qui concernait la religion était interdite.
Je suis devenue religieuse.

LAMA BAATABATAR :-Mon maître travaillait comme gardien de nuit.
Ça lui permettait d'apprendre les textes.
C'était un très bon travail pour les moines clandestins.

LAMA BAATABATAR :-C'est un livre magnifique, très rare.
Protégez-le bien. Il récite une prière.

-De retour à Oulan-Bator après son long voyage, Baatbatar reprend ses activités au monastère de Dashicholing.

Musique.

-Bujin et sa famille ont profité du beau temps pour consulter un moine astrologue.
C’est un moment particulier qui permet de renforcer les liens familiaux pour l'année à venir.

LAMA DELGERMURUN :-J'ai besoin d'informations sur vous.

-Mon année, c'est l'année du coq.

LAMA DELGERMURUN :-En quelle année es-tu née ?

-Je suis née en 1945.

LAMA DELGERMURUN :-Tu as 69 ans.
Comme ton élément est le feu, il y a des corrections à faire.
Le feu est un danger pour toi.
Tu dois lire une prière.
Tu dois prendre soin de ton âme double.
Ton âme double est partie loin.
Il faut l'appeler.
Si elle s'éloigne encore plus loin, tu auras des problèmes de santé.

-Je suis née en 1967.

LAMA DELGERMURUN :-Cette année, c'est une porte ouverte toute l'année qui apporte bonheur et prospérité.
Dans votre famille, il y a 3 personnes qui sont installées sur le feu.
C'est un danger. Il faut séparer ces installations.

-J'ai pris des cordons.

LAMA DELGERMURUN :-Pour cette prière, il faut un cordon rouge.
Chacun de vous doit prendre le cordon dans ses mains.
Il faut penser à des choses bénéfiques et prier.
Ensuite, je coupe le cordon.

-Pendant ce temps, Baatabatar a retrouvé son ami le professeur Erdene, avec qui il poursuit ses discussions philosophiques.

LAMA ERDENE :-La notion d'impermanence est un concept fondamental de la religion bouddhiste.
Elle fait partie des quatre sceaux du Dharma.
1 : toute réalité est impermanente.
2 : toute réalité est sans substance.
3 : toute réalité est souffrance.
4 : la voie de sortie de ces souffrances mène à la paix.
Telles sont donc les 4 conceptions de base.
Pour comprendre l’impermanence, il est utile de répondre à la question suivante : quelle est la place de la vie de l'être humain dans la nature ?
Par exemple, la nature mongole connaît l'alternance des 4 saisons.
A l'hiver passé a succédé l'été, qui disparaîtra.
A l'été passé succède l'hiver, qui lui aussi disparaîtra.
De la même façon, la vie humaine est une succession de changements.
L'impermanence se définit comme le fait que tout est en perpétuel changement.
Ceci concerne la nature mais aussi l'existence humaine.
Nous sommes des hommes en perpétuelle nomadisation.
Un campement d'été deviendra à l'automne venu une steppe vide et inoccupée.
Il y a de longues discussions au sujet de l'impermanence.
Mais il ne s'agit pas d'une réalité seulement compréhensible par le discours.
La compréhension de cette théorie de la religion bouddhiste nécessite 3 niveaux, 3 stades.
D'abord, il faut écouter le maître.
Ensuite, il faut réfléchir attentivement sur ce que nous avons entendu et retenir les explications en les faisant nôtre.
Enfin, il faut pratiquer la méditation pour faire l'expérience de cette notion en soi-même.
Ces trois étapes sont nécessaires pour parvenir à la compréhension du concept d'impermanence.

-Baatabatar trouve dans les leçons d'Erdene un écho à ses recherches sur le bouddhisme mongol marqué par les cycles de destruction et de renouveau.
Cette acceptation de l'impermanence permet à ce bouddhisme si particulier et attachant de se tourner vers le futur.
En témoigne le succès du culte de Maitreya, le Bouddha à venir.
Le projet d'une immense statue dominant un centre bouddhiste est en cours non loin d'Oulan-Bator.
Il verra le jour en 2014 pour que sa présence, aussi longtemps que possible, veille sur l'avenir du bouddhisme.

Fin du film à 13’53’’

-Avant de nous quitter, voici un très bel ouvrage d'Emmanuel Michel: "Tibet Mongolie, Sur les routes interdites", aux éditions Elytis.
Avec le regard de grands explorateurs, l'auteur met en scène les plus belles contrées de Mongolie en nous donnant à voir l'homme dans son quotidien avec ses cultures et ses rites.

C’est la fin de notre émission, vous pouvez la revoir pendant toute cette semaine sur le site internet de France 2  en consultant Pluzz.fr
Merci à tous pour votre fidélité. Je vous souhaite une très très  belle journée A la semaine prochaine. 

Archives Film Grand Maitreya Foundation
Photos The Fina Arts Zanabazar Museum Gandan Monastery

 

 

¤

 

Une transcription écrite de l'émission est aussi présentée sur le site de Télé Scoop au lien :
http://telescoop.tv/browse/397209/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses%20bouddhistes

 

La transcription écrite de l’émission est proposée sur le site de "conscience33" http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html

FACEBOOK :
Cette transcription écrite est aussi présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses Bouddhistes" au lien :
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Mongolie, un bouddhisme nomade (1/2)
Les moines aux manches bleues

Dimanche 5 janvier 2014 - France 2 de 8h30 à 8h45

Mongolie, un bouddhisme nomade (1/2)

Photo

 

Revoir l'émission sur Youtube :
http://www.youtube.com/watch?v=JAWeJ0wXa8Q&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g (14'40)

 

 

 



RÉSUMÉ :

Sous l'oppression sanglante des autorités soviétiques, au début du XXe siècle, et avec la destruction massive des monastères, biens et hommes, le bouddhisme fut quasiment éradiqué de la Mongolie jusqu'en 1990, date à laquelle la démocratie est réapparue.
Sagesses bouddhistes consacre deux documentaires à ce renouveau du bouddhisme et se rend en Mongolie, à Oulan-Bator, et dans les vastes steppes, à la rencontre des moines aux manches bleues.

 

Émission présentée par : Aurélie Godefroy


TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

-Bonjour à toutes, bonjour à tous.
C’est le premier dimanche de l’année, et je tenais à vous souhaiter aujourd’hui , au nom de toute l'équipe de "Sagesses bouddhistes" et de l’ensemble des membres de l'Union Bouddhiste de France, nos meilleurs vœux de bonheur, de sérénité et d’amour.
Pour commencer cette nouvelle année 2014 sous les auspices de la paix et de la compassion,  nous avons décidé de consacrer cette émission au bouddhisme en Mongolie à travers un documentaire scindé en 2 parties nous montre le renouveau de ce pays depuis son ouverture démocratique en 1990.
Je vous propose donc de regarder sans plus attendre le film de Christophe Boula sur la profondeur et l'authenticité du bouddhisme en Mongolie.

Film à 0’57’’
UN BOUDDHISME NOMADE

1. Les moines aux manches bleues

-C'est la fin de l'hiver à Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie.
Depuis 1990 et l'arrivée de la démocratie, le pays découvre la liberté religieuse.
De nouveau, des moines parcourent la ville.
La population se presse dans les temples en y cherchant sans doute un peu de ses racines.

Chant bouddhiste.

Bujin et sa famille vont au temple pour une étude astrologique.
La cérémonie est terminée.
Seuls quelques moines sont restés pour les accueillir.

LAMA BAATABATAR :-Le monastère est toujours ouvert.
C'est un lieu d'accueil.
Les gens viennent au monastère pour différentes raisons.
Certains cherchent le calme pour prier et méditer.
D'autres ont des problèmes de santé ou des décès dans leur famille.
Parfois, ils veulent tout simplement une étude astrologique.
Pour chaque situation, nous devons écouter.
Notre travail, c'est d'être disponibles pour tous les gens qui viennent nous voir.
Les lamas sont comme des psychologues.

-Une centaine de moines réside actuellement au monastère de Dashicholing.
Parmi eux, certains sont érudits, comme le professeur Erdene, philosophe, linguiste, spécialiste des traditions mongoles.

LAMA ERDENE :-Le bouddhisme est ancien, ici. Il s'est diffusé à 3 reprises: d'abord au 7e siècle, puis au temps de l'empereur Kubilai Khan, et enfin au 17e siècle, à l'époque du grand saint Zanabazar.
A travers les siècles, la religion bouddhiste a pénétré de manière très profonde la civilisation nomade des Mongols.
L'un a influencé l'autre, au point de ne former qu'un seul mode de vie.
Avec l’alternance de quatre saisons très différentes, la nature climatique de la Mongolie est tout à fait originale.
Cette instabilité du climat va avec notre vie nomade qui nous pousse à suivre l'air du temps.
Les moines méditent sur ce changement car la notion d'impermanence est un concept fondamental  de la religion bouddhiste.

-Baatabatar vient d'une famille nomade, et s'intéresse avant tout au bouddhisme original de Mongolie.
Il se rend à Gandan, au centre d'Oulan-Bator.
Au début du siècle, c'était un immense monastère.
La religion fut ensuite interdite par le régime, les monastères rasés, et, en 1937, 50 000 moines furent massacrés par les soldats.
On dit que la statue de Tchenrézi, le bouddha de la compassion, fut fondue pour faire des balles qui servirent à exécuter les moines.
Après le renouveau, la statue fut l'une des premières reconstruites.
Baatabatar rencontre un lama historien, spécialiste de Zanabazar, le fondateur du monastère.

LAMA JAMYANGARAV :-Ces temples sont là depuis le début, comme le temple d'Ochirdara, le bouddha primordial.
En créant ces oeuvres, Zanabazar a pensé au futur, pour qu'elles durent longtemps. 
Zanabazar a composé nos musiques, écrit des livres de prières, créé des règles de réunion...
Ce grand lama était un merveilleux artiste.
Il a créé, pour les statues, une technique sans soudure.
Grâce à Zanabazar, les Mongols ont vécu à cette époque un grand élan religieux.
On venait de très loin pour prier à Ikh Khuree.
Zanabazar a créé des oeuvres extraordinaires, comme la statue d'Ochirdara.
Le monastère a grandi à partir d'Ikh Khuree, le cercle original.
Au 19e siècle, le monastère s'est séparé en 2 quartiers : un pour la cour, les palais de Zuun Khuree, l'autre pour l'enseignement des moines, Gandan, où nous sommes maintenant.
Gandan abritait des milliers de moines et 12 temples spécialisés dans chaque science du bouddhisme.

-En regardant le plan de l'Oulan-Bator du début du siècle, on s'aperçoit que la ville entière était alors un monastère.
On voit très bien l'université de Gandan, à l'ouest, et le cœur de la ville, entouré de murs jaunes, avec ses palais et ses temples-yourtes.
Ce monastère est extraordinaire.
Zanabazar choisit de fonder  un monastère mobile, Ikh Khuree, le grand cercle, pour abriter ses statues et les exposer à la population nomade.
Baatabatar voyage sur les traces du grand artiste, au cœur des steppes mongoles.

LAMA SANBELYK :-Notre monastère est ouvert pendant l'hiver.
Le temple est en pierre.
Il y fait trop froid.
Pour cette raison, on a monté un monastère-yourte, et on prie ici.
Six lamas âgés ont appris à lire, petits, pour réciter les textes.
La tradition se prolonge depuis 1937.
Les lamas n'ont pas cessé leurs prières.
Ils étaient cachés.
Puis, dans les années 1990, ils ont construit cette yourte dans le but d’enseigner le bouddhisme aux enfants.

-Les temples n'étaient pas en activité avant les années 90 ?

LAMA SANBELYK :-Durant la répression, les villageois ont refusé la destruction des 3 temples.
Ils en ont fait des garages.
Du coup, ils sont restés intacts.
Les communistes allaient détruire le monastère, mais les habitants ont proposé d'y mettre les troupeaux.

-Quelques jours plus tard, Baatabatar, guidé par le lama Shagdarsuren, rejoint le monastère-ermitage de Tovkhon, là où Zanabazar a conçu son projet de transformer la Mongolie en pays bouddhiste.

-Cette grotte, nommée l'atelier, est une grotte de méditation.
C'est ici que Zanabazar a imaginé ses sculptures et façonné la statue d'Ochirdara.
Il aurait sculpté aussi la "Tara Verte", en prenant pour modèle une jeune fille mongole.

LAMA SHAGDARSUREN :-Quand je suis venu ici la première fois, il n'y avait que des ruines.
En 1993, à l'automne, j'ai fait une réunion avec les personnes âgées de mon village.
On a commencé à construire le petit monastère en bois.
Après, grâce aux offrandes des habitants du village, j'ai pu continuer à rénover jusqu'à maintenant.
A partir de 2001, les gens sont venus ici pour prier.
Les croyants viennent toujours au monastère dans un but précis.
C'est difficile, de venir ici.
Il faut vraiment de la volonté pour monter jusqu'en haut.
J'essaye de comprendre pourquoi les gens viennent.
Ils ont une raison qu'ils ne disent pas tout de suite.
D'abord, ils parlent d'aimer le paysage et de protéger la nature.
Chacun doit savoir pour quoi il vient prier.
Il ne faut pas hésiter à faire un souhait afin qu'il se réalise.
Quand nous vivons dans la société, parfois, nous ne savons pas si nous agissons bien ou mal.
La vie continue, inconsciente de la direction que nous prenons.
Ici, les visiteurs retrouvent une certaine pureté.
C'est bénéfique aussi pour les moines.
Dans tous les cas, le lieu aide à progresser dans sa vie.
Il y a, ici, des choses secrètes, mais les choses secrètes sont faites pour rester secrètes.

Un film de Chris Boula
Avec Emilie Maj et Chuka

Montage : Hippolyte Martin
Mixage : Olivier Darras

Fin du film à 14’02’’

 

-Nous vous retrouverons donc  la semaine prochaine pour la suite de ce document exceptionnel.
Nous suivrons Baatabatar, le lama, à travers les steppes mongoles.

Vous pouvez revoir cette émission sur le site internet de France 2 en consultant Pluzz.fr.
Merci à tous de nous avoir suivis, je vous souhaite une excellente journée et à nouveau une très très belle année.
A dimanche prochain.

 

¤

 

Une transcription écrite de l'émission est aussi présentée sur le site de Télé Scoop au lien :
http://telescoop.tv/browse/392407/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses%20bouddhistes

 

La transcription écrite de l’émission est proposée sur le site de "conscience33" http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html

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Cette transcription écrite est aussi présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses Bouddhistes" au lien :
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Les chants au coeur du
Village des Pruniers

Dimanche 29 décembre 2013 - France 2 de 8h30 à 8h45

Les chants au coeur du Village des Pruniers

 

 

Revoir l'émission sur Youtube :

http://www.youtube.com/watch?v=v05hahBQvzU&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g (14'40)

 

Revoir l'émission en replay jusqu'au 4 janvier 2014 :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html
(14'40)



RÉSUMÉ :

Toutes les formes musicales, comme les chants, les improvisations, la chorale ou les prières, sont au coeur de la pratique du Dharma dans la communauté du Village des Pruniers, fondée par le maître vietnamien Thich Nhat Hanh et fédéraient naturellement la pratique de chacun au plus profond.

Émission présentée par : Sandrine Colombo 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

-Bonjour et bienvenue dans notre émission "Sagesses Bouddhistes". 
Pour ce dernier dimanche de l'année, nous vous proposons un peu de douceur avec un documentaire sur le chant et son rôle dans la transmission du Dharma. 
Dans certaines communautés, le lien est parfois fort entre musique et pratique, comme c'est le cas au village des Pruniers, le centre qu'a fondé le maître zen vietnamien Thich Nhat Hanh avec sœur Chan Khong il y a plus de 30 ans en Dordogne. 
Chaque été, des centaines de personnes viennent y faire des retraites. 
Quelles que soient leurs langues, ils arrivent à chanter ensemble des sutras ou des poèmes du maître. 
Spontané ou maîtrisé, le chant est au cœur du chemin spirituel. 
Voici le documentaire d'Anna Barbier.

DOCUMENTAIRE À 0’56 :

Titre : LES CHANTS AU CŒUR DU VILLAGE DES PRUNIERS

-Dans la tradition du maître zen, Thich Nhat Hanh la musique, les chants, la poésie, l'art, sont tous au service de l'éveil. 
Au village des Pruniers, la musique et la méditation coexistent et accompagnent la pratique spirituelle.

FRÈRE PHAP LINH :-On a une communauté multiculturelle. 
On a des gens qui parlent vietnamien, anglais, français bien sûr, italien, espagnol, allemand. 
Tout ce que vous voulez. 
Et il faut qu'on trouve le moyen de chanter ensemble. 
Et avec mon expérience musicale, j'étais compositeur avant de devenir moine, j'ai pu contribuer un peu à ce processus mais c'est toute la communauté qui participe, qui fait que j'apporte juste un petit peu.

FRÈRE PHAP LINH :-Thây reconnaît la puissance de la musique pour ouvrir les cœurs. 
Pendant nos retraites ici au village, les jours sont parsemés de musique. 
Ici et là, sur les chants, quelqu'un prend une guitare et ils se mettent à chanter. 
Les gens se réunissent autour. 
Ils commencent à chanter aussi, à participer, à faire des harmonies. 
Quelqu'un apporte un violon, d'autres instruments. 
C'est très très joyeux. 
C'est une partie de la vie qui apporte beaucoup de joie.

-La musique, même profane, alimente la pratique de la pleine conscience. 
Avoir un chant continuellement en tête aide à maintenir notre état mental dans une perspective positive.

Trouver sa voie fait partie d'une démarche intime. 
Même pour un néophyte qui, lorsqu'il arrive au village des Pruniers, dit ne pas savoir chanter.

-Ecoute. 
Retourne en toi.

LARA :-On est divisés en familles quand on vient ici. 
Il y a toujours un moine qui guide la famille et la fois passée, c'était frère Phap Do et il avait un très chouette contact aussi avec ma fille Amira avec qui il parlait des oiseaux. 
Il comparait donc les voix des enfants qui jouent avec le chant des oiseaux. 
Il disait les "joijeaux". 
Je trouvais ça beau. 
Après, je me suis rendu compte qu'il y a aussi le mot "joie" dans "joijeaux". 
Donc je trouve ça... très joli, en fait. 
Et le maître zen, il vient du Vietnam. 
Il est mon ami. C'est frère Do. 
Il a un petit accent tout beau. 
Et quand il parle des oiseaux, c'est les joijeaux. 
Quand je suis arrivée, je suis tombée par hasard sur un livre de Thich Nhat Hanh, la paix en soi, la paix en marche". 
Et j'ai vraiment eu un flash avec l'enseignement de Thây. 
J'ai pris ma guitare et ma fille et je suis venue ici voir. 
La priorité pour moi, c'est la pratique. 
Je ne viens pas ici pour chanter en premier lieu. 
Mais comme c'est quelque chose que j'aime et que j'ai envie de partager avec les gens, je me dis que c'est l'occasion aussi de chanter.

FRÈRE PHAP LINH :-Ça touche beaucoup les gens d'entendre une chanson qu'ils connaissent et de l'entendre sous un autre angle. 
De voir et de reconnaître dans leur propre tradition et culture toutes les belles qualités qu'on essaie d'encourager, de nourrir en nous-mêmes pendant ces retraites, de trouver qu'on l'a déjà. 
On l'a déjà chez nous. 
On n'a pas besoin d'aller dans une autre culture pour trouver ces choses-là. 

CHANT PAR SŒUR CHÂN KHÔNG 
… Elle poursuit en vietnamien.

-Les poèmes de Thich Nhat Hanh et les sutras mis en musique sont au cœur de la pratique. 
Sorenn Boulbin, jeune soprano, répète un champ emblématique du village des Pruniers. 

-O, appelez-moi…

SORENN BOULBIN :-Quand je travaille chez moi je m'assois une demi-heure, je médite, et ensuite, je fais ma séance de chant. 
Et elle est orientée, vraiment, profondément avec le cœur. 
Ça change tout. On se découvre en fait.
On laisse faire et du coup, il y a des choses qui viennent, et encore une fois, qu'on ne soupçonnait pas.

EXTRAIT DE ‘‘LA DÉFENSE 2012’’

SORENN BOULBIN :-Le chant d'Avalokitesvara qui souvent ouvre les retraites et les clôture aussi, c'est un chant qui touche beaucoup et très souvent, on entend les gens dire qu'ils vibrent quand ils entendent la musique. 
Vraiment, on accède directement aux émotions. Il n'y a pas de barrière. 
Ça va droit au cœur. 
C'est très profond en même temps parce que ça va toucher des choses en nous

SŒUR CHÂN KHÔNG :-Les chants, les prières, ou les chansons sont tous centrés. 
Et la pleine conscience, c'est ramener l'esprit au corps, pour être vraiment présent dans le moment présent, pour nous-mêmes et pour ceux qui nous entourent. 
Et on est très concentrés. 
Le corps et l'esprit ne font qu'un.
Et quand on a notre paix, notre clarté d'esprit, n est un, on est plus concentré. 
On est un avec l'énergie, la meilleure de nous, c'est l'énergie que dans le bouddhisme nous appelons la nature du Bouddha en nous, ou pour les non bouddhistes qui ont un arrière-plan chrétien, on appelle l'énergie de Dieu. 
Dieu nous habite. 
C'est ça, cette énergie de pleine conscience, de clarté d'esprit, de paix nous aide à être un avec la prière. 

SŒUR CHÂN KHÔNG :-Prenant refuge dans le Dharma. 
J'apprends à ouvrir les portes du chemin de transformation. 
Namo Dharmaya. 
Prenant refuge dans la Sangha. 
Qui m'éclaire et me soutient, me libérant de toute illusion.
Namo Sanghaya.

-Ainsi, le chant ponctue la vie de la communauté. 
Il génère de la joie, ouvre le cœur et permet de trouver sa voie.

FIN DU DOCUMENTAIRE À 13’15 (Réalisation : Nina Barbier)

-Pour prolonger ce documentaire, voici quelques suggestions de lectures et de CD. 
"Chants du cœur" de Thich Nhat Hanh, éditions Sully.
On y trouve poèmes et mantras que chante au quotidien la communauté monastique du village des Pruniers. 
"Conversations intimes avec le Bouddha" par Thich Nhat Hanh. 
Cet ouvrage récent est accompagné d'un CD des 40 plus célèbres méditations du maître guidées par sa propre voix. 
Conférence et chant de Thich Nhat Hanh, un coffret de 2 DVD où l'on peut voir et suivre les enseignements du fondateur du village des Pruniers.
Et enfin, "Le sourire", un CD musical édité par le village des Pruniers, on y entend la voie très mélodieuse de Sœur Chân Khöng que l’on a pu découvrir dans le documentaire.

Cette émission touche à sa fin.
Vous pouvez la revoir toute la semaine sur Pluzz.fr, rubrique France 2.
Merci de nous avoir suivis toute cette année 2013
Toute notre équipe vous souhaite une très bonne fin d’année et nous serons très heureux de vous retrouver dimanche prochain pour une nouvelle émission.

¤

 

Une transcription écrite de l'émission est aussi présentée sur le site de Télé Scoop au lien :
http://telescoop.tv/browse/388652/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses%20bouddhistes

 

La transcription écrite de l’émission est proposée sur le site de "conscience33" http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html

FACEBOOK :
Cette transcription écrite est aussi présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses Bouddhistes" au lien :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10152127648349932&set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=1&theater

 

 

Les splendeurs de Tara
avec Khèmpo deunyeu Rimpoché

Dimanche 22 décembre 2013 - France 2 de 8h30 à 8h45

Les splendeurs de Tara

Photo

 

Revoir l'émission sur Youtube :

http://www.youtube.com/watch?v=ikT44tFhANQ (14'44)




Revoir sur Dailymotion au lien :
http://www.dailymotion.com/user/vchristophe/1

Revoir l'émission jusqu'au 28 décembre 2013 :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html
(14'50)

RÉSUMÉ :

Sagesses Bouddhistes porte son regard sur Tara, la principale divinité féminine du bouddhisme tibétain. 
Lumineuse, active, et célébrée dans la dévotion, elle est la mère qui engendre tous les êtres éveillés tout en étant la protectrice des êtres ordinaires qu’elle considère comme ses enfants.

 

Émission présentée par : Aurélie Godefroy
Avec : Khèmpo Deunyeu Rimpoché

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

PRÉSENTATRICE :-Bonjour à tous. Nous vous retrouvons avec bonheur ce dimanche matin pour une nouvelle émission de sagesse bouddhiste.
Nous consacrons cette émission à Tara, la principale divinité féminine du bouddhisme tibétain, qualifiée également de mère universelle.
En effet, elle est par son essence la vérité ultime, la mère qui engendre les êtres éveillés et sur le plan relatif, la mère qui protège et secourt les êtres ordinaires, ses enfants.
Alors, quelle est l'histoire de Tara, la nature de cette divinité,  en quoi consiste son activité et de quelle manière est-elle célébrée ?
C’est ce que je vous propose de voir dès maintenant  avec notre invité, Khèmpo Deunyeu Rimpoché.
Khèmpo Deunyeu Rimpoché, bonjour.
Vous appartenez à  la lignée Kagyupa, un très proche disciple de Bokar Rimpoché, vous etes également son successeur, puisque vous dirigez le monastère de Mirik en Inde et je précise par ailleurs que vous êtes un spécialiste de Kalachakra et de Tara.
Alors, afin de mieux faire votre connaissance, est-ce que vous pourriez tout d’abord nous dire quelques mots de votre parcours ?

KHÈMPO DEUNYEU RIMPOCHÉ :-Je suis né au Tibet sur les hauts-plateaux où habitent les nomades et je suis rentré très jeune au monastère de Bokar Rimpoché où j'ai commencé à recevoir des instructions.
Puis lorsque nous avons quitté le Tibet, nous nous sommes rendus en Inde et là, j'ai poursuivi mes études à l'école tibétaine, l'université tibétaine à Bénarès où je suis resté à peu près 9 ans.
Après quoi, je suis retourné près de Bokar Rimpoché.
J'ai reçu de nombreuses initiations de Bokar Rimpoché et de Kalou Rimpoché.
Et maintenant, je suis le responsable du monastère de Bokar Rimpoché qui se trouve à côté de Darjeeling, en Inde.

PRÉSENTATRICE :-Vous êtes un spécialiste de Tara, vous lui avez d’ailleurs consacré un livre intitulé "Les splendeurs de Tara".
Pourquoi cette divinité est si importante pour vous, Rimpoché ?

KHÈMPO DEUNYEU RIMPOCHÉ :-Mes deux maîtres principaux étaient Kalou Rimpoché et notamment, Bokar Rimpoché avait pour divinité d'élection, la divinité principale dans son cœur, Tara.
Donc comme je voyais que Bokar Rimpoché avait lui-même cette grande dévotion pour Tara, je lui ai demandé si moi-même je ne pouvais pas prendre pour divinité principale Tara.
Bokar Rimpoché m'a donné son accord, il m'a transmis les initiations sur Tara et c'est à partir de là que je me suis mis à pratiquer.
Je pratique continuellement cette divinité.
Et par cette pratique, j'ai pu voir par ma propre expérience que Tara sait véritablement écarter les obstacles, lorsqu'on rencontrait des difficultés dans l'existence, qu'elle réunissait les conditions favorables pour ceux qui veulent pratiquer le dharma, qu'elle apportait son aide à tous ceux qui la priaient et c'est à partir de cette expérience que ma foi, ma confiance dans Tara s'est développée de plus en plus.

PRÉSENTATRICE :-Donc, vous avez écrit ce livre "Les splendeurs de Tara", c’est un livre assez conséquent, magnifiquement illustré.
Ce sont des années de recherches ?
Comment avez-vous Procédé ?

KHÈMPO DEUNYEU RIMPOCHÉ :-Non, ça ne m'a pas pris autant de temps qu'on peut l'imaginer.
En fait, j'ai fait ce travail en 4 ou 5 mois.
Pourquoi j'ai entrepris ce travail ?
Parce que dans notre monastère, il y a un temple très beau consacré à Tara. 
Et beaucoup de gens viennent voir ce temple et une fois, il y a un maître tibétain que je connaissais, qui est venu voir ce temple.
Il m'a dit : "Mais il y a ce temple magnifique ici. Votre divinité principale à vous, c'est Tara. Ce serait certainement une bonne chose que vous puissiez écrire un livre sur Tara."
J'avais déjà eu un peu cette idée auparavant, mais je n'avais jamais entrepris de la réaliser, mais lorsque ce maître m'a dit ces paroles, je me suis mis au travail aussitôt et en 4 ou 5 mois, j'ai pu terminer ce livre.
Je suis sûr que ce livre sur Tara est le résultat de la bénédiction de Tara elle-même et j'ai plusieurs raisons pour penser cela.
La première raison, c'est qu'il y a de nombreuses illustrations dans ce livre et les illustrations sont rares et difficiles à obtenir et à partir du moment où j'ai entrepris d'écrire ce livre, j'ai pu les obtenir très facilement.
La rédaction elle-même du livre s'est passée très très facilement, donc pour ces raisons, je pense que c'est la bénédiction de Tara qui était en œuvre.
Puis on a pu imprimer rapidement l'édition en tibétain.
Après quoi, un de mes disciples américains a lui-même rapidement en l'espace de 4 ou 5 mois accompli une traduction en anglais.
Après quoi, mes disciples chinois deTaiwan ont aussi publié une traduction qui a rencontré un succès, car beaucoup de gens l'ont trouvé utile.
En peu de temps, ils en ont vendu 1 000 exemplaires, ils ont dû réimprimer et ensuite, un disciple français a réalisé la traduction en français.
Donc comme tout ceci s'est passé spontanément, j'y vois le signe que c’est la bénédiction de Tara qui m'a aidé dans ce travail.

PRÉSENTATRICE :-Alors, revenons maintenant à l'histoire justement de Tara, Rimpoché.
Quelle est son origine ?
Pouvez-vous nous en dire un mot?

KHÈMPO DEUNYEU RIMPOCHÉ :-Il faut distinguer 2 choses : il y a Tara sur le plan ultime.
Donc Tara sur le plan ultime, c'est la connaissance de la réalité ultime et la compassion qui existent dans l'esprit de tous les bouddhas. 
Maintenant, cette sagesse et cette compassion, nous, nous ne pouvons pas les voir directement.
C'est pour cette raison que sur le plan relatif, la sagesse et la compassion apparaissent sous la forme d'une divinité et cette divinité, c'est Tara. 
Maintenant, sur le plan relatif, il y a un récit qui conte comment Tara étant d'abord une personne ordinaire, est devenue une divinité.
Donc on dit qu'il y a de très nombreux kalpas, disons de très nombreuses ères cosmiques, vivait une princesse qui s'appelait "Lune de Sagesse".
Et cette princesse avait une force de caractère, un courage, une patience, une dévotion, des qualités tout à fait extraordinaires. 
Et à la même époque, vivait un bouddha qui s'appelait "Son du Tambour" et ce bouddha avait un très très grand cercle de disciples parmi lesquels il y avait des boddhisattvas, des moines, etc. et tous avaient une immense admiration pour cette princesse en voyant les qualités qu'elle avait.
Et c’est pour cette raison que le bouddha un jour a fait une prophétie et il a dit à la princesse :
"Ces qualités vous mèneront jusqu'à l'éveil et vous obtiendrez l'éveil sous une forme féminine."
La princesse elle-même a pris cet engagement, c'est-à-dire elle a dit :
"Pour atteindre l'éveil, je progresserai toujours en reprenant naissance sous la forme féminine. Une fois que j'aurai atteint l'éveil, je me manifesterai sous une forme féminine et l'activité que je développerai pour les êtres, je la manifesterai sous une forme féminine."
L'activité principale de Tara, c'est d'écarter les menaces qui peuvent se présenter à nous.
Ces menaces sont de toutes sortes, mais traditionnellement, on dit qu'il y a 16 grandes menaces et c'est la mission de Tara.

PRÉSENTATRICE :-Quand on évoque Tara, on pense immédiatement à une louange écrite pour cette divinité qui est très très belle.
Est-ce que vous pouvez-nous nous la présenter ?
On la compare souvent à la prière dédiée à la Vierge Marie en Occident.

KHÈMPO DEUNYEU RIMPOCHÉ :-Il y a de très nombreuses louanges adressées à Tara. 
Dans notre tradition, on dit qu'il y a un nombre infini de bouddhas et chacun de ces bouddhas a énoncé des louanges offertes à Tara.
En particulier, en ce qui nous concerne, le bouddha Shakyamuni a révélé de nombreux tantras en rapport avec Tara et il a énoncé de nombreuses louanges adressées à Tara, mais la louange que tout le monde connaît au Tibet, que ce soit les érudits ou les gens ordinaires, c'est ce qu'on appelle la louange aux 21 Taras ou aux 21 aspects de Tara. 
Donc cette louange a été énoncée par le bouddha lui-même et elle est très profonde.
De chaque mot, on peut tirer un sens très profond.
On peut développer de nombreux commentaires à partir de chaque mot de cette louange.
Je ne peux pas ici vous commenter la totalité de la louange, mais je voudrais prendre juste un exemple dans un vers de la première strophe pour vous montrer tout ce que recèle un seul vers.
Dans ce vers, il est fait allusion à Tara comme "à Vous qui êtes née du visage de Lotus du protecteur du monde."
Donc le protecteur du monde dans ce cas-là, c'est Tchenrézi, Avalokita en sanskrit, donc c'est une allusion à un épisode de la vie d'Avalokita et de Tara.
Donc Avalokita, le boddhisattva Avalokita avait pris le vœu de secourir tous les êtres de l'univers, de tous les amener à la libération.
Donc pendant très longtemps, il travaille à son œuvre et un jour, il se dit :
"Tiens, je vais regarder s'il reste encore beaucoup d'êtres à libérer" et regardant le monde, il voit que finalement, il y a pratiquement autant d'êtres qu'avant qui sont toujours prisonniers du monde et de l'illusion.
Ceci produit un grand sentiment de tristesse dans son esprit.
Il se dit : "Ce n'est pas possible, je n'y arriverai jamais. "
Et sous l'effet de cette tristesse, des larmes tombent de ses yeux et ces larmes forment un petit lac devant lui et au milieu de ce lac, s'épanouit un lotus a 21 pétales et sur chacun des pétales, apparaît un aspect de Tara différent, donc ce sont les 21 Taras qui apparaissent devant lui et ces 21 Taras s'adressent à lui et lui disent :
"Mais ne te décourage pas, désormais, nous serons toujours avec toi pour t'aider dans ta tâche, donc continue à œuvrer pour secourir tous les êtres, continue pour les libérer et nous serons tes assistants dans ce travail."

PRÉSENTATRICE :-Nous allons nous quitter sur cette très belle histoire, Rimpoché.
Merci beaucoup d'avoir été avec nous.

KHÈMPO DEUNYEU RIMPOCHÉ :-Merci.

PRÉSENTATRICE :-Pour en savoir plus, voici quelques ouvrages que nous vous proposons.
Je vous rappelle d'abord le livre de notre invité sur lequel nous nous sommes basé pour préparer cette émission : "Les splendeurs de Tara" publié chez Claire Lumière.
Toujours chez Claire Lumière "Tara, l'éveil au féminin" de Bokar Rimpoché et  enfin "Bouddhas de la galerie céleste" publié chez Synchronique.

C'est la fin de notre émission, vous pouvez la revoir toute une semaine sur le site Internet de France 2 en consultant Pluzz.fr.
Merci à tous de votre fidélité.
Je vous souhaite une merveilleuse journée et une très très belle semaine.

¤

 

Une transcription écrite de l'émission est aussi présentée sur le site de Télé Scoop au lien :
http://telescoop.tv/browse/385118/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses%20bouddhistes

La transcription écrite de l’émission est proposée sur le site de "conscience33" http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html au lien :
http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html#altruisme_un_facteur_de_paix

FACEBOOK :
Cette transcription écrite est aussi présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses Bouddhistes" au lien :
https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3

 




L'altruisme, un facteur de paix
avec Matthieu Ricard

Dimanche 15 décembre 2013 - France 2 de 8h30 à 8h45

L'altruisme, un facteur de paix

Photo

 

Revoir l'émission jusqu'au 21 décembre 2013 :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html
(14'50)

Revoir sur Youtube :
http://www.youtube.com/watch?v=7uUKWfWCki8&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g (14'43)


Revoir sur Dailymotion au lien :
http://www.dailymotion.com/user/vchristophe/1



RÉSUMÉ :

Le moine bouddhiste Matthieu Ricard aborde le thème de l'altruisme.
En effet, développer et cultiver une attitude bienveillante envers autrui est aujourd'hui un facteur de paix essentiel pour le «vivre ensemble» dans toutes les sociétés.

 

Émission présentée par : Aurélie Godefroy
Avec : Matthieu Ricard

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

- Arlette Tempier : Bonjour. 
Matthieu Ricard évoque dans "Sagesses Bouddhistes" le thème majeur de l'altruisme.
Adopter une attitude bienveillante envers autrui est un facteur de paix essentiel pour relever les nombreux défis de la société

 

PRÉSENTATRICE :-Bonjour à tous.
Merci de votre fidélité.
C'est une grande joie de vous retrouver ce dimanche matin pour évoquer un thème essentiel du bouddhisme, et de notre monde actuel, l'altruisme.
Grâce à l'impact d'une attitude bienveillante sur nos vies, mais aussi sur la société entière, il semble qu'on arrive à un âge altruiste et que ce ne soit plus une utopie.
Quelles sont les formes d'altruismes ? Que dit la science à ce sujet ? Comment le cultiver? Accueillons pour nous en parler, Matthieu Ricard.
Matthieu Ricard, bonjour.

MATTHIEU RICARD :-Bonjour.

PRÉSENTATRICE :-Vous vivez dans l'Himalaya depuis 1972 où vous avez étudié auprès des grands maîtres tibétains et notamment Kangyu Rinpoché, puis Dilgo Khyentse Rinpoché.
Vous vous occupez de nombreux projets humanitaires au Tibet, au Népal, en Inde, à travers notamment l'association Karuna-Shechen.
Et vous venez de publier un livre passionnant "Plaidoyer pour l'altruisme, la force de la bienveillance", chez Nil Éditions.
Un ouvrage colossal qui fait 900 pages, 45 chapitres.
Matthieu Ricard, pourquoi ce thème de l'altruisme ?

MATTHIEU RICARD :-Pour moi c'est un peu le point culminant de toute une existence passée auprès de ces maîtres puisque l'altruisme et la compassion est la quintessence du chemin du bouddhisme et que j'ai la grande fortune de servir le Dalaï-Lama depuis plus de vingt ans et de voir qu'au fil des années, c'est de plus en plus le message qu’il veut faire passer.
Qu'au cœur des valeurs humaines, l'altruisme et la compassion sont ce qui compte le plus.
Ça  d'une part, d'autre part parce que, d'un plan très pragmatique, on considère souvent l'altruisme comme une noble utopie, un bon sentiment, c'est un peu naïf,  c’est un petit peu faiblard, alors qu'en fait, c'est devenu une nécessité absolue parce que le monde est un peu dans une sorte de désarroi.
Pour savoir gérer l'économie qui va très vite, l'épanouissement, la qualité de vie qui est le temps d'une génération ou d'une vie, et puis  le sort des générations futures.
C'est un défi  très nouveau pour l’humanité parce qu'avant on avait un impact mineur sur la planète, qui est vraiment une question d'altruisme et d'égoïsme.
Si vous n'avez pas des considérations pour les générations à venir, ben c’est après moi le déluge, ils diront :
"Vous saviez et pourtant vous n'avez rien fait."
Brusquement, l'altruisme qui a toujours été une valeur fondamentale prend une résonance toute particulière parce que c'est peut-être maintenant un trait essentiel pour notre survie.

