Télévision - Médecines d'ailleurs - Découvrir et partager la vie des femmes et des hommes qui prennent soin des autres, sauvent des vies, parfois inventent de nouvelles manières de soigner, de soulager, et ces médecines ancestrales, toujours profondément ancrées dans une culture.
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TV - Médecines d'ailleurs

VIDÉOS ET TRANSCRIPTION ÉCRITE DES FILMS - PRÉSENTATION

- AVERTISSEMENT : LES VIDÉOS SUR DAILYMOTION, avant février 2015, ONT ÉTÉ SUPPRIMÉES APRÈS QUE LE COMPTE AIT ÉTÉ SUPPRIMÉ SANS NOTIFICATION PRÉALABLE PAR DAILYMOTION DÉBUT 2015.
ELLES ONT ÉTÉ ENREGISTRÉES ET SONT DISPONIBLES POUR ÊTRE DE NOUVEAU TÉLÉCHARGÉES...

SAISON 1 : 2014 - L'intégrale des 20 vidéos est présentée ici : #integrale

SAISON 2 : 2016 - L'intégrale des 20 vidéos est présentée ici : #integrale_2016

Le lien de ce dossier est http://www.conscience33.fr/tv-medecines-ailleurs.html ou http://bit.ly/1kNtDie

TÉLÉVISIONS : VOIR ET ÉCOUTER BERNARD FONTANILLE au lien #televisions :
- depuis le 10.05.2014 : FILMS PRÉSENTÉS SUR ICI EXPLORA (Canada) : #ICI_EXPLORA
- 12.04.2014 : TV5MONDE : Émission "64' GRAND ANGLE" : LA VOGUE DES MÉDECINES ANCESTRALES au lien : #tv5monde
- 11.04.2014 : France 5 :Émission "C à vous" (7') au lien #c_a_vous
- 25.03.2014 : France 5 : Émission "Le magazine de la santé" (7'36) au lien #france_5
- 21.03.2014 : France 2 : Émission "Journal de 13 heures" (6'56) au lien #france_2

RADIOS : (RÉ)ÉCOUTER BERNARD FONTANILLE au lien #radios

France Inter : 4 juillet 1014 dans "Le temps d'un Bivouac" Lire au lien #france_inter "Les médecines du bout du monde"
Radio-Canada Première (25.05.2014) : #radio_canada
RCF : RCF (7.05.2014) dans l'émission Visage : "Rencontres avec ceux qui soignent autrement" Lire et écouter #RCF
France Info : #france_info (1.04.2014)
France Inter : #france_inter dont "Partir avec" (7.04.2014)
Radio Nova : #radio_nova
Autres radios : #autres_radios

ARTICLES : au lien #articles
- Santé-Médecine douce & Médecine Naturelle - interview "La médecine est universelle" - été 2014 au lien #sante_medecine_douce
- Pyschologies Magazine - interview "Autrement ou pas, l'urgence est de se soigner !" - septembre 2014 au lien #psychologies_interview
- Pyschologies Magazine - article : "Un urgentiste chez les guérisseurs" - juillet-août 2014 au lien #psychologies
- Happinez n°3 Mai-Juin 2014 à lire au lien #happinez : Amour, espoir et foi
- Le Nouvel observateur (21.04.2014) - Le Monde (21.04.2014) -
- Psychologies - La Croix - programme TV -
- ActuSoins (toute l'actualité infirmière) - 10.04.2014, à lire au lien : #actusoins
- Pharmasite - 10.04.2014, à lire au lien : http://www.pharmasite.fr/actualites/rencontre-avec-bernard-fontanille-une-lecon-d-humilite.html
- Télé 7jours - 27.03.2014, à lire au lien : http://www.programme-television.org/news-tv/Bernard-Fontanille-medecin-voyageur-pour-Arte-4012170
"J'ai d'abord travaillé comme médecin sur le Raid Gauloise. Puis sur Rendez-vous en terre inconnue. J'ai fini par contacter leur producteur, et ils ont accepté mon projet."

AUTRES :
-
12 Avril 2014 : FESTIVAL ABM « Aventure du bout du monde » à Paris 12ème à l'Espace Reuilly.
Interview de Bernard Fontanille à voir et à lire au lien #festival_abm
- 25 Mars 2014 : FESTIVAL « L’ici et l’ailleurs » 2014 : ‘Médecines d’ailleurs’’ au 10ème Festival « L’ici et l’ailleurs » 2014 :
Le film ‘‘Ouganda, la vie au bout des doigts’’ a reçu le prix du Jury, catégorie ‘‘court-métrage’’.
Lu à : http://www.vivre-a-chalon.com/lire_SAONE-ET-LOIRE-_-Les-gagnants-des-rencontres-_L_ici-et-l_ailleurs_-sont...,2303e4b738829f9c58dc699a3ef4caf9edf69b9a.html et http://www.licietlailleurs.com/
Film projeté le dimanche 23 mars 2014. En Ougandan, en pleine brousse, une sage femme se bat pour aider les femmes à accoucher dans de bonnes conditions. Film sensible et émouvant. Dans la série MEDECINES D'AILLEURS, Bernard Fontanille, médecin urgentiste nous fait découvrir la vie des femmes et des hommes qui prennent soin des autres. Il est habitué aux interventions en terrains difficiles. http://www.licietlailleurs.com/html/prog_dimanche.html

- Clip Médecines dailleurs par Vincent Kelner Vidéo : http://vimeo.com/97381504 (3'13) et http://www.vincentkelner.com/portfolio/clip-medecines-dailleurs/
Petit clip résumé et très personnel de mes trois Médecines d’ailleurs au Brésil, Pérou et Bolivie.

COMMENTAIRES DE BERNARD FONTANILLE AU SUJET DE "MÉDECINES D'AILLEURS" : Extraits de ses interviews dans les médias.
La préparation de Bernard Fontanille
Les observations de Bernard Fontanille

 

SAISON 1 : FILMS PRÉSENTÉS SUR ARTE :
Présentation des 20 films de la série "Médecine d'ailleurs", en 20 parties, avec la possibilité de visionner avec ou sans sous-titres et la transcription écrite des sous-titres pour la majorité des films.

Afrique du Sud - Les guérisseurs zoulous -
Bali
- L'île des Balians -
Bolivie
- Kallawayas, le peuple guérisseur -
Brésil
- La médecine Xingu -
Cambodge
- La_clinique_du Tônlé Sap -
Cambodge
- Sur la voie des derniers Krus -
Chine
- La médecine des cent plantes -
Chine- La médecine des moines de Shaolin -
Corée_du_Sud
- Le retour des esprits -
Espagne
- Médecine en haute mer -
Inde
- Les anges du Maharashtra -
Indonésie
- Les hommes lontars -
Japon
- Les derniers centenaires d'Okinawa
-
Kenya - Des hommes et des volcans -
Ladakh
- Les derniers nomades
-
Mongolie
- Au-delà des steppes -
Népal
- La_médecine_des_cimes
-
Ouganda - La vie au bout des doigts -
Pérou
- Soigner au fil de l'eau

 

- Épisode 1 - 03.03.2014 : Japon - Les derniers centenaires d'Okinawa (avec la transcription écrite des sous-titres en français)
Bernard Fontanille est à Okinawa, île japonaise qui cultive l'art de vieillir, grâce au lien social, aux activités physiques et à l'épanouissement personnel.

- Épisode 2 - 04.03.2014 : Mongolie - Au-delà des steppes (avec la transcription écrite des sous-titres en français)
En Mongolie, Bernard Fontanille, médecin urgentiste, rencontre Pujii, un médecin traditionnel, qui pratique des massages inspirés des techniques tibétaines.

- Épisode 3 - 05.03.2014 : Chine - La médecine des moines de Shaolin (avec la transcription écrite des sous-titres en français)
En Chine, rencontre dans les montagnes reculées du Song Shan avec Xingzhen, moine Shaolin et maître reconnu pour son enseignement de la médecine traditionnelle.

- Épisode 4 - 06.03.2014 : Chine - La médecine des cent plantes (avec la transcription écrite des sous-titres en français)
Bernard Fontanille se rend à Baisha, dans la province du Yunnan, où vit le docteur Ho, un praticien réputé qui a ouvert une clinique qui attire des patients du monde entier.

- Épisode 5 - 07.03.2014 : Kenya - Des hommes et des volcans (avec la transcription écrite des sous-titres en français)
Les Massaï se nourrissent majoritairement de graisses animales : le savoir de leurs herboristes traditionnels leur permet de demeurer en bonne santé.

- Épisode 6 - 10.03.2014 : Espagne - Médecine en haute mer (avec la transcription écrite des sous-titres en français)
Un navire-hôpital espagnol accompagne l'armada des 600 bateaux qui pêchent le thon dans le golfe de Gascogne.

- Épisode 7 - 11.03.2014 : Inde - Les anges du Maharashtra (avec la transcription écrite des sous-titres en français)
Pour faire face aux difficultés d'accès aux soins dans le village de Jawalke, quelques femmes intouchables illettrées ont reçu une formation.

- Partie 8 - 12.03.2014 : Brésil - La médecine Xingu (avec la transcription écrite des sous-titres en français)
Un tour du monde des soins traditionnels, sur les traces de Bernard Fontanille, médecin urgentiste.
Aujourd'hui, il part rencontrer Vânia Rabelo, une infirmière de 32 ans qui vit depuis trois ans parmi les Kaiabis, dans le Xingu, et recueille les expériences liées au choc des cultures.

- Épisode 9 - 13.03.2014 : Afrique du Sud - Les guérisseurs zoulous (avec la transcription écrite des sous-titres en français)
Pour endiguer notamment l'épidémie de sida, l'Organisation mondiale de la santé intègre les guérisseurs traditionnels dans les campagnes de prévention et de soins.

- Épisode 10 - 14.03.2014 : Cambodge - Sur la voie des derniers Krus (avec la transcription écrite des sous-titres en français)
Bernard Fontanille part dans le Nord-Est du Cambodge à la rencontre des Bunongs, qui s'appuient sur un savoir-faire médical ancestral, pratiqué par les Krus.

- Épisode 11 - 17.03.2014 : Indonésie - Les hommes lontars (avec la transcription écrite des sous-titres en français)
En Indonésie, les palmiers lontars sont utilisés par les populations locales pour se nourrir, se loger et aussi se soigner, selon une pratique étonnante.

- Épisode 12 - 18.03.2014 : Ouganda - La vie au bout des doigts
Esther Madudu, 33 ans, sage-femme au centre de santé de Katine, à près de 200 kilomètres de la capitale ougandaise, a été proposée pour le Prix Nobel de la paix 2015.

- Épisode 13 - 19.03.2014 : Ladakh - Les derniers nomades (avec la transcription écrite des sous-titres en français)
Dans le Ladakh, les éleveurs nomades ne bénéficient d'aucune assistance, mais une équipe médicale tibétaine a été mise sur pied par le docteur Deke.

- Épisode 14 - 20.03.2014 : Inde/Kerala - Les_guerriers_guérisseurs (avec la transcription écrite des sous-titres en français)
Dans le village de Kovalam, entre rizières et pistes défoncées, Bernard Fontanille rencontre un maître de ce mode de combat unique au monde : le varma kalai.

- Épisode 15 - 21.03.2014 : Népal - La_médecine_des_cimes (avec la transcription écrite des sous-titres en français)
Bernard Fontanille se rend dans le village de Pokhara, dans l'école des frères Bista, les deux derniers gardiens de la médecine traditionnelle tibétaine.

- Épisode 16 - 24.03.2014 : Corée_du_Sud - Le retour des esprits
Pour apaiser les tensions et un mal-être grandissants, dans un pays en plein essor économique, les Coréens continuent de recourir au chamanisme.

- Épisode 17 - 25.03.2014 : Cambodge - La_clinique_du Tônlé Sap
Bernard Fontanille se joint à une équipe médicale qui, depuis quelques années, effectue sa tournée sanitaire auprès des habitants du lac Tônlé Sap, au Cambodge.

- Épisode 18 - 26.03.2014 : Bali - L'île des Balians (transcription écrite partielle)
A Bali, Bernard Fontanille rencontre le guérisseur Mangku Tambun, un prêtre-médecin qui joue les intermédiaires entre les hommes et les dieux hindous.

- Épisode 19 - 27.03.2014 : Pérou - Soigner au fil de l'eau (avec la transcription écrite des sous-titres en français)
Au Pérou, Bernard Fontanille embarque sur le « Selva viva », un bateau qui conduit une brigade médicale à la rencontre de vingt communautés indiennes en dix jours.

- Épisode 20 - 28.03.2014 : Bolivie - Kallawayas, le peuple guérisseur
Bernard rencontre Aurelio, un Kallawaya, guérisseur itinérant andin des montagnes d'Apolobamba, qui connaît les caractéristique d'un millier de plantes.

 

- depuis le 10.05.2014 : FILMS PRÉSENTÉS SUR ICI EXPLORA (Canada) : #ICI_EXPLORA

 

AUTRES FILMS :

* 12 mars 2014 Spi0n - VOIR BERNARD FONTANILLE à 6'18 :
Vu dans le Zap TV de Spi0n (à 6'18) : http://www.youtube.com/watch?v=WQNr7kHR8rw&feature=youtu.be&t=6m18s


* 3 mars 2014 : Interview à France Inter "La tête au carré"
extrait de l'émission radio en vidéo (3'57) : http://www.youtube.com/watch?v=VhRVkaCB7bI
(voir aussi au lien #france_inter_3_mars_2014)

 

ON EN PARLE SUR INTERNET :
- Blog de l'Ecole du Troisième Oeil : http://fredericlouvet.com/blog/bernard-fontanille-medecines-dailleurs-tv5monde-13-avril-2014/ (13 avril 2014)

Photo de Maurice Gaultier.

[Bernard Fontanille à "RDV en Terre Inconnue" à ce lien : #rendez_vous_en_terre_inconnue]

 

SAISON 2 : Intégrale 2016

Saison 2 : Présentation des 20 films de la série "Médecine d'ailleurs", en 20 parties, avec la possibilité d'enregistrer avec ou sans sous-titres et la transcription écrite des sous-titres pour la majorité des films. Source : http://download.pro.arte.tv/uploads/Medecines-dailleurs-Saison-2.pdf
Les enregistrements sont possibles avec Captvty
http://captvty.fr/.
Les transcriptions sont obtenues avec Telescoop : http://telescoop.tv/

Lundi 22 février 2016 : JAPON - Dans le secret des sumos
Dans le monde des sumos, les lutteurs apprennent à gérer eux-mêmes leurs corps et à supporter la douleur. Peu de soignants parviennent à gagner leur confiance. Autorisé à pénétrer dans le quotidien d’une « heyaé » (écurie de sumos), Bernard y rencontre Inui Tomoyuki. Grâce à son savoir-faire en médecine chinoise, il leur apporte un suivi sur mesure.

Mardi 23 février 2016 : ROUMANIE - Le miracle des abeilles
Comme la médecine par les plantes, la médecine par les abeilles, appelée apithérapie, est inscrite dans de nombreuses traditions. La Roumanie est un pays en pointe sur cette discipline. À Focsani, Bernard est accueilli par le docteur Eugen Stefan qui soigne ses patients grâce aux piqûres d’abeilles.

Mercredi 24 février 2016 : MADAGASCAR - L’esprit des plantes
Madagascar est un paradis, qui abrite un écosystème endémique unique au monde, débordant de trésors pharmacologiques. Au bourg d’Anantsono au Sud-Ouest de l’île, Bernard rencontre la guérisseuse Folo Boataky. Grâce aux esprits qu’elle invoque, elle fait usage d’arbres précieux et d’une pharmacopée très diversifiée issue de la nature.

Jeudi 25 février 2016 : MEXIQUE - Les guérisseurs mayas
La péninsule du Yucatan, au Sud-Est du Mexique, est le berceau de la civilisation Maya, dont l’origine remonte à trois millénaires. Bernard Fontanille rencontre Don Galo, médecin traditionnel à la fois guérisseur et prêtre.

Vendredi 26 février 2016 : LA RÉUNION - Tisanes créoles
Isolée dans l’Océan Indien, la population réunionaise a de multiples origines :
Madagascar, Afrique de l’Est, Europe, Inde, ou Chine. Bernard rencontre des « tizanèrs ». Ces herboristes guérisseurs incarnent une médecine créole tissée d’héritages pluriels, qui rappellent le lien omniprésent entre la terre et la nature.

 

Lundi 29 février 2016 : VIÊT NAM - Le maître de médecine
Né alors que son pays était encore l’Indochine, Dao Kim Long, 74 ans, a cherché toute sa vie à perfectionner les pratiques médicinales dont il a hérité. Envoyé dans la jungle pour chercher des remèdes pendant la guerre, il a redécouvert la force du patrimoine thérapeutique du pays. À force d’innovations il a donné naissance à ce qu’il appelle la «Nam Y», la nouvelle médecine vietnamienne.

Mardi 1er mars 2016 : AUSTRALIE - Les médecins volants
L’Australie, un pays vaste comme un continent. 14 fois la France pour quasiment 3 fois moins d’habitants. Pour contourner les distances et les reliefs, c’est par le ciel que les secours arrivent. C’est sur la Sunshine Coast, à Marcoola, que Bernard se rend pour rencontrer quelques-uns de ses confrères du bout du monde et découvrir cette médecine d’urgence à l’australienne.

Jeudi 3 mars 2016 : SÉNÉGAL - La rencontre des médecines
Bernard est accueilli par Aliou Ngom, un tradipraticien de l’hôpital de médecine traditionnelle Keur Massar. Il lui dévoile la force de cette structure exceptionelle, où les guérisseurs de différentes ethnies collaborent entre eux et préservent un patrimoine thérapeutique unique constitué depuis plus de 30 ans.

Vendredi 4 mars 2016 : MEXIQUE - La médecine des indiens zapothèques
Les Zapotèques sont un des peuples indigènes les plus importants du Mexique. Il y a 2500 ans, c’est dans la région de Oaxaca, que s’établit le berceau de leur civilisation. Bernard se rend dans le village de San Lucas Quiavini, où il est attendu par Paulina, sage-femme traditionnelle et guérisseuse depuis 40 ans.

 

Lundi 7 mars 2016 : PHILIPPINES - Le massage hilot

Mardi 8 mars 2016 : CAMEROUN - L’arbre antidouleur

Mercredi 9 mars 2016 : CHILI - Les gérisseurs mapuche

Jeudi 10 mars 2016 : RUSSIE - Le berceau du chamanisme

Vendredi 11 mars 2016 : ISLANDE - Au coeur de la nuit polaire

 

Lundi 14 mars 2016 : COLOMBIE - La plante sacrée d’amazonie

Mardi 15 mars 2016 : PHILIPPINES - Siquijor, l’île qui soigne

Mercredi 16 mars 2016 : ETATS-UNIS - Arizona, le pays des medicine men

Jeudi 17 mars 2016 : COLOMBIE-BRITANIQUE - L’archipel des haïdas

Vendredi 18 mars 2016 : MALAWI - Les guérisseurs des collines

 

PRÉSENTATION :


Bernard Fontanille est médecin urgentiste à Chamonix. Passionné par la médecine d'aventure, il fait du secours en montagne et a été à plusieurs reprises le médecin de l'émission de Frédéric Lopez "RDV en terre inconnue".

De novembre 2012 à septembre 2013, il est parti sillonné la planète à la rencontre des soignants du bout du monde: sorciers, rebouteux, shamans, herboristes, guérisseurs ... Une expérience qui a donné naissance à une série documentaire diffusée ce printemps sur Arte. Il a également rédigé un livre "médecines d'ailleurs", aux côtés de la journaliste scientifique Elena Sender, pour raconter ses aventures et le lien qui unit les soignants et leurs patients.

(article radio www.francebleu.fr/societe/chamonix/cette-annee-la-l-invite/bernard-fontanille) [Bernard Fontanille à "RDV en Terre Inconnue" à ce lien : #rendez_vous_en_terre_inconnue]
"J'ai d'abord travaillé comme médecin sur le Raid Gauloise. Puis sur Rendez-vous en terre inconnue. J'ai fini par contacter leur producteur, et ils ont accepté mon projet." (source ici)
... Bernard Fontanille, 42 ans, a parcouru 20 pays... (source ici)
Formation en médecine de montagne ici.


La série MÉDECINES D'AILLEURS,
diffusée sur Arte du lundi 3 mars au vendredi 28 mars 2014 à 17h45, comporte 20 films d'environ 26 minutes.

Sur facebook :
https://www.facebook.com/pages/M%C3%A9decines-dailleurs/589666554446798

Lecture en replay sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/resultats-de-recherche?keyword=medecines+d%27ailleurs et
http://www.myskreen.com/documentaire/sante-bien-etre/5563908-medecines-d-ailleurs/ 
et sur Dailymotion pendant 7 jours :
http://www.dailymotion.com/ARTEplus7#video=x1hmff8

 

Présentation : http://download.pro.arte.tv/uploads/medecine-dailleurs_BD.pdf


Lu au lien : http://www.bonnepioche.fr/television/collections-en-production/medecines-d-ailleurs-p1176.html

"Bernard Fontanille est médecin urgentiste, habitué aux interventions en terrains difficiles.
Il voyage aux 4 coins de la planète pour diverses missions, pour encadrer, soigner, protéger, réparer, soulager.
Ses moteurs : une profonde humanité et une curiosité qui le poussent à rencontrer, découvrir, expérimenter.

Dans la série MÉDECINES D'AILLEURS, Bernard Fontanille nous fait découvrir et partager la vie des femmes et des hommes qui prennent soin des autres, sauvent des vies, parfois inventent de nouvelles manières de soigner, de soulager, et ces médecines ancestrales, toujours profondément ancrées dans une culture.

A travers ses rencontres et ces pratiques, il nous raconte les différentes réalités d’un pays, mais aussi le lien universel qui unit un patient à son soigneur, la confiance nécessaire, leur humanité."


DESTINATIONS : Mongolie, Japon, Corée du Sud, Chine, Cambodge, Indonésie, Brésil, Pérou, Bolivie, Ladakh, Inde, Népal, Espagne, Ouganda, Kenya, Afrique du Sud. 

 

UN LIVRE : "Médecines d'ailleurs" par Bernard Fontanille aux éditions de La Martinière (27,55 €)
http://livre.fnac.com/a6732828/Bernard-Fontanille-Medecines-d-ailleurs ou
- éditions de La Martinière : http://www.editionsdelamartiniere.fr/ouvrage/medecines-d-ailleurs/9782732464671 avec fiche : http://www.editionsdelamartiniere.fr/ouvrage/medecines-d-ailleurs/9782732464671/pdf
- Arte éditions : http://boutique.arte.tv/f9617-medecines_ailleurs
Un site :

http://www.livre-medecinesdailleurs.com/

 

RADIOS : ÉCOUTER BERNARD FONTANILLE au lien : http://www.conscience33.fr/tv-medecines-ailleurs.html#radios

TÉLÉVISIONS : VOIR ET ÉCOUTER BERNARD FONTANILLE au lien : http://www.conscience33.fr/tv-medecines-ailleurs.html#televisions

ARTICLES : http://www.conscience33.fr/tv-medecines-ailleurs.html#articles

FESTIVAL :

25.03.2014 : ‘‘Médecines d’ailleurs’’ au 10ème Festival « L’ici et l’ailleurs » 2014 :
Le film ‘‘Ouganda, la vie au bout des doigts’’ a reçu le prix du Jury, catégorie ‘‘court-métrage’’.
Lu à Lu à : http://www.vivre-a-chalon.com/lire_SAONE-ET-LOIRE-_-Les-gagnants-des-rencontres-_L_ici-et-l_ailleurs_-sont...,2303e4b738829f9c58dc699a3ef4caf9edf69b9a.html et http://www.licietlailleurs.com/


APPLICATION SUR IPHONE :

Application sur App Store :
http://www.livre-medecinesdailleurs.com/?utm_content=bufferd44a8&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer
Une application mobile pour socialiser et promouvoir le livre Médecines d'ailleurs.



AUTRES INFORMATIONS :

* Les transcriptions écrites sont faites avec l'aide des sous-titres.
Site de Télé Scoop pour les scripts des sous-titres : http://telescoop.tv/
et
http://telescoop.tv/search/?q=M%C3%A9decines%20d%27ailleurs&type=Program

* Production "Bonne Pioche"
https://www.facebook.com/BonnePiocheProd

 

* Fiche technique :
http://download.pro.arte.tv/uploads/medecine-dailleurs_BD.pdf

 

En complément sur Arte :
http://future.arte.tv/fr/medecine-dailleurs
Découvrez ces gens, leurs coutumes et leurs pratiques dans deux mini programmes interactifs proposés.
avec :
-
À CHAQUE CULTURE SES TECHNIQUES DE SOIN
- L'ACCÈS AUX SOINS DANS LE MONDE : sommes-nous tous logés à la même enseigne?

 

Bernard Fontanille est sur Facebook : https://www.facebook.com/narbinche

 

 

- Par ailleurs Bonne Pioche prépare également une deuxième saison de la série documentaire Médecines d’ailleurs pour Arte, toujours avec le médecin urgentiste Bernard Fontanille comme guide.
Mais cette deuxième salve sera plus axée sur les techniques médicales que sur la découverte cette fois-ci.

http://www.programme.tv/news/actu/107204-arte-filme-la-vie-animale-a-laube-2/

 

- "Médecines d'ailleurs" est maintenant dans les airs... :

Photo de l'album de Facebook

 

- Toutes les musiques originales de la série "Médecines d'ailleurs" sont sur spotify ! :
https://play.spotify.com/user/narbe74/playlist/1VkO8zEPW942wJRUyDNa1e?play=true&utm_source=facebook&utm_medium=music_bridge&s=fb&utm_campaign=fb_scn&f=scn&lp=1


 

 

TÉLEVISIONS
VOIR ET ÉCOUTER BERNARD FONTANILLE


 

- 12.04.2014 : TV5MONDE : Émission "64' LE MONDE EN FRANÇAIS" au lien : #tv5monde


* 12 avril 2014 - TV5MONDE - Émission "64' GRAND ANGLE" - LA VOGUE DES MÉDECINES ANCESTRALES (13'21) :
      Voir au lien : #tv5monde


* 25 mars 2014 - FRANCE 5 - "LE MAGAZINE DE LA SANTÉ" - VOIR BERNARD FONTANILLE à 14'50 (7'36) :
      Voir et lire la transcription écrite de l'interview au lien : #france_5_25_mars_2014

* 21 mars 2014 - FRANCE 2 - "JOURNAL DE 13 heures" - VOIR BERNARD FONTANILLE à 38'59 (6'56) :
      Voir et lire une transcription partielle au lien : #france_2

* 12 mars 2014 - Spi0n - VOIR BERNARD FONTANILLE à 6'18 :
Vu dans le Zap TV de Spi0n (à 6'18) : http://www.youtube.com/watch?v=WQNr7kHR8rw&feature=youtu.be&t=6m18s

 

 

 


 

RADIOS
ÉCOUTER BERNARD FONTANILLE


 

 

LES ÉMISSIONS GROUPE RADIO FRANCE
au lien : http://www.franceinter.fr/personne-bernard-fontanille

 

* 4 juillet 2014 - FRANCE INTER dans "Le temps d'un bivouac" (durée 24'21)
Lire et écouter au lien : #france_inter

 

* 16 avril 2014 - RFI dans "Priorités Santé" à 13h15 (durée : 19'31) :  Bernard Fontanille 

Comment soigne-t-on aux quatre coins du monde ?
En Inde, en Afrique du Sud, en Mongolie ou au Brésil ?
Que pouvons-nous apprendre des chamanes, rebouteux et autres guérisseurs sur notre corps ?
Sur le lien entre patient et médecin ?

Dr Bernard Fontanille, médecin urgentiste, auteur de «Médecines d’ailleurs» aux Editions de la Martinière
Dr Amadou Bagayoko, médecin généraliste spécialiste en acupuncture à Bamako.

En fin d’émission, nous faisons un point avec Gildas Nivet, co-réalisateur avec Tristan Guerlotté du film El Gran Dragon, un documentaire sur la médecine traditionnelle péruvienne.
(Ré)écouter et/ou télécharger au lien : http://www.rfi.fr/emission/20140416-1-medecine-ailleurs/

 

* 7 avril 2014 - FRANCE INTER dans "Partir avec..." à 0h00 (durée 54'38)
http://www.franceinter.fr/emission-partir-avec-bernard-fontanille
(Ré)écouter au lien : (disponible jusqu'au 31 décembre 2016)
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=863652 (50'11)
Présentation de l'émission au lien :
http://www.conscience33.fr/tv-medecines-ailleurs.html#france_inter_7_avril_2014


Bernard Fontanille, ce "toubib" pas tout à fait comme les autres, a parcouru la planète pour plusieurs missions médicales et a eu l'envie de partager ses découvertes avec le plus grand nombre.
C'est comme cela qu'est née cette idée de réaliser une série de documentaires, diffusée sur Arte et complétée par un très beau livre "Médecines d'ailleurs" aux Editions La Martinière. 
Médecin urgentiste, il nous emmène découvrir et partager la vie des femmes et des hommes qui prennent soin des autres, sauvent des vies, parfois imaginent de nouvelles manières de soigner et de soulager.
A travers ses rencontres et ces pratiques, il nous raconte les différentes réalités d'un pays, mais aussi le lien universel qui unit un patient à son soigneur, la confiance nécessaire, leur humanité.

