Télévision - Documentaire LA MALADIE DE LYME, QUAND LES TIQUES ATTAQUENT ! suivi du débat CES NOUVELLES MALADIES QUI NOUS MENACENT - Vidéos & transcriptions écrites.
La maladie de Lyme, transmise à l'homme par les tiques, a plusieurs visages. Face à cette infection qui se répand, la communauté médicale semble désarmée.

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Tv - LA MALADIE DE LYME,
quand les tiques attaquent !

- PRÉSENTATION

- 20.05.2014 LA MALADIE DE LYME, quand les tiques attaquent ! sur France 5 - Documentaire, suivi du débat "CES NOUVELLES MALADIES QUI NOUS MENACENT"

- Lire aussi : DOSSIER COMPLÉMENTAIRE CONCERNANT LA MALADIE DE LYME
présenté au lien http://www.conscience33.fr/medecine.htm#Maladie_de_Lyme
et présenté de nouveau dans cette page au lien suivant : #complement

Un dossier France 5 : http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-maladie-de-lyme-quand-les-tiques-attaquent-1077.asp?1=1

PRÉSENTATION :

 

Dossier relatif aux émissions de télévision concernant le domaine de la santé et pour réfléchir !

Il s'agit de comprendre comment la télévision nous renvoie les informations relatives à la santé.

Les transcriptions écrites sont faites avec l'aide des sous-titres.
- Site de Télé Scoop pour les scripts des sous-titres : http://telescoop.tv/



 

LA MALADIE DE LYME,
QUAND LES TIQUES ATTAQUENT !
suivi du débat :
CES NOUVELLES MALADIES QUI NOUS MENACENT


France 5 - Documentaire "LA MALADIE DE LYME, QUAND LES TIQUES ATTAQUENT !" - Mardi 20 mai à 20h35 suivi de :
France 5 - Débat "CES NOUVELLES MALADIES QUI NOUS MENACENT" - Mardi 20 mai à 21h29 -

VIDÉOS - PRÉSENTATION - INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES -

TRANSCRIPTION ÉCRITE DU DOCUMENTAIRE "LA MALADIE DE LYME"

TRANSCRIPTION ECRITE (PARTIELLE) DU DÉBAT "CES NOUVELLES MALADIES QUI NOUS MENACENT"

La maladie de Lyme, transmise à l'homme par les tiques, a plusieurs visages.
Face à cette infection qui se répand, la communauté médicale semble désarmée.


Photo de l'album de Facebook

1ère partie : Revoir sur Dailymotion le documentaire
LA MALADIE DE LYME, QUAND LES TIQUES ATTAQUENT !

http://www.dailymotion.com/video/x1vulej (durée : 51'50)


La maladie de Lyme - 20 mai 2014 France 5... par conscience33 

suivi du débat :

2ème partie : Revoir sur Dailymotion le débat qui a suivi :
CES NOUVELLES MALADIES QUI NOUS MENACENT (Le monde en face)

http://www.dailymotion.com/video/x1vv3u4 (durée 13'29)


La maladie de Lyme - Débat - 20 mai 2014 : CES... par conscience33 

 

EN REPLAY :

1ère partie Documentaire - Revoir en replay au lien :
http://www.france5.fr/emission/la-maladie-de-lyme-quand-les-tiques-attaquent/diffusion-du-20-05-2014-20h35
ou
http://pluzz.francetv.fr/videos/la_maladie_de_lyme_,102325910.html

2ème partie Débat - Revoir en replay au lien :
http://pluzz.francetv.fr/videos/le_monde_en_face_,102325911.html

À NOTER :
LE DOCUMENTAIRE EST DIFFUSE EN ANGLAIS au lien :
http://vimeo.com/95647143 (durée : 52'52)



PRÉSENTATION :

* 1ère partie : RÉSUMÉ DU DOCUMENTAIRE "LA MALADIE DE LYME, QUAND LES TIQUES ATTAQUENT ! " :

Réalisateur : Chantal Perrin

L'émission :

Paralysie faciale, douleurs articulaires ou encore méningite, la maladie de Lyme, infection bactérienne transmise à l'homme par les tiques, a plusieurs visages.
À mesure que ces petits acariens prolifèrent, la maladie gagne du terrain.
Face au phénomène, le corps médical est dépourvu de moyens réellement efficaces.
Les tests s'avèrent peu fiables, le protocole thérapeutique incertain.
La communauté scientifique est divisée face à cette infection, longtemps considérée comme une maladie rare.
Aujourd'hui, les spécialistes internationaux craignent d'avoir à faire face à une épidémie.
Enquête sur une affection aussi méconnue que redoutable

(Lu au lien : http://www.france5.fr/emission/la-maladie-de-lyme-quand-les-tiques-attaquent/diffusion-du-20-05-2014-20h35)

 

* 2ème partie : PRÉSENTATION DU DÉBAT QUI A SUIVI "CES NOUVELLES MALADIES QUI NOUS MENACENT" (Le monde en face) :

Présenté par : Carole Gaessler

Avec : P. Berche et J. F. Delafraissy

L'émission : 
Après la diffusion du documentaire « La maladie de Lyme, quand les tiques attaquent ! », Carole Gaessler ouvre le débat avec ses invités, Jean-François Delafraissy et Patrice Berche.
Le premier est spécialiste du virus du sida et du virus Ebola et dirige l'agence nationale de recherche sur le sida.
Le second est chef du service de microbiologie de l'Hôpital Necker à Paris et a participé à un rapport sur la maladie de Lyme.


(Lu au lien : http://pluzz.francetv.fr/videos/le_monde_en_face_,102325911.html)

 

* COMPLÉMENT : PRÉSENTATION DU DOCUMENTAIRE PAR FRANCE 5 SUR INTERNET AU LIEN : Ici

Transmise par les tiques et longtemps considérée comme rare, la maladie de Lyme est aujourd’hui en pleine expansion, au point d’inquiéter les spécialistes internationaux qui craignent d’avoir à faire face à une épidémie. Enquête sur une affection aussi méconnue que redoutable. 

« Il y a encore une quinzaine d’années, on pouvait passer l’été sans en avoir, maintenant ça n’arrive jamais […].
Parfois on trouve des “nids” et il suffit de s’asseoir dans l’herbe pour en ramasser deux ou trois cents.
Même (quand on est) à vélo, elles arrivent à s’accrocher. » Elles, ce sont les tiques.
Guide de randonnée dans les Pyrénées, l’une des régions les plus touchées de France, Thierry Cottereau ne fait que constater, à l’instar de ses collègues et des éleveurs locaux, la prolifération récente de ces petits acariens, parasites des animaux comme de l’homme.
Perchées sur le sommet des hautes herbes, les tiques peuvent attendre plusieurs semaines avant de s’en prendre à une victime dont elles sucent le sang grâce au rostre, une sorte de harpon qu’elles enfoncent dans la peau.
Gorgées de sang, elles passent alors de la taille d’une tête d’épingle à celle d’une cacahouète.
Désagréable et peu ragoûtante, une telle piqûre ne porte cependant pas à conséquence, sauf si le parasite est infecté par un germe, responsable chez l’homme d’une affection méconnue car jusqu’ici peu fréquente, la maladie de Lyme. 

Face à une épidémie mondiale

« La tique inocule une bactérie appelée Borrelia burgdorferi. La piqûre passe souvent inaperçue parce qu’elle ressemble à celle d’un insecte et donc souvent on ne propose pas de traitement.
La maladie va alors évoluer à bas bruit sous une forme d’abord subaiguë, puis chronique pendant des mois ou des années, dix, vingt, trente ans », explique le Pr Christian Perronne, chef du service d’infectiologie de l’hôpital Raymond-Poincaré (Garches).
Prise à temps, une antibiothérapie de quelques semaines suffit à enrayer l’infection.
Dans le cas contraire, la Borrelia se répand dans l’organisme et migre vers le cœur, les artères, les articulations ou même le cerveau, provoquant des manifestations redoutables : fatigue extrême, troubles de la vision, de l’élocution, douleurs articulaires, difficulté de concentration, perte de mémoire…
Or, en raison de la prolifération des tiques, la maladie de Lyme ne cesse de gagner du terrain.
Selon le Dr Richard Horowitz, un médecin américain qui a ouvert un centre spécialisé dans la prise en charge de cette pathologie, « on est en face de l’épidémie mondiale la plus importante transmise par un vecteur.
C’est un problème planétaire ».
Il semble donc urgent d’apprendre à mieux connaître la borréliose pour pouvoir bien la soigner et freiner sa progression.