PRÉSENTATRICE :-Vous dites qu'il y a trois échelles de temps qu'il faut prendre en compte et que seul l'altruisme peut permettre de résoudre ce challenge.

MATTHIEU RICARD :-Pour les économistes ils font leurs compte à la fin de l’année, ce qui se passe dans 50 ans, ce n’est pas leur affaire, peu importe !
Ceux qui s'occupent de la qualité de vie n'arrivent pas à dialoguer et encore moins ceux qui s'occupent de l'environnement.
Ils savent ce qui va se passer, ils savent quelles sont les mesures qu’on pourrait prendre, ce qui est encore possible, mais c'est dans 60 ans. 
Du coup... C'est très frustrant.
La considération d'autrui, c'est le concept qui permet d'avoir un modèle cohérent, de prendre de décisions cohérentes, et de parler d'une harmonie durable au lieu d'une croissance illimitée qui est totalement inconcevable puisqu'il faudrait 3 ou 5 planètes en 2050, au rythme où on utilise les ressources naturelles.
C'est invivable.
Et alors de plus dans notre vie personnelle, pour aussi  être très pragmatique, la poursuite d'un bonheur égoïste, est vouée à l'échec.
Ça vous rend la vie misérable et cela rend la vie misérable à tous ceux qui vous entourent.
Et en plus, c’est pas seulement une question d’expérience vécue, c'est en porte-à-faux avec la réalité.
Parce que l'idée de construire son bonheur dans la bulle de l'égoïsme, c'est déjà présupposer que nous sommes des entités isolées alors que la nature et le monde des phénomènes est essentiellement interdépendant.

PRÉSENTATRICE :-Sûr.

MATTHIEU RICARD :-L'interdépendance, ça vous fait réfléchir au fait que si moi-même je me réveille le matin, en disant "Je préférerais ne pas souffrir aujourd'hui", j'ai qu'à me transporter dans l'esprit de quelqu'un d'autre et même s'il n'est pas très habile pour trouver les causes véritables du bonheur, néanmoins il aspire à se libérer de la souffrance.
L'interdépendance fait que je dois accorder de la valeur à son aspiration et être concerné par son sort.
L'altruisme, c'est très pragmatique et très fonctionnel.

PRÉSENTATRICE :-Alors dans votre livre, vous croisez nombre d'études psychologiques, scientifiques, spirituelles.
C'est vraiment  incroyable.
Et vous énumérez différentes formes d'altruismes.
Quel est selon vous l'altruisme véritable, Matthieu Ricard ?

MATTHIEU RICARD :-En fait, c'est pas une sorte d'idéal si éloigné qu'il est réservé aux saints et aux saintes.
Dans un instant précis, si en votre esprit, la motivation qui vous anime est de faire le bien de quelqu'un d'autre, c'est de l'altruisme véritable.

PRÉSENTATRICE :-Donc, c'est complètement désintéressé ?

MATTHIEU RICARD :-C'est-à-dire que vous ne calculez pas "Je fais ça," non pas pour le bien de l'autre, mais par intérêt.
"On va me considérer bien, je vais recevoir des louanges, "ou simplement parce que "je ne supporte pas de le voir souffrir. "
Ce n’est pas que je m'intéresse à son sort mais ça me soulage de pouvoir "faire quelque chose pour ne pas être en détresse devant lui."
Si votre motivation est : "Je suis concerné par lui, je veux soit remédier à sa souffrance, soit faire son bien."
Après, il peut y avoir d'autres choses qui s’ajoutent à ça.
Ça  se peut très bien que de surcroît, vous vous sentiez bien après avoir aidé.
Mais ça n'est qu'un effet secondaire.
L'égoïsme, c'est de poursuivre ses intérêts en ignorant ceux des autres, ou pire, au détriment de ceux des autres ou au prix de la souffrance des autres.
Ça c’est de l’égoïsme.

PRÉSENTATRICE :-Est-ce que cela ne peut pas nous apporter aussi une certaine liberté en faisant exploser cette bulle de l'ego dont vous parliez tout à l’heure?

MATTHIEU RICARD :- Oui, parce que quand vous êtes enfermé dans cette bulle de l’ego, ce n’est pas très agréable.
Mon ami, le philosophe Alexandre Jollien disait :
"Dans l'ego, "ça sent le renfermé !"
On est très vulnérable.
Parce que si vous êtes, à chaque instant, préoccupé de ce qu'on va dire de vous, vous êtes heurté par la critique, vous êtes gonflé de vanité, par la louange, vous êtes affecté par le gain ou la perte, etc...
Vous êtes...
C'est comme si vous ouvriez votre cœur et que toutes les flèches des préoccupations mondaines viennent taper dessus à longueur de journée.
Quelqu'un qui n'est pas obsédé par le sentiment exacerbé de l'importance de soi et de surenchérir sur l'importance de soi, a certaines libertés car il sait qu'il a les ressources intérieures pour gérer les hauts et les bas de l'existence.
Se sentant moins vulnérable, il n'est pas en sentiment d’insécurité.
Il est, du coup, prêt à s'ouvrir aux autres puisqu’ il n'est pas totalement obsédé par lui-même.

PRÉSENTATRICE :-Est-ce qu’on dire qu'il y a une prédisposition à l'altruisme ?

MATTHIEU RICARD :-Nous avons tous une ligne de base.
Il y a des gens qui sont spontanément incroyablement bons, chaleureux, généreux et d'autres qui ont plus de difficultés de ce côté-là.
Mais quel que soit la ligne de départ, à la fois l'entraînement de l'esprit qu'est la méditation, et les neurosciences qui étudient les changements du cerveau à la suite d’ un entraînement, la neuro-plasticité, vous diront tous les deux que quel que soit votre ligne de départ, ici, là, ou là, vous avez une marge de manœuvre considérable pour faire s'épanouir cette qualité et l'amener à un point optimal.
Admettons que vous vouliez faire de la course à pied, vous n’allez pas tout de suite courir un marathon.
Vous avez le potentiel mais sans entraînement, il reste dormant.
Bizarrement pour ce qui est des qualités humaines fondamentales que sont l'altruisme, la bienveillance, la compassion, la liberté intérieure, on a le sentiment que c'est comme ça, on ne peut rien y faire, c'est gravé dans la pierre, "C'est comme ça que je suis".
Vous renoncez à la course avant d’avoir franchi la ligne de départ.
En fait, comme toutes capacités, on peut les amener à un point optimal, la différence par rapport à l'entraînement physique, c'est que même en étant champion de saut en hauteur, vous ne sauterez jamais 5 mètres à pieds joints.
Tandis que la compassion, on peut la doubler, la quadrupler, il n'y a pas de limites.

PRÉSENTATRICE :-Vous êtes vous-même Matthieu Ricard un exemple vivant de l'altruisme, vous êtes quelqu’un de très engagé, est-ce que vous pouvez nous dire ce que vous faites notamment à travers cette fondation.
Quels sont vos principaux chantiers ?

MATTHIEU RICARD :-Pendant longtemps j'ai vécu auprès de ces maîtres et j'avais ce désir de pouvoir un jour servir...
A l’époque, j'avais rien du tout, et après grâce au produit des livres et aussi à des philanthropes, des collaborateurs qui nous ont rejoints, maintenant, depuis la fin des années 90, nous avons accompli 130 projets au travers de l'association Karuna-Shechen, dans l'Himalaya, au Tibet, au Népal, en Inde.
Aujourd’hui, nous traitons 100 000 patients dans plus de 25 cliniques.
Là, je reviens du Bihar, là où est Bodhgaya, le lieu de l'éveil du Bouddha.
Nous rayonnons dans 130 villages pour apporter des soins, pour apprendre à lire aux femmes illettrées.
Nous avons 25 000 enfants dans les écoles que nous avons construites.
Donc voilà, c'est une grande joie de travailler avec tous ces amis à cette belle cause.

PRÉSENTATRICE :-Matthieu Ricard, donc effectivement, vous menez plusieurs actions en ce sens.
J'aimerais qu'on regarde maintenant un extrait d'un documentaire que vous a consacré Jean Mascolo, où vous vous rendez justement dans un hôpital, en Inde.

MATTHIEU RICARD :-Non, c'est la clinique à Shechen, au Népal, qui traite environ 40 000 patients par an.

PRÉSENTATRICE :-On regarde tout de suite.

{PRÉSENTATION DU FILM PAR MATTHIEU RICARD}

-Alors ?
-Ce patient a un cancer. Je voulais te le montrer.
-Sans les déranger.
-C'est une clinique destinée aux gens les plus défavorisés.
La moitié des patients sont soignés gratuitement.
Un quart à un prix très modique.
Un dernier quart au prix courant au Népal.
Au début, ça démarre très lentement parce que Les gens ne peuvent pas croire que c’est pour eux.
Ils voient un truc très beau, bien construit, ils pensent que c'est très cher, que ce n'est pas pour eux.
Même si on veut une vie active d'entrepreneur social, ou d'humanitaire, le meilleur entraînement qu’on puisse faire c’est d'essayer de devenir un meilleur être humain, modestement, à la mesure de ses propres moyens.
Et c’est essentiel.

{FIN DU FILM}

 

PRÉSENTATRICE :-Alors Matthieu Ricard, est-ce que vous pouvez  nous dire quelques mots sur cette clinique ?

MATTHIEU RICARD :-Elle a été fondée en 1999, je crois.
Elle emploie 50 personnes.
Il y a une unité de soins palliatifs, un cabinet de dentiste, un laboratoire...
Nous traitons environ 40 000 patients par an, parmi les plus démunis de la vallée.
Parfois, nous devenons services sociaux.
Une mère apporte un enfant malade, et on s'aperçoit qu'elle a vendu sa machine à coudre pour arrondir ses fins de mois et qu'elle a perdu son travail.
On lui paye son loyer, on achète une machine à coudre, on soigne l'enfant.
Il faut voir ça dans le contexte.
C'est une clinique un peu intégrale de ceux qui sont dans le besoin.

PRÉSENTATRICE :-Donc, finalement on peut dire aujourd’hui que l'âge altruiste est arrivé, ce n'est plus une utopie.

MATTHIEU RICARD :-Ça ne suffira pas, mais je crois que...
Je cite Victor Hugo, au début de ce livre qui dit "Il n'y a rien de plus puissant qu'une idée dont le temps est venu."
Et je pense que l'âge de la coopération, l'âge de l'altruisme, est vraiment une nécessité.
Donc nous devons œuvrer, sur le plan individuel et sur le plan des cultures, pour faire basculer ces cultures vers une société plus altruiste.

PRÉSENTATRICE :-Vous pensez aussi qu’au niveau de l‘économie c'est envisageable ?
Parce qu’on est dans une crise actuelle très forte.

MATTHIEU RICARD :-Un grand nombre d'économistes disent comme  Stiglitz qu'il faut remédier aux inégalités.
J’ai un ami qui s’appelle Dennis Snower qui dit : "Traditionnellement, dans l’économie, on parle de la voie de la raison, il faut ajouter à cela la voie du cœur, la voie de la sollicitude, parce que la maximisation de vos intérêts personnels ne peut pas faire deux choses, remédier à la précarité ou à la pauvreté au sein de la richesse et gérer le problème des biens communs. "
C’est-à-dire la qualité de l’air, des océans, de la démocratie.
Si vous êtes uniquement préoccupés par vos intérêts personnels, vous ne pouvez pas gérer l’avenir de la planète.
Donc, nous avons besoin de la voie de la sollicitude.

PRÉSENTATRICE :-Très bien.
Je vous remercie infiniment Matthieu Ricard.
Merci d’avoir été avec nous aujourd’hui.
Pour aller plus loin, voici quelques ouvrages que nous vous conseillons.

Je vous rappelle tout d’abord le livre de notre invité sur lequel nous nous sommes basés pour préparer cette émission « Plaidoyer pour l’altruisme, la force de la bienveillance » chez Nil Éditions.
Toujours de notre invité, « L’art de la méditation ».
Vous retrouverez dans cet essai très accessible un guide spirituel et philosophique qui vous initiera d’une façon concrète à la méditation.
Et enfin « Au cœur de la compassion », de Dilgo Khyentsé chez Padmakara Éditions.
Je vous signale, par ailleurs, le DVD de Jean Mascolo de Filippis, « Matthieu Ricard, sur le chemin de la compassion » aux Éditions Montparnasse.

C’est la fin de notre émission, vous pouvez la revoir pendant toute une semaine sur le site internet de France 2 en consultant pluzz.fr.
Merci à tous de votre fidélité.
Je vous souhaite une très très belle journée.
Nous vous retrouverons  la semaine prochaine.

¤

Plus d'information sur Matthieu Ricard : http://fr.wikipedia.org/wiki/Matthieu_Ricard :
"Matthieu Ricard né le 15 février 1946 à Aix-les-Bains, est un docteur en génétique cellulaire, un moine bouhhiste tibétain, un auteur et un photographe. Il est le fils du philosophe, essayiste, journaliste et académicien Jean-François Revel (né Jean-François Ricard) et de la peintre Yahne Le Toumelin.
Il réside actuellement au monastère de Shéchèn au Népal."

et : http://www.matthieuricard.org/fr/a-propos

Blog de Matthieu Ricard : http://www.matthieuricard.org/

Plus d'information sur l'association Karuna-Schéchèn : http://www.karuna-shechen.org/fr/accueil.html

Matthieu Ricard sur Facebook, en français : https://www.facebook.com/pages/Matthieu-Ricard-en-fran%C3%A7ais/108890435824157
Matthieu Ricard sur facebook, en anglais : https://www.facebook.com/pages/Matthieu-Ricard-in-English/218515998163272

Matthieu Ricard sur Twitter : https://twitter.com/MatthieuRicard

 

Une transcription écrite de l'émission est aussi présentée sur le site de Télé Scoop au lien :
http://telescoop.tv/browse/380578/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses+bouddhistes

La transcription écrite de l’émission est proposée sur le site de "conscience33" http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html au lien :
http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html#altruisme_un_facteur_de_paix

FACEBOOK :
Cette transcription écrite est aussi présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses Bouddhistes" au lien :
https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3

 

 

Upasika Kee Nanayon,
ses enseignements

Dimanche 8 décembre 2013 - France 2 de 8h30 à 8h45

Upasika Kee Nanayon, ses enseignements (1901-1978)
 Sagesses Bouddhistes poursuit sa rencontre avec Upasika Kee Nanayon (1901-1978) dont les enseignements sont perpétués par ses disciples au sein du centre de méditation pour femmes qu'elle a fondé en Thaïlande.

 

Revoir l'émission jusqu'au 14 décembre 2013 :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html
(14'53)

Revoir sur Youtube :
http://www.youtube.com/watch?v=zY1GZKiUvSc&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g (14'52)




Revoir sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x185j2t_sagesses-bouddhistes-2013-12-08-upasika-kee-nanayon-ses-enseignements_webcam (14'54)



RÉSUMÉ :

Sagesses Bouddhistes poursuit sa rencontre avec Upasika Kee Nanayon (1901-1978) dont les enseignements sont perpétués par ses disciples au sein du centre de méditation pour femmes qu'elle a fondé en Thaïlande.
Sans jamais prendre de vœux monastiques, elle a pourtant offert, avec une force tranquille et une grande lucidité, les paroles du Bouddha, afin que le plus grand nombre développe l'amour et la compassion pour tous.

 

Émission présentée par : Aurélie Godefroy
Avec : Jeanne Schut

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

- Bonjour et bienvenue.
"Sagesses Bouddhistes" nous en dit plus sur les enseignements de Upasika Kee Nanayon, fondatrice laïque dans les années 50 d'un grand centre de méditation pour femmes en Thaïlande.

PRÉSENTATRICE :-Bonjour à tous et merci de votre fidélité.
Je suis très heureuse de vous retrouver ce matin pour la suite de notre émission consacrée à Upasika Kee Nanayon, cette enseignante devenue l'un des plus grands maîtres de méditation de Thaïlande.
Nous avons pu voir le parcours de cette personnalité.
Arrêtons-nous aujourd'hui sur son enseignement.
Quel entraînement du corps et de l'esprit nous propose-t-elle ?
De quelle manière le mettre en pratique ?
Nous retrouvons tout de suite, pour en parler notre invitée, Jeanne Schut.
Jeanne Schut, bonjour.

JEANNE SCHUT :-Bonjour

PRÉSENTATRICE :-Vous pratiquez, dans la tradition des moines de la forêt, depuis une trentaine d’années.
Et vous travaillez également depuis 15 ans sur les textes des maîtres.

JEANNE SCHUT :-Oui.

PRÉSENTATRICE :-Vous venez de traduire "Pure et Simple", aux Editions Sully.
Merci d'être avec nous aujourd’hui.

JEANNE SCHUT :-Avec plaisir.

PRÉSENTATRICE :-Pourriez-vous nous rappeler tout d’abord qui était ce grand maître de méditation, qui était une femme ?

JEANNE SCHUT :-En effet, c'était une femme.
Elle était laïque.
Même après son éveil, elle n'est jamais devenue une de ces nonnes qu'on trouve dans les monastères en Thaïlande.
Elle a gardé ce choix de rester indépendante du système monastique. 
Elle a pourtant été reconnue par les plus grands moines du siècle.
Et elle a surtout légué un enseignement qui se poursuit aujourd'hui, grâce au centre, qui a été créé autour d'elle.

PRÉSENTATRICE :-Et justement sur quels sujets porte son enseignement ?

JEANNE SCHUT :-Essentiellement, elle parle de la souffrance.
Elle va dire les quatre nobles vérités du Bouddha :
"Voyez que la vie est souffrance. "
"Voyez aussi que s'il y a souffrance, il y a une cause."
"Et s’il est possible de la dépasser, si on si l'on éradique cette cause, c’est vraiment l’enseignement du Bouddha"
Le plus qu'elle a, c'est que quand elle enseigne, elle arrive à stimuler les gens, à les encourager par son propre exemple.

PRÉSENTATRICE :-Selon elle, quel est le sens de la vie ?

JEANNE SCHUT :-Elle dit : "Ne croyez pas que la vie est là pour vous faire plaisir.
"Contrairement à ce qu'on peut penser, notamment dans notre société moderne, ne croyez pas que le bonheur est là, nous attend.
"Puisque nous sommes là, nous sommes là pour le réaliser."
En réalité, ce bonheur-là est éphémère.
Tout ce qui apparaît, disparaît.
Même si nous sommes heureux un jour, nous serons malheureux, inévitablement puisque la source de notre bonheur va disparaître.
Ne vous attachez pas à cela.
C'est vivre dans le rêve.
C’est vivre ans l’illusion.
Ouvrez les yeux.
Voyez que la réalité des choses est souffrance, si on ne suit pas ce chemin qui nous permet ‘aller au-delà de la souffrance.

PRÉSENTATRICE :-C'est une réflexion sur l'impermanence.

JEANNE SCHUT :-Sur l’impermanence, qui est une des caractéristiques que le Bouddha nous a révélé de façon à nous aider à dépasser le problème de la souffrance.

PRÉSENTATRICE :-Par conséquent, quelle attitude doit-on adopter?

JEANNE SCHUT :-Il faut avoir un regard juste sur les choses.
Et donc, développer la vision juste, la compréhension juste.
Et pour cela, il faut développer l'attention.
L'attention va être notre outil principal.
Et dans l'attention, elle développe en particulier l'attention qu'elle appelle : lire son esprit.

PRÉSENTATRICE :-Qu'est-ce que ça signifie ?

JEANNE SCHUT :-Quand j'étais en Thaïlande, les nonnes me disaient : "Lis ton esprit."
C'est la marque de fabrique d'Upasika Kee.
Lire son esprit, c’est être toujours  attentif à ce que l'on ressent, au niveau du cœur, au niveau de l'esprit.
C’est-à-dire que s'il y a une certaine stabilité et qu'un contact sensoriel, par exemple un objet que je vais voir, va me plaire, je vais me tourner vers lui, je vais m'ouvrir, m’épanouir, je vais être contente.
Là, il va apparaître quelque chose de positif.
Si j'y suis attentive, je vais l'observer et voir qu'une autre stimulation sensorielle va m'appeler ailleurs, qu’elle va passer.
Et je ne vais pas m'identifier à ce que je ressens.

PRÉSENTATRICE :-C'est aussi valable pour ce qui est désagréable.

JEANNE SCHUT :-En effet.

PRÉSENTATRICE :-Alors concrètement, elle propose un entraînement justement pour travailler sur cela.
Et pour elle, corps et esprit sont liés.

JEANNE SCHUT :-Elle suit l'enseignement du Bouddha, qui donne les quatre fondements de l'attention sur le corps, les ressentis, les objets mentaux et puis les réflexions sur le dharma.
Il y a beaucoup de façons de travailler sur le corps.
Prenons l'exemple des quatre éléments.
En pratique de la méditation, observer que nous sommes faits des mêmes quatre éléments, qui nous entourent dans ce monde.
Par exemple, nos os sont la matière dure, qui correspond à la dureté de la terre.
Le sang qui coule dans nos veines correspond à l'élément eau.
La chaleur qui anime notre corps, c'est l'élément feu.
Et l'air qui nous entoure, c'est l'élément air.
Nous sommes faits des mêmes quatre éléments que les êtres qui nous entourent dans ce monde et la nature elle-même.
Voir cela nous fait comprendre qu’en réalité nous ne sommes qu'un objet de la nature.
Il va falloir, petit à petit, de plus en plus profondément se détacher de ce corps et voir que c'est un élément de la nature.
Il suit les lois de la nature.
C'est pour ça qu'il dépérit, que la peau se fane, les cheveux deviennent gris, que les dents tombent.
Et ça, on ne pourra pas y résister.
Il faut reconnaître que notre corps est un élément de la nature.

PRÉSENTATRICE :-Et que nous dit-elle sur l'entraînement de l'esprit ?

JEANNE SCHUT :-L'esprit, de la même manière, il y a beaucoup de façons de l'observer. 
La façon la plus classique, c’est de voir que tout apparaît et tout disparaît.
Une impression sensorielle, agréable ou désagréable, va apparaître, va disparaître, et sera remplacée par une autre.
L'idée, c'est de voir qu'en fait, même à l'intérieur d'un seul contact sensoriel, disons que j'entends un son. 
Et que je le trouve désagréable. 
Imaginons qu'un chien aboie, au moment où je médite.
D'abord, il y a mon contact entre mon oreille et ce son.
Puis des choses vont se produire. 
C’est-à-dire que ma mémoire va intervenir. 
C’est un des éléments qui compose notre esprit.
La mémoire intervient pour dire : "C'est un chien."
Et puis le ressenti intervient pour dire : "Je n’ai pas envie que ce chien aboie au moment où je médite."
Je vois que ce sont des enchaînements complètement mécaniques de mon cerveau. 
En fait, je suis conditionnée pour penser que si un chien aboie pendant que je médite, c'est désagréable.
Peut-être que ce chien aboie, fait plaisir à quelqu’un, joue avec un enfant, qui vivra la situation différemment.
En fait je suis conditionnée pour réagir comme ça.
En voyant petit à petit comment tous ces éléments de l'esprit fonctionnent, s’imbriquent  de manière conditionnée, je vais, petit à petit, comme avec le corps, me désidentifier de cet esprit et donc arriver à ce qu’on appelle le "non-soi".

PRÉSENTATRICE :-Alors, on imagine que dans ce cadre, la méditation joue un rôle essentiel.
De quelle manière, nous conseille-t-elle de la pratiquer?

JEANNE SCHUT :-Upasika Kee nous parle de la méditation classique.
Déjà, elle parle beaucoup de la posture.
"Prenez une posture qui soit confortable au début.
Il ne s'agit pas de s'affaisser et de se redresser tout le temps."
Pour un esprit stable, il faut un corps stable.
Donc, on ne bouge plus, une fois installé.
Deuxième chose, on s'ancre aussi dans la respiration.
Ça permet de développer l'attention, l’attention à la respiration, d'avoir une certaine stabilité.
Mais ce qu'elle apporte de nouveau, c'est : "Libérez votre esprit "de toute préoccupation."
Et vous allez voir que vous arriverez à développer "la normalité de l'esprit, "ou la neutralité de l'esprit."
Cet état, vous allez en prendre une photographie mentale.
Vous saurez ce qu'est pour vous la neutralité de l’esprit
À partir de là, vous allez pouvoir, grâce à l’attention, observer si vous vacillez, à cause d'un contact sensoriel.
Si vous êtes un peu surexcité par quelque chose qui vous fait plaisir ou si au contraire vous pouvez être déprimé par une situation difficile.
Et vous pourrez toujours ramener votre esprit à ce niveau-là.
Ça s'appelle prendre position.
Savoir où est l'état de neutralité.
C'est tout-à-fait unique, dans cet enseignement.
Et c'est d'une aide immense.

PRÉSENTATRICE :-Justement, comment est-ce qu’on peut-on savoir où est cette neutralité de l'esprit ?
Que dit-elle ?

JEANNE SCHUT :-Elle nous dit que dès qu'on commence, on s'assoit, on libère l'esprit des préoccupations.
On a la bonne posture.
On n’est pas encore fatigué.
On va se trouver spontanément dans un état de neutralité.
Là, on en prend une photographie mentale.
C’est à partir de là qu’on va savoir où l'on se situe.

PRÉSENTATRICE :-On imagine qu’il doit y avoir un certain nombre d’obstacles.
Quels sont-ils ?

JEANNE SCHUT :-On a des obstacles de type physique.
Par exemple, il va y avoir des douleurs. 
Les méditations peuvent durer une heure, deux heures, jusqu'à 3 heures.
Et donc, si on ne bouge pas pendant si longtemps, on aura des douleurs.
Et l'obstacle psychologique ou mental va être  de résister à la douleur.
C'est en fait l'attitude que nous avons dans la vie à chaque fois qu’une situation désagréable se présente : nous allons résister.
C'est inévitablement une source de souffrance.
Donc, elle nous dit : apprenez à travailler sur la douleur.
Quand vous pourrez l'observer, la voir passer.
Car tout phénomène physique apparaît et disparaît.
Dans une même douleur, il se produit des phénomènes à toute vitesse.
De multiples phénomènes.
Donc, observez, intéressez-vous.
Ça peut être passionnant.
Et laissez-la passer.
Et vous serez plus tard capable de faire face à toutes sortes de situation.

PRÉSENTATRICE :-Est-ce la même chose, lorsqu’elle nous encourage à stabiliser notre esprit ?

JEANNE SCHUT :-Stabiliser l'esprit, ça revient à ce que je disais tout à l’heure, cette espèce de neutralité de l’esprit.
De lire l'esprit.
Et puis, elle parle de deux choses.
Elle dit : "avoir un ancrage".
On dit souvent, dans la méditation, que la respiration, l'attention sont des ancrages.
J'aime bien cette image d'un bateau qu'on va ancrer.
Donc, elle propose de commencer par des circonstances qui soient favorables.
Donc, on va dire que ce bateau va se mettre dans une baie, à l'abri des tempêtes.
C'est comme aller dans un centre de méditation et chercher des circonstances paisibles.
Ensuite, prendre le premier ancrage, celui de la respiration, de l'attention.
Et puis, le second ancrage, qui sera la normalité de l'esprit.
Et à partir de là, observer.
Et voir tout ce qui peut apparaître et disparaître, au niveau des phénomènes physiques et des phénomènes mentaux.
Après, elle dit qu'on arrive à se détacher de ce corps, et qu'on arrive dans cet espace, où il n'y a plus l'identification au corps et à l'esprit.
C’est-à-dire qu’on est alors au-delà du conditionné.
Le fait que les choses apparaissent et disparaissent disparaît également.
On est dans un état au-delà du conditionné.
Et là, ça correspond à ce bateau, qui tout d’un coup, n'a plus besoin d'être dans cette crique abritée. Il peut se lancer sur l'océan.
Et là que le temps soit beau ou mauvais, le bateau restera sur cet océan qui sera un océan de sagesse.

PRÉSENTATRICE :-Alors, pour conclure, pouvez-vous nous dire, vous, en tant que maître, pourquoi Upasika Kee vous touche, en tant que maître de méditation ?
Quel est son enseignement.
Pourquoi son enseignement est-il si fort ?

JEANNE SCHUT :-Je pense que c’est la façon dont elle l'expose.
Ce qu'elle dit est peu différent des autres enseignements. 
Mais c'est une femme. 
Donc, elle a une autre tournure d'esprit.
Et elle exprime les choses d’une manière plus directe.
C'était une femme forte. 
Mais elle a vraiment la capacité à encourager les gens.
On a envie de pratiquer ce qu'elle propose.
Et surtout, elle est un modèle, elle est un exemple. 
On se dit qu'elle était simple.
Elle a pratiqué. 
Mais elle a pratiqué avec une force, avec une détermination extraordinaire.
Mais elle a passé toutes les étapes tellement difficiles. 
Elle dit : "Ce n'est pas facile de dépasser la douleur. Quand on souffre, on a envie de lâcher ce qui cause la douleur. Ne pas céder à tout ça. " 
Sa détermination, sa force, je pense qu’elle arrive à la transmettre par son enseignement, dans ses livres.
Il y a des cassettes aussi.
Malheureusement, elles sont en thaï.
Mais c'est beau d'entendre sa voix, forte et ferme.
Il ne reste que des mots sur des pages.
Et pourtant cette énergie, on la ressent.
Et on la vit.

PRÉSENTATRICE :-Merci beaucoup de nous avoir permis de faire connaissance justement avec Upasika Kee.

JEANNE SCHUT :-Avec plaisir.

PRÉSENTATRICE :-Si vous souhaitez aller plus loin, voici quelques livres que nous vous proposons.
Je vous rappelle tout d’abord, l'ouvrage d'Upasika Kee, traduit par notre invitée sur lequel nous nous sommes basé pour préparer cette émission :
"Pure et Simple. Les enseignements extraordinaires de Kee." aux éditions Sully.
Toujours aux éditions Sully, "Les plus belles paroles du Bouddha", Ies versets de l'un des plus anciens recueils des enseignements du Bouddha, également traduit et présentés par notre invitée Jeanne Schut.
"Birmanie, rêve éveillé", d'Olivier Follmi aux éditions Olizane. Le photographe réunit dans ce très bel ouvrage 20 ans de travail, qui expriment sa fascination pour la Birmanie.

C’est la fin de notre émission.
Vous pouvez la réécouter pendant une semaine sur le site internet de France 2 en consultant Pluzz.fr
Merci à tous de votre fidélité.
Je vous souhaite une très journée et une très belle semaine.

¤

 

Plus d'informations concernant les Moines de la Forêt :
http://www.dhammadelaforet.org/
et
http://fr.wikipedia.org/wiki/Moines_de_la_for%C3%AAt

Plus d'informations concernant Upasika Kee Nanayon :
Sa vie : http://bf.8ethique.free.fr/8keenanayon.htm
Son enseignement : http://bf.8ethique.free.fr/8enseignements.htm

 

Une transcription écrite de l'émission est aussi présentée sur le site de Télé Scoop au lien :
http://telescoop.tv/browse/377368/1/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses+bouddhistes

La transcription écrite de l’émission est proposée sur le site de Conscience33 : http://www.conscience33.fr/ au lien :
http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html

FACEBOOK :
Cette transcription écrite est aussi présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses bouddhistes" au lien :
https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3

 

Autre document concernant Jeanne Schut, paru au lien : http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/detail_des_emissions/080608.htm

Emission Sagesses Bouddhistes du 8 juin 2008

Réflexions d’un moine bouddhiste sur la vie

Invitée : Jeanne Schut

Présentation : Sandrine Colombo

Revoir sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/x6qiuj_reflexions-d-un-moine-bouddhiste-su_news (14'59)

Extraits de l'émission : transcription écrite au lien http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/detail_des_emissions/080608.htm


Upasika Kee Nanayon,
une femme remarquable

Dimanche 1er décembre 2013 - France 2 de 8h30 à 8h45

Upasika Kee Nanayon, une femme remarquable (1901-1978)
 Découverte du parcours d'Upasika Kee Nanayon, considérée comme l'un des plus grands maîtres de méditation en Thaïlande au cours du XXe siècle.

 

Revoir l'émission jusqu'au 7 décembre 2013 :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html
(14'52)

Voir sur Youtube :
http://www.youtube.com/watch?v=TUBixftl0dw (14'45)



Voir sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x17vvvf_sagesses-bouddhistes-2013-12-01-upasika-kee-nanayon-une-femme-remarquable_webcam
(14'52)


RÉSUMÉ :

Sagesses Bouddhistes propose aujourd’hui le parcours d’une femme remarquable, Upasika Kee Nanayon (1901-1978) devenue l’un des plus grands maîtres de méditation en Thaïlande au cours du XXème siècle.
Fondatrice d’un centre de méditation réputé, elle n’a cependant jamais pris de vœux monastiques.
Elle a consacré sa vie à enseigner les paroles du bouddha dans un langage clair, en menant une vie active et lucide, pleine de bienveillance.

 

Émission présentée par : Aurélie Godefroy
Avec : Jeanne Schut

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

PRÉSENTATRICE :-Bonjour.
C'est avec une immense joie que nous vous retrouvons ce dimanche matin pour la première des deux émissions consacrées à Upasika Kee Nanayon, une femme exceptionnelle devenue l'un des plus grands maîtres de méditation en Thaïlande.
Celle qui n'a jamais pris de vœux monastiques n'a cessé d'attirer les pratiquants du Dharma.
Quel a été plus précisément son parcours spirituel ?
De quelle manière a-t-elle créé sa communauté ?
C’est ce que je vous propose de voir dès à présent  avec notre invitée Jeanne Schut.

PRÉSENTATRICE :-Jeanne Schut Bonjour.

JEANNE SCHUT :-Bonjour

PRÉSENTATRICE :-Vous pratiquez le bouddhisme dans la tradition des moines de la forêt depuis une trentaine d’années.
Vous travaillez sur les textes des maîtres de cette école depuis ?

JEANNE SCHUT :-Quinze ans.

PRÉSENTATRICE :-Vous avez traduit : "Pure et simple. Les Enseignements d'Upasika Kee".

JEANNE SCHUT :-Oui

PRÉSENTATRICE :-Merci beaucoup d’être avec nous.

JEANNE SCHUT : -Avec plaisir.

PRÉSENTATRICE : -J'aimerais que l'on s'attarde sur l'origine du nom d'Upasika Kee avant que vous nous la présentiez et notamment sur son titre.
Que signifie-t-il ?

JEANNE SCHUT : -"Upasika", c'est un titre. "Kee", son prénom. "Nanayon", son nom.
"Upasika" signifie une personne qui est complètement consacrée à la voie spirituelle, mais qui n'est pas entrée dans un ordre monastique.
C'était une laïque consacrée.
Elle prend les mêmes vœux que les nonnes. Huit vœux.
Dont le célibat, mais sans que ce soit sous l'autorité d'un monastère.
Une indépendance totale, mais une dédication profonde et réelle dans une voie spirituelle.

PRÉSENTATRICE : -Parlez-nous de cette magnifique personne.
Qui était Upasika Kee ?

JEANNE SCHUT : -Une femme d'origine modeste qui vivait en Thaïlande, à l'Ouest de Bangkok , environ deux heures de Bangkok, et qui était d'une famille simple, mais dont la maman était toujours portée vers la religion.
Étant enfant, elle allait avec sa mère dans les monastères où la méditation était pratiquée.
Donc elle avait cette imprégnation dès l'enfance.
Elle a vécu beaucoup de souffrances autour d'elle, notamment la souffrance de sa mère quand elle a vu sa mère mettre des enfants au monde.  
Elle a été très choquée.
Elle s'est dite : "La vie est souffrance. Je veux "suivre la voie "du Bouddha."

PRÉSENTATRICE : -Donc son parcours spirituel a commencé dès son enfance.

JEANNE SCHUT : -Oui, et cela a continué. Elle est née en 1901. Elle est décédée en 1978.
Et à partir de l'âge de 44 ans, elle a consacré entièrement sa vie dans un lieu dédié.
Elle a trouvé l'Éveil deux ans plus tard et elle a été reconnue par les plus grands maîtres de la forêt, la tradition de la méditation.
Et en tant que femme laïque en Thaïlande, c'est tout à fait exceptionnel.

PRÉSENTATRICE : -Elle a rencontré un maître exceptionnel : Ajahn Buddhadasa.
Que s'est-il passé à ce moment-là ?

JEANNE SCHUT : -À partir de l'âge de 24 ans, elle a pris des vœux de célibat, mais elle a continué à tenir la boutique de ses parents. 
Elle vivait en ville et elle allait faire des retraites solitaires dans le monastère local.
Dans ce monastère, elle y a trouvé des livrets qui présentaient les enseignements d'Ajahn Buddhadasa, qui est un très grand maître de la tradition de la Forêt. [Ndr 1903-1993]
Elle a été tellement touchée par ses enseignements que deux fois, elle a fait le voyage jusqu'à chez lui.
Et le vénérable a vu en elle le potentiel. 
Et lui, à son tour, plus tard, est allé la voir et il l'a présentée à tous ses fidèles à lui comme quelqu'un d'exceptionnel. 
Il a même conseillé aux femmes qui venaient dans son monastère d'aller étudier auprès d'elle. 
Il l'a inspirée et l'a fait connaître.
Lui avait un retentissement immense.  L'UNESCO lui a décerné des prix, etc.

PRÉSENTATRICE : -Cela nous amène à la fondation de sa première communauté.
Comment est-ce que ça s'est passé ?

JEANNE SCHUT : -Au début, c'était très naturel.
Son oncle maternel qui était très intéressé par la pratique du Dharma.
C'était un fermier.
Après la deuxième Guerre mondiale, il a tout quitté pour s'installer sur le bout de terrain que nous avons à la sortie de la ville.
Il voulait y aller seul avec sa femme.
Upasika Kee s'est inquiétée pour eux.
Elle a laissé la boutique à sa sœur et elle a choisi d'aller avec eux passer un an dans la forêt.
Elle raconte dans le livre que j'ai traduit, les peurs qu'elle a vécues au début puisque c'était une citadine.
La nuit noire, il n'y a pas d'électricité.  Les animaux sauvages, etc.
Mais elle raconte aussi qu’avec le temps elle a découvert que le contact de la nature lui apportait énormément dans sa pratique spirituelle.
Et effectivement, on découvre qu’au bout d'un an, elle n'est pas partie.
Et deux ou trois ans plus tard, elle a eu son Éveil total.
Ça a été le début de la communauté dans le sens où sa sœur, ses amis, sa famille ont été très impressionnés.
Ils venaient leur apporter de la nourriture. Ça a été l'occasion de ce contact avec l'extérieur.
Elle ne parlait que du Dharma.
Les gens ont vu une différence chez elle et ont commencé à en parler.