 


* 1er avril 2014 - FRANCE INFO dans "Votre France Info" à 13h15 (durée : 11'53) :  Bernard Fontanille 

Les médecines venues d'ailleurs. Dialogue avec Bernard Thomasson.
(Ré)écouter au lien :
http://www.franceinfo.fr/vie-pratique/votre-france-info/les-medecines-venues-d-ailleurs-1370711-2014-04-01# : 11'53

Condensé de l'émission, présenté par France Info, à lire au lien :
http://www.conscience33.fr/tv-medecines-ailleurs.html#france_info



* 25 mars 2014 - FRANCE INTER dans "On va tous y passer" de 11h à 12h30 :  Bernard Fontanille 

Savant du jour
BERNARD FONTANILLE
Émission du 25.3.2014 disponible jusqu'au 18 décembre 2016 au lien :
http://www.franceinter.fr/emission-on-va-tous-y-passer-alexandra-lamy-de-toutes-ses-forces : à 27' sur 68'47

* 3 mars 2014 - FRANCE INTER dans "La tête au carré" ÉCOUTER BERNARD FONTANILLE :
Émission du lundi 3 mars de 14h à 15h.
Réécouter l'émission, disponible jusqu'au 26 novembre 2016 au lien :
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=847518 : 50'07 (émission du 3 mars 2014)


et informations :
http://www.franceinter.fr/emission-la-tete-au-carre-medecines-dailleurs?page=0&comments=votes
50'07 (émission du 3 mars 2014)

ainsi qu'un extrait de l'émission en vidéo (3'57) :
http://www.youtube.com/watch?v=VhRVkaCB7bI


 

 

 

LES ÉMISSIONS SUR RADIO NOVA
au lien : http://www.franceinter.fr/personne-bernard-fontanille

* 19 mars 2014 : RADIO NOVA dans "Je me souviens" ÉCOUTER BERNARD FONTANILLE :
Sur Radio Nova, dans "Je Me Souviens", Bernard Fontanille se souvient de l'Ouganda (19 mars 2014 à 9h10 - 3'08) :
http://www.novaplanet.com/radionova/28361/episode-bernard-fontanille-se-souvient-de-l-ouganda
: 3'08 (émission du 19 mars 2014)
et sur Itunes : https://itunes.apple.com/fr/podcast/je-me-souviens/id718838575?mt=2

* 13 mars 2014 : RADIO NOVA "La valise de Bernard Fontanille" ÉCOUTER BERNARD FONTANILLE :

"Médecin sans limites" (13.03.2014) :
http://www.novaplanet.com/radionova/bientot-la-nouvelle-internationale-de-nova-medecin-sans-limites

- "La valise de Bernard Fontanille" (13.03.2014 à 8h40 : 6'00) :
http://www.novaplanet.com/radionova/28150/episode-la-valise-de-bernard-fontanille
: 6'00 (émission du 13 mars 2014)

* 13 mars 2014 : RADIO NOVA "Le Contrôle Douanier de Bernard Fontanille" ÉCOUTER BERNARD FONTANILLE :
- "Le Contrôle Douanier de Bernard Fontanille" (13.03.2014 à 8h20 : 4'57)
http://www.novaplanet.com/radionova/28140/episode-le-controle-douanier-de-bernard-fontanille : 4'57 (émission du 13 mars 2014)

 

 

AUTRES ÉMISSIONS DE RADIO


 

 

 

* 19 juin 2014 : Radio France Bleu Pays de Savoie ‘‘Cette année-là – L’Invité’’ à 14h (Re)écouter cette émission au lien :
http://www.francebleu.fr/societe/chamonix/cette-annee-la-l-invite/bernard-fontanille (53'11)
Disponible jusqu'au 14 mars 2017

Photo de l'album de Facebook


* 25 mai 2014 : Radio-Canada Première : #radio_canada

 

* 7 mai 2014 : Radio RCF "Dr Bernard Fontanille : rencontres avec ceux qui soignent autrement"
Émission du mercredi 7 mai à 17h03 (55') Lire et (ré)écouter au lien :#RCF

* 29 mars 2014 - Europe 1"Carnet du Monde" :
Émission du lundi 3 mars de 14h à 15h.
Réécouter l'émission, en replay :
http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Carnets-du-monde/Sons/Les-carnets-du-monde-29-03-14-1928747/

 

* 27 mars 2014 : Radio 1ère (Saint-Pierre et Miquelon) Bernard Fontanille est l'invité de Marie-Josée dans "Brume de capelans"

Lien : http://saintpierremiquelon.la1ere.fr/emissions-radio/l-invite-de-brume-de-capelans : 27'50 (émission du jeudi 27 mars 2014)


 


 

ARTICLES CONCERNANT
BERNARD FONTANILLE


 

* Santé-Médecine douce & Médecine Naturelle - interview "La médecine est universelle" - été 2014 au lien #sante_medecine_douce

* Pyschologies Magazine - interview "Autrement ou pas, l'urgence est de se soigner !"
- septembre 2014 au lien #psychologies_interview

* Pyschologies Magazine - article : "Un urgentiste chez les guérisseurs"
- juillet-août 2014 au lien #psychologies - juillet-août 2014 au lien #psychologies

 

* Mai-Juin 2014 : Happinez "Amour, espoir et foi"

Lire au lien #happinez

 

* 21 avril 2014 : Le Nouvel Observateur

Lire au lien #le_nouvel_observateur

 

* 21 avril 2014 : Le Monde

Lire au lien #le_monde

 

* 10 avril 2014 : ActuSoins "A la découverte de ceux qui soignent différemment"

Lire au lien #actusoins

 

* 27 mars 2014 : Télé 7 jours "Bernard Fontanille, médecin-voyageur pour Arte"

Lien : http://www.programme-television.org/news-tv/bernard-fontanille-medecin-voyageur-pour-arte-2496



* 18 mars 2014 - Psychologies : "Médecines d'ailleurs : un documentaire et un livre sur ceux qui soignent autrement"

http://blogs.psychologies.com/les-400-coups-de-la-redac/coups-projecteur-12420/medecines-documentaire-autrement-132825.html

* 13 mars 2014 - Le Messager -
http://www.lemessager.fr/Actualite/Faucigny/2014/03/16/article_le_tour_du_monde_de_bernard_fontanille_p.shtml#.U6gy-bEYNEQ

... Bernard Fontanille, 42 ans, a parcouru 20 pays...


* 7 mars 2014 - La Croix : "Bernard Fontanille, un médecin à a rencontre des soignants d'ailleurs"
http://www.la-croix.com/Actualite/France/Bernard-Fontanille-un-medecin-a-la-rencontre-des-soignants-d-ailleurs-2014-03-07-1116885
et
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=664218166972325&set=a.658080580919417.1073741829.100001524447567&type=1&theater


* 7 mars 2014 - Programme TV : "On aime... Médecines d'ailleurs (Arte)"

http://www.programme-tv.net/news/tv/49407-programme-tv-aime-medecines-ailleurs-arte/

 


* 25 février 2014 : Le journal toulousain "A la découverte des médecines ancestrales"

Lien : http://www.lejournaltoulousain.fr/toulouse/medecines-dailleurs-sur-arte-a-la-decouverte-des-medecines-ancestrales-32450


 


 

COMMENTAIRES DE BERNARD FONTANILLE
AU SUJET DE "MÉDECINES D'AILLEURS"
Extraits de ses interviews dans les médias


AVERTISSEMENT :

Dans cette parties, sont présentés des extraits écrits de paroles exprimées par Bernard Fontanille lors d'interviews par des médias.

La sélection est sujective et correspond à un choix personnel de l'auteur de cette page !

LA PRÉPARATION DE BERNARD FONTANILLE

 

... « L’idée de départ, c’est la rencontre de soignant à soignant », explique cet homme de 44 ans, qui a beaucoup voyagé dans sa jeunesse... 
...
...pour mener à bien son projet avec Arte, il a dû renoncer à un poste de titulaire à l’hôpital. Désormais intérimaire, il est donc confronté à une certaine précarité professionnelle, « sans aucun regret », glisse ce père de deux enfants, auxquels il espère transmettre le goût de la liberté...
...
... Bernard Fontanille a eu l’idée de la série documentaire « Médecines d’ailleurs ». Pourtant, le médecin le dit sans détour : « Sans Alexandre Soullier, la série n’existerait pas. » Ce jeune producteur de la société Bonne Pioche lui a « donné confiance » pour mener à bien l’aventure, notamment en levant ses doutes : le changement de vie qu’implique un tel projet, l’exposition au public, etc. « C’est un homme entreprenant, qui a tout de suite cru à l’idée et qui n’a cessé de la porter. »... 

Source : * 7 mars 2014 - La Croix : "Bernard Fontanille, un médecin à a rencontre des soignants d'ailleurs"
http://www.la-croix.com/Actualite/France/Bernard-Fontanille-un-medecin-a-la-rencontre-des-soignants-d-ailleurs-2014-03-07-1116885

oOo

Bernard Fontanille :-C'est né de nombreux voyages en tant que médecin. J'ai eu la chance de croiser des gens qui veulent aider les autres. J'ai eu envie de leur donner la parole aux autres...

Source : * 21 mars 2014 - FRANCE 2 - "JOURNAL DE 13 heures" - VOIR BERNARD FONTANILLE à 38'59 (6'56) : 
Voir et lire une transcription partielle au lien : http://www.conscience33.fr/tv-medecines-ailleurs.html#france_2

oOo

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-J'ai la chance de médicaliser des événements sportifs et des émissions de télévision. Cela m'a permis d'aller très loin dans le monde alors que je n'aurais pas pu le faire par mes propres moyens. J'ai croisé beaucoup de gens pendant mes voyages.  Je me suis posé beaucoup de questions sur les gens qui soignent. Je voulais les rencontrer et montrer cela à tout le monde...

Source : * 25 mars 2014 - FRANCE 5 - "LE MAGAZINE DE LA SANTÉ" - VOIR BERNARD FONTANILLE à 14'50 (7'36) : 
Voir et lire la transcription écrite de l'interview au lien : http://www.conscience33.fr/tv-medecines-ailleurs.html#france_5_25_mars_2014

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... Comment êtes-vous passé de la médecine urgentiste à la télé ?

Bernard Fontanille : J'ai d'abord travaillé comme médecin sur le Raid Gauloise. Puis sur Rendez-vous en terre inconnue. J'ai fini par contacter leur producteur, et ils ont accepté mon projet...

Source : * 27 mars 2014 : Télé 7 jours "Bernard Fontanille, médecin-voyageur pour Arte"
Lien : http://www.programme-television.org/news-tv/bernard-fontanille-medecin-voyageur-pour-arte-2496

oOo

Le docteur Bernard Fontanille explique cette envie d'aller voir comment on soigne ailleurs : "elle est née de rencontres au cours de voyages que j'ai réalisés avant et où j'ai croisé le quotidien de certains soignants, qui travaillent très différemment par rapport à ce qu'on peut faire chez nous. Et ça m'a donné envie de leur donner la parole."...

Source : * 1er avril 2014 - FRANCE INFO dans "Votre France Info" (11'53) : Bernard Fontanille dialogue avec Bernard Thomasson
http://www.franceinfo.fr/vie-pratique/votre-france-info/les-medecines-venues-d-ailleurs-1370711-2014-04-01# Condensé au lien #france_info.

 

 

LES OBSERVATIONS DE BERNARD FONTANILLE

 

... « Je ne suis pas d’accord avec toutes leurs pratiques, loin de là », confie encore l’urgentiste, scientifique avant tout, « héritier de Descartes et du positivisme ». Mais, « on comprend là-bas que la médecine ne se résume pas au prisme de l’efficience, qui est le nôtre. Dans ces régions isolées, où règne souvent un grand dénuement, la santé n’est pas seulement l’absence de maladie, c’est l’épanouissement personnel, spirituel, le lien aux autres. En Occident, on a beau être bien soignés, on fait aussi partie des plus gros consommateurs d’alcool et d’antidépresseurs, cela doit questionner ! »...
...
DÉSORMAIS INTÉRIMAIRE, « SANS AUCUN REGRET »
Lui est revenu « apaisé » de ce grand voyage. « Notre monde vit un tournant, happé par une frénésie de consommation, de performance, d’argent. C’est un soulagement de voir qu’il y a autre chose. »... 

Source : * 7 mars 2014 - La Croix : "Bernard Fontanille, un médecin à a rencontre des soignants d'ailleurs"
http://www.la-croix.com/Actualite/France/Bernard-Fontanille-un-medecin-a-la-rencontre-des-soignants-d-ailleurs-2014-03-07-1116885

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... Ces hommes ont fait part de leurs méthodes de soins au Dr Fontanille. Pour lui, le plus surprenant, c’est que « ces hommes sont intégrés à l’environnement par leurs gestes. Au Cambodge, Ta Nu remettait de la terre sur les racines de l’arbre après en avoir coupé des branches. »...
...
Le plus surprenant lors de ce voyage ? « La découverte de la diversité des savoirs et les différents moyens de soigner à travers le monde. J’ai reçu un enseignement occidental avec une approche très scientifique de la médecine et j’ai parfois été dérouté par les techniques utilisées. Mais elles sont ancrées dans une culture, des croyances et des communautés. »...
...
... Rencontres, émotions et déchirements. « Cette année de tournage a été pour moi un grand voyage continu. Ces rencontres m’ont enrichi humainement parlant. J’ai posé mes yeux sur le monde en 2013, mais je reviens à ma vie d’avant.  » ...

Source : * 18 mars 2014 - Psychologies : "Médecines d'ailleurs : un documentaire et un livre sur ceux qui soignent autrement" 
http://blogs.psychologies.com/les-400-coups-de-la-redac/coups-projecteur-12420/medecines-documentaire-autrement-132825.html

oOo

...
Bernard Fontanille :... Les guérisseurs sont plus nombreux que les médecins. Ils ont compris qu'il fallait les inclure dans la chaîne de soins...
...
Bernard Fontanille : Je ne suis pas spécialiste de ces médecines, je suis surtout curieux. L'idée est d'aller écouter ces gens et de voir nos points communs...
...
Bernard Fontanille :
J'en suis sorti bousculé, parce que j'ai vu beaucoup d'inégalités. Il y a des êtres humains qui n'ont pas accès aux soins. Je suis un technicien de la médecine d'urgence. Il faut s'ouvrir à d'autres cultures...

Source : * 21 mars 2014 - FRANCE 2 - "JOURNAL DE 13 heures" - VOIR BERNARD FONTANILLE à 38'59 (6'56) : 
Voir et lire une transcription partielle au lien : http://www.conscience33.fr/tv-medecines-ailleurs.html#france_2

oOo


MICHEL :-En tant que médecin urgentiste à Chamonix, vous disposez de scanners, de perfusions, de tout ce que vous voulez. 
Quand vous voyez ces médecins "à mains nues", redevenez-vous le clinicien qu'aurait été les premiers médecins, d'il y a un siècle ?

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-Je me suis retrouvé confronté à des gens qui avaient un problème médical. 
Avec mon savoir et ma pratique, je n'arrivais pas à y répondre car il me manquait tous les outils que nous utilisons ici. 
Ailleurs dans le monde, on fait autrement. 
Je me suis parfois retrouvé dans un embarras certain, avec des malades qui avaient besoin de voir des guérisseurs avant de me voir. 
Tout cela a fait naître beaucoup de questionnements chez moi.

MARINA :-Qu'est-ce qui vous a le plus étonné dans ce que vous avez pu voir ?

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-Il n'y a pas que des médecines traditionnelles.
Il y a aussi des dispensaires, un bateau hôpital en Espagne... 
Dans les médecines les plus reculées, j'ai été étonné par la somme de connaissances qu'il reste dans le monde, le sens de l'observation de son environnement... 
Je suis remonté aux sources de notre médecine. 
C'est très étonnant. 
J'étais un peu attristé par le fait que c'est un peu en train de se perdre. 
Nous avons le choix de ceux qui nous soignent comme nous en avons envie, mais ce n'est pas forcément le cas là-bas.

MARINA :-On est riche en possibilités thérapeutiques lorsque l'on revient ?

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-Oui. Ici, on a tout mais on peut aussi choisir d'autres choses. 
Les médecines alternatives sont assez en vogue. 
Mais certaines personnes n'ont pas le choix.

MICHEL :-Ceux qui exercent ces médecines traditionnelles dans les différents coins que vous avez visités ne sont pas médecins. 
Pourtant, parfois, ils ont parfois des connaissances anatomiques meilleures que celles que l'on a pu acquérir ici. 
Comment font-ils ?

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-C'est très vaste. 
Nous avons fait un film sur le sujet. 
Certaines personnes vont parler de transmissions un peu mystiques. 
Il y a des transmissions familiales, des grandes écoles de médecines différentes en Chine, par exemple. 
Il y a beaucoup de choses. 
C'est très riche. 
J'étais à chaque fois un peu étonné par cette somme de connaissances.

MARINA :-On consulte des chamans au Brésil.

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-C'est bluffant. 
Le malade est au centre de la communauté. 
Ici, le malade est un peu mis sur le banc. 
On est presque suspect. 
Là-bas, le malade est au cœur. 
Les rituels sont publics et les consultations le sont souvent. 
On donne une place au malade que l'on a perdu, ici.

MICHEL :-On est obsédé par le secret médical, en France. 
Dans les coins que vous avez visités, le secret médical n'existe jamais ?

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-Non. 
Au Brésil ou en médecine chinoise, tout le monde passe pour assister aux consultations. 
On parle de ses règles, de plein de choses intimes. 
Tout le monde est là et écoute, ça ne gêne personne...
...
MARINA :-Vous êtes rentré à Chamonix en modifiant votre pratique ou simplement enrichi de tout cela ?

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-Modifié, c'est difficile. 
J'ai besoin de technologie et de drogues puissantes. 
Mais je me suis modifié intérieurement. 
Je pense que je suis encore plus critique. 
J'ai aiguisé mon sens critique. 
Notre médecine apporte des preuves de son efficacité. 
Mais il faut s'inspirer d'autres choses. 
On doit rester critique.

Source : * 25 mars 2014 - FRANCE 5 - "LE MAGAZINE DE LA SANTÉ" - VOIR BERNARD FONTANILLE à 14'50 (7'36) : 
Voir et lire la transcription écrite de l'interview au lien : http://www.conscience33.fr/tv-medecines-ailleurs.html#france_5_25_mars_2014

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... De toutes vos rencontres, laquelle reste la plus marquante ?

Bernard Fontanille : Celle avec Tuia Rajup, un chaman brésilien. Il m'a bluffé par sa sagesse. J'ai rarement vu quelqu'un qui assume aussi bien son mode de vie, si simple et proche de la nature. Il porte d'ailleurs un regard très critique sur le nôtre.
...
Pourquoi avoir décliné l'émission sous forme d'un livre éponyme* ?

Bernard Fontanille : J'ai voulu apporter des éclaircissements scientifiques sur les plantes, l'acupuncture, la méditation... qui ne pouvaient pas être traités dans la série, vu son format court...

Source : * 27 mars 2014 : Télé 7 jours "Bernard Fontanille, médecin-voyageur pour Arte"
Lien : http://www.programme-television.org/news-tv/bernard-fontanille-medecin-voyageur-pour-arte-2496

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L'urgentiste raconte avoir rencontré des herboristes, des spécialistes des manipulations. Il a également vu des médecines un peu plus occidentales, mais dans des contextes difficiles. Bernard Fontanille a voulu faire un tour d'horizon de ce qui se passe dans le monde à notre époque.

"Des réponses très locales à des problèmes très locaux"

"C'est différent dans le sens où nous pratiquons une médecine très scientifique, très technologique et très efficace. Ailleurs, par manque d'argent et d'accès aux soins, on pratique des médecines plus anciennes, mais avec une efficacité qui est relative, mais très certaine. (...) Très souvent, j'ai trouvé des réponses très locales à des problèmes très locaux. Pour le paludisme, à des endroits, on a des plantes qui marchent très bien."

Le docteur Bernard Fontanille explique que les techniques évoluent en fonction de la disparition de certaines espèces végétales, des nouveautés qui peuvent apparaître, mais elles gardent un aspect ancestral pour certaines, avec des pratiques assez curieuses parfois.

"La religion n'est pas une médecine, mais la prière peut être un soin"

La diversité de ce qu'est l'être humain a surpris le médecin : "Même si on voyage beaucoup, on peut être surpris par les gens qu'on rencontre. Et c'est aussi la faculté qu'a l'être humain de s'adapter à son environnement et aux problèmes que peut poser l'existence même. Il trouve des réponses que ce soit psychologiques, philosophiques ou spirituelles, mais aussi des réponses purement médicales."

Bernard Fontanille raconte également que la religion accompagne beaucoup de ces soins. Le docteur assure que "la religion n'est pas une médecine, mais la prière peut être un soin. Elle a des effets sur le cerveau, qu'on est en train de découvrir grâce aux IRM fonctionnels par exemple. Dans beaucoup d'endroits, la religion est bien plus présente que chez nous et parfois extrêmement importante." 

Source : * 1er avril 2014 - FRANCE INFO dans "Votre France Info" (11'53) : Bernard Fontanille dialogue avec Bernard Thomasson
http://www.franceinfo.fr/vie-pratique/votre-france-info/les-medecines-venues-d-ailleurs-1370711-2014-04-01# Condensé au lien #france_info.

 

 


 

Japon - Les derniers centenaires d'Okinawa
Épisode 1


Arte - Lundi 3 mars 2014 à 17h49 -

Sommaire :
Bernard Fontanille est à Okinawa, île japonaise qui cultive l'art de vieillir, grâce au lien social, aux activités physiques et à l'épanouissement personnel.




Revoir le film avec Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1gn89t_medecines-d-ailleurs1-japon-les-derniers-centenaires-d-okinawa-3-3-2014_travel (25'47)

Revoir le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1gn8c9 (25'47)

Revoir le reportage sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-002/medecines-d-ailleurs (extrait 1'38)
ou
http://www.myskreen.com/documentaire/sante-bien-etre/5563908-medecines-d-ailleurs/5576681-japon-les-derniers-centenaires-d-okinawa/ (extrait 1'16)


PRÉSENTATION :

Bernard Fontanille se rend à Okinawa, une île japonaise qui cultive l'art de vieillir, grâce au lien social, aux activités physiques et à l'épanouissement personnel. Il s'entretient avec madame Toyama, 91 ans et très en forme, pour comprendre les secrets de sa longévité.
Pour elle, il importe, notamment, de détenir l'Ikigai, "ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue".

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

-Je suis Bernard Fontanille, médecin urgentiste.
Cette année, je parcours le monde à la rencontre de ceux qui soignent les autres. Il existe une petite île, au large du Japon, où vieillir est un art.
Okinawa est un petit caillou, posé sur la mer de Chine.
Si l'on vit plus longtemps au Japon qu'ailleurs, c'est à Okinawa que l'on compte le plus de centenaires au monde.
Au-delà des chiffres, c'est la vitalité de ces seniors qui est exceptionnelle.
Direction Okinawa, pour comprendre ce qui fait de ce bout de Japon un lieu où il fait bon vieillir.

-Je m'appelle Hiroko Toyama, je suis retraitée, j'ai 91 ans.

-Ravi de vous rencontrer.

-C'est mon tour.

-Vous êtes très occupée ?
C'est à vous de jouer !
D'accord.

-C'est pas possible ! Qu'est-ce que j'ai fait ?

-Vous avez pas l'air contente.

-Je peux mieux faire.

-C'était pas bien ?
Y a longtemps que vous faites ce sport ?

-J'ai commencé à 50 ans.
Le sport fait partie de ma vie. C'est mon hygiène de vie.

-Vous avez envie de continuer le plus longtemps possible ?

-Oui. Tant que mon mari m'attend pour jouer avec moi au paradis.
Enfin, j'espère.

-C'est beau, ce que vous dites. On joue peut-être au golf, au paradis.

-Qui sait ?

-Ça vous apporte quoi, de faire ce sport, avec tous ces gens ?

-C'est bon pour mon corps, ma santé, et pour l'esprit.
C'est essentiel, pour moi.

-Entretenir ses articulations, ça permet de pas tomber.
Chez les personnes âgées, un des problèmes, c'est les chutes.

-Voilà pourquoi je m'active.
Je veux pouvoir me déplacer.
Une fracture pourrait dégrader ma santé.

-Ça donne envie d'être comme vous à votre âge.

-Merci beaucoup. Je ne le ressens pas vraiment, mais je sais que c'est bénéfique.

-On continue ? On y va.
On passe par là-bas, non ?
Comment expliquer le miracle d'Okinawa ?
Hiroko fait pourtant partie de cette génération qui a connu la guerre, elle a travaillé toute sa vie...
Rien ne la prédispose à vivre plus longtemps que d'autres.
L'explication est donc à chercher dans le mode de vie de cette nonagènaire pétillante.

-Voilà tous mes trésors. Là, il y a une photo...
Celle de mon défunt mari. Il est très sérieux, là.

-C'est à cet âge-là que vous vous êtes rencontrés ?

-Oui. Il était dans la Garde impériale.

-C'était quelqu'un d'important ?

-Il a fait partie des deux premiers cavaliers de la Garde.
Avec son costume de cérémonie, il était très beau.

-C'est important, ces souvenirs ?

-Ici, nous avons un grand respect du passé et de nos ancêtres.
C'est ce que représente cet autel, le symbole de la religion.
Il ne représente pas Dieu, mais il est important à mes yeux.

-C'est vous qui avez calligraphié ?

-C'est ma passion. Ça m'apporte beaucoup de bonheur.

-Vous avez l'air en pleine forme. Vous avez une bonne santé ?

-Pour l'instant, oui. A l'hôpital, on me dit toujours : "Tout va bien."
Si : j'ai eu un AVC à 82 ans, mais je me suis bien rétablie, grâce aux belles choses de la vie. Notamment la calligraphie.

-Vous avez récupéré toutes vos fonctions ?

-J'avais perdu mes capacités droites, une paralysie partielle.
Mais en quelques années, j'ai complètement récupéré.

-Au prix d'un gros travail, mais vous êtes autonome.

-Cette volonté de ne jamais baisser les bras m'a sauvée.

-Vous débordez d'énergie, vous êtes très vivante.
Vous avez conscience de faire partie du miracle d'Okinawa ?

-Pour moi, tout ça n'a rien de particulier.
C'est parce qu'on me prend comme je suis que je vis avec le sourire, sans m'occuper d'être un miracle ou pas.

-Cette force de vivre, c'est ce qu'on appelle l'"lkigai" ?

-C'est ça, l'Ikigai.
C'est une manière de penser.
Une philosophie de vie.

-C'est un mot lourd de sens, et vous le représentez très bien.

-Je peux vous retourner le compliment.
Merci beaucoup.

-"lkigai" : ce qui fait que la vie vaut d'être vécue.
Ce précepte est une des clés de la longévité des gens d'Okinawa.
Donner un sens à sa vie, continuer à avancer, cela participe de la bonne santé physique et mentale.
Pourquoi se laisser dépérir quand on peut prendre plaisir à vivre ?

-J'adore ce vieux village traditionnel.
Il date d'avant la seconde guerre. Ici, tout est encore préserve, les fleurs et les arbres.
On se sent bien, ici.
Se sentir près des éléments permet d'être en paix avec soi-même.

-Ça a l'air important, la nature, pour vous.

-Ces arbres sont à l'origine résistants aux typhons.
Ils préservent une température constante et gardent la fraîcheur.
Bien qu'Okinawa soit une zone à risque, si un typhon arrive, on ne le sent pas passer, grâce à ces arbres.
On les a plantes pour ça.
J'espère qu'on préservera cet environnement.

-Vous avez peur pour l'avenir d'Okinawa ?

-La côte s'est développée de manière très intense.
Ce quartier risque de disparaître, pour construire quelque chose de moderne et moche.

-Hiroko est très impliquée dans la vie de l'île.
La communauté joue ici un rôle très important.
Depuis toujours, à Okinawa, on se retrouve entre parents, amis, voisins, pour discuter, s'amuser, et surtout se soutenir.
Ces groupes, appelés "Moai", ont inspiré les services de santé de l'île.
Chaque semaine, Hiroko participe à des activités physiques, manuelles, et fait un bilan de santé.
Vous êtes l'infirmière du centre.

-Oui.

-Chaque semaine, vous voyez ces personnes, pour leur prendre la tension, la température, le pouls...

-Oui. Plusieurs fois par semaine.
Je contrôle leur santé.

-Leur santé m'impressionne.
Elles sont très âgées et vont très bien.
Elles cousent sans trembler, sont précises, discutent...
Elles font 30 ans de moins que leur âge.

-Elles ont gardé un rythme de vie en continuant de pratiquer ensemble des activités manuelles ou physiques.
Ne jamais s'arrêter les motive et les maintient en si bonne forme.

-A qui le tour ?

-J'ai amené mon matériel, aussi.
Je ne suis pas venu les mains vides.
C'est moi qui ferai l'infirmière.
Ça ne vous dérange pas ?

-Non.

-Vous avez confiance ?

-Alors, ça va. Vous vous sentez bien ?

-Hier, je me suis bien amusée, aujourd'hui, j'ai le nez qui coule.
Passer la journée dehors m'a fatiguée, mais j'ai bien ri.

-Vous riez tout le temps, de toute façon.
Alors... J'aimerais bien avoir la même.
La même que la semaine dernière. 120.60, c'est très bien.
Et votre pouls... La fréquence cardiaque est un peu rapide, mais ça va.
Quand je vois les autres... C'est à peu près pareil.
C'est moi qui vous stresse.

-Vous êtes bien jeune, c'est pour ça.

-C'est ça !
Vous n'allez chez le médecin que quand vous êtes malade ?

-J'y vais une fois par mois pour renouveler mon ordonnance, pour mes médicaments.
Je vais bien, mais je m'inquiète de faire un nouvel AVC.
Je fais donc attention de faire des efforts physiques et intellectuels.
Je viens ici pour ça, pour rester en forme.

-Avec tous ces gens qui vont très bien, je n’aurais pas de travail, ici.

-Ici, beaucoup de médecins ne servent à rien.
Tu ferais mieux de rester chez toi.

-Je profite de cette séance de sport pour parler avec vous du bénéfice qu'on peut espérer obtenir en faisant faire des activités physiques à des personnes âgées.

-On leur fait faire des exercices simples, en espérant qu'elles les reproduiront chez elles. 
Ces exercices évitent qu'elles ne perdent trop d'autonomie.
Quand nous avons mis en place cette séance, elles ont tout de suite été réceptives.
Elles sont de plus en plus à l'aise, c'est très positif.
Qu'est-ce que ça vous apporte à vous, en tant qu’ïnfirmière, de côtoyer ces personnes âgées en pleine forme ?
Ça vous procure quel sentiment ?

-Ce travail avec les personnes âgées demande de donner beaucoup.
Mais on reçoit également beaucoup de leur part.
Je sais qu'on fera la même chose pour moi plus tard.

Elles chantent une comptine.

-Hiroko est heureuse.
Elle a des amis, des occupations, elle semble toujours regarder devant elle, comme si cette harmonie et ce partage la gratifiaient d'une dose de santé supplémentaire.
C'est sûrement cela, son lkigai.
Le miracle d'Okinawa a été mis en évidence à la fin des années 70 par un cardiologue japonais, le Dr Makoto Suzuki.
Surpris par l'incroyable longévité et la vitalité des habitants, il a démontré que ce miracle reposait sur trois fondements : l'activité physique, les réseaux d'entraide et l'alimentation.

-Je m'appelle Suzuki Makoto, j'ai 80 ans.
Je suis cardiologue, gérontologue, et professeur à l'université de Ryukyu.

-On est devant un pilier du régime d'Okinawa : l'alimentation.
Vous avez fait des découvertes sur ce que mangent les gens, ici. Ça, en particulier.

-C'est le goya, une sorte de concombre, mais avec une peau plus épaisse, qui résiste au soleil.
Le goya est plein de vitamines B1, C'est très bon pour l'estomac.
C'est un peu amer. On l'appelle le "concombre amer".
Mais si on le mélange avec du jus de citron, c'est délicieux.

-Je ne sais pas ce que c'est.

-Cette salade s'appelle "Untama".
Cette partie foncée, là, on ne la fait pas cuire.
On prépare cette salade l'été.
Elle contient beaucoup de fibres.

-La production est locale, ce sont des aliments sains, sans pesticides.
Ça fait partie de la longévité des habitants de cette île ?

-Oui, les produits sont sains.
Le plus important, ce ne sont pas les constituants, mais la façon de les préparer.
En additionnant les ingrédients, on arrive à un résultat positif, d'un point de vue nutritionnel.
Mais le plus important est de ne manger qu'à 80 % de sa faim, pour ne pas atteindre la satiété.

-C'est du tofu. Il y a une relation entre le tofu et l'incidence des cancers du sein.

-Celui-ci s'appelle le Shima tofu.
Il y en a plusieurs sortes.
Celui-ci est plus ferme, plus dur. 
On le fait avec de l'eau de mer.
Il provoque la sécrétion d'œstrogènes, cela aide à prévenir le cancer du sein.
Les jeunes femmes d'Okinawa en consomment beaucoup.
Et contrairement aux USA ou à l'Europe, la mortalité due au cancer du sein est moins élevée, à Okinawa.

-C'est étonnant.
C'est probablement la même chose dans toute l'Asie ?

-Oui, on mange beaucoup de tofu en Asie, mais le Shima tofu est spécifique d'Okinawa.
Il coûte cher à fabriquer, et il faut le manger rapidement. Il pourrit vite.

-Okinawa est aussi paradoxe.
Première île de l'archipel pour la longévité, elle l'est aussi pour le nombre d’obèses.
Les traditions culinaires, comme partout au Japon, ont été remplacées par la nourriture industrielle.
Les nouvelles générations n'ont ni le temps ni l'envie de cuisiner.
Le Pr Suzuki constate ces changements : obésité, diabète...
Des maladies jusque-là inexistantes sur l'île ont fait leur apparition.
Pour aller plus loin dans la prise en charge thérapeutique, le Pr Suzuki a créé le concept du MiBio, cet état transitoire au cours duquel le symptôme précède la maladie.
C'est là que, selon lui, les médecins doivent intervenir.

-Le pouls est régulier.
On lui avait trouvé un haut niveau dextrasystolique.
Les arythmies ont diminué.
On cherche maintenant la cause.
Cela serait aisé, s'il y avait une maladie bien définie. Mais ce n'est pas le cas.
C'est cela que l'on appelle le "MiBio" : considérer le moindre symptôme avant que la maladie ne se déclare, car c'est là qu'il faut intervenir.
Si un patient a des vertiges, même avec des examens, on peut ne rien trouver, alors que les vertiges peuvent être les symptômes d'une maladie grave, comme l'anévrisme. Il ne faut pas soigner quelqu'un une fois qu'il est malade, mais le traiter bien avant.
Tout va bien.

-Il faut du temps, pour voir si des anomalies sont passées inaperçues...
Tout est bon...
C'est très bien.
Si je comprends bien, c'est au-delà de bien manger, c'est trouver la maladie avant qu'elle arrive.
Ça va-delà de ce que je sais faire.