Beatriz Loiseau

 


INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES :

Un dossier France 5 : http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-maladie-de-lyme-quand-les-tiques-attaquent-1077.asp?1=1

. SITE "RÉSEAU BORRELIOSE.FR" : 
RÉSEAU sur la Borréliose de Lyme en France, ses Co-Infections et les Maladies vectorielles à Tiques.
Information, aide, soutien et défense des malades contre le déni :
http://www.reseauborreliose.fr/.

. SITE DE L'ASSOCIATION "Lyme Sans Frontières" :
http://www.associationlymesansfrontieres.com/


. LIVRE DE JUDITH ALBERTAT :

MALADIE DE LYME - Mon parcours pour retrouver la santé
Au lien : http://www.associationlymesansfrontieres.com/maladie-de-lyme

 

AUTRES ASSOCIATIONS QUI ŒUVRENT A LA PRÉVENTION ET AU SOUTIEN DES MALADES :

LYM'P.A.C.T - Association de Prévention et d'Action Contre les Maladies Vectorielles à Tiques /
http://www.lympact.fr/ - Email : contact@lympact.fr
Sur Facebook : https://www.facebook.com/Lympact

Association FRANCE LYME - Association de lutte contre les Maladies Vectorielles à Tiques
http://francelyme.fr/ - Email : bureau@francelyme.fr et contact@francelyme.fr
Sur Facebook : https://www.facebook.com/france.lyme


Association AUBE-LYME - Informer sur les dangers des maladies vectorielles à tiques et en particulier sur la maladie de Lyme et ses co-infections
http://aube-lyme.asso-web.com/ - Email : aube-lyme@laposte.net



TRANSCRIPTION ÉCRITE DU DOCUMENTAIRE ET PARTIELLEMENT DU DEBAT QUI A SUIVI :

DOCUMENTAIRE  "LA MALADIE DE LYME, QUAND LES TIQUES ATTAQUENT" (durée : 51'50)
La vidéo est présentée au lien : http://www.dailymotion.com/video/x1vulej

-On pouvait passer, il y a 15 ans, un été sans en avoir, là, ça n'arrive jamais.

-Des vampires modernes.
Je m'enlève 50 à 100 tiques par an, c'est le minimum.

-La bactérie se répand chez les tiques, donc quand elles piquent, elles contaminent.

-Mes maux de tête, tous mes voisins m'ont entendu hurler tellement j'avais mal.

-Pendant 16 années, les médecins m'ont dit que c'était dans ma tête.

-Non monsieur, vous n'êtes pas malade.
C'est psychosomatique, allez voir un psychiatre.
On dit aux malades qu'ils sont fous.

-C'est l'épidémie mondiale la plus importante transmise par un vecteur.
La numéro 1.

NARRATRICE :-Il y a un coupable dans cette histoire.
Celui-ci est invisible ou presque, une petite bête qui porte en elle une grande menace, la tique.
Cet acarien de quelques millimètres transmet une maladie grave et méconnue, la borréliose ou maladie de Lyme.
Les Pyrénées sont une des régions les plus touchées de France.
Ici les maladies de Lyme ont proliférés en quelques années.

THIERRY COTTEREAU, GUIDE DE RANDONNÉE :-En rando, et même en vélo alors qu'on va plus vite, elles arrivent à s'accrocher.
Est-ce pendant les pauses ou pendant la pratique ?
Il arrive qu'il y ait des nids de tiques.
Une fois quelqu'un s'est assis dans l'herbe pendant le casse-croûte, et en se relevant, il avait 200 tiques sur lui !

CLEMENT GARCIA, ÉLEVEUR : -Toute l'année.

TC : -Même en hiver, on se promène avec le chien en raquettes, on est restés sur la neige, on revient et le chien a chopé des tiques.
Alors qu'on est restés sur la neige.
Ça a l'air d'être très…

NARRATRICE :-Invulnérable et camouflée, perchée au sommet des hautes herbes, la tique est un chasseur solitaire.
Elle peut attendre le passage de sa proie pendant des semaines.
Son arme, c'est le rostre, un harpon qui s'enfonce dans la peau de sa victime jusqu'aux vaisseaux sanguins dont elle se nourrit.
Son repas peut durer plusieurs jours.
Gorgée de sang, la bestiole passe de la taille d'une tête d'épingle à celle d'une cacahouète.
Ce vampire n'est dangereux que s'il est porteur d'une bactérie.
C'est cette association de malfaiteurs, entre la tique et la bactérie, qui propage la terrible maladie de Lyme.

Pr CHRISTIAN PERRONNE, CHEF DU SERVICE INFECTIOLOGIE, HÔPITAL RAYMOND POINCARÉ, GARCHES : -Elle inocule la bactérie appelée borrelia, borellia burgdorferi.
L'inoculation se fait au niveau de la peau.
Une rougeur apparaît, mais qui n'est pas constante, deux fois sur trois.
Souvent elle passe inaperçue.
La personne, la famille, le pharmacien, le médecin dit que ce n'est rien et ne donne pas de traitement.
Mais si on ne traite pas, la maladie va évoluer à bas bruit.
Elle évolue sous une forme subaiguë sur quelques semaines, puis chronique sur un délai de quelques mois à plusieurs années.
La maladie peut évoluer 10 ans ou à vie, si on n'est pas soignés.

NARRATRICE :-Quelques semaines d'antibiotiques pris après la piqure suffisent à enrayer l'infection.
Mais si elle n'est pas traitée à temps, c'est l'engrenage.
Cette bactérie est une bombe à retardement.
Elle peut migrer dans le cœur, les artères, les articulations ou même le cerveau.
Elle peut sommeiller en nous des années et se réveiller lors d'une baisse immunitaire.
C'est la terrible expérience qu’a faite Joanna.
Depuis 7 ans, sa vie est rythmée par ses visites au Pr Perronne, le patron du service des maladies infectieuses à Garches.

-Des douleurs dans la poitrine ?

-Non.

-Je vais réécouter le cœur.

-D'accord.

-Pour marcher, il n'y a pas de faiblesses musculaires ?
Une fatigabilité ?
Paradoxalement, les jambes vont mieux.

NARRATRICE :-Chez Joanna, la bactérie transmise a atteint le cœur et le système nerveux central.

-Je suis allée ramasser du muguet avec mes enfants en mai 2006.
Je me suis retrouvée avec une tique que je n'ai pas vue.
Une toute petite tique.
Je l'ai vue au bout de 2 jours, quand elle était gorgée de sang.
Je suis allée voir mon médecin et il m'a dit que c'était une allergie à la piqure d'insecte, que c'était une infection saisonnière, j'avais mal à la gorge, il m'a donné des pastilles à sucer.

-Le cas de Joanna est assez typique.
Voilà une femme qui était en pleine forme, qui était dynamique et sportive, et après une promenade dans les bois, sa vie bascule complètement.
Au début, c'est difficile, parce qu’une piqure de tique, ça ne paraît pas méchant.
J'ai retrouvé dans le dossier la photo de son érythème migrant sur la cuisse.
Le médecin a dit que ce n'était rien.
Très vite, sont apparus des signes de fatigue, des maux de tête, des douleurs articulaires.
Au bout de 2 mois, elle a vu un des assistants du service car elle n'en pouvait plus.
Elle ne comprenait pas ce qui se passait.

NARRATRICE :-Joanna est institutrice.
Sa passion, c'est d'apprendre à lire et écrire à ses élèves.
Mais la maladie de Lyme a bouleversé sa vie et la contraint à un effort constant.
Elle a perdu une partie de sa mémoire immédiate.
Alors, pour s'en sortir, elle s'est créée des rituels.