PRÉSENTATRICE : -Sa sœur a joué un rôle extraordinaire auprès d'elle.

JEANNE SCHUT : -Sa sœur  a été très impressionnée par ce changement.
Elle en a parlé à tout le monde.
Des grandes dames de Bangkok qui passaient par là en ont entendu parler.
Ça a amené des gens qui sont venus vivre autour de Upasika Kee.
Ces personnes étaient des Upasika.
Elles avaient choisi de consacrer leur vie au Dharma et elles ont vu qu'elles avaient déjà un maître et qu'il y avait un lieu pour les accueillir. Chose tout à fait inhabituelle en Thaïlande.
Et donc ensemble, avec l'aide de l'oncle, qui était d’ailleurs le seul homme sur place, elles ont retapé des vieux bâtiments parce qu'il y avait eu autrefois un monastère de forêt.
Il restait une salle. Il restait quelques cabanes dans la forêt.
Et donc ensemble,  ils ont restauré des habitations qui ont permis après aux gens de venir.

PRÉSENTATRICE : -Ce centre était près de Bangkok ?

JEANNE SCHUT : -Non. Juste à l'extérieur de la ville de Rajpuri, à deux heures de Bangkok.

PRÉSENTATRICE : -Revenons sur son tempérament parce qu’elle avait un sacré caractère quand même.

JEANNE SCHUT : -Elle avait un caractère très fort. 
On ne peut pas atteindre des sommets pareils en étant ramollie.
Mais elle était réservée, sérieuse. Mais pas renfermée.
C’est-à-dire qu’elle s'intéressait aux gens, au monde. Elle avait un sens pratique très développé.
À un moment donné, il y a eu une menace, une épidémie de choléra et le gouvernement avait décidé que tout le monde devait être vacciné.
Un membre de sa communauté lui a dit nous pratiquons le dharma,  et qu'ils n'en avaient pas besoin.
Elle a dit : "Tout le monde va se faire vacciner."
Elle avait aussi beaucoup de caractère.
Quand elle devenait célèbre, on parlait d'elle et le bruit a couru qu'elle ne respectait pas les moines sous prétexte qu'elle était hors d'une communauté monastique.
Et un très grand maître de la tradition thaïlandaise, élève direct d'Ajahn Munn, Ajahn Maha Bua, a décidé de venir par surprise la trouver dans son centre et voir quel était son comportement.
Elle ne s'est pas démontée.
Elle a salué les moines avec beaucoup de déférence, comme on fait toujours en Thaïlande devant les moines.
Elle leur a fait visiter le lieu et puis elle leur a proposé de suivre les activités de son centre.
Quand il l'a entendue enseigner comme elle enseignait, il a dit haut et fort que non seulement elle respectait les moines, mais qu'en plus, elle avait vraiment trouvé l'Éveil.
Ça lui a fait de la publicité parce que ce n'était pas son style de s'en faire elle-ême.

PRÉSENTATRICE : -Comment concrètement fonctionnait sa communauté ?
Est-ce qu’il y avait des règles précises ?

JEANNE SCHUT : -Au départ, ça fonctionnait un peu comme la communauté du Bouddha.
C’est-à-dire qu’au départ, il n’y a pas de règles. 
Et au fur et à mesure des événements, des situations se présentent et il faut créer des règles. 
Donc, par exemple, au début, chacun méditait à son rythme.
Peut-être que certains ont été moins assidus à la méditation ou aux tâches à accomplir de sorte que petit à petit, un programme a été créé.
Un programme que j’ai écu moi-même quand je suis allé récemment dans ce lieu.
Donc, il y a un emploi du temps qui est écrit tous les matins sur un tableau et ça fonctionne comme une chorégraphie.
Ils arrivent à cinq heures pour méditer. 
Quand ils descendent, ils regardent sur le tableau le programme du jour.
En général, c'est souvent pareil sauf les jours de Lune ou les jours où on annonce que quelqu'un va venir offrir un repas. 
Tout est écrit le matin. Il n'y a pas de paroles perdues.
Et puis, il y a des tâches à accomplir. 
On ne va pas forcer les gens à faire des choses qu'ils n’aiment pas.
On va demander à toutes celles qui aiment cuisiner de faire 2, 3 équipes de 3, 4 personnes et de se relayer à la cuisine.
Donc si elles sont 4 équipes, elles vont cuisiner une fois dans le mois.
Pareil pour celles qui aiment jardiner.
Personne n'est forcé à faire une chose qu'il n'aime pas faire.
Elle souhaitait surtout que les gens donnent le maximum de leur énergie à la pratique et donc ne pas les contrarier pour d'autres choses. Voilà.

PRÉSENTATRICE : -Est-ce qu'avant son décès, elle a laissé des instructions au niveau pratique et spirituel ?

JEANNE SCHUT : -Oui. Un an avant son décès, elle a donné des instructions sur son propre enterrement.
Elle voulait être mise dans un tombeau qui soit visible depuis la salle de méditation.
Elle a choisi l'emplacement.
Pour que les personnes sentent sa présence même après son décès.
Et puis sur le plan spirituel, elle a laissé tout un héritage.
Mais aussi, avant, elle a dit: "Vous allez organiser un comité "de 5 personnes qui sera responsable de l'organisation."
Ces 5 personnes sont candidates car elles ont certaines qualités d'ancienneté ou bien parce qu’elles ont une capacité à soutenir le monastère à l'extérieur.
Mais après, le vote se fait parmi toutes les résidentes.
Donc c'est vraiment une démocratie absolue.

PRÉSENTATRICE : -Pouvez-vous nous dire comment avez-vous ressenti cette communauté aujourd’hui ?
Quelle est la place des femmes ?

JEANNE SCHUT : -J'ai été stupéfaite par le fait que les choses se déroulent aussi bien, que ces femmes soient toutes des femmes très fortes. 
Quand il y a des femmes fortes il peut y avoir des conflits, mais là-bas, ça ne se voit pas.
Elles ne sont pas effrayées par les choses.
La nature environnante est assez sauvage. Des singes vivent en liberté autour d'elles. 
Elles se débrouillent pour les effrayer de sorte qu'ils ne deviennent pas gênants.
Elles ont du caractère. Elles sont formidables.
Et quand il y a eu différents comités qui se sont succédé, personne n'a jamais rien changé à l'enseignement d'Upasika Kee.
C’est-à-dire que les femmes aujourd'hui écoutent son enseignement avec sa voix sur des cassettes. 
Donc, l'enseignement est complètement préservé.
Ça, c'est une grande marque de respect, une grande marque aussi  d'honnêteté vis-à-vis de ceux qui ont créé ce centre et qui continuent à l’animer.

PRÉSENTATRICE : -On étudiera ça plus amplement la semaine prochaine, mais juste un mot.
Quelle a été vraiment la singularité d'Upasika Kee ?
Son enseignement ?

JEANNE SCHUT : -Il y a le fait que ce soit une femme, qu’elle soit  laïque reconnue.
Il y a aussi le fait qu'elle enseigne les grandes vérités du Bouddha avec une énergie !
Elle vous stimule.
Vous la lisez. Vous avez envie de fermer le livre, de vous asseoir et de pratiquer ce qu'elle propose.
Voilà.

PRÉSENTATRICE : -Merci beaucoup Jeanne Schut.

JEANNE SCHUT : -Avec plaisir.

PRÉSENTATRICE : -Nous vous conseillons quelques livres :
L'ouvrage d'Upasika Kee traduit par notre invitée.
"Pure et simple. Les Enseignements extraordinaires de Kee, humble pratiquante bouddhiste" aux éditions Sully.
"Civilisation et femmes célibataires dans le bouddhisme en Asie du Sud et du Sud-Est" aux éditions du Cerf.
Ainsi que "Bouddha" de Jean Boisselier, avec une préface de l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan, publié chez Gallimard.

Et enfin la sortie d’un nouveau magazine : « Regard bouddhiste », nouveau magazine francophone consacré au bouddhisme.
Ce premier numéro traite essentiellement de la méditation.
Il est disponible sur abonnement, en ligne et en kiosque.

C’est la fin de notre émission, vous pouvez revoir cette émission sur notre site Internet de France 2 en composant Pluzz.fr

Merci à tous de votre fidélité. Je vous souhaite une très belle journée.

Nous nous retrouvons la semaine prochaine pour la suite de cette émission.

¤

 

Plus d'informations concernant les Moines de la Forêt :
http://www.dhammadelaforet.org/
et
http://fr.wikipedia.org/wiki/Moines_de_la_for%C3%AAt

Plus d'informations concernant Upasika Kee Nanayon :
Sa vie : http://bf.8ethique.free.fr/8keenanayon.htm
Son enseignement : http://bf.8ethique.free.fr/8enseignements.htm

Rajburi en Thailande : http://en.mapatlas.org/Thailand/First-Order_Administrative_Division/Rajburi/72279/road_and_satellite_map

 

Une transcription écrite de l'émission est aussi présentée sur le site de Télé Scoop au lien :
http://telescoop.tv/browse/373452/sagesses-bouddhistes.html?q=bouddhisme

La transcription écrite de l’émission est proposée sur le site de Conscience33 : http://www.conscience33.fr/ au lien :
http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html

FACEBOOK :
Cette transcription écrite est aussi présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses bouddhistes" au lien :
https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3




"Les chapelles tibétaines de la Cité interdite"

Dimanche 24 novembre 2013 - France 2 de 8h30 à 8h45

"Les chapelles tibétaines de la Cité interdite"

Photo

 

Revoir l'émission jusqu'au 30 novembre :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html
(14'50)

Voir sur Dailymotion (14'50) :
http://www.dailymotion.com/video/x17kd6z_sagesses-bouddhistes-2013-11-24-les-chapelles-tibetaines-de-la-cite-interdite_webcam#.UpHyYwJL4bc.facebook

Voir sur Youtube :
http://www.youtube.com/user/colibris67?feature=watch

au lien :
http://www.youtube.com/watch?v=DQ_zftxwnAk
(14'51)

 


RÉSUMÉ :

Découverte des chapelles tibétaines édifiées à l'époque des empereurs de Chine, dans le grandiose palais de la Cité interdite de Pékin.
Françoise Wang-Toutain, chercheur au CNRS, a entrepris un long travail sur le sujet.
Elle ouvre les portes de quelques-unes de ces chapelles bouddhistes de l'époque et confie leurs histoires et leurs secrets.

 

Émission présentée par : Aurélie Godefroy
Avec : Françoise Wang-Toutain

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

PRÉSENTATRICE : -Bonjour à tous, et merci de votre fidélité.
Nous vous retrouvons pour une émission consacrée à des découvertes archéologiques surprenantes, dans la Cité interdite en Chine, à Pékin.
Des chercheurs y ont établi la présence d'un culte tibétain, notamment à travers l'existence de chapelles.
Alors, de quand datent-elles ?
Et que nous disent-elles sur l'histoire de la pratique du bouddhisme en Chine ?
C'est ce que je vous propose de découvrir.
Françoise Wang-Toutain, bonjour.

FRANÇOISE WANG-TOUTAIN : -Bonjour, Aurélie.

PRÉSENTATRICE :-Vous pratiquez le bouddhisme depuis 30 ans.
Disciple et traductrice de votre maître Sogyal Rinpoché.
Et directrice de recherches au CNRS sur des documents anciens chinois et tibétains.
Pour commencer cette émission, pourriez-vous nous rappeler ce qu'est la Cité interdite ?

FRANÇOISE WANG-TOUTAIN : -Oui, c'est un lieu très important dans Pékin, puisque c'est au centre de la capitale.
C'est un ensemble qui a été fondé en 1406 par l'empereur Yongle, des Ming, un empereur chinois.
C'est un lieu qui est extrêmement vaste, puisqu'il comporte 70 hectares, avec à l'intérieur quand même 50 hectares de cours intérieures ou de parcs.
On dénombre à peu près 8 000 pièces, de tailles inégales, mais on a un ensemble considérable.

PRÉSENTATRICE :-C'est divisé en deux parties.

FRANÇOISE WANG-TOUTAIN : -Deux parties importantes.
Une partie sud, qui était la vie collective, la vie officielle de l'empereur, où il recevait les délégations. Et dans la partie nord, c'étaient les appartements privés, dont l'accès était réservée à la famille et aux très proches.
C'est la partie où on trouve ces chapelles.

PRÉSENTATRICE :-Avant de voir de quoi il s'agit, j'aimerais qu'on revienne sur les raisons pour lesquelles vous vous êtes attachée à découvrir ces chapelles.

FRANÇOISE WANG-TOUTAIN : -C'est au départ par rapport à mon travail. Je travaillais sur l'interaction entre bouddhisme tibétain et bouddhisme chinois.
D'abord à une époque ancienne jusqu'à m'intéresser à des périodes plus récentes.
Et là, on est au 18ème siècle, ces chapelles datent du 18ème siècle.
Pour moi, c'était un moyen de voir des points de contact entre ces deux traditions, qu'on représente souvent comme très différentes.
Et ça a été l'occasion de rentrer dans un aspect plus humain, de voir la pratique d'un homme, il était empereur, certes, mais il était, un peu comme nous, avec des angoisses par rapport à la mort et à certaines difficultés.
Et j'essaie de démontrer dans mon travail qu'il avait une pratique sincère par rapport au bouddhisme tibétain.

PRÉSENTATRICE :-Avant de revenir sur cet empereur, est-ce que vous pouvez nous dire à partir de quand on peut attester de la pratique d'un culte tibétain dans la Cité interdite ?

FRANÇOISE WANG-TOUTAIN : -Ça remonte à assez longtemps.
Au 15ème siècle déjà, avec cet empereur chinois, qui fonde la Cité interdite, il avait un intérêt vis-à-vis du bouddhisme tibétain.
On sait qu'il a invité par exemple le grand maître Djé Tsongkhapa, qui a décliné l'invitation, mais envoyé un grand disciple.
Il a également invité le karmapa pour procéder au rituel funéraire de ses parents.
Donc, c'est un moment important, notamment pour un empereur.
Déjà sous cette dynastie, il y avait certainement un lien avec le bouddhisme tibétain.
Mais c'est vraiment avec les empereurs mandchous, qui prennent le pouvoir au 17ème siècle, qu'on voit un développement très fort de ce patronage pour le bouddhisme tibétain.
Et ces chapelles datent de ce début de l’empire mandchoue, de la dynastie mandchoue des Qing.

PRÉSENTATRICE :-Et cette transmission s'est faite beaucoup par les femmes.

FRANÇOISE WANG-TOUTAIN : -Oui, tout à fait.
Quand on parle de ces empereurs mandchous, il faut savoir qu'ils avaient de nombreuses épouses qui venaient de clans mongols.
 Et dans ces clans mongols, le bouddhisme tibétain était très pratiqué.
C'étaient des femmes qui avaient certainement une dévotion très sincère, et qui l'ont communiquée à leurs fils, à leurs petits-fils.
Dans une certaine mesure, on le sait par les archives, elles ont joué un rôle dans la construction de certaines chapelles, dans l'exécution de certaines statues, et dans l'invitation aussi de certains maîtres.
Donc, ce rôle des femmes n'est pas à négliger, il est peu connu, mais il faut le prendre en compte.

PRÉSENTATRICE :–Revenons au rôle essentiel de cet empereur.
Quel est son parcours ?

FRANÇOISE WANG-TOUTAIN : -C'est le quatrième de cette dynastie mandchoue, il s'appelle Qianlong.
On le considère souvent comme un des plus grands empereurs de l'Empire.
Il lui donne sa plus grande extension, c'est un homme érudit.
Et ce qui s'est passé, c'est qu'il s'est retrouvé à faire des études avec un maître tibétain.
Ce maître tibétain était la réincarnation...
Il s'appelle le Chankya, c'était le deuxième, et il était la réincarnation du premier Chankya, qui était très lié avec le grand-père et le père de cet empereur dont nous parlons : Qianlong.
Donc, tout jeune, il y a eu un lien très fort entre ce futur empereur et ce jeune maître tibétain.
Et ce lien s'est concrétisé lorsque l'empereur est monté sur le trône, le maître tibétain est devenu le chapelain, et il a joué un rôle considérable pour le développement du bouddhisme tibétain, dans la Cité interdite, mais également dans la ville de Pékin et aux alentours.

PRÉSENTATRICE :-Des chapelles ont été construites.
A quel moment est-ce qu’on les a découvertes ?
Et comment ?

FRANÇOISE WANG-TOUTAIN : -Alors, les chapelles existaient, mais leur existence était méconnue.
D'abord parce qu'elles sont dans une partie de la Cité qu'on ne visite pas.
C'est un grand musée la Cité interdite, où on peut visiter un certain nombre de salles, mais c'est un nombre relativement réduit par rapport à l'ensemble de ce qui existe et qui constitue la Cité interdite.
Donc, on n'avait pas l'occasion de les voir.
Et c'est à peu près depuis une quinzaine d'années que des chercheurs chinois travaillent sur ces bâtiments, ont publié un certain nombre de photos, il y a quelques livres qui ont été publiés, et qu'on en connaît un peu mieux l'existence.
Mais surtout, ce qui s’est passé, c’est que depuis quelques années, ils ont retrouvé parmi tous les trésors, on peut imaginer la richesse considérable qui se trouve à l'intérieur de ce site, une caisse.
Et dans cette caisse, il y avait des archives qui concernaient spécifiquement certaines de ces chapelles tibétaines.

PRÉSENTATRICE :-Et que disent ces archives ?

FRANÇOISE WANG-TOUTAIN : -C'est vraiment la vie au jour le jour.
Ces documents nous expliquent, par exemple, que tel jour il a fallu dépenser tant pour acheter des feuilles de thé, ou pour acheter de l'encens, car tant de moines sont venus dans telle chapelle, pour faire telle ou telle pratique, tel ou tel jour, l'empereur venait, il offrait tel type d'encens, et suivant le type d'encens, la chapelle avait un rôle plus ou moins important.
Et c'est ainsi finalement qu'on voit non pas un musée, comme on pourrait le voir maintenant, en tant que chercheurs, nous avons visité ces salles, et c'est vrai qu'on voit comme une espèce de musée, on voit des représentations, des statues, un certain nombre de rites religieux, mais il n'y a pas de pratique.
Et grâce à ces archives, on a au jour le jour l'implication religieuse, personnelle et sincère de l'empereur et de son entourage.

PRÉSENTATRICE :-Et quelles sont leurs caractéristiques ?
Est-ce qu'il existe des chapelles principales ?
Comment est-ce qu'elles sont construites, constituées ?

FRANÇOISE WANG-TOUTAIN : -Il y a des chapelles qui occupent des édifices entiers, sur un, deux, trois étages.
Et il y a d'autres chapelles, qui sont simplement sur un étage, en général l'étage supérieur, à l'intérieur d'un autre édifice qui pourrait être une bibliothèque ou un lieu de repos pour l'empereur.
Et une des caractéristiques est que de l'extérieur, on ne voit pas qu'il s'agit de lieux de culte tibétain.
On a une architecture qui suit vraiment une tradition chinoise.
Mais quand on rentre à l'intérieur, il y a une gestion de l'espace, une occupation de l'espace qui est très particulière.
Notamment pour les chapelles les plus importantes, on a une division en salles, et ces salles correspondent à un chemin spirituel.
On aura six grandes salles.
Une salle consacrée à la voie des paramitas, dans le grand véhicule, la voie des paramitas, la voie des perfections transcendantes.
Et cinq salles consacrées à la pratique des tantras.

PRÉSENTATRICE :-Quel culte était plus précisément pratiqué dans ces chapelles ?

FRANÇOISE WANG-TOUTAIN : -On sait qu'il y avait des moines, essentiellement des religieux tibétains ou d'origine mongole, il y avait également des eunuques mandchous qui avaient pris des vœux de moines tibétains.
Donc, les rituels étaient essentiellement récités en Tibétain, d'après les textes que nous avons.
Il y avait des offrandes d'encens à des dates très particulières, comme, par exemple, le 10ème  jour et 24ème  jour du mois lunaire, qui correspondent à des pratiques spécifiques à l'intérieur du bouddhisme tibétain.
Il y avait des danses masquées, spécifiquement pour l'empereur.
L'empereur venait se prosterner à date régulière.
Il faut imaginer que ce n'étaient pas des grands temples, c'étaient des chapelles où on peut tenir à quelques personnes.
C'était vraiment un culte personnel, privé, uniquement pour l'empereur.

PRÉSENTATRICE :-Pour conclure, qu'est-ce que l'on peut déduire de la présence de ces chapelles tibétaines dans la Cité interdite ?

FRANÇOISE WANG-TOUTAIN : -Quelque chose d'important.
Jusqu'à il y a quinze ans, on savait qu'il y avait eu un patronage du bouddhisme tibétain très important par les empereurs mandchous, notamment cet empereur Qianlong.
Et on le connaissait parce que dans les palais d'été, au nord de Pékin, il avait fait construire plusieurs temples tibétains dont un qui est une réplique du Potala, on l'appelle "le petit Potala".
Et ces constructions ont été expliquées très longtemps comme une espèce de stratégie politique.
On disait que c'était une vitrine qui était montrée aux populations Mongols, pour leur dire: respecter notre empereur parce qu'il patronne le bouddhisme tibétain.
Les Mongols étant des bouddhistes tibétains, ça permettait de calmer les incursions mongoles.
Donc, jusqu'à présent, ce patronage était considéré comme résultant d’une stratégie politique.
Or, maintenant avec ces chapelles tibétaines, il ne s'agit pas d'une vitrine, on est dans un lieu privé.

PRÉSENTATRICE :-Un lieu intime.

FRANÇOISE WANG-TOUTAIN : -Et donc, même si effectivement il y a peut-être eu une utilisation politique du bouddhisme, malgré tout il y avait un intérêt sincère de cet empereur.
Et moi, c'est ce qui m'a intéressée, c'est de redécouvrir un homme, un homme qui cherche à essayer de se protéger, il a les mêmes angoisses que nous, peut-être même plus en tant qu’empereur.
Mais en tant qu'empereur d'un vaste empire, c'était probablement difficile pour lui de manifester de façon extrêmement visible et claire un véritable intérêt personnel pour le bouddhisme tibétain.
On le voit très clairement dans sa tombe, que j'ai étudiée.
Ce qui m'a plu dans cette recherche, c'est à la fois l'aspect philologique, historique, archéologique, mais c'est aussi cet aspect humain, essayer de retrouver un pratiquant, quelqu'un qui avait quelque chose de sincère dans sa démarche.

PRÉSENTATRICE :-Je vous remercie, Françoise Wang-Toutain.

FRANÇOISE WANG-TOUTAIN : Je vous remercie.

PRÉSENTATRICE :-Si vous souhaitez en savoir plus, voici quelques livres que nous vous conseillons.

"La Cité interdite des Fils du Ciel", chez Gallimard, de G. Béguin et D. Morel.
Une explication accessible et passionnante, pour comprendre ce qu'a été la Cité interdite.

De notre invitée "Le Dalaï-Lama", aux éditions Entrelacs.
Vous retrouverez le portrait de l'une des plus grandes figures spirituelles de notre temps à travers sa personnalité, ses enseignements, mais aussi, l'histoire et le rôle des treize autres dalaï-lamas.

Et enfin, "Histoire de la pensée chinoise", d'Anne Cheng, aux éditions du Seuil.
Une synthèse de l'évolution de la culture en Chine à travers ses ruptures, ses mutations et ses échanges qui ont vu naître des pensées aussi originales que celle du taoïsme.

Vous pouvez revoir cette émission sur le site internet de France 2, en consultant pluzz.fr, rubrique France 2.

Merci à tous de votre fidélité et je vous souhaite une très belle semaine, à dimanche prochain.

¤

 

Plus d'informations concernant Françoise Wang-Toutain : http://www.efeo.fr/biographies/notices/wang.htm et http://www.crcao.fr/spip.php?article163

 

Une transcription écrite de l'émission est aussi présentée au lien : http://telescoop.tv/reader/369749/sagesses-bouddhistes.html

La transcription écrite de l’émission est proposée sur le site de Conscience33 : http://www.conscience33.fr/ au lien :
http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html

FACEBOOK :
Cette transcription écrite est aussi présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses bouddhistes" au lien :
https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3

 

"La prière"

Dimanche 17 novembre 2013 - France 2 de 8h30 à 11h

"La prière"

Photo

 

Première partie de l'émission en vidéo : reportage tourné au Village des Pruniers (10') sur Youtube (à 2'44'') :
Beau reportage tourné par Nina Barbier dans la Communauté du village des Pruniers en Dordogne (10’) présenté dans le cadre d’une matinée exceptionnelle
avec les responsables des émissions religieuses des « Chemins de la foi » consacrée à la prière, reportages et échanges...

http://www.youtube.com/watch?v=gEYtHw1vu_Q&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g
(durée : 14'28)


 


RÉSUMÉ :

Les responsables des émissions religieuses des «Chemins de la foi» mettent en commun leurs temps d'antenne pour une matinée exceptionnelle consacrée à la prière, avec une alternance de reportages et d'échanges entre invités.
Les représentants des religions réagissent à sept reportages d'environ dix minutes.
Un dernier sujet pose la question : quand on ne prie par le même Dieu, peut-on prier ensemble ?

Reportage réalisée par Nina Barbier (10 minutes) à 2'44'' de la vidéo : "L’ESSENCE DE LA PRIÈRE DANS LE BOUDDHISME ".

Émission présentée par Frédéric Lenoir, Philosophe et sociologue des religions
Avec : Philippe Haddad, Olivier Reigen Wang-Genh, Iqbal Gharbi et Nicolas Kazarian

Réalisée par Claude Darmon  

L'émission complète dure 2h29. Elle est présentée en replay jusqu'au 24 novembre sur Pluzz : http://pluzz.francetv.fr/videos/matinee_interreligieuse_la_priere.html

Un transcription écrite de l'émission entière est présentée au lien : http://telescoop.tv/browse/365283/matinee-interreligieuse-la-priere.html?q=la%20pri%C3%A8re

 

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE LA PREMIÈRE PARTIE DE L'ÉMISSION :

Une émission spéciale des émissions religieuses ;
SAGESSES BOUDDHISTES – ISLAM – JUDAÏCA – ORTHODOXIE – CHRÉTIENS ORIENTAUX – PRÉSENCE PROTESTANTE – LE JOUR DU SEIGNEUR

Présentée par Frédéric Lenoir, Philosophe et sociologue des religions

 -Bonjour, bienvenue.
Nous sommes heureux de vous proposer une exceptionnelle matinée interreligieuse.
Les 7 émissions religieuses habituellement diffusées ont décidé de vous parler.

PRÉSENTATEUR : -Bonjour.
Bienvenue pour cette matinée exceptionnelle, puisque pour la troisième fois, les traditions religieuses que vous retrouvez chaque dimanche sur France 2, se sont rassemblées autour d’un thème commun.
Après avoir abordé les questions de l’amour et de la mort, nous parlerons ce matin de la prière.
Quel que soit le nom qu’on lui donne ou la forme qu’elle prend, la prière est au cœur de toutes les spiritualités du monde.
Prière méditative ou pleine conscience, adoration, louange, action de grâce, prière de demande, oraison silencieuse, dialogue intérieur avec Dieu, chant liturgique, nous verrons à travers des reportages en France, la grande diversité des prières que pratiquent les croyants des traditions bouddhiste, musulmane, juive et chrétienne.
Pour en parler entre chaque reportage, j’ai le plaisir de recevoir 4 représentants de ces grandes traditions.

OLIVIER REIGEN WANG-GENH, bonjour.
Vous êtes  maître zen et abbé du monastère zen Ryumon Ji en Alsace et du centre zen de Strasbourg.
Vous pratiquez le zen Soto depuis 40 ans et vous représentez ici la tradition bouddhiste.

IQBAL GHARBI, vous êtes professeur à l’université Zituna de Tunis.
Vous êtes chef du département des civilisations et enseignez l’anthropologie religieuse.

PHILIPPE HADDAD, vous êtes rabbin, responsable de la communauté des Ulis en région parisienne, aumônier des scouts israélites de France.
Vous enseignez aussi au centre communautaire de Paris.
Vous êtes auteur de nombreux ouvrages.

NICOLAS KAZARIAN, bonjour.
Vous êtes docteur en géographie politique,  chargé de cours à l’Institut St-Serge et à l’Institut Catholique de Paris.
Vous représentez ici les diverses confessions chrétiennes.

Nous abordons ce thème de la prière avec un grand maître bouddhiste d’origine vietnamienne, THICH NHAT HANH.
Nous le retrouvons dans la communauté du village des Pruniers en Dordogne dont il est le fondateur.
Il va nous parler de l’essence de la prière dans le bouddhisme.

La prière SAGESSES BOUDDHISTES  

FILM : L’ESSENCE DE LA PRIÈRE DANS LE BOUDDHISME (durée 10 minutes)   

Vénérable THICH NHAT HANH : -Dans le bouddhisme, la prière doit être une méditation.
C’est-à-dire qu’avec la prière, on doit générer l’énergie de la pleine conscience, l’énergie de la concentration et l’énergie de la vision profonde.
C’est parce que si ces trois sortes d’énergie sont là, alors la guérison et le bien-être commencent à se manifester.

NARRATEUR : -La prière est présente dans toutes les écoles du bouddhisme, tradition Théravada, tradition Zen ou tradition  tibétaine.
Le maître zen THICH NHAT HANH, qui possède une vision universelle et œcuménique, l’envisage comme une énergie, un besoin humain aussi essentiel que respirer.
 
Vénérable THICH NHAT HANH : -Le bouddha, ce n’est pas quelqu’un qui existe hors de vous.
Le bouddha n’est pas un dieu, le bouddha est un être vivant tout à fait comme nous tous.
Dans le bouddhisme, on sait que vous êtes le bouddha.
Vous avez de la nature de bouddha en vous-même.
Et chaque fois que l’énergie de la pleine conscience, de la concentration et de la vision profonde se manifeste, le bouddha est vraiment là et la communication est réelle.

FRÈRE LIBERTÉ : -Quand on évoque le mot ‘‘prière’’, on pense aux mots, aux psalmodies, mais si on ne fait que réciter, ce n’est pas une prière.
La prière nécessite la pleine conscience d’être vraiment là et de toucher cette essence.
Le but, c’est d’être pleinement présent, d’ouvrir le cœur et à ce moment-là, il y a l’amour et la compréhension.

Vénérable THICH NHAT HANH : -Quand vous marchez dans la pleine conscience, quand vous respirez, chaque inspiration, chaque expiration et chaque pas que vous faites, c’est une sorte de prière.
Être dans la pleine conscience, c’est déjà une prière.

SŒUR DAO NGHIÉM : -J’aime beaucoup la marche méditative, et pour moi, c’est une communion avec la Terre et aussi une prière avec la Terre.
De temps en temps, j’ai des moments difficiles, des moments douloureux et je marche et je prie à la Terre mère de m’offrir sa stabilité, son amour.
J’ai besoin de sa paix et je la reçois.

Vénérable THICH NHAT HANH : -Quand vous parlez à quelqu’un avec le langage aimant, compassionné, c’est aussi une prière, et quand vous écoutez quelqu’un avec la compassion, c’est aussi une forme de prière.
Et quand vous laissez calmer votre corps, quand vous prenez soin de vos sensations, de vos émotions, c’est déjà une sorte de prière.

SŒUR CHÂN KNÔNG : -La prière, c’est…
On espère quelque chose, on sollicite quelque chose, mais on sollicite à qui ?
A la clarté en nous, la paix en nous, la compassion en nous, pour pouvoir toucher cette paix et cette compassion.
Et cette énergie est si profonde qu’on peut obtenir une vision profonde de la situation et on peut arriver à une émancipation.

NARRATEUR : -La prière peut aussi être un vœu pour soi-même et pour les autres, l’expression de notre gratitude.
Ecrire un souhait, un remerciement, est aussi une forme de prière.

COMMUNAUTÉ DU VILLAGE DES PRUNIERS – DORDOGNE
BODHISATTVA : CELUI QUI ŒUVRE POUR LE BIEN DES ÊTRES

Vénérable THICH NHAT HANH : -On s’adresse au bouddha, au bodhisattva.
Et dans le bouddhisme, on sait que le bouddha, le bodhisattva sont en vous.
Vous n’avez pas à chercher ces personnes-là dans l’espace et dans le temps.
Non seulement nos ancêtres spirituels sont en nous, dans chaque cellule, mais aussi nos ancêtres génétiques.
Quand on peut prier, on peut adresser la prière à notre papa, notre maman, nos ancêtres aussi, parce qu’ils sont pleinement présents dans chaque cellule de notre corps.

SŒUR DAO NGHIÉM : -Le matin, quand je me réveille, je me dis que j’ai 24 heures toutes nouvelles.
Je souris et je fais le vœu pendant toute la journée, de regarder les êtres avec les yeux de la compassion et de vivre en pleine conscience, ma journée.
Il y a des moments où l’on prie, c’est-à-dire dans les chants ou dans les contemplations avant les repas.
On peut être ensemble, mais on peut être aussi seul.
Avant de me servir de la nourriture, je la contemple et je fais une prière aussi pour que tous les êtres de la Terre aient à manger.
On chante aussi, on offre aussi par exemple à la fin des repas, quand on est tous ensemble, l’énergie de prière pour les personnes souffrantes ou pour nos propres souffrances, nos propres difficultés et pour tous les êtres de l’univers.

NARRATEUR : -Afin de donner plus de force à la prière, le maître THICH NHAT HANH nous invite à cultiver l’attention, l’écoute et la concentration pour développer l’amour et la compassion.

Vénérable THICH NHAT HANH : -Nous pouvons aussi adresser notre prière à la Terre mère, parce que c’est une bodhisattva magnifique, mère de tous les bouddhas, mère de tous les bodhisattvas.
Et on peut adresser notre prière au soleil aussi, parce que c’est un père à nous tous.
Sans le soleil, il n’y a pas de vie sur terre.
Nous pouvons aussi adresse nos prières à une rivière, à une montagne, à une fleur, parce que le bouddha, les bodhisattvas et la Terre mère sont vraiment présents dans toutes ces merveilles.
Nous pouvons aussi adresse notre prière à nous-mêmes.
C’est parce que nous portons en nous le bouddha, les bodhisattvas, la Terre mère et le père soleil.
Il y a une connexion très profonde entre celui qui prie et celui à qui la prière est adressée.
On ne peut pas détacher l’un de l’autre.
Ils sont toujours ensemble.
Si la prière s’exprime en termes de pleine conscience, de concentration et de vision profonde, alors il y a de la compassion, de la compréhension et cela va transformer et vous et le monde, donc la prière peut changer le monde.
S’il y a de la paix en vous, il y a de la paix dans le monde.

Fin du reportage : Réalisation Nina Barbier 12’40 (10 minutes)

 

PRÉSENTATEUR : -OLIVIER REIGEN WANG-GENH, ce beau reportage mérite une explication, car quand on parle du bouddhisme, on parle de méditation et rarement de prière, or THICH NHAT HANH en parle.
Quelle différence vous feriez entre prière et méditation ?

OLIVIER REIGEN WANG-GENH : -Je n’en ferai aucune.
Je rejoins les propos du vénérable THICH NHAT HANH.
La prière et la méditation sont des mots tellement illimités, que ce serait dommage de vouloir les enfermer dans un sens spécial.
Au contraire, ce sont des mots ouverts et on le voit bien dans ce que disait le vénérable.
Ces mots se rejoignent et sont même interchangeables et ils peuvent exprimer plein de formes différentes qui prennent tous, je pense, toutes ces formes prennent leur source dans le silence et contrairement à ce qu’on pourrait penser, notamment par rapport à la méditation, cette méditation n’est pas statique.
C’est quelque chose de dynamique, une énergie.
Le retour au silence est un trésor d’énergie.
C’est le retour à ce qu’on appelle le non-soi, et ce non-soi n’est pas une négation de quelque chose, ce n’est pas vouloir enlever quelque chose, mais c’est laisser la place, et alors, cette énergie devient de la compassion, de l’amour, de la joie, de la générosité tout simplement, du don qui coule naturellement.

PRESENTATEUR : -Cette dimension de compassion est très importante.
Elle revient souvent.

FIN DE LA VIDÉO de 14’28 SUR YOUTUBE

 

Première partie de l'émission en vidéo : film tourné au Village des Pruniers (10') sur Youtube (à 2'44'') :
http://www.youtube.com/watch?v=gEYtHw1vu_Q&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g
(durée : 14'28)

L'émission complète dure 2h29. Elle est présentée en replay jusqu'au 24 novembre sur Pluzz : http://pluzz.francetv.fr/videos/matinee_interreligieuse_la_priere.html

Un transciption écrite de l'émission entière est présentée au lien : http://telescoop.tv/browse/365283/matinee-interreligieuse-la-priere.html?q=la%20pri%C3%A8re

 

La transcription écrite de la première partie de l’émission est proposée sur le site de Conscience33 : http://www.conscience33.fr/ au lien :
http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html

 

FACEBOOK :
Cette transcription écrite est aussi présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses bouddhistes" au lien :
https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3


 

"49 jours, entre mort et renaissance (2/2)"
Deuxième partie

Dimanche 10 novembre 2013 - France 2 à 8h30 SAGESSES BOUDDHISTES

"49 jours, entre mort et renaissance (2/2)"

 

L'émission en vidéo (14'42) sur Youtube, revoir l’émission :
http://www.youtube.com/watch?v=HNy5PsyvBaQ

 


 


RÉSUMÉ :

Gros plan sur des pratiques et enseignements qui entourent la mort dans la tradition Drikung Kagyu du bouddhisme tibétain.
Nina Barbier s'est rendue au Ladakh, à l'extrême nord de l'Inde, à la rencontre des grands maîtres de cette tradition qui expliquent en mots simples le processus de la mort et celui des renaissances.

Seconde partie :
Une réflexion essentielle sur la vie et la mort, les «bardos» ou états intermédiaires, la préparation et l'accompagnement des mourants, dans le bouddhisme tibétain.

 

Film réalisée par Nina Barbier "49 jours, entre mort et renaissance".

Présenté par Sandrine Colombo.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

- Bonjour.
"Sagesses Bouddhistes" poursuit son voyage au nord de l'Inde, où fidèles et religieux se sont réunis afin de partager des enseignements autour de la mort et des renaissances.

 

SANDRINE COLOMBO
-Bonjour. Dans cette seconde partie de documentaire, "Sagesses bouddhistes" engage une réflexion sur la vie et la mort, les "bardos" ou états intermédiaires, la préparation et l'accompagnement des mourants dans le bouddhisme tibétain.
On ira au Ladakh, au nord de l'Inde, où fidèles et religieux sont réunis pour partager l'enseignement et la pratique du "P'owa" ou transfert de conscience, de la tradition Drikung Kagyu.
Voici la seconde partie du film "49 jours, entre mort et renaissance", de Nina Barbier.