-C'est une manière de traiter les gens.
On ne vit pas plus longtemps parce que la médecine est bonne, mais parce qu'on prend soin de soi.
C'est ce que font les gens à Okinawa depuis toujours.
On constate une évolution, mais ne négligez pas ce problème.
Nous devons en trouver la cause, alors, on se reverra bientôt.
Que ce soit le physique, le mental, le social ou le spirituel, nous devons examiner ces 4 points de vue.
Un médecin ne doit pas guérir, mais s'occuper de ses patients.
C'est son rôle.
Il doit s'en occuper, les regarder, les écouter.
Beaucoup de docteurs ne se préoccupent que de la maladie.
Ce n'est pas ça, le but.
Ce qui est fondamental, c'est de s'occuper de l'humain.
C'est ça, le secret.

-"Hara ichi bu" : manger peu et bien.
"lkigai" : donner du sens à sa vie.
"MiBio" : devancer la maladie.
Le Pr Suzuki m'a donné les clés de la longévité de son peuple : un mélange subtil de solidarité, de spiritualité et de médecine au sens large.

FIN

Une transcription écrite de l'émission est aussi présentée sur le site de Télé Scoop au lien :
http://telescoop.tv/reader/424323/medecines-d-ailleurs.html

 

COMMENTAIRES :

- Sur Arte : http://www.arte.tv/guide/fr/048081-002/medecines-d-ailleurs

 


 

Mongolie - Au-delà des steppes
Épisode 2


Arte - Mardi 4 mars 2014 à 17h47 -

Sommaire :
En Mongolie, Bernard Fontanille, médecin urgentiste, rencontre Pujii, un médecin traditionnel, qui pratique des massages inspirés des techniques tibétaines.


Photo : Mongolie, au-delà des steppes  Dans la série 'Médecines d'ailleurs' (2/20)  En Mongolie, Bernard Fontanille, médecin urgentiste, rencontre Pujii, un médecin traditionnel, qui pratique des massages inspirés des techniques tibétaines.    Vidéo et transcription écrite au lien :   http://www.conscience33.fr/tv-medecines-ailleurs.html#mongolie    Arte - Mardi 4 mars à 17h47 -    Revoir l'émission en replay :  http://www.arte.tv/guide/fr/048081-001/medecines-d-ailleurs (25'45)    PRÉSENTATION :    Comment se soigner lorsque l’on vit dans un territoire immense composé de montagnes et de steppes et à des centaines de kilomètres de la première ville ? Pour le savoir, Bernard rencontre Pujii.   Ce médecin mongol traditionnel, par ailleurs éleveur, pratique des massages influencés par les techniques tibétaines.    TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :    -Je m'appelle Bernard Fontanille.   Je suis médecin urgentiste.   J'ai décidé de parcourir le monde, à la rencontre de ceux qui prennent soin des autres.   Un territoire immense fait de steppes et de montagnes.   Comment se soigner quand on vit à des centaines de kilomètres de la première ville ?   C'est ce que je vais découvrir à l'ouest d'Oulan-Bator.   Attention... Je pense que c'est là-bas.   Après 17 h de piste, j'aperçois au loin la yourte de Pujii Choisuren.    -Je suis Pujii Choisuren.   J'ai soixante-dix ans.   Je suis éleveur dans la région de Sum lkh Uul, et je suis médecin traditionnel.    -Bonjour. Vous êtes Pujii ?    -Oui. Ravi de vous rencontrer.    -J'ai jamais vu un médecin aussi bien habille, chez moi.    -Merci.    -Très classe.    -C'est ma tenue traditionnelle, et c'est là que je consulte.   Dans ma maison. Tu me suis ?    -On peut rentrer?   Pujii est avant tout éleveur.   Avec ses fils, il s'occupe de centaines de têtes de betail.   Sa fille cadette lui rend souvent visite.   Une patiente se présente.    -Bonjour.   Vous passez un agréable printemps ?    -Oui, je vous remercie.    -Bon, très bien.   Cette dame est une patiente de longue date.   Depuis quand ?    -Cela fait 2-3 ans que je suis suivie pour mes problèmes cardiaques.    -Le problème est toujours lié à la circulation du sang.   Vous avez mal aux reins.    -J'ai une sensation étrange, quand vous me manipulez.    -Oui, c'est normal.    -Tu mesures la longueur du doigt ?    -Chacun correspond à un organe.   Toi, par exemple, tu as un problème à la tête.   Ça ne va pas dans ma tête ?   C'est la dame, qui est malade, c'est pas moi.    -Alors ?   Commençons par un massage.    -Oui.    -J'enlève ça ?   Le pouls n'est pas régulier. Je vais régler cela.    -Les massages font partie de l'arsenal thérapeutique.   Les manœuvres d'acupression améliorent la circulation des fluides, des énergies et de la masse sanguine.   Ça va ?   Ça fait du bien ?   Tu presses des points précis ?    -Oui, très précis.   Je cible les organes défaillants.    -Ces gestes sont les mêmes pour tout le monde ?    -Le massage de la tête, oui.   Mais comme ses deux reins sont mal équilibrés, je lui ai libéré le canal de la bile.    -Quand tu prends le pouls, tu mets les trois doigts comme ça.   Chaque doigt sent quelque chose, ou seulement le majeur ?    -Chaque doigt correspond à un organe.   Celui-ci, par exemple, c'est le cœur.   A côté, tu as le foie, puis les voies respiratoires.   Et enfin le cerveau, l'organe qui dirige tous les autres.    -Plus à plat ?    -Chaque doigt doit avoir une pression différente, en fonction du patient.   Si tu sens une pression, l'organe correspondant présente un problème.   Là, la pression était anormale.   Le massage permet de tout réguler.    -Vous êtes venue de loin ?    -Environ 2 h de route.   Dans ma région, il y a un hôpital, mais j'ai confiance en Pujii : lui seul a su me soigner.    -Vous le pensez vraiment ?    -J'ai toujours préféré la médecine traditionnelle.   Je ne suis allée à l'hôpital que pour accoucher.    -Le camp familial de Pujii est niché au fond d'une vallée.   Quelques yourtes posées dans l'immensité de la steppe.   Cette immensité est troublante.   Pujii est né ici, et il connaît tous les secrets de la montagne.    -Dès que l'on s'approche, il y a cette odeur.   C'est une source naturelle qui sort de la montagne.    -Que contient cette eau ?    -Nous utilisons cette eau depuis des centaines d'années, sans savoir vraiment ce qu'il y a dedans.   Les anciens en savaient beaucoup plus sur sa composition.    -Une grande partie de votre formation est héritée des anciens.   On sait juste que ça fonctionne.    -Tout cela se transmet de génération en génération, oralement, et c'est ainsi que les informations se perdent.   Mais il y a d'anciens livres où tout est référencé.   J'y ai découvert beaucoup de choses.   Vas-y, passe en dessous.    -La crénothérapie est l'utilisation des eaux minérales et thermales à même la source.   Les eaux thermales mongoles, riches en minéraux, ont de nombreuses indications en dermatologie et rhumatologie.    -Il faut asperger chaque articulation, genoux, chevilles, bras...    -C'est surtout pour les rhumatismes, l'arthrose, les douleurs articulaires, qu'on l'utilise.    -Il faut venir chaque année pour faire une cure : on boit un verre le premier jour, pour arriver à quatre verres le 4ème jour.  Puis on diminue le nombre de verres.   Si on arrête brutalement, ça ne sert à rien.    -Pujii ne donne pas de rendez-vous, on vient le voir sans prévenir.   Il interrompt aussitôt ses activités pour accueillir celui qui vient le consulter.   Sous l'emprise soviétique, les soins étaient gratuits.   Désormais, les hôpitaux publics sont rares, et les établissements privés, inaccessibles.   La médecine traditionnelle prend en charge les plus démunis, chacun donnant ce qu'il veut, ou ce qu'il peut.    -Je lui donne ce nouveau traitement, sa tension est élevée.   Les différentes visites à l'hôpital n'ont donné aucun résultat.    -Je peux prendre sa tension ?    -Oui. Tu pourras te rendre compte.   Le problème vient du cerveau.    -Il a beaucoup de tension artérielle.    -Son pouls n'est régulier que d'un côté.  Je dois lui faire une saignée, en fonction de mon calendrier.    -C'est un livre qui te sert à donner des rendez-vous ?    -Je dois lui prélever du sang.   Je dois trouver le bon jour: le corps de chaque personne est lié à la Lune et au Soleil.   Je vérifie le calendrier lunaire. '3ème jour 'du mois'... Voilà. On se reverra là.    -Quand la Lune sera favorable, Pujii réalisera une saignée sur son patient, un traitement d'urgence de la médecine mongole.   Avec ça, vous pouvez tout soigner ?   Pratiquement, oui.    -C'est quoi ?    -C'est très bon.    -Je peux goûter? 'Très bon'... C'est relatif.    -C'est de l’Ephedra, elle donne de l'énergie.   A l'époque de Gengis Khan, les archers, les soldats du roi, en prenaient.   Elle te préserve de la vieillesse.    -Alors j'en prends même si je n'aime pas trop.    -L'Ephèdra, un petit arbuste originaire d'Asie centrale, est utilisé depuis toujours.   Son principe actif, éphédrine, désormais synthétisé, est utilisé comme décongestionnant nasal ou comme produit dopant.   Les plantes sont un pilier de la médecine mongole.   Ça me dit quelque chose...   On dirait des petits chardons.    -En infusion, cette plante développe la mémoire et la vue.    -Elle n'est pas utilisée par les chamans pour avoir des visions ou comprendre le monde différemment de nous ?    -Pour moi, tout se passe dans la tête.  A l'âge de 6 ans, j'avais déjà des visions, et je pouvais dire à une personne : 'Tu vas être malade.'   Et mes parents me battaient à cause de cela.    -Malgré ça, vous avez persévéré et êtes devenu médecin traditionnel.    -Quand je racontais les choses que je ressentais, ma mère se fâchait. 'Ça porte malheur l'   Mais quand certains évènements se sont produits, on a compris.    -Comme chaque matin, tout le monde s'affaire autour des bêtes.   C'est l'élevage, qui fait vivre Pujii et sa famille.    -Allez, on va sortir les bêtes.   J'ai environ 2 000 têtes de bétail, qu'il faut amener aux pâturages.    -Oui.    -Tout là-haut ?    -A pied ?    -Non, on va y aller à cheval.    -Faut pas que je tombe, quoi.    -Allez, tout le monde dehors !    -Ce qui vous fait vivre, réellement, c'est les animaux.    -C'est ma principale source de revenus. Le lait, la viande, la laine, enfin le cachemire, c'est mon gagne-pain.    -Je prends le blanc ? T'es gentil, toi, j'espère. Il ne fait pas exactement ce que je veux, hein !   Pujii se met à chanter.   C'est quoi, le plus difficile ?   C'est de s'occuper du bétail ou de soigner les patients ?    -Les patients demandent bien plus de responsabilité et d'attention.   En cas de maladie grave, je dois me déplacer chez le patient.   Pendant ce temps-là, je ne peux pas m'occuper du bétail.    -On s'arrête là ? On descend ? 0K.   Comment ça se passe, avec les malades qui sont en fin de vie ?    -Si les gens sont en train de mourir, ils perdent espoir.   Il faut les préserver, si on veut rallonger leur espérance de vie.   Parfois, j'appelle les esprits. Je m'investis alors beaucoup.    -Pour permettre aux proches de rester avec eux jusqu'à la fin ?    -En offrant quelques jours de plus à ces malades, je donne à la famille l'occasion de faire ses adieux.   Parfois, l'esprit réussit à guérir des maladies que je pensais incurables.    -Ça veut dire que vous êtes très bon, peut-être.   Peut-être que l'esprit est simplement bienveillant envers moi.    -La médecine que pratique Pujii reste très populaire dans toutes les couches de la société mongole.   Otgonhishig, sa fille, médecin elle aussi, va examiner un patient.  Un exercice difficile : elle marche sur les traces de son père.   Vous l'avez fait venir ?    -Pour confirmer mon diagnostic.    -Un cas compliqué ?    -C'est pour comparer nos deux méthodes.    -Je l’ausculterai, et je vous dirai mon diagnostic aussi.    -Trois médecins !    -Si on ne trouve pas ce que j'ai...    -C'est pas un concours.    -Respire comme ça.    -C'est bon, je sais. Ça va être plus cher, on est trois, hein !    -Qu'en penses-tu ?    -Il a un problème avec un de ses poumons.   C'est le poumon à gauche.    -Et vous, Pujii ?    -Je sais qu'il a transpiré et qu'il est sorti à l'air frais.   Avec les différences de température, son poumon s'est refermé.    -Vous n'avez pas l'apparence d'un nomade de la steppe.   Vous habitez probablement dans une ville, où il y a des hôpitaux.   Pourquoi venir voir Pujii ?    -A l'hôpital, souvent, ils se trompent : ils ne m'ont pas parlé d'un problème de poumon, mais d'estomac, et ils m'ont dit de faire attention à mon alimentation.    -Je comprends très bien votre attachement à la tradition, mais je suis surpris que vous préfériez ceci à une médecine plus scientifique.    -La médecine a certes évolue, mais ils opèrent encore beaucoup.   Pour un calcul à la vésicule biliaire, ici, je n'aurai qu'un organe d'animal sauvage à avaler.    -Qu'en pensent les médecins de la ville ?    -A l'époque soviétique, cette médecine était interdite, mais aujourd'hui, ils l’acceptent.    -Parfois, un chaman vient éloigner les mauvais esprits à l'hôpital.    -Elle avait raison sur une chose : elle a bien entendu une gêne aux poumons.   Mais elle n'a pas su définir que les voies respiratoires étaient bouchées, et que l'oxygène n'arrivait pas au cœur.    -Vous n'êtes pas tout à fait d'accord, et à mon avis, t'auras jamais raison.    -Et toi ? Quel est ton diagnostic ?    -Il ne veut pas nous contredire.    -Pour faire un diagnostic, j'ai besoin de faire des radios, des prises de sang : on se complique la vie.   Pujii est devenu médecin par vocation, au vrai sens du terme.   Il soigne 'pour se sentir vivant', pas pour gagner sa vie.   Son charisme, sa disponibilité, sa patience, son assurance, m'ont fait découvrir un soignant exceptionnel, qui rassure, écoute.


Revoir le reportage avec Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1kihe4 (25'46)

Revoir le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1ia2an (25'46)

Revoir le reportage en replay sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-001/medecines-d-ailleurs (extrait 1'51)




PRÉSENTATION :

Comment se soigner lorsque l’on vit dans un territoire immense composé de montagnes et de steppes et à des centaines de kilomètres de la première ville ? Pour le savoir, Bernard rencontre Pujii.
Ce médecin mongol traditionnel, par ailleurs éleveur, pratique des massages influencés par les techniques tibétaines.

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

-Je m'appelle Bernard Fontanille.
Je suis médecin urgentiste.
J'ai décidé de parcourir le monde, à la rencontre de ceux qui prennent soin des autres.
Un territoire immense fait de steppes et de montagnes.
Comment se soigner quand on vit à des centaines de kilomètres de la première ville ?
C'est ce que je vais découvrir à l'ouest d'Oulan-Bator.
Attention... Je pense que c'est là-bas.
Après 17 h de piste, j'aperçois au loin la yourte de Pujii Choisuren.

-Je suis Pujii Choisuren.
J'ai soixante-dix ans.
Je suis éleveur dans la région de Sum lkh Uul, et je suis médecin traditionnel.

-Bonjour. Vous êtes Pujii ?

-Oui. Ravi de vous rencontrer.

-J'ai jamais vu un médecin aussi bien habille, chez moi.

-Merci.

-Très classe.

-C'est ma tenue traditionnelle, et c'est là que je consulte.
Dans ma maison. Tu me suis ?

-On peut rentrer?
Pujii est avant tout éleveur.
Avec ses fils, il s'occupe de centaines de têtes de betail.
Sa fille cadette lui rend souvent visite.
Une patiente se présente.

-Bonjour.
Vous passez un agréable printemps ?

-Oui, je vous remercie.

-Bon, très bien.
Cette dame est une patiente de longue date.
Depuis quand ?

-Cela fait 2-3 ans que je suis suivie pour mes problèmes cardiaques.

-Le problème est toujours lié à la circulation du sang.
Vous avez mal aux reins.

-J'ai une sensation étrange, quand vous me manipulez.

-Oui, c'est normal.

-Tu mesures la longueur du doigt ?

-Chacun correspond à un organe.
Toi, par exemple, tu as un problème à la tête.
Ça ne va pas dans ma tête ?
C'est la dame, qui est malade, c'est pas moi.

-Alors ?
Commençons par un massage.

-Oui.

-J'enlève ça ?
Le pouls n'est pas régulier. Je vais régler cela.

-Les massages font partie de l'arsenal thérapeutique.
Les manœuvres d'acupression améliorent la circulation des fluides, des énergies et de la masse sanguine.
Ça va ?
Ça fait du bien ?
Tu presses des points précis ?

-Oui, très précis.
Je cible les organes défaillants.

-Ces gestes sont les mêmes pour tout le monde ?

-Le massage de la tête, oui.
Mais comme ses deux reins sont mal équilibrés, je lui ai libéré le canal de la bile.

-Quand tu prends le pouls, tu mets les trois doigts comme ça.
Chaque doigt sent quelque chose, ou seulement le majeur ?

-Chaque doigt correspond à un organe.
Celui-ci, par exemple, c'est le cœur.
A côté, tu as le foie, puis les voies respiratoires.
Et enfin le cerveau, l'organe qui dirige tous les autres.

-Plus à plat ?

-Chaque doigt doit avoir une pression différente, en fonction du patient.
Si tu sens une pression, l'organe correspondant présente un problème.
Là, la pression était anormale.
Le massage permet de tout réguler.

-Vous êtes venue de loin ?

-Environ 2 h de route.
Dans ma région, il y a un hôpital, mais j'ai confiance en Pujii : lui seul a su me soigner.

-Vous le pensez vraiment ?

-J'ai toujours préféré la médecine traditionnelle.
Je ne suis allée à l'hôpital que pour accoucher.

-Le camp familial de Pujii est niché au fond d'une vallée.
Quelques yourtes posées dans l'immensité de la steppe.
Cette immensité est troublante.
Pujii est né ici, et il connaît tous les secrets de la montagne.

-Dès que l'on s'approche, il y a cette odeur.
C'est une source naturelle qui sort de la montagne.

-Que contient cette eau ?

-Nous utilisons cette eau depuis des centaines d'années, sans savoir vraiment ce qu'il y a dedans.
Les anciens en savaient beaucoup plus sur sa composition.

-Une grande partie de votre formation est héritée des anciens.
On sait juste que ça fonctionne.

-Tout cela se transmet de génération en génération, oralement, et c'est ainsi que les informations se perdent.
Mais il y a d'anciens livres où tout est référencé.
J'y ai découvert beaucoup de choses.
Vas-y, passe en dessous.

-La crénothérapie est l'utilisation des eaux minérales et thermales à même la source.
Les eaux thermales mongoles, riches en minéraux, ont de nombreuses indications en dermatologie et rhumatologie.

-Il faut asperger chaque articulation, genoux, chevilles, bras...

-C'est surtout pour les rhumatismes, l'arthrose, les douleurs articulaires, qu'on l'utilise.

-Il faut venir chaque année pour faire une cure : on boit un verre le premier jour, pour arriver à quatre verres le 4ème jour.
Puis on diminue le nombre de verres.
Si on arrête brutalement, ça ne sert à rien.

-Pujii ne donne pas de rendez-vous, on vient le voir sans prévenir.
Il interrompt aussitôt ses activités pour accueillir celui qui vient le consulter.
Sous l'emprise soviétique, les soins étaient gratuits.
Désormais, les hôpitaux publics sont rares, et les établissements privés, inaccessibles.
La médecine traditionnelle prend en charge les plus démunis, chacun donnant ce qu'il veut, ou ce qu'il peut.

-Je lui donne ce nouveau traitement, sa tension est élevée.
Les différentes visites à l'hôpital n'ont donné aucun résultat.

-Je peux prendre sa tension ?

-Oui. Tu pourras te rendre compte.
Le problème vient du cerveau.

-Il a beaucoup de tension artérielle.

-Son pouls n'est régulier que d'un côté.
Je dois lui faire une saignée, en fonction de mon calendrier.

-C'est un livre qui te sert à donner des rendez-vous ?

-Je dois lui prélever du sang.
Je dois trouver le bon jour: le corps de chaque personne est lié à la Lune et au Soleil.
Je vérifie le calendrier lunaire. "3ème jour "du mois"... Voilà. On se reverra là.

-Quand la Lune sera favorable, Pujii réalisera une saignée sur son patient, un traitement d'urgence de la médecine mongole.
Avec ça, vous pouvez tout soigner ?
Pratiquement, oui.

-C'est quoi ?

-C'est très bon.

-Je peux goûter? "Très bon"... C'est relatif.

-C'est de l’Ephedra, elle donne de l'énergie.
A l'époque de Gengis Khan, les archers, les soldats du roi, en prenaient.
Elle te préserve de la vieillesse.

-Alors j'en prends même si je n'aime pas trop.

-L'Ephèdra, un petit arbuste originaire d'Asie centrale, est utilisé depuis toujours.
Son principe actif, éphédrine, désormais synthétisé, est utilisé comme décongestionnant nasal ou comme produit dopant.
Les plantes sont un pilier de la médecine mongole.
Ça me dit quelque chose...
On dirait des petits chardons.

-En infusion, cette plante développe la mémoire et la vue.

-Elle n'est pas utilisée par les chamans pour avoir des visions ou comprendre le monde différemment de nous ?

-Pour moi, tout se passe dans la tête.
A l'âge de 6 ans, j'avais déjà des visions, et je pouvais dire à une personne : "Tu vas être malade."
Et mes parents me battaient à cause de cela.

-Malgré ça, vous avez persévéré et êtes devenu médecin traditionnel.

-Quand je racontais les choses que je ressentais, ma mère se fâchait. "Ça porte malheur l"
Mais quand certains évènements se sont produits, on a compris.

-Comme chaque matin, tout le monde s'affaire autour des bêtes.
C'est l'élevage, qui fait vivre Pujii et sa famille.

-Allez, on va sortir les bêtes.
J'ai environ 2 000 têtes de bétail, qu'il faut amener aux pâturages.

-Oui.

-Tout là-haut ?

-A pied ?

-Non, on va y aller à cheval.

-Faut pas que je tombe, quoi.

-Allez, tout le monde dehors !

-Ce qui vous fait vivre, réellement, c'est les animaux.

-C'est ma principale source de revenus. Le lait, la viande, la laine, enfin le cachemire, c'est mon gagne-pain.

-Je prends le blanc ? T'es gentil, toi, j'espère. Il ne fait pas exactement ce que je veux, hein !
Pujii se met à chanter.
C'est quoi, le plus difficile ?
C'est de s'occuper du bétail ou de soigner les patients ?

-Les patients demandent bien plus de responsabilité et d'attention.
En cas de maladie grave, je dois me déplacer chez le patient.
Pendant ce temps-là, je ne peux pas m'occuper du bétail.

-On s'arrête là ? On descend ? 0K.
Comment ça se passe, avec les malades qui sont en fin de vie ?

-Si les gens sont en train de mourir, ils perdent espoir.
Il faut les préserver, si on veut rallonger leur espérance de vie.
Parfois, j'appelle les esprits. Je m'investis alors beaucoup.

-Pour permettre aux proches de rester avec eux jusqu'à la fin ?

-En offrant quelques jours de plus à ces malades, je donne à la famille l'occasion de faire ses adieux.
Parfois, l'esprit réussit à guérir des maladies que je pensais incurables.

-Ça veut dire que vous êtes très bon, peut-être.
Peut-être que l'esprit est simplement bienveillant envers moi.

-La médecine que pratique Pujii reste très populaire dans toutes les couches de la société mongole.
Otgonhishig, sa fille, médecin elle aussi, va examiner un patient.
Un exercice difficile : elle marche sur les traces de son père.
Vous l'avez fait venir ?

-Pour confirmer mon diagnostic.

-Un cas compliqué ?

-C'est pour comparer nos deux méthodes.

-Je l’ausculterai, et je vous dirai mon diagnostic aussi.

-Trois médecins !

-Si on ne trouve pas ce que j'ai...

-C'est pas un concours.

-Respire comme ça.

-C'est bon, je sais. Ça va être plus cher, on est trois, hein !

-Qu'en penses-tu ?

-Il a un problème avec un de ses poumons.
C'est le poumon à gauche.

-Et vous, Pujii ?

-Je sais qu'il a transpiré et qu'il est sorti à l'air frais.
Avec les différences de température, son poumon s'est refermé.

-Vous n'avez pas l'apparence d'un nomade de la steppe.
Vous habitez probablement dans une ville, où il y a des hôpitaux.
Pourquoi venir voir Pujii ?

-A l'hôpital, souvent, ils se trompent : ils ne m'ont pas parlé d'un problème de poumon, mais d'estomac, et ils m'ont dit de faire attention à mon alimentation.

-Je comprends très bien votre attachement à la tradition, mais je suis surpris que vous préfériez ceci à une médecine plus scientifique.

-La médecine a certes évolue, mais ils opèrent encore beaucoup.
Pour un calcul à la vésicule biliaire, ici, je n'aurai qu'un organe d'animal sauvage à avaler.

-Qu'en pensent les médecins de la ville ?

-A l'époque soviétique, cette médecine était interdite, mais aujourd'hui, ils l’acceptent.

-Parfois, un chaman vient éloigner les mauvais esprits à l'hôpital.

-Elle avait raison sur une chose : elle a bien entendu une gêne aux poumons.
Mais elle n'a pas su définir que les voies respiratoires étaient bouchées, et que l'oxygène n'arrivait pas au cœur.

-Vous n'êtes pas tout à fait d'accord, et à mon avis, t'auras jamais raison.

-Et toi ? Quel est ton diagnostic ?

-Il ne veut pas nous contredire.

-Pour faire un diagnostic, j'ai besoin de faire des radios, des prises de sang : on se complique la vie.
Pujii est devenu médecin par vocation, au vrai sens du terme.
Il soigne "pour se sentir vivant", pas pour gagner sa vie.
Son charisme, sa disponibilité, sa patience, son assurance, m'ont fait découvrir un soignant exceptionnel, qui rassure, écoute.

FIN

Une transcription écrite de l'émission est aussi présentée sur le site de Télé Scoop au lien :
http://telescoop.tv/reader/425117/medecines-d-ailleurs.html

 

COMMENTAIRES :

- Sur Arte : http://www.arte.tv/guide/fr/048081-001/medecines-d-ailleurs
ou
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-001/medecines-d-ailleurs#details-comments


 

Chine - La médecine des moines de Shaolin
Épisode 3


Arte - Mercredi 5 mars 2014 à 17h48 -

Sommaire :
En Chine, rencontre dans les montagnes reculées du Song Shan avec Xingzhen,
moine Shaolin et maître reconnu pour son enseignement de la médecine traditionnelle.



Revoir le film sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1kiisp (26'15)

Revoir le film sous-titré en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1ia7z7 (26'15)

Revoir l'émission en replay sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-004/medecines-d-ailleurs (extrait : 2'07)



PRÉSENTATION :

Dans les montagnes reculées du Song Shan en Chine, les moines Shaolin sont reconnus pour leur enseignement de la médecine traditionnelle, mêlant connaissance du corps et des plantes médicinales.
Il reste aujourd’hui quelques vieux maîtres, garants de ce savoir ancestral.
Bernard s'entretient avec Xingzhen, l’un d’entre eux.

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

-Je m'appelle Bernard Fontanille, je suis médecin urgentiste.
 J'ai décidé de parcourir le monde, pour rencontrer ceux qui soignent les autres.
Dans la province du Henan, sur les montagnes du Songshan, vivent depuis 1 000 ans les moines de Shaolin.
C'est dans le temple Shaolin Si, bâti fin 19e, qu'est né le kung-fu, pour se défendre contre animaux et brigands.
Depuis, les moines ont développé la pratique d'une vie zen et d'une médecine adaptée.
On respecte autant leur art martial que leur médecine, basée sur la connaissance des plantes et l'acupuncture.
J'ai rencontré le médecin principal du temple.

-Je m'appelle Xingzhen.
Je suis maître Shaolin et medecin.
J'ai 75 ans.

Cri de combat.

Quel accueil !
Bonjour. C'est impressionnant ! Vous allez bien ?

-Toujours, après les exercices.

-Vous faites ça tous les jours ?

-Oui.

-Bravo.

-C'est comme dans les combats. On se bat.
Vous faites comment pour vivre ici seul ?

-C'est le meilleur endroit pour planter des herbes qui sont pour nous des médicaments.
Il y a même des melons, du maïs et du blé.
C'est un peu dur, mais je vis simplement.
Je suis ici en paix, sur la route pour le bien dans le monde.
Ça s'appelle "toulouzi".
C'est pour traiter le diabète.
Et celle-ci, c'est le "wangfeng", pour soigner le rhume.

-Mais comment vous savez tout ça ?
Où avez-vous appris ça ?

-Je n'ai pas appris.
C'est une tradition, depuis la dynastie Qing.
Les médecins de l'empereur avaient découvert que malgré le fait que certains mangeaient beaucoup, ils mincissaient de plus en plus.
Après plusieurs années, les médecins ont su qu'il y avait trop de sucre dans le sang.
Ils ont découvert le diabète.
Sinon, j'ai beaucoup appris des autres maîtres que j'ai rencontrés durant ma vie.
C'est une recette qui permet de ne pas vieillir.
C'est pour ça que je suis en pleine forme.

-Vous avez quel âge ?

-75 ans.

-Cette recette, je peux l'avoir ?

-Impossible !

Le moine pousse des cris de combat.
Bernard rit.

-Tous les jours, le maître arpente les collines et s'enfonce dans la forêt, en quête de plantes médicinales.
Dans le temple de Shaolin, une école de kung-fu accueille des centaines d'enfants.
Certains d'entre eux sont devenus les jeunes disciples du maître.

-Dans cette montagne, il y a beaucoup de plantes qui réparent les tissus, après une blessure.
Ces plantes sont indispensables.
Elles accélèrent la cicatrisation.
Et mélangées à d'autres, elles soulagent la douleur.
Ah oui, ça se mange.

-Ouais.

-Cette plante est un des médicaments les plus utilisés en Chine.
Il s'appelle "wei ding xiang".
Ses fruits améliorent la circulation du sang.
Et sa racine permet de guérir les éventuels engourdissements dans les jambes.

-Comment l'utilise-t-on ?

-On les mélange.
Quand on donne ce médicament, il faut d'abord demander où les gens sont nés, dans quelle région, pour mieux déterminer le mélange.

-On en met dans la hotte ? J'en prends un peu.
Quelques branches.

-Ce médicament s'appelle "jingzi".
Il peut traiter les maladies des poumons.
On peut l'utiliser aussi pour traiter l'asthme.
Si on fait le compte, dans ces collines, il y a 800 médicaments.
On peut traiter pratiquement toutes les maladies.
En Chine, il y a13 700 sortes de médicaments.
On a 108 recettes pour 88 maladies.

-Il y en a partout. Il y a juste à ramasser. 
Une grande pharmacie à ciel ouvert.
On va en ramasser d'autres. Continuons.

-J'ai appris beaucoup de choses de mon grand-père.
Il était fonctionnaire, pendant la dynastie Qing.
Et son grand-père était médecin de l'empereur.
Quand j'ai commencé à pratiquer la religion, je n'avais que 9 ans.
J'ai été placé dans différents temples.
J'ai beaucoup appris.
J'ai voyagé entre les monts Wutai, Emei, Jiuhua et Putuo.
J'ai communiqué avec beaucoup de moines, ce qui m'a permis d'approfondir mes connaissances.
Il dit quelque chose. Bernard rit.

-Bien manger fait partie de la médecine de Shaolin ?

-Il y a surtout des habitudes, quand on mange.
Par exemple, il ne faut pas parler.
En parlant, si ta salive sort de ta bouche, elle peut arriver dans le bol du voisin.
On peut transmettre des maladies ainsi.

-C'est très long, de devenir médecin de Shaolin ?

-Ça dépend. Je ne sais pas.
Peut-être 1 an, peut-être 2. Ça dépend du niveau de chacun.

-C'est un parcours très personnel.