-Je pose mes médicaments toujours sous mes yeux, au milieu de la table. 
Je suis obligée de mettre les choses devant moi ou de mettre des post-it pour... pour ne pas oublier. 
C'est toujours très très compliqué, car même les post-it, je les oublie.
Je ne fais pas attention, j'ai des problèmes de concentration.
Je fonctionne énormément avec le Smartphone.
C'est, je... Je fonctionne avec mon téléphone pour... pour tous les gestes de la vie quotidienne.

-Pour les mémoriser ?

-Oui. Je les photographie.
Mes élèves savent que je passe avec mon téléphone tout ce qui est dans la classe, je prends des photos pour me souvenir.
Même dans les magasins, lorsque je dois penser à quelque chose, je fais des photos et je note.
Tout s'affiche sur mon téléphone tout le temps.
Des noms d'élèves, parce que ça aussi j'oublie.
Ce que je dois faire.
Je devais faire les modèles de cahier pour mes élèves.
Viens Maggy l

NARRATRICE :-La maladie est invisible, mais la bataille constante.
Les jours où Joanna n'enseigne pas, le lit est son allié.
À la fois bureau, salon et lieu de vie.
Rester allongée le week-end est pour elle le seul moyen d'être en forme en classe.
Mais avant que son mal ne soit identifié, certains médecins avaient conclu à un curieux diagnostic.

-J'ai pris rendez-vous avec un professeur en infectiologie.
Au bout de 3mn d'entretien, il m'a dit que j'étais atteinte de faignantise et que c'était la maladie des instits.
Et que lui aussi, parfois, il avait envie de rester au pieu.

NARRATRICE :-Depuis, Joanna a appris à identifier les symptômes de Lyme et leurs étranges va-et-vient.

-Comment comprendre que un jour, j'ai très mal au visage et que...
C'est presque insupportable.
Mais le lendemain, c'est fini, mais je suis si fatiguée que je ne peux plus bouger du lit parce que mon cœur ne va pas bien.
Trois jours après, je gonfle du bras et ça devient d'un seul coup une tendinite ou une inflammation à l'articulation donc...
Pour l'entourage, c'est très très difficile à comprendre et à gérer.

NARRATRICE :-D'autres malades ont longtemps vécu dans l'ignorance de leur mal.
Judith n'a pas le souvenir d'avoir été piquée par une tique.
Pilote de ligne, puis commandant de bord, elle souffrait de fatigues ponctuelles.
Pas de quoi inquiéter une femme pilote.
Et puis un jour, la maladie s'est réveillée.

JUDITH ALBERTAT :-C'est quand je suis entrée à Air France et quand j'ai travaillé comme instructeur que j'ai eu des problèmes, des douleurs, surtout articulaires au niveau du dos, des cervicales.
J'ai eu des troubles de la vision, des troubles de l'élocution.
Ça a posé de gros problèmes dans mon travail.
Tant et si bien, qu'au bout d'un certain temps, j'ai été obligée d'arrêter de travailler et...
Et de quitter la compagnie. Je ne pouvais plus travailler.

NARRATRICE :-Il lui aura fallu des années avant de mettre un nom sur son mal.
Ballotée de spécialiste en spécialiste, jamais la maladie de Lyme ne lui a été évoquée.

J A :-37 consultations en 10 mois entre juin 2008 et avril 2009.
"Rien. Vous n'avez rien. Vous n'avez rien."
J'ai eu des IRM, des scanners, des stratigraphies, des cystoscopies, des... de la biologie.
On a tout cherché.
"Madame, allez voir un psychiatre."
Ça a pris des proportions qu'aucun médecin n'arrivait à comprendre.
Ils ne comprenaient pas ce qui se passait.
Un brouillard total et des douleurs infernales, des brûlures dans les muscles, le ventre, les poumons, dans le front, dans les yeux.
Des brûlures, des brûlures, une douleur permanente qui fait...
Il y a eu des hivers où je me suis dit "ce n'est pas possible. Je ne peux pas envisager de passer encore une année comme ça."

NARRATRICE :-Cette errance médicale est une épreuve pour de nombreux patients.
En plus de souffrir physiquement, le malade souffre de ne pas être reconnu.
C'est le paradoxe de la maladie de Lyme.
Objectivement fréquente, elle est méconnue des médecins et mal diagnostiquée, en partie parce qu'en France, les spécialistes de cette pathologie se comptent sur les doigts de la main.

NARRATRICE :-Pour trouver un médecin qui se consacre à la maladie de Lyme, on peut aller dans l'Etat de New York.
Le docteur Horowitz y a ouvert un centre médical.
Une centaine de nouveaux patients y viennent chaque mois.
Le médecin est l'un des rares à pouvoir diagnostiquer cette maladie aux formes si variées, car il a mis au point une méthode.

Dr RICHARD HOROWITZ, HYDE PARK, ÉTAT DE NEW YORK :-De quels symptômes souffrez-vous encore ?
La maladie de Lyme est une maladie multisystémique. 
Je récupère l'historique du patient et je lui donne un questionnaire de 38 questions sur plein de symptômes.
Si je vois qu'ils ont plusieurs de ces symptômes combinés, je commence à m'interroger. 
Pas juste une douleur articulaire ou un épuisement, mais s'ils transpirent le jour, la nuit.
S'ils ont des frissons, comme pour le palu.
S'ils ont des moments d'épuisements qui vont et viennent, des douleurs musculaires qui se déplacent.
Un jour un endroit, le lendemain un autre.
S'ils ont des picotements et des brûlures, des problèmes de mémoire, de concentration alors qu'ils sont jeunes, s'ils ont tous ces symptômes, s'ils sont sensibles à la lumière, au bruit.
"Je ne dors pas le soir, j'ai des insomnies, je suis angoissé, déprimé sans raison."
Si tous ces symptômes sont présents alors je suspecte la maladie de Lyme.

ALLANA TOSCANO :-Je leur suis vraiment…
Quand je suis arrivée ici, j'avais l'air horrible.
J'étais pâle, mes yeux étaient rouges.
Il faisait 30 degrés dehors, c'était l'été, et j'avais 4 épaisseurs sur moi.
J'étais gelée.
Ça a été un dur chemin.

MONICA, MÈRE DE ALLANA TOSCANO :-Ses problèmes cognitifs se sont aggravés.
Elle a eu des pertes de mémoire.
Elle ne reconnaissait plus des lieux ni même ma mère.

NARRATRICE :-Si la patiente se porte mieux, c'est grâce à une combinaison complexe de traitements.
Mais même après 20 ans de pratique, le médecin américain et son équipe tâtonnent encore.
Les patients ne sont pas à l'abri des rechutes.

WILLIAM WINTERS, INFIRMIER : -Parfois, vous voyez arriver un patient pour la première fois, il a beaucoup de mal à parler.
Il est si paralysé du visage, qu'il ne peut pas vous parler.
Et puis quand il revient après 6 mois de traitement, il est capable de tenir une conversation.
Tout va tellement mieux.
Ça fait plaisir.
Le problème, c'est que parfois 6 mois plus tard, ça recommence.
De nouveau, certains ont du mal à parler ou à marcher.

NARRATRICE :-Si cette curieuse maladie intéresse les Américains, c'est qu'ils la craignent depuis longtemps, car le nord-est du pays est très touché.
Pendant des siècles, les Indiens évitaient de traverser certaines vallées au printemps et à l'automne, périodes des tiques.
Ceux qui étaient touchés pouvaient être atteints d'un mal incurable.
En 1972, c'est encore aux Etats-Unis, dans la ville de Lyme dans le Connecticut, qu'une mystérieuse épidémie d'arthrite frappe les jeunes enfants.
Personne ne pensait alors à une maladie bactérienne car on croit que les antibiotiques ont éloignés toutes les infections.
Il faudra attendre 1982 pour que le scientifique américain Willy Burdorfer établisse le lien entre la tique et la transmission de la bactérie borrelia à l'homme.
La borrelia n'est pas n'importe quelle bactérie, elle est intelligente.
Elle change d'apparence, se déplace rapidement et s'infiltre dans tous les tissus et les os.
Cette petite spirale est un ennemi redoutable pour les chercheurs.
A l'université de New Heaven dans le Connecticut, le Professeur Eva Sapi dirige un laboratoire consacré à l'étude de la borrelia et de ses mystères.