-A une centaine de kilomètres de Leh, capitale du Ladakh, le village Lamayuru va accueillir plus de 5 000 pratiquants bouddhistes pour un enseignement de la plus haute importance.
Le monastère de Lamayuru est l'un des principaux du Ladakh.
Il fait partie de la lignée Drikung Kagyu, une des plus anciennes du bouddhisme tibétain.
Plusieurs hauts lamas sont invités pour l'occasion. 
De nombreux fidèles, moines et laïcs, participent à ce grand événement en cette année du Serpent. 
Les enseignements porteront sur les bardos et la pratique de transfert de conscience au moment de la mort, le P'owa Chen Mo Drikung.
Beaucoup d'Occidentaux ont fait le déplacement.
Tous sont concernés par les enseignements sur les états intermédiaires : les bardos, le P'owa et la renaissance.
Ils ont parfois perdu un proche ou pour certains côtoient la fin de vie au sein de leur activité professionnelle.
Pour Torbjorn, Florian, Inka et Carmen, les enseignements de Chetsang Rinpoché sont l'occasion de se ressourcer et de recevoir cette importante transmission.

Long son du dungchen.

Sa Sainteté Drikung Kyabgon Chetsang, le chef suprême de la lignée Drikung Kagyu, a fait le déplacement de Dehradun, au nord de l'inde.
Il est reconnu comme la septième réincarnation de Chetsang Rinpoché et l'un des principaux détenteurs de la lignée du P'owa Drikung.
Ainsi Chetsang Rinpoché perpétue la lignée continue des lamas Drikung Kagyu.

SKYABGON CHETSANG RINPOCHÉ :
-Le "Bardo Thodol" appartient à la tradition ancienne du Tibet.
Dans les traditions réformées, on parle plutôt des méditations sur les Yidam, les très nombreuses divinités.
Les pratiques du "Bardo" ne sont pas que celles de l'instant de la mort.
Ce qu'on fait de notre vivant sont des pratiques du "Bardo".
Là, on est dans le bardo de l'existence.

NARRATEUR :
-Le "Bardo Thodol", connu en France comme "Le livre des morts tibétain" est un des supports de l'enseignement.
Il décrit des états de conscience et des perceptions se succédant pendant la période qui s'étend de la mort à la renaissance.

CARMEN :
-J'ai rencontré Chetsang Rinpoché en 2008.
Je l'admire.
C'est un lama très simple avec une très bonne connaissance de la pratique.
J'ai aussi rencontré Togden Rinpoché lors de différents enseignements.
La tradition Drikung est une tradition des yogis, et surtout Chetsang Rinpoché a un esprit très ouvert.
Je travaille dans un hôpital.
Mes possibilités sont très limitées.
Mais quand je vois qu'un de mes patients va mourir, j'essaie de lui parler, de lui prendre la main, de le relaxer.
C'est là où vous touchez le défunt au moment de la mort que sort la conscience.
Alors discrètement, j'essaie de lui toucher le sommet du crâne.

Ils parlent tibétain.

NARRATEUR :
-Dans la tradition du vajrayana, du bouddhisme tibétain, la pratique du P'owa, qui date du 8e siècle, est le chemin le plus rapide pour atteindre l'éveil.

TORBJORN :
-Je suis très intéressé par le P'owa et l'enseignement des bardos.
C'est vraiment nécessaire de se préparer à notre vie future.
Ma sœur est décédée il y a un mois.
J'ai aussi perdu mes parents. Etre ici a vraiment du sens pour moi.

Ils prient.

FLORIAN :
-Dans la tradition Drikung Kagyu, les enseignements sur les bardos, le transfert de la conscience au moment de la mort, sont très intéressants et très bien développés.
J'ai donc saisi l'occasion de venir ici.

INKA :
-J'aimerais beaucoup que cet enseignement du P'owa puisse se faire en Allemagne ou à l'Ouest, car nous essayons toujours d'occulter la mort.
En parler davantage et même pratiquer avant notre mort cette méditation particulière du P'owa nous aiderait énormément.
Méditer sur la Claire Lumière, que nous soyons juifs, chrétiens, musulmans, hindous...
On peut tous le faire.
C'est simplement une méditation sur la Lumière.

NARRATEUR :
-Pratiquant bouddhiste depuis ses 20 ans, Florian est allé au Ladakh plusieurs fois pour suivre les enseignements de la tradition Drikung qu'il pratique depuis 30 ans.

FLORIAN :
-Je ne suis pas inquiet, tout être humain doit mourir.
Et comme le disent les bouddhistes, la mort vient sans avertir.
Il vaut donc mieux être préparé.

NARRATEUR :
-Dans le village de Chhara, Diki Tiudon, une habitante, vient de décéder à l'âge de 80 ans.
La famille et les amis sont réunis dans la maison pour l'accompagner vers sa vie future.
C'est le 7ème jour du décès et le moment choisi pour la crémation.
Les moines du monastère de Piyang sont venus en nombre.
Lama Gyatso a reçu l'initiation des maîtres de la lignée pour accomplir le P'owa, ou transfert de conscience.

Il prie.

-Cette pratique peut s'accomplir jusqu'au 7ème jour du décès. 
Il n'est pas trop tard pour transférer la conscience vers la Terre pure du Bouddha et lui éviter d'errer dans les bardos.

LAMA GYATSO :
-Dans les bardos, le 7e jour après le décès est très important.
Il existe en fait plusieurs cycles de 7 jours.
C’est-à-dire 7 fois 7 jours jusqu'au 49ème jour.
Il y a une renaissance possible tous les 7 jours.
Si la personne a accumulé des mérites de son vivant, si elle a bien pratiqué, elle aura une bonne renaissance.

Ils prient.

NARRATEUR :
-Après la récitation du "Bardo Thodol", le moment est venu d'emmener la dépouille vers le site de crémation.
Les villageois sont venus en nombre pour soutenir la famille et faire des offrandes.
Pour Sonam, le fils de Diki, c'est le moment de dire adieu à sa mère.
Désormais, son corps matériel n'est plus.
Seul son esprit continuera son chemin jusqu'à sa renaissance.
Des hommes déploient des "khatas", des écharpes blanches, devant la dépouille afin de lui montrer le chemin vers la Terre pure du Bouddha.
Les moines récitent des prières de purification et d'offrandes de lumière aux Bouddhas pour éviter a l'esprit de renaître dans de mauvaises destinées où la souffrance est intense.

Tintements.

Le feu est le feu de la sagesse et le corps, considéré comme un résidu impur du karma, est brûlé en offrande aux cent déités paisibles et courroucées pour purifier le karma du défunt.
Lors du festival qui a lieu chaque année à la pleine lune de juin, les danses des moines évoquent les différentes déités rencontrées dans les bardos.
Mahakala, une des plus puissantes, fait partie des protecteurs de la doctrine et de ses institutions contre des forces ennemies.

FLORIAN :
-Au début, ce n'est pas si facile à comprendre.
Mais avec la pratique, on apprend à gérer ses énergies spirituelles et à les déplacer dans son corps.
A ce moment-là, on comprend ce que le bardo veut dire.
Plus on est dans un état de plénitude au moment de la mort, plus cet état va influer sur notre vie future.

INKA :
-Maintenant, j'ai un certain âge et éventuellement, ma prochaine étape sera ma renaissance.
J'y crois à 90 %.
C'est la réalité.
Cependant, je suis plutôt sceptique.
Je pense qu'il y a cette vie et quelque chose après.
Il doit y avoir une sorte de renaissance.
C'est ce que je crois, mais en même temps, je suis sceptique.

NARRATEUR :
-Ainsi, notre vie présente est précédée d'une multitude d'autres vies.
Le samsara, cycle des existences, prend fin avec le nirvana.
Face à la mort, le plus important est de reconnaître la nature de l'esprit et de pratiquer dans cette vie.

Réalisation Nina Barbier

SANDRINE COLOMBO
-Pour en savoir plus, lisez l'ouvrage de Sogyal Rinpoché : LE LIVRE TIBETAIN DE LA VIE ET DE LA MORT
Publié aux Editions de la Table ronde.
Un ouvrage inspirant et lucide.

C'est la fin de l'émission.
Vous pouvez la revoir une semaine sur Pluzz.fr
Merci de votre fidélité, très bonne semaine et à dimanche prochain.

 

Revoir l’émission : pendant une semaine : http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html

 

PLUS D’INFORMATIONS :

REVOIR L'ÉMISSION Sur Youtube,  revoir l’émission :
http://www.youtube.com/watch?v=HNy5PsyvBaQ (14'42)

 

LE LIVRE :

‘‘Le livre des morts tibétain’’, par Sogyal Rinpoché
Acheter le livre : http://www.amazon.fr/Le-Livre-Tibétain-Vie-Mort/dp/2710326272 (23,28 €)

 

 

La transcription écrite de l’émission est proposée sur le site de Conscience33 : http://www.conscience33.fr/ au lien :
http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html

 

FACEBOOK :
Cette transcrption écrite est aussi présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses bouddhistes" au lien :
https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3



REMARQUE :
Le site "Télé Scoop" présente aussi une transcription de cette émission au lien :
http://telescoop.tv/browse/360993/1/sagesses-bouddhistes.html?q=Sagesses+bouddhistes


REVOIR L'ÉMISSION TV sur Youtube (14'41) :

<


http://www.youtube.com/watch?v=HNy5PsyvBaQ

 

 

 

 

 

"49 jours, entre mort et renaissance (1/2)"
Première partie

Dimanche 3 novembre 2013 - France 2 à 8h30 SAGESSES BOUDDHISTES

"49 jours, entre mort et renaissance (1/2)"


L'émission en vidéo (14'41) sur Youtube, revoir l’émission :
http://www.youtube.com/watch?v=-EXA1tdhyz0&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g


 


RÉSUMÉ :

Gros plan sur des pratiques et enseignements qui entourent la mort dans la tradition Drikung Kagyu du bouddhisme tibétain.
Nina Barbier s'est rendue au Ladakh, à l'extrême nord de l'Inde, à la rencontre des grands maîtres de cette tradition qui expliquent en mots simples le processus de la mort et celui des renaissances.

 

Film réalisée par Nina Barbier "49 jours, entre mort et renaissance".

Présenté par Sandrine Colombo.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

PRÉSENTATRICE :

- "Sagesses Bouddhistes" vous invite au nord de l'Inde, à la rencontre de grands maîtres tibétains, qui évoquent le processus de la mort et celui des renaissances.

-Bonjour et bienvenue dans notre émission.
En cette période de la Toussaint, "Sagesses bouddhistes" consacre 2 documentaires qui entourent la mort dans la tradition Drikung Kagyu du bouddhisme tibétain.
Pour cela, nous nous sommes  rendus au Ladakh, à l'extrême nord de l'Inde, à la rencontre de grands maîtres de cette tradition.
Ils expliquent le processus de la mort et celui des renaissances.
Voici la 1re partie du très beau film réalisée par Nina Barbier "49 jours, entre mort et renaissance".

49 jours, entre mort et renaissance – 1ère partie

-La mort est inévitable, elle survient pour tous sans souci de la richesse, de la beauté ou de la renommée.
Mais la manière dont on quitte cette Terre dépend de notre maîtrise spirituelle.

-Je viens de ma vie précédente, je me dirige vers ma vie prochaine.
Avant d'atteindre ma vie future, j'irai dans le Bardo.

Monastère de Phyang (Ladakh)

-Au Ladakh, région de l'Himalaya, de tradition bouddhiste, accompagner l'esprit du défunt dans sa nouvelle demeure est une étape cruciale.
Pour les bouddhistes, la mort n'est qu'un épisode au cours d'un long cycle de transformation.
L'esprit est la seule chose qui lui survive et qui renaît. 
Dans le calendrier tibétain l'année 2013, année du serpent, est particulièrement auspicieuse.  Chetsang Rimpoché, chef suprême de la lignée Drikung Kagyu, a accepté de se rendre au Ladakh pour donner des enseignements essentiels qui ont lieu tous les 12 ans.
Cette année, les enseignements portent sur les Bardos qui sont des états intermédiaires de conscience entre 2 existences.

-Le Bardo est un mot tibétain spécifique à la tradition bouddhiste du Tibet, il désigne un laps de temps.
De façon générale, le Bardo est ce qui commence dans le cycle des existences.
C'est le temps écoulé si on atteint la libération après un grand nombre de vies.
Bardo Thodol incarne la tradition de libération par l'écoute pendant la phase intermédiaire.

-Entre la mort et la renaissance, 49 jours au plus se déroulent. Mais la durée de ces jours est incertaine et varie selon chacun.

Ils prient.

Dans la tradition tibétaine du vajrayana, il est dit que ce sont les 21 premiers jours qui comptent après le décès.
Ensuite, la destination de la conscience est plus incertaine.
La tradition Drikung Kagyu est célèbre pour ses enseignements sur le transfert de conscience appelée Powa, une pratique tantrique de méditation qui prépare l'esprit à une meilleure renaissance et une libération lors de la mort.

-La mort n'est pas une fin étant donné qu’il y a les expériences de la vie qui mènent jusqu'à la mort.
Mais ces expériences ont un impact sur le moment de la mort et sur ce qui se passera par la suite.
C'est une sorte de passage.
Il y a des pratiques pour l'approche, pour le moment de la mort et pour après la mort qui est la partie post mortem.
On considère qu'il y a un certain temps qui se produit entre la mort et la renaissance suivante.
Donc ce temps est mis à profit par le défunt pour pratiquer.

-Au monastère de Lamayuru, Togden Rimpoché, lama de la lignée Dirikung du Ladakh, donne une transmission de Powa à des pratiquants venus de la vallée du Zanskar.
Plusieurs générations sont présentent pour recevoir la précieuse transmission.
La pratique du Powa est un des textes essentiels du Bardo Thodol.
Cette transmission existe depuis 700 ans.

-On va faire ensemble le déplacement de bas en haut de la conscience dans le canal central pour qu'elle soit expulsée et qu'elle se dirige vers le domaine de la grande félicité.

-Accomplir le Powa au moment de la mort évitera au défunt que son esprit erre dans le Bardo afin qu'il se libère au mieux.

-Au-dessus de votre tête se trouve la sortie évasée du canal central.
Dans le même axe se trouve votre maître spirituel qui apparaît sous la forme du Bouddha.

-Lors de la profonde méditation, le son "hic" est expulsé par le canal central au sommet de la tête.

-Bien que la pratique du Powa appartienne au vajrayana, l'immense compassion de Bouddha l'a poussé à évoquer cette pratique dans le soutra qui porte le nom de la sagesse à l'instant de la mort.
Une pratique aboutie du Powa amène des signes qui provoquent l'écoulement d'humeurs de la narine et des suintements à la tête, alors la technique de fermeture des 9 orifices a été bien menée.

-Dans la tradition tibétaine, il est admis que les Bardos sont au nombre de 6.
Le premier est le Bardo de l'existence qui est l'intervalle de temps au moment de la naissance et la fin de la vie actuelle.
Le second Bardo est le Bardo de l’instant de la mort.
Il commence lorsque les processus de destruction du corps se mettent en place.
Le troisième Bardo est appelé le Bardo du devenir.
Il se produit quand la personne a fait l'expérience de la claire lumière au moment de la mort.

-Les pratiques du Bardo sont celles qui se transmettent d'un maître qualifié à un disciple avancé.
S'il les pratique avec zèle, il atteindra la libération en une seule existence et cela, sans qu'il soit nécessaire de pratiquer vraiment la méditation.
Si une personne a besoin de trouver assistance auprès de lamas ou d'autorités religieuses et si elle a l'expérience de la pratique, elle peut au cours des mois précédant le décès connaître avec précision le jour où elle va mourir.
De ce fait, elle utilisera cette période pour redoubler d'énergie dans ses pratiques spirituelles et faire des offrandes aux représentations symboliques du corps, de la parole et de l'esprit du Bouddha.

-Konchok Gialsen et Tsering Togdan sont des lamas du monastère de Piyang. 
Ils ont été appelés par la famille d'un défunt. 
Les 2 moines apportent le Bardo Thodol, le livre des morts tibétains qui guidera le défunt dans les Bardos jusqu'à sa nouvelle vie.
C’est aujourd'hui le premier jour du décès et le moment de pratiquer. 

Les 2 moines entreprennent la lecture du texte du Bardo Thodol correspondant au passage du Powa.
Konchok Gialsen vérifie sur le défunt que le transfert de la conscience a été bien effectué.
Le but est d'éviter à celle-ci de renaître dans des mauvaises destinées où la souffrance est intense.

Au moment du décès, l'esprit est en proie à toutes sortes de phénomènes hallucinatoires.
Les apparences qui se manifestent ne dépendent pas de ses croyances mais de son karma.
Chaque personne est responsable de ses actions et hérite de leur résultat à l'instant de la mort.

-Le Bardo Thodol concerne le dernier des 6 Bardos, c'est le Bardo du devenir.
Là, il se produit une quantité importante d'hallucinations, de peurs, de souffrances et d'angoisses.
Les officiants lui font reconnaître cette phase par la lecture du Bardo Thodol.
Les 4 éléments : la terre, l'eau, le feu et l'air sont à la source de ces visions qui provoquent la peur.
Les différentes techniques de méditation permettent d'identifier ces phases hallucinatoires.

-Dans la tradition tibétaine, quitter ce monde n'est pas perçu comme une angoisse mais comme l'occasion de se libérer du cycle des existences.

Réalisation Nina Barbier

PRÉSENTATRICE :

-Voilà, c'était la première partie de "49 jours entre mort et renaissance" tourné dans les paysages somptueux de l'Himalaya indien.
Pour approfondir ce thème, nous vous proposons comme lecture cette semaine "Le livre des morts tibétain", un texte millénaire mais d'actualité, traduit et commenté par Philippe Cornu aux éditions Buchet/Chastel.

C’est la fin de l’émission, vous pouvez la revoir pendant toute une semaine sur le site Internet de France 2 en consultant Pluzz.fr.

Merci de votre fidélité, toute notre équi pe vous souhaite une très belle semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain pour la deuxième partie du film.

Revoir l’émission : pendant une semaine : http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html

 

PLUS D’INFORMATIONS :

REVOIR L'ÉMISSION Sur Youtube,  revoir l’émission :
http://www.youtube.com/watch?v=-EXA1tdhyz0&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g (14’41)

 

LE LIVRE :

‘‘Le livre des morts tibétain’’, traduit et commenté par Philippe Cornu.
Acheter le livre : http://livre.fnac.com/a2754267/Padmasanbhava-Le-livre-des-morts-Tibetain (33,73 €)

Photo


Une transcription écrite de l’émission est proposée sur le site de Conscience33 : http://www.conscience33.fr/ au lien :
http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html

 

FACEBOOK :
Cette transcrption écrite est aussi présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses bouddhistes" au lien :
https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3



REMARQUE :
Le site "Télé Scoop" présente aussi une transcription de cette émission au lien :
http://telescoop.tv/browse/357240/sagesses-bouddhistes.html?q=Sagesses%20bouddhistes


REVOIR L'ÉMISSION TV sur Youtube (14'41) :


http://www.youtube.com/watch?v=-EXA1tdhyz0&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g

 

 

 

 

"La méditation zen : origine, histoire et pratique"
avec Roland rech

Dimanche 27 octobre 2013 - France 2 à 8h30 SAGESSES BOUDDHISTES

"La méditation zen : origine, histoire et pratique"

Photo

 

L'émission en vidéo (14'39) sur Youtube, revoir l’émission :
http://www.youtube.com/watch?v=Kfb2gtknQ-4&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g



RÉSUMÉ :

Sagesses bouddhistes reçoit Roland Yuno Rech, moine zen de l’école zen sôtô, du Japon.
Il nous invite à une rétrospective sur la méditation telle que pratiquée dans cette école.
Bien souvent galvaudé dans nos sociétés contemporaines, le terme "zen" est pourtant issu d’une très grande tradition japonaise, dont le fondateur fut maître Dôgen.
Roland Rech revient sur les origines et la pratique de la méditation zen.

Invité : Roland Rech

Présenté par Aurélie Godefroy.

 

TRANSCRIPTION DU SOUS-TITRAGE ÉCRIT DE L'ÉMISSION :

PRÉSENTATRICE :
- C'est avec un grand bonheur que nous vous retrouvons sur le plateau de "Sagesses bouddhiste". Nous parlerons de la méditation, telle qu'elle est pratiquée dans le bouddhisme zen, notamment dans le zen sôtô : son origine, sa diffusion en Chine et en Occident, sa pratique actuelle.
 Autant de questions que nous poserons à notre invité, Roland Rech.
Bonjour.
Vous pratiquez le bouddhisme depuis 40 ans dans la tradition zen sôtô.
Responsable du temple zen de Nice, vous enseignez au monastère zen de la Gendronnière, et partout en France et en Europe.

ROLAND RECH :
- Merci de m'inviter.

PRÉSENTATRICE :
- Rappelez-nous l'origine de la méditation, dans le bouddhisme zen.

ROLAND RECH :
- C'est la méditation du Bouddha, la méditation à travers laquelle Shakyamuni est devenu un éveillé, un bouddha.
Il raconte lui-même dans un sutra comment ça s'est passé.
Il explique que, dans un 1er temps, assis dans la posture de méditation, il a abandonné tout ce qui était de l'ordre des souillures du mental, la cupidité, la haine, les émotions négatives, tout en conservant une certaine activité mentale, une réflexion.
Dans un deuxième temps, il a abandonné toute réflexion et toute activité mentale consciente et volontaire, en gardant un état de joie, de bonheur, de sérénité.
Ensuite, il a abandonné la joie, qui est une émotion assez vive. Il ne restait plus que le bonheur.
Ces états de méditation s'appellent des dhyâna.
Au quatrième dhyâna, il a aussi abandonné le bonheur.
Il n'éprouvait plus ni bonheur ni souffrance.
Il était dans un état d'équanimité, qui lui a permis de s'éveiller.
C'est là qu'il a découvert les grands principes qui ont constitué ensuite la base du bouddhisme : la loi du karma, les 4 Nobles Vérités, dont toute une partie est consacrée à la méditation.
Par la suite, il a développé la pratique de l'attention.

PRÉSENTATRICE :
- Quelle est-elle ?

ROLAND RECH :
- Cette pratique de l'attention, c'est d'abord l'attention au corps, être présent dans son corps, dans sa respiration.
En même temps, réaliser qu'il y a bien un corps qui respire, mais qu'il n'y a pas d'ego, de moi substantiel dans ce processus de respiration. 
Ensuite, il a enseigné beaucoup à être attentif à ses émotions, à ses sensations surtout : le déplaisir. À être attentif à l'état d'esprit dans lequel on est.
L'avantage, c'est qu'on peut le pratiquer partout, ça n'exige pas d'être assis.
Par exemple, notre état d'esprit est différent selon qu'on est concentré ou distrait, est-on vraiment présent ou pas.
Ça, on peut le réaliser partout.
Ensuite, le 4ème objet d'attention, ou d'observation, c'est ce qu'il nomme les objets mentaux, dans lesquels il y a toutes les pensées relatives au dharma : les 4 Nobles Vérités, mais aussi les empêchements, les illusions.
Dans la méditation bouddhiste, à partir de ces 2 enseignements, il y a à la fois une pratique qui consiste à constamment lâcher prise d'avec tout objet, qui est la pratique des dhyâna, "chan" en chinois et "zen" en japonais, et il y a la pratique de l'observation, de l'attention, de la pleine conscience, très développée en Occident. 
Ce sont les 2 volets qu'on retrouvera dans l'histoire de la méditation bouddhiste.

PRÉSENTATRICE :
- S'agit-il de la méditation telle qu'elle fut pratiquée par Bodhidharma et qui a donné naissance à son école, en Chine ?

ROLAND RECH :
- Effectivement, Bodhidharma est arrivé en Chine à une époque où les Chinois avaient étudié le bouddhisme à travers les sutras.
Il a enseigné, et il a laissé un écrit, qu'on appelle "Le Traité de Bodhidharma", dans lequel il montre qu'il y a 2 voies d'accès à l'enseignement du bouddha.
L'accès par le principe, qui revient à étudier les sutras, et l'accès par la pratique.
L'accès par le principe consiste finalement à développer une confiance profonde dans la nature de bouddha, la nature de l'éveil de chacun, et donc à être encouragé à pratiquer la méditation comme une sorte de célébration de cet éveil, qui est à la base même de l'existence humaine.
L'accès par la pratique est un enseignement dans lequel il invite a être dans l'acceptation du karma, de ce qui nous arrive, d'une manière inconditionnelle, car ça résulte d'un karma passé, et le fait de l'accepter procure une grande paix de l'esprit.
Donc il n'y a pas lieu de se révolter, mais au contraire d'être en harmonie avec ce qui nous arrive. C'est surtout dans ses dialogues que Bodhidharma a enseigné l'essence de sa méditation, notamment dans son dialogue avec l'empereur, quand il dit ce qu'est la sainte vérité du bouddhisme.
C'est un esprit vaste, un esprit vide, ce qu'il a appelé "kakunen musho", un esprit au-delà de la sainteté.

PRÉSENTATRICE :
- Effectivement, c'est assez révélateur.

ROLAND RECH :
- Ensuite, il y a aussi un dialogue qu'il a eu avec son 1er disciple, Eka, lequel, quand il l'a rencontré, était dans une grande souffrance morale et spirituelle. 
Il a demandé à Bodhidharma de l'aider à apaiser son esprit.
Bodhidharma lui a dit: "Montrez-moi votre esprit."
Eka a répondu : "Mon esprit, je l'ai cherché longtemps, il est insaisissable".
"Alors, il est déjà apaisé."
Ça a été le point de départ de la pratique du zen au sens d'une méditation où on ne cherche pas à saisir l'esprit, car l'esprit est insaisissable, et il l'est parce qu'il est vaste.
Il est comme le vaste ciel.
Et si on s'harmonise avec cette vastitude de l'esprit, la racine de toutes les souffrances est tranchée.

PRÉSENTATRICE :
- On va en venir sur la manière dont on peut pratiquer la méditation, en Occident.
Avant cela, un mot sur Maître Dogen et sur la façon dont il a transmis la méditation.
C'est un personnage essentiel.

ROLAND RECH :
- Dogen a hérité de l'enseignement de l"'illumination silencieuse" de Maître Wanshi, qui est un peu différente de la méditation zen Rinzai, car c'est une méditation sans objet, donc sans le support de mantras, d'images, de pensées ou de kôan.
Simplement, et Degen l'a repris, il a appelé ça "shikantaza", "seulement s'asseoir", dans un état de lâcher-prise, de dépouillement du corps et de l'esprit par rapport à toutes nos formes d'attachement.
Parce que, dès l'origine, et avec Bodhidharma en particulier, il y a cette confiance dans le fait qu'au fond de chaque être il y a cette nature, nous sommes cette nature de bouddha.
Il n'y a rien à faire. Juste être assis.
Dès qu'on a envie d'agir, c'est que l'ego reprend le dessus, alors on est de nouveau dans une dualité, un volontarisme.
On poursuit un but, donc on est loin de la paix de l'esprit et loin de l'éveil, car le but est quelque chose de limité qui correspond à l'idée que l'on se fait de ce que devraient être l'éveil, le nirvana.
À vouloir l'obtenir, on s'en écarte.
Degen enseignait la pratique de seulement s'asseoir et de retrouver dans cette simple assise l'unité profonde du corps et de l'esprit, mais aussi de soi-même avec les autres, de soi-même avec la nature de bouddha.
Et l'unité profonde, non seulement dans la méditation, mais dans notre quotidien.
Que chaque chose que l'on fait devienne une forme de méditation, une pratique dans laquelle on s'absorbe avec une totale concentration, ce qui implique le lâcher-prise d'avec nos pensées, et tout cela avec une perception de notre communion et unité avec tous les êtres, une dédicace de notre activité quotidienne pour le bien-être de tous les êtres.

PRÉSENTATRICE :
- Faisons un bond dans le temps et allons voir ce qui s'est passé en Europe dans les années 1970 avec Maître Deshimaru, qui a apporté la méditation zen.
Parlez-nous un peu du côté concret, Roland Rech, des bienfaits physiologiques, psychologiques de la méditation.
Comment peut-on la pratiquer ?

ROLAND RECH :
- La méditation se pratique dans un dojo, car on vous enseigne la posture, la respiration et l'état d'esprit justes.
En plus, on est ensemble, et c'est important dans la pratique du zen.
Ce n'est pas un repli solitaire mais une communion avec tous les êtres.
La posture : assis, le dos droit, normalement les jambes croisées, sur un coussin, le menton rentré, le corps étiré entre ciel et terre.
On se concentre sur la respiration, et on apprend à lâcher prise avec toutes les pensées qui surgissent.
Donc on n'essaye pas de résoudre un problème, de se concentrer sur une vérité sainte du bouddhisme, de saisir la nature de bouddha ou de l'éveil.
On accueille tous les phénomènes qui surgissent.
On prend conscience de leur impermanence, de leur vacuité, ce qui nous encourage à lâcher prise.
On réalise que, finalement, notre moi est insaisissable aussi, qu'il est constamment en train de se transformer selon ses objets d'attachement.
On lâche prise avec son propre ego.
On se retrouve ainsi dans un état de complète vacuité, disponibilité, accueil de ce qui se présente.
Ça, on peut le pratiquer dans la vie quotidienne.
Ça a des valeurs extrêmement importantes, notamment pour calmer le stress, parce qu'on apprend a être parfaitement ici et maintenant, sans être obsédé par le but de l'action.
On apprend à être sans anxiété car, dans l'instant présent, toutes les peurs dont on craint qu'elles ne se réalisent dans le futur n'ont pas lieu d'être.
On retrouve une paix de l'esprit fondamentale.
Aussi, on se libère de tous ses conditionnements du passé.
On s'aperçoit que les choses qui nous obsèdent sont liées à des conditionnements, de notre enfance ou de ce qui s'est passe la veille.
Revenir ici et maintenant, c'est revenir à une grande paix de l'esprit, à une disponibilité et à un éveil à la réalité.
Tout le reste, c'est virtuel, ce sont des fabrications mentales.
On ne vit pas vraiment quand on n'est pas dans l'instant présent.

PRÉSENTATRICE :
- Pour conclure, dites-nous comment prolonger ces bienfaits de la méditation dans notre quotidien.

ROLAND RECH :
- Dans la vie quotidienne, il y a beaucoup trop d'informations et de choses qui sollicitent le mental.
On est trop dans sa tête et pas assez dans son corps.
La 1ère chose à faire, c'est de déposer sa tête et d'être dans son corps.
En tout cas, être le plus possible dans ses gestes.
Apprendre, quand on marche, en allant vers sa voiture, à être un avec la marche.
Bien sentir les pieds au cours de la marche.
Dans une voiture, être vraiment au volant, ne pas faire 2 choses en même temps.
À l'heure actuelle, on fait 3 ou 4 choses à la fois, avec nos moyens de communication.
La recommandation première, c'est : ne faites qu'une chose à la fois.
Essayez d'être dans votre corps et lâchez prise avec toute l'agitation du mental par, notamment, le retour constant à la respiration.

PRÉSENTATRICE :
- On va se quitter sur ces conseils, Roland Rech.
Merci d'avoir été avec nous aujourd'hui.
Si vous souhaitez en savoir plus, voici quelques ouvrages que nous vous conseillons.

Tout d’abord, des livres de notre invité Roland Rech, publiés aux éditions du Relié :
Le champ de la vacuité par Roland Yuno Rech,
L’illumination silencieuse par Roland Yuno Rech,
et
Zen et vie quotidienne par Taisen Deshimaru chez Albin Michel,
Vous y retrouverez des explications claires sur la pratique de zazen, la notion de karma et la mise en pratique de ces enseignements au quotidien.

Vous pouvez voir et revoir cette émission sur le site de France 2, en consultant pluzz.fr, rubrique France 2.

Merci à tous de votre fidélité.
Je vous souhaite une très très belle semaine.
À dimanche prochain.

 

Revoir l’émission : pendant une semaine : http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html

 

PLUS D’INFORMATIONS :

REVOIR L'ÉMISSION Sur Youtube,  revoir l’émission : http://www.youtube.com/watch?v=Kfb2gtknQ-4&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g  (14’39)

ROLAND RECH :
Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Roland_Rech

Sur le site de l’Association Zen Internationale  http://www.zen-azi.org/node/191 :
Né en 1944, Roland Rech est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris en 1966 puis il passe le DESS en psychologie clinique. Après trois années de travail dans l'industrie, il partit en voyage autour du monde et découvrit la pratique de zazen au temple d'Antaiji à Kyoto. Touché par cette expérience, il décida en 1972 de suivre l'enseignement de Maître Deshimaru à Paris. Il devint son disciple et en reçut l'ordination de moine en 1974.
Tout en travaillant dans l'industrie, il aida sa mission en devenant un de ses traducteurs, en s'occupant de la coordination des dojos et de l'édition de ses livres, et en dirigeant des sesshins. Après la mort de Maître Deshimaru en 1982, il devient président de l'AZI, fonction qu'il occupa jusqu'en 1994. Il en est actuellement vice-président. En 1984 il reçut le shiho (transmission du Dharma) de Maître Renpo Niwa zenji du temple d'Eiheiji.
En 1986, il participa à la fondation de l'Union bouddhiste de France dont il fut vice-président pendant 15 ans.
Il enseigne au Temple Gyobutsuji de Nice, ainsi que durant de nombreuses sesshins en Europe. Il a transmis le shiho à plusieurs de ses disciples dont les noms figurent sur la page du calendrier du site de l'ABZE parmi les dirigeants de sesshin.
Il est également vice-abbé du temple de la Gendronnière et vice-président de l'AZI.

 

DOJO ZEN DE NICE : http://zen-nice.org/   
 
 

LES LIVRES :

‘‘Le champ de la vacuité’’, par Roland Yuno Rech, http://www.editions-du-relie.com/Le-champ-de-la-vacuite.html
Acheter le livre : http://www.amazon.fr/Le-champ-vacuit%C3%A9-Lenseignement-Ma%C3%AEtre/dp/2354900724 (14,46 €)  
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‘‘L’illumination silencieuse’’, par Roland Yuno Rech, http://www.editions-du-relie.com/L-illumination-silencieuse.html
Acheter le livre : http://www.amazon.fr/Lillumination-silencieuse-message-ma%C3%AEtre-Wanshi/dp/235490097X (12,35€)
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‘‘Zen et vie quotidienne’’, par Taisen Deshimaru chez Albin Michel, http://www.albin-michel.fr/Zen-et-vie-quotidienne-EAN=9782226022479
Acheter le livre : http://www.amazon.fr/Zen-Vie-quotidienne-Pratique-concentration/dp/2226022473 (8,74 €)
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Une transcription écrite de l’émission est proposée sur le site de Conscience33 : http://www.conscience33.fr/ au lien :
http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html

 

FACEBOOK :
Cette transcrption écrite est aussi présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses bouddhistes" au lien :
https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3



REMARQUE :
Le site "Télé Scoop" présente aussi une transcription de cette émission au lien :
http://telescoop.tv/browse/352744/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses+bouddhistes

 

REVOIR L'ÉMISSION TV sur Youtube (14'39) :

http://www.youtube.com/watch?v=Kfb2gtknQ-4&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g


 

 

"Les émotions"
avec Dr Christophe André et Jean-Marc Falcombello

Dimanche 20 octobre 2013 - France 2 à 8h30 SAGESSES BOUDDHISTES

"Les émotions (2/2)"



 

L'émission en vidéo (14'41) :
Sur Youtube, revoir l’émission : http://www.youtube.com/watch?v=leKLFNV5Ok4

 



RÉSUMÉ :

BoudSagessesdhistes poursuit son introspection sur les émotions afin de nous familiariser avec elles et les vivre dans la pleine conscience.
Comment se familiariser avec les émotions et les vivre d'une tout autre manière, dans la pleine conscience, ce qui favorisera et développera ce que l'on appelle le «lâcher prise».

Invité : Dr Christophe André et Jean-Marc Falcombello

Présentés par Aurélie Godefroy.

 

TRANSCRIPTION DU SOUS-TITRAGE ÉCRIT DE L'ÉMISSION :

PRÉSENTATRICE :
-Bonjour.
C’est un grand bonheur que nous vous retrouvons.
Nous avons vu quelle était leur nature et comment les reconnaître.
Nous allons voir comment appréhender le lâcher-prise et les différentes méthodes pour y parvenir.
Qu’entend-on par cette expression ?
Quel est son impact dans la rapport à soi et aux autres ?
Comment la méditation en pleine conscience peut-elle nous aider ?
Nous retrouvons nos deux invités.
Christophe André, bonjour.

DR CHRISTOPHE ANDRÉ :
-Bonjour.

PRÉSENTATRICE :
-Vous êtes médecin psychiatre à l’hôpital Sainte Anne, à Paris, et vous êtes spécialiste de la psychologie des émotions.
Jean-Marc Falcombello, bouddhiste depuis les années 80, président du centre d’études tibétaines de Montchardon et journaliste radio.
Merci à tous les deux d’être avec nous.
Le lâcher-prise est essentiel quand on évoque les émotions.
Qu’entend-on par cette expression parfois galvaudée ?

JEAN-MARC FALCOMBELLO
-Faut-il comprendre le lâcher-prise comme : ‘‘Je ne m’implique pas, je ne ressens pas’’ ?
Je ne crois pas.
Dans les textes, il y a une parole magnifique de Tilopa à Naropa : ‘‘Le problème n’est pas la manifestation, mais la saisie’’.
Que veut-il dire par ‘‘saisie’’.
C’est le fait de réinfier.
Réinfier, c’est dire que c’est réel.
On confond la corde avec le serpent.
L’émotion qu’on ressent, on va croire qu’elle a une existence absolue.
On est en colère.
La colère devient solide.
Si lâcher-prise veut dire dessaisir, mettre un peu de souplesse dans cette tension-là à l’égard de l’émotion, comme s’il y avait une identification totale, là, c’est bien.
Si lâcher-prise veut dire faire en sorte de ne pas ressentir et imaginer qu’on est hors des émotions alors qu’on ne les sent ou qu’on les voit pas, là, ça développerait une sorte de dichotomie entre soi et les émotions.
On serait dans une idée du soi, de ce que l‘on est, plutôt que d’être.
Là, ça mérite un réglage plus fin.

PRÉSENTATRICE :
-Qu’entend-on par lâcher-prise, en psychologie ?

DR CHRISTOPHE ANDRÉ :
-C’est une voie du juste milieu.
Lorsque l’on observe les stratégies spontanées de régulations émotionnelles, on voit qu’il y a deux extrêmes.
L’un du côté de l’aversion : ne pas ressentir.
On empêche l’émotion.
On essaye, car c’est plus difficile que cela.
‘‘Tu n’as pas à être jaloux, en colère ou à être triste’’.
Ou alors on fuit ce qui peut déclencher des émotions.
Les gens qui ont une grande réactivité émotionnelle tentent de neutraliser leur vie pour ne pas pêtre exposé.
La première voie est tout sauf enrichissante.
On réfrène, mais du coup, on se prive d’informations intéressantes.
L’autre voie qu’on retrouve chez beaucoup de gens, c’est l’accrochage à l’émotion sous forme d’un abandon total.
Je me laisse aller à ma colère, mon orgueil, ma tristesse et je les prends pour la réalité, je les solidifie, je suis identifié au message qu’elles me transmettent.
Quand on dit aux personnes de lâcher-prise, ce n’est pas passer de l’hyper-contrôle à l’abandon, c’est trouver un juste milieu.
On accepte l’émotion.
On commence à ressentir l’envie, la colère ou la tristesse, mais dans une attitude active.
‘‘Que m’arrive-t-il ? Qu’est-ce qui déclenche ça ?’’ 
Question importante : ‘‘Vers quoi ça me pousse ? Est-ce vers là que je souhaite aller ?’’
Dans cette notion de lâcher-prise, il y a aussi l’apprentissage, l’humilité par rapport à a force de l’émotion, mais aussi de lucidité par rapport à ce qu’elle me dit et ce vers quoi elle me pousse.