-Quand j'avais 9 ans, les moines m'ont recueilli.
Ma mère était malade et elle est morte.
Mon père n'a pas supporté et il s'est donné la mort.
Je me suis retrouve dehors, devant le temple Shaolin.
J'étais sous un pont, car il neigeait.
Je ramassais des fruits par terre, pour me nourrir.
Un maître est sorti du temple, il m'a demandé : "Où sont tes parents ?"
On s'est mis à pleurer tous les deux.
Aujourd'hui, je suis Shaolin pour ça aussi.
Je rembourse le respect que je leur dois. Je donne tout ce que j'ai, à tout le monde.

-Vous l'avez déjà payé 100 fois, votre dette, ça n'en est même pas une.

-Les moines m'ont appris la médecine.
Je me suis reconstruit grâce à la reconnaissance qu'elle m'a apportée.
Aujourd'hui, je passe du temps avec les enfants du temple. 
Ça me rassure de les aider, même si on me croit fou. 
Je ne veux pas qu'ils aient l'enfance que j'ai eue.
J'espère que tu aideras les enfants pauvres, dans ton pays.
Un enfant ne doit pas vivre ça.
Mon maître m'a élevé, m'a trouvé un logement dans le temple.
Ils m'ont donné des habits propres et chauds.
C'est grâce à eux que je ne suis pas mort dans le froid. Il faut les remercier.
Je dois aussi remercier le monde et tous les moines.

Les moines chantent.

-Tous les matins avant l'aube, les moines se réunissent dans le temple, pour méditer 90 mn.
Le bouddhisme précède le kung-fu.
La vie quotidienne s'organise alors autour de rituels inflexibles.
Entre prières, pratique du kung-fu, étude des textes et vie collective.

-C'est une méthode pour prendre le pouls qui existe depuis la dynastie Qing.
Une tradition de la médecine chinoise.
Si tu es tranquille, détendu, tu peux sentir le battement du cœur de très loin, avec le fil.
A l'époque, certaines femmes ne voulaient pas être vues par les médecins de l'empereur.
D'où cette trouvaille pour prendre le pouls à distance.

-C'est une mauvaise nouvelle ?

-Tu as du feu dans l'estomac et tu baves la nuit, quand tu dors.

-Je bave la nuit ?!
Faudrait que je regarde !
Qu'est-ce qu'il faut que je fasse, alors ?

-Il faut que tu prennes quelque chose qui aide à digérer.

-Et est-ce que dans les herbes qu'on a ramassées ensemble, dans la montagne, est-ce que je pourrais en utiliser quelques-unes pour calmer ce feu ?

-Oui, "gangkao" et "wangkin".
Vous les faites bouillir dans l'eau et vous les buvez.
Je peux te préparer ce mélange de plantes.
Après un 2ème contrôle de pouls, je suis sûr que tout ira bien.

-Le kung-fu sollicite le corps parfois au-delà de ses limites.
Les blessures sont nombreuses.
L’apprentissage nécessite plusieurs heures par jour.
Le combat rapproché est basé sur la souplesse des articulations et des tendons.
Le cabinet de Xingzhen est un lieu important, pour les jeunes moines de Shaolin.
Qu'avez-vous ?

-Je n'ai pas de maladie particulière.
Je viens juste pour me libérer les articulations.

-Une aiguille, ça suffit.
Ne t'inquiète pas.

-Hou ! Ah mais, dans les vêtements ?!

-Parce qu'il est moine depuis longtemps, il n'a pas besoin de les enlever.

-Tu es sûr de l'endroit ?

-Ça y est, c'est là !

-Ça fait pas mal?

-Si l'aiguille pénètre dans le point exact, je ne sens rien.
Mais s'il se trompe, là, ça fait mal.

-Comment être précis, les yeux fermés ?

-Même sans voir, j'arrive à planter les aiguilles.

-Il mesure avec les doigts.
Donc il peut savoir où sont les points, sans regarder.

-On laisse les aiguilles longtemps ?

-Parfois 5 minutes, parfois 10, parfois 30 minutes.

-Ça dépend du problème.

-Je m'appelle Shen Yanling.
Je suis responsable de la pharmacie de Shaolin.
J'ai 52 ans.

-Maître Yanling est le chef de la pharmacie du temple.
Médecin tout aussi respecté que Xingzhen.
Il est le garant du savoir des médecins Shaolin, qui connaissent le corps, les plantes médicinales et des techniques de massage.

-Je découvre une médecine très particulière, assez éloignée de la mienne.
Expliquez-moi ce qu'elle a de particulier.

-La médecine de Shaolin a un lien étroit avec le bouddhisme.
On utilise des médicaments, comme dans toutes les autres médecines.
Mais nous regardons aussi le côté psychologique.
C'est ce que l'on appelle le médicament spirituel.
C'est la base de la médecine de Shaolin.

-Le fait d'être dans un temple, avec des moines adeptes du kung-fu, influence-t-il cette médecine ?

-C'est le complément indispensable à cette médecine.
C'est la culture du zen.
On médite beaucoup.
On règle notre respiration, ça nous aide à nous soigner.
Les exercices physiques nous permettent cela.
Justement, le kung-fu est une pratique très exigeante physiquement.
J'imagine que cette médecine est adaptée à cette pratique.

-Elle est appropriée pour 2 points : le kung-fu de Shaolin existe depuis 1 000 ans.
Aujourd'hui, plus exigeant, les blessures sont fréquentes.
Contrairement à la médecine traditionnelle, cette médecine a des méthodes particulières pour soigner les fractures dues aux exercices.
En contrepartie, les exercices pratiques durant le kung-fu sont très réparateurs pour le cou, le dos et les hanches. Le kung-fu est une vraie méthode de soin.

-C'est donc une médecine qui s'est développée en marge de la médecine traditionnelle chinoise ?
C'est une branche ?
Comment le comprendre ?

-La médecine de Shaolin est très différente de la médecine chinoise traditionnelle.
La médecine occidentale observe les symptômes et cherche un résultat avec des examens.
La médecine chinoise, elle, repose sur l'équilibre du yin et du yang.
La médecine de Shaolin englobe ces 2 pratiques.
Selon les archives, à l'époque de Qianlong, il y avait 400 à 500 moines dans le temple, dont une centaine avait plus de 100 ans.
Environ un cinquième. Ce qui prouve que nos méthodes sont efficaces.

Cri.

-En fait, la douleur vient de la jambe, ici.
C'est fréquent.
On vérifie tous les points qui correspondent à l'organe atteint.

-Moi, je ne sais pas sentir avec les doigts.
Souvent, j'ai besoin de faire une radio.
Et on plâtre. Je ne connais pas les méridiens.

-Grâce aux différents méridiens, tu peux savoir exactement où se trouve la fracture.
Ensuite, tu peux replacer les os, même si la fracture est en angle droit.

-Vous demandez des radios, quand vous ne savez pas ?

-Oui, à l'hôpital, en cas de blessure grave.
Il faut éviter que le patient souffre.

-Les gens qui pratiquent le kung-fu ont une force de caractère qui permet de surpasser la souffrance.
Le maître peut facilement le soigner.
Si la douleur est plus vive, l'acupuncture et les plantes sont encore plus efficaces.

-Si tu es en paix avec toi-même, alors tu peux pratiquer la médecine zen.
Il faut apprendre les méridiens et les points d'acupuncture.
Les textes bouddhistes citent les points forts et les techniques pour maîtriser les maladies.

-On vient de loin pour étudier le kung-fu au temple Shaolin, et on y compte de nombreux étudiants étrangers.
Il faut apprendre le chinois, le kung-fu, bien sûr, la médecine, mais aussi avoir une connaissance aiguë des plantes environnantes, conservées dans la vieille pharmacie.

-Ca, c'est "shuan wu". Cette plante est beaucoup utilisée pour les hématomes et la douleur.
Mais il faut faire très attention au grammage car elle est toxique et dangereuse.
C'est vrai que beaucoup de plantes soignent les blessures liées aux exercices.
Mais il y a aussi ce qu'il faut pour soigner d'autres maladies, comme celles du foie ou des reins.
Je travaille à cette pharmacie depuis longtemps, pour qu'elle devienne aussi grande que celles des grandes villes, pour le bien et la santé du peuple.

-Il faut manger !

FIN


Une transcription écrite de l'émission est aussi présentée sur le site de Télé Scoop au lien :
http://telescoop.tv/reader/426419/medecines-d-ailleurs.html

 

COMMENTAIRES :

- Sur Arte : http://www.arte.tv/guide/fr/048081-004/medecines-d-ailleurs

 


 

Chine - La médecine des cent plantes
Épisode 4


Arte - Jeudi 6 mars 2014 à 17h45 -

Sommaire :
Bernard Fontanille se rend à Baisha, dans la province du Yunnan, où vit le docteur Ho,
un praticien réputé qui a ouvert une clinique qui attire des patients du monde entier.

Revoir le film sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1kijx1 (26'15)

Revoir le film sous-titré en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1iabsu (26'15)

Revoir l'émission en replay :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-005/medecines-d-ailleurs (extrait 2'23)



PRÉSENTATION :

En Chine, l’un des berceaux de la médecine, les soignants se tournent depuis toujours vers la nature pour y puiser des remèdes.
Bernard se rend à Baisha, dans la province du Yunnan, où vit le docteur Ho.
Ce praticien réputé a ouvert une clinique qui attire des patients de toute la Chine et même du reste du monde.

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

-Je m'appelle Bernard Fontanille.
Je suis médecin urgentiste.
Je parcours la monde à la rencontre de ceux qui soignent les autres.

-Dans le sud de la Chine, la province luxuriante du Yunnan est traversée de steppes immenses et d'une chaîne de montagnes.
On y trouve des centaines d'herbes utilisées dans la médecine.
C'est à Baisha, niché au pied de la montagne du Dragon de Jade que vit le docteur Ho, l'un des herboristes les plus connus de Chile.
Bonjour.

-Bonjour. Sois le bienvenu.
Je suis le Docteur Ho Shulong et voici mon père.

-Le père et le fils.

DOCTEUR SHIXIU HO, MEDECIN HERBORISTE, 91 ANS, BAISHA : -Oui, oui... Bienvenue.
Je m'appelle Docteur Ho.
Je suis médecin, j'ai 91 ans cette année.
Je travaille à la clinique des Cent plantes.
Les Chinois disent qu'on est heureux quand on a des amis qui viennent de loin.
On dit aussi que ceux qui vivent sur la même planète sont tous nos amis.

-Merci, c'est g
Le Docteur Ho avec des plantes depuis 50 ans.
A l'âge de 40 ans, lui-même malade, il s'est intéressé à son environnement végétal pour se guérir et soigner ses patients.

-Vous avez mal quand vous avez vos règles ?

-Non, mais j'ai mal au dos et aux reins.
Il y a quelques jours, je suis allée aux urgences.
Je n'arrête pas de vomir et j'ai mal au ventre.
Je ne comprends pas pourquoi.

-Elle a mal à l'estomac.

-Ça a un effet sur la circulation sanguine.
Le mauvais sang circule dans tout le corps jusqu'au visage.
Donc on doit soigner son estomac pour qu'il puisse absorber les médicaments.

-Combien y a-t-il de plantes différentes dans le mélange ?

-Là, une dizaine de plantes.
Ça sert à traiter plusieurs problèmes.
Toutes les maladies sont liées et les médicaments interagissent.

-C'est vous qui allez chercher les plantes dans la montagne ?

-Je n'ai pas le temps.
Ma femme, mon fils, ma belle-fille savent très bien le faire.
Moi, je ne vais nulle part.
Je leur ai déjà transmis mes connaissances.

-Vous préparez un traitement pour combien de temps ?

-Entre un mois et un moi et demi.
Chaque cas est différent.
La plupart guérissent.
Mais il y a toujours une parti qui ne guérit pas.
Ça dépend du patient.
Il doit boire de l'eau, du thé, faire attention à ce qu'il mange...
Alors là, il peut guérir rapidement.

Tu vis dans une situation difficile.
Tu es seule.
Prends ce médicament pendant un mois et demi.
Je ne te demande que 150 yuans.

-Qui vous a appris toutes ces choses ?

-Mes ancêtres m'ont appris.
Ça fait des générations qu'on fait ça.
Mais ce qui est imortant aussi, c'est d'apprendre soi-même.
Il ne faut pas seulement apprendre les vieilles méthodes, mais aussi les modernes.
J'ai plein de livres sur les différentes méthodes.
J'ai aussi des livres étrangers : japonais, allemands, coréens...
Apprendre, apprendre...
Comment on peut savoir sans apprendre ?
Il ne faut pas compter sur le passé.
La société avance.

SHULONG HO, MEDECIN HERBORISTE, 55 ANS, BAISHA :-Je m'appelle Ho Shulong.
J'ai 55 ans.
Je suis le fils du Docteur Ho.
Je suis médecin à la clinique des Cent plantes à Baisha.

-Comment votre papa fait-il le diagnostic avec le pouls ?

-Quand on prend le pouls, on se base sur les trois théories de la médecine chinoise.
Nous pensons que les dysfonctionnements du coeur, du foie, de la rate, du poumon, des reins et des six autres organes peuvent être ressentis sur les trois points du pouls.
Trois fois trois égale neuf.
Nous avons donc neuf pouls différents.

-Est-ce que ça ne vous manque pas, dans votre pratique, de ne pas avoir accès à ce qui se passe à l'intérieur, dans le sang ?
La biochimie, c'est très important dans la médecine que je pratique.

-Les médecines chinoise et occidentale sont deux approches très différentes : la médecine occidentale se concentre sur une maladie et son objectif n'est pas le même.
En Chine, on regarde la situation du corps en général.
On recherche l'origine de la maladie.
En occident, une machine peut te dire que tout va bien.
Mais avec le diagnostic de la médecine chinoise, on peut trouver un manque de vitalité...
Et le patient n'en est pas forcément conscient.
Mais nous, on peut le sentir.

-On peut être malade sans être malade et être en bonne santé en étant un peu malade quand même.
C'est ça ?

-En médecine occidentale, vous traitez l'apparence.
Mais l'idéal est d'associer cette approche avec les sensations du patient.
Quand les rédultats du malade redeviennent normaux et qu'il a récupéré son énergie, là, on peut dire qu'il est guéri.
Beaucoup de gens ne comprennent pas ce qu'est l'énergie vitale.
Ils pensent que c'est abstrait, mais ce n'est pas le cas.

8'40

...

COMMENTAIRES :

- Sur Arte : http://www.arte.tv/guide/fr/048081-005/medecines-d-ailleurs

 


 

Kenya - Des hommes et des volcans
Épisode 5


Arte - Vendredi 7 mars 2014 à 17h45 -

Sommaire :
Les Massaï se nourrissent majoritairement de graisses animales : le savoir de leurs herboristes traditionnels leur permet de demeurer en bonne santé.


Revoir le film sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1kilnw (26'16)

Revoir le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1id1z4 (26'16)

Revoir l'émission en replay :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-019/medecines-d-ailleurs (extrait 1'29)


PRÉSENTATION :

Deux tiers des calories ingérées quotidiennement par les Massaï proviennent de graisses animales.
Pourtant, ils ne souffrent pas de problèmes de santé.
Le savoir des herboristes Massaï permet aux tribus nomades de tirer le meilleur parti de la nature qui les entoure...
Un tour du monde des soins traditionnels, sur les traces de Bernard Fontanille, médecin urgentiste.

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

-Je m'appelle Bernard Fontanille.
Je suis médecin urgentiste.
Je parcours la monde à la rencontre de ceux qui soignent les autres.

Le Tsavo, le plus grand parc national du Kenya, déploie sa savane au pied des monts Chyulu.
A travers les branches des acacias, ils révèlent leurs cônes de cendres volcaniques et leurs coulées de lave pétrifiée. J'entre en territoire masaï.
Originaires de la vallée du Nil, d'où ils émigrent au 15e siècle, les Masaïs occupent aujourd'hui un vaste territoire du mont Kenya au Kilimandjaro.
Semi-nomades, ils partent encore en transhumance et accordent une place de choix à la connaissance des végétaux.
Dès leur plus jeune âge, les Masaïs apprennent les plantes et leur utilisation.

-Bonjour. Comment t'appelles-tu ?

-Bernard.

-Joseph.

-Vous êtes éleveur ?

-Je dirais plutôt que je garde les vaches.
Elles font beaucoup pour nous.
Quand je siffle, elles viennent vers moi.
Elles réagissent aussi aux gestes.
Les vaches nous donnent leur lait, leur viande, leur sang...
Grâce à elles, on mange bien.
Les vaches nous donnent tout ce dont on a besoin.

-Vous avez combien de vaches ?

-On ne les dénombre pas.
On les connaît.
Elles sont nombreuses.
Si tu essaies de les compter, tu auras mal à la tête.
Repérer les couleurs, c'est plus simple. Je m'interroge.
Tu es blanc, et je suis noir.
Que fais-tu ici ?

-Je viens voir Lazzaro, le médecin.
Le médecin traditionnel.

-Je connais bien Lazzaro.
Il me considère comme son fils et me forme à devenir médecin.

-Vous êtes son disciple.

-Oui. Je vais partout où il va.
Je passe du temps avec les patients.
Et j'en passe beaucoup avec Lazzaro.

-OK. Je vous suis, alors.
Depuis l'âge de 20 ans, Lazzaro est un Oloiboni respecté.
Grâce aux plantes, il assure les soins de santé dans la région.
Il prend en charge les pathologies du quotidien.
Diarrhées et fièvres sont traitées par des mélanges de plantes dont il maîtrise les effets.

-Je m'appelle Lazzaro Senken.
J'ai 44 ans, et je suis médecin traditionnel masaï à Ndilal, au Kenya.

-Bonjour. On ne vous dérange pas ?

-Bienvenue.

-Ravi d'être là.
C'est ici que vous soignez les malades ?

-Oui. Je soigne tout le monde dans cette maison.
Parfois, on vient me chercher ici pour que j'aille soigner quelqu'un, mais uniquement quand le malade ne peut pas se déplacer.
Je vais à leur rencontre.

-Vous êtes le seul médecin traditionnel de la région ?

-Oui. Ici, je suis le seul.
Je donne des médicaments sous forme de plantes pour prévenir et lutter contre les maladies.
Beaucoup de gens ne se soignent qu'avec mes plantes.

-Seul guérisseur des communautés alentour, Lazzaro marche souvent des heures pour soigner les plus isolés.
Disponible, il rassure et prodigue les premiers soins.

-C'est quoi, ton problème ?

-C'est gonflé, mais je n'ai pas mal là.
J'ai mal au genou.

-Tu as mal là, à l'os de l’orteil ?

-J'ai mal du gros orteil jusqu'au genou.

-Et là, tu as mal, si je fais ça ?

-Oui, ça me lance.

-OK. Le nerf de l’orteil est abîmé.

-Pourquoi examiner ses orteils, alors qu'elle a mal au genou ?

-L'orteil correspond à l'intérieur du genou.

-Le genou et l’orteil sont reliés ?

-Oui, par le nerf.
Ce qui complique les choses, c'est qu'elle a beaucoup marché.

-Qu'en pensez-vous, Lazzaro ?

-Ça va mettre du temps à guérir.

-Je peux regarder ?

-Oui. Il faut trouver une solution pour la soigner.

-Il y a du liquide dans le genou.

-On entend un bruit.

-Ca, c'est du liquide.
On sent la rotule qui vient taper.
Ça tire dans l'articulation.
Dans la capsule. Ça fait mal.
Quand le gros ligament est cassé, il y a du sang.
Là, il n'est pas cassé. On sent qu'il est solide.
Si c'est infectieux, c'est embêtant. Vous pouvez traiter ça ?

-Non, je n'ai pas de médicaments.
Je peux la soulager avec des plantes, mais ça va prendre trop de temps.
Mieux vaut qu'elle aille à l'hôpital faire une ponction.
Je vais lui donner des plantes qu'elle prendra pendant 2 semaines, pour nettoyer son corps.

-Tu as un médicament pour moi ?

-Je vais voir ce que je peux faire.
Si Lazzaro vous évite une piqûre, vous serez contente ?

-Oui, mais j'ai trop mal.
Je préfère aller à l'hôpital.

-Je ne peux pas faire plus que ça.

-"Oupandè ya ouzazè kuakinamama".
"Kuakènamama" ?

-Ya.

-Kufura mugu.

-"Mugu". Ça aussi ?

-Je prends ces deux sacs de plantes, les mélange et les donne à boire aux malades, dans de l'eau, matin et soir.

-Ça nettoie le sang ? C’est-à-dire ?

-Ça chasse les miasmes et les déchets toxiques stockés dans les jambes, les genoux, l'aine, l'estomac...
Tout le mauvais s'en va, mais ça prend du temps.

-Votre traitement ne sera pas assez rapide ?
Vous aimeriez qu'elle aille à l'hôpital.

-Elle restera trop longtemps sans travailler, s'occuper des siens, aller chercher de l'eau, du bois.
C'est trop long.
Mon médicament la soignera en deux semaines.
Alors qu'à l'hôpital, ça prendra 2 ou 3 jours.
On y va. Bien !

-Seul un tiers de la population kènyane bénéficie d'un accès aux soins de qualité.
Les dispensaires manquent de médecins et de médicaments.

-Chez nous, nous avons beaucoup de générations. 
La nouvelle s'appelle les "Morans".
Comme chez vous, nous éduquons ces jeunes pour les initier aux valeurs morales.
Ils apprennent à se débrouiller seuls dans la savane et l'art de vivre en communauté tout en respectant l'autre.
Ils suivent les vaches partout, parce qu'ils sont jeunes et ont beaucoup d'énergie.
Ils défendent les vaches contre les lions.

-Pour renouveler ses remèdes, Lazzaro parcourt les Chyulu.
La plus jeune chaîne de montagnes au monde abrite dans ses cratères des trésors végétaux capables de traiter la malaria, les amibes, ou encore la gonorrhée.
Des jours de marche sont nécessaires.
Joseph, son disciple, l'accompagne.
Le maître et l'élève, comme un père et son fils.
C'est là ?

-Cette forêt est parfaite pour moi. Il y a tout ce dont j'ai besoin.
J'ai commencé à lui montrer ces endroits.
Je lui explique comment utiliser les plantes, et il prend des notes.

-Vous semblez contents d'être ici.

-Oui, je suis heureux : on est dans mon univers, ma montagne.
On va ramasser des plantes.
C'est mon travail, ça me permet de gagner un peu d'argent.
Maintenant, ramassons les plantes et rentrons.
Ça te va ?

-Ça valait le coup de venir.

-Je suis tellement content.
Je souris de toutes mes dents.
On voit même ma langue.
Je suis heureux quand j'arrive ici.
Je sais que je pourrai soigner les gens : tout est là.

-Vous êtes content.

-C'est parfait.

-Ça fait beaucoup de plantes à ramasser.
Il faut s'y mettre.
Vous rebouchez le trou ?

-Oui, pour que la plante ne se dessèche pas.
Je coupe la racine d'un côté, je remets la terre.
Comme ça, la prochaine fois, je pourrai la couper à nouveau.

-A quoi sert cette racine ?

-On la plonge dans le thé, et on boit le tout.
Si c'est la typhoïde, si le malade tousse ou a une allergie, c'est le bon médicament.
Attention en passant. Il y a des plantes avec des épines qui déchirent les vêtements.

-C'est quoi, ça ?

-Une plante pour se nettoyer.

-C'est du parfum masaï. Il faut faire quoi ?

-Détaches-en une.
Ça sent la menthe.
Je fais quoi, avec ?

-Tu la mets là.
Sous les bras, et après, ça sent bon.

-Si tu regardes bien, certaines plantes qui semblent être pareilles ne le sont pas.

-Comment vous les diffèrenciez ?

-Cette plante n'est pas la même que l'autre.
Si tu la donnes à quelqu'un, il meurt.
Joseph connaît les plantes parce que je lui ai montré les feuilles, la couleur des écorces.
Il sait qu'il doit bien regarder l'écorce et les feuilles pour les différencier.
Il faut regarder la plante du haut jusqu'en bas.
C'est l'apprentissage du Moran pour devenir un vrai Masaï.
Avec les plantes, tu n'as pas le droit à l'erreur.

-C'est pas facile à attraper.
Il est bien, celui-là ! Comme ça ?

-Quand j'étais petit, mon père allait dans la montagne.
Il m'a appris tout ce que je sais sur les plantes.
Mon grand-père connaissait aussi les plantes.
Moi, j'ai commencé en l'aidant à se soigner.
J'ai suivi la formation pour lutter contre les maladies.
Quelles sont les plantes qui les soignent...
Après, j'ai continué tout seul.
J'ai découvert d'autres plantes.
A l'époque, il n'y avait pas de livres.
Les Masaïs ne savaient ni lire ni écrire.
Tout était dans la mémoire.
Aujourd'hui, c'est à moi de transmettre ce savoir.

-En quittant l'enfance, les Masaïs, après un apprentissage sous l'égide des aînés, deviennent les Morans, des guerriers.
A l'écart des autres, ils ont en charge la sécurité du village et du bétail.
Une fierté que l'on lit dans leurs yeux et sur leur corps.
Bonjour. C'est des guerriers.

-Oui. Nous défendons les vaches contre les lions.
On les repousse pour éviter qu'ils ne pénètrent le troupeau.

-Vous n’avez pas peur?

-Non ! Je lance ma sagaie en le regardant dans les yeux.

-C'est fréquent ?
Parfois, une vache se fait manger.
Alors, on part à la recherche du lion pour le tuer.
C'est un jour spécial appelé "Lamayo".
Ce jour-là, tous les Morans cherchent le lion dans la forêt.
Certains sécurisent les banques, nous, nous sécurisons nos animaux.
Quand une autre tribu nous vole, on nous appelle.
On les poursuit, même si c'est loin.
Quand on part dans la montagne, avec les vaches, parfois, on reste 3 ou 6 mois.
On creuse un trou pour trouver de l'eau pour les vaches.
Puis elles vont chercher de l'herbe grasse.
On les fait bien paître, parce que c'est notre banque, et que durant ce trajet, nous buvons leur lait et leur sang.

-Du sang frais ?

-On attache une vache, on perce la veine jugulaire, et on boit le sang avec du lait.

-Amène la corde.

-C'est comme une prise de sang.

-La corde. On lui met la main dans la bouche pour l'empêcher de ruminer.
Puis on met la corde autour du cou.

-Pour faire gonfler la veine.
Un garrot, en fait.

-Serre un peu plus la corde.

-Elle ne dit rien, c'est fou.

-On prend le sang à droite.
Qui tire le sang ?

-Toi.

-Lève-lui la tête.
La jugulaire est assez grosse.
Faut pas se tromper d'endroit.
Laissez-moi faire.

-Je ne vois pas la veine. Ah oui, d'accord...

-Il faut mélanger tout de suite.

-La quantité qu'il prend !

-C'est assez ?

-Pas trop.

-On peut arrêter.

-Enlevez le garrot.

-Il referme la plaie avec de la bouse.
Une petite boisson spéciale, dedans.
C'est pour le goût?

-C'est un médicament pour éviter les problèmes d'estomac.
Ces plantes purifient le sang pour qu'il puisse se mélanger au nôtre.

-Le régime alimentaire masaï a la réputation d'être l'un des moins sains au monde.
La majorité des calories ingérées sont d'origine animale.
Sang et viande de vache à chaque repas.
Et pourtant, ils ont peu de pathologies cardiovasculaires.
Ça va, ça n'a pas trop de goût.

-Vas-y encore. Tu peux tout boire.

-Non ! Je ne bois pas tout.
Ça va, merci.
Un paradoxe qui s'explique par la consommation des plantes médicinales.
L'écorce d'acacia est riche en antioxydants, en vitamine C et en vitamine E.
Ces plantes équilibrent le régime alimentaire.
Une médecine préventive par excellence.
C'est quoi ? Une crotte d'éléphant?

-Oui.
-Que cherchez-vous, Lazarro, dans la crotte d'éléphant ?

-L'éléphant mange des plantes qui me sont utiles.
Je regarde s'il y a des graines et je les récupère.
Ce sont souvent des plantes que je ne trouve pas ici.
L'éléphant me les ramène de loin.
Et je n'ai plus qu'à les planter.
Regarde, en voilà.

-C'est des graines de plantes qu’on ne trouve pas ici, que l'éléphant n'a pas digérées.
Elles sont dans sa crotte, et vous les replantez chez vous.

-On peut aussi faire bouillir la crotte d'éléphant, puis on boit.
Il y a des médicaments dedans.
Je reconnais les graines des plantes qu'il a mangées, puis je les mélange, avec les miennes.
Et je retrouve les plantes dans les crottes de mon voleur.

-Des plantes à faire infuser et des graines à replanter.

-C'est ça.

-Vous m'avez impressionné, tous les deux.

-Quand tu auras bu ce médicament, tu auras plein de forces.
Tu vas entendre tes intestins chanter.

-Je vais entendre chanter mes intestins ?
Je crains le pire !
Je ne vais pas en boire. Tant pis si j'ai faim.

-Ce médicament est comme de l'encre.
Tu peux écrire avec, comme un stylo.
Tu trempes un bout de bois ou une plume et tu écris.

-Là, on peut l'enlever du feu. Je pense que c'est prêt.

-J'enlève ?

-Il ne faut pas trop en boire.
Il va dans le sang et provoque un état de surexcitation.
Comme quand tu t’énerves.
Le sang peut monter à ton cerveau.

-Je vous fais confiance. C'est infect.

-Boire ça, c'est comme manger beaucoup de viande.
Le problème, c'est que c'est fort.
Et ça donne la sensation d'avoir faim.
Tu vas manger, et ton estomac va chanter.
Mais ça te permet de résister pour marcher sans manger.

-Empiriquement, les Masaïs ont trouvé dans la nature ce qu'il fallait pour équilibrer leur régime.
C'est étonnant.

-Oui. Ça fait longtemps qu'on utilise ce médicament énergétique.
Et les Morans sont en pleine forme.
Tu verras que ton retour paraîtra plus court.

-La forte croissance démographique du Kenya, sa modernisation font peser une réelle menace sur l’avenir de la médecine masaï.
Je ne suis pas sûr que Lazzaro réalise son rêve : construire un hôpital de médecine traditionnelle.

FIN



Une transcription écrite de l'émission est aussi présentée sur le site de Télé Scoop au lien :
http://telescoop.tv/reader/426450/medecines-d-ailleurs.html

 

COMMENTAIRES :

- Sur Arte : http://www.arte.tv/guide/fr/048081-019/medecines-d-ailleurs


 

Espagne - Médecine en haute mer
Épisode 6


Arte - Lundi 10 mars 2014 à 17h45 -

Sommaire :
Un navire-hôpital espagnol accompagne l'armada des 600 bateaux qui pêchent le thon dans le golfe de Gascogne.


Revoir sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1kiwlc (25'45)

Revoir le film sous-titré en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1ibli7 (25'45)


Revoir l'émission en replay sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-017/medecines-d-ailleurs (extrait 2'24)


PRÉSENTATION :

Bernard Fontanille, médecin urgentiste, se rend dans le port de Santander pour embarquer à bord du Juan de la Cosa.
Ce navire-hôpital espagnol accompagne chaque année au mois de juin une armada de plus de 600 bateaux qui traquent le thon au large du golfe de Gascogne, pour porter secours aux pêcheurs en cas d'accident.

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

-Je m'appelle Bernard Fontanille.
Je suis médecin urgentiste.
Je parcours le monde à la rencontre de ceux qui soignent les autres.

Depuis le nord de l'Espagne, ces chalutiers s'élancent du port d'Hondarribia ou de Santander pour affronter le golfe de Gascogne, haut lieu de la pêche au thon.
Au mois d'août, dans cette zone, des milliers de pêcheurs sont confrontés au traitement cruel que peut leur infliger la mer.
Depuis quelques années, un géant d'acier a élu domicile entre les Açores et la mer d'Irlande.
De l'Espagne à l’Irlande, de l’Irlande au Portugal, il est le soutien de tous les marins.
Ce bateau est un navire-hôpital, le "Juan de la Cosa".
A son bord, une équipe de sauvetage maritime se démène pour secourir tous les blesses, quelle que soit leur nationalité.
C'est José Manuel qui m'accueille, un des médecins du bateau.

-Bonjour, je m'appelle Jose Manuel Gonzalez Vallecillo.
Je suis médecin du vaisseau-hôpital.
Je travaille à son bord depuis sa construction, il y a 7 ans.
Ça va, Bernard ?
Bienvenue. Tu n'es jamais venu ici ?

-Non. C'est agité, la mer.

-Non, aujourd'hui, c'est calme.