Dr EVA SAPI, BIOLOGISTE :-Ce qui est étonnant, c'est que le Docteur Burgdorfer a découvert la borrelia il y a près de 30 ans, et nous avons toujours des problèmes pour soigner les malades de Lyme et éliminer les borrelia.
Soit on ne s'est pas posé les bonnes questions, soit la borrelia est trop maligne.
Il faut mieux la connaître pour l'éradiquer.

-La borrelia peut prendre de multiples formes.
Les 3 communes sont : le spirochète, la forme kystique Le biofilm est une forme spéciale.
C'est comme un abri visqueux que la borrelia se fabrique elle-même.
Quand elle est attaquée par le système immunitaire, la bactérie peut s'y cacher.

Dr R H :-C'est une bactérie très virulente.
Et elle sait changer d'aspect.
Elle sait se cacher dans le corps.
Elle pénètre dans les cellules où elle se dissimule.
Elle crée des bouts d'ADN, comme des leurres.
Le système immunitaire se précipite dessus, mais elle est cachée dans des cellules qui deviennent une cible et provoque une réaction auto-immune.
Les antibiotiques ne pénètrent pas bien.
La borrelia s'infiltre profondément dans les articulations, dans les tissus profonds du cerveau.
Les antibiotiques ne pénètrent pas bien dans ces tissus et ne peuvent l'éliminer.
Cette bactérie est très intelligente.
Elle a plus d'ADN que n'importe quelle bactérie au monde.

NARRATRICE :-Une bactérie si intelligente, qu'avec la complicité des tiques, elle poursuit sa colonisation.
Aux Etats-Unis, les chiffres publiés par les autorités de santé en 2013 sont 10 fois plus élevés qu'en 2012.
Il y aurait sur le territoire plus de 300 000 nouveaux cas par an.

Dr R H :-Cette épidémie se propage.
J'étais en Europe.
En France, en Allemagne, en Angleterre et en Belgique, c'est une épidémie mondiale.
Il y a 3 ans, j'étais en Chine.
Ils ont un problème de Lyme.
C'est un problème planétaire dont nous devons nous occuper.

NARRATRICE :-L'épidémie s'est développée à partir de 2 foyers principaux : celui des Etats-Unis et un second en Europe de l'Est, qui s'est étendu jusqu'en Asie.
Aujourd'hui, on découvre de nouveaux foyers et de nouvelles souches de borrelia dans le monde.
En Afrique, la borréliose est la maladie infectieuse la plus répandue après le palu.
Une équipe de chercheurs français, conduite par le Dr Trape, a mis en évidence l'importance de la maladie dans des pays d'Afrique du Nord et de l'Ouest.
Nous voici au Sénégal, dans un dispensaire du sud de Dakar.

Dr JEAN-FRANÇOIS TRAPE, DIRECTEUR DE RECHERCHE À L’IRD :-Pendant 20 ans, nous avons étudié le paludisme.
Parallèlement, on s'est intéressés aux autres pathologies et la pathologie numéro 1 après le paludisme dans le village voisin, c'était justement la borréliose.
Certaines années, jusqu’à un quart de la population du village était malade.
C'est presque toujours confondu avec le paludisme, souvent confondu avec un paludisme résistant aux médicaments alors que c'est tout à fait autre chose.
C’est une maladie bactérienne très répandue dans toute une partie de l'Afrique.

NARRATRICE :-Grâce aux équipes du Dr Trape, tout le village a pris conscience de la menace de cette maladie.

MAMADOU SARR, CHEF DU VILLAGE NDIOP :-Le chef du village dit comment il comprend la borréliose.
Pour lui, c'est comme si c'était le paludisme.
Mais c'est encore plus grave que le paludisme parce que si tu as la borréliose, tu as une forte fièvre.
Tu as l'impression que tes os se cassent à l'intérieur.

NARRATRICE :-Une surveillance sanitaire doublée d'une bonne prévention permet de maîtriser l'infection dès son apparition.

Dr J-F T :-On passe dans chaque concession pour voir qui est malade, qui n'est pas malade, et pour prendre systématiquement la température des enfants, et chaque fois qu'on observe des symptômes, quels qu'ils soient, on remplit un questionnaire et on fait des examens biologiques.

NARRATRICE :-Pour enrayer la prolifération de la maladie, le médecin a sa méthode.
Il pose des pièges, pas des pièges à tiques mais des pièges à rongeurs.
Car si la tique n'est que le véhicule, le vrai coupable, ce sont les rongeurs.
Ces animaux sont le premier réservoir de la borrelia.
Eux ne développent pas la maladie, mais ils la transmettent.
Un seul de ces mammifères peut transporter une centaine de tiques et les contaminer.
Et quand plus tard la tique se nourrit sur un autre vertébré, comme nous, elle nous passe le relai de l'infection.

Dr J-F t :-Nous avons capturé 11 spécimens cette nuit appartenant à 4 espèces.
Ici, un gerbilliscus.
Un arvicanthis.
Et on a 2 espèces différentes de mastomys.
Nous allons prélever leur sang et faire d'autres prélèvements pour des études plus approfondies au laboratoire pour voir s'ils sont infectés par les borrelia.

NARRATRICE :-Ces rongeurs, munis de leurs tiques, s'infiltrent jusque dans les maisons.
La petite fille que vient voir le Dr Trape a sans doute été contaminée dans sa chambre.

-C'est la grande, hein ?

-Oui.

-C'est la grande. C'est toi ? Ça va ?

Elle pleure.

-Elle est intimidée.
A priori, tout est rentré dans l'ordre.
Elle a eu 10 jours de traitement antibiotique et normalement... Voilà !
Elle est guérie.
On va voir s'il y a des terriers de rongeurs dans les chambres.
Parce que les rongeurs sont omniprésents dans les champs, dans la forêt, et également dans les maisons, car il y a des réserves de nourriture.
C'est le lit.

-Voilà.

-Ah oui ! Là, il y a un terrier actif.
Probablement des mastomys.
Il est creusé sous le ciment du sol de la case.
Il y a certainement des tiques à l'intérieur. 
La personne qui dort ici a fait une borréliose la semaine dernière.
Voilà très certainement l'explication. 
Le terrier de mastomys est juste à côté du lit.
Les tiques sont sorties du nid et attirées par le dormeur, lui ont transmis la maladie.
Environ 30 à 40% des tiques sont infectées dans cette région.
C'est dégagé. Tu peux y aller.

-Le rongeur a été capturé avec ses congénères, mais les tiques sont au fond.
C'est l'aspirateur qui en vient à bout.

-2, 3, 4, 5. Ici ! Certaines sont bien gorgées.

NARRATRICE :-C'est l'heure de la récolte de tiques.
Elles subiront le même sort que les rongeurs.
Le Dr Trape va tester leur degré de contamination.
Dans le monde, on est très loin d'avoir mesuré le danger que représente cette maladie en expansion.
L'Europe n'est pas à l’abri.
En partie parce que les forêts, plus morcelées qu'autrefois, ont vu disparaître les prédateurs de ces rongeurs contaminés.
Plus de rongeurs signifie plus de tiques et donc, plus de risques de voir les bactéries se propager.
Le trio infernal: rongeur, tique, bactérie, a un boulevard devant lui.

JEAN-LOUIS CHAPUIS, CHERCHEUR, MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE, PARIS :-Les bactéries responsables de la borréliose de Lyme sont hébergées par les rongeurs forestiers.
En gros, 10% des mulots sont réservoirs. 20 à 30% des campagnols sont réservoirs.
Et en ce qui concerne le tamia, c'est entre 30 et 70% des tamias qui peuvent être réservoirs.

NARRATRICE :-Le tamia, c'est lui.
Un charmant petit écureuil venu de Sibérie.
Comment a-t-il atterri dans nos forêts européennes ?
Parce qu’il est vendu en animalerie.
Avec son allure de peluche à la Walt Disney, il séduit les enfants qui veulent en faire un animal de compagnie.
Mais l'écureuil a des dents acérées et s'en sert pour mordre.
Et beaucoup de familles d’accueil règlent le problème en le relâchant dans la nature.