PRÉSENTATRICE :
-Que vaut l’émotion, dans le bouddhisme ?
Positive ou non.

JEAN-MARC FALCOMBELLO
-Il peut y avoir une valeur négative.
On peut introduire une notion intéressante, c’est l’idée de l’obscurcissement, voire de tendances inconscientes.
Là, elles peuvent avoir une valeur négative.
Je vais dire un terme technique tibétain, mais il est intéressant.
[terme tibétain]
Ça veut dire folie et opaque, le brouillard.
On parle des afflictions mentales.
On peut croire que les émotions sont confusions dans le sens afflictions mentales, et qu’il faut s’en débarrasser.
Ce serait mauvais.
Là, non.
Mais on parlait de réification, du fait de saisir complètement, là c’est une valeur négative.
En même temps, il m’est revenu une instruction très simple : Machik Labdrön [1055-1145] parle de [terme tibétain].
C’est à la fois savoir être tendu et détendu.
Elle parle de détente à l’intérieur de la pratique méditative.
Ce n’est pas une relaxation.
Détendu dans le sens laisser de l’espace, du champ, sans cette idée de valeur donnée à l’émotion, juste observer, être présent face à ce qu’il se produit, donc être détendu.
Et tension : dans la vie courante, suis-je en train de me laisser entraîner ?
Là, j’ai besoin d’une certaine tension.
-C’est une question de discernement et de conscience.
En cela l’émotion n’a pas de valeur.

PRÉSENTATRICE :
-Comment peut-on lâcher prise ?

DR CHRISTOPHE ANDRÉ :
-Dans la psychologie et la régulation des émotions, il y a plusieurs choses.
Il faut comprendre d’où viennent ces émotions.
On a coutume de dire que les émotions sont liées à la satisfaction de nos besoins.
Une bonne émotion ?
Un besoin est satisfait.
Une émotion désagréable ?
Un besoin n’est pas satisfait.
Là, c’est compliqué.
Mes besoins peuvent ne pas être satisfaits et c’est tant mieux.
Si j’ai un besoin de reconnaissance extrême, de domination, je vais être déçu de ne pas y arriver, mais c’est très bien.
Certaines émotions négatives peuvent avoir du bon.
Certains ressentis agréables et positifs comme la fierté et autres sont problématiques, car ils viennent d’un besoin de reconnaissance et de domination.
Il faut apprendre à observer sa vie, à s’auto-observer.
C’est fondamental.
On demande à nos patients de tenir un carnet en notant les moments où il y a eu des oscillations émotionnelles, de se rappeler ce qu’ils faisaient et de chercher à comprendre ce qu’il s’est passé, quel besoin n’a pas été satisfait.
Qu’en penser ?
Est-ce ainsi qu’ils veulent que leur vie se déroule ?
Voudraient-ils corriger cela ?
C’est vrai que c’est fastidieux, la régulation des émotions.
On ne peut pas décider d’un coup d’être zen, de ne plus s’énerver.
Ça ne marche pas comme ça.
On peut désirer aller vers ça.
Après, il faut observer les moments où ça dérape, s’interroger souvent, travailler avec la pleine conscience, sorte de laboratoire de notre conscience dans lequel on va observer attentivement, calmement, sans juger nos émotions.
C’est un ensemble très vaste, la psychologie des émotions.
Très vaste et passionnant.

PRÉSENTATRICE :
-Ca nous ramène aussi à la question de l’identification et de notre rapport à nous et aux autres.

JEAN-MARC FALCOMBELLO
-Oui, c’est pour ça qu’il ne faut pas croire qu’on doit se débarrasser des émotions.
Du point de vue bouddhiste, ce qui est intéressant, c’est qu’on ne sépare pas l’individu et l’émotion.
Nous sommes des étapes de conscience sans cesse changeantes.
En psychologie bouddhiste, on parle de la continuité de la conscience, du flot de la conscience pour dire que c’est un processus changeant.
C’est intéressant que vos patients notent ce qu’il se produit.
On est dans ce qu’on appelle… [terme tibétain].
C’est-à-dire qualité d’attention.
Savoir à la fois être conscient et se souvenir, donc être présent, forcément.
Mais il n’y a pas l’idée que ‘‘Je suis un individu qui a des émotions’’.
Je suis indifférencié de ces états.
Je les observe, je regarde ce qu’il se produit et c’est mouvant.
L’identification même est mouvante.
Je ne suis pas un être colérique, je suis plus subtil que cela.
C’est là que la pratique du bouddhisme est intéressante.
Elle va relativiser cette identité.

 PRÉSENTATRICE :
-Justement, parlons-en.
Qu’en est-il de la méditation en pleine conscience ?

DR CHRISTOPHE ANDRÉ :
-Il y a beaucoup à dire, mais sur la compréhension et la régulation de nos émotions, c’est un outil indispensable.
Comment a-t-on pu s’en passer ?
On l’utilise beaucoup, aujourd’hui.
Elle est cet espace psychologique que je vais ouvrir dans ma journée le plus souvent possible.
On peut y observer la manière dont fonctionne notre esprit, la manière dont naissent, vivent et meurent nos émotions.
On développe une intelligence émotionnelle accrue.
Dans notre service, on a publié une étude montrant que les patients à qui on apprenait la pleine conscience sans y mêler un enseignement sur les émotions, suite à cet apprentissage, et ça persiste quelques mois ensuite, ces patients ont eu un bénéfice sur la régulation des émotions.
Même si on ne parle pas des émotions.
On apprend juste à observer ce qui vient.
On a des bénéfices mesurables sur des échelles très sensibles en matière d’équilibre émotionnel.
C’est un outil dont on commence à mesurer la puissance et à évaluer la portée.

PRÉSENTATRICE :
-D’autres formes de méditations mènent-elles au lâcher-prise ?

JEAN-MARC FALCOMBELLO
-Toutes les techniques du calme mental qui sont peut-être directement à l’origine des travaux de pleine conscience, qui visent à créer cet espace.
Après, il y a tout un domaine qui est plus riche et qui est directement lié…
Vous parliez des émotions qui naissent, qui vivent, qui meurent.
Dans des vieux textes, on parle justement de [terme tibétain].
Ce sont les émotions qui naissent, qui se disposent et qui vont finir.
La grande question mystique, et là on va au-delà, c’est-à-dire que, finalement, elles ne naissent en aucun lieu, elles ne demeurent en aucun lieu et elles ne finissent en aucun lieu.
Là, ça introduit quelque chose qui est un peu spécial, mais en même temps, qui touche la nature de la conscience.
Pas seulement ce qui s’élève dans le champ de la conscience, mais la nature même de cela qui s’élève.
Là, ça nous fait rentrer dans des méditations profondes où il n’est pas question de gérer, mais de découvrir.

PRÉSENTATRICE :
-Nous devons nous arrêter là.
Merci infiniment d’avoir été avec nous.

JEAN-MARC FALCOMBELLO et DR CHRISTOPHE ANDRÉ :
-Merci.
 
PRÉSENTATRICE :
-Pour aller plus loin, voici quelques livres :
Pour comprendre les mécanismes de nos peurs et de notre cerveau émotionnel afin de les guérir durablement.

. Psychologie de la peur – Craintes, angoisses et phobies par Christophe André
. La Révolution Intérieure – La recherche du véritable bonheur par Robert Thurman
. Manuel de lâcher-prise par Paul-Henri Pion

 

Vous pouvez revoir cette émission sur le site Internet de France 2, en consultant pluzz.fr

Merci de nous avoir suivis.
Je vous souhaite un très beau dimanche.

 

Revoir l’émission : pendant une semaine : http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html

 

PLUS D’INFORMATIONS :

Sur Youtube,  revoir l’émission : http://www.youtube.com/watch?v=leKLFNV5Ok4 (14’41)

 

DR CHRISTOPHE ANDRÉ :
 Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Christophe_Andr%C3%A9
Conférence 5 mai 2012 - vidéo (1h39’) : http://www.bouddhisme-france.org/autres-activites/fetes-du-bouddhisme-paris/article/conference-du-dr-christophe-andre-mediter-aujourd-hui.html ou
http://www.youtube.com/watch?v=nOtsYVniGR8
Quelques livres : http://www.symbiofi.com/fr/christophe-andre et
http://www.amazon.fr/Christophe-Andr%C3%A9/e/B001K7GE34

JEAN-MARC FALCOMBELLO :
Un blog : http://ermitagependeling.blogspot.fr/2008/07/jean-marc-falcombello.html
Sur Facebook : https://www.facebook.com/pages/Jean-Marc-Falcombello/174875905898150
 Article ‘‘Le bouddhisme en dialogue’’ : http://www.rts.ch/emissions/archives/racines/1106699-le-bouddhisme-en-dialogue.html


LE CENTRE D’ÉTUDE ET DE PRATIQUE DU BOUDDHISME TIBÉTAIN DE MONTCHARDON (Isère) :
http://www.montchardon.org/

 
LES LIVRES :

‘‘Psychologie de la peur : craintes, angoisses et phobies’’, par Christophe André chez Odile Jacob (2005).
Acheter le livre : http://www.amazon.fr/Psychologie-peur-Craintes-angoisses-phobies/dp/2738116779 (9,41 €)  

‘‘La Révolution Intérieure, vie liberté et la recherche du véritable bonheur’’, par Robert Thurman chez Tredaniel (2013).
Acheter le livre : http://livre.fnac.com/a6242066/Robert-Thurman-La-revolution-interieure  

‘‘Manuel de lâcher prise’’, par Paul-Henri Pion, chez Eyrolles (2011).
 Le livre : http://www.amazon.fr/Surmonter-%C3%A9motions-destructrices-dialogue-Dala%C3%AF/dp/2221093011 (21,19 €).

 

FACEBOOK :
Cette transcrption écrite est aussi présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses bouddhistes" au lien :
https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3



REMARQUE :
Le site "Télé Scoop" présente aussi une transcription de cette émission au lien :
http://telescoop.tv/browse/350315/sagesses-bouddhistes.html

Définitions des mots "Dichotomie" - "Afflictions" - "Auto-observer" :
http://telescoop.tv/350315/sagesses-bouddhistes.html

 

REVOIR L'ÉMISSION TV sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=leKLFNV5Ok4 (14'41)

 

 

 

 

 

"Les émotions"
avec Dr Christophe André et Jean-Marc Falcombello

Dimanche 13 octobre 2013 - France 2 à 8h30 SAGESSES BOUDDHISTES

"Les émotions (1/2)"

 

L'émission en vidéo (14'39) :
Sur Youtube, revoir l’émission : http://www.youtube.com/watch?v=ZHAmn8Sv_fc


RÉSUMÉ :

 Sagesses Bouddhistes consacre deux émissions à la compréhension et à la gestion des émotions et reçoit le Dr Christophe André (médecin psychiatre) et Jean-Marc Falcombello (président du Centre d'Etudes Bouddhiques de Montchardon) pour en parler.

Invité : Dr Christophe André et Jean-Marc Falcombello

Présentés par Aurélie Godefroy.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

PRÉSENTATRICE :
-Bonjour à tous et merci de nous retrouver ce dimanche matin pour la première des deux émissions que nous consacrerons à la gestion de nos émotions en nous demandant s’il faut s’en méfier.
Qu’elles soient agréables, comme la joie, ou désagréables, comme la tristesse ou la colère, faut-il les laisser nous envahir ?
Apprendre à mieux les vivre nous rend moins vulnérables et améliore notre bien-être.
Comment les définir, les reconnaître, puis les gérer ?
C’est ce que je vous propose de voir avec nos invités.
Christophe André, bonjour.
Vous êtes médecin psychiatre à l’hôpital Ste-Anne.
Vous y animez des groupes de méditation et êtes spécialiste de la psychologie des émotions.
Jean-Marc Falcombello, vous avez rencontré le bouddhisme au début des années 80.
Vous présidez le Centre d’Etudes tibétaines de Montchardon et vous êtes journaliste à la Radio Suisse Romande.
Commençons cette émission par définir ce que sont les émotions.
Du point de vue du psychologue, comment les envisagez-vous ?

DR CHRISTOPHE ANDRÉ :
-En psychologie, il y a trois points très importants.
 Le premier, c’est que les émotions sont des réactions automatiques, qui ne dépendent pas de nous.
On ne peut empêcher une émotion d’arriver.
Le deuxième point, c’est que ce sont des réactions globales, mélangeant des manifestations du corps et de l’esprit.
C’est indissociable.
Le troisième point, c’est qu’elles se produisent en réaction à des changements dans notre environnement.
Quelque chose bouge, nous déstabilise.
Il y a en général un éveil émotionnel qui nous sert, en théorie, à mieux nous adapter.

PRÉSENTATRICE :
-Votre définition, Jean-Marc Falcombello ?
 
JEAN-MARC FALCOMBELLO
-Je suis forcément d’accord avec cette définition : c’est ainsi qu’elles se manifestent.
Du point de vue bouddhiste, la manière dont on comprend le terme ‘‘émotion’’.
Le bouddhiste standard pense à l’émotion comme quelque chose de forcément un peu négatif.
Alors qu’en fait, les émotions sont une des manifestations de ce qu’on appelle ‘‘les phénomènes mentaux’’.
Autant les pensées qui surgissent du fait des stimuli et qui se traduisent par des états physiques.
Il faut prendre le temps de préciser ce qu’on entend par ‘‘émotion’’.
Il y a l’idée de se débarrasser des émotions, mais il ne s’agit pas de se débarrasser de tout, car il s’agit d’une manifestation tout à fait naturelle.
C’est quelque chose qu’on ne peut empêcher de se manifester.

PRÉSENTATRICE :
-Quelle est la nature des émotions, du point de vue bouddhiste ?

JEAN-MARC FALCOMBELLO
-Il y a diverses écoles.
 Dans la tradition tibétaine, les émotions, quelles qu’elles soient, sont vues comme l’expression de la nature de l’esprit : elles révèlent quelque chose de notre nature profonde, de notre nature éveillée, etc.
Elles révèlent quelque chose, pour autant que l’on sache regarder dans leur essence, dans ce qu’elles sont vraiment, dans leur texture.
Mais, sinon, elles peuvent aussi se manifester sous le visage de la confusion.

PRÉSENTATRICE :
-Concrètement, comment les reconnaître, Christophe André ?

DR CHRISTOPHE ANDRÉ :
-Il y a tout un tas de façons.
Il y a l’introspection : l’attention aux modifications qu’elles induisent.
Elles provoquent toujours un changement dans notre homéostasie.
Prêter attention à la naissance de nos émotions, c’est le début de l’intelligence émotionnelle.
Ne pas attendre d’être énervé ou affligé pour réaliser que quelque chose se passe en nous.
On a aussi des façons d’étudier scientifiquement l’apparition de l’émotion, qui modifie l’expression de notre visage, notre biologie, ainsi que le fonctionnement de notre cerveau.
Il y a une zone du cerveau qui répond aux impulsions des émotions.
Tout ça, ce sont des marqueurs de l’activité émotionnelle.
On peut ajouter qu’il y a deux dimensions importantes, dans les émotions.
D’une part, leur intensité.
On peut ressentir des émotions fortes, mais aussi des émotions de basse intensité, des états d’âme : être de bonne ou mauvaise humeur, un peu agacé…

PRÉSENTATRICE :
-Ce qui est plus fréquent.

DR CHRISTOPHE ANDRÉ :
-Bien plus.
On se focalise parfois sur les émotions fortes alors qu’elles sont rares.
Nous avons plus souvent des mouvements émotionnels de basse intensité, mais très influents, plus constants.
L’autre dimension, à côté de l’intensité, c’est la valence.
Plutôt positive ou agréable : la joie, l’enthousiasme, l’amour, la confiance, ou la fierté, ou l’orgueil, qui sont des émotions positives.

PRÉSENTATRICE :
-Il faut aussi y faire attention.
 
DR CHRISTOPHE ANDRÉ :
-Il ne faut pas forcément s’y abandonner complètement.
De même avec les émotions négatives ou désagréables, la tristesse, l’inquiétude ou la honte.
 Nous cherchons souvent à ne pas les éprouver, mais elles peuvent être utiles.
Elles informent sur quelque chose qui se produit en nous et autour de nous.

PRÉSENTATRICE :
-Mieux vaut parler d’émotions ‘‘agréables’’ ou ‘‘désagréables’’.

DR CHRISTOPHE ANDRÉ :
-Ça induit moins de confusion.
 
PRÉSENTATRICE :
-Le bouddhisme conseille de les gérer ?

JEAN-MARC FALCOMBELLO
-C’est extrêmement complexe.
L’idée même de gestion, c’est un concept moderne.
On gère, comme on gère un fonds de commerce.
Je ne crois pas qu’on voie les choses comme ça au départ, dans la tradition bouddhiste.
Cette tradition consiste à être à l’écoute, ce qu’on retrouve dans le travail de la pleine conscience.
Dans les anciens textes d’instructions de méditation, il y a l’idée qu’au départ, on ignore par quoi nous sommes agités.
Et, donc, la pratique méditative consiste à l’entraînement au regard que l’on pose sur soi, d’où le calme mental, etc.
Il y a vraiment cette idée d’une espèce de zone d’inconnaissance.

PRÉSENTATRICE :
-On le verra la semaine prochaine.
Christophe André disait durant la préparation que cela demande aussi de l’humilité, de reconnaître ses émotions.

JEAN-MARC FALCOMBELLO
-Oui, il faut prendre du temps et oser regarder sans jugement.
Simplement oser regarder, donner de la place à cela.
Et puis, après, bien sûr, sans entrer dans la dimension technique, il y a vraiment cette idée d’observer.
Concernant les valences, les qualités qu’on donne aux émotions, il faut en effet se méfier.
Le bouddhiste doit se méfier aussi.
La tendance ou l’envie pourrait être justement de vouloir gérer, c’est-à-dire de se débarrasser de certaines choses au profit d’autres.

PRÉSENTATRICE :
-Sans pour autant les gérer, importe-t-il de les exprimer ?

JEAN-MARC FALCOMBELLO
-Dans la tradition bouddhiste, on n’a pas l’idée de la nécessité de sortir les émotions.
Je pense qu’il y a plutôt l’idée d’apprendre, de se rendre sensible à leur présence.
 
PRÉSENTATRICE :
-Les reconnaître, les accueillir, puis…

JEAN-MARC FALCOMBELLO
-Oui.
Plus que l’obligation d’exprimer ou de ne pas exprimer.
Mais certaines traditions préfèrent qu’on réfrène, parce qu’il y a une méfiance.
Étant donné que les émotions les plus fortes sont assez rares, ces émotions-là sont vues, du point de vue bouddhiste, pour simplifier, comme destructrices.
Il y a de vrais risques que les émotions fortes nous amènent dans des écueils, dans la confusion.

PRÉSENTATRICE :
-Et la souffrance.
 
JEAN-MARC FALCOMBELLO
-Oui, mais on n’est pas toujours dans ce cas-là.

DR CHRISTOPHE ANDRÉ :
-Et elles aveuglent.
Dans le champ de la psychologie cognitive, on a un dicton qu’on transmet à nos élèves : ‘‘Plus forte est l’émotion, plus forte est la distorsion de notre vision du monde.’’
Plus l’émotion est intense, plus elle déforme la manière dont je lis le monde, et, donc, plus je suis enclin à faire des erreurs.
Le signal émotionnel qui était là pour m’aider finit par désorganiser ma lecture et ma compréhension du monde.

PRÉSENTATRICE :
-Justement, que conseillez-vous à vos patients ?
Que faire de ses émotions ?

DR CHRISTOPHE ANDRÉ :
-D’une part, le fait que l’émotion apparaisse n’est pas un problème, ni un signe d’anomalie ou d’échec.
Voilà…
Si j’ai des montées de peur, de tristesse, de honte, je dois le prendre comme une information sur quelque chose qui se passe dans ma vie.
Le deuxième point, c’est d’accepter, vous parliez d’humilité, que je ne peux pas empêcher ça d’arriver, mais que je peux éventuellement me servir de ce message.
On compare souvent la gestion des émotions, même si le terme de ‘‘gestion’’ est un peu moche, comme si on gérait un capital, mais il est passé dans le langage courant.
 La gestion des émotions ressemble plus à l’équitation qu’au vélo.
On n’est pas sur quelque chose qui obéit au moindre geste, mais sur un objet vivant qu’on doit apprendre à canaliser.
En voile, on tient compte du vent.
La psychologie des émotions, c’est accepter qu’une donnée naturelle influente existe, essayer de la comprendre, de voir quelle information elle me donne, et l’utiliser au mieux, qu’elle soit négative ou positive.
Il ne faut pas toujours chasser les émotions négatives, ni aspirer aux émotions positives, il faut d’abord regarder ce qui se passe et où ça m’amène.
Est-ce là que je veux aller ?
Ce sont les bases

PRÉSENTATRICE :
-Pour terminer, M. Falcombello, pouvez-vous nous dire si certains textes bouddhistes évoquent ces émotions et la manière de les appréhender ?

JEAN-MARC FALCOMBELLO
-Oui, bien sûr.
 Et même, une grande partie de la littérature bouddhiste traite des émotions.
Ce qui est peut-être intéressant de dire ou de savoir, c’est qu’il y a de multiples manières d’aborder les émotions.
Il peut y avoir méfiance car elles conditionnent nos mondes.
On retrouve cela dans l’idée même des mondes, du point de vue bouddhiste.
Mais il y a des apports tardifs, par exemple Gampopa, un disciple de Milarépa, qui, lui, en parle comme ‘‘du bois qui allume le feu’’. ‘‘Attention, ne vous en débarrassez pas.’’
C’est beau, car quand on a une approche fine avec cela, on réalise que l’émotion peut nous éveiller à notre nature profonde.
Il y a quelque chose en elle qui n’est jamais séparé de la conscience.
C’est très intéressant.
C’est une vision plus intégrante, ou ‘‘intégrative’’, plutôt que de vouloir se débarrasser absolument de quelque chose qui serait vécu comme mauvais.
On peut apprendre.
Il s’agit plus d’apprentissage que de gestion.
Elle peut me renseigner, même sur ma nature profonde.
C’est le cœur de l’aventure de la pratique bouddhiste, de la méditation.
Il y a cette belle image de la vague et de l’eau.
Mon maître, Lama Teunsang, dit souvent :
« La vague n’est jamais séparée de l’eau. C’est de l’eau qu’elle se manifeste. C’est en l’eau qu’elle se résorbe. »
Milarépa dit la même chose des nuages et du ciel.
Il faut avoir confiance dans le processus.
C’est en cela que la méditation peut nous renseigner sur la nature même…
Quelle est la nature du nuage ?

PRÉSENTATRICE :
-Quittons-nous sur ces belles images.
 La semaine prochaine, nous verrons comment pratiquer la méditation pour mieux appréhender ses émotions.

Pour approfondir ce thème, voici quelques ouvrages.
De Christophe André et F. Lelord, ‘‘La Force des émotions’’, chez Odile Jacob.
‘‘Les Émotions » », de Lama Guendune Rinpoché.
Et ‘‘Surmonter les émotions destructrices » », de Daniel Goleman.

Vous pouvez revoir l’émission pendant une semaine sur le site de France 2, en consultant pluzz.fr

Merci à tous de votre fidélité.
À la semaine prochaine pour la suite de cette émission.

Revoir l’émission : pendant une semaine : http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html

 

PLUS D’INFORMATIONS :

Sur Youtube,  revoir l’émission : http://www.youtube.com/watch?v=ZHAmn8Sv_fc   (14’39)

 

DR CHRISTOPHE ANDRÉ :
 Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Christophe_Andr%C3%A9
Conférence 5 mai 2012 - vidéo (1h39’) : http://www.bouddhisme-france.org/autres-activites/fetes-du-bouddhisme-paris/article/conference-du-dr-christophe-andre-mediter-aujourd-hui.html ou
http://www.youtube.com/watch?v=nOtsYVniGR8
Quelques livres : http://www.symbiofi.com/fr/christophe-andre et
http://www.amazon.fr/Christophe-Andr%C3%A9/e/B001K7GE34

JEAN-MARC FALCOMBELLO :
Un blog : http://ermitagependeling.blogspot.fr/2008/07/jean-marc-falcombello.html
Sur Facebook : https://www.facebook.com/pages/Jean-Marc-Falcombello/174875905898150
 Article ‘‘Le bouddhisme en dialogue’’ : http://www.rts.ch/emissions/archives/racines/1106699-le-bouddhisme-en-dialogue.html


LE CENTRE D’ÉTUDE ET DE PRATIQUE DU BOUDDHISME TIBÉTAIN DE MONTCHARDON (Isère) :
http://www.montchardon.org/

 
LES LIVRES :

‘‘La Force des émotions’’, de Christophe André et F. Lelord, chez Odile Jacob (2003).
Le livre : http://livre.fnac.com/a1400817/Christophe-Andre-La-force-des-emotions

‘‘Les Émotions’’, de Lama Guendune Rinpoché (2001).
L’enseignement paru sur Tendrel : http://www.dhagpo-kagyu-ling.org/fr/index.php/multimedia/revue-tendrel/357-les-emotions
Le livre : http://www.macrolivres.com/livres/les_emotions.php

‘‘Surmonter les émotions destructrices – Un dialogue avec le dalaï-lama’’, de Daniel Goleman, chez Robert Laffont (2003).
 Le livre : http://www.amazon.fr/Surmonter-%C3%A9motions-destructrices-dialogue-Dala%C3%AF/dp/2221093011

 

FACEBOOK :
Cette transcription est présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses Bouddhistes" :
https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3

 

REMARQUE :
Le site "Télé Scoop" présente aussi une transcription de cette émission au lien :
http://telescoop.tv/browse/343028/sagesses-bouddhistes.html

Définitions des mots "Impermanence" - "Interconnectés" - "Dharma" - "Interconnexion" :
http://telescoop.tv/343028/sagesses-bouddhistes.html

REVOIR L'ÉMISSION TV sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=ZHAmn8Sv_fc (14'39)

 

 

 

 

"Les actions sociales et humanitaires de Gyétrul Jigmé Rinpoché"
avec Gyétrul Jigmé Rinpoché

Dimanche 6 octobre 2013 - France 2 à 8h30 SAGESSES BOUDDHISTES

"Les actions sociales et humanitaires de Gyétrul Jigmé Rinpoché"

 

L'émission en vidéo (14'43) :

 


RÉSUMÉ :

 Un dialogue avec Gyétrul Jigmé Rinpoché lors de son dernier passage à Paris au mois d'avril.
Au cours de cette émission, il évoque volontiers les nombreux projets humanitaires qu'il conduit en Inde et au Népal et auxquels il apporte ainsi que son équipe, toute l'attention et l'énergie nécessaires, de façon à soulager au mieux la précarité de milliers de personnes.

Invité : Gyétrul Jigmé Rinpoché

Présenté par Aurélie Godefroy.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

Rencontre avec Gyétrul Jigmé Rinpoché
Actions sociales et humanitaires

PRÉSENTATRICE :
-Bonjour à toutes et à tous.
Merci de votre fidélité.
C’est avec joie que je vous propose de retrouver le détenteur de la lignée Ripa, le maître tibétain Gyétrul Jugmé Rinpoché, pour découvrir son action sociale à travers la santé, l’éducation.
Nous l’avons rencontré dans l’enceinte de la Grande Pagode du bois de Vincennes.
Un entretien réalisé par Claude Darmon.
Gyétrul Jigmé Rinpoché, bonjour.

GYÉTRUL JIGMÉ RINPOCHÉ
-Bonjour.

PRÉSENTATRICE :
-Vous êtes le 7ème héritier de la lignée Ripa.
 Vous êtes le responsable de deux monastères à la fois en Inde et au Népal.
Et vous êtes le directeur spirituel de votre Centre international Ripa, en Suisse, à Berne.
Merci beaucoup d’être avec nous aujourd’hui.

GYÉTRUL JIGMÉ RINPOCHÉ
-Thank you.

PRÉSENTATRICE :
-Pour parler de votre engagement en matière d’éducation, de société, de santé, j’aimerais savoir d’où vient cette vocation, cet engagement, Rinpoché.

GYÉTRUL JIGMÉ RINPOCHÉ
-Je pense que je préfèrerais me nommer : ‘‘un bouddhiste engagé socialement.’’
Et cela a commencé déjà à l’époque de mon éducation.
Et lorsque je regarde ma vie en arrière, maintenant, je vois qu’il y a des moments pour lesquels j’ai beaucoup de gratitude : quand j’ai été envoyé dans une école ordinaire, puis quand on m’a donné une éducation monastique classique.
Ça m’a donné l’opportunité d’être un garçon comme les autres, de me mélanger aux autres.
Je n’étais pas très bon, dans les études académiques, mais, à l’école, j’ai appris à me connecter avec les gens à un niveau humain de compréhension émotionnelle.
Cela m’a beaucoup aidé.
Ensuite, lorsque j’ai débuté en tant qu’enseignant bouddhiste, la première chose qui m’est venue à l’esprit, c’est : ‘‘Comment mettre la méditation en action ?’’.
C’est vraiment le point essentiel, de mettre la méditation en action.
Et c’est là où, effectivement, cet engagement social dans le bouddhisme était la notion la plus proche de la méditation à l’action.
Au lieu de passer du temps dans le monastère et dans le style de vie monastique, à essayer de construire le monastère, j’ai préféré travailler dans la société.
Et ça, ça venait du début de mes années à l’école.

PRÉSENTATRICE :
-Votre environnement familial vous a aussi beaucoup influencé.
Notamment votre grand-mère.

GYÉTRUL JIGMÉ RINPOCHÉ
-oui, j’ai beaucoup de chance, et j’ai beaucoup de reconnaissance pour ma famille.
Ils étaient l’exemple vivant de ce que peut être la compassion à l’action et la lutte en action.
Donc, je pouvais voir ces deux aspects.
Et ma grand-mère était un exemple extraordinaire.
J’ai passé toute mon enfance avec elle.
Je dormais avec elle.
C’était une femme qui était dure, exigeante, mais en contact avec la vie quotidienne, tout en étant une femme très spirituelle, qui pratiquait 2 heures tous les jours, et très généreuse.
Elle avait vraiment cette croyance de donner avec joie.
C’est quelque chose que j’ai appris d’elle, pas de mes livres, ni de mes maîtres.
Ça a été une de mes inspirations les plus fortes dans la vie : comment mettre cette générosité en action ?
Et une générosité dans la joie.
Et tous les autres membres de la famille ont aussi appris énormément de cela.

PRÉSENTATRICE :
-Tout s’articule autour de la notion de la notion de compassion, absolument essentielle pour vous, Rinpoché.
 
GYÉTRUL JIGMÉ RINPOCHÉ
-Oui, exactement comme le dit Sa Sainteté le Dalaï-Lama, enseigner seulement la compassion n’est pas suffisant, il faut vraiment la mettre en action.
Et pour faire cela, je dis qu’il faut tout d’abord être un bouddhiste engagé, et ensuite, on va être engagé socialement.
Ce sont deux approches différentes.
Être un bouddhiste engagé, c’est sentir en soi ce que signifient la bonté et l’interconnexion, la façon dont nous sommes tous interconnectés.
Une fois que vous vous engagez vraiment dans ce sens, ça devient très facile d’entrer en connexion avec les autres.
C’est là où le bouddhisme engagé socialement se manifeste.
Il faut éviter de sauter dans l’engagement social avant d’être soi-même un bouddhiste engagé.

PRÉSENTATRICE :
-Votre engagement s’incarne à travers trois champs d’action : la santé, l’éducation, l’environnement.
Revenons sur chacun d’eux.
 
GYÉTRUL JIGMÉ RINPOCHÉ
-L’éducation, tout d’abord, parce que ma communauté, comme vous le savez, est venue prendre asile en Inde, ce sont des réfugiés.
Il y a donc eu la préoccupation de l’éducation des enfants.
Nous avons des écoles gouvernementales, mais qui ne sont pas vraiment au niveau de qualité moyen, normal.
J’ai donc voulu donner la meilleure éducation possible en commençant ce programme d’éducation.
Nous avons plus de 300 enfants impliqués dans ce programme.
Certains sont diplômés et peuvent servir la communauté.
Au niveau de la santé, j’ai principalement travaillé sur l’eau potable.
Car je suis moi-même né dans le village, et je sais que la condition de l’eau était terrible : pleine de germes, de bactéries, de produits fertilisants pour les champs.
J’ai donc fait mettre un système de purification de l’eau, de façon à ce que chaque maison soit équipée en eau courante purifiée, dans le camp.
Et j’ai moi-même élargi cela au-delà du camp tibétain, de façon à ce que les villages indiens aussi en bénéficient.
Ça a été un avantage au niveau de la santé, mais aussi au niveau économique : une personne de la famille devait toujours aller chercher l’eau.
Maintenant, cette personne peut faire d’autres travaux.
Et les enfants sont en meilleure santé.
Maintenant, nous avons des toilettes, des salles de bains.
Et les tâches ménagères des femmes sont maintenant simplifiées.
Et donc, ils peuvent aussi, derrière la maison, faire pousser des légumes biologiques.
C’est aussi un avantage économique.
On voit que cela interagit à des tas de niveaux.
Et puis, finalement, je voulais aussi intégrer une notion ‘‘d’éco-dharma’’, ce en quoi je crois au niveau écologique : le point de vue bouddhiste de l’écologie.
Ça a commencé au niveau de pratiques traditionnelles.
Par exemple, pour certaines célébrations, on produit de nombreux drapeaux de prières dans chaque famille, et on coupait de jeunes arbres pour faire ces étendards.
Pour participer à ce projet d’éco-dharma en sauvant ces arbres, nous avons fait dds piliers en métal auxquels nous avons pu attacher les drapeaux, ce qui permet de pratiquer de la même façon sans couper d’arbres.
Donc, il y a là un bienfait à la fois environnemental et spirituel.
 
PRÉSENTATRICE :
-Il faut préciser que vous ne travaillez pas que pour les populations de réfugiés tibétains, mais aussi pour les indiens, notamment les jeunes enfants.

GYÉTRUL JIGMÉ RINPOCHÉ
-Oui, bien sûr, j’ai commencé avec les Tibétains parce que c’était alors le plus urgent.
Mais maintenant, je m’occupe aussi des populations indiennes autour.
J’aimerais pouvoir aussi aider à d’autres niveaux, aussi loin que je peux.
Par la suite, je vais travailler de plus en plus avec les villages indiens.
Car il y a de nombreuses régions en Inde où il y a de sérieux problèmes au niveau de l’eau, de la santé.
Si on peut parler de ‘‘mission’’, ma mission centrale, c’est vraiment l’eau : pou moi, l’eau, c’est un cadeau de la vie.
Donc, le plus grand cadeau que je puisse donner aux êtres, c’est l‘eau.
Ça, c’est vraiment central dans ma vie.

PRÉSENTATRICE :
-Vous avez fondé un institut, au Népal, qui s’appelle le Pema Lingpa Institute, consacré à l’étude des textes dharmiques.
Pourquoi ?
 
GYÉTRUL JIGMÉ RINPOCHÉ
-Bien, parce que, tout d’abord, je pense crucial que les textes bouddhistes et les enseignements du Dharma soient traduits correctement.
La tradition historique du bouddhisme est partie d’Inde pour se répandre dans le monde entier, et la traduction a joué un rôle crucial pour transmettre la forme complète du Dharma sans aucune distorsion ni mauvaise interprétation.
Dans le cas du Tibet, à l’époque de Padmasambhava, quand le bouddhisme s’est établi au Tibet, on a commencé par entraîner les traducteurs.
Et ils ont vraiment produit les meilleurs traducteurs.
Et ce que je vois maintenant, en Occident et ailleurs, c’est qu’il y a énormément d’érudits et d’enseignements bouddhistes, alors que le nombre de pratiquants bouddhistes augmente toujours.
Je souhaite pouvoir restituer en langage occidental les textes qui sont encore disponibles dans la tradition tibétaine.
Pour cela, il faut d’abord entraîner les Occidentaux à la langue tibétaine pour pouvoir traduire.
C’est l’objectif de cet institut.
Nous allons avoir des enseignements de 3 à 7 ans, pour les étudiants occidentaux, de façon à ce qu’ils puissent traduire aussi bien à l’oral qu’à l’écrit.
Ils vont pouvoir traduire des textes très importants, depuis la base philosophique jusqu’à la transmission de pratiques.

PRÉSENTATRICE :
-Pour terminer, pouvez-vous nous aire part de vos projets ?
 
GYÉTRUL JIGMÉ RINPOCHÉ
-Mon projet futur, c’est de vivre un peu plus longtemps, de façon à ce que je puisse accomplir mon travail.
Mon souci principal concerne l’eau.
Et cela, je vais continuer d’y travailler.
Je souhaite également pouvoir me rendre en Afrique et établir ce projet là-bas.
Un autre projet est celui de démarrer un programme pour les enfants.
J’ai d’autres projets, en tant que directeur de monastère : éduquer les moines, et tous les aspects traditionnels philosophiques.
L’enseignement philosophique doit continuer.
Je ne veux pas non plus multiplier les plans.
Les bouddhistes croient en l’impermanence.
On ne peut pas planifier l’impermanence, mais elle arrive.
 
PRÉSENTATRICE :
-Merci beaucoup, Rinpoché, d’avoir été avec nous.

GYÉTRUL JIGMÉ RINPOCHÉ
-Thank you.
 
PRÉSENTATRICE :
-Voici quelques livres.

Tout d’abord, de notre invité, ‘‘Le Goût du thé’’, aux éditions Marpa.
Retrouvez les fondements de la sagesse tibétaine enseignée de manière claire et vivante, traitionnelle et moderne.
‘‘16 attitudes pour mieux vivre’’, d’A. Murdoch et D.-L. Oldershaw.
Et enfin, ‘‘Et si le bouddhisme vous changeait la vie ?’’ de Chagdud Tulkou Rimpoché.

Vous pouvez revoir l’émission sur le site de France 2 pendant une semaine.

Merci à tous de nous avoir suivis.
Excellente journée et très, très belle semaine.
À dimanche.