-Pour moi, c'est difficile.

-Je t'explique.
Le bateau sur lequel tu viens de monter a vu le jour en 2006.
Mais l'histoire remonte aux années 90. 
A l'époque, on louait un bateau pendant 3, 4 ou 5 mois, selon les besoins. 
Donc, de 1990 à 2005, l’assistance médicale a évolué ainsi.
Chaque année, il fallait aménager le bateau pour recevoir les patients.
C'était du travail, même si nous n'avions pas les mêmes installations qu'aujourd'hui. 
Mais au final, le gouvernement, après avoir vu la demande en matière d'assistance, en a conclu qu'il était mieux d'avoir un bateau définitif toute l'année.
Ce que je veux dire, c'est que depuis qu'on a mis la première plaque, j'ai vu ce bateau évoluer.

-Si ça ne va pas, c'est de votre faute.

-Non, je remets la faute sur les autres. Je ne fais que ce qu'il y a de bien.
Suis-moi.

-Une initiative unique en son genre, dans cette partie de l'Atlantique Nord.
Un navire qui tient son nom du cartographe de Christophe Colomb.
Le rêve de José Manuel devenu réalité.
Accompagnée d'un autre médecin et d'une infirmière, l'équipe est relayée chaque mois.
Un mois en mer, un mois à terre.

Bip —

Comme c'est le début de la marée, je vérifie le matériel dans la salle de soins.
Je vérifie qu'il n'y ait pas de fuites.

-Vous êtes bien équipés.

-Je vais te montrer une machine qui est très utile, ici : un applicateur de cryothérapie.
Comme il y a beaucoup de déchirures musculaires...

-Ils portent des caisses...

-De lésions, à cause des poids qu'ils portent, c'est un appareil avec du CO2.
Il nous permet une application directe sur la lésion.
Alors, ça donne la température de la peau.
Ça se cale à une différence de 10 degrés en-dessous.

-La différence entre la température de la peau et celle du...

-Et ça réduit l'hématome.
Je vérifie l'ensemble du matériel.
En priorité le matériel de petite chirurgie que nous utilisons ici.
Le reste est dans le bloc opératoire, pour les cas majeurs.
Mais j'aime vérifier que tout soit prêt.

-C'est stérilisé à terre ?
-Non, on a un stérilisateur, par pression ou vapeur.

-Vous l'utilisez beaucoup.

-Oui. Nous faisons beaucoup de petites interventions.
La dernière était la reconstruction d'une lèvre complètement ouverte.
Ça a été long. Mais ça s'est bien passé.
Tu dois tenir compte, lors d'une intervention, que tu dois garder le contact avec le patient, afin de bouger avec lui.

-D'accord.

-Sinon, mon corps peut bouger dans un sens et le sien dans un autre.
Comme ça, les mains suivent le mouvement. Je bouge avec le patient.

-Un matériel identique à celui d'un hôpital, une autre façon de soigner, liée à l'eau, à l'humidité et au mouvement perpétuel des vagues.
Sur le pont, aux commandes, le capitaine est une femme.
Maïtè est premier officier, responsable de la navigation et chef du département.
Elle gère la coordination entre le pont et le reste du bateau.
Je ne m’attendais pas à voir une jeune femme responsable de ce bateau.

-Il y a une première fois pour tout.
Nous sommes de plus en plus présentes dans le secteur maritime.
Nous ne sommes pas nombreuses, mais c'est plus fréquent aujourd'hui.
J'ai toujours aimé cela.
J'ai grandi parmi les militaires. J'adore ça. C'est une vocation.
Qu'est-ce qui pourrait vous retenir à terre ?

-Ça m'a demandé tellement de travail pour en arriver là que je souhaite en profiter un peu avant de devenir mère.
Je veux profiter de mon travail.

-Dans votre façon de naviguer, vous intégrez le fait que des médecins font des gestes techniques ?
Vous essayez de faire en sorte que le bateau bouge moins ?

-Ce bateau est équipé d'ailes qui stabilisent le mouvement.
C'est très important pour les médecins.
Tous les bateaux marchands ne disposent pas de cet équipement.
Quand on peut, on essaie de maintenir le cap droit et de limiter les mouvements.

-Aller tout droit, comme une aventure solitaire.
La rencontre avec les pêcheurs comme seul réconfort.
Une protection mutuelle entre marins.
Au cœur de la campagne de pêche, les appels radios commencent déjà.

'-Vous me recevez ? A vous.

-Non, négatif. Je n'ai pas reçu. Répétez.

'-Je touche sa cage thoracique, autour des côtes.
'Il n'a pas mal ailleurs.
'Je n'ai pas vu la chute. Je l'ai trouvé allongé.

-OK, très bien, correct. Pas de vomissements ni de pâleur?

'-Affirmatif. Il s'est couché à 13h.
'Quand je l'ai appelé pour reprendre la pêche, il ne pouvait plus se lever.

-Mon impression, c'est qu'il a une lésion des vertèbres thoraciques.
C'est extrêmement douloureux.

'-Que recommandez-vous ?

-Dans votre caisse de secours numéro 3, auriez-vous du Nolotil ? Nolotil.

'-Oui, nous avons du Nolotil.

-Nous allons commencer par une capsule de Nolotil toutes les 6 heures, approximativement.
Jusqu'à demain. Rappelons-nous à cette même heure. A vous.

'-Bien, d'accord. Je confirme. J'ai pris note. C'est d'accord.

-Pour ma part, si vous n'avez pas de doute particulier, nous en resterons là.

-Lors des appels d'urgence, Maïté localise les coordonnées de chaque bateau.
Par prudence, le "Juan de la Cosa" emprunte le parcours idéal pour être au plus près des patients.
Cette nuit, le chemin est tout tracé.
Au lever du jour, premier déplacement d'urgence.
Sur ce bateau, Joachim, le capitaine, se plaint de douleurs abdominales.

-Avant de faire la manœuvre, on parle de l'état de la mer, du vent, de la distance, comment est le bateau, où nous allons.
Ce sont les détails qui nous intéressent tous.
Le pilote et les membres de l'équipage du canot sont tous des plongeurs très entraînés.
Si tu tombes à l'eau, celui qui connaît le mieux la mer, c'est le plongeur, qui peut aller à contre-courant.
C'est le premier qui va sauter pour venir te chercher.
Il est serein avec la mer.
Tout le monde ne se sent pas à l'aise en mer, même avec un gilet.
Tu peux paniquer et perdre le contrôle.
Les conditions sont difficiles à tout moment. Il y a des risques de se cogner.
Les plafonds sont bas, l'espace est réduit.
Il y a beaucoup de dangers.
Mais nous, le corps médical, n'avons pas eu trop d'accidents.
Peut-être parce qu'on se donne des astuces. On anticipe les risques.

-Aïe !

-C'est juste ici, non ?
Laisse-moi toucher, je vais t’ausculter. C'est ici ?

-Oui.

-Là, ça fait mal.

-Ici, non, hein ?

-Juste ici ? Qu'est-ce qui a fait le plus mal ? Quand j'ai appuyé ou lâché ?

-Ça fait mal au lâcher.

-Voilà... Faut le ramener.

-Oui. C'est une surprise.

-Même s'il n'a pas de fièvre, c'est une surprise.
Si l'appendicite se confirme...
Pour l'instant, c'est une hypothèse de diagnostic.
Mais si ça se confirme, il aura de la chance que le bateau soit là.
Parfois, il s'agit de pathologies qui restent au stade bénin, car le patient évolue bien.

-Il faut venir voir, car on a des surprises.

-Tu n'es jamais serein avec une consultation par radio, même si elle se déroule très bien, même si nous sommes très précis.
Le danger est là.
Même si les symptômes sont clairement exprimés, parfois, tu as ce genre de surprise.

-C'est le patient à récupérer avant que ça s'aggrave.

-Si on laisse passer le bon moment pour faire la consultation, tout finit par se compliquer.

-Le capitaine du bateau est débarqué, mais rien n'arrête l'activité des pêcheurs.
A plusieurs milles des côtes, les risques sont nombreux et causent beaucoup d'accidents.
Un homme en moins sur le bateau, c'est plus de travail, de fatigue et de risques pour ceux qui restent à bord.
Sur le "Juan de la Cosa", Barbara, l'infirmière, effectue les analyses de sang de Joachim.
Dans ce laboratoire ultra-moderne, après résultat, notre diagnostic se confirme.
Barbara, vous avez le sentiment d'être une infirmière spéciale ?

-Oui, un peu. Exercer sur un bateau, c'est assez diffèrent qu'exercer sur terre.
Tu dois prendre en compte le mouvement. L'environnement est diffèrent.

-Toutes les infirmières ne font pas des analyses biologiques.

-C'est vrai. Il y a des laboratoires spécialisés.
Pour moi, c'est comme un défi, de travailler là-dessus.
Nous ne sommes pas des professionnels en laboratoire.
Si on a un problème, c'est dur de trouver une solution.
Mais de connaître l’hémogramme, pour un médecin, c'est important.

-Il est dur de trouver un rythme de travail ?

-Non. La seule chose qui est difficile, c'est quand tu t’occupes d'un patient et que 3 autres arrivent.
Tu es tranquille, et d'un coup, tu en as trois.
Mais tu as le temps de le faire calmement, sans prendre de risques.

-Pas de répit pour l'équipe médicale. Un nouveau patient vient d'arriver.
Le traitement, prescrit la veille par radio, n'aura pas suffi.
Jésus, le deuxième médecin du bateau, vient prêter main forte.

-Je m'appelle Jésus Torres, j'ai 54 ans. Je suis médecin sur le "Juan de la Cosa" depuis 2006.
J'ai noté une baisse de force dans les bras et les jambes.

-Il a mal, attention...

-Allez, un peu de force ! C'est ça, ne faites pas semblant.
Vous voyez, quand vous voulez ! Allez, avec un peu de volonté. Très bien...
Les jambes. Vers le haut. Vous avez plus de force dans celle-ci. Encore un peu de force !

-Ça doit être étrange de passer de son petit bateau à l'hôpital.

-Oui. Il y a beaucoup de différences. Ce bateau est vraiment une sécurité, pour nous.

-Vous pouvez vous asseoir et laisser pendre les jambes ?

-Ça tire, quand même.

-C'est bon ? Respirez. Vous ressentez des douleurs, en respirant?

-Non, pas énormément.

-Bien. C'est là que j'ai mal. On va faire une radio pour voir si votre côte est cassée.
Même si elle n'est pas cassée, ces coups sont gênants et douloureux.

-C'est surtout la douleur, qui me gêne le plus.

-Oui... Faisons une radio. Nous déciderons ensuite.
La respiration n'est pas affectée, tout va bien. Faisons la radio.

-D'accord.

-Lors des consultations radio, ça peut être difficile d'évaluer.
Même si tout semble clair, c'est dur de voir s'il s'agit d'un cas grave, important, ou minime.
Il a reçu un coup dans les côtes, ce qui provoque une lésion très douloureuse.
Même si elle n'est pas grave, elle est douloureuse.
Ça peut provoquer un pneumothorax ou un hémopneumothorax.

-Regarde : autour des côtes, c'est propre.

-Ici. Ça pourrait être par ici.

-Super. L'équipement est de bonne qualité.

-Il n'y a pas de fracture. Je vais solliciter l'avis de mon collègue, et nous prendrons une décision.
Ça va dépendre un peu de la date de départ de votre bateau. Nous avons de la marge.
Restez quelques jours ici, le temps que la douleur se calme.
Avec ce que vous avez, si vous étiez à terre, nous vous aurions renvoyé chez vous.
Le problème qui se pose maintenant, c'est que, si vous retournez sur le bateau, qu'allez-vous y faire ?
A terre, votre état n'engendrerait pas une hospitalisation. Mais ici, les circonstances sont différentes.
Le traitement est le même, que la côte soit cassée ou pas.
A vous de décider si vous restez ou partez sur votre bateau.

-Jésus insiste autant car les pêcheurs ont tendance à négliger les douleurs et leurs conséquences.
Il a convaincu celui-ci de respecter sa convalescence.
Le soir, rare moment de détente et d'analyse de la journée.
José, lui, soigne sa forme physique, atout indispensable pour faire face aux interventions en mer. Comment vous vous sentez ?

-Mieux qu'hier. Si je ne bouge pas, je n'ai pas mal.
Mais quand je bouge, j'ai mal. Ça me rend nerveux.

-Sans le "Juan de la Cosa", qu'auriez-vous fait?

-Avec de la chance, je serais parti en hélicoptère, en Irlande.
Sinon, je ramenais mon bateau à terre. Mais nous sommes deux patrons.
L'un travaille le jour, l'autre la nuit. Il est resté seul.
Soit il arrête le bateau la nuit, soit il fait beaucoup d'heures.

-Vous avez l'impression de l'avoir abandonné ?

-Je n'ai jamais abandonné un bateau comme ça. Je suis triste. Très triste.

-20 ans de pêche en mer, et premier abandon de son bateau.
Un attachement pour un des métiers les plus dangereux au monde.
Une solidarité entre marins impressionnante.
Malgré eux, les deux patients sont rapatriés en Irlande.
Nous aurions pu imaginer le pire.
1 500 milles nautiques parcourus, une équipe de 27 personnes, un seul horizon : celui d'un navire face à l'océan.
Un engagement au service d'une vocation, par tous les temps, et souvent au péril de leur vie. 

FIN



Une transcription écrite de l'émission est aussi présentée sur le site de Télé Scoop au lien :
http://telescoop.tv/browse/428621/medecines-d-ailleurs.html

 

COMMENTAIRES :

- Sur Arte : http://www.arte.tv/guide/fr/048081-017/medecines-d-ailleurs


 

Inde - Les anges du Maharashtra
Épisode 7


Arte - Mardi 11 mars 2014 à 17h45 -

Sommaire :
Pour faire face aux difficultés d'accès aux soins dans le village de Jawalke, quelques femmes intouchables illettrées ont reçu une formation.

Photo : Inde - LES ANGES DU MAHARASHTRA  'Médecines d'ailleurs' (7/20)  Pour faire face aux difficultés d'accès aux soins dans le village de Jawalke, quelques femmes intouchables illettrées ont reçu une formation.   Vidéo et transcription écrite au lien :  http://www.conscience33.fr/tv-medecines-ailleurs.html#inde_les_anges_du_maharashtra    Arte - Mardi 11 mars 2014 à 17h45 -    Revoir l'émission en replay :  http://www.arte.tv/guide/fr/048081-014/medecines-d-ailleurs (25'56)    PRÉSENTATION :    Comme partout en Inde, le village de Jawalke, dans la province du Maharashtra, le système des castes et la surpopulation rendent l'accès aux soins très difficile.   Depuis peu, quelques femmes intouchables qui ne savaient ni lire ni écrire ont pu être formées.   Bernard Fontanille, médecin urgentiste, a suivi l'une d'entre elles dans sa tournée quotidienne...    TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :    -Je m'appelle Bernard Fontanille.   Je suis médecin urgentiste.   J'ai décidé de parcourir le monde, à la rencontre de ceux qui prennent soin des autres.     Loin de Bombay et des villes indiennes en plein essor, l'Etat du Maharashtra est l'un des plus peuplés et des plus pauvres du pays.   L'accès aux soins y est impossible pour les plus démunis.   Une fatalité, comme les sécheresses ou les épidémies, qui frappent cet Etat.   Depuis 40 ans, un groupe de femmes analphabètes refuse de céder au fatalisme.   Elles sont agents de santé auprès des habitants de leurs villages.   Je vais à la rencontre de l'une d'elles dans le village de Jawalke.   L'hindouisme, principale religion à Jawalke, rythme le quotidien.   On vient au temple pour honorer les dieux, leur demander protection, et de préserver la cohésion de la communauté.     Incantations.    -Bonjour. Je m'appelle Sarubaï Salve.   Je suis agent de santé à Jawalke. Namastè.   Qu'est-ce que vous faites ?    -Cela fait trois ans qu'il n'a pas plu chez nous, alors tous les villageois se réunissent pour prier, pour qu'il pleuve.    -Ah, moi aussi ?    -C'est comme ça que l'on accueille les gens, chez moi.   La sécheresse est problématique, on a du mal à se nourrir, et c'est la cause de certaines maladies.   On se dirige vers le prochain village, des patients m'attendent.    -Jawalke est un village de mille habitants.   L'agriculture y est la seule activité.   Les sécheresses rendent les conditions de vie particulièrement difficiles.   Sarubaï, qu'avez-vous dans votre mallette ?    -Tous les instruments nécessaires pour faire différentes analyses : sang, urine et autres.   Comme une mallette de médecin.   A la différence de vous, en inde, mon matériel est plus rudimentaire.   Mais vous verrez que, malgré tout, je m'en sors très bien.   Et c'est le principal.    -SarubaÏ est l'un des premiers agents formés par le programme Jamkhed, lancé au début des années 70 par un couple de médecins indiens, Raj et Mable Arole.   Face au manque d'infrastructures, ils recrutent des femmes, parmi les plus pauvres, au plus près de ceux qui ne peuvent se payer une consultation médicale.    -Vous avez pris votre médicament ?    -Non, je viens de finir mon repas.    -Il faut le prendre.    -Je sais, mais je le prends toujours après avoir mangé.   Je me sens un peu gonflée, en ce moment.    -Au niveau du visage ?    -Oui, les yeux, le visage.    -Oui, vous avez les joues gonflées.   Montrez-moi la langue.    -J'ai beaucoup travaille ces derniers temps.    -Arrêtez, il faut respecter votre âge.   Il faut uniquement faire ce dont vous êtes capable.   Nous ne sommes plus de jeunes filles.    -Ca, c'est bien vrai.    -C'est un peu haut, hein ?    -Oui.    -Combien ?    -La tension a augmenté. On a commencé à 150 mm de mercure, et on a arrêté à 100.   Donc malgré son traitement, sa tension est haute.    -Mais les pilules ?    -Tout va bien, et certainement mieux après le traitement.   On s'est dit quoi ? 'On peut louper un repas, mais pas le médicament.'    -Mais j'allais justement le prendre. D'accord.   Je veux que vous preniez du paracétamol également, contre la douleur, surtout si vous avez mal à la tête, ou de la fièvre.   Il faut prendre ce médicament tous les jours.   C'est vraiment important que vous le preniez chaque jour.    -Ce qui m'impressionne, c'est que j'ai l'impression que vous êtes médecin.    -Voilà 40 ans que l'hôpital m'a formée.   Tout ce que fait le médecin, mesurer la pression sanguine, test d'urine, tout ça m'est quotidien.   Les médecins font les opérations chirurgicales, mais c'est nous qui leur amenons les patients.   Tout ce qui est simple, on s'en occupe nous-mêmes.   Qu'avez-vous pensé quand elle a pris soin de vous la première fois ?    -Au début, on lui servait de l'eau dans ses mains : on était de la haute caste, et eux, de la basse caste.   On ne pouvait pas les toucher.   Mais maintenant, je sais que nous avons le même sang.    -Vous avez changé d'avis ?    -En la voyant soigner les gens.   Nous avons décidé de la soutenir, et nous nous sommes réunies entre femmes.   Nous avons compris beaucoup de choses, on ne fait plus de discrimination.    -SarubaÏ, vous êtes à l'origine d'un grand changement.    -Je suis une intouchable.   J'avais peur d'aller dans le village.   J'ai commencé à m'y déplacer, et à devenir utile pour les villageois.  Ils m'ont écoutée.    -Vous lui offrez du thé dans une tasse, plus dans les mains.   On y va. Au revoir. Merci, madame.   Sarubaï est nee 'dalit' : cela signifie qu'elle est intouchable, vouée aux travaux les plus ingrats, un destin transmis de génération en génération.   L'inde en compte 170 millions.   Depuis l'indépendance du pays en 1947, le système des castes a été officiellement aboli, mais il reste très présent à la campagne.    -Ashok, en quelle classe sont tes enfants ?    -En maternelle, au CP, et ma fille, en CE2.    -En CE2 ? C'est bien.   Nous allons à nouveau tester ton urine pour connaître le taux de diabète.    -Qui a diagnostiqué le diabète ?    -C'est Sarubaï. Après qu'elle l'a détecté, mon traitement a démarré.    -Il faut faire chauffer le réactif ?   Dix gouttes. Et après...   Après, on chauffe. Combien de temps ?    -Oui, ça dépend des braises.    -Là, c'est pas mal.    -Ça a changé de couleur.   Je ne sais pas comment on l'interprète, ça.   Faites voir. Vert : on est entre 0,5 et 1%, donc c'est une petite quantité.   Et jusqu'à plus de 2% : là, c'est la catastrophe. Là, on est ici.    -Oui, mais c'est pas très bon.    -Soit il ne prend pas son traitement, soit il fait des excès alimentaires et il doit donc faire un régime.    -Vous voyez ? Il y a trop de sucre. Qu'avez-vous mangé ?    -J'ai eu des invites, récemment.    -Mais il faut éviter le sucre.    -Je ne peux pas éviter de manger avec eux.    -Dites-leur que vous avez du diabète, que vous ne pouvez pas manger sucré.    -Vous allez revenir faire un test dans quelques semaines.   Vous êtes obligée de surveiller tout le monde, un peu comme des enfants.    -Il n'a pas fait attention à son régime, il a dû oublier son traitement, et ça se voit lors de l'analyse.   Ils sont quatorze dans ce cas dans le village, je dois les surveiller.    -C'est pareil chez moi. Namasté.    -Allez, je m'en vais. Prenez bien vos médicaments, et mangez correctement.    -Doucement avec le sucre. Ce test est un peu complique, mais autrefois, les médecins goûtaient les urines pour détecter le diabète avec le goût sucré.   Donc même s'il faut du feu, ce n’est pas si mal.  Sarubaï n'est ni médecin ni infirmière, mais grâce à la formation qu'elle a reçue, avec quelques médicaments et des conseils d'hygiène, elle a participé au recul de maladies comme les diarrhées infectieuses ou la tuberculose.   Le temps d'une pause, nous nous rendons au marché de Jamkhed.   Sarubaï me confie qu'elle aime parfois s'échapper du village pour oublier la dureté du quotidien.    -Je faisais ce métier, avant. Avec ma belle-mère, on ramassait les bouses de vache pour les gens riches.   Quand on est intouchable, comme moi, c'est le métier que l'on peut faire.   Comme salaire, ils te donnent deux morceaux de pain et des lentilles, mais sans te toucher, en te jetant la nourriture.   Tu la ramasses dans le sari pour la rapporter à la maison.   Si tu ne la ramasses pas bien, tu n'as rien.    -C'est très difficile à entendre.   Mais vous avez parcouru beaucoup de chemin.    -J'ai compris beaucoup de choses, depuis. Je me suis améliorée.   Maintenant, je suis heureuse.   Je suis fière d'avoir progressé.   Avec mon père, ma mère, mon frère, mes sœurs, une grande famille, nous n'avions pas assez à manger.   C'est mon père qui nous trouvait à manger, il était ouvrier, et ma mère aussi. Il apportait des lentilles que notre mère moulait.   Elle faisait des galettes de pain, c'était notre seul repas.   On a grandi comme ça.   On n'avait pas de vêtements.   On se lavait dans la rivière, en utilisant la terre comme savon.    -Ça va plaire à vos petits-enfants. Vous leur en achetez souvent ?    -Oui, mes enfants vont être très heureux, j'essaie de les gâter, de leur donner tout ce dont j'ai été privée.   Je veux leur offrir une vie meilleure que la mienne.    -C'est plus facile, maintenant.    -J'imagine que pour la petite-fille de Sarubaï, la vie sera moins difficile.   Elle vit en ville, va au collège, et voudrait devenir médecin ou ingénieur.   Un rêve qu'elle partage avec sa grand-mère.   La promesse d'une autre vie.    -Bonjour.    -C'est prévu pour bientôt.    -Ah oui, c'est là que ça se passe.    -Assieds-toi.   Approche, que je puisse regarder tes yeux. C'est un peu blanc. Tu manques de fer.  Ça se voit même sur tes ongles. Montre tes jambes.    -Un petit peu anémiée.    -Elle a des œdèmes.    -On les examine mieux sur le tibia qu'ici. Là, c'est très faible. Pas d'inquiétude.    -A cause de la chaleur, les légumes sont chers. Le problème, c'est le manque de vitamines.   Elle doit mieux se nourrir. On va vérifier le pouls, d'accord ?   Le pouls est de 75. 75 précisément. Je compte sur une minute.    -On peut aussi faire sur quinze secondes, et multiplier par quatre. Ça va un peu plus vite.    -On va vérifier la tension. Voilà, ça commence là.    -120.    -Et ça finit là.    -ïl0. C'est très bien. Comme je suis toujours pressé, je gonfle très vite, jusqu'à 160, 180, et puis après, je descends. Vous, vous prenez le temps.    -Vous prenez les patients les uns après les autres, vous vous pressez pour prendre la tension. Nous ne sommes pas pressés.    -Elle est un peu anémiée. La tension, ça va. Les œdèmes, ça va. On regarde son ventre ?    -On va vérifier son urine. Pour finir, on contrôlera le rythme cardiaque de l'enfant.    -Vous allez tester l'urine ?    -S'il y a un anneau en haut du tube, je devrai l'emmener à l'hôpital. J'ai assisté à 500 accouchements, et c'est rare.    -Dans ma carrière, j'ai dû en faire une dizaine, à peine.    -Restez ici, et je vous apprends à pratiquer l'accouchement.    -Je me cache derrière vous.   Ce qui m'étonne, c'est que Sarubaï n'a pas de diplôme, elle n'est pas infirmière, pourtant vous avez confiance en elle.    -Dans notre village, il n'y a ni infirmière ni médecin.   Sarubaï s'occupe de toutes les femmes enceintes.   Elle nous évite d'aller à l'hôpital, qui est trop loin.    -Quelques gouttes... Il n'y en a presque pas. C'est ce qui fait précipiter l'albumine. Et puis là, il ne se passe rien.    -S'il y avait un souci, il y aurait un cercle en haut.    -Chez moi, on trempe juste une petite bandelette dans l'urine, on met dans une machine, et on a les résultats. C'est moins joli. Pourtant, je pense que ça donne le même résultat que les machines.    -Il vaut mieux faire ça que rien faire.    -Voilà pourquoi j'ai confiance en Sarubaï : elle était présente pour mon premier accouchement.  J'avais très peur, et je voulais aller à la clinique.   Ma famille m'a dit que Sarubaï était habituée, et qu'elle savait tout faire.   Elle est présente pour mon 2ème enfant, j'espère qu'elle le sera pour le 3ème.    -Au fil des années, Sarubaï a appris à faire des examens simples et à les interpréter. L’albumine dans les urines est le signe d'une hypertension compliquant la grossesse : en cas de problème, elle accompagne les futures mamans à l'hôpital de Jamkhed.   Namasté.   J'espère que ça va bien se passer. Mais je ne suis pas inquiet du tout.   Sarubaï fait preuve de dévouement.   Après une journée de consultations, elle m'entraîne dans le village voisin pour une réunion d'information sur le droit des femmes avec Akila.   Pour faire passer leur message, elles utilisent un théâtre de marionnettes, pour dire avec des mots simples et des rires des choses que les femmes du village n'osent pas exprimer.    -Dans le passé, après mon mariage, lorsqu'il y avait ce spectacle dans le village, ça me plaisait beaucoup.   Quand je suis devenue agent de sante avec Sarubaï, nous avons trouvé ça plaisant d'entendre les spectateurs rire, quel que soit leur âge.   Pour nous, c'était la solution pour leur apprendre les choses plus vite, et avec humour.   Aujourd'hui, ça fait partie de mon travail.   C'est ce que j'aime, dans mon travail d'agent de santé : c'est d'apprendre des choses aux villageois, dans la bonne humeur.    -Vous voyez, aujourd'hui, le mariage force n'existe plus en Inde.   Il faut arrêter de se marier si jeune : le corps n'est pas encore forme, et l'esprit, pas encore développe.   Les filles doivent pouvoir choisir leur vie et comprendre que la femme a la même place que l'homme, aujourd'hui. Pourquoi vous restez muet?    -Que veux-tu que je fasse ? Faut bien marier ma fille !    -Vous causez avec votre femme ?    -Un de mes amis du village voisin a un fils en âge de se marier.   Je lui demanderai : si je la marie, j'aurai une tension de moins.    -Ah non, une fille n'est plus une pression ! Oublie cette idée. Inscrivez-la au lycée. D'accord, d'accord.    -C'a été plus simple pour votre génération que pour celle de Sarubaï ?    -Il y a quarante ans, la femme n'avait pas d'argent.   Elle n'avait pas le droit de sortir.   Elle devait s'occuper de la maison, des enfants, et travailler dans les champs.   De nos jours, les maris sont contents que les femmes partagent les responsabilités avec eux.   Les femmes subissent moins cette injustice, et je me forme pour que les femmes changent encore.    -Vous avez envie de lui transmettre tout ce que vous avez appris ?    -J'ai apporté des changements dans mon village. J'en suis contente. Il faut former des nouvelles filles comme elle.   Je suis là aujourd'hui, mais je ne serai plus là demain.  Alors qui va les éduquer ?   Je la forme, et compte sur son soutien.   Je ferai tout pour que cette formation ne s'arrête pas.     FIN    Une transcription écrite de l'émission est aussi présentée sur le site de Télé Scoop au lien :  http://telescoop.tv/browse/429187/medecines-d-ailleurs.html    COMMENTAIRES :    - Sur Arte : http://www.arte.tv/guide/fr/048081-014/medecines-d-ailleurs

 

Revoir l'émission sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1gdeqk_medecines-d-ailleurs-inde-les-anges-du-maharashtra-arte-11-mars-2014_travel (25'57)

Visionner le film avec les sous-titres en français (VFSTFR) :
http://www.dailymotion.com/video/x1gewux_medecines-d-ailleurs-7-inde-arte-vostf_travel (25'57)


Revoir l'émission en replay :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-014/medecines-d-ailleurs (extrait 1'59)


PRÉSENTATION :

Comme partout en Inde, le village de Jawalke, dans la province du Maharashtra, le système des castes et la surpopulation rendent l'accès aux soins très difficile.
Depuis peu, quelques femmes intouchables qui ne savaient ni lire ni écrire ont pu être formées.
Bernard Fontanille, médecin urgentiste, a suivi l'une d'entre elles dans sa tournée quotidienne...

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

-Je m'appelle Bernard Fontanille.
Je suis médecin urgentiste.
J'ai décidé de parcourir le monde, à la rencontre de ceux qui prennent soin des autres.

Loin de Bombay et des villes indiennes en plein essor, l'Etat du Maharashtra est l'un des plus peuplés et des plus pauvres du pays.
L'accès aux soins y est impossible pour les plus démunis.
Une fatalité, comme les sécheresses ou les épidémies, qui frappent cet Etat.
Depuis 40 ans, un groupe de femmes analphabètes refuse de céder au fatalisme.
Elles sont agents de santé auprès des habitants de leurs villages.
Je vais à la rencontre de l'une d'elles dans le village de Jawalke.
L'hindouisme, principale religion à Jawalke, rythme le quotidien.
On vient au temple pour honorer les dieux, leur demander protection, et de préserver la cohésion de la communauté.

Incantations.

-Bonjour. Je m'appelle Sarubaï Salve.
Je suis agent de santé à Jawalke. Namastè.
Qu'est-ce que vous faites ?

-Cela fait trois ans qu'il n'a pas plu chez nous, alors tous les villageois se réunissent pour prier, pour qu'il pleuve.

-Ah, moi aussi ?

-C'est comme ça que l'on accueille les gens, chez moi.
La sécheresse est problématique, on a du mal à se nourrir, et c'est la cause de certaines maladies.
On se dirige vers le prochain village, des patients m'attendent.

-Jawalke est un village de mille habitants.
L'agriculture y est la seule activité.
Les sécheresses rendent les conditions de vie particulièrement difficiles.
Sarubaï, qu'avez-vous dans votre mallette ?

-Tous les instruments nécessaires pour faire différentes analyses : sang, urine et autres.
Comme une mallette de médecin.
A la différence de vous, en inde, mon matériel est plus rudimentaire.
Mais vous verrez que, malgré tout, je m'en sors très bien.
Et c'est le principal.

-SarubaÏ est l'un des premiers agents formés par le programme Jamkhed, lancé au début des années 70 par un couple de médecins indiens, Raj et Mable Arole.
Face au manque d'infrastructures, ils recrutent des femmes, parmi les plus pauvres, au plus près de ceux qui ne peuvent se payer une consultation médicale.