J-L C :-Le tamia héberge beaucoup de tiques, plusieurs centaines parfois.
On a estimé que... les tamias infectent 8 fois plus de tiques dans le milieu que les deux rongeurs le campagnol et le mulot.
La base, la prévention voudrait qu'on commence à ne plus vendre ces animaux dans les animaleries.
On éliminerait ou on minimiserait dans tous les cas le nombre d'individus qui seraient relâchés.

NARRATRICE :-Si rares sont les pays européens à avoir conscience du risque de la maladie de Lyme, l'Allemagne a pris la menace au sérieux.
La lutte contre les tiques s'affiche ici dans toutes les pharmacies.

ELLEN LUBBERGER, PHARMACIENNE :-On sait que c'est un problème d'être piqué par une tique.
On sait qu'on doit les enlever au plus vite.
C'est déjà une épidémie.
On a pas mal de gens qui ont attrapé une maladie à cause de ça.
On est dans une région, au bord du Rhin, près de la Forêt-Noire en face des Vosges où on a beaucoup de tiques qui transmettent des maladies, surtout la borréliose ou maladie de Lyme.

Dr PETRA HOPF-SEIDEL, NEUROLOGUE :-Aucun pays au monde ne comptabilise le nombre de patients atteints de borréliose, mais en  Allemagne, on a des chiffres qui indiquent des proportions épidémiques.
Chaque année, le nombre de malades augmente de 10 à 15%.
Selon les estimations, 1 à 2 millions de personnes seraient atteintes en Allemagne sur 80 millions.
Ça fait 1 personne sur 80.

NARRATRICE :-De l'autre côté du Rhin, en France, officiellement, on ne parle pas d'épidémie, au contraire. La maladie de Lyme est classée parmi les maladies rares.

NARRATRICE :-Pour ce généraliste alsacien, cette affaire relève du déni médical.

Dr FRANÇOIS LALLEMAND, MÉDECIN GÉNÉRALISTE :-Ce n'est pas une maladie rare.
Au niveau d'un cabinet médical de médecine générale, on a des centaines de cas.
Quand on regarde les chiffres allemands et les chiffres français, on peut se poser des questions.
À quelques kilomètres, ils ont 200 fois plus de cas que nous.
C'est vrai que le Rhin est une bonne frontière!
Elle a arrêté Tchernobyl, ça tout le monde le sait !
Et elle arrête aussi également la borréliose !

NARRATRICE :-Pourquoi donc en France ne prend-on pas la mesure de la progression de cette maladie ?
C'est difficile à croire, mais d'après le Pr Perronne, en France, c'est le système de dépistage officiel qui est responsable de la sous-estimation du nombre de malades.

Pr PERRONNE :-Le problème, c'est que cette maladie a été décrétée maladie rare il y a 30 ans et du coup, tous les tests sérologiques faits pour la diagnostiquer sont faits de telle sorte qu'on ne dépiste jamais plus de 5% de cas dans une population donnée.

-C'est comme un plafond ?

-Exactement.
Quand vous faites... Je l'ai vécu, un de mes patients, avec le même test, se faisait tester dans différentes villes et avait des résultats différents !

NARRATRICE :-Autrement dit, des patients déclarés négatifs dans une région, peuvent être positifs dans une autre, car la sensibilité du test de dépistage diffère d'une région à l'autre. 
À ces interrogations s'ajoute une incertitude scientifique : la fiabilité même du test est aujourd'hui très largement mise en cause.

Dr R H :-Le test n'est pas sensible.
Ça a été publié dans la littérature médicale.
Il a une sensibilité de 55 %, 56 %.
Ce sont les chiffres de l'université Johns-Hopkins.
Une sensibilité de 55 % !
C'est comme jouer à pile ou face.

NARRATRICE :-Aux Etats-Unis, on commence à informer les patients sur le manque d'efficacité de ce test, mais chez nous, c'est silence radio.
Pour la plupart des infections, on effectue un second test plus spécifique pour confirmer le résultat du premier, mais pas pour la maladie de Lyme.

Dr ALAIN PINET, BIOLOGISTE MÉDICAL :-On a des tests qui ne sont pas satisfaisants à 100% à l'heure actuelle.
Nous, ce qu'on demande, c'est... qu'une autorité indéniable nous dise "on a ça, on a ça, on a ça" et que ce soit objectif.
Là, c'est un sujet polémique.
On est obligés de rester dans notre petit labo.
On fait ce qui nous semble être le mieux, mais on n'a pas de juge de paix, on n'a pas de consensus pour savoir ce que l'on peut faire.
On a besoin d'un consensus éclairé, pas un consensus de déni.

NARRATRICE :-Stratégie délibérée, manque de volonté ou simple immobilisme ?
Le moins que l'on puisse dire, c'est que les autorités sanitaires maintiennent le flou et la polémique scientifique ne s'arrête pas là.
Sur la forme même de la maladie, le monde médical n'est pas unanime.
Peut-elle devenir chronique ?
Est-elle évolutive ?
Son traitement doit-il être ponctuel ou de longue durée ?
Officiellement, en France, le centre national de référence pour la maladie de Lyme recommande 3 semaines d'antibiotiques éventuellement renouvelables une seule fois.
Pour ceux qui suivent la doctrine officielle, la forme chronique de la maladie n'existerait pas.

Pr PATRICE MASSIP, CHEF DU SERVICE DES MALADIES INFECTIEUSES, HÔPITAL PURPAN, TOULOUSE :-On n'accepte pas que la maladie de Lyme soit une maladie chronique.
Il peut y avoir quelques séquelles, articulaires, voire neurologiques, mais maladie chronique, non.
Au bout d'un certain temps, le microbe est mort et c'est fini.
Par contre, le microbe a pu faire des dégâts avec des séquelles.
Voilà ma façon de voir les choses.

NARRATRICE :-Selon notre expert new-yorkais, c'est tout l'inverse.
Il pense que le traitement ponctuel ne fonctionne pas toujours.
La bataille contre la bactérie doit parfois se mener à très long terme.

Dr R H :-Il y a de nombreuses maladies, comme la lèpre, que l'on traite longtemps.
On peut prescrire des antibiotiques à long terme.
Quand je donne un traitement, je ne donne pas qu'un seul antibiotique.
Je les associe, comme pour la tuberculose.
Si l'on comprend la biologie de la bactérie, on se doit d'associer les traitements.
C'est comme ça que j'ai de bons résultats.

NARRATRICE :-Si la maladie est si résistante, c'est peut-être aussi que la borrelia a des complices.
C'est souvent un bataillon d'agents pathogènes que la tique transmet.
Ce cocktail, selon certains spécialistes, serait à l'origine de la persistance des symptômes.

-Les tiques sont des seringues à pattes capables d'inoculer énormément de microbes.
Un article parlait de "la ménagerie des tiques", car ils avaient trouvé des virus, des bactéries, des parasites.
Tous ne sont pas méchants pour l'homme, ni pour l'animal, mais parmi tous ces microbes de tiques, certaines tiques ont un pourcentage de microbes nocifs.

-Les taux de co-infections trouvés dans cette maladie sont très élevés.
C'est incroyable.
On a trouvé que simultanément à la borrelia, la tique transmettait comme des mycoplasmes.
Cette idée est si nouvelle qu'on a du mal à la faire accepter.

NARRATRICE :-Après de longues années d'une souffrance qui n'avait officiellement pas de nom, Judith a fini par bénéficir d'un traitement complexe et exceptionnel.

-J'ai recommencé à piloter réellement en janvier 2011 après les 4 premiers mois de traitement qui étaient un traitement alternatif, puis allopathique avec des doses d'antibiotiques très fortes et qui m'ont fait franchir le cap.
J'ai retrouvé mon esprit, mon énergie, une santé extraordinaire me permettant de piloter à nouveau.

NARRATRICE :-Si Judith est repartie dans les airs, la maladie pèse encore sur les épaules de Joanna.

-Au bout de 7 mois de traitement, j'ai eu 5mn où je me suis dit que j'allais mieux.
C'est retombé après, mais j'ai eu 5mn.
Le lendemain, c'était 10mn, c'était 1 heure, 10 heures, et petit à petit, les choses ont commencé à aller mieux, mais les 7 premiers mois étaient une descente aux enfers sans fin.
Et... Il fallait jongler avec les traitements...
Savoir qu'est-ce qu'ils décident ?
Est-ce qu'on augmente ?
Est-ce qu’on baisse ?
On enlève un médicament, on en met un autre.
C'était de la dentelle.
Mais ça va, maintenant.
J'ai encore des antibiotiques.