 

Revoir l’émission : pendant une semaine : http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html

Sur Youtube,  revoir l’émission : http://www.youtube.com/watch?v=_GD0sqlJcGM  (14’43)

 

PLUS SUR GYÉTRUL JIGMÉ RINPOTCHÉ (né le 15 octobre 1968) :
Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gy%C3%A9trul_Jigm%C3%A9_Norbou_Rinpotch%C3%A9    
Sur le site de la Fondation Ripa : http://www.ripaladrang.org/index.php/teachers/gyetrul-jigme
Sur le site de Padma Ling : http://www.padmaling.ch/index.php/lehrer/jigme-rinpoche

Fondation Ripa : http://www.ripaladrang.org/index.php?pid=77&wid=2/
Padma Ling : http://www.padmaling.ch/

Association Padma Ling : http://www.bouddhisme-france.org/adherents/annuaire-des-membres/article/association-padma-ling.html
Site association « Padma Ling Paris » : http://ripa-international.org/fr/pays/france

Centre International Ripa : http://ripa-international.org/ - Le Centre : http://ripa-international.org/fr/cir
Fondation Landguet Ried : http://www.landguet.ch

 

PLUS SUR LA LIGNÉE RIPA :
Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lign%C3%A9e_Ripa

 
LES LIVRES :

‘‘Le Goût du thé’’, aux éditions Marpa : 19,77 € en 2013 à la librairie Kalachakra
 http://librairie-kalachakra.com/product_info.php?manufacturers_id=33&products_id=504&osCsid=28ad3d9265dadbcb0d46db4a855d4ebe

‘‘16 attitudes pour mieux vivre’’, d’A. Murdoch et D.-L. Oldershaw : 14,16 € en 2013 chez Amazon  
http://www.amazon.fr/16-attitudes-pour-mieux-vivre/dp/2911582764/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1381059847&sr=8-1&keywords=16+attitudes+pour+mieux+vivre
 
‘‘Et si le bouddhisme vous changeait la vie ?’’ de Chagdud Tulkou Rimpoché : 19 € en 2013 chez Amazon
http://www.amazon.fr/Et-bouddhisme-vous-changeait-vie/dp/2905998938

 

FACEBOOK :
Cette transcription est présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses Bouddhistes" :
https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3


REMARQUE :
Le site "Télé Scoop" présente aussi une transcription de cette émission au lien :
http://telescoop.tv/browse/343028/sagesses-bouddhistes.html

Définitions des mots "Impermanence" - "Interconnectés" - "Dharma" - "Interconnexion" :
http://telescoop.tv/343028/sagesses-bouddhistes.html

 

REVOIR L'ÉMISSION TV sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=_GD0sqlJcGM (14'43)

 

 

 

 

 

" Le Mönlam ou le grand festival des souhaits dans le bouddhisme tibétain "
avec Thierry Lamouroux

Dimanche 29 septembre 2013 - France 2 à 8h30 SAGESSES BOUDDHISTES

" Le Mönlam ou le grand festival des souhaits dans le bouddhisme tibétain " (14'43)

Photo

 


RÉSUMÉ :

Le Mönlam, une cérémonie spécifique au bouddhisme tibétain, a lieu une fois par an.
Plus communément appelée « grand festival des souhaits » dans le sens des vœux adressés à tous les êtres, elle peut durer plusieurs jours et nuits d'affilée et réunit en un même lieu un très grand nombre de moines, nonnes et fidèles.

 

Invité : Thierry Lamouroux
Présenté par Sandrine Colombo.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

Le Mönlam ou le grand festival des souhaits dans le bouddhisme tibétain (14’43)

PRÉSENTATRICE :
-Bonjour, bienvenue dans notre émission.
Nous nous intéressons à un événement propre au bouddhisme tibétain : le Mönlam.
Dans ce grand rassemblement annuel, maîtres et pratiquants s’engagent dans des souhaits.
Le Mönlam est l’expression d’une détermination profonde à agir, que l’on prend devant la communauté.
Ce ‘‘grand estival des souhaits’’ est né il y a quelque 700 ans au Tibet, il se perpétue en Inde, et s’exporte dans les diasporas exilées en Asie, mais aussi en Europe et en France.
 Thierry Lamouroux, bonjour.
Vous êtes traducteur de maîtres tibétains depuis plus de 30 ans, dans les centres de tradition Ken particulier dans les centres de tradition karma Kagyupa.
Vous êtes aussi impliqué dans plusieurs projets de traduction écrite.
Vous avez participé à un Mönlam au printemps 2012 en Inde, à Bodgaya.
Nous allons revenir sur cette expérience, qui doit être forte, mais auparavant, tentons de déterminer ce qu’est le Mönlam.
La définition, en tibétain, pourrait se traduire par ‘‘souhait’’.

THIERRY LAMOUROUX  
-Le terme de ‘‘Mönlam’’ se traduit, dans la plupart des situations comme étant un souhait, un souhait qui peut aller du plus simple jusqu’au plus large, qui peut commencer par toucher le monde dans sa totalité, c’est-à-dire lui souhaiter une vertu et un bonheur le plus conséquent qui soit, qui peut se préciser, si c’est un souhait bouddhiste, dans le sens d’un épanouissement de la doctrine proposée par le Bouddha il y a plusieurs millénaires, et ça peut encore plus se préciser en fonction de ceux qui organisent ces grands festivals de souhaits, se préciser en fonction de l’épanouissement d’une lignée particulière de transmission des enseignements du Bouddha, et puis on peut aller jusqu’à des souhaits qui ne touchent plus seulement les strates spirituelles d’une culture, mais les strates plus ordinaires de la vie de tous les jours, pour que cette sérénité vienne toucher et se développer dans toutes les strates de la population.

PRÉSENTATRICE :
-Ça s’apparente à une prière ?

THIERRY LAMOUROUX  
-Alors là, on touche vraiment à l’essentiel de la question.
Est-ce que ce sont des prières ?
A mon avis, il ne s’agit pas de prières, pour des questions qui sont en fait très simples et très logiques.
Le bouddhisme est une science de l’intérieur.
D’ailleurs la façon dont on appelle un bouddhiste dans la langue tibétaine, ‘‘nangpa’’, désigne quelqu’un qui travaille sur l’intérieur de soi.
Le bouddhisme, c’est une tradition religieuse, ou spirituelle, qui n’a pas besoin qu’on incorpore à sa pensée un dieu créateur qui lui serait extérieur, vers lequel on pourrait se tourner pour lui adresser des prières, une volonté de voir que certains événements se produisent, et obtenir de lui, donc, l’exaucement de ces souhaits et de ces prières, en escomptant, en fait, que ces vœux, ces souhaits exaucés, produisent un bonheur dans notre propre vie.
Ça, c’est le principe même, même s’il est brossé à gros traits, d’un monothéisme.
Le bouddhisme n’est pas un monothéisme.
Il se veut une science de l’intérieur, qui doit apporter des fruits.
Utiliser un tel moyen de prière n’apporterait aucun fruit, car dans le bouddhisme, il n’y a pas de dieu extérieur, de créateur qui exaucerait les souhaits, et si tant est que ces souhaits étaient exaucés, les bonheurs qui en découleraient ne sont pas considérés comme de véritables bonheurs.
Ce sont des bonheurs fugaces, et finalement irréels, touchés par l’impermanence.
Donc, pour toutes ces raisons de fond, on ne peut pas considérer que ces souhaits sont de l’ordre de la prière.

PRÉSENTATRICE :
-Comment ça se passe ?
C’est un souhait que l’on fait devant autrui, devant une assemblée, à voix haute.

THIERRY LAMOUROUX  
-Le bouddhiste se veut déterminé à ce que certains événements se produisent.
S’il appartient aux voies du Theravada, au travers des souhaits qu’il formule, il va être déterminé à faire de lui une personne excellente.
Si le pratiquant appartient aux voies du Mahayana, qui prône non pas une quête d’un Éveil qui serait individuel, mais plutôt un Éveil partagé par le monde dans sa totalité, alors les engagements qu’il prend, les souhaits qu’il formule, définissent une détermination à œuvrer au bien de l’humanité, et au-delà de l’humanité, de toute forme de vie.
On a même les souhaits qui sont propres aux voies du Vajrayana, que l’on expose également en public, qui sont de l’ordre d’un lien sacré : on expose devant tout le monde la détermination qui est la nôtre de voir le monde sous sa forme pure.
Donc tous ces souhaits déterminent, en l’individu même, un engagement à être bien soi-même, à être bien dans la communauté, et à avoir du monde une appréciation qui soit celle des vues pures, et ceci, on le dit devant tout le monde.

PRÉSENTATRICE :
-C’est une oralité qui ressemble à un rituel.

THIERRY LAMOUROUX  
-Alors ce sont des récitations…

PRÉSENTATRICE :
-Chantées ?

THIERRY LAMOUROUX  
-Elles peuvent être chantées, car l’expression écrite de ces souhaits en langue tibétaine provient des grands maîtres, qui étaient tous des grands artistes de la plume, et qui ont versifiés leurs textes.
Cette versification aide au chant.
Mais lorsque ces textes sont traduits dans d’autres langues, on pers un peu la versification, et dans ce cas de figure, ces souhaits sont plutôt récités.

PRÉSENTATRICE :
-Donnez-nous des exemples de souhait.

THIERRY LAMOUROUX  
-Les souhaits qui sont très appréciés dans le monde tibétain sont les souhaits de longue vie pour les maîtres.
Ce sont les maîtres contemporains, les êtres que l’on peut côtoyer.
On va donc leur souhaiter une vie durable.
Mais ce n’est pas comme un souhait qu’on exprimerait à l’adresse d’un ami, d’un proche.
Là, on est déterminé à faire en sorte que le maître puisse jouir d’une vie la plus durable qui soit.
Comment faire, alors ?
Tout simplement grâce à la pratique.
Le maître lui-même nous apprend que par la pratique, par l’expérimentation des instructions qu’il transmet à son disciple, il aura une vie longue et durable.
Donc souhaiter que le dalaï-lama ait une vie longue et durable, c’est être déterminé à faire en sorte qu’au quotidien, nous soyons des vrais pratiquants.
C’est par notre pratique que le dalaï-lama, comme d’autres maîtres, pourra jouir d’une existence la plus durable qui soit.

PRÉSENTATRICE :
-Revenons aux origines du Mönlam.
C’est né au Tibet au 15ème siècle.

THIERRY LAMOUROUX  
-C’est né au début du 15ème siècle, et celui qui l’a instauré comme pratique presque institutionnelle à la capitale, Lhassa, c’est le grand maître Tsongkhapa.
Appelé parfois ‘‘le Réformateur’’, ce grand maître a institué en début d’année, à Lhassa, ces cérémonies, ce festival de souhaits, auquel était associés, en fait, d’autres événements, les grands examens monastiques et autres.
Ça s’est produit au 15ème siècle à Lhassa, et puis ensuite, toutes les autres écoles, elles aussi, voyant ces festivals se mettre en place, ont créé leur propre festival, les lignées Kagyupa, Sakapa, Nyingmapa, etc.

PRÉSENTATRICE :  
-Jusqu’à Bodhgaya, en 1983.

THIERRY LAMOUROUX  
-Effectivement, l’histoire a déplacé quelque peu l’organisation de ces Mönlams.
Ils se sont retrouvés dans l’exil indien, tout d’abord.
Ils ont été mis en place par des maîtres d’exception à cette époque-là, et c’est le grand maître Kalou Rinpoché, en fait, Rangdjoung Kunkhyap Kalou Rinpoché qui, en 1983, exhorté quelque peu par le 16ème Karmapa, a recommencé cette tradition du Mönlam.
C’était un Kagyu Mönlam : le maître était de tradition Kagyupa.
Donc il a commencé, à partir de 1983, à réunir des maîtres, des communautés monastiques.
L’événement, à l’époque, n’était pas très large, mais d’année en année, il a pris de l’ampleur, toujours au lieu saint de Bodhgaya, le lieu d’éveil du Bouddha, donc un lieu très fort, très marqué.
Il a recommencé cette tradition.

PRÉSENTATRICE :
-Vous avez pu assister à un Mönlam à Bodghaya.
Racontez-nous.

THIERRY LAMOUROUX  
-C’était au printemps 2012.
 Le Mönlam lui-même dure une dizaine de jours.
Il est accompagné par d’autres événements, donc ça s’écoule sur près de deux mois.
Il y a des examens monastiques, des danses rituelles…
Tous les matins, très tôt, avant le lever du jour, il y a des vœux qui sont pris.
On les appelle ‘‘vœux de libération personnelle’’, ils interdisent par exemple de manger après midi.
Et puis ensuite, il y a tout un calendrier avec des horaires : à tel moment, on va réciter tel souhait.
Des milliers de moines sont présents, venant des quatre coins du monde.

PRÉSENTATRICE :
-Comment se sent-on dans ce groupe ?

THIERRY LAMOUROUX  
-On se sent bien, parce qu’en fait, ça nous permet de rencontrer d’autres communautés, auxquelles on n’est pas habitué à se frotter.
On est avec les communautés asiatiques, avec d’autres communautés européennes.
Il y a toute une série de traducteurs, qui sont là pour traduire les interventions d’enseignement et autres, et qui récitent aussi les textes dans les langues de chacune des communautés.
Chacun récite dans sa propre langue.

PRÉSENTATRICE :
-La France aussi va organiser un Mönlam, l’anné prochaine.

THIERRY LAMOUROUX  
-En 2014, durant la Pâque 2014, un grand Mönlam Kagyu va se tenir dans le site prestigieux de la grande pagode de Vincennes.

PRÉSENTATRICE :
-C’est sur ceci que nous allons nous quitter.
 Pour poursuivre sur ce thème, voici quelques indications de lecture.

‘‘Dje Tsongkhapa, rencontre avec un maître remarquable’’, par Françoise Wang-Toutain.
L’ouvrage présente le cheminement spirituel de la lignée Gelugpa, qui fut à l’origine du Mönlam Chenmo.

‘‘La Voie du Bouddha’’ par Kalou Rinpoché, un ouvrage de référence sur la pratique du bouddhisme tibétain, enseignée par l’un des grands maîtres du 20ème siècle.

Et enfin, ‘‘Instants sacrés, conseils de sagesse pour tous’’, des textes du dalaï-lama, comme des réponses à chaque type de souffrance que nous pouvons subir.

Vous pouvez revoir cette émission toute la semaine sur Internet.

Merci de nous avoir suivis.
On se retrouve dimanche prochain.

 

Revoir l’émission : pendant une semaine : http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html

Sur Youtube,  revoir l’émission au lien :  
http://www.youtube.com/watch?v=sEpE2w6Kdpg&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g  (14’43)


FACEBOOK :
Cette transcription est présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses Bouddhistes" :
https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3


REMARQUE :
Le site "Télé Scoop" présente aussi une transcription de cette émission au lien :
http://telescoop.tv/browse/338953/sagesses-bouddhistes.html

Définitions des mots "Impermanence" - "Versifié" :
http://telescoop.tv/338953/sagesses-bouddhistes.html

 

REVOIR L'ÉMISSION TV sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=sEpE2w6Kdpg&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g (14'43)

 

 

 

 

" L'importance du dialogue interreligieux "
avec Éric Vinson

Dimanche 22 septembre 2013 - France 2 à 8h30 SAGESSES BOUDDHISTES

" L'importance du dialogue interreligieux " (14'42)

Photo


RÉSUMÉ :

Les échanges interreligieux sont plus que jamais indispensables dans la société.
Ils enrichissent  les connaissances réciproques de chacune des religions et devraient ouvrir sur une compréhension et une tolérance nécessaires à la paix entre les peuples.

Invité : Éric Vinson
Présenté par Aurélie Godefroy.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

L'importance du dialogue interreligieux (14’42)

PRÉSENTATRICE :
-Bonjour à tous.
C’est avec joie que nous vous retrouvons sur le plateau de ‘‘Sagesses bouddhistes’’, pour une émission consacrée à un thème incontournable : le dialogue interreligieux.
Cet échange entre les religions, et entre les cultures qu’elles ont engendrées et nourrissent encore, n’est pas une utopie, mais une nécessité.
Qu’en est-il au niveau mondial, en France ?
Pourquoi ce dialogue est-il important ?
Quelle place y occupe le bouddhisme ?
Nous rejoignons, pour en parler, Éric Vinson.
Éric Vinson, bonjour.

ÉRIC VINSON
-Bonjour.

PRÉSENTATRICE :
-Merci d’être avec nous.
Vous êtes enseignant, chercheur et journaliste spécialisé sur les religions.
Vous êtes né d’une mère catholique et d’un père bouddhiste dans la tradition tibétaine.
Vous vous intéressez aux relations entre christianisme et bouddhisme.
Peut-on dire que c’est cette double appartenance qui vous a fait vous engager dans ce dialogue interreligieux ?

ÉRIC VINSON
-Oui. Sans doute.
Le dialogue interreligieux me traverse personnellement.
J’ai grandi dedans, à travers cette famille à double appartenance.
Depuis, j’ai un très vif intérêt personnel et intellectuel pour ce sujet, qui est renforcé par l’urgence de cette question de l’interreligieux dans notre société.

PRÉSENTATRICE :
-Que faites-vous, concrètement ?

ÉRIC VINSON
-J’appartiens à un groupe de recherches sur le bouddhisme contemporain, ‘‘GRBC’’ qui rassemble des chercheurs chrétiens ou bouddhistes pour dialoguer autour du bouddhisme et du religieux, dans la société actuelle.
J’appartiens aussi au groupe ‘‘Dialogue et conversion’’ où le dialogue est central.
Par ailleurs, je donne des cours sur le bouddhisme à des cadres religieux et notamment à de futurs imams.
Là aussi, le dialogue interreligieux est passionnant.

PRÉSENTATRICE :
-Une grande transversalité.
Quelles sont les étapes qui ont marqué le dialogue interreligieux ?

ÉRIC VINSON
-Alors, en fait, en général, on marque le début de ce mouvement en 1893, au parlement des religions de Chicago, aux États-Unis.
Une autre étape a été le ‘‘Concile Vatican II’’ pour les catholiques.
Ça marque vraiment une inflexion de la doctrine catholique dans la direction du dialogue.
A partir de ce changement de l’Eglise catholique, on a eu le moment fondateur de la rencontre d’Assise de 1986 où 150 représentants religieux des plus grandes traditions du monde se sont regroupés autour de Jean-Paul II.
Ce rendez-vous d’Assise a été réitéré 3 fois depuis.
Chaque fois avec un écho plus grand.
C’est vraiment quelque chose d’important.

PRÉSENTATRICE :
-Les bouddhistes y étaient ?

ÉRIC VINSON
-Oui, à chaque fois.
Le dalaï-lama y était notamment en 1986, et les autres traditions bouddhistes également.

PRÉSENTATRICE :
-Et alors, qu’en est-il en France ?

ÉRIC VINSON
-En France, on a un tissu local d’associations interreligieuses très importantes mais peu visibles.
Peut-être parce que le religieux, dans notre pays, a peu de moyens.
Compte-tenu de la culture française et des règles de laïcité, les gens qui investissent dans cette direction ont peu de moyens économiques.
Mais il y a tout un tissu d’initiatives très importantes, car elles permettent aux communautés de se rencontrer.

PRÉSENTATRICE :
-Avez-vous le sentiment qu’on est en retard par rapport aux pays anglo-saxons ?

ÉRIC VINSON
-Je pense qu’on n’est pas en avance, par absence de grandes associations puissantes.
Il y a des associations mondiales comme la ‘‘Conférence des religions pour la paix’’ qui ont des sections en France, mais on n’a pas de grandes fondations qui investissent dans ce domaine comme dans les pays anglo-saxons ou même dans les Emirats, aujourd’hui.
Le Qatar a un centre interreligieux important.
Il y a d’autres exemples.
Des pays qui reconnaissent l’importance essentielle de ce dialogue, aujourd’hui, et la France est peut-être un peu en arrière.

PRÉSENTATRICE :  
-Revenons à l’essence de ce dialogue interreligieux.
Pourquoi est-il essentiel, tant au niveau culturel, spirituel que sociétal ?

ÉRIC VINSON
-Eh bien, d’abord parce que le monde, aujourd’hui, est globalisé.
La mondialisation est un mouvement de fond qui ne s’arrêtera pas.
Et donc, les différentes religions, les différents fidèles se rencontrent au quotidien.
Dans la rue, on croise des gens de toutes origines et religions.
Au sein même des familles, j’en suis un exemple, avec 2 parents de traditions différentes.
Donc, aujourd’hui, l’interreligieux est partout.
C’est une nécessité de ne pas le vivre passivement, mais d’en faire une richesse et de le déployer dans toutes ses dimensions, parce que la diversité culturelle et religieuse peut être lourde de malentendus, voire de problèmes d’un ‘‘vivre ensemble’’ qui devient compliqué.
De ce point de vue, le dialogue interreligieux est une nécessité pour maintenir l’harmonie entre les différentes cultures.

PRÉSENTATRICE :
-Vous avez le sentiment qu’il y a une évolution des mentalités, vis-à-vis de ça ?

ÉRIC VINSON
-Je pense que la multiplication des initiatives locales, même si elles sont modestes, montre une prise de conscience de l’importance de ce dialogue.
Et puis, malgré tout, il y a des évolutions qu’on peut remarquer à travers les cérémonies organisées en cas de catastrophes naturelles ou à un moment de grande émotion collective.
Naturellement, on va rassembler les différents cultes.
Ça montre l’évidence de l’interreligieux.
Les mentalités ont changé aussi dans le fait qu’il y a 50 ou 60 ans, quand on demandait aux personnes : « Votre religion est-elle la seule vraie ? ».
Majoritairement, ils répondaient « oui ».
Aujourd’hui, c’est une toute petite minorité.
Il y a une ouverture progressive au pluralisme religieux, qui rend le dialogue interreligieux invitable.

PRÉSENTATRICE :
-Quels sont, selon vous, les bons ressorts de ce dialogue ?

ÉRIC VINSON
-Des gens de différentes religions qui se rencontrent.
C’est l’épicier musulman qui va rencontrer une personne catholique ou athée, parce que c’est surtout de l’‘‘inter-convictionnel’’.
Ou un juif, un bouddhiste…
Dialogue de vie.
Après, on a le dialogue des œuvres.
Par exemple, mener une action humanitaire avec des personnes de différentes religions, comme collecter le sang.
Ensuite, on a le dialogue théologique, qui intéresse plutôt des spécialistes qui connaissent les doctrines religieuses et qui vont échanger autour d’elles.
Et enfin, on a le dialogue spirituel qui s’attache aux questions existentielles, métaphysiques et à ce que les gens vivent dans leur spiritualité.
Déjà, vous voyez, ces différents niveaux qui sont reliés, interdépendants, montrent l’ampleur du sujet, en fait, et comment il peut se déployer.
Sinon, dans le dialogue, lui-même, je dirais qu’il y a la nécessité d’avoir une attention au commun, à ce qui rapproche les religions, et aussi à ce qui les distinguent, ‘‘les spécifiques’’.

PRÉSENTATRICE :
-Donc, admettre qu’il y a des choses qu’on ne peut pas concevoir de la même façon.

ÉRIC VINSON
-Voilà. Un danger de l’interreligieux serait de tout mélanger, de noyer les traditions dans un grand fourre-tout un peu insipide.
Alors que l’intérêt même de la rencontre, c’est la différence, c’est de s’ouvrir à l’autre dans sa spécificité, parce que c’est ça qui enrichit et fait bouger.
Et idéalement, dans une réciprocité.
La réciprocité est quelque chose qu’on peut espérer dans cette ouverture, mais elle n’est pas forcément indispensable.
Dans le sens où on peut aussi faire le premier pas.
On peut tendre la main à l’autre.
Si l’autre le fait aussi, tant mieux, mais au moins, on aura fait notre part du chemin.

PRÉSENTATRICE :
-La question du regard sur l’autre est très importante.

ÉRIC VINSON
-Fondamentale.
Je dirais que c’est vraiment un enrichissement humain et spirituel.
Il y a vraiment une dimension sociétale, presque politique.
Et il y a aussi une dimension spirituelle et religieuse dans le sens où le dialogue nous permet d’échanger sur le mystère que nous contemplons tous.
Le mystère de l’homme, de la vie, du divin, peu importe comment on le désigne.
Là, on a besoin des autres.
On a besoin d’avoir la vision spécifique de chaque tradition.

PRÉSENTATRICE :
-Quelle est la place du bouddhisme dans ce dialogue ?

ÉRIC VINSON
-Les bouddhistes ont une place naturelle comme toutes les autres traditions, sachant que leur spécificité, c’est d’être une tradition non-théiste, ce qui la différencie, en tout cas, des trois monothéismes.
Et même, à certains égards, de l’hindouisme.
De ce point de vue, il y a vraiment une voie singulière du bouddhisme.
Et puis, aussi… Je dirais peut-être la grande expérience des bouddhistes en matière de sciences de l’esprit, de méthodes d’intériorité.

PRÉSENTATRICE :
-De méditation ?

ÉRIC VINSON
-De méditation, qui, là aussi, peut vraiment intéresser les autres traditions, notamment, les monothéismes qui ont moins mis l’accent sur ces méthodes, ces derniers siècles, et ont à recevoir du bouddhisme.

PRÉSENTATRICE :
-C’est une forme d’‘‘inter-fécondation’’, en fait.
En préparant l’émission, vous m’avez donné un exemple frappant.
Les bouddhistes ont aussi pris exemples sur les missionnaires chrétiens qui, en Inde, faisaient des distributions.

ÉRIC VINSON
-En effet, quand on s’intéresse au bouddhisme engagé, cette nouvelle forme de bouddhisme, présent dans la cité par des actions humanitaires de toutes sortes.
On raconte que cette forme de bouddhisme moderne pourrait s’expliquer par l’exemple de la présence notamment des Chrétiens, dans les pays orientaux, dans les pays bouddhistes majoritairement, où les gens du pays ont vu l’arrivée de ces nouveaux venus qui se traduisait par la construction d’hôpitaux, alors que les traditions locales n’avaient pas estimé nécessaire d’aller dans cette direction-là.
Donc, on pourrait penser qu’il y a vraiment un échange.
On bénéficie des points forts des autres et on les aide, peut-être, à développer leur potentiel ou parfois, à corriger certaines choses.
Chaque tradition a ses défauts, ses faiblesses.
Donc, le dialogue est l’occasion d’échanger le meilleur.

PRÉSENTATRICE :
-Cet échange est incarné par des personnalités comme Kalou Rinpoché, un des premiers maîtres tibétains à venir en France, vers 1970, et qui a rendu visite aux autorités religieuses des autres traditions.
Comment ça s’est passé ?
C’est original.

ÉRIC VINSON
-En fait, Kalou Rinpoché qui a eu ce rôle si important dans la diffusion du bouddhisme en occident a tenu, à son premier voyage, à aller à Jérusalem en tant que foyer des monothéismes et aussi à rencontrer le pape Paul VI, à Rome.
Et donc, on voit aussi ce respect de la part de ce grand maître à l’égard des traditions majoritaires du pays, et Kalou Rinpoché insistait beaucoup sur la valeur des autres traditions dans leur capacité, au moins, à favoriser une bonne renaissance et même à faire progresser les êtres dans la direction de l’éveil.
Donc, c’est un exemple de ce point de vue, et la plupart des lamas, des disciples de Kalou Rinpoché, ont cette sensibilité-là.
Ils ont souvent développé des activités interreligieuses, ensuite.

PRÉSENTATRICE :
-Sa Sainteté le dalaï-lama a insisté sur l’importance de continuer.

ÉRIC VINSON
-Bien sûr, le dalaï-lama a toujours été très investi dans les activités de dialogue, on parlait d’Assise, mais aussi au-delà même de l’interreligieux, l’‘‘inter-convictionnel’’.
Puisque le dalaï-lama discute avec les scientifiques, avec les athées, avec tous.
Il incarne ces valeurs d’ouverture, de respect mutuel, aux yeux du monde entier.

PRÉSENTATRICE :
-Rapidement, j’aimerais vous poser une question personnelle.
Vous êtes enseignant, confronté aux jeunes générations.
Les sentez-vous réceptives à ce dialogue interreligieux et à l’urgence de l’enclencher ?

ÉRIC VINSON
-Oui. Et je remarque cette soif de voir comment les autres perçoivent les choses, et la fécondité que ça a, en terme de croissance personnelle.
Le fait de se mettre à la place des autres, de changer de point de vue, et puis je prendrai l’exemple des cadres musulmans qui ont un très grand intérêt par le fait qu’on les introduise à la vision, par exemple, hindous ou bouddhistes, comme j’ai pu le faire dans ces cours.
Et de faire aussi du comparatisme, de repérer ce qui est commun, ou proche en tout cas, et puis de repérer les spécificités et différences, mais qui sont autant de richesses et qui sont vraiment, en fait, notre trésor.
Le trésor de chacun, qu’on a à partager dans le dialogue.

PRÉSENTATRICE :
-Je vous remercie, Eric Vinson.
Si vous souhaitez poursuivre cette réflexion, voici quelques ouvrages.
‘‘Religions en dialogue » », chez Albin Michel.
‘‘Le grand Larousse des religions’’, un ouvrage très utile pour mieux comprendre les différentes religions du monde.
‘‘Sur la route spirituelle’’, aux Éditions du Relié. Une réflexion sur la voie du spirituel.
Vous pouvez revoir cette émission sur pluzz.fr, rubrique France 2.
Merci de votre fidélité.
Nous avons été heureux de partager ce moment avec vous.
Très, très belle semaine.

 

Revoir l’émission : pendant une semaine : http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html

Sur Youtube,  revoir l’émission : http://www.youtube.com/watch?v=9KJJxxxyF-E 

 

Remarque : cette transcription est aussi présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses Bouddhistes" :https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3

au lien : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10151888168109932&set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=1&theater

 

PLUS SUR ÉRIC VINSON :
Éric Vinson, Politologue des religions : http://www.lamaisondessagesses.fr/ et son co-fondateur : http://www.lamaisondessagesses.fr/pages/SON_COFONDATEUR-8093957.html

Eric Vinson, Politologue des religions
Je cherche à comprendre et à expliquer les questions d'éthique et de sens (en général), et les faits religieux et laïques (en particulier), qui marquent notre époque de mutation. Analyser les enjeux de civilisation qui la travaillent et restituer ces derniers au plus grand nombre, telle est ma vocation de journaliste mais aussi d'enseignant-chercheur, de formateur et de consultant. 
Après avoir assisté "l'aumônier des hommes politiques" (SPEP, 1998-2001) et d'autres collaborations (missions auprès du Ministère de la Défense, d'une association de lutte contre le chômage et de la MIVILUDES - lutte contre les dérives sectaires, Services du Premier Ministre), j'ai coordonné en 2001-03 l'opération "fait religieux à l'école" pour La Vie : suivi rédactionnel, enquêtes d'opinion, communication et organisation d'événements.
J'ai ensuite intégré les rédactions du Monde des Religions et de Prier, avant de devenir rédacteur en chef de ce titre (2006-2009 ; création de voyages, de formations, des "24 heures de prière -inter-religieuse- pour la Terre"). 
J'ai également lancé de nouveaux supports,  comme les Hors-Série du Point"Les Textes fondamentaux...", dont j'ai mené à bien "les trois monothéismes" (nov. 04),  "l'ésotérisme" (fév. 05), "les religions orientales" (janv. 06), "la franc-maçonnerie" (2009) et partiellement "la mystique" (2012).
Depuis 2010, je suis doctorant en théorie politique à Sciences Po (CEVIPOF) sur le rapport spiritualité/politique chez Jaurès, Maritain et Lanza del Vasto. 
Militant pour une meilleure prise en compte du fait religieux et laïc dans l'enseignement tant public que privé, je collabore avec l'Association pour le Développement de l'Institut Européen en Sciences des Religions (I.E.S.R., E.P.H.E.-Ve section) et la Mission « Enseignement & Religions » de l'Enseignement Catholique.
Je suis enfin membre du Conseil d'administration de l'Institut d'Etudes Bouddhiques (IEB, ex Université Bouddhique Européenne, UBE), où j'ai assuré en 2012 un séminaire sur la « double-appartenance chrétien-bouddhiste ».
Je transmets
- à Sciences-Po, où j'ai créé en 2006 avec Mireille Estivalèzes le module "Religions et Sociétés" (130 étudiants du monde entier).
- à l'Institut de Formation à l’Etude et à l’Enseignement des Religions (IFER, Dijon), que je dirige (septembre 2012).
- à l'Institut Catholique de Paris, où je suis Assistant-doctorant (Faculté d'Education) et où j'appartiens au Groupe de Recherche sur le Bouddhisme Contemporain (G.R.B.C.) et au programme "Dialogue et Conversion" (le tout à l'I.S.T.R.). Enseignant le fait religieux, j'introduis des étudiants à la spiritualité (Master Métiers du Politique) et les "futurs imams" aux religions orientales (Diplôme Universitaire Religions, laïcité, interculturalité).
- dans l'espace public : conférences et colloques ; interventions sur France 2, Arte, RFI, RMC, France Culture, Radio Classique, Direct 8, LCP Public Sénat, RCF...

Mon chemin vers La Maison Des Sagesses 
Pas de démocratie authentique et vivante sans que ses citoyens puissent se nourrir et grandir sur le plan intellectuel, éthique et spirituel. Ne serait-ce que pour tenir collectivement leur rôle de souverain, en garantissant la qualité du dialogue, de l'action juste partagée et du vivre ensemble dans la recherche du bonheur intime et du bien commun. 
Or cette croissance personnelle des citoyens est aujourd'hui entravée par de nombreux obstacles -matériels, pratiques, économiques, culturels, symboliques...- dont le plus évident est la difficulté d'accéder aux ressources de sens rassemblées au cours des siècles par les différentes cultures et traditions. Une difficulté qui frappe d'abord les citoyens issus des milieux modestes et défavorisés, dont l'accès à la culture en général est problématique.

Une difficulté qui frappe aussi tous les citoyens, dans la mesure où la vie quotidienne actuelle ne laisse quasiment pas de place aux enjeux existentiels, philosophiques et spirituels qui font la condition humaine. Et ce a fortiori en France, où une stricte séparation de la sphère publique et de la sphère privée laisse à l'abandon l'espace -insaisissable mais essentiel- qui les réunit. Cet espace qui est celui du sens et de l'éthique, à la jonction de l'individuel et du collectif. Cet espace qui est celui où se déploie une  vie humaine pleinement réussie ; là où se joue l'art de la vie : la sagesse.

C'est pour habiter cet espace déterminant -hélas si peu investi aujourd'hui- que des citoyens veulent créer La Maison des Sagesses (LMDS). Soit une structure associative pérenne d'éducation populaire, laïque, pluraliste, à même d'offrir à chacun une information accessible (mais scientifiquement fondée) sur les différentes propositions de sens composant le patrimoine spirituel de l'humanité. 

Ambitieux et innovant, un tel projet vient combler un vide dommageable et ouvrir des voies nouvelles pour notre République, à l'heure où bien des maux la menacent (inculture, incivisme, crispations identitaires, marchandisation, crise du lien social et du sens, souffrances existentielles et matérielles...).
   
eric.vinson@lamaisondessagesses.fr
http://www.croire.com/Themes/Mots-de-la-foi/Theologie/Eric-Vinson-Vers-une-laicite-d-intelligence.
Merci de votre attention !

 

« L’avenir ne nous apporte rien, ne nous donne rien, c’est nous qui, pour le construire, devons tout lui donner, lui donner notre vie elle-même. »   Simone Weil  (1909-1943), philosophe française.
http://www.franceculture.fr/emission-les-racines-du-ciel-spiritualite-et-politique-avec-eric-vinson-2011-02-08.html.
http://www.croire.com/Themes/Mots-de-la-foi/Bouddhisme/Eric-Vinson-Gestes-et-appartenance
http://ens-religions.formiris.org/userfiles/files/er_1118_1.pdf
http://www.dailymotion.com/video/x9gh4q_le-bouddhisme-est-t-il-athee_webcam

 

FACEBOOK :
Cette transcription est présentée sur Facebook dans l'album "Sagesses Bouddhistes" :
https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3



REMARQUE :
Le site "Télé Scoop" présente aussi une transcription de cette émission au lien :
http://telescoop.tv/browse/335847/sagesses-bouddhistes.html

Définitions des mots "Pluralisme" - "Interreligieux" :
http://telescoop.tv/335847/sagesses-bouddhistes.html

 

REVOIR L'ÉMISSION TV : http://www.youtube.com/watch?v=9KJJxxxyF-E (14'42)

 

 



 

" Le bouddhisme engagé- 2ème partie "
avec Éric Rommeluère et Emmanuel Ollivier

Dimanche 15 septembre 2013 - France 2 à 8h30 SAGESSES BOUDDHISTES

" Le bouddhisme engagé - 2ème partie " (14'50)

 


RÉSUMÉ :

Sagesses Bouddhistes reçoit Eric Rommeluère et Emmanuel Ollivier, tous deux très impliqués à différents niveaux dans des actions sociales en accord avec leur engagement bouddhiste.

 

Invité : Éric Rommeluère et Emmanuel Ollivier
Présenté par Aurélie Godefroy.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

Le Bouddhisme engagé 2ème partie (14’50)

PRÉSENTATRICE :
-Bonjour, nous sommes heureux de vous retrouver ce dimanche pour la suite de nos émissions consacrées au bouddhisme engagé, un bouddhisme qui se veut au service des autres et du monde.
Nous avons vu la semaine dernière l’histoire de ce mouvement.
Nous allons voir comment celui-ci peut s’actualiser dans notre vie.
Nos invités incarnent une facette de ce bouddhisme engagé.
Ils nous font partager leur expérience.
Jiun Éric Rommeluère, bonjour.

ÉRIC ROMMELUÈRE
-Bonjour.

PRÉSENTATRICE :
-Vous êtes enseignant bouddhiste.
Vous pratiquez le bouddhisme dans la tradition zen depuis 35 ans.
Vous participez au développement d’aumôneries bouddhistes en mileu carcéral.
Bienvenue.

ÉRIC ROMMELUÈRE
-Merci.

PRÉSENTATRICE :
-Emmanuel Ollivier, bonjour.  
Vous pratiquez le bouddhisme depuis 20 ans à la fois dans la tradition zen et vipassana.
Vous avez été moine en Thaïlande.
À votre retour, vous avez dirigé l’Amiral que vous dirigez toujours, un bateau de croisière reconverti en centre de réinsertion sociale pour grands exclus, sous le pont de Neuilly.
Merci d’être avec nous aujourd’hui.
Thich Nhat Hanh dit que le bouddhisme engagé, c’est le mettre en pratique dans notre vie quotidienne.
C’est aussi de cette manière que vous le concevez ?

EMMANUEL OLLIVIER
-Il y a 3 niveaux pour moi de conception du bouddhisme.
Un 1er niveau, c’est une pratique quotidienne, une présence, une relation à l’autre et à l’environnement.
Le 2ème niveau est un niveau de réflexion et de prise de conscience d’une transformation personnelle et sociale de l’environnement.
Le 3ème niveau est un niveau plus éthique et puis d’essayer d’adapter et d’innover au regard de cette pratique et de cette réflexion.

PRÉSENTATRICE :
-Vous êtes d’accord ?

ÉRIC ROMMELUÈRE
-oui.
Le bouddhisme, c’est une pratique de libération.
Pas du tout de se libérer du monde au sens de partir, mais de se libérer d’un certain nombre de fonctionnements, de traits, de comportements.
C’est une pratique de l’instant, une pratique ancrée, qui doit s’exprimer dans toutes les dimensions possibles, et donner une dimension personnelle jusqu’aux dimensions sociales.