-Vous avez pris votre médicament ?

-Non, je viens de finir mon repas.

-Il faut le prendre.

-Je sais, mais je le prends toujours après avoir mangé.
Je me sens un peu gonflée, en ce moment.

-Au niveau du visage ?

-Oui, les yeux, le visage.

-Oui, vous avez les joues gonflées.
Montrez-moi la langue.

-J'ai beaucoup travaille ces derniers temps.

-Arrêtez, il faut respecter votre âge.
Il faut uniquement faire ce dont vous êtes capable.
Nous ne sommes plus de jeunes filles.

-Ca, c'est bien vrai.

-C'est un peu haut, hein ?

-Oui.

-Combien ?

-La tension a augmenté. On a commencé à 150 mm de mercure, et on a arrêté à 100.
Donc malgré son traitement, sa tension est haute.

-Mais les pilules ?

-Tout va bien, et certainement mieux après le traitement.
On s'est dit quoi ? "On peut louper un repas, mais pas le médicament."

-Mais j'allais justement le prendre. D'accord.
Je veux que vous preniez du paracétamol également, contre la douleur, surtout si vous avez mal à la tête, ou de la fièvre.
Il faut prendre ce médicament tous les jours.
C'est vraiment important que vous le preniez chaque jour.

-Ce qui m'impressionne, c'est que j'ai l'impression que vous êtes médecin.

-Voilà 40 ans que l'hôpital m'a formée.
Tout ce que fait le médecin, mesurer la pression sanguine, test d'urine, tout ça m'est quotidien.
Les médecins font les opérations chirurgicales, mais c'est nous qui leur amenons les patients.
Tout ce qui est simple, on s'en occupe nous-mêmes.
Qu'avez-vous pensé quand elle a pris soin de vous la première fois ?

-Au début, on lui servait de l'eau dans ses mains : on était de la haute caste, et eux, de la basse caste.
On ne pouvait pas les toucher.
Mais maintenant, je sais que nous avons le même sang.

-Vous avez changé d'avis ?

-En la voyant soigner les gens.
Nous avons décidé de la soutenir, et nous nous sommes réunies entre femmes.
Nous avons compris beaucoup de choses, on ne fait plus de discrimination.

-SarubaÏ, vous êtes à l'origine d'un grand changement.

-Je suis une intouchable.
J'avais peur d'aller dans le village.
J'ai commencé à m'y déplacer, et à devenir utile pour les villageois.
Ils m'ont écoutée.

-Vous lui offrez du thé dans une tasse, plus dans les mains.
On y va. Au revoir. Merci, madame.
Sarubaï est nee "dalit" : cela signifie qu'elle est intouchable, vouée aux travaux les plus ingrats, un destin transmis de génération en génération.
L'inde en compte 170 millions.
Depuis l'indépendance du pays en 1947, le système des castes a été officiellement aboli, mais il reste très présent à la campagne.

-Ashok, en quelle classe sont tes enfants ?

-En maternelle, au CP, et ma fille, en CE2.

-En CE2 ? C'est bien.
Nous allons à nouveau tester ton urine pour connaître le taux de diabète.

-Qui a diagnostiqué le diabète ?

-C'est Sarubaï. Après qu'elle l'a détecté, mon traitement a démarré.

-Il faut faire chauffer le réactif ?
Dix gouttes. Et après...
Après, on chauffe. Combien de temps ?

-Oui, ça dépend des braises.

-Là, c'est pas mal.

-Ça a changé de couleur.
Je ne sais pas comment on l'interprète, ça.
Faites voir. Vert : on est entre 0,5 et 1%, donc c'est une petite quantité.
Et jusqu'à plus de 2% : là, c'est la catastrophe. Là, on est ici.

-Oui, mais c'est pas très bon.

-Soit il ne prend pas son traitement, soit il fait des excès alimentaires et il doit donc faire un régime.

-Vous voyez ? Il y a trop de sucre. Qu'avez-vous mangé ?

-J'ai eu des invites, récemment.

-Mais il faut éviter le sucre.

-Je ne peux pas éviter de manger avec eux.

-Dites-leur que vous avez du diabète, que vous ne pouvez pas manger sucré.

-Vous allez revenir faire un test dans quelques semaines.
Vous êtes obligée de surveiller tout le monde, un peu comme des enfants.

-Il n'a pas fait attention à son régime, il a dû oublier son traitement, et ça se voit lors de l'analyse.
Ils sont quatorze dans ce cas dans le village, je dois les surveiller.

-C'est pareil chez moi. Namasté.

-Allez, je m'en vais. Prenez bien vos médicaments, et mangez correctement.

-Doucement avec le sucre. Ce test est un peu complique, mais autrefois, les médecins goûtaient les urines pour détecter le diabète avec le goût sucré.
Donc même s'il faut du feu, ce n’est pas si mal.
Sarubaï n'est ni médecin ni infirmière, mais grâce à la formation qu'elle a reçue, avec quelques médicaments et des conseils d'hygiène, elle a participé au recul de maladies comme les diarrhées infectieuses ou la tuberculose.
Le temps d'une pause, nous nous rendons au marché de Jamkhed.
Sarubaï me confie qu'elle aime parfois s'échapper du village pour oublier la dureté du quotidien.

-Je faisais ce métier, avant. Avec ma belle-mère, on ramassait les bouses de vache pour les gens riches.
Quand on est intouchable, comme moi, c'est le métier que l'on peut faire.
Comme salaire, ils te donnent deux morceaux de pain et des lentilles, mais sans te toucher, en te jetant la nourriture.
Tu la ramasses dans le sari pour la rapporter à la maison.
Si tu ne la ramasses pas bien, tu n'as rien.

-C'est très difficile à entendre.
Mais vous avez parcouru beaucoup de chemin.

-J'ai compris beaucoup de choses, depuis. Je me suis améliorée.
Maintenant, je suis heureuse.
Je suis fière d'avoir progressé. 
Avec mon père, ma mère, mon frère, mes sœurs, une grande famille, nous n'avions pas assez à manger. 
C'est mon père qui nous trouvait à manger, il était ouvrier, et ma mère aussi. Il apportait des lentilles que notre mère moulait.
Elle faisait des galettes de pain, c'était notre seul repas.
On a grandi comme ça.
On n'avait pas de vêtements.
On se lavait dans la rivière, en utilisant la terre comme savon.

-Ça va plaire à vos petits-enfants. Vous leur en achetez souvent ?

-Oui, mes enfants vont être très heureux, j'essaie de les gâter, de leur donner tout ce dont j'ai été privée.
Je veux leur offrir une vie meilleure que la mienne.

-C'est plus facile, maintenant.

-J'imagine que pour la petite-fille de Sarubaï, la vie sera moins difficile.
Elle vit en ville, va au collège, et voudrait devenir médecin ou ingénieur.
Un rêve qu'elle partage avec sa grand-mère.
La promesse d'une autre vie.

-Bonjour.

-C'est prévu pour bientôt.

-Ah oui, c'est là que ça se passe.

-Assieds-toi.
Approche, que je puisse regarder tes yeux. C'est un peu blanc. Tu manques de fer.
Ça se voit même sur tes ongles. Montre tes jambes.

-Un petit peu anémiée.

-Elle a des œdèmes.

-On les examine mieux sur le tibia qu'ici. Là, c'est très faible. Pas d'inquiétude.

-A cause de la chaleur, les légumes sont chers. Le problème, c'est le manque de vitamines.
Elle doit mieux se nourrir. On va vérifier le pouls, d'accord ?
Le pouls est de 75. 75 précisément. Je compte sur une minute.

-On peut aussi faire sur quinze secondes, et multiplier par quatre. Ça va un peu plus vite.

-On va vérifier la tension. Voilà, ça commence là.

-120.

-Et ça finit là.

-ïl0. C'est très bien. Comme je suis toujours pressé, je gonfle très vite, jusqu'à 160, 180, et puis après, je descends. Vous, vous prenez le temps.

-Vous prenez les patients les uns après les autres, vous vous pressez pour prendre la tension. Nous ne sommes pas pressés.

-Elle est un peu anémiée. La tension, ça va. Les œdèmes, ça va. On regarde son ventre ?

-On va vérifier son urine. Pour finir, on contrôlera le rythme cardiaque de l'enfant.

-Vous allez tester l'urine ?

-S'il y a un anneau en haut du tube, je devrai l'emmener à l'hôpital. J'ai assisté à 500 accouchements, et c'est rare.

-Dans ma carrière, j'ai dû en faire une dizaine, à peine.

-Restez ici, et je vous apprends à pratiquer l'accouchement.

-Je me cache derrière vous.
Ce qui m'étonne, c'est que Sarubaï n'a pas de diplôme, elle n'est pas infirmière, pourtant vous avez confiance en elle.

-Dans notre village, il n'y a ni infirmière ni médecin.
Sarubaï s'occupe de toutes les femmes enceintes.
Elle nous évite d'aller à l'hôpital, qui est trop loin.

-Quelques gouttes... Il n'y en a presque pas. C'est ce qui fait précipiter l'albumine. Et puis là, il ne se passe rien.

-S'il y avait un souci, il y aurait un cercle en haut.

-Chez moi, on trempe juste une petite bandelette dans l'urine, on met dans une machine, et on a les résultats. C'est moins joli. Pourtant, je pense que ça donne le même résultat que les machines.

-Il vaut mieux faire ça que rien faire.

-Voilà pourquoi j'ai confiance en Sarubaï : elle était présente pour mon premier accouchement.
J'avais très peur, et je voulais aller à la clinique.
Ma famille m'a dit que Sarubaï était habituée, et qu'elle savait tout faire.
Elle est présente pour mon 2ème enfant, j'espère qu'elle le sera pour le 3ème.

-Au fil des années, Sarubaï a appris à faire des examens simples et à les interpréter. L’albumine dans les urines est le signe d'une hypertension compliquant la grossesse : en cas de problème, elle accompagne les futures mamans à l'hôpital de Jamkhed.
Namasté.
J'espère que ça va bien se passer. Mais je ne suis pas inquiet du tout.
Sarubaï fait preuve de dévouement.
Après une journée de consultations, elle m'entraîne dans le village voisin pour une réunion d'information sur le droit des femmes avec Akila.
Pour faire passer leur message, elles utilisent un théâtre de marionnettes, pour dire avec des mots simples et des rires des choses que les femmes du village n'osent pas exprimer.

-Dans le passé, après mon mariage, lorsqu'il y avait ce spectacle dans le village, ça me plaisait beaucoup.
Quand je suis devenue agent de sante avec Sarubaï, nous avons trouvé ça plaisant d'entendre les spectateurs rire, quel que soit leur âge.
Pour nous, c'était la solution pour leur apprendre les choses plus vite, et avec humour.
Aujourd'hui, ça fait partie de mon travail.
C'est ce que j'aime, dans mon travail d'agent de santé : c'est d'apprendre des choses aux villageois, dans la bonne humeur.

-Vous voyez, aujourd'hui, le mariage force n'existe plus en Inde.
Il faut arrêter de se marier si jeune : le corps n'est pas encore forme, et l'esprit, pas encore développe.
Les filles doivent pouvoir choisir leur vie et comprendre que la femme a la même place que l'homme, aujourd'hui. Pourquoi vous restez muet?

-Que veux-tu que je fasse ? Faut bien marier ma fille !

-Vous causez avec votre femme ?

-Un de mes amis du village voisin a un fils en âge de se marier.
Je lui demanderai : si je la marie, j'aurai une tension de moins.

-Ah non, une fille n'est plus une pression ! Oublie cette idée. Inscrivez-la au lycée. D'accord, d'accord.

-C'a été plus simple pour votre génération que pour celle de Sarubaï ?

-Il y a quarante ans, la femme n'avait pas d'argent.
Elle n'avait pas le droit de sortir.
Elle devait s'occuper de la maison, des enfants, et travailler dans les champs.
De nos jours, les maris sont contents que les femmes partagent les responsabilités avec eux.
Les femmes subissent moins cette injustice, et je me forme pour que les femmes changent encore.

-Vous avez envie de lui transmettre tout ce que vous avez appris ?

-J'ai apporté des changements dans mon village. J'en suis contente. Il faut former des nouvelles filles comme elle.
Je suis là aujourd'hui, mais je ne serai plus là demain.
Alors qui va les éduquer ?
Je la forme, et compte sur son soutien.
Je ferai tout pour que cette formation ne s'arrête pas.

 

FIN



Une transcription écrite de l'émission est aussi présentée sur le site de Télé Scoop au lien :
http://telescoop.tv/browse/429187/medecines-d-ailleurs.html

 

 

COMMENTAIRES :

- Sur Arte : http://www.arte.tv/guide/fr/048081-014/medecines-d-ailleurs


 

Brésil - La médecine Xingu
Épisode 8


Arte - Mercredi 12 mars 2014 à 17h45 -

Sommaire :
Un tour du monde des soins traditionnels, sur les traces de Bernard Fontanille, médecin urgentiste.
Aujourd'hui, il part rencontrer Vânia Rabelo, une infirmière de 32 ans qui vit depuis trois ans parmi les Kaiabis, dans le Xingu, et recueille les expériences liées au choc des cultures.

Photo : Brésil : LA MÉDECINE XINGU  'Médecines d'ailleurs' (8/20)  Un tour du monde des soins traditionnels, sur les traces de Bernard Fontanille, médecin urgentiste.   Aujourd'hui, il part rencontrer Vânia Rabelo, une infirmière de 32 ans qui vit depuis trois ans parmi les Kaiabis, dans le Xingu, et recueille les expériences liées au choc des cultures.  Film et transcription écrite au lien :  http://www.conscience33.fr/tv-medecines-ailleurs.html#bresil_la_medecine_xingu    Arte - Mercredi 12 mars 2014 à 17h45 -    Revoir le film sur Dailymotion :  http://www.dailymotion.com/video/x1gkf7z_medecines-d-ailleurs-arte-2014-03-12-17-45_travel (26'16)    Visionner le film avec les sous-titres en français (VFSTF) :  http://www.dailymotion.com/video/x1gkfbr_medecines-d-ailleurs-arte-2014-03-12-vfstf-17-45-1_travel (26'16)     Revoir l'émission en replay :  http://www.arte.tv/guide/fr/048081-010/medecines-d-ailleurs (26'15)    PRÉSENTATION :    Le Dr Douglas Rodrigues a développé le Projeto Xingu, une formation dispensée par l'université fédérale de São Paulo afin de donner à ceux qui sont sur le terrain les outils pour appréhender les coutumes et les croyances des Indiens.   Bernard Fontanille part rencontrer l'une de ses anciennes étudiantes, Vânia Rabelo, une infirmière de 32 ans.   Elle vit depuis trois ans parmi les Kaiabis, dans le Xingu, et recueille les expériences liées au choc des cultures.   'Les femmes Kaiabis, par exemple, n'aiment pas qu'on coupe le cordon ombilical à la naissance d'un enfant.   Ils pensent que cela peut nuire à sa santé', raconte-telle.    TRANSCRIPTION ÉCRITE DU FILM :    -Je m'appelle Bernard Fontanille, je suis médecin urgentiste.   Cette année, j'ai décidé de parcourir le monde à la rencontre de ceux qui prennent soin des autres.     L'Amazonie est un lieu à part, hors du temps.   Une terre de fantasme et de controverse.   Je navigue sur le fleuve Xingu, où a été créée, en1961, la première réserve indigène du Brésil, un refuge pour les indiens chassés de leurs terres.   Dans le bassin amazonien, les menaces continuent de peser sur les tribus indigènes : projets de barrages, déforestation, culture intensive.   Dans le parc du Xingu, 14 ethnies, appartenant pourtant à des familles linguistiques distinctes, cohabitent en paix.   Je me rends chez les Kaiabis et les Wauras, à la rencontre de leurs médecins chamans, les 'pajés', pour découvrir leurs pratiques médicales.   Les Kaiabis sont originaires d'une zone à l'est du rio Xingu.   Autrefois, ils étaient réputés pour leur art de la guerre.   Aujourd'hui, les tribus s'entendent mieux et sont plus pacifiques.    -Cette peinture est la marque de notre peuple, de notre tribu, les Kaiabis.   C'est notre signe distinctif.   Chaque tribu a sa propre peinture sur le corps.   Je suis Tuia Kaiabi, pajé du village Guaruja.   J'ai 56 ans et je vis ici, au parc national de Xingu.    -Un pajé, c'est quoi, finalement?    -Le pajé est une sorte de médecin de la communauté.   Il s'occupe des remèdes, soigne les malades, car il sait comment prendre soin de son peuple.   C'est ça, le rôle du pajé de la communauté.    -Le peuple kaiabi, c'est une des ethnies du Xingu ?    -Non. Avant, les Kaiabis vivaient ailleurs.   On a été les premiers à être transférés dans le Xingu.   C'est mon père qui est arrivé le premier.   Il lui a fallu trois mois de marche et un mois par le fleuve.   Moi, je suis né ici. Cette terre est ma terre.   Dans ce village, mon père a fait beaucoup de choses pour mon peuple.   Il nous a légué ce lieu.   Je me dois d'en prendre soin.   Avant nous, les Kaiabis étaient 300.   Aujourd'hui, nous sommes presque 2 000 Kaiabis, dans le Xingu.    -Sans l'obtention de cette terre d'accueil, les Kaiabis et leurs traditions auraient pu disparaître.  Jusqu'au milieu du 20ème siècle, les indiens du Brésil ont été décimés par les maladies apportées par les colons, comme la grippe.   Les conséquences du contact avec le monde moderne se font toujours sentir sur leur santé.   S'ils ne trouvent que peu d'écho auprès des autorités brésiliennes, certaines initiatives locales semblent fonctionner.   Pour soigner ce que les Indiens appellent les maladies des Blancs, des infirmiers brésiliens apportent des soins adaptés aux traditions et aux croyances des différentes communautés.   C'est très chaud. Comment s'appelle ce poisson ?    -Aikao... Il est gros.    -Oui.    -J'ai pu faire de la médecine ailleurs que dans mon pays.   Et j'ai souvent ressenti des difficultés à soigner des gens d'une culture très différente.   J'étais vite confronté à une incompréhension et à des pratiques très différentes.   La subtilité du projet, c'est que les médecins brésiliens qui viennent travailler chez vous reçoivent une formation.    -Ils ont un entretien à la faculté, puis ils viennent faire un stage ici.   Si cela se passe bien, ils peuvent venir parmi nous et être acceptés par la communauté. Nous sommes toujours reconnaissants envers les personnes motivées qui viennent ici.   Les médecins qui travaillent avec nous connaissent ainsi tous les détails de nos pratiques.   Mais pour eux, le travail de pajé reste tout de même difficile à comprendre.    -L'univers du pajé est un monde à part et peut paraître mystérieux.   Le tabac est utilisé à des fins rituelles et médicales.   A travers la fumée, les mots du pajé s'élèvent jusqu'aux esprits et permettent d'apaiser les souffrances du patient.   Pour Tuia, la fumée va bien au-delà d'un rôle spirituel.   Elle fait partie du rituel de soin.   Les infirmiers du projet vivent dans un dispensaire au sein même du Xingu.   Ils font la tournée des villages environnants.   Ce matin, Caroline vient s'assurer de la bonne santé des Kaiabis.    -Je m'appelle Caroline Picerni, j'ai 25 ans et je suis infirmière.   Je travaille sur le projet Xingu avec les indigènes de la region.    -Tu travailles depuis longtemps, ici ?    -Depuis un an et demi.     -Et avant, que faisais-tu ?    -Des études. J'étais en master à São Paulo.   C'est là que j'ai entendu parler du projet Xingu.    -Caroline commence par s'informer de l'état général du village auprès des agents de santé.   A Guaruja, c'est Aruta qui décide d'appeler soit le pajé soit l'infirmière.    -Bonjour.    -Comment va le village ?    -Il y a des cas de diarrhée, avec du sang, mais les patients ont un traitement qui fonctionne bien.    -Pas de gros problèmes ?    -Ça a l'air d'aller.   Allons voir dans les maisons.   Bonjour. Le poids est bon ?    -Oui.    -Voyons la température...    -Tu as reçu une formation spéciale pour travailler ici ?    -Oui. J'en ai eu besoin pour comprendre les règles sociales, ne pas arriver de manière trop intrusive.   Il y a des règles de savoir-vivre à respecter.   Par exemple, si l'enfant a des problèmes respiratoires, normalement, on l’éloigne de la fumée et du feu.   Mais ici, c'est dur de l'imposer.   Il y a toujours du feu, dans les maisons.   C'est une protection, pour eux.   Ça fait partie de leur mode de vie.   On adapte nos recommandations pensées pour la culture blanche, pour ne pas les blesser.   C'est fondamental.    -Vous avez toujours recours au pajé pour soigner vos enfants ?    -Oui. Quand mon fils est malade, j'ai besoin du pajé.   S'il n'a pas réussi à le soigner, je demande à l'infirmière.    -C'est une bonne chose, que le médecin soit là pour nous soigner.   Aujourd'hui, nous attrapons d'autres maladies, que les indigènes n'avaient pas avant, des maladies de Blancs.   C'est bien qu'un médecin blanc s'occupe de nous pour qu'elles ne progressent pas ici.    -Aruta, tu veux prendre la tension pour moi ?    -Aruta prend la tension.   C'est une partie de ton travail, de former les agents de santé ?    -Oui, c'est ainsi que se fait l'apprentissage.    -OK.    -Cette grossesse se passe bien.    -Oui, elle n'a pas de douleurs. Son état est stationnaire.   C'est sa 7ème grossesse. Elle a eu 5 enfants et a subi un avortement.    -C'est habituel, d'avoir autant d'enfants ?    -Avant le contact avec les Blancs, une femme avait 15 à 18 enfants.   Après, ça s'est modifié.  Maintenant, dès la première grossesse, une femme peut avoir des problèmes, des complications, des douleurs dans le ventre...   Ça arrive plus souvent.    -Grâce au suivi régulier, l'espérance de vie des Indiens du Xingu a augmenté.   Aujourd'hui, ce ne sont plus les épidémies, qui inquiètent les médecins, mais les conséquences des nouveaux comportements alimentaires.    -Karou, tout va bien ?   Et j'ai des douleurs au cou, là.   Des maux de tête.   J'ai mal aux genoux.    -Tu la suis depuis longtemps ?    -Oui. Elle a 2 types de problèmes.   De l'hypertension, c'est dû à la consommation de sel et autres aliments de la culture blanche.   On traite les maladies des Blancs avec des médicaments.   Ici, par exemple, on utilise de Phydrochlorhydril.   Elle a aussi des douleurs persistantes.   Pour ces douleurs générales, c'est Tuia qui l'aide à retrouver son bien-être.   Le travail du pajé est distinct.   Il y a une différence entre le Blanc et l'indien.   Chacun travaille avec ce qu'il connaît le mieux.    -Quelle est votre réponse à ses problèmes ?    -Je vais vous montrer. Ce sera la 1ere fois que vous verrez notre travail, ici, au Brésil.   Et toi, en tant qu'infirmière, tu comprendras notre manière de soigner.     Propos en dialecte.    -Qu'il te montre ces choses, qu'il te les fasse sentir, c'est l'aboutissement de beaucoup de travail, de tout ton investissement.    -Oui, c'est ça, en effet. C'est très fort.   Ici, j'ai vu beaucoup de générosité humaine.   Vivre tout ça est très fort. Très émouvant.   Pourquoi, avec notre pratique, cette dame n'a-belle pas accès à ce bien-être, à cette sérénité ?   Il reste une part d'elle qui n'est pas soignée.   Le côté mental, spirituel, auquel on n'a pas accès.   Seul le pajé peut lui donner cette sensation de bien-être dont elle a besoin.    -En quittant Guaruja, je reste touche par le respect mutuel entre Caroline et Tuia et par leur courageuse envie d'apprendre l'un de l'autre.  Je décide de m'enfoncer encore un peu plus loin sur le fleuve, pour aller à la rencontre de tribus plus isolées, où les rapports avec la médecine moderne sont moins développés.  Je vais au village d'Aruak, rencontrer la tribu des Wauras.    -Bonjour. Sois le bienvenu.   On est heureux de t’accueillir. Ça nous fait plaisir.    -Quel accueil ! Impressionnant.    -Ça, c'est ma maison. La plus grande du village !   J'y vis avec toute ma famille et mes enfants.   J'en ai 11 !   Tout le monde m'a aidé à la construire.    -C'est le village.    -Ici, on est environ 50 personnes.    -Les Wauras habitent le Xingu depuis plus d'un millénaire.   S'ils n'étaient que 95 individus en 1967, ils sont aujourd'hui 400.   L'une des communautés les plus minoritaires du Xingu.   Les Wauras sont connus pour leur détermination à sauvegarder leur terre et leurs traditions.   Leurs peintures corporelles expriment le rôle de l'individu, aussi bien dans la vie quotidienne que spirituelle.    -Je m'appelle Takape.   Je suis le pajé du village Aruak. J'ai 48 ans. Voilà qui je suis.    -Lors du rituel de soin, les peintures permettent au pajé de se démarquer et de faire face à l'esprit.   Chez les Wauras, la maladie et la souffrance sont souvent causées par le contact avec les esprits monstres.   Seuls les pajés sont capables de les vaincre.    -Ma fille a un mauvais esprit en elle.   On le sait, car elle a perdu beaucoup de poids.   Elle a fait des examens dans un hôpital, hors de la réserve.   Elle a pris des médicaments, mais rien n'a fonctionné. Ils n'ont pas su trouver ce qu'elle avait.   Alors, je vais la soigner. Demain, tout sera arrangé.    -Quels sont ses symptômes ?    -Ça commence à la tête. Elle a mal dans les côtes.   Et ça descend dans tout le corps, jusqu'aux pieds. Et elle a les jambes engourdies.   Cette figure représente l'esprit qui est amoureux de ma fille.   Un mauvais esprit. Je vais le chasser.    -Votre fille souffre car un esprit est amoureux d'elle ?    -Oui. Pour le chasser, c'est compliqué et délicat.   Nous devons bien nous préparer.   Si le rituel est mal respecté, cela peut conduire vers la mort.     Il chante. Très fortes respirations. Cri profond prolongé. Toux gutturale. Aspiration. Grognements.-    C'est un soin spectaculaire, intense.   J'ai l'impression d'avoir compris qu'il y avait une dimension très symbolique dans le traitement.  Vous frappez l'esprit qui habite votre fille.  Est-ce que c'est...  Est-ce que je me trompe ?    -Non. C'est exactement ça.  On a puni le mauvais esprit en le frappant, afin quu'il ne revienne plus tourmenter ma fille.  On l'a chassé loin d'elle, pour qu'elle guérisse.    -Là, on est typiquement dans une maladi liée aux esprits.  On ne peut pas appliquer ce traitement à une grippe ou à un rhume.    -Ecoute bien.  Je vais te donner un exempe.  Un jour, un médecin avait perdu espoir pour un enfant qu'il pensait atteint d'une pneumonie.  Il pensait l'enfant presque mort.  Alors, j'ai fait un rituel.   'J'ai dit au médecin : Vous verrez. Pendant 8 heures, il va beaucoup suer. Mais ensuite, il ira mieux.'  Le médecin blanc s'est alors mis à rire devant moi.  Mais 8 heures plus tard, le petit de 6 mois était bien vivant.  Il allait bien mieux.  En général, les médecins se font un avis trop rapide de notre médecine, sans prendre le temps de la connaître.  Pour ma fille, le soin n'est pas fini.  Des esprits persistent.  On va la laver avec un remède à base de plantes et elle guérira.    -Je vous ai vu prendre soin de votre fille.  Vous soignez les villageois...  Ce que vous faites, j'ai du mal à le comprendre.   C'est très différent de ce que je fais moi.   Avez-vous le sentiment qu'on est proches, malgré tout ?     -J'ai le sentiment que mon travail de pajé et le vôtre se ressemblent.  Nous prenons tous les deux soin des gens.   D'ailleurs, en faisant ce travail, nos deux âmes s'embellissent.     -Le projet Xingu a permis à des médecins étrangers de collaborer avec vous.  Ça a changé votre regard sur leurs pratiques ?     ... 25'    FIN    Une transcription écrite de l'émission est aussi présentée sur le site de Télé Scoop au lien :  http://telescoop.tv/browse/429817/medecines-d-ailleurs.html    COMMENTAIRES :    - Sur Arte : http://www.arte.tv/guide/fr/048081-010/medecines-d-ailleurs

 

Revoir le film sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1gkf7z_medecines-d-ailleurs-arte-2014-03-12-17-45_travel (26'16)

Visionner le film avec les sous-titres en français (VFSTFR) :
http://www.dailymotion.com/video/x1gkfbr_medecines-d-ailleurs-arte-2014-03-12-vfstf-17-45-1_travel (26'16)

Revoir l'émission en replay sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-010/medecines-d-ailleurs (26'15)


PRÉSENTATION :

Le Dr Douglas Rodrigues a développé le Projeto Xingu, une formation dispensée par l'université fédérale de São Paulo afin de donner à ceux qui sont sur le terrain les outils pour appréhender les coutumes et les croyances des Indiens.
Bernard Fontanille part rencontrer l'une de ses anciennes étudiantes, Vânia Rabelo, une infirmière de 32 ans.
Elle vit depuis trois ans parmi les Kaiabis, dans le Xingu, et recueille les expériences liées au choc des cultures.
"Les femmes Kaiabis, par exemple, n'aiment pas qu'on coupe le cordon ombilical à la naissance d'un enfant.
Ils pensent que cela peut nuire à sa santé", raconte-telle.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

-Je m'appelle Bernard Fontanille, je suis médecin urgentiste.
Cette année, j'ai décidé de parcourir le monde à la rencontre de ceux qui prennent soin des autres.

L'Amazonie est un lieu à part, hors du temps.
Une terre de fantasme et de controverse.
Je navigue sur le fleuve Xingu, où a été créée, en1961, la première réserve indigène du Brésil, un refuge pour les indiens chassés de leurs terres.
Dans le bassin amazonien, les menaces continuent de peser sur les tribus indigènes : projets de barrages, déforestation, culture intensive.
Dans le parc du Xingu, 14 ethnies, appartenant pourtant à des familles linguistiques distinctes, cohabitent en paix.
Je me rends chez les Kaiabis et les Wauras, à la rencontre de leurs médecins chamans, les "pajés", pour découvrir leurs pratiques médicales.
Les Kaiabis sont originaires d'une zone à l'est du rio Xingu.
Autrefois, ils étaient réputés pour leur art de la guerre.
Aujourd'hui, les tribus s'entendent mieux et sont plus pacifiques.

-Cette peinture est la marque de notre peuple, de notre tribu, les Kaiabis.
C'est notre signe distinctif.
Chaque tribu a sa propre peinture sur le corps.
Je suis Tuia Kaiabi, pajé du village Guaruja.
J'ai 56 ans et je vis ici, au parc national de Xingu.

-Un pajé, c'est quoi, finalement?

-Le pajé est une sorte de médecin de la communauté.
Il s'occupe des remèdes, soigne les malades, car il sait comment prendre soin de son peuple.
C'est ça, le rôle du pajé de la communauté.

-Le peuple kaiabi, c'est une des ethnies du Xingu ?

-Non. Avant, les Kaiabis vivaient ailleurs.
On a été les premiers à être transférés dans le Xingu.
C'est mon père qui est arrivé le premier.
Il lui a fallu trois mois de marche et un mois par le fleuve.
Moi, je suis né ici. Cette terre est ma terre.
Dans ce village, mon père a fait beaucoup de choses pour mon peuple.
Il nous a légué ce lieu.
Je me dois d'en prendre soin.
Avant nous, les Kaiabis étaient 300.
Aujourd'hui, nous sommes presque 2 000 Kaiabis, dans le Xingu.

-Sans l'obtention de cette terre d'accueil, les Kaiabis et leurs traditions auraient pu disparaître.
Jusqu'au milieu du 20ème siècle, les indiens du Brésil ont été décimés par les maladies apportées par les colons, comme la grippe.
Les conséquences du contact avec le monde moderne se font toujours sentir sur leur santé.
S'ils ne trouvent que peu d'écho auprès des autorités brésiliennes, certaines initiatives locales semblent fonctionner.
Pour soigner ce que les Indiens appellent les maladies des Blancs, des infirmiers brésiliens apportent des soins adaptés aux traditions et aux croyances des différentes communautés.
C'est très chaud. Comment s'appelle ce poisson ?