NARRATRICE :-Le combat de la science contre la maladie de Lyme ne fait que commencer.
Dans le monde entier, les chercheurs travaillent sur de nouvelles pistes.
Dépistages, vaccins, cellules souches, génie génétique, traitement par les plantes, une offensive tous azimuts contre une maladie protéiforme.
Mais en France, la recherche est encore balbutiante.

-Il est très difficile de conduire de la recherche sur la maladie de Lyme puisqu'il n'y a pas de financement.
Pour l’instant, ça n'intéresse pas l'industrie pharmaceutique, car on utilise de vieux antibiotiques comme la pénicilline.
Ils ne valent plus rien.
Ils sont génériqués.
Et puis vue par l'industrie, le Lyme reste toujours une maladie rare, ils ne voient pas le retour sur investissement.
On tourne en rond, car quand on nous dit de faire progresser et qu'on veut le faire, on n'a pas le financement pour le faire.
La priorité serait d'obtenir des financements pour faire avancer la recherche.

NARRATRICE :-En attendant le remède miracle, Judith, la pilote de ligne, a fini par se battre avec ses propres armes.
Elle a publié un livre qui raconte sa longue errance médicale.
Et puis il y a 2 ans, elle a fondé "Lyme Sans Frontières" avec d'autres malades et des médecins.
Son objectif : défendre ceux que la médecine prétend ignorer  et pousser les autorités à prendre conscience de l'épidémie.

-Allô, oui, bonjour ?

NARRATRICE :-Le moins que l'on puisse dire, c'est que son initiative a eu de l'écho.

-J'ai traité en 18 mois environ 18 000 mails et 18 000 appels téléphoniques.
C'est une détresse souvent très importante que les personnes me livrent.
Nous dirigeons les gens vers des médecins compétents.
Des médecins qui sont formés aux nouvelles approches de traitements de la maladie.
Nous avons la possibilité de les écouter et de les mettre en relation avec d'autres membres et de les diriger vers un juriste qui pourra les aider sur un plan juridique dans le cas d'un déni marqué, dans les situations de licenciement.

NARRATRICE :-Une fois par an à Strasbourg, "Lyme Sans Frontières" organise des journées de rencontres qui permettent aux patients et aux médecins d'être informés sur les recherches en cours.
Les associations de patients comme celle de Judith militent pour qu'on autorise en France les traitements longue durée.

BRIGITTE DUQUERRO :-Quand j'ai eu mes 3 semaines d'antibiotiques, je suis sortie au bout d'une semaine et j'ai poursuivi chez moi.
Mais quand je suis sortie, j'ai demandé quel était le suivi et on m'a dit qu'il n'y en avait pas.
Je trouvais ça très étonnant.
Au bout de 2 ans de parcours, ça ne m'étonne plus.
Mais c'est inquiétant car si on n'est pas bien sortis de ce traitement-là, on est abandonnés. Malheureusement, la situation est assez compliquée pour pouvoir envisager de partir se faire soigner à l'étranger.

NARRATRICE :-Pour avoir des avis d'experts, les associations n'hésitent pas à les faire venir de loin.
Notre spécialiste new-yorkais est de la partie.
Il est venu dire haut et fort combien cette maladie aux mille symptômes nécessite une approche médicale inédite.

-Dr R H :Les gens qui viennent chez moi me disent: "J'ai vu 20 médecins ! Je suis encore malade. Que faire ?"
Je vais vous expliquer.
C'est comme quelqu'un qui va chez le médecin et qui dit: "Docteur, j'ai mal aux pieds."
Il a 16 clous dans les pieds.
Le médecin tire 2 clous, mais le patient revient et disant qu'il a encore mal.
Le médecin dit qu'il a retiré les clous.
Mais il en reste 14 dans les pieds !

-Les intervenants qui sont venus ont apporté, je crois, une vision positive.
On peut, peut-être pas guérir d'un Lyme, mais en tout cas vivre très bien avec un Lyme.
Et avec des éléments probants, factuels, qui sont divergents de ce qui est dit de manière consensuelle en France.
Ils vont pouvoir exploiter ces informations.
On va déjà restreindre l'entonnoir dans lequel ils voient tourbillonner des informations qu'ils ne peuvent utiliser.

NARRATRICE :-Les associations aident les malades à se battre légalement pour faire reconnaître leur mal.
La maladie de Lyme empêche souvent ceux qui en souffrent d'avoir un emploi.
Il faut donc tout faire pour qu'à la douleur ne s'ajoute pas de grosses difficultés financières.

JOSÉ PINHEIRO :-J'étais en maladie.
Ça a duré 3 ans.
Du jour au lendemain, j'ai vu un médecin conseil qui m'a dit que j'étais apte à 100 % à travailler.
Il n’a pas tenu compte de mes symptômes.
Je lui avais donné des analyses allemandes, des écrits français qui prouvaient que j'étais... en déficience physique avec fatigue chronique.
Le neurologue avait fait un courrier.
Il m'a reçu 5 minutes, la politesse n'était pas là.  
"Monsieur, vous allez retravailler."
Depuis ce jour-là, plus d'indemnités journalières.
Donc, je vis... sans finances.

Me CATHERINE FAIVRE, AVOCAT :-Les malades se trouvent dans une situation on va dire d'abandon, d'abandon par les caisses de Sécurité sociale qui disent qu'à une certaine date, à un moment donné, ils sont aptes à reprendre une activité professionnelle, alors que ce n’est pas le cas, car Lyme est une maladie qui est chronique et invalidante.
On est sur des contentieux de type Sécurité sociale où on se bat pour obtenir la reconnaissance d'une situation d'invalidité, d'inaptitude à reprendre une vie professionnelle pour obtenir le règlement d’indemnités journalières, d’indemnisations, qui vont permettre aux personnes de se soigner.

NARRATRICE :-Défendre ceux que Lyme a frappé au hasard, Judith en a fait le combat de sa vie.
Mais elle n'est pas seule à descendre dans la rue.
En France et partout dans le monde, la contestation s'organise.

NARRATRICE :-En 2013, la 1re journée mondiale de sensibilisation à Lyme a rassemblé des milliers de manifestants de Vancouver à Varsovie et de Melbourne à Oslo.
Si la maladie est protéiforme, le combat doit l'être aussi.
Geneviève a fondé le Réseau Borréliose avec d'autres malades.
Son objectif : tenter d'y voir plus clair dans le flot contradictoire d'informations qui circulent sur la maladie de Lyme.
Geneviève est atteinte d'une forme neurologique de la maladie, la neuroborréliose.
Paralysie, problème d'élocution, elle mène la lutte à sa manière avec les forces qui lui restent.
Entre eux, les malades s'appellent les "neuro-b".

GENEVIÈVE PERELLO, RÈSEAU BORRÉLIOSE :-Nous sommes tous des neuro-b dans le Réseau Borréliose et nous ne sommes pas capables de... de... d'un travail sur... la distance, d'efforts... sur le long terme.
Le long terme, c'est presque 1 heure.
Parce qu'il faut lutter.
Et... C'est la raison pour laquelle on s'est dit : "Doucement! "
Mais on a va arriver à faire passer ce qu'on n'a pas la force de faire passer autrement, on ne peut pas... se bouger.

NARRATRICE :-Alors c'est devant son ordinateur qu'elle fait bouger les choses.
En premier lieu, pour que dans les montagnes qui l'entourent, on informe du danger des tiques. Les Pyrénées est l'une des zones françaises où la maladie est la plus présente.

G P :-Il n'y a pas d'information pour alerter un minimum.
Rien !
De la même façon que dans les pharmacies, dans les aires de loisirs, de nature, on ne trouve rien qui concerne à la fois les possibles infestations, avec des panneaux par exemple, ou les dangers que cela représente.
Parce que ça gêne. Les hôteliers, les restaurateurs, tous ceux qui ont des activités en montagne.
C'est très difficile pour un maire de commune d'afficher un panneau en disant : "Attention aux tiques."
Il va craindre que le boulanger ne vienne pas s'installer, on n'aura pas de touristes, bref, c'est...
C'est un sacré problème parce que si on ne veut pas dire et qu'on subit, où va-t-on ?
Pourquoi pas de l'information dans toutes les pharmacies ?
Pourquoi il n’y a pas une prévention qui vienne de l'Etat et qui se fasse dans tout le territoire avec haut-parleurs, grands panneaux, dans tous les cabinets médicaux, de la documentation ?
Pourquoi il n’y a pas une formation de tous les médecins sur le territoire, puisque les tiques sont partout ?