PRÉSENTATRICE :
-Emmanuel ollivier, votre engagement se traduit dans le milieu laïc et bouddhiste.
Racontez-nous.

EMMANUEL OLLIVIER
-J’ai eu la chance d’avoir un engagement professionnel auprès des plus démunis.
J’ai ce travail auprès des personnes en situation de grande exclusion sociale, et j’ai aussi fait tout un travail qui continue en Asie du Sud-Est, à travers du commerce équitable, pour permettre à des gens de pouvoir renouer avec un travail à travers leur culture, autour de la soie notamment, en Thaïlande, au Laos et au Cambodge.

PRÉSENTATRICE :
-Vous avez été moine en Thaïlande.
Ce parcours spirituel a été décisif par rapport à votre engagement.

EMMANUEL OLLIVIER
-Oui.
J’ai rencontré la tradition du bouddhisme theravada.
Suite au tsunami, je suis intervenu en Asie du Sud-Est.
Et après ces 18 mois où j’ai pu travailler dans le sud de la Thaïlande, j’ai décidé de prendre un congé pour vivre une vie de moine.
Avec une partie en monastère et une partie aussi de moine errant dans le nord de l’Asie, Thaïlande et Laos, et de vivre notamment dans de grottes et dans la forêt, la tradition des moines.

PRÉSENTATRICE :
-Vous revenez en 2007 et vous décidez de mettre en place un projet de stabilisation pour les grands exclus.
De quoi s’agit-il précisément ?

EMMANUEL OLLIVIER
-En 2007, c’est le moment des Don Quichotte à Paris, et une réflexion au niveau de l’État et au niveau des associations sur ce qu’on propose pour l’accueil des personnes exclues socialement.
L’idée est d’essayer d’accueillir ces personnes, une autre manière de rentrer en contact avec ces personnes et de pouvoir ‘‘coconstruire’’ un parcours d’accompagnement auprès de ces personnes.
L’idée était de réfléchir sur de nouvelles modalités d’intervention et avec l’ouverture d’un établissement qui prend en compte l’autre et le rapport entre soi et l’autre, donc sur une manière différente et expérimentale d’accueillir ces personnes.

PRÉSENTATRICE :
-Éric Rommeluère, faisons connaissance.
Quel a été votre parcours de bouddhiste engagé ?

ÉRIC ROMMELUÈRE
-Depuis très longtemps, peut-être toujours, je m’intéresse à essayer de faire vivre aussi cette pratique dans notre vie.
Pas simplement la mienne, mais dans l’ensemble des espaces, et comment aussi le bouddhisme peut s’exprimer dans notre société.
La dimension du bouddhisme engagé, un bouddhisme novateur, ancré dans la société et qui en même temps se veut traditionnel, m’a toujours intéressé.
Il y a des acteurs importants de ce mouvement, notamment aux États-Unis, Bernard Glassman.
Bernard Glassman est un enseignant zen.
Je ne le connaissais pas.
Et puis en 1997, puis en 1999, j’ai eu l’occasion de pouvoir participer à des retraites, qui, pour moi, étaient impossibles, puisqu’elles se passaient dans le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau, dans l’enceinte même.
C’était tellement surprenant que j’ai voulu y aller.
Ça a été une expérience déterminante de voir aussi des hommes, c’est Bernard Glassman, mais c’est aussi sa communauté et un certain nombre de personnes qui essaient de vivre aussi un bouddhisme qui tienne compte de notre monde contemporain.
C’était cette première expérience aussi de rencontrer des gens engagés.
Bernard Glassman, c’est aussi beaucoup de programmes d’aide sociale qu’il a développés.

PRÉSENTATRICE :
-C’est par exemple la construction de boulangeries pour et par des exclus, des quartiers construits pour eux.

ÉRIC ROMMELUÈRE
-Oui.
Bernard Glassman a reçu un enseignement très traditionnel de la part de son maître, qui était japonais, mais dès qu’il a commencé à enseigner, il a voulu actualiser cette pratique de la compassion.
Ça s’est exprimé, pour lui, par des programmes concrets d’aide aux sans-abri, l’édification ou la construction d’une boulangerie où c’était ses disciples ou des SDF qui faisaient à manger ensemble.
C’était à la fois un lieu d’expérimentation et un lieu où on pouvait approfondir le bouddhisme du monde contemporain.

PRÉSENTATRICE :
-Bernard Glassman vous a aussi inspiré.
C’est un modèle pour vous ?

EMMANUEL OLLIVIER
-Je l’ai rencontré avant de faire une retraite de rue sur Paris et donc faire ce fameux plongeon et perte de repères dans un environnement qu’on ne maîtrise pas, et oui, c’est quelqu’un qui m’a beaucoup apporté et qui a donné une impulsion pour que je puisse aussi prendre cette voie professionnelle d’engagement.

PRÉSENTATRICE :
-Que se passe-t-il aujourd’hui en ce qui concerne le bouddhisme et l’engagement social ?
Éric Rommeluère ?

ÉRIC ROMMELUÈRE
-Il y a différentes facettes.
Le bouddhisme engagé tel qu’il se développe en Europe, par exemple en France, c’est un bouddhisme engagé qui essaie de toujours réintégrer les exclus, réintégrer l’autre, réintégrer toutes les parts obscures de nous-mêmes ou de la société.
Un certain nombre de personnes sont engagées.
Il y a Cathy Blanc qui travaille sur les soins palliatifs.
Michel Dubois, sur l’aide aux plus démunis et aux personnes qui sont dans une grande précarité.

PRÉSENTATRICE :
-Emmanuel Ollivier, vous présidez l’Amiral qui est une structure particulière.
Pouvez-vous nous la présenter ?

EMMANUEL OLLIVIER
-Oui.
Cet établissement est un centre d’hébergement et de réinsertion sociale sur un bateau où résident 50 personnes, des hommes, des femmes, et des couples, avec une équipe de 15 salariés ou de bénévoles.
L’idée, c’est de travailler avec des personnes.
En principe, c’est de la réinsertion sauf qu’on accueille un public qui a un certain nombre d’années de rue et un certain nombre de problématiques.
On prend en considération la personne dans toute sa dimension d’être humain.
On part du principe que toute personne a des compétences et qu’il s’agit de valoriser et de permettre une expression de ses compétences dans un environnement.
Il y a donc un accompagnement au niveau de l’individu et un accompagnement sur un collectif et dans les relations entre les personnes.
C’est un lieu de vie où les personnes en fonction de leurs compétences et de leurs envies, participent à ce lieu de vie, ‘‘coconstruisent’’ un projet sur le long terme.
C’est un travail qui est à la fois un travail professionnel et en même temps un engagement, puisqu’on travaille sur de l’humain et c’est vraiment de pouvoir ensemble, travailler sur des questions qui vont de problématiques administratives ou de santé, jusqu’à des questions existentielles.

PRÉSENTATRICE :
-Éric Rommeluère, dites-nous un mot sur les actions de l’Union Bouddhiste de France en ce qui concerne le domaine social.
Je crois qu’il y a des commissions ?

ÉRIC ROMMELUÈRE
-Oui.
Le paysage du bouddhisme se modifie au cours des années et aujourd’hui, il y a une institutionnalisation du bouddhisme, c’est-à-dire la reconnaissance que les bouddhistes sont collectivement crédibles et aussi qu’ils peuvent apporter et soutenir un certain nombre d’organisations ou de personnes.
L’Union Bouddhiste de France est engagée depuis 2 ans sur des activités qui sont la participation au Conseil de l’Europe, le développement d’aumôneries en milieu hospitalier.
PRÉSENTATRICE :
-Signalons que Daniel Chevassut a été nommé aumônier dans le milieu hospitalier de Marseille.

ÉRIC ROMMELUÈRE
-Oui.
Et aussi un autre aspect, celui sur lequel je me consacre depuis maintenant quelques années, ça fait deux ans, qui est la création et le développement d’aumôneries bouddhistes en milieu carcéral.
Pur moi, c’est très beau.
C’est une façon d’actualiser aussi cette pratique d’une manière nouvelle, originale.
Il y a deux ans, je n’aurais pas pensé m’investir, m’engager dans ce domaine.
Et nous apportons vraiment des choses aujourd’hui.
Il y a des aumôniers qui sont agréés par l’administration pénitentiaire.

PRÉSENTATRICE :
-Pour conclure, Emmanuel Ollivier, est-ce qu’on peut imaginer que l’activité bouddhiste doit inclure notre implication dans le monde, avec peut-être un travail sur l’ego à faire ?

EMMANUEL OLLIVIER
-Je pense qu’on ne peut pas s’en passer.
Et dans une démarche spirituelle, le lien avec l’environnement, l’environnement au sens large, il y a l’environnement à l’individu mais il y a l’environnement aussi, notre rapport par rapport aux sociétés.
C’est la question de David Lloyd, est-ce qu’une entreprise n’a pas aussi un ego ?
C’est des questions qui se posent dans les sanghas.

PRÉSENTATRICE :
-Vous êtes optimistes sur le développement du bouddhisme engagé en France ?

EMMANUEL OLLIVIER
-Oui parce qu’on sent aussi une certaine joie à pratiquer et à s’ouvrir à ce monde et à ces questions.
Et donc la joie amène l’énergie pour y arriver.

PRÉSENTATRICE :
-Éric Rommeluère, un mot ?

ÉRIC ROMMELUÈRE
-Je rencontre beaucoup de bouddhistes ou de pratiquants bouddhistes qui sont actifs aussi dans la société civile et qui ne souhaitent que marier ou unir ces deux aspects dans leur vie.
Et c’est tout le projet aussi d’un bouddhisme engagé qui travaille sur tous ces aspects.
Ça commence de manière concrète aujourd’hui.

PRÉSENTATRICE :
-Vous viendrez nous en parler.
Merci à tous les deux.
Pour terminer, voici des livres que nous vous recommandons.

Éric Rommeluère, au Seuil, ‘‘Le bouddhisme engagé’’ sur lequel nous nous sommes basés pour aire l’émission.
De Bernie Glassman ‘‘L’Art de la paix’’, chez Albin Michel.
Vous y trouverez le parcours de ce moine bouddhiste, ses engagements pour la paix, mais aussi en quoi la pratique du zen a pu l’aider dans ses projets en faveur des démunis et enfin
‘‘Agir zen, une morale vivante’’ de Robert Aitken aux éditions du Relié.

Vous pouvez revoir l’émission sur le site Internet de France 2 en consultant pluzz.fr, rubrique ‘‘France 2’’.
Je vous souhaite une très belle semaine.

 

Revoir l’émission : pendant une semaine : http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html

Sur Youtube,  revoir l’émission : http://www.youtube.com/watch?v=fiaJRk-76xQ&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g (14’50)

 

 

PLUS SUR ÉRIC ROMMELUÈRE :
Un site : http://www.zen-occidental.net/
Un blog : http://zen.viabloga.com/
‘‘L'association UN ZEN OCCIDENTAL est animée par Jiun Éric Rommeluère qui pratique le zen depuis plus de trente ans…’’ 

PLUS SUR LE BATEAU « L’AMIRAL » :
http://www.armeedusalut.fr/etablissements/lamirale-major-georgette-gogibus/presentation.html

PLUS SUR THICH NHAT HANH :
Un site : http://www.thich-nhat-hanh.fr/
Le village des Pruniers : http://villagedespruniers.net/
Sur le site de conscience 33 : http://www.conscience33.fr/bouddhisme_zen_presentation.htm

 

 

Remarque : cette transcription est aussi présentée sur Facebook dans le dossier Sagesses Bouddhistes https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3

au lien :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10151868573829932&set=p.10151868573829932&type=1&theater

 

REVOIR L'ÉMISSION TV : http://www.youtube.com/watch?v=fiaJRk-76xQ&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g (14'50)

 

 

 

 

" Le bouddhisme engagé- 1ère partie "
avec Éric Rommeluère

Dimanche 8 septembre 2013 - France 2 à 8h30 SAGESSES BOUDDHISTES

" Le bouddhisme engagé - 1ère partie "

 


RÉSUMÉ :

Le bouddhisme n'est-il pas dès l'origine un engagement de l'individu envers tous les autres ?
En quoi consiste le bouddhisme dit «engagé» dans le monde contemporain ?
Quelle est la place de cet engagement au sein des sociétés qu'il traverse ?

Invité : Éric Rommeluère
Présenté par Aurélie Godefroy.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

PRÉSENTATRICE :
-Bonjour et bienvenue.
Je suis heureuse de vous accueillir pour la 1ère des 2 émissions, sur un phénomène de plus en plus présent, le bouddhisme engagé, un bouddhisme contemporain, au service des autres et du monde.
En effet, en ces temps de crises, on peut se demander quelle place peut occuper le bouddhisme dans la société d’aujourd’hui.
Qu’est-ce que le bouddhisme engagé, quelle est son histoire, quelles en sont les grandes figures ?
Jiun Éric Rommeluère, bonjour.

ÉRIC ROMMELUÈRE
-Bonjour.

PRÉSENTATRICE :
-Merci d’être avec nous.
Vous êtes enseignant bouddhiste dans la tradition zen, que vous pratiquez depuis 35 ans.
Vous avez notamment créé des aumôneries bouddhistes en milieu carcéral.
Récemment, vous avez écrit ‘‘Le bouddhisme engagé’’, au Seuil.
Rentrons tout de suite dans le sujet : qu’entez-vous par bouddhisme engagé ?

ÉRIC ROMMELUÈRE
-Si on veut aller directement au cœur des choses, je dirais que le bouddhisme engagé est une perspective où la voie de l’Éveil, celle du Bouddha donc, est une voie d’action.
C’est ressentir comme chacune de nos actions, chacune des situations  est une occasion de travail et de pratique, avec ce mouvement qui élargit la perspective, en intégrant la dimension sociale.

PRÉSENTATRICE :
- Il est important de préciser que ce mouvement est contemporain.
Quelle est son histoire ?

ÉRIC ROMMELUÈRE
-On a peut-être l’impression que le bouddhisme engagé est récent, c’est vrai et c’est également faux.
Il est récent, car il s’est développé depuis environ 30 ans.
Le bouddhisme, que ce soit en Orient ou en Occident, devient largement engagé quand il prend la dimension sociale et sa participation à la société civile.
De plus, le terme même de bouddhisme engagé est une expression qui a été créée par un maître bouddhiste contemporain, qui vit en France, Thich Nhat Hanh.
Il l’a créée dans les années 60, dans le contexte de la guerre du Vietnam.
Mais ce bouddhisme engagé prend en compte toutes les dimensions de l’être et es dimensions de souffrance, personnelle ou dans le cadre d’une interrelation, ou plus globalement les problèmes de souffrance sociale ou collective.
Dès la fin du 19ème siècle, certains moines bouddhistes orientaux, souvent en Chine, découvrent l’Occident.
Et ils découvrent aussi des auteurs, des philosophes, et apparaît quelque chose de nouveau, en tout cas dans ce monde oriental, à savoir la conscience de l’histoire.
Il apparaît que les sociétés sont aussi des productions historiques et que le rapport que l’on peut avoir avec une société, c’est un rapport d’individu et de collectif.

PRÉSENTATRICE :
-Effectivement, c’est très novateur.
Peut-on dire que c’est une rupture avec le bouddhisme traditionnel ?

ÉRIC ROMMELUÈRE
-Quand on parle de bouddhisme engagé, on se demande si c’est quelque chose de nouveau ou d’ancien.
Je dirais à la fois oui, et à la fois non.
Non, parce qu’il y a effectivement une compréhension nouvelle des structures sociales.
Il faut savoir que le bouddhisme, c’est 2 000 ans d’histoire, c’est une évolution dans les sociétés traditionnelles, qui se définissent par une vision que les formes sociales sont indépendantes des êtres humains.
Elles s’imposent à lui.
Donc les productions sociales, les productions collectives de souffrance ne sont pas perçues.
C’est donc quelque chose de nouveau.
Et en même temps, on pourrait dire que c’est simplement un déploiement de la perspective bouddhiste.
Cette perspective bouddhiste serait de travailler sur 2 aspects, se libérer de ses propres peurs, un thème central dans le bouddhisme, et d’un autre côté de travailler à soigner, à prendre soin, à se soucier des autres, à se soucier du monde.
Tout être humain a 3 aspects, qui sont la dimension personnelle, la dimension interrelationnelle, et la dimension sociale.
Le bouddhisme, dès le départ, est vraiment centré sur un travail personnel, de ressentir comment nos émotions, nos pensées nous entravent ou nous libèrent.

PRÉSENTATRICE :
-Et par définition, on peut dire que le bouddhisme est engagé.
Quelles sont les principales figures historiques qui ont incarné ce bouddhisme-là ?

ÉRIC ROMMELUÈRE
-Bien entendu, quand on parle de bouddhisme engagé, on pense à Thich Nhat Hanh.
C’est un maître zen contemporain, un maître vietnamien, qui a été confronté directement dans les années 60 à une situation de souffrance, lors de la guerre du Vietnam.
Son travail, c’était : « Comment puis-je répondre à cette dimension ? »
Pour lui, c’était un engagement de non-violence, à militer pour la fin de la guerre, on pourrait dire à sauter par-dessus les oppositions, les divisions qui opposaient les Vietnamiens entre eux.

PRÉSENTATRICE :
-Ne se rapproche-t-il pas en cela de sa sainteté le dalaï-lama ?

ÉRIC ROMMELUÈRE
-Le dalaï-lama est aussi considéré comme un bouddhiste engagé.
Il n’utilise pas lui-même ce terme.
Mai par son cheminement, ses actions, il est un bouddhiste engagé.
Tout son itinéraire, après la fuite du Tibet, dès les années 60, l’a tout de suite engagé sur un certain nombre de perspectives.
Déjà, comment aider sa communauté ?
Mais au fur et à mesure, c’est comment prendre soin du monde ?
Il est connu pour ses divers engagements.
On sait qu’il écrit beaucoup ou qu’il pense beaucoup sur comment vivre en société, au-delà même du bouddhisme. Comment des personnes de différents pays peuvent vivre ensemble ?
Il milite pour ce qu’il appelle une éthique universelle.

PRÉSENTATRICE :
-Ça passe à travers le dialogue interreligieux, l’éducation, tous les problèmes de société qui sont d’actualité.
J’aimerais que vous me disiez un mot sur une figure importante du bouddhisme engagé, le moine Maha Ghosananda, qui a été nominé plusieurs fois pour le prix Nobel de la paix.

ÉRIC ROMMELUÈRE
-Oui, il est peu connu en France.
Pourtant, c’est une très grande figure du bouddhisme contemporain.
Il est mort il y a quelques années, c’était un Cambodgien.
Il était en retraite de méditation en Thaïlande quand les Khmers rouges ont pris le pouvoir dans son pays.
Pendant toute la guerre, il a soutenu, aidé ses compatriotes dans les camps de réfugiés.
Et lorsqu’un traité de paix a été signé, il a lancé ce qu’on a appelé la marche du Dharma.
C’était pour lui une action symbolique, mais qui est allé bien plus loin que le symbole.
Il a accompagné des centaines de réfugiés qui étaient en Thaïlande à revenir dans leur pays.
Cet évènement, quelques semaines après la paix, qui coïncidait aussi avec la fête du Bouddha, a été un évènement majeur de réconciliation nationale.
Et chaque année, pendant plusieurs années, il a continué à faire ces marches.
On l’a appelé le Gandhi du Cambodge, puisque c’était une volonté d’incarner la paix, la non-violence, dans un pays où la violence restait endémique.
Son idée, c’était de dire : « Voyez, je marche sans arme et libre, vous pouvez en faire autant. »

PRÉSENTATRICE :
-Une grande figure d’exemple.
Aujourd’hui, on se demande comment actualiser ce bouddhisme engagé ?
J’aimerais vous faire réagir sur une citation de sa sainteté le 17ème Karmapa.
Il dit : « La planète nous a prodigué d’infinis bienfaits, mais qu’avons-nous fait pour elle ? Nous ne cessons de la mettre à contribution, sans rien lui donner en retour. »
Là, on se rend compte que l’écologie est un enjeu majeur pour le bouddhisme engagé.

ÉRIC ROMMELUÈRE
-Les situations changent.
La pratique du bouddhisme, c’est de répondre à une situation et de la transformer de l’intérieur.
Aujourd’hui, ce qui surgit, ce sont ces questions de crises, notamment la crise écologique dont parle sa sainteté le 17ème Karmapa.
Pour les bouddhistes engagés, que ce soit en Orient ou en Occident, c’est comment tenter de répondre individuellement, collectivement, à l’ensemble de ces crises.
Je pense qu’aujourd’hui, la pratique bouddhiste, c’est aussi de tenter de répondre à ces questions.

PRÉSENTATRICE :
-Et concrètement, comment pouvons-nous faire pour travailler à cette métamorphose ?

ÉRIC ROMMELUÈRE
-Il y a la dimension individuelle et la dimension collective.
L’un se marie toujours avec ‘autre.
Pour la dimension individuelle, le bouddhisme donne un certain nombre d’outils.
Et ces outils nous redonnent de la puissance, du champ, de la légèreté, de la joie.
Aujourd’hui, dans une société où on ressent beaucoup de sentiments d’impuissance face à ces désordres, le bouddhisme peut vraiment nous aider.
Alors individuellement, ce qui viendrait en premier, ce serait de dire :
« J’ai la possibilité de faire des choix. Comment puis-je agir à chaque instant au quotidien ? »
C’est un point essentiel.
Mais bon, la question c’est :
« Que fait-on individuellement ? »
Par exemple, je suis végétarien.
C’est quelque chose d’important dans la tradition zen japonaise, un pratiquant, un moine se doit d’être végétarien.
C’est vécu comme une pratique.
Mais quand on réfléchit au poids écologique, économique de l’industrie alimentaire, alors choisir une alimentation végétarienne aujourd’hui a une autre dimension.
C’est à chacun d’entre nous de se dire :
« Aujourd’hui, comment puis-je choisir en conscience ? »
Le bouddhisme nous apporte des clés.

PRÉSENTATRICE :
-Mais vous, ressentez-vous l’émergence d’une nouvelle conscience citoyenne ?

ÉRIC ROMMELUÈRE
-Très clairement, il y a une prise de conscience.
Et puis, des mouvements émergent.
C’est aussi toute la dimension collective.
Simplement changer nos comportements, je ne trouve pas cela suffisant.
On mutualise nos énergies.
Il y a la dimension de la coopération au niveau sociétal, la solidarité.
Quelles valeurs voulons-nous pour nous-mêmes ou pour nos enfants ?
Quelle société voulons-nous ?
Le bouddhisme engagé, c’est aussi tenter d’approcher cela.
Nous sommes dans des sociétés démocratiques, et la démocratie, ça signifie aussi que chacun d’entre nous, en tant que citoyen, participe à cette métamorphose du monde.
En tant que bouddhiste, je me sens citoyen, avec le devoir de travailler sur ces questions.

PRÉSENTATRICE :
-Nous verrons cela la semaine prochaine, avec un autre invité, E. Olivier qui vous accompagnera pour voir comment mettre en place ce bouddhisme engagé.
Merci, Eric Rommeluère.

ÉRIC ROMMELUÈRE
-Merci beaucoup.

PRÉSENTATRICE :
-Avant de nous quitter et si vous souhaitez aller plus loin, , je vous rappelle l’ouvrage de notre invité sur lequel nous nous sommes basés pour prépare cette émission. {Le bouddhisme engagé}
‘‘Le futur, c’est maintenant’’, de sa sainteté le 17ème Karmapa, aux éditions Claire Lumière.
Et enfin, ‘‘Paix des âmes, paix des cœurs’’, aux presses du Châtelet, un livre de dialogue avec sa sainteté le dalaï-lama.
C’est la fin de notre émission que vous pouvez revoir sur le site Internet de France 2 en consultant pluzz.fr/france2 :

Revoir l’émission : pendant une semaine : http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html

Sur Youtube,  revoir l’émission : http://www.youtube.com/watch?v=O_nmv4flBQc

 

PLUS SUR ÉRIC ROMMELUÈRE :
Un site : http://www.zen-occidental.net/
Un blog : http://zen.viabloga.com/
‘‘L'association UN ZEN OCCIDENTAL est animée par Jiun Éric Rommeluère qui pratique le zen depuis plus de trente ans…’’ 

PLUS SUR THICH NHAT HANH :
Un site : http://www.thich-nhat-hanh.fr/
Le village des Pruniers : http://villagedespruniers.net/
Sur le site de conscience 33 : http://www.conscience33.fr/bouddhisme_zen_presentation.htm

PLUS SUR MAHA GHOSANANDA :
Un site : http://www.ghosananda.org/

 

 

Remarque : cette transcription est aussi présentée sur Facebook dans le dossier Sagesses Bouddhistes https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3

au lien :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10151853604014932&set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=1&theater

 

REVOIR L'ÉMISSION TV : http://www.youtube.com/watch?v=O_nmv4flBQc (14'49)

 

 

 

 

 

Hommage à Bokar Rimpoché
avec Lama Tcheuky

Dimanche 1er septembre 2013 - France 2 à 8h30 SAGESSES BOUDDHISTES

" Hommage à Bokar Rimpoché "

Photo

 


RÉSUMÉ :
Sagesses bouddhistes retrace aujourd’hui la vie d’un grand maître tibétain, Bokar Rimpoché, de la lignée Shangpa Kagyu, décédé soudainement il y a bientôt 10 ans.
Renommé pour sa réalisation, sa bonté, et la clarté de l’expression de son enseignement, il exerça une profonde influence sur ses disciples, notamment en occident.

Invité : Lama Tcheuky
Présenté par Aurélie Godefroy.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

PRÉSENTATRICE :
-Bonjour, merci de nous retrouver sur le plateau de France 2 pour une nouvelle émission de ‘‘Sagesses bouddhistes’’.
Le précieux maître de Blanche colline, Bokar Rimpoché, maître tibétain de la lignée Shangpa-Kagyu, est mort il y a 10 ans.
Il est connu pour sa réalisation, pour la clarté de son enseignement, sa bonté.
Il exerça une influence sur ses disciples en Occident.
Quels ont été son parcours, ses enseignements, quelles sont les principales qualités qui ont marqué ses disciples, c’est ce qu’on va voir avec lama Tcheuky.
Bonjour.

LAMA TCHEUKY
-Bonjour.

PRÉSENTATRICE :
-Vous rencontrez le bouddhisme en 1976 avec Kalou Rimpoché, vous entamez une retraite de 3 ans, vous rencontrez votre maître, Bokar Rimpoché, dont vous deviendrez l’interprète.
Aujourd’hui, vous êtes à la fois interprète et éditeur.
Merci d’être avec nous.
Pour commencer l’émission, j’aimerais savoir ce que représentait pour vous Bokar Rimpoché.
Comme c’était votre maître, ce devait être un trésor, pour vous.

LAMA TCHEUKY
-C’était un grand trésor.
Je l’ai rencontré pour la 1ère fois en 1982, à ce moment-là, on était en retraite de 3 ans.
Dès qu’il est entré dans la salle où on était, dans le temple, je me suis mis à pleurer.
J’ai pas pu arrêter de pleurer tout le temps qu’il était là.
C’était comme un grand éblouissement, et c’est resté, ça restera pour toujours un grand trésor dans mon cœur.

PRÉSENTATRICE :
-Vous avez été son interprète jusqu’à sa mort, en 2004.
Que représente-t-il dans le bouddhisme tibétain ?

LAMA TCHEUKY
-C’était un ‘‘tulkou’’, la réincarnation d’un maître, mais hiérarchiquement, il était pas grand-chose dans la lignée Karma-Kagyu, et il s’est vraiment révélé au fur et à mesure par ses qualités.
Et dans la dernière période de sa vie, il était révéré par le dalaï-lama, le karmapa, par beaucoup de grands maîtres de différentes traditions.
Il n’a pas hérité d’un grand nom, mais il s’est révélé par ses grandes qualités.

PRÉSENTATRICE :
-Revenons sur son parcours.
Comment s’est passé sa reconnaissance comme tulkou, comme réincarnation d’un grand maître ?

LAMA TCHEUKY
-Quand le précédent lama qui vivait dans l’ouest du Tibet est décédé, comme ce n’était pas quelqu’un de très important, les responsables du monastère ne voulaient pas le remplacer.
Ils sont allés voir le karmapa et ont dit : « On vous offre le monastère, les affaires personnelles, car c’est fini. »
Et le karmapa dit : « Non, gardez tout, il y aura un tulkou. »
Et il donne des indications précises, 2 ou 3 ans après : « Vous chercherez un enfant qui a un kyste ici » ce qu’avait aussi son prédécesseur.
Il a donné le nom de la mère, le nom du père, il a décrit le village.
Sur ces indications, il a été retrouvé, il avait 2 ou 3 ans.

PRÉSENTATRICE :
-Comment s’est déroulée sa formation ?

LAMA TCHEUKY
-Il a été formé dans le monastère de son prédécesseur, un petit monastère de l’ouest du Tibet.
Et quand il avait 12 ans, il était en vacances chez ses parents, il le faisait régulièrement, et son père, qui était très émotif, a pas voulu le laisser repartir car l’enfant pleurait.
« Je veux pas retourner au monastère, je veux rester en famille. »
Les responsables du monastère ont cherché un moyen de poursuivre son éducation.
Ils ont demandé au karmapa qui a dit : « Envoyez-le dans mon monastère, dans le Tibet central. »
Là, les parents ne pouvaient pas refuser.
Il a étudié dans le monastère du karmapa pendant 3 ans, puis il est revenu dans son monastère.
Et quand il a eu 19, 20 ans, il est retourné à Tsouphou, dans le monastère du karmapa, pour faire une retraite de 3 ans.

PRÉSENTATRICE :
-Que s’est-il passé ?

LAMA TCHEUKY
-L’armée chinoise est arrivée à Lhassa, c’était pas le moment de faire une retraite.
Le karmapa lui a dit de retourner dans son monastère.
Quinze jours après, il a fui et s’est réfugié au Népal.

PRÉSENTATRICE :
-Il arrive en Inde, il rencontre Kaalou Rimpoché.

LAMA TCHEUKY
-Oui, il arrive en Inde et effectivement, il se trouve qu’à un moment il est à Darjeeling, au monast_re Bhutia Busty, qui accueille des réfugiés tibétains, dont Kalou Rimpoché.
C’est là qu’il le rencontre.
Comme il va devenir son maître principal, avec le karmapa, moi, j’avais toujours imaginé que c’était une rencontre romantique, extraordinaire.
En fait, en le rencontrant, il a surtout vu un lama qui semblait très vieux alors qu’il l’était pas.
Petit à petit, il a découvert ses grandes qualités.
Il a surtout fait des retraites sous sa direction.
Puis Kalou Rimpoché l’a nommé lui-même maître de retraite.
Il est resté le disciple de cœur de Kalou Rimpoché jusqu’à sa mort.

PRÉSENTATRICE :
-Il y a 2 aspects, on ressent que Bokar Rimpoché a toujours souhaité faire des retraites, c’était important pour lui, et il a hérité de responsabilités confiées par Kalou Rimpoché.

LAMA TCHEUKY
-Son désir était de vivre en ermite, et c’est Kalou Rimpoché qui lui a dit : « C’est très difficile, et peut-être serez-vous plus utile comme responsable des monastères. »
Il a suivi ses conseils.

PRÉSENTATRICE :
-Il a fondé son propre centre de retraites.

LAMA TCHEUKY
-Oui.
Dans la région de Darjeeling, à Mirik.
Il voulait fonder un centre consacré à Kalachakra.

PRÉSENTATRICE :
-C’était quand ?

LAMA TCHEUKY
-En 1983.
D’abord, il y avait quelques cellules, lui-même avait 1 ou 2 moines avec lui, des laïques, comme serviteurs, et c’était très petit.
Puis des familles ont voulu y envoyer leur enfant comme moines, et il ne sentait pas de refuser.
Petit à petit, ce centre de retraites s’est développé en monastère, et aujourd’hui, il y a 500 moines.

PRÉSENTATRICE :
-Il a eu aussi une grande influence sur les Occidentaux.
A-t-il commencé à voyager en Occident avec d’autres maîtres ?

LAMA TCHEUKY
-Non.
À l’époque, il avait un disciple principal, un Danois, qui l’a invité à venir en Occident.
Bokar n’y tenait pas, mais il est venu.
Et Kalou Rimpoché lui a dit : « Puisque vous y allez, visitez mes centres, enseignez-y. »
Il a enseigné dans les centres de Kalou Rimpoché.
Il venait tous les ans passer 1 mois ou 2 en Occident, principalement en France, et c’est un mode d’enseignement qui ne lui a pas vraiment convenu.
Il pensait qu’on n’arrivait à rien faire de profond, il fallait aller 2 jours là, 3 jours là.

PRÉSENTATRICE :
C’était trop dispersé.

LAMA TCHEUKY
-Voilà.
Et c’est pour ça qu’à un moment, il a décidé de changer.
Il a dit : « Je vais faire en Inde un séminaire pour convier mes disciples occidentaux. J’y donnerai des enseignements comme j’ai envie de les donner. »
Il y a eu un 1er séminaire en 1992, on a fêté le 20ème anniversaire cette année.
Et les participants ont été vraiment enchantés, parce que Bokar Rimpoché leur a donné des instructions, et aussi un programme de pratiques très précis pour chaque journée.
Et Bokar Rimpoché, lui-même, a été enchanté l’année suivante, parce que les gens avaient suivi le programme qu’il avait donné.

PRÉSENTATRICE :
-Ça l’a encouragé.

LAMA TCHEUKY
-Oui.
Il pensait que les Occidentaux avaient du mal à faire quelque chose de suivi et de sérieux.
Ensuite, il a continué.

PRÉSENTATRICE :
-C’était aussi quelqu’un qui avait de grandes qualités.
Quelle est celle qui vous a le plus touché, en tant que disciple ?

LAMA TCHEUKY
-Il avait toutes les qualités, je le pense vraiment, c’est le cas de tous les grands maîtres.
Et après, il y a celles qui sont les plus visibles.
Chez lui, ce qui était très visible, c’était une immense bonté qui apparaissait sur son visage, sur son sourire, dans sa présence.
Cette immense bonté transpirait en permanence.
Et ça, tout le monde en était vraiment très touché.
Beaucoup de gens, juste en le voyant, pleuraient comme moi.
En même temps, il avait toutes les autres qualités, mais celle-là était évidente.

PRÉSENTATRICE :
-Revenons sur ses derniers instants.
Pouvez-vous nous dire dans quelles circonstances il a quitté son corps, et comment ça s’est passé par la suite ?

LAMA TCHEUKY
-Donc il est décédé en 2004, à 64 ans, et il avait la prescience qu’il allait décéder, il a laissé quelques indices, que les gens n’avaient pas compris sur le coup.
Un an avant, il réunit les responsables du monastère et leur dit : «  À 65 ans, je vais prendre ma retraite, donc il faut que vous soyez bien formés. »
Ils se sont dit : «  C’est bizarre, j’ai jamais vu de lama à la retraite, il a dû trop travailler en Occident. »
Après, ils ont compris, parce qu’il est décédé.
On pense qu’il est décédé d’une crise cardiaque, ça a été rapide.
Puis il est resté 3 jours en méditation profonde.
Il y a pas de lividité cadavérique, le corps reste très souple, la tête ne s’affaise pas.

PRÉSENTATRICE :
-Comme tous les grands maîtres.

LAMA TCHEUKY
-Comme beaucoup.
Et au bout de 3 jours, il a quitté cet état de méditation.
J’y étais pas, mais il y avait, paraît-il, des arcs-en-ciel, de petites perles de couleurs qui sont tombées de son corps.
Son corps est embaumé et conservé dans son monastère.

PRÉSENTATRICE :
-On imagine que ça a donné lieu à de nombreuses célébrations, comment ça s’est passé ?

LAMA TCHEUKY
-Il y a de grandes cérémonies, pour les maîtres.
Quand on fait des cérémonies pour un défunt ordinaire, c’est pour l’aider.
Un grand maître n’a pas besoin d’aide, c’est plus pour le bien des disciples.
Il y a eu de grandes cérémonies, de grands maîtres sont venus, le karmapa est venu.

PRÉSENTATRICE :
-Lama Tcheuky, qui a pris sa succession dans le monastère de Mirik, en Inde ?

LAMA TCHEUKY
-Le monastère a une chance, c’est que Bokar Rimpoché, depuis son enfance, avait un compagnon qui s’est révélé un excellent lama, un érudit.
Il s’appelle Khenpo Deunyeu Rimpoché, il était de 3 ans son cadet.
Donc il a fort heureusement pris sa succession.
La responsabilité du monastère et celle des séminaires à l’intention des Occidentaux.
C’est quelqu’un, je pense, ont le cœur a repris l’essentiel de l’esprit de Bokar Rimpoché.
Quand on le voit, quand on l’entend parler, parfois, on a l’impression que c’est Bokar Rimpoché qui parle.

PRÉSENTATRICE :
-Qu’en est-il de sa réincarnation ?

LAMA TCHEUKY
-La responsabilité de reconnaître sa réincarnation incombe à sa sainteté karmapa.
Il a reçu beaucoup de demandes officielles, et il répond toujours : « C’est une grande responsabilité de reconnaître un tulkou comme celui-là, je ne veux surtout pas me tromper. »
On attend, on sait pas.

PRÉSENTATRICE :
-Bokar Rimpoché a-t-il laissé des indications, on sait cela ?

LAMA TCHEUKY
-Bokar Rimpoché disait sérieusement qu’il ne souhaitait pas être reconnu comme tulkou, parce qu’il y avait beaucoup de problèmes avec les tulkou.
Il avait ce souhait.
Maintenant, bien sûr, c’est son souhait personnel.
Mais pour le bien de ses disciples, de son monastère, ce serait bien qu’il revienne.
On souhaite qu’il revienne et soit reconnu.
Il peut déjà être là et ne pas être reconnu.
Nous souhaitons ardemment pouvoir le revoir de nouveau.

PRÉSENTATRICE :
-Vous nous tiendrez au courant.
Merci d’avoir été avec nous.

Pour mieux découvrir le parcours de ce grand maître, voici trois ouvrages, tous édités chez Claire Lumière.
Deux biographies de lama Tcheuky.
‘‘Bokar Rimpoché, le précieux maître de Blanche Colline.’’
‘‘Vie de Bokar Rimpoché, lama tibétain’’, où on retrouve un témoignage sur la civilisation tibétaine et sur l’adaptation des réfugiés à l’Inde et au monde moderne.
Et de Bokar Rimpoché : ‘‘Un cœur sans limites’’, une explication d’un texte tibétain du 12ème siècle, les 7 points de la transformation de l’esprit, célébré et commenté par tous les maîtres.
Sont abordés la compréhension de la nature de l’esprit, la méditation.