-Aikao... Il est gros.

-Oui.

-J'ai pu faire de la médecine ailleurs que dans mon pays.
Et j'ai souvent ressenti des difficultés à soigner des gens d'une culture très différente.
J'étais vite confronté à une incompréhension et à des pratiques très différentes.
La subtilité du projet, c'est que les médecins brésiliens qui viennent travailler chez vous reçoivent une formation.

-Ils ont un entretien à la faculté, puis ils viennent faire un stage ici.
Si cela se passe bien, ils peuvent venir parmi nous et être acceptés par la communauté. Nous sommes toujours reconnaissants envers les personnes motivées qui viennent ici.
Les médecins qui travaillent avec nous connaissent ainsi tous les détails de nos pratiques.
Mais pour eux, le travail de pajé reste tout de même difficile à comprendre.

-L'univers du pajé est un monde à part et peut paraître mystérieux.
Le tabac est utilisé à des fins rituelles et médicales.
A travers la fumée, les mots du pajé s'élèvent jusqu'aux esprits et permettent d'apaiser les souffrances du patient.
Pour Tuia, la fumée va bien au-delà d'un rôle spirituel.
Elle fait partie du rituel de soin.
Les infirmiers du projet vivent dans un dispensaire au sein même du Xingu.
Ils font la tournée des villages environnants.
Ce matin, Caroline vient s'assurer de la bonne santé des Kaiabis.

-Je m'appelle Caroline Picerni, j'ai 25 ans et je suis infirmière.
Je travaille sur le projet Xingu avec les indigènes de la region.

-Tu travailles depuis longtemps, ici ?

-Depuis un an et demi.

-Et avant, que faisais-tu ?

-Des études. J'étais en master à São Paulo.
C'est là que j'ai entendu parler du projet Xingu.

-Caroline commence par s'informer de l'état général du village auprès des agents de santé.
A Guaruja, c'est Aruta qui décide d'appeler soit le pajé soit l'infirmière.

-Bonjour.

-Comment va le village ?

-Il y a des cas de diarrhée, avec du sang, mais les patients ont un traitement qui fonctionne bien.

-Pas de gros problèmes ?

-Ça a l'air d'aller.
Allons voir dans les maisons.
Bonjour. Le poids est bon ?

-Oui.

-Voyons la température...

-Tu as reçu une formation spéciale pour travailler ici ?

-Oui. J'en ai eu besoin pour comprendre les règles sociales, ne pas arriver de manière trop intrusive.
Il y a des règles de savoir-vivre à respecter.
Par exemple, si l'enfant a des problèmes respiratoires, normalement, on l’éloigne de la fumée et du feu.
Mais ici, c'est dur de l'imposer.
Il y a toujours du feu, dans les maisons.
C'est une protection, pour eux.
Ça fait partie de leur mode de vie.
On adapte nos recommandations pensées pour la culture blanche, pour ne pas les blesser.
C'est fondamental.

-Vous avez toujours recours au pajé pour soigner vos enfants ?

-Oui. Quand mon fils est malade, j'ai besoin du pajé.
S'il n'a pas réussi à le soigner, je demande à l'infirmière.

-C'est une bonne chose, que le médecin soit là pour nous soigner.
Aujourd'hui, nous attrapons d'autres maladies, que les indigènes n'avaient pas avant, des maladies de Blancs.
C'est bien qu'un médecin blanc s'occupe de nous pour qu'elles ne progressent pas ici.

-Aruta, tu veux prendre la tension pour moi ?

-Aruta prend la tension.
C'est une partie de ton travail, de former les agents de santé ?

-Oui, c'est ainsi que se fait l'apprentissage.

-OK.

-Cette grossesse se passe bien.

-Oui, elle n'a pas de douleurs. Son état est stationnaire.
C'est sa 7ème grossesse. Elle a eu 5 enfants et a subi un avortement.

-C'est habituel, d'avoir autant d'enfants ?

-Avant le contact avec les Blancs, une femme avait 15 à 18 enfants.
Après, ça s'est modifié.
Maintenant, dès la première grossesse, une femme peut avoir des problèmes, des complications, des douleurs dans le ventre...
Ça arrive plus souvent.

-Grâce au suivi régulier, l'espérance de vie des Indiens du Xingu a augmenté.
Aujourd'hui, ce ne sont plus les épidémies, qui inquiètent les médecins, mais les conséquences des nouveaux comportements alimentaires.

-Karou, tout va bien ?
Et j'ai des douleurs au cou, là.
Des maux de tête.
J'ai mal aux genoux.

-Tu la suis depuis longtemps ?

-Oui. Elle a 2 types de problèmes.
De l'hypertension, c'est dû à la consommation de sel et autres aliments de la culture blanche.
On traite les maladies des Blancs avec des médicaments.
Ici, par exemple, on utilise de Phydrochlorhydril.
Elle a aussi des douleurs persistantes.
Pour ces douleurs générales, c'est Tuia qui l'aide à retrouver son bien-être.
Le travail du pajé est distinct.
Il y a une différence entre le Blanc et l'indien.
Chacun travaille avec ce qu'il connaît le mieux.

-Quelle est votre réponse à ses problèmes ?

-Je vais vous montrer. Ce sera la 1ere fois que vous verrez notre travail, ici, au Brésil.
Et toi, en tant qu'infirmière, tu comprendras notre manière de soigner.

Propos en dialecte.

-Qu'il te montre ces choses, qu'il te les fasse sentir, c'est l'aboutissement de beaucoup de travail, de tout ton investissement.

-Oui, c'est ça, en effet. C'est très fort.
Ici, j'ai vu beaucoup de générosité humaine.
Vivre tout ça est très fort. Très émouvant.
Pourquoi, avec notre pratique, cette dame n'a-belle pas accès à ce bien-être, à cette sérénité ?
Il reste une part d'elle qui n'est pas soignée.
Le côté mental, spirituel, auquel on n'a pas accès.
Seul le pajé peut lui donner cette sensation de bien-être dont elle a besoin.

-En quittant Guaruja, je reste touche par le respect mutuel entre Caroline et Tuia et par leur courageuse envie d'apprendre l'un de l'autre.
 Je décide de m'enfoncer encore un peu plus loin sur le fleuve, pour aller à la rencontre de tribus plus isolées, où les rapports avec la médecine moderne sont moins développés.
Je vais au village d'Aruak, rencontrer la tribu des Wauras.

-Bonjour. Sois le bienvenu.
On est heureux de t’accueillir. Ça nous fait plaisir.

-Quel accueil ! Impressionnant.

-Ça, c'est ma maison. La plus grande du village !
J'y vis avec toute ma famille et mes enfants.
J'en ai 11 !
Tout le monde m'a aidé à la construire.

-C'est le village.

-Ici, on est environ 50 personnes.

-Les Wauras habitent le Xingu depuis plus d'un millénaire.
S'ils n'étaient que 95 individus en 1967, ils sont aujourd'hui 400.
L'une des communautés les plus minoritaires du Xingu.
Les Wauras sont connus pour leur détermination à sauvegarder leur terre et leurs traditions.
Leurs peintures corporelles expriment le rôle de l'individu, aussi bien dans la vie quotidienne que spirituelle.

-Je m'appelle Takape.
Je suis le pajé du village Aruak. J'ai 48 ans. Voilà qui je suis.

-Lors du rituel de soin, les peintures permettent au pajé de se démarquer et de faire face à l'esprit. 
Chez les Wauras, la maladie et la souffrance sont souvent causées par le contact avec les esprits monstres.
Seuls les pajés sont capables de les vaincre.

-Ma fille a un mauvais esprit en elle.
On le sait, car elle a perdu beaucoup de poids.
Elle a fait des examens dans un hôpital, hors de la réserve.
Elle a pris des médicaments, mais rien n'a fonctionné. Ils n'ont pas su trouver ce qu'elle avait.
Alors, je vais la soigner. Demain, tout sera arrangé.

-Quels sont ses symptômes ?

-Ça commence à la tête. Elle a mal dans les côtes.
Et ça descend dans tout le corps, jusqu'aux pieds. Et elle a les jambes engourdies.
Cette figure représente l'esprit qui est amoureux de ma fille.
Un mauvais esprit. Je vais le chasser.

-Votre fille souffre car un esprit est amoureux d'elle ?

-Oui. Pour le chasser, c'est compliqué et délicat.
Nous devons bien nous préparer.
Si le rituel est mal respecté, cela peut conduire vers la mort.

Il chante. Très fortes respirations. Cri profond prolongé. Toux gutturale. Aspiration. Grognements.-

C'est un soin spectaculaire, intense.
J'ai l'impression d'avoir compris qu'il y avait une dimension très symbolique dans le traitement.
Vous frappez l'esprit qui habite votre fille.
Est-ce que c'est...
Est-ce que je me trompe ?

-Non. C'est exactement ça.
On a puni le mauvais esprit en le frappant, afin quu'il ne revienne plus tourmenter ma fille.
On l'a chassé loin d'elle, pour qu'elle guérisse.

-Là, on est typiquement dans une maladi liée aux esprits.
On ne peut pas appliquer ce traitement à une grippe ou à un rhume.

-Ecoute bien.
Je vais te donner un exempe.
Un jour, un médecin avait perdu espoir pour un enfant qu'il pensait atteint d'une pneumonie.
Il pensait l'enfant presque mort.
Alors, j'ai fait un rituel.
"J'ai dit au médecin : Vous verrez. Pendant 8 heures, il va beaucoup suer. Mais ensuite, il ira mieux."
Le médecin blanc s'est alors mis à rire devant moi.
Mais 8 heures plus tard, le petit de 6 mois était bien vivant.
Il allait bien mieux.
En général, les médecins se font un avis trop rapide de notre médecine, sans prendre le temps de la connaître.
Pour ma fille, le soin n'est pas fini.
Des esprits persistent.
On va la laver avec un remède à base de plantes et elle guérira.

-Je vous ai vu prendre soin de votre fille.
Vous soignez les villageois...
Ce que vous faites, j'ai du mal à le comprendre.
C'est très différent de ce que je fais moi.
Avez-vous le sentiment qu'on est proches, malgré tout ?

-J'ai le sentiment que mon travail de pajé et le vôtre se ressemblent.
Nous prenons tous les deux soin des gens.
D'ailleurs, en faisant ce travail, nos deux âmes s'embellissent.

-Le projet Xingu a permis à des médecins étrangers de collaborer avec vous.
Ça a changé votre regard sur leurs pratiques ?

-Je trouve très intéressant ce travail autour du projet Xingu.
C'est l'opportunité de dire au monde des Blancs et à leurs médecins qu'ils doivent aussi nous respecter et accorder de la valeur à notre culture.
Au début, on ne se comprenait pas très bien.
Mais maintenant qu'on commence à travailler ensemble et à se connaître, les choses changent, dans les têtes des médecins.
C'est une bonne chose pour tout le monde.

Elle chante. Il chante.

FIN



Une transcription écrite de l'émission est aussi présentée sur le site de Télé Scoop au lien :
http://telescoop.tv/browse/429817/medecines-d-ailleurs.html

 

 

COMMENTAIRES :

- Sur Arte : http://www.arte.tv/guide/fr/048081-010/medecines-d-ailleurs

 


 

Afrique du Sud - Les guérisseurs zoulous
Épisode 9


Arte - Jeudi 13 mars 2014 à 17h45 -

Sommaire :
Pour endiguer notamment l'épidémie de sida, l'Organisation mondiale de la santé
intègre les guérisseurs traditionnels dans les campagnes de prévention et de soins.

Revoir le film sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1gs2e8_medecines-d-ailleurs-9-afrique-du-sud-les-guerisseurs-zoulous_travel (25'46)


Visionner le film avec les sous-titres en français (VFSTFR) :
http://www.dailymotion.com/video/x1gs6cm_medecines-9-afrique-du-sud-les-guerisseurs-zoulous-vfstf_travel (25'46)


Revoir l'émission en replay :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-020/medecines-d-ailleurs (25'45)
et avec Arte :
http://www.dailymotion.com/video/x1i3jke_medecines-d-ailleurs_tv (25'45)



PRÉSENTATION :

Située entre les rivages sauvages de l'océan Indien et les montagnes du Drakensber, la province du Kwazulu-Natal, qui abrite la nation zoulou, est l'une des plus pauvres du pays.
Pour endiguer notamment l'épidémie de sida, l'Organisation mondiale de la santé intègre les guérisseurs traditionnels dans les campagnes de prévention et de soins.
Bernard Fontanille, médecin urgentiste, a rencontré l'un d'entre eux.

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

-Je m'appelle Bernard Fontanille, je suis médecin urgentiste.
Je parcours le monde à la rencontre de ceux qui soignent les autres.

Incantations.

Le Kwazulu-Natal, en Afrique du Sud.
Cœur de la nation zouloue, le "peuple du ciel" est l'ethnie la plus importante du pays.
Cette province, la plus peuplée, s'étend du cap est au Mozambique.

Chant zoulou.

Depuis la fin de l'apartheid, les savoirs traditionnels ont été revalorisés.
60% de la population du pays consulte les guérisseurs, les "sangomas".
Au Kwazulu-Natal, une province déshéritée du pays, une attention particulière est portée à ce mode de soin.

-Je m'appelle Slindile Ntlego, j'ai 29 ans, je vis à Hlabisa, dans le Ndabuko, au Kwazulu-Natal,
Désormais intégrés au système de santé national, leurs pratiques sont encouragées.
Une collaboration entre médecins et guérisseurs, pour mieux atteindre les communautés isolées.

-Bonjour. Ça va ? Comment allez-vous ?

-Comme ça ? Bonjour. Merci.

-Je suis Slindile.

-Je suis la sangoma du village.

-"Sangoma" ? Le médecin traditionnel ?

-Oui, un sangoma est un médecin traditionnel.

-C'est votre famille.

-Oui.

-Oui, ils sont beaux. D'où venez-vous ?

-De France.

-C'est très loin ! Loin, loin! Combien de temps avez-vous mis pour venir ?

-Deux jours.

-Seulement ?

-Pour venir vous voir.-Suivez-moi.

-C'est chez vous ? D'accord. Vous soignez les gens ici ?

-Les sangomas ont une connaissance poussée des plantes médicinales, mais pas seulement.
Chaque consultation débute dans les volutes de Pimphepho, une variété d'encens.
En inhaler la fumée permettrait de communiquer avec le monde des esprits.
Les ancêtres défunts manifestent leur présence par un son étrange.

Bâillement musical.

-Les sangomas sont des devins.
Ce sont les ancêtres qui leur indiquent l'origine de la maladie et quelle plante utiliser pour la soigner.

-Ça commence ici.
C'est récent, mais ça risque de s'étendre.
Ce matin, c'était ici. Maintenant, ça monte jusque-là.

-On dirait un zona. Il y a des cicatrices de varicelle.
A l'âge adulte, le virus se réactive et forme des vesicules.
C'est un virus, ça se traite.
Je connais un traitement... Mais je ne connais pas le vôtre.

-Je vais commencer par laver la zone.
Et puis... je vais faire des petites incisions au rasoir.

-Je ne m'attendais pas à vous voir avec des gants en latex.
C'est le côté moderne de la médecine traditionnelle zouloue.
Si on ne gratte pas, ça ne marche pas ?

-Je fais des incisions, et ensuite, j'applique le traitement.

-C'est vrai que le virus est dans la vésicule.

-C'est ça.

-Dans ce traitement, il y a des plantes ?

-J'utilise des herbes pour arrêter la poussée des boutons.
Et j'utilise un antiseptique pour tuer les microbes.
Ça, c'est la pommade qui a été mixée. Il y a de la graisse de python et des herbes hachées et cuites.

-Des plantes et de la graisse de python ?

-La graisse de python aide à soigner les blessures. 
Ça aide à la cicatrisation. 
Quand on l'applique, la peau se reconstruit.
Elle redevient comme avant. 
Ce sont les anciens qui m'ont montré l'importance du python.
C'est le python qui nous appelle à devenir médecin traditionnel.
Le python apparaît dans nos rêves.
Ensuite, nous devons aller le chercher à la rivière.
Donc, je suis sûre que ça marche.
Nous allons appliquer l’"intsinzi".
Après, elle devra boire l’"lmbiza", puis elle ira mieux.

-La graisse de python lutte contre la prolifération du collagène, responsable de la formation des cicatrices.

-En combien de temps c'est efficace ?

-C'est rapide. On verra le résultat demain.
Elle sera guérie à la fin de la semaine.

-Il existe un médicament pas cher et efficace. Y a-t-il encore un intérêt à faire ce traitement, à notre époque ?

-Oui... Je comprends ce que vous dites.
Vous pensez que je devrais envoyer les gens à l'hôpital.
Mais je dois aider les patients qui viennent jusqu'à moi.
Parce que c'est mon travail et que c'est notre façon de vivre.
Je conseille l'hôpital aux patients quand je ne peux pas les aider.
Certains refusent.
Ils croient que seul un médecin traditionnel peut les aider.

-Ça va mieux ?

-C'est une infusion de feuilles écrasées et cuites.
Ça va guérir les plaies de l'intérieur.

-Ça n'a pas l'air très bon.
Ce n’est pas très bon, hein ?
C'est un traitement difficile : ça fait mai, ce n’est pas bon...
Vous n'avez aucune note.
C'est un traitement complexe, mais tout est dans la tête.
Il n’y a aucune transmission écrite.

-Ce savoir m'a été transmis par les ancêtres.
Et moi, je le transmets à mon assistante, pour qu'elle reparte avec ce savoir.
Quand un autre médecin traditionnel me demande de l'aide, je lui explique quoi faire pour aider le patient.

-Depuis la collaboration entre sangomas et médecins, les principes actifs de nombreuses plantes ont été isolés et reconnus.
Aujourd'hui, 4 000t de plantes sont commercialisées chaque année dans la province du Kwazulu-Natal.
Une nouvelle source de revenus pour cette région qui vit surtout de la culture du maïs.

-Le soir venu, j'ai la vision d'un arbre, ou d'une plante.
Je vais la chercher le lendemain matin.
Après, je la ramène à la maison.
Puis je demande aux ancêtres ce que je dois faire avec cette plante.

-Vous demandez le mode d'emploi.

-Oui. Et quand un patient vient se faire soigner, les ancêtres me répondent.
C'est comme ça que j'apprends à utiliser les plantes.

-Pour être soigné par un médecin zoulou, il faut connaître la culture zouloue, être né ici ?

-Non, je pourrais te soigner, si tu en avais besoin.
Tu pourrais même devenir un médecin traditionnel.
Mais tu ne seras jamais un sangoma.
Il y a une différence entre ton travail et le mien.
Pour nous, ce serait assez facile d'apprendre ta façon de faire.
Mais ce serait très dur pour toi.
Je peux te transmettre mon savoir des plantes, mais je ne peux pas te connecter aux esprits.
Parce que, pour nous, c'est un don avec lequel on naît.

-Comment êtes-vous devenue sangoma ?

-A l'époque où j'étais au lycée, en première, je suis tombée malade.
J'avais des maux de tête et je saignais du nez.
Et puis je suis tombée dans le coma pendant deux jours.
Je me suis réveillée à l'hôpital.
Mais ils n'ont pas réussi à diagnostiquer ma maladie.
Personne ne savait ce qui n'allait pas chez moi.
Alors, quelqu'un a consulté les esprits.
On m'a expliqué que j'étais habitée, et que je devais devenir sangoma.
J'ai dit : "Non, je ne veux pas être sangoma."
Mais on m'a quand même connectée aux ancêtres.
Et ça m'a sauvée.
On m'a demandé de commencer à recevoir des patients.
Mais j'avais peur. L'esprit m'a empêchée de m'enfuir, et j'ai donné ma première consultation.
Mais j'aurais vraiment aimé continuer les études.
Je voulais être comptable, avoir ma propre voiture.
J’étudiais le commerce, au lycée.
Mais je n'ai jamais fini l'école.
Et je n'ai jamais réalisé mon rêve de devenir comptable, et d'avoir une chaise qui tourne dans mon bureau.

-C'ètait votre rêve ?

-Oui, et conduire la voiture que je me serais payée.
Mais je suis quand même heureuse d'être où je suis.
J'aime ce que je fais, et ça m'a sauvé la vie.
Maintenant, je suis la seule à gagner de l'argent, donc, je peux aider ma famille.
J'ai des vaches et des chèvres, qu'on peut manger.
Et si les ancêtres le permettent, j'aurai ma chaise à roulettes.

-Je vais vous l'offrir.

-Merci, c'est gentil.

-Les Zoulous célèbrent l'épopée de Chaka, le fondateur du royaume, les exploits guerriers passés.
Le rythme des tambours, la litanie des chants croisés, créent isigubudu", l'harmonie.
Un théâtre d'ombres survoltées se dessine.
Au Kwazulu-Natal, une personne sur sept est infectée par le sida.
Grâce à l’OMS, la médecine traditionnelle est intégrée aux campagnes de lutte contre le virus.
Depuis 2005, 80 guérisseurs traditionnels sont reconnus et participent aux soins.
Une collaboration essentielle entre médecins et sangomas, pour sensibiliser l'ensemble des communautés.
Slindile a suivi une formation qui lui permet de reconnaître les premiers symptômes de l'infection par le VIH.
Elle sait convaincre les malades d'aller à l'hôpital.
Pour que les comportements changent, le bon messager, c'est Slindile.

-Ça veut dire beaucoup pour moi, que vous veniez me voir.
J'espère que mes problèmes ne vous lasseront pas.

-Pourquoi vous la suivez ?

-Quand elle est venue me voir, elle était très malade.
Elle avait des problèmes aux jambes, des douleurs d'estomac et des vomissements.
J'ai travaillé jusqu'à ce que ses douleurs d'estomac partent.
Elle allait mieux.
Pourtant, son corps était toujours très faible.
En 2010, j'ai commencé à suivre une formation médicale.
J'ai appris qu'il fallait que je parle à ma patiente, pour la convaincre de faire un test à l'hôpital.
C'est là qu'elle a su qu'elle était infectée par le VlH.
Et elle est allée à l'hôpital.

-Sans Slindile, cela aurait été plus difficile d'avoir accès aux antirétroviraux et d'aller à l'hôpital ?

-Je ne serais jamais allée à l'hôpital de moi-même.
Je n'y avais jamais mis les pieds.
J'y suis allée parce qu'elle m'y a envoyée.
Je l'ai consultée parce que je pensais être ensorcelée, et que ma maladie ne pouvait être soignée que par mes ancêtres.
Je n'aurais jamais pensé pouvoir être soignée à l'hôpital.

-Maintenant que votre maladie a un nom, qu'on sait que c'est un virus, que ce n'est pas un truc magique, que cherchez-vous dans l'aide de Slindile ?

-Elle s'occupe de moi quand j'ai des problèmes. 
Je n'arrive pas à parler aux docteurs de mes problèmes. 
Mais je peux aller la voir quand j'en ai besoin.
Elle est mon médecin spirituel.
Qu'est-ce qui vous a donné envie de suivre la formation proposée par le gouvernement pour être un relais pour le VIH ?

-Avant, j'avais peur du virus, mais je m'en fichais un peu à l'hôpital à cause du virus.
Non, je ne croyais pas dans la médecine moderne.
Et mes patients n’auraient jamais été d'accord, pour aller à l'hôpital.
J'ai réalisé à quel point il était important pour moi d'admettre que je ne savais pas soigner le sida.
Maintenant, quand un patient a les symptômes du VIH, je l'envoie à l'hôpital.

-Que vous a-t-on enseigné ?

-On nous a montré de façon pratique comment mettre un préservatif.
On m'a appris à ne pas avoir peur de toucher les patients infectés, à prendre soin d'eux et à leur faire sentir qu'ils font partie de la communauté.
Avant, je n'osais pas les toucher, par peur d'être infectée.
Je sais à présent que je peux les toucher.

-Elle travaille main dans la main avec les médecins de l'hôpital.
J'ai reçu de l'aide des deux côtés.
Il n'y a pas de raison que j'arrête de voir ma guérisseuse après être allée à l'hôpital.

-Les sangomas accrédités se servent de feuilles, de graines, d'écorces ou de racines.
Des traitements de proximité pour accroître l'appétit, traiter un muguet buccal, ou encore une diarrhée.
Slindile est un maillon essentiel de la chaîne de soins.
Reconnue officiellement, elle peut délivrer des ordonnances, et même des arrêts de travail.
Que ressent-on, quand on a été rejeté par la médecine, en tant que médecin traditionnel, et que soudain, autour d'une maladie très grave qui se répand très vite, les médecins comme moi réalisent qu'on a besoin de vous pour aller dans les communautés et sauver le plus de gens possible ?

-On a toujours voulu travailler avec des docteurs.
Avant, les docteurs considéraient que nous étions inutiles. 
Ils nous regardaient de haut.
Pourtant, la communauté compte sur notre aide.
Elle nous fait confiance plus qu'à eux.
On se sent à présent les bienvenus dans beaucoup d'endroits.
Nous sommes entendus comme les autres docteurs.
Votre visite nous a tous surpris.
Même pour ma communauté, c'est surprenant.
Un docteur et un médecin traditionnel ensemble ?
Votre visite a rendu la communauté heureuse.
Quand je vous regarde, je trouve que vous ne ressemblez pas à un docteur.
Je n'aurais jamais pensé rencontrer un docteur venu de si loin, qui me respecte moi et mon travail comme vous l'avez fait ici.
Et même si on me considère comme une jeune médecin dans ma pratique, je me sens grande, parce que je suis assise ici, avec vous.

Chant zoulou.

FIN

Sous-titrage MFP.

 

Visionner le film avec les sous-titres en français (VFSTFR) :
http://www.dailymotion.com/video/x1gs6cm_medecines-9-afrique-du-sud-les-guerisseurs-zoulous-vfstf_travel (25'46)

 

Une autre transcription écrite est présentée au lien :
http://telescoop.tv/reader/430398/medecines-d-ailleurs.html

 

COMMENTAIRES :

- Sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-020/medecines-d-ailleurs

 


 

Cambodge - Sur la voie des derniers Krus
Épisode 10


Arte - Vendredi 14 mars 2014 à 17h45 -

Sommaire :
Bernard Fontanille part dans le Nord-Est du Cambodge à la rencontre des Bunongs,
qui s'appuient sur un savoir-faire médical ancestral, pratiqué par les Krus.

Photo : Cambodge - Sur la voie des derniers Krus  Arte - Vendredi 14 mars 2014 à 17h45 -  Bernard Fontanille part dans le Nord-Est du Cambodge à la rencontre des Bunongs,   qui s'appuient sur un savoir-faire médical ancestral, pratiqué par les Krus.    Revoir le film sur Dailymotion :  http://www.dailymotion.com/video/x1h4g0c (26'04)    Visionner le film avec les sous-titres en français (VFSTF) :  http://www.dailymotion.com/video/x1gzyhk (26'04)     Revoir l'émission en replay :  http://www.arte.tv/guide/fr/048081-007/medecines-d-ailleurs (26'03)    PRÉSENTATION :  Dans le nord-est du Cambodge, dans des villages sur les hauts plateaux à la frontière du Viêtnam, vit l'ethnie des Bunongs.   La médecine cambodgienne, marquée par l'influence de diverses doctrines empruntées à la médecine bouddhiste, ayurvédique et chinoise, varie selon les régions.   Les Bunongs ont ainsi développé un savoir-faire médicinal ancestral à base de plantes pratiqué par des soignants secrets et respectés de tous : les Krus.    TRANSCRIPTION ÉCRITE DU FILM :  Visionner le film avec les sous-titres en français (VFSTF) :  http://www.dailymotion.com/video/x1gzyhk (26'04)     COMMENTAIRES :  - Sur Arte :   http://www.arte.tv/guide/fr/048081-007/medecines-d-ailleurs

Revoir le film sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1h4g0c (26'04)

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1gzyhk (26'04)

Revoir l'émission en replay :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-007/medecines-d-ailleurs (26'03)



PRÉSENTATION :

Dans le nord-est du Cambodge, dans des villages sur les hauts plateaux à la frontière du Viêtnam, vit l'ethnie des Bunongs.
La médecine cambodgienne, marquée par l'influence de diverses doctrines empruntées à la médecine bouddhiste, ayurvédique et chinoise, varie selon les régions.
Les Bunongs ont ainsi développé un savoir-faire médicinal ancestral à base de plantes pratiqué par des soignants secrets et respectés de tous : les Krus.

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

-Je m'appelle Bernard Fontanille.
Je suis médecin urgentiste. J'ai décidé de parcourir le monde, à la rencontre de ceux qui prennent soin des autres.

Au nord-est du Cambodge, la province du Mondulkiri est une des régions oubliées du pays.
A 600 m d'altitude, les minorités ethniques vivent depuis toujours en autarcie.
Elles ont développé un lien fort avec leur environnement.
Je vais rencontrer un kru, un médecin traditionnel khmer de l'ethnie des Bunong.
Depuis 3 000 ans, leur médecine se nourrit de la nature qui les entoure.

-Je m'appelle Chrang Dim, j'ai 31 ans, je suis médecin traditionnel.
Je vis au village de Chy Klop, dans la province de Mondulkiri.

-Bonjour. Ça va bien ? Tu fais quoi, là ?

-Je fais sécher des herbes médicinales, elles viennent toutes de la forêt.

-De la forêt à côté ?

-Oui. On en trouve juste là, ou bien un peu plus loin.
On peut y aller, si tu veux.

-Avec plaisir. Je fais comment, là ? Je saute ?

-Fais attention, ça glisse.

-Ah oui, d'accord.

-Passe doucement.

-Ça glisse !

-Cet arbre s'appelle "Chking Srang".
On l'utilise en infusion pour des brûlures d'estomac, l'intestin et les poumons.
On utilise cette écorce pour presque toutes les maladies.
Sa résine, elle, sert à la contraception.

-Et on doit être kru pour pouvoir couper ces écorces ?

-Oui, seuls les krus peuvent couper ces plantes pour les utiliser comme remèdes.
Les villageois ne savent pas comment se servir de ces plantes.
Seuls les krus ont la formule.

-Quand tu fais ça, l'arbre va se réparer, après ?

-Oui. Même si l'arbre est un peu abîmé, il ne meurt pas.
Son écorce repoussera.

-Tu connais combien de plantes, dans cette forêt, qui ont des vertus thérapeutiques ?

-J'en connais beaucoup, mais je ne pourrai pas tout te montrer.

-C'est quoi, ces petits trucs ?

-Ce fruit s'appelle "Orn Trong".
Quand il meurt, il tombe de l'arbre.
On le fait bouillir avant de le boire en infusion.
Ça soigne l'estomac et l'intestin quand on a mal au ventre.

-Et pour les faire bouillir, il faut respecter une certaine durée ?

-Pour cette plante, il n'y a pas de problème, mais pour d'autres, ça peut nous faire tourner la tête si on les laisse trop infuser.
Certaines plantes sont tellement toxiques que ça peut même nous tuer.

-Tu connais chaque technique de préparation ?

-Oui, je les connais toutes.
Si la plante est toxique, on en met moins : il faut l'utiliser avec parcimonie dans le mélange.

-La promenade en forêt devient une leçon de choses.
Ça sent très bon.
Dim me présente à chaque pas une nouvelle espèce et ses vertus.
Il évolue comme un laborantin dans sa pharmacie.
Là où je ne vois qu'une plante, son œil aguerri voit la racine, la tige, la feuille.

-J'ai justement besoin de cette plante.

-Sa hotte se remplit peu à peu d'une véritable pharmacopée.
Chez nous, on va à la pharmacie.
C'est un peu plus facile.
Saute, je te rattrape.

-Je vends ça aux femmes qui allaitent.
Ça leur permet d'avoir plus de lait pour leur bébé.

-Et ça se vend combien ?

-Un paquet se vend 1 euro.
Il y en a pour 3 jours d'infusion.
Mais je n'y mets pas que cette plante.
Je mélange 4 ou 5 espèces différentes.

-Ici, la nature nourrit, protège et soigne.
Elle conditionne toutes les activités humaines.
De la vie du village se dégage une harmonie toute particulière.
Les Bunong ont su adapter leur mode de vie à leur environnement.
La médecine de Dim en est le plus bel exemple.

-C'est ici que je hache les plantes.
On va poser ça par là.

-C'est bien ?
Tu vas faire sécher ça et le vendre ?

-On prend une poignée de ça, qu'on pose ici.
Et une poignée de l'autre.
On n'a pas de balance. On les mélange.
Dix espèces au maximum.
On marque combien de plantes il y a par sachet, ainsi que les maladies que ça soigne.

-Tu es spécialisé dans les plantes, mais il existe d'autres types de krus dans cette région.

-Oui, si quelqu'un a des os cassés, il y a d'autres médecins traditionnels pour s'en occuper.
Moi, je ne sais pas comment les soigner.
Il y a aussi des krus spécialisés dans les pansements qui aspirent les venins par la bouche : ça non plus, je ne le maîtrise pas.
Mais je suis passionne, je veux apprendre de tout mon cœur, pour l'avenir, pour mes descendants.
Les villageois sont pauvres, et les hôpitaux sont loin.
Et à la saison des pluies, c'est difficile de traverser la rivière.
Donc ils viennent me chercher pour se faire soigner.
J'ai hérité tout mon savoir de mon défunt père.

-Tu dois avoir de bons souvenirs, avec ton père, en forêt.

-Oui, j'en ai plein.
Ces souvenirs sont marqués par les noms des plantes qu'il m'a appris.
J'ai dans ma tête ses traces sur les arbres, ses explications.
Je veux le suivre pour éviter que sa connaissance ne disparaisse, je dois apprendre, pour perpétuer son héritage.
Lui est mort, et si je ne poursuis pas son chemin, ce sera la médecine traditionnelle qui, elle aussi, disparaîtra.

-Dim va partir étudier chez Ta Nu.
C'est un kru célèbre à Onglonglen.
Mon défunt mari et lui ont beaucoup travaille ensemble sur la fièvre, les pansements et les plantes traditionnelles, comme celles qui sont là-bas.
Quand une femme avait du mal à accoucher, on venait chercher mon mari : il avait des remèdes pour les soigner.

-Ta Nu est un kru très respecté ?

-C'est un grand maître que je respecte.
C'est un grand honneur, pour moi.

Incantations.

-Au petit matin, Dim se prépare.
C'est un grand jour, pour lui. Il se rend chez Ta Nu, un kru très respecté.
L'apprentissage est infini.
Dim n'aura de cesse de le compléter tout au long de sa vie.
La transmission de ce savoir se fait uniquement par la parole.
La seule école de médecine traditionnelle est à Phnom Penh.
Elle aussi sait reconnaître ses maîtres, et Ta Nu en est un.

-Je m'appelle Ta Nu, j'ai 77 ans, et je suis médecin traditionnel.
Je vis dans le village de Srè Chey, dans la province de Mondulkiri.

-Tu veux bien me raconter ce qui t'est arrivé ?

-Je suis tombé d'un buffle, qui m'a marché dessus. J'ai eu très mal, et j'ai pleuré.
Il m'a cassé le bras.
Mon oncle m'a emmené chez Ta Nu pour qu'il me soigne.

-Comment diagnostique-t-on les fractures sans faire de radio ?

-Je n'ai pas de machine pour faire des radios.
Je mets mon pouce pour tâter, puis je tire sur les doigts, pour voir.
Puis je tâte ici, pour voir comment sont les os.
Je les sens.
Je sens même une simple fissure.
Je manipule tout doucement, pour éviter que le blessé ne souffre trop.
Si j'agis brutalement, je peux lui faire très mal.

-Et pour le remettre ?

-C'est comme ça que les os se sont ressoudés, mais il faut continuer à tirer dessus, pour que le sang circule bien à nouveau.

-Celui-là. Que pensez-vous du résultat ?

-Le résultat pour son bras est bon, même s'il est légèrement courbé.
Mais le résultat est bon.
Il a été guéri en deux semaines.

-C'est quoi, cette préparation que vous avez mise sur le bras ?

-C'est un remède que j'utilise.
Il y a trois ingrédients. Seulement trois.
Des sangsues, du miel et du safran. Trois choses.
Au contact de ce mélange, le sang coagulé va devenir du bon sang et circuler dans les veines.

-Ça sent la sangsue.
Chez nous, on utilise parfois les sangsues, mais vivantes, pour résorber les hématomes, mais c'est un peu dégoûtant.

-Je ne montre pas les sangsues à cause de ça.
Le patient ne sait jamais ce que j'applique.

-Maintenant, il le sait, lui !

-Ce garçon vient de l'apprendre.

-Ta Nu soigne avec une bienveillance contagieuse. 
Il confectionne en un tour de main une attelle de fortune.
Sa technique, rudimentaire, n'en est pas moins efficace.
Pas de plâtre ni de résine, mais de la ficelle et quelques lamelles de bambou : des ressources simples, toujours à portée de main.

-Dim, sers un peu plus.
Sors ta main, voilà.
Les gens aiment venir chez moi, parce que c'est tout près.
C'est facile, de venir ici.
De nuit comme de jour, je suis là pour eux.

-Je prends le temps de me laisser bercer par la douceur des lieux.
Pas de cabinet de consultation, pas de protocole : sous sa véranda, il reçoit le patient comme l'invité.
Certains malades font des dizaines de kilomètres pour venir consulter.
Les krus jouent ici un rôle essentiel.
L'hôpital est à 4 h de piste, et ils restent le premier, voire l'unique recours pour se soigner.

-Je l'ai déjà eu comme professeur à Phnom Penh.
Il a beaucoup d'expérience.
Je voulais continuer à apprendre de lui.

-Ça vous fait plaisir ?

-Oui, je suis content que Dim veuille apprendre avec moi, afin d'assurer l'avenir.
Maintenant, buvons ensemble.
Sa visite me rend heureux.

-Santé. Tchin.

-Ça donne de la force, et on ne tombe pas malade.

-J'accompagne Dim pour sa première leçon avec Ta Nu.
Une machette et une hotte suffisent.
Dim observe silencieusement. Il boit les paroles du maître.
La forêt devient un grand amphithéâtre.

-Ça aussi, c'est une plante médicinale. Là aussi.
Regarde, c'est une plante pour la maladie des yeux.
C'est aussi une plante médicinale.
A cette saison, c'est difficile, car tout est presque mort.
Pendant la saison des pluies, tout bourgeonne.
C'est plus facile.
Dim, tu sais comment utiliser cette plante ?

-Je ne me souviens pas de tout.

-Tu connais son nom ?

-"Bomporing Samlay".

-C'est ça. C'est contre la diarrhée et le mal de ventre.
On trempe son écorce, après l'avoir fait griller sur le feu.
On la trempe dans l'eau, et on la boit.

-Est-ce que le principe actif agit différemment selon la saison ?

-On voit cela peut servir comme médicament par rapport aux feuilles.
Si elles sont jeunes, l'effet du médicament reste sur le tronc.
Le médicament sort de l'écorce.
Le principe actif, dans les racines, remonte, puis est absorbe par l'écorce, et du coup, c'est très efficace.

-Tu joues avec ton téléphone ? J’enregistre ce que dit Ta Nu.

-En fait, t'es un kru très moderne. C'est important, parce qu'il n'y a aucune trace écrite de tout ça.

-Ce qui est écrit, ce n'est que de la théorie.
On ne comprend rien. Là, nous apprenons par rapport à la réalité.
Ce que je vois, je le mets en pratique. Je vois directement le résultat.

-Ça, c'est pour les crises de paludisme.
Et quelle partie prenons-nous ?
Nous prenons ça.
Je prends, je coupe comme ça.
On le met dans l'eau pour que le remède ne soit pas trop fort.
Une heure après, on remet un morceau dans l'eau, et 2 h après, un troisième.
Ça stoppe les crises de paludisme.
Goûte comme c'est amer.

-C'est très amer.

Ta Nu rit.

-C'est amer ! C'est horrible. C'est affreux.

-Oui, c'est pour tuer les microbes.

-Horrible.

-Mais il y a une chose que je tenais à vous dire : cette forêt a changé, il n'y a plus beaucoup d'arbres.
Tous les grands arbres ne sont plus là, les animaux ont disparu, les arbres, aussi.
Maintenant, il n'y a plus rien. Le fait qu'il n'y ait plus d'arbres me rend triste et m'inquiète, car sans eux, je ne peux plus soigner mes concitoyens.

-Ta Nu le sait mieux que quiconque : la disparition de la forêt signera irrémédiablement la fin des krus.
On ne prélève plus, on exploite.
L'accès aux soins va s'améliorer, mais le progrès peut-il se faire au détriment de ce savoir ancestral ?
Un savoir plusieurs fois millénaire, profondément ancré dans cette culture.

-Dim est un bon élève.

-Oui, Dim est quelqu'un de sérieux.
Il cueille des plantes, il soigne, il est curieux.
Il aime apprendre.
C'est un bon élève qui aime étudier.

-Je suis surpris de voir un jeune homme qui a envie d'apprendre des choses qui datent d'il y a longtemps, au lieu de faire du scooter, d'aller en ville, d'aller au karaokè...

-Au fond de moi, j'aime beaucoup ce métier.
Je n'aime pas sortir, comme certains jeunes de mon âge.
Je veux juste apprendre la médecine traditionnelle khmère.
C'est une façon d'honorer la mémoire de mon père.
Avant de mourir, il m'a recommandé de poursuivre mes études auprès d'un autre kru, d'apprendre à soigner.

-C'est une belle motivation.
La voix du kru se tait pour mieux laisser la forêt cambodgienne résonner derrière lui.
Au petit jour, une autre s'élèvera.
Celle de son jeune disciple.
La forêt est un temple.
Les krus en sont les derniers gardiens.

FIN

Sous-titrage MFP.

 

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1gzyhk (26'04)

Une autre transcription écrite est présentée au lien :
http://telescoop.tv/reader/430994/medecines-d-ailleurs.html


COMMENTAIRES :

- Sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-007/medecines-d-ailleurs

 

 


 

Indonésie - Les hommes lontars
Épisode 11


Arte - Lundi 17 mars 2014 à 17h45 -

Sommaire :
En Indonésie, les palmiers lontars sont utilisés par les populations locales pour se nourrir, se loger et aussi se soigner, selon une pratique étonnante.

Revoir le film sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1hu0xx_medecines-d-ailleurs-11-indonesie-les-hommes-lontars_travel (26'27)


Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1hu142_medecines-11-indonesie-les-hommmes-lontars-vfstf_travel (26'27)


Revoir l'émission en replay :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-008/medecines-d-ailleurs (26'26)


PRÉSENTATION :

Le long du littoral de l'île de Rote, la terre le plus au sud de l'archipel indonésien, se dresse vers le ciel une barrière végétale composée d'immenses palmiers : les lontars.
Ce sont eux qui font la richesse de l'île.
On les collecte pour se nourrir, s'habiller, se loger, s'enivrer mais aussi pour se soigner...
Joseph et Jonas, les deux guérisseurs de l'île, guident Bernard Fontanille dans la découverte d’une pratique thérapeutique étonnante.

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

-Je suis Bernard Fontanille, médecin urgentiste.
J'ai décidé de parcourir le monde à la rencontre de ceux qui prennent soin des autres.

Sur l'île de Rote, seules deux espèces se dressent à la verticale.
Le palmier lontar et les insulaires, surnommés "les hommes-lontar".
Sur les 17 000 îles d'Indonèsie, Rote est la plus au sud, située entre le Timor et l'Australie.
Le lontar est l'essence de l'île, son identité.
Il sert à se nourrir, s'habiller, et se soigner.

-Je m'appelle Jonas Saleh. Je vis sur l'île de Rote.
J'ai 48 ans.
Et je suis guérisseur dans mon village.

-Bonjour.

-Je suis Bernard.

-Je suis l'homme du lontar.

-C'est un lontar. C'est votre butin.

-Oui, je monte tous les jours, pour prendre les palmes du lontar et le suc de ses fleurs.

-C'est pour boire ?

-Oui, en séchant les palmes et en les pliant, on fabrique des récipients pour l'eau. D'accord.

-On en fait plein d'autres choses.
On en fait des sacs, des chapeaux, des tapis.
Et avec le tronc, on fabrique nos maisons.
Et ses grandes palmes permettent de couvrir le toit.

-Ce palmier est très important ici.

-Ici, tout le monde se sert du lontar, c'est un arbre de vie.
Et surtout pour les hommes de l'île de Rote.
Si je fais bouillir cette eau sucrée, je peux l'utiliser pour soigner une plaie.

-Vous vous coupez tout le temps.
C'est le tronc ou les feuilles ?

-Les épines et le tronc du lontar sont très coupants.

-Et ce jus de la fleur, en cuisant, ça s’épaissit ?

-Oui, je le fais bouillir longtemps.
Et ça devient un peu comme du miel.
On peut le boire, et soigner avec.
C'est la base de la médecine traditionnelle sur l'île de Rote.
Les anciens l'utilisent.

-Je peux goûter ? C'est très bon. C'est sucré, très frais.

-On boit ça tous les jours. C'est la base de notre alimentation.

-Jonas est l'un des rares à Rote à connaître les vertus du lontar.
L'hôpital le plus proche est à 5 heures de route.
Sans Jonas, les 5 000 insulaires seraient livrés à eux-mêmes.
Bonjour. Il est brûlant.

-Il est très malade.

-J'ai de la fièvre et je souffre de ce côté-là. Sur cette épaule, j'ai mal depuis longtemps.
A l'hôpital, on m'a dit que j'avais trop d'acide urique dans le sang.

-Il crache des trucs pas très propres.
Il n’a pas eu de traitement pour la fièvre et la toux ?

-Non, pas encore.
 Je préfère avoir l'avis de Jonas avant de retourner à l'hôpital.
Je ne suis pas sûr que leurs médicaments me soignent.

-Qu'allez-vous faire, Jonas ?

-Déjà prendre sa température avec une échalote.

-Comment vous faites ?

-Je place l'échalote sur son corps, elle tombe s'il n'a pas de fièvre, sinon, elle colle.

-Un thermomètre naturel. Son pouls est rapide.
C'est un bon signe pour évaluer la fièvre. Sans être très précis. Comme ça. Tou tou tou tou...
A cause de sa toux, je pense à une infection dans les poumons.

-Je voudrais faire baisser sa fièvre afin qu'il puisse aller à l'hôpital rapidement.

-Cette maladie doit être soignée avec un traitement traditionnel.
Si je vais à l'hôpital avant de prendre des médicaments traditionnels, ce serait la catastrophe.
Je sais que je peux mourir. C'est comme ça.
On doit d'abord couper les pieds de cette maladie.

-C'est dans le verre et dans le mouchoir.

-Oui, la première partie, c'est pour faire baisser la fièvre et le mouchoir pour couper les pieds de la maladie.
Je vais enduire son corps pour éviter qu'elle se propage.
Puis je pourrai commencer le traitement avec ce mélange d'ingrédients, qui sont la création de Dieu.
Je les utilise pour véhiculer mes remèdes.
Puis je ferai une prière, mais dans mon dialecte.
Avant, je dois me rhabiller.

Il prie.

-C'est cette préparation, empreinte de plantes et de prières, que Jonas va utiliser comme remède.
A Rote, on est chrétien et animiste.

Il crache.

Difficile pour moi de saisir le sens de ce soin. Jonas insuffle l'esprit invoque durant la prière dans son traitement.
On répète ce rituel ?

-Trois fois.

-Ça permet de vérifier que son état s'améliore.

-Oui. Si ça va mieux d'ici deux jours, je l’enverrai à l'hôpital.

-Merci, docteur. A bientôt.

-On va revenir.
Sur l'île de Rote, il y a aussi la pêche.
Jonas et sa femme partent chaque matin pêcher, pour eux, et pour vendre du poisson pour quelques roupies.
Aujourd'hui, Jonas ne pêche pas, on l'a appelé pour soigner.
Nous accostons sur un caillou perdu dans l'océan Indien, au large de Rote. Ici, vivent des Bajaus, des pêcheurs nomades sédentarisés.
Où pose-t-on l'échalote ?

-Un peu partout, pour déterminer l'origine de la maladie.
Elle souffre à plusieurs endroits.
Je dois trouver le point de départ.

-Mais quand on a des douleurs articulaires, la zone inflammatoire est plus chaude.
Une échalote colle comme pour la fièvre.

-Ça n'est pas ça.
La maladie que je cherche a des pieds.
Grâce à l'échalote, je sais comment elle se déplace.

-J'ai du mal à comprendre.

-Dans mon village, on dit que cette maladie a des pieds. Elle se propage.

-C'est une belle formule.

-On l'appelle "cancer" à l'hôpital.
Elle avait mal au menton, et maintenant, au dos.
C'est pour ça qu'on dit que c'est une maladie à pieds.

-Je voudrais tellement guérir.
J'ai confiance en Jonas.
Je l'appelle pour ça.

-Si son soin ne marche pas, vous irez à l'hôpital ?

-Non. Ne vous inquiétez pas, j'ai confiance. Je vais guérir, c'est sûr. Elle rit.

-Je ne peux pas revenir, mais je vous fais confiance.

-Oui, vous pouvez.

-On est passés juste avant l'orage. Ruissellement de la pluie.
C'est dangereux de venir, la mer est mauvaise, il pleut.
Pourquoi venez-vous aussi loin ?

-C'est vrai que j'habite loin.
Mais c'est la demande de Dieu.
C'est l'amour que j'ai pour Lui qui me porte à aider les gens.
Peu importe l'endroit.
Quand on m'appelle, je dois y aller.
Nous souffrons tous de différentes maladies.
La moitié des gens vont à l'hôpital, parce qu'ils ont de l'argent.
Ceux qui n'en ont pas viennent me voir, pour recevoir un traitement traditionnel.
Je dois les aider.

-Vous ne demandez pas d'argent ?

-Devenir riche ne m'intéresse pas.
Je veux aider les pauvres.
Je ne peux pas leur demander d'argent, car moi aussi, je suis pauvre.
S'ils font des dons, je les donne à l'église.
En fait, c'est de l'amour, tout simplement.

-Le devoir de soigner.
Jonas et moi partageons la même foi.
Celle de soigner nos patients.
La sienne frôle l'aveuglement.
Sur la côte opposée de l'île, des hommes récoltent à marée basse les précieuses algues de leur jardin.
Parmi eux, Joseph, dont les mains sont tout aussi agiles pour soigner.

-Je m'appelle Joseph Lingus.
J'habite au village Ango.
J'ai 53 ans, je suis rebouteux.

-Bonjour, Joseph.
Je pensais vous trouver en train de masser.
Que faites-vous en mer?

-C'est mon lieu de travail.

-C'est des algues ?

-Oui, c'est ça.

-Vous les attachez toutes. Quel travail de titan.

-C'est pour bien les nettoyer.

-Une fois développées, vous les ramassez.

-En ce moment, c'est compliqué.
Il faut bien les fixer, à cause du vent.

-Et après ça, vous soignez des gens.

-Oui, je soigne beaucoup de gens dans ce village.

-Vous ne pouvez pas vivre de vos soins ?

-Je ne peux pas demander d'argent.
Sinon, c'est que je suis avare.
Dieu ne serait pas content.
Il m'a donné la force de faire ce métier.
C'est mon gardien.

-A peine sa récolte achevée, Joseph entame une seconde journée.
Chez lui, on l'attend pour profiter de ce don. Il soigne par ses massages.

-Je suis tombé en faisant du surf. J'ai reçu la planche sur l'épaule.

-La clavicule...

-Son os a bougé. C'est déboîté.

-Vous pouvez agir ?

-Le sang ne circule plus. Il faut masser.

-Avec de l'huile de lontar ?

Il gémit.

Il n’y a pas d’anesthésie, là. Mettez ça, comme ça. Voilà...

-Ça fait mal, ça tire trop. Ça tire, c'est la veine, le sang est bloqué.

-Ça y est, c'est remis.

-Ça s'est remis en place ?

-Oui, ça y est. Le muscle est un peu déchiré.

-Il s'est déchiré un muscle. La clavicule, ça a l'air d'aller. Fini, le surf.

-Quelques jours.

-En plus, c'est le bras avec lequel je rame.

-Ça va mieux. Vous traitez aussi les fractures ?

-Oui.

-Vous pouvez les réduire ? Vous avez de quoi immobiliser?
Comment procédez-vous ?

-Avec une écorce d'arbre. Je masse, je remets en place, l'applique un traitement et je referme avec l'écorce en serrant très fort.
Je vous montre comment faire la préparation.

-C'est ça qu'on met sous l’attelle ?

-Cette plante est une liane.
On l’écrase avec du sel pour en faire une pâte.
Elle a beaucoup de vertus.
Elle permet d'absorber l'hématome.
Elle n'a pas de racines.
Elle puise son énergie sur un arbre.
C'est ce qui fait sa force.

-Sur une fracture simple, 0K.
Mais sur une fracture du fémur, ça doit être très compliqué.

-On prend une plus grande écorce.

-Ça doit faire mal.

-Oui, mais ça diminue en 3 ou 4 jours.
Qu'est-ce qui vous rend fier ?
De nourrir votre famille ou de soigner des gens ?

-Je ne fais pas de distinction.
Il y a un travail pour manger et un pour aider les gens.
Dieu m'a donné la chance d'aider les gens.

-Merci, Joseph, pour votre accueil.
Se tenir debout coûte que coûte.
Sur Rote, l'homme s'adapte aux rares essences qui poussent sur cet horizon.
Ici, on ne devient pas guérisseur, on en reçoit le don.
Jonas et Joseph sont comme ces arbres qui aident à rester debout.
Comme promis, je retourne voir Martinus, le premier patient que nous avions vu avec Jonas.

Ruissellement de la pluie.

Vous avez l'air mieux.

-Oui, je vais bien mieux que l'autre jour.

-Vous êtes d'accord pour que j'écoute vos poumons ?

-Oui. Vous pouvez m'ausculter.

-Il a moins de fièvre. Le pouls est plus lent.

-La fièvre est partie.

-A l'écoute, il y a un côté bien et un côté moins bien.
Il y a une infection. Il doit aller à l'hôpital. Le voilà prêt.
Vous voulez écouter?

Martinus tousse.

-Il y a quelque chose qui bouge dedans.

-C'est fort.

-Ça vient de mon épaule, ici.

-Non, on entend l'infection dans le poumon gauche.

-Jonas a raison.
Après son traitement, allez à l'hôpital, et ça ira mieux très vite avec des antibiotiques.
Vous êtes prêt ?
Parfait.

Musique traditionnelle.

C'est au son du "sasandro", instrument en bois de lontar, que je vais m'en aller.
Une jeune fille malheureuse en amour, selon la légende, a versé tant de larmes qu'elle s'est asséchée et transformée en lontar.
Il faut jouer du sasandro pour la faire pleurer à nouveau, et obtenir la sève du palmier.

-Qui va soigner les gens après vous ?

-Je n'ai pas d'enfant et je suis fils unique.
J'ignore comment transmettre mon savoir.
Mais j'aimerais que quelqu'un continue.

-Il vous arrive de penser que sans ce don, vous auriez pu avoir une vie plus simple, avec moins de travail ?

-Oui, ça m'arrive.
Parfois, je suis très fatigué.
Mais s'il arrivait malheur à quelqu'un, ce serait terrible.
Ce serait un trop lourd fardeau.
Je suis si content de vous avoir rencontré.
Et triste de savoir que vous allez partir.
Je vais me retrouver seul.
C'est la première fois que quelqu'un s'intéresse à ce que je fais.
Vous avez partage ma vie alors que je n'ai rien à vous offrir.
Même si vous habitez très loin de chez moi, promettez-moi, docteur, de me garder une place dans votre cœur.

-C'est promis.

FIN

Sous-titrage MFP

 

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1hu142_medecines-11-indonesie-les-hommmes-lontars-vfstf_travel

Une transcription écrite est proposée au lien :
http://telescoop.tv/reader/432563/medecines-d-ailleurs.html

COMMENTAIRES :

- Sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-008/medecines-d-ailleurs

Photo : Indonésie - Les hommes lontars  Médecines d'ailleurs (11/20) Arte 17.03.2014  En Indonésie, les palmiers lontars sont utilisés par les populations locales pour se nourrir, se loger et aussi se soigner, selon une pratique étonnante.    Vidéo et transcription écrite au lien :  http://www.conscience33.fr/tv-medecines-ailleurs.html#indonésie_les_hommes_lontars    Revoir le film sur Dailymotion :  http://www.dailymotion.com/video/x1hu0xx_medecines-d-ailleurs-11-indonesie-les-hommes-lontars_travel (26'27)     Visionner le film avec les sous-titres en français (VFSTF) :  http://www.dailymotion.com/video/x1hu142_medecines-11-indonesie-les-hommmes-lontars-vfstf_travel (26'27)     Revoir l'émission en replay :  http://www.arte.tv/guide/fr/048081-008/medecines-d-ailleurs (26'26)    PRÉSENTATION :    Le long du littoral de l'île de Rote, la terre le plus au sud de l'archipel indonésien, se dresse vers le ciel une barrière végétale composée d'immenses palmiers : les lontars.   Ce sont eux qui font la richesse de l'île.   On les collecte pour se nourrir, s'habiller, se loger, s'enivrer mais aussi pour se soigner...   Joseph et Jonas, les deux guérisseurs de l'île, guident Bernard Fontanille dans la découverte d’une pratique thérapeutique étonnante.    TRANSCRIPTION ÉCRITE DU FILM :    -Je suis Bernard Fontanille, médecin urgentiste.   J'ai décidé de parcourir le monde à la rencontre de ceux qui prennent soin des autres.     Sur l'île de Rote, seules deux espèces se dressent à la verticale.   Le palmier lontar et les insulaires, surnommés 'les hommes-lontar'.   Sur les 17 000 îles d'Indonèsie, Rote est la plus au sud, située entre le Timor et l'Australie.   Le lontar est l'essence de l'île, son identité.   Il sert à se nourrir, s'habiller, et se soigner.    -Je m'appelle Jonas Saleh. Je vis sur l'île de Rote.   J'ai 48 ans.   Et je suis guérisseur dans mon village.    -Bonjour.    -Je suis Bernard.    -Je suis l'homme du lontar.    -C'est un lontar. C'est votre butin.    -Oui, je monte tous les jours, pour prendre les palmes du lontar et le suc de ses fleurs.    -C'est pour boire ?    -Oui, en séchant les palmes et en les pliant, on fabrique des récipients pour l'eau. D'accord.    -On en fait plein d'autres choses.   On en fait des sacs, des chapeaux, des tapis.   Et avec le tronc, on fabrique nos maisons.   Et ses grandes palmes permettent de couvrir le toit.    -Ce palmier est très important ici.    -Ici, tout le monde se sert du lontar, c'est un arbre de vie.   Et surtout pour les hommes de l'île de Rote.   Si je fais bouillir cette eau sucrée, je peux l'utiliser pour soigner une plaie.    -Vous vous coupez tout le temps.   C'est le tronc ou les feuilles ?    -Les épines et le tronc du lontar sont très coupants.    -Et ce jus de la fleur, en cuisant, ça s’épaissit ?    -Oui, je le fais bouillir longtemps.   Et ça devient un peu comme du miel.   On peut le boire, et soigner avec.   C'est la base de la médecine traditionnelle sur l'île de Rote.   Les anciens l'utilisent.    -Je peux goûter ? C'est très bon. C'est sucré, très frais.    -On boit ça tous les jours. C'est la base de notre alimentation.    -Jonas est l'un des rares à Rote à connaître les vertus du lontar.   L'hôpital le plus proche est à 5 heures de route.   Sans Jonas, les 5 000 insulaires seraient livrés à eux-mêmes.   Bonjour. Il est brûlant.    -Il est très malade.    -J'ai de la fièvre et je souffre de ce côté-là. Sur cette épaule, j'ai mal depuis longtemps.  A l'hôpital, on m'a dit que j'avais trop d'acide urique dans le sang.    -Il crache des trucs pas très propres.   Il n’a pas eu de traitement pour la fièvre et la toux ?    -Non, pas encore.  Je préfère avoir l'avis de Jonas avant de retourner à l'hôpital.   Je ne suis pas sûr que leurs médicaments me soignent.    -Qu'allez-vous faire, Jonas ?    -Déjà prendre sa température avec une échalote.    -Comment vous faites ?    -Je place l'échalote sur son corps, elle tombe s'il n'a pas de fièvre, sinon, elle colle.    -Un thermomètre naturel. Son pouls est rapide.   C'est un bon signe pour évaluer la fièvre. Sans être très précis. Comme ça. Tou tou tou tou...   A cause de sa toux, je pense à une infection dans les poumons.    -Je voudrais faire baisser sa fièvre afin qu'il puisse aller à l'hôpital rapidement.    -Cette maladie doit être soignée avec un traitement traditionnel.   Si je vais à l'hôpital avant de prendre des médicaments traditionnels, ce serait la catastrophe.   Je sais que je peux mourir. C'est comme ça.   On doit d'abord couper les pieds de cette maladie.    -C'est dans le verre et dans le mouchoir.    -Oui, la première partie, c'est pour faire baisser la fièvre et le mouchoir pour couper les pieds de la maladie.   Je vais enduire son corps pour éviter qu'elle se propage.   Puis je pourrai commencer le traitement avec ce mélange d'ingrédients, qui sont la création de Dieu.   Je les utilise pour véhiculer mes remèdes.   Puis je ferai une prière, mais dans mon dialecte.   Avant, je dois me rhabiller.     Il prie.    -C'est cette préparation, empreinte de plantes et de prières, que Jonas va utiliser comme remède.   A Rote, on est chrétien et animiste.     Il crache.     Difficile pour moi de saisir le sens de ce soin. Jonas insuffle l'esprit invoque durant la prière dans son traitement.   On répète ce rituel ?    -Trois fois.    -Ça permet de vérifier que son état s'améliore.    -Oui. Si ça va mieux d'ici deux jours, je l’enverrai à l'hôpital.    -Merci, docteur. A bientôt.    -On va revenir.   Sur l'île de Rote, il y a aussi la pêche.   Jonas et sa femme partent chaque matin pêcher, pour eux, et pour vendre du poisson pour quelques roupies.  Aujourd'hui, Jonas ne pêche pas, on l'a appelé pour soigner.   Nous accostons sur un caillou perdu dans l'océan Indien, au large de Rote. Ici, vivent des Bajaus, des pêcheurs nomades sédentarisés.   Où pose-t-on l'échalote ?    -Un peu partout, pour déterminer l'origine de la maladie.   Elle souffre à plusieurs endroits.   Je dois trouver le point de départ.    -Mais quand on a des douleurs articulaires, la zone inflammatoire est plus chaude.   Une échalote colle comme pour la fièvre.    -Ça n'est pas ça.   La maladie que je cherche a des pieds.   Grâce à l'échalote, je sais comment elle se déplace.    -J'ai du mal à comprendre.    -Dans mon village, on dit que cette maladie a des pieds. Elle se propage.    -C'est une belle formule.    -On l'appelle 'cancer' à l'hôpital.   Elle avait mal au menton, et maintenant, au dos.   C'est pour ça qu'on dit que c'est une maladie à pieds.    -Je voudrais tellement guérir.   J'ai confiance en Jonas.   Je l'appelle pour ça.    -Si son soin ne marche pas, vous irez à l'hôpital ?    -Non. Ne vous inquiétez pas, j'ai confiance. Je vais guérir, c'est sûr. Elle rit.    -Je ne peux pas revenir, mais je vous fais confiance.    -Oui, vous pouvez.    -On est passés juste avant l'orage. Ruissellement de la pluie.   C'est dangereux de venir, la mer est mauvaise, il pleut.   Pourquoi venez-vous aussi loin ?    -C'est vrai que j'habite loin.   Mais c'est la demande de Dieu.   C'est l'amour que j'ai pour Lui qui me porte à aider les gens.   Peu importe l'endroit.   Quand on m'appelle, je dois y aller.   Nous souffrons tous de différentes maladies.   La moitié des gens vont à l'hôpital, parce qu'ils ont de l'argent.   Ceux qui n'en ont pas viennent me voir, pour recevoir un traitement traditionnel.   Je dois les aider.    -Vous ne demandez pas d'argent ?    -Devenir riche ne m'intéresse pas.   Je veux aider les pauvres.   Je ne peux pas leur demander d'argent, car moi aussi, je suis pauvre.   S'ils font des dons, je les donne à l'église.   En fait, c'est de l'amour, tout simplement.    -Le devoir de soigner.  Jonas et moi partageons la même foi.