NARRATRICE :-Dans les forêts françaises, contrairement à d'autres, on ne trouve aucune information sur les tiques.
Dans "La Charte du promeneur", les comportements interdits, les risques d'incendie sont signalés, mais rien sur le petit acarien porteur de bactéries.
L'un des seuls panneaux de prévention de l'Hexagone, le voici !
Dans la forêt de Sénart, près de Paris.
C'est Joanna qui l'a fait poser avec le soutien de son maire.

-Si j'avais eu cette plaquette avant d'être malade, aujourd'hui, je ne serais pas malade.
Parce que je ne savais pas que ça existait.
Et par la suite, je n’ai jamais entendu parler de la maladie de Lyme.
Le temps qu'on a mis pour trouver, que j'ai mis, que les médecins ont mis, aurait été beaucoup plus court.
On m'aurait soignée plus rapidement.
C'est ça qui a manqué.

NARRATRICE :-3 millions de visiteurs traversent chaque année cette forêt.
À part la ville de Yerres, les communes limitrophes n'ont pas jugé nécessaire d'informer les promeneurs du risque de contamination par les tiques.
Les précautions à prendre sont pourtant simples.

-Le jour de ma piqure, c'était un premier mai, il faisait froid, j'étais en jean et chaussures couvertes.
La tique est quand même montée jusqu'à la taille... par la cheville.
Simplement, le fait de mettre le pantalon dans la chaussette protège presque complètement de la piqure de tique.

NARRATRICE :-Eviter les hautes herbes.
Porter des vêtements couvrants.
Utiliser des répulsifs.
S'examiner en revenant de promenade.
Si besoin, retirer la tique avec une pince ou un tire-tique, mais jamais avec les doigts.
Des gestes dérisoires quand on sait le drame que représente aujourd’hui la maladie de Lyme.
Des gestes essentiels, tant la pathologie et ses mécanismes demeurent un mystère.

NARRATRICE :-La maladie de Lyme reste-elle vraiment une maladie rare ?
Pourquoi imposer un test de dépistage non fiable ?
Pourquoi ne pas autoriser les traitements a long terme si la maladie peut devenir chronique ?
Et enfin, face à tant d’incertitudes scientifiques, pourquoi la recherche est-elle si peu financée ?

-Cette histoire est comme un thriller de médecine moderne.
À qui ça profite, que la maladie soit si négligée ?
Qui profite du fait qu'on ne soigne pas les gens ?
On dit que c'est l'industrie pharmaceutique.
En maintenant les gens malades, elle peut continuer à les soigner sur du long terme.
Mais ça me paraît simpliste.
C'est peut-être juste de l'immobilisme.

-Je ne sais pas pourquoi cette situation existe en France à ce point-là !
Je ne l'explique pas.
Est-ce que c’est pour des conflit d'intérêts ?
Est-ce que c’est pour des questions d’ego ?
Est-ce pour le pouvoir?
Je ne sais pas.
Je n’ai pas de réponse à la question, mais la situation est bien plus difficile en France qu'ailleurs.

Dr R H :-Il faudrait des centres spécialisés pour ces malades.
Les médecins seraient spécifiquement formés, comme le sont les cardiologues, les neurologues.

NARRATRICE :-La recherche n'en est encore qu'à ses débuts mais la menace de la maladie de Lyme se fait désormais pressente.
C'est une course à laquelle la science et les autorités sanitaires sont confrontées.
Une course qu'on peut gagner si tout le monde s'accorde à reconnaître le danger.

 

 

NARRATRICE :-La maladie de Lyme, un exemple parmi d'autres de ces maladies émergentes qui menaceraient notre santé.
L'OMS comptabilise une nouvelle maladie infectieuse par an.
Faut-il s'en inquiéter ?
Quelles en sont les causes ?
On en parle dans quelques instants avec nos 2 invités.
Ce sont 2 spécialistes qui vont nous éclairer.
Restez avec nous.

 

FIN DU DOCUMENTAIRE

Un film écrit et réalisé par Chantal Perrin
Avec la collaboration de Ruth Stegassy
Sarah Carpentier

Produit par Guillaume Pérès

Musique Gael Rakotondrabe

 

DÉBAT « LE MONDE EN FACE » : "CES NOUVELLES MALADIES QUI NOUS MENACENT" - Transcription partielle
La vidéo est présentée au lien : http://www.dailymotion.com/video/x1vv3u4 (durée : 13'29)

CAROLE GAESSLER :-La maladie de Lyme, un exemple parmi d'autres de ces maladies qui nous menacent.
On en parle ce soir avec nos invités, 2 spécialistes.
Je vous les présente.
Professeur Jean-François Delfraissy, bonsoir.
Spécialiste du virus du sida, vous êtes le directeur de l'Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales.
En face de vous,
Professeur Patrick Berche, bonsoir, vous êtes chef du service de microbiologie à l'hôpital Necker à Paris, vous avez notamment participé à un rapport sur la maladie de Lyme.
C'est une maladie émergente, la maladie de Lyme ?

PROFESSEUR PATRICK BERCHE, CHEF DE SERVICE DE MICROBIOLOGIE, HÔPITAL NECKER, PARIS :-Ça a été décrit en 1976.
On ne peut pas dire qu'elle soit vraiment émergente.
Mais elle semble augmenter en intensité.
Le nombre de cas est estimé actuellement à 27 000 cas par an.

C G :-C'est une épidémie ?

Pr P B :-On peut parler d'une épidémie, une augmentation importante du nombre de cas.
On diagnostique peut-être mieux.
Mais beaucoup de patients restent en errance actuellement, sans diagnostic et avec une maladie de Lyme.

C G :-27 000 cas chaque année en France, c'est beaucoup. Comment on explique ça ?

Pr P B :-Les tiques semblent être plus touchées qu'il y a 20 ans pour des raisons diverses.
Peut-être les réservoirs.
Ce sont des rongeurs qui sont porteurs de la bactérie appelée "Borrelia".
Peut-être que plus de tiques sont infectées.
La probabilité augmente.
Ce se voit dans certaines zones, l'Est, le Centre.
Dans les zones à forêts, et c'est sûrement sous-estimé.
Et le fait que le diagnostic de labo ne marche pas bien donne des faux négatifs.
C'est-à-dire qu'il y a vraiment un travail de recherche a faire sur le diagnostic, sur ces patients en errance pour essayer de cadrer le diagnostic car le traitement est simple.

Pr P B :-Assez long.
Mais il guérit.

C G :-Donc, on doit y penser quand on a les symptômes.
Et se poser la question si on a été piqué.

Pr P B :-Bien signaler au médecin qu'on a été piqué par une tique.
C'est l'élément qui y fera penser.

C G :-En préparant cette émission, j'ai repéré un chiffre incroyable.
Entre 1940 et 2004, 330 maladies émergentes qui ont été diagnostiquées.
Lesquelles ? Ça veut dire quoi ?

PROFESSEUR JEAN-FRANÇOIS DELFRAISSY, DIRECTEUR DE L’AGENCE NATIONALE DE RECHERCHE SUR LE SIDA ET LES HÉPATITES VIRALES :-Que veut dire "maladie infectieuse émergente" ?
Est-ce une nouvelle maladie ?
Ça peut être le cas.
Par exemple, l'infection HIV et l'hépatite C, arrivées à cette période.
Ça existait peut-être avant mais on ne savait pas les diagnostiquer.

C G :-Elles existaient déjà mais on ne les avait pas identifiées ?