Vous pouvez revoir l’émission pendant une semaine sur le site de France 2…

Revoir l’émission : pendant une semaine : http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes.html

Sur Youtube,  revoir l’émission : http://www.youtube.com/watch?v=Kl1YZKwhRPU

 

 

Remarque : cette transcription est aussi présentée sur Facebook dans le dossier Sagesses Bouddhistes https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3

au lien :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10151837654349932&set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=1&theater

 

Lama Tcheuky est Président du C.E.B. (Centre d’Etudes Bouddhiques) de Grenoble : http://cebgrenoble.free.fr/
En outre le centre « Le Jardin du Dharma très Bon » à Saint-Cannat près d’Aix-en-Provence a été fondé par le très vénérable Kalou Rimpoché. 
Dirigé successivement par différents lamas, il est actuellement placé sous la responsabilité du disciple français Lama Tcheuky.
Le centre organise des soirées d’enseignement et de méditation visant à une approche simple et utile du bouddhisme tibétain.
http://www.freewebs.com/boudhismeprovence/stcannat.htm

Photo de Maurice Gaultier.

Bokar Rimpoché (1940-2004)
Lu au lien http://www.clairelumiere.com/index.php?module=auteur&personne_id=1 :
Bokar Rimpoché est né le 15 octobre 1940, dans une bourgade d’éleveurs des hauts plateaux arides de l’ouest du Tibet. À l’âge de quatre ans, il fut reconnu com
me tulkou de Karma Shérab Eussèr.
Karma Shérab Eussèr (1890-1939) était un moine né au Kham qui, à un certain moment de sa vie, voulut accomplir un pèlerinage à Lhassa. Il en profita pour rendre visite au XVe Karmapa dans son monastère de Tsourpou, non loin de la capitale tibétaine. Sans en avoir eu l’intention initiale, il y demeura plusieurs années, installé dans une grotte près du monastère, devenant proche disciple du Karmapa. Par la suite, il décida de poursuivre son chemin vers l’ouest, afin d’effectuer le pèlerinage de la plus sainte des montagnes du Pays des Neiges, le mont Kaïlash. C’était un voyage de plusieurs mois. Une quinzaine de jours avant d’atteindre son but, il fit halte dans une grotte qui lui parut très propice à la méditation, la Grotte du Palais Céleste, proche d’une hauteur appelée « Bokar » (ou Bourkar), ce qui signifie « Blanche Colline ». Il y entreprit la pratique de mille nyoung-né (jours de jeûne complet alternant avec des jours de jeûne partiel)...

Son séjour dans la grotte dura environ trois ans. Son jeûne terminé, il ne souhaitait pas particulièrement rester dans cette région, où seul le détour d’un chemin de pèlerin l’avait amené. Les habitants des environs avaient cependant conçu à son égard tant de foi et tant de dévotion qu’ils le pressèrent de demeurer parmi eux et d’établir un monastère. Afin de forcer la décision de l’ermite vénéré, ils demandèrent au XVe Karmapa d’appuyer leur requête. Celui-ci le fit volontiers et Karma Shérab Eussèr ne put que s’incliner devant la volonté du chef de sa lignée. Il resta dans la région et, devenant responsable de communauté, fonda le monastère de Bokar, « Bokar Gœunpa ». Il devint ainsi le premier Rimpoché de Blanche Colline, le premier « Bokar Rimpoché ».
Lorsqu’il mourut, ce fut grâce aux indications données par le jeune XVIe Karmapa que fut retrouvé son tulkou, à quelques jours de marche du monastère. Le nouveau Bokar Rimpoché fut intronisé et commença sa formation traditionnelle à Bokar Gœunpa. À l’âge de treize ans, il partit à Tsourpou pour y continuer ses études auprès du Karmapa. Il y resta trois ans, puis revint à son monastère.
Quand il entra dans sa vingtième année, Bokar Rimpoché se rendit de nouveau à Tsourpou afin d’y effectuer la traditionnelle retraite de trois ans. C’était sans compter sur de dramatiques événements. On était en 1959 et les troupes chinoises venaient d’envahir le Tibet. Il se trouva pris dans la tourmente de Lhassa fraîchement investie par l’Armée Rouge et c’est non sans difficultés qu’il put s’en extraire et regagner Bokar Gœunpa.
Le jeune Rimpoché comprit immédiatement que l’enfer allait s’abattre sur le Tibet et qu’il fallait fuir, même si sa région restait momentanément préservée. Invitant ceux qui le souhaitaient à venir avec lui, il prit donc la route de l’exil, en compagnie d’un groupe de quelque soixante-quinze personnes, suivies de yaks, de chèvres et de moutons. En plein hiver, essuyant des tempêtes de neige, poursuivis par les Chinois, passant des cols à plus de cinq mille mètres, ils purent, après quinze jours de marche et au prix d’énormes difficultés, franchir la frontière et trouver refuge au Népal, dans la province du Mustang. Peu de temps après, les Chinois rasaient entièrement le monastère de Bokar.
Bokar Rimpoché resta un certain temps au Népal, puis se rendit à Rumtek, au Sikkim (alors indépendant), afin de résider auprès du Karmapa, qui avait établi là ses quartiers d’exil. Son souhait ne fut exaucé que partiellement. S’il put rejoindre le Karmapa, il ne put en effet rester longtemps auprès de lui. En raison de la maladie d’un serviteur âgé qui l’accompagnait, il fut contraint de revenir à Darjeeling et de s’y installer.
Cette circonstance allait marquer un tournant dans sa vie. Ne sachant où habiter, il trouva un abri de fortune dans l’enceinte du temple de Bhutya Busty. Or, ce temple abritait un autre lama en exil : Kalou Rimpoché. Ainsi le destin noua-t-il la connexion qui allait faire du tulkou de Bokar le plus proche disciple du grand maître venu du Kham. C’est aussi ce qui fit entrer Bokar Rimpoché en relation avec la Lignée Shangpa, alors que jusque-là sa formation ne l’avait introduit qu’aux enseignements de la Lignée Karma Kagyu.
En effet, quelques années après l’arrivée de Bokar Rimpoché à Darjeeling, il se trouva que Kalou Rimpoché reçut en don un terrain à Sonada, village situé à une quinzaine de kilomètres de là. Kalou Rimpoché conçut aussitôt le projet d’y édifier un monastère et, plus encore, un centre de retraite de trois ans. Bokar Rimpoché, qui depuis longtemps aspirait profondément à accomplir une telle retraite, en éprouva une grande joie et participa avec enthousiasme aux constructions, faites avec les moyens du bord, faute d’argent. Trois mois suffirent à achever les travaux et la retraite commença. Elle était consacrée aux pratiques de la Lignée Shangpa et Kalou Rimpoché venait lui-même transmettre les initiations et les instructions à ses disciples. C’est ainsi que Bokar Rimpoché put, au cours de ces trois années (1964-1967), assimiler avec bonheur cette nouvelle lignée qui s’offrait à lui.
Au cours de la deuxième retraite de Sonada, Bokar Rimpoché continua à résider dans le centre, sans toutefois suivre pleinement le programme des pratiques. D’une part, il était libre d’aller et venir, d’autre part, Kalou Rimpoché lui confia la tâche de guider à son tour les nouveaux retraitants, d’assumer le rôle de drouppeun.
En revanche, il participa à part entière à la troisième retraite (1971-1974), tout heureux que Kalou Rimpoché ait accédé à sa demande qu’elle soit consacrée à la Lignée Karma Kagyu, ce qui comblait le souhait auquel s’était opposée l’armée chinoise en investissant Lhassa quelques années plus tôt. Cette formation lui permettra par la suite de répondre à la sollicitation du Karmapa, qui le choisit pour être le drouppeun du centre de retraite de Rumtek.
Au total, Bokar Rimpoché sera resté plus de vingt-cinq ans auprès de Kalou Rimpoché, l’accompagnant jusque dans ses derniers instants.
Lorsqu’il eut terminé ses retraites à Sonada, Bokar Rimpoché songea à se retirer dans un ermitage, mais Kalou Rimpoché l’en dissuada, lui conseillant plutôt de poursuivre sa vie dans le cadre monastique.
En 1984, visitant à Mirik, non loin de Sonada, un lieu qui lui paraissait propice, il eut l’idée d’y fonder un petit centre de retraite consacré à Kalachakra. Kalou Rimpoché approuva ce projet et lui avança même les fonds nécessaires à la construction. Toutefois, ce qui, au début, ne devait être qu’un modeste lieu de pratique, devint au fil des ans un monastère de plus en plus grand. Il regroupe aujourd’hui près de deux cents moines, comprend de nombreux bâtiments, dont deux grands centres de retraite où sont enseignées les pratiques karma kagyupas et shangpas.
Une autre activité importante de Bokar Rimpoché débuta en 1992, lorsqu’il décida d’organiser en Inde un séminaire à l’intention des Occidentaux, leur accordant une formation graduelle et suivie sur le chemin de la Grande Union (Mahamoudra). Ces séminaires se poursuivirent ensuite chaque année, permettant à des centaines de personnes d’aborder avec fruit l’essence de l’enseignement et de la mettre en pratique dans leur cadre de vie habituel.
Après avoir été proche du XVIe Karmapa, Bokar Rimpoché entretint une relation intime, animée par une immense dévotion, avec le jeune XVIIe Karmapa, né en 1985, qu’il rencontra pour la première fois en 1992, lors de son intronisation au Tibet. Après la fuite du Karmapa en Inde, il le revit très souvent, lui transmettant de nombreux enseignements.
Bokar Rimpoché décéda subitement d’une attaque cardiaque le 17 août 2004, alors qu’il était dans sa soixante-quatrième année. Bien que ses fonctions vitales se soient arrêtées, son esprit resta en méditation profonde pendant trois jours. Diverses manifestations miraculeuses suivirent également son départ de ce monde : arcs-en-ciel, perles saintes tombant de son corps sacré porté en procession autour du temple, apparition à des disciples dans le monde entier…

 

REVOIR L'ÉMISSION TV : http://www.youtube.com/watch?v=Kl1YZKwhRPU (14'44)

 

 

 

 

" La fête de Vesak
de la communauté sri lankaise de Paris "

Dimanche 25 août 2013 - France 2 à 8h30 SAGESSES BOUDDHISTES

" Le Vésak de la communauté sri lankaise de Paris "

Photo


RÉSUMÉ :

Le Vesak de la communauté sri lankaise 
Reportage de Nina Barbier 
Sagesses Bouddhistes a suivi le 5 mai dernier, la fête de Vesak organisée par la Communauté sri lankaise de Paris et sa région sous la bannière du Vénérable Chandaratana, Fondateur du Centre Bouddhique International du Bourget. 
Suivons les temps forts de cette fête. 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

PRÉSENTATRICE DE L'ÉMISSION SANDRINE COLOMBO :
Bienvenue dans « Sagesses bouddhistes ».
Nous allons suivre la communauté sri lankaise qui fêtait le Vesak, le 5 mai dernier, à la Pagode du bois de Vincennes.
Toute la communauté du vénérable Chandatarana du Centre Bouddhique du Bourget s’est mise en fête pour cela.
Lanternes, bougies, processions et cortège blanc dans une ambiance familiale du bouddhisme Theravada.
Le Vesak, célébration sacrée pour les bouddhistes, commémore 3 événements fondamentaux de la vie de Bouddha : sa naissance, son éveil et sa mort.
L’occasion de renouveler son engagement à suivre le chemin de Bouddha.
C’est aussi l’occasion pour beaucoup d’acquérir des mérites en faisant des dons de nourriture, de vêtements ou de services.

Un film réalisé par Nina Barbier.

PRÉSENTATRICE DU FILM :
À Vincennes, les communautés bouddhistes de la tradition du Theravada se sont rassemblées pour célébrer le Vesak de la pleine lune de mai auprès du vénérable Chandaratana, le fondateur du Centre Bouddhique International du Bourget.
Les pratiquants de divers pays d’Asie sont présents.

INTERVIEWS :
Je suis Mahasanunité du Sri Lanka, c’est mon ami.
Je suis Grindé Pemasuri, du Sri Lanka.
Je m’appelle Amanda et je suis du Sri Lanka.
Je m’appelle Jilok. J’ai 15 ans. Je suis venu ici en famille avec ma sœur.
Je m’appelle Jen. Nous faisons partie de Paris-Ceylan Club.
Lui, c’est Lashi Tart, Lalit.
Lui, c’est mon ami Limanta.

VÉNÉRABLE CHANDARATANA :
Il y a des Sri Lankais, Laotiens, Cambodgiens, Chinois…
Toutes les communautés bouddhistes assistent à cette cérémonie.
C’est un événement très important.
C’est la naissance de Bouddha, son éveil et son départ final.

PRÉSENTATRICE DU FILM :
Les fidèles, petits et grands, se rassemblent pour se remémorer leur engagement à suivre le chemin du Bouddha vers l’éveil.
Tout en blanc les disciples laïques renouvellent leur engagement en récitant les préceptes en présence des moines.
Chaque pratiquant est invité à faire des efforts en termes de méditation et de réflexion et à développer le don.
Un moine lit ensuite un extrait du Canon Pali, ensemble de textes du bouddhisme theravada originaires du Sri Lanka.
Le Vésak offre 2 enseignements fondamentaux : la foi en la réalité de l’éveil et la possibilité d’y parvenir par nous-même, comme le Bouddha.
Toutes les communautés sont invitées à allumer des veilleuses pour honorer Bouddha.
Un mantra en pali est chanté par des jeunes Sri Lankaises.

SUARANA PERERA, AMBASSADRICE DU SRI LANKA EN FRANCE :
Cela marque la naissance du prince Siddharta Gautama Bouddha
Le prince Siddharta a atteint l’éveil le jour du Vésak et il s’est également éteint le même jour.
Le jour du Vésak est celui de la pleine lune de mai.
Chaque année, nous le célébrons au mois de mai.

INTERVIEW :
C’est l’offrande pour la déesse de la Terre.
Nous sommes laotiennes, bouddhistes et pratiquantes.
On soutient le Bourget, les moines sri lankais.

DAVANE – CENTRE BOUDDHIQUE INTERNATIONAL – LE BOURGET :
Quand on fait une offrande, on la fait pour nous-mêmes.
Après, c’est pour les parents.
Même s’ils sont décédés, on prend des choses et on les offre.
On transmet pour eux.
Après, les parents, les amis, les enfants et petits-enfants, même les ennemis…
On pardonne aux ennemis.

MARIE BRETHE – CENTRE BOUDDHIQUE INTERNATIONAL – LE BOURGET :
C’est même pour ceux qui n’ont pas de famille, même pour les âmes errantes, si vous voulez.
On leur donne, comme ça.

PRÉSENTATRICE DU FILM :
C’est le jour pour faire des dons aux moines et ainsi, accumuler des mérites.

INTERVIEW D’UN MOINE :
Bouddha, c’est la personne qui a complètement éveillé sans avoir d’aide extérieure.
À partir de là, on s’appelle Bouddha, d’où « bouddhi », sagesse.

PRÉSENTATRICE DU FILM :
 « Bouddhi », c’est la sagesse.
Pour respecter la sagesse du Bouddha, nous allons offrir chacun quelque chose, un objet pour les moines.

INTERVIEW DE SACHIKA :
On est venus au Centre International Bouddhiste pour rendre hommage à Bouddha en lui donnant des fruits, des médicaments.
Ça leur sert au quotidien.
En retour, on espère que ça améliore notre vie dans le futur, et puis voilà.

PRÉSENTATRICE DU FILM :
Faire des offrandes pour soi, pour les autres, est un moyen de développer la générosité.
Les familles de pratiquants personnalisent leurs dons.

INTERVIEW DE TESSA :
Pour chaque offrande, on peut donner de l’argent, des gâteaux, ce qu’on veut.

INTERVIEW :
On peut aussi aider à construire la pagode qui se trouve au Bourget, la Pagode Internationale.
On peut tout échanger.
On peut rendre service, faire le ménage.
C’est une offrande.

INTERVIEW DE TIA :
Le fait de venir à la Pagode, de retrouver les communautés autres que laotiennes, ça nous permet de voir, de connaître d’autres communautés, de comprendre.
Ca fait 5,6 ans qu’on pratique la religion et on a d’autres visions des choses, de la vie.
On est assez stressés, donc ça nous sert quand même à relativiser certaines choses, l’importance de la vie.
On peut dire si c’est primordial, si ça peut attendre.
Il n’y a pas d’urgence.
On essaie de faire la part des choses.

PRÉSENTATRICE DU FILM :
La journée se poursuit par une procession autour du temple dans le sens solaire, avec fleurs, encens et statues de Bouddha symbolisant les actions positives et le potentiel d’éveil de chacun.

INTERVIEW DE GEORGES COOK, AMBASSADE DU SRI LANKA EN FRANCE :
Je suis chrétien.
Au Sri Lanka, nous avons des chrétiens, des bouddhistes, des musulmans pratiquants…
En fait, c’est un melting-pot de religions et de traditions.
La chose intéressante pour Vésak…
Si je me souviens de mon enfance, on voyait ces mêmes lanternes ou ‘‘Koudous’’.
On confectionnait ces lanternes avec nos voisins qui, eux, étaient bouddhistes.
On était tous ensemble.
On attendait ça chaque année.
Les plus âgés coupaient les bambous et nous, on collait et coloriait.
Il y avait une atmosphère amicale, une atmosphère de paix, une communion.

PRÉSENTATRICE DU FILM :
Les fidèles vont ensuite déposer leurs présents à l’intérieur de la Pagode.
Le vénérable Chandaratana et les moines du centre répartissent les offrandes.
Robes de moines, fleurs et nourriture sont ensuite disposés à côté de l’autel.

INTERVIEW :
Ce plateau-là, on l’offre au Bouddha. C’est la nourriture pour le Bouddha.
Après, avec ces bols, on fait la quête pour les moines.
Normalement, les moines mangent dans le même bol.
Maintenant, comme c’est moderne, on a le plateau et la table.

PRÉSENTATRICE DU FILM :
Le repas des moines est organisé par les communautés laïques.
Les pratiquants y voient une opportunité de développer des mérites.

Les fidèles demeurent dans la pagode pour méditer.
Ce moment de recueillement autour des chants sacrés permet de consolider l’harmonie au sein de la communauté des pratiquants.
Pour clore cette journée empreinte de dévotion et de sérénité, le vénérable Chandaratana purifie les fidèles avec l’eau lustrale.

Nous vous souhaitons une bonne santé, bonheur, prospérité et longévité.

SUARANA PERERA, AMBASSADRICE DU SRI LANKA EN FRANCE :
Le seigneur Bouddha a apporté la paix dans le pays, donc j’espère que si les gens suivent son enseignement, le monde sera un bel endroit et que les gens vivront en paix, sans aucun problème.
Je souhaite le bonheur à tous les bouddhistes.

PRÉSENTATRICE DU FILM :
Après avoir réaffirmé leur foi, moines et laïcs repartent ressourcés à l’issue de cette célébration, une des plus importantes de l’année.

 

PRÉSENTATRICE DE L'ÉMISSION SANDRINE COLOMBO :
Pour approfondir la tradition theravada, quelques lectures.
Tout d’abord, ‘‘Le Bouddhisme’’, de Cécile Becker,
‘‘La sagesse du moine’’ d’Ajahn Brahm, 108 petits récits sur l’art du bonheur écrits par un moine pour affronter et répondre aux difficultés de la vie.
Et enfin ‘‘Sagesse d’Asie’’ par Nassera Zaïd, un livre de citations sur la sagesse des cultures asiatiques, illustré de photos très inspirées.

 

Remarque : cette transcription est aussi présentée sur Facebook dans le dossier Sagesses Bouddhistes : https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3

au lien : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10151823484659932&set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3&theater

 

REVOIR L'ÉMISSION TV : http://www.youtube.com/watch?v=isY9FRQZllk&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g (14'47)

 

 

 

Amour et compassion
dans le chaos des temps présents

Dimanche 18 août 2013 - France 2 à 8h30 SAGESSES BOUDDHISTES

 

 

" Amour et compassion dans le chaos des temps présents "

Dimanche 18 août 2013 - France 2 à 8h30 SAGESSES BOUDDHISTES
 Revoir l’émission : http://www.youtube.com/watch?v=MefyWoS1m4U (14’50)

Cette présente transcription écrite est aussi présentée sur Facebook au lien :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10151811885974932&set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3&theater

 ‘‘ Amour et compassion dans le chaos des temps présents ’’ 


RÉSUMÉ :

Les moyens de communication actuels, font surgir devant nous, à tous moments et en instantané, les crises multiples engendrées dans le cadre de la mondialisation.
Comment faire face à toutes ces crises ? En quoi les valeurs essentielles du bouddhisme peuvent-elles aider ?

Invité : Lama Jigmé Rinpoché DKL – Présentation : Aurélie Godefroy -

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

… En quoi l’amour et la compassion sont-elles des valeurs essentielles ?...

Aurélie Godefroy :
Vous êtes né au Tibet en 1949 et êtes arrivé en France en 1975.
Vous dirigez le centre de Dhagpo Kagyu Ling, situé en Dordogne.
Merci d’être avec nous.

Jigmé Rinpoché :  
Merci.

Aurélie Godefroy :
Commençons par un état des lieux.
Quelles sont les crises auxquelles nous devons faire face ?

Jigmé Rinpoché :  
En fait, la crise principale, aujourd’hui, est le fait que les gens manquent de communication, et tout d’abord entre les générations.
Par exemple, la plupart des gens s’adonnent trop aux nouvelles technologies.
Et ensuite, ils manquent de capacités au niveau de la communication humaine.
Ils manquent de temps pour cela, ou ils n’ont pas le sentiment que c’est nécessaire.
Par exemple, dans le passé, il y avait toujours une transmission orale des parents aux enfants.
Les différentes générations transmettaient des informations à d’autres générations.
Il y avait toujours pour les enfants une référence.
Il y avait bien sûr des situations difficiles, économiques ou politiques, mais comme on avait une référence, on avait toujours une solution de disponible.
On pouvait toujours s’aider les uns les autres.
Ça amenait des solutions différentes.
Il y avait donc moins de difficultés.
Aujourd’hui, il y a beaucoup de difficultés.
Par exemple, il y a deux choses : ma forme de vie a 3 différentes générations.
Le passé, le présent et le futur.
Les gens du passé avaient beaucoup d’informations.
Et avec le temps qui passe, ma génération aujourd’hui, en fait, a moins d’informations.

Ma génération est beaucoup trop impliquée dans l’extérieur.
Donc la nouvelle génération a encore moins d’informations.
Lorsqu’ils font face à des situations difficiles les gens paniquent.
Ils ont trop d’émotions et se tournent vers l’extérieur.
Cela crée du chaos.
C’est la raison pour laquelle on perd des informations.
Et c’est pourquoi les problèmes surviennent.
C’est parce qu’il n’y a pas assez de références que le chaos vient.

 

Aurélie Godefroy :
Mais de manière concrète, quand vous parlez de chaos, à quoi pensez-vous ?
À l’environnement ?
Au fait qu’il y ait de plus en plus de rendement pour de moins en moins de gens ? Que la société soit égoïste ?

Jigmé Rinpoché :  
Bien sûr, tout est interdépendant.
Toutes les situations sont connectées les unes aux autres.
Mais ce que je disais auparavant, c’est qu’il n’y a pas de références importantes.
Il n’y a pas d’information de référence.
LES GENS SE FOCALISENT TROP SUR EUX-MÊMES.
Et donc, toutes les situations viennent les perturber.

 

Aurélie Godefroy :
En proposant le thème de cette émission, sur la façon de remédier au chaos du temps présent, vous avez suggéré d’explorer 2 pistes : l’amour et la compassion.
J’aimerais que l’on revienne sur ces deux termes.
Comment entend-on le terme d’amour au sens bouddhiste du terme ?

Jigmé Rinpoché :  
Je viens juste de mentionner le fait que lorsque l’on se centre trop sur soi-même, il n’y a ni compassion ni amour.
Parce que les gens pensent qu’ils ont de l’amour et de la compassion, mais…
Il s’agit en fait simplement d’une orientation circonstancielle.
Il ne s’agit pas du véritable amour, de la véritable compassion.
D’après le bouddhisme, la compassion, dans un premier temps, est que du fait de la souffrance, nous éprouvons de la compassion.
Si nous allons au-delà de la conceptualisation, nous voyons la cause de la souffrance, et cette cause de la souffrance est simplement le fait que nous ‘agissons pas de la bonne façon en termes d’attitude et d’action.
NOUS N’AVONS PAS LA BONNE ATTITUDE CAR NOUS NOUS SOMMES TROP CENTRÉS SUR NOUS-MÊMES ET QUE NOUS NE PRENONS PAS ASSEZ SOIN DES AUTRES.
Le monde prend cette direction.
Si tout le monde est conscient que NOUS NOUS FOCALISONS BEAUCOUP TROP SUR NOTRE RESSENTI, alors nous pourrons voir quelle cause produit quel effet.
Et grâce à cela, la compassion viendra.
C’est parce que nous voyons la souffrance qui est là que nous développons de la compassion.

L’amour n’est pas seulement un amour émotionnel.
Il s’agit d’une relation humaine.
GRÂCE A LA COMPRÉHENSION DE LA SOUFFRANCE, NOTRE ESPRIT DEVIENT BEAUCOUP PLUS PROCHE DES AUTRES ÊTRES.
L’amour est alors là.
Si l’on parvient à développer de l’amour et de la compassion, alors, notre situation peut changer.

 

Aurélie Godefroy :
Est-ce que vous pourriez nous donner quelques exemples de la manière dont cet amour peut se mettre en marche ?

Jigmé Rinpoché :  
En fait, tous les êtres humains ont en eux cet amour et cette compassion essentiels.
Dans certaines circonstances, nous pouvons le voir.
Beaucoup de gens pensent qu’ils n’ont pas de compassion, qu’ils n’ont pas d’amour.
Ça, c’est un autre problème.

Si on est sur la route, qu’il y a un accident de voiture et qu’une personne est blessée, immédiatement, il y a une compassion sincère qui est là.
À ce moment-là, la personne qui est blessée reçoit cet amour.
C’est très simple.
C’est simple à comprendre.

 

Aurélie Godefroy :
La difficulté, pour mettre en pratique cet amour et cette compassion, c’est notre ego.
Quel conseil vous donneriez, concrètement, pour essayer d’appliquer ces valeurs ?

Jigmé Rinpoché :  
En fait, ce n’est pas si difficile que cela.
Dans le bouddhisme, nous apprenons toujours la conscience ainsi que la vigilance.
Cela est comparable à la conduite d’une voiture.
Quand vous conduisez, il faut être vigilant, sinon, vous allez créer un accident, ou avoir un accident, puisqu’il y a beaucoup de voitures.
Ici, il s’agit de conduire notre propre esprit.
LA FAÇON D’APPRENDRE, C’EST LA MÉDITATION.
GRÂCE À LA MÉDITATION, NOUS APPRENONS COMMENT PRÉSERVER LA VIGILANCE T LA QUALITÉ DE CONSCIENCE.
La vigilance et la conscience donnent toujours la direction de nos émotions.
Par exemple, dans les enseignements principaux du bouddhisme, il est dit que du fait de l’émotion, nous essayons de ne pas laisser l’émotion guider notre esprit et le faire  tomber dans le néfaste.
Que devons-nous observer ?
La saisie égotique, l’orgueil, la jalousie, la colère, l’aversion.
Il s’agit en fait des outils principaux.

Donc, si nous pouvons avoir conscience que notre esprit prend la mauvaise voie, du fait des circonstances que l’esprit va rencontrer, alors, bien sûr, nous aurons cette super intelligence qui est présente.
Et nous sommes pris par cela.
Mais si nous devenons familiers avec le processus, nous pouvons voir toute la situation, comprendre la situation.
La compassion vient naturellement.
Tous les êtres sensibles sont identiques à moi-même.
Si nous développons de la compassion, nous avons de meilleures relations.
Ça va venir de façon spontanée.

 

Aurélie Godefroy :
Pour conclure cette émission, pensez-vous que les jeunes générations sont justement un peu plus actives en matière de protection du monde ?
Est-ce que ces générations font preuve de plus de compassion ?
Vous le ressentez ?

Jigmé Rinpoché :  
Oui. Je le ressens.
J’ai l'habitude de travailler beaucoup avec les adolescents.
Nous échangeons beaucoup.
En fait, le problème principal est qu’ils ne savent pas comment gérer les choses.
Je parle des adolescents parce qu’il s’agit d’un stade du développement.
Dans la vie d’un être humain, il y a beaucoup de puissance.
S’ils ont les bonnes informations, ils peuvent emprunter le bon chemin.
J’ai de nombreux exemples.
Nous effectuons des dialogues, notamment avec les adolescents.
Un an plus tard, je leur demande :
« Qu’avez-vous tiré de notre conversation d’il y a un an ? »
Et ils répondent toujours qu’à ce moment-là, ils étaient très intéressés puis quand ils sont rentrés chez eux, ils ont oubliés.
Mais quand ils ont eu à affronter des difficultés, ils se sont rappelé cette information.
Dans les cas de violence, de paresse, de mauvaises relations avec leurs parents, à l’adolescence, quand ils ont de mauvaises pensées.
Dans ces situations, ou encore lorsqu’ils vont boire beaucoup d’alcool ou avoir des loisirs peu louables, à ce moment-là, dans chacune de ces situations difficiles, ils vont se rappeler le message et ils vont immédiatement reconnaître la situation, tout particulièrement lorsqu’ils sont jeunes, intelligents, énergiques.
C’est alors une chance.

 

Aurélie Godefroy :
Terminons sur cette note d’espoir.
Merci d’avoir été avec nous.

Jigmé Rinpoché :  
Merci

 

Voir ou revoir l'émission au lien :
http://www.youtube.com/watch?v=MefyWoS1m4U

 Lama Jigmé Rinpoché est le directeur spirituel du centre bouddhiste de Dhagpo en Dordogne /
http://www.dhagpo-kagyu-ling.org/fr/index.php/enseignants/lama-jigme-rinpoche

Lama Jigmé Rinpoché : sa biographie
http://www.jigmela.org/francais/biographie.htm

 

 

Remarque : cette transcription est aussi présentée sur Facebook dans le dossier Sagesses Bouddhistes : https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3

au lien : https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3

 

REVOIR L'ÉMISSION TV : http://www.youtube.com/watch?v=MefyWoS1m4U (14'50)

 

 

 

Comment développer l'amour bonté ?
avec Jean-Paul Ribes

Dimanche 25 août 2013 - France 2 à 8h30 SAGESSES BOUDDHISTES

" Le Vésak de la communauté sri lankaise de Paris "


TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

 

 

Dimanche 11 août France 2 à 8h30 SAGESSES BOUDDHISTES
Comment développer l’amour bonté envers tous les êtres ?
Présentée par Aurélie Godefroy. Invité : Jean-Paul Ribes


Transcription écrite partielle :


(1’20) :
Jean-Paul Ribes : « Pour ma part, je verrais le fait maternel d’un côté et la maternité de l’autre.
Comme on dit l’humilité ou l’humanité.
C’est une idée plus vaste. En effet, dans cette maternité, je verrais un potentiel.
Mais également une attitude, une disposition, que nous pouvons tous, les uns et les autres, partager ou acquérir.
Dans le bouddhisme, la maternité n’est pas vécue d’une façon identique à la nôtre.
Nous pensons qu’après la mort, notre flux de conscience demeure dans un espace intermédiaire qui s’appelle le bardo.
Et l’envie, le désir de retourner dans le cycle des existences qu’est le samsara nous fait choisir une matrice.
Cela en fonction de notre karma et du karma de la future maman.
La mère apparaît donc ici comme une passeuse de vie.
Elle accueille une vie, elle la met au monde, mais elle n’en est ni propriétaire, ni véritablement maîtresse.
Par contre, par son amour, son affection, elle peut accompagner tous les aspects positifs d’un karma qui est ce qu’il est. »


Aurélie Godefroy : « Quelles sont les qualités que cette mère doit développer pour son enfant ? »

Jean-Paul Ribes:
« Il y a des qualités pratiques qui sont communes à toutes les sociétés.
La douceur, la gentillesse, l’alimentation, être disponible pour son enfant.
À ces qualités, on peut ajouter une notion très importante du bouddhisme, l’absence de violence.
On ne doit pas se montrer violent vis-à-vis de son enfant.
Mais plus généralement, les qualités de la maternité, c’est ce qu’on appelle ‘‘Les quatre incommensurables’’, les ‘‘brahmavilhara’’ qui sont les suivants :
L’amour, la compassion, c’est l’amour bienveillant, l’amour affectueux. la compassion prend en compte la souffrance.
La joie est l’art de profiter de l’instant présent en mettant tout dans l’instant.
Enfin, on a l’équanimité. Selon Dagpo Rinpoché, l’équanimité est le socle de la pratique des autres.
Car, on doit pratiquer les quatre qualités en même temps.
Avec ce résultat que l’amour maternel ainsi créé n’est pas un amour d’appropriation, mais un amour de disposition à l’égard de l’enfant.
Il ne doit pas y avoir d’amour égoïste et appropriation. »


Aurélie Godefroy : « Que dit Sa Sainteté le dalaï-lama à ce sujet ? »

Jean-Paul Ribes :
« Il dit exactement ça.
Je vais vous lire un petit texte de lui, qui reprend exactement, sans les citer, les quatre incommensurables.
‘‘L’amour maternel qui relie la mère à son enfant ne résulte pas d’un attachement passionnel.
La mère n’attend rien de son bébé.
Elle se sent responsable de lui et souhaite lui procurer de la joie et du bien-être en toutes circonstances.
Cet amour-là, s’il n’est pas perverti, est très proche de la compassion véritable au sein de laquelle il n’existe aucun attachement.’’ »


Aurélie Godefroy : « Cela fait penser à l’amour universel, mais l’image maternelle reste très présente dans le bouddhisme »

Jean-Paul Ribes :
« L’image maternelle est constante, récurrente dans le bouddhisme.
En particulier dans un texte où on la voit apparaître de façon assez bouleversante.
Ce très beau texte s’appelle ‘‘Metta sutta’’.
C’est un texte de la tradition pali, de la tradition ancienne, qui est récité régulièrement dans les monastères en Birmanie.
Je vais encore lire un petit texte qui dit ceci :
‘‘Ainsi qu’une mère, au péril de sa vie, surveille et protège son unique enfant, ainsi, avec un esprit sans entrave, doit-on chérir toute chose vivante, aimer le monde en son entier.
Au-dessus, au-dessous, et tout autour.
Sans limitation.
Avec une bonté bienveillante, infinie ! »


Aurélie Godefroy : « Pour revenir à la tradition du bouddhisme tibétain, tous les êtres ont été nos mères dans des vies antérieures. »

Jean-Paul Ribes :
« … Notre amour maternel s’adresse aux êtres qui vivent sur terre et dans la terre, aux êtres qui vivent dans l’eau.
Et je dirais presque aux éléments eux-mêmes.
Il y a donc une dimension spatiale, on dirait ‘‘écologique’’ aujourd’hui.
On peut dire une biodiversité.
Face à a multitude et a multiplicité de la vie, montrons-nous maternels.
Cela concerne tout le monde… »
(8’40)

L'émission du 11 août 2013 peut être revue et téléchargée au lien :

http://www.youtube.com/watch?v=Xy5t6cq4ULE&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g

Remarque : cette transcription est aussi présentée sur Facebook dans le dossier Sagesses Bouddhistes : https://www.facebook.com/maurice.gaultier/media_set?set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3

au lien : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10151792448134932&set=a.10151792389969932.1073741841.565994931&type=3&theater

 

REVOIR L'ÉMISSION TV / : http://www.youtube.com/watch?v=Xy5t6cq4ULE&feature=c4-overview&list=UUEqJSW7aS3ORw6wQXg-7t0g (14'48)

 

 

 

 

Archives UBF
UNION BOUDDHISTE DE FRANCE

Dans le site de l'UBF ("Union Bouddhiste de France" ) des archives sont présentées depuis 1997 au lien : http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/

Quelques extraits des émissions :

 

Émission du 18.06.2000 : "LE VÉSAK"
avec Odon VALLET (Docteur en Droit et en Sciences des Religions) http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/transcripts/000618_odon_vallet.htm et http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/

Émission du 07.05.2000 : "LES RETRAITES DE LONGUE DURÉE DANS LA TRADITION TIBÉTAINE"
avec Lama TEMPA http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/

Émission "Voix Bouddhistes" du 30.04.2000 : "LA RELIGION BÖN"
avec Lopön Tenzin Namdak et Dr Fernand MEYER (tibétologue) http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/ et http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/transcripts/000430_meyer_bon.htm

Émission du 12.03.2000 : "LA MÉDECINE TIBÉTAINE"
avec Fernand MEYER (médecin de formation et tibétologue) http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/

Émission du 05.03.2000 : "LA VIE ET LA MORT DANS LE BOUDDHISME ZEN"
avec Jean-Pierre FAURE (moine zen ordonné par Maître DESHIMARU) http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/

Émission du 27.02.2000 : "LE BOUDDHISME TANTRIQUE"
avec Dagpo RIMPOTCHÉ http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/

Émission "Voix Bouddhistes" du 13.02.2000 : "LA FÊTE DU TÊT" Pagode de Bagneux
avec Michel TAURIAC (écrivain, grand reporter et journaliste) http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/

Émission du 23.01.2000 : "LA MÉDECINE DES CATASTROPHES"
avec le Professeu Pierre CUER et le DR CHEVASSUT http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/

Émission du 02.01.2000 : "QUELLE SPIRITUALITÉ POUR L'AN 2000 ?"
avec André COMTE-SPONVILLE (écrivain, philosophe) et Roland RECH (moine zen, écrivain) http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/

Émission "Voix Bouddhistes" du 03.10.1999 : "RENCONTRE AVEC LES PROTESTANTS"
Rencontre et dialogue entre le Pasteur Jacky ARGAUD et pierre CRÉPON (tradition zen) http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/

Émission du 26.01.1997 : "LA BIO-ÉTHIQUE : La Médecine face aux Droits de l'homme - Avortement -euthanasie et don d'organes"
Avec le Prof. Jean-Pierre MASSUE, le Prof Pierre CUER et le Dr. Marie-Ange PRATILL http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/

 

AUTRES ÉMISSIONS SIMILAIRES


MATTHIEU RICARD : Dossier au lien matthieu_ricard.html


Arte - 13.10.2014 : émission 28'

Re)voir l'émission au lien : http://www.dailymotion.com/video/x27vf7o (12'04)



Radio Télévision Suisse RTS 24.08.2014 : émission "Pardonnez-moi"

Darius Rochebin reçoit Matthieu Ricard. Docteur en génétique cellulaire, il devient moine bouddhiste tibétain en 1979.
Auteur de nombreux ouvrages, il offre l'intégralité de ses droits d'auteurs à des projets humanitaires menés au Tibet, en Inde et au Népal...

(Re)voir l'émission "Pardonnez-moi" au lien :
http://www.dailymotion.com/video/x24pd20 (24'04)

 

France 2 - 15.12.2013 : émission "Sagesses bouddhistes"
Interview de Matthieu Ricard le 15.12.2013 dans le cadre de "Sagesses bouddhistes" sur France 2, présentée au lien :
http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html#altruisme_un_facteur_de_paix


 

 

PIERRE RABHI - Émissions TV

IMPORTANT : Le dossier des émissions concernant Pierre RABHI a été déplacé au lien :
http://www.conscience33.fr/tv_sante.html
Merci pour votre compréhension

 

 

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