Pr J-F D :-On ne les avait pas identifiées.
Par exemple, on est dans l'année de l'hépatite C.
Moi, j'ai connu, on parlait de l’hépatite non A non B.
Ensuite, j'ai connu l'identification de l'hépatite C sur une technique de biologie moléculaire.
Et l'arrivée des traitements.
Tout ça en 20 ans.
C'est un exemple.
Ça, c'est une première possibilité.
La deuxième, il peut y avoir, sur des virus ou des bactéries connues, des mutations.
Ça peut muter en maladie émergente.
La grippe est un bon exemple.
Il y a de nombreux virus grippaux qu’on connait depuis longtemps, et puis de temps en temps il y a des petites mutations, des grandes mutations.
Et on voit arriver, à l’occasion des grandes mutations, ce qui a été décrit par exemple, sur H5N1 il y a une dizaine d’années, qui devient tout à fait un virus avec une pathogénicité plus importante.

C G :-Justement, on dit quoi ?
Ce virus se déplace avec quel moteur ?
Pourquoi il se déplace ?
C'est nous, notre mode de vie, avec l'avion, on accélère le processus ?

Pr P B :-L'émergence est due à plusieurs facteurs.
Il faut une population sensible, le contact avec un virus ou une bactérie inconnue.
C'est arrivé avec le HIV.
C'est un virus de singe qui est passé directement à l'homme en Afrique.
C'est ça qui a déclenché la maladie.
Ou avec Ebola, le contact avec des chauves-souris.
C'est des virus qu'on ne devrait pas rencontrer normalement.
Finalement, les maladies émergentes, c'est lié au comportement humain.
Parce que les virus ne sont pas nouveaux.

C G :-C'est nous, humains, qui nous en approchons.

Pr P B :-Par notre comportement, voilà.
Avec la déforestation, on est en contact avec des animaux, des rongeurs, des insectes, etc., qui transmettent des maladies.
C'est ça qui fait l'émergence, et ça se voit souvent aux grandes périodes de transition.
La première grande période de transition, c'est le néolithique où les grandes maladies infectieuses sont apparues.
L'autre, la découverte de l'Amérique où on a amené la variole et ramené la syphilis.
Et depuis le 19ème, on vit une grande transition où, soudainement, on avait 2 % de gens dans les villes.
Actuellement, il y a plus de 50 % dans les villes.
Donc, l'urbanisation est un facteur de promiscuité, de transmission.

C G :-C'est pas fini, cette urbanisation.
Je me dis que les virus, on va aller de plus en plus près d'eux.
On va les véhiculer.

Pr J-F D :-Oui, et les distances se sont considérablement réduites.
Là où il fallait 3 semaines de bateau pour aller en Asie, il suffit de 8 h d'avion.
Si quelqu'un est atteint, il arrive avant les signes et transmet le virus qu’il a attrapé.
Avant, on pensait : l'homme et puis une bactérie ou un virus en face de lui et un contact qui se faisait. 
Maintenant, on insiste de plus en plus sur une sorte de trio difficile, qui est l'homme, l'agent pathogène, mais aussi un troisième côté du triangle qui est l'environnement à la fois et le vecteur.
Par exemple, une chauve-souris porteuse de virus ou un insecte qui va être porteur du paludisme.

C G :-Le fameux triangle, il est assez explosif.
Est-ce que vous en tant que professeur, vous êtes inquiet ?
Est-ce qu’on va pouvoir maîtriser tout ça ?

Pr J-F D :-Il faut admettre qu'on va avoir régulièrement des menaces.
Et puis après, là où c'est difficile, c'est que quand les menaces arrivent, on peut les préparer.
Et les communautés pensent avant, réfléchissent à la prise en charge.
Ça pose des problèmes médicaux et de santé publique, de politique.

C G :-On l'a vu sur la vaccination.

Pr J-F D :-Oui. C'est de savoir, quand on appuie sur le bouton, savoir si c'est grave ou pas.
Par exemple, Ebola dont on parle en ce moment.

C G :-Qui est en Guinée.

Pr J-F D :-Le virus a été rapatrié, diagnostiqué dans le P4, ce laboratoire de haute sécurité.

C G :-À Lyon.

-C'est à la fois extrêmement  grave.
80 % de mortalité pour les personnes atteintes.
Mais ça reste très localisé.
C'est très grave pour les personnes atteintes…

 

Fin de la transcription écrite à 7’24 sur 13’29, durée totale du débat.

 

...

Une transcription écrite est aussi présentée sur le site de TéléScoop, au lien :
http://telescoop.tv/browse/470456/la-maladie-de-lyme-quand-les-tiques-attaquent.html?q=lyme

 

 


 

DOSSIER COMPLÉMENTAIRE
LA MALADIE DE LYME PRESENTÉ AU LIEN :
:
http://www.conscience33.fr/medecine.htm#Maladie_de_Lyme

 

Médecine 
Dossier "Maladie de Lyme ou Borréliose" 
Cité par le Docteur Didier Moulinier : http://dr.moulinier.fr/ qui écrit : 
« Je suis ébahi par le silence de nos autorités sanitaires vis à vis de cette maladie et sa reconnaissance uniquement dans les formes actives sans prendre en compte les formes chroniques. »


Liens : 

. SITE "RÉSEAU BORRELIOSE.FR" : 
RÉSEAU sur la Borréliose de Lyme en France, ses Co-Infections et les Maladies vectorielles à Tiques.
Information, aide, soutien et défense des malades contre le déni :

http://www.reseauborreliose.fr/.

. SITE "VOTRE SANTÉ.ORG" : 
Le laboratoire Schaller de Strasbourg harcelé par les autorités : 
http://www.votresante.org/suite.php?dateedit=1338794655 


. REVUE "REBELLE SANTÉ" :
Maladie de Lyme : diagnostics et soins inadaptés : 
http://dr.moulinier.fr/wp-content/uploads/2012/06/Maladie-Lyme-RebelleSant%C3%A9-1.pdf
.

. LABORATOIRE NUTRIVIAL : http://www.nutrivital.eu/




AU SUJET DE LA MALADIE DE LYME : 

Un dossier France 5 : http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-maladie-de-lyme-quand-les-tiques-attaquent-1077.asp?1=1

Lire l'article de Léonard Katz au lien 
"Principes de santé - 2009 : http://www.principes-de-sante.com/article/maladie-de-lyme.html?page=2 et

MAIS AUSSI...

"Maladie de Lyme, le scandale du Tic Tox" :
http://www.chaos-mondial-organise-resistance-infos.com/article-maladie-de-lyme-le-scandale-du-tic-tox-103175874.html 

"Le Tictox au banc des accusés" : 
http://www.reseauborreliose.fr/index.php/post/2012/02/08/Le-Tictox-au-banc-des-accus%C3%A9s 
et nouvel article au 31.03.2014 :
http://www.reseauborreliose.fr/index.php/post/2014/03/31/Proc%C3%A8s-Christophe-Schaller%3A-%C3%A0-quand-Justice
... En mars 2014, le "jugement intermédiaire" n’est toujours pas fourni. La liste des experts non plus. ... 25 mars 2014 : Renvoi. Le tribunal est toujours en attente du "supplément d’informations" demandé un an et demi auparavant. Procès renvoyé au 25 septembre (2014).



Article de "Alternative santé" (27.09.2012) : 
http://cgi.dolist.net/online.asp?l=4403-149728-8215-a84f265c-34c 

et : 

ANKER-APOTHEKE 
B. Illenberger e.k. - Hauptstrasse 43
77694 Kehl / Rhein - Allemagne 
Tél. : + 49 7851 2397. 
http://www.rolf-illenberger.de/anker/fra_index.html
Email : info@anker-apotheke-kehl.de 
(commercialise le Tic-Tox).


INFORMATIONS POUR SE SOIGNER :
. Conseils santé du Dr Luc Bodin : http://www.conseilslucbodin.com/ 
. Que faire si l'on pense avoir la maladie de Lyme ? : http://www.lyme-sante-verite.sitew.com/Que_faire_.F.htm#Que_faire_.F 
. Produit AROMATIC : http://www.sos-lyme.com/forum/viewtopic.php?f=7&t=19 et http://91.121.153.12/forum/melodiefixe/Forum%20m%C3%A9lodie/forum.aceboard.net/177758-1964-11113-0-Nouveau-traitement-pour-Lyme.htm [page Web inaccessible !]
.
.

 

 

 

 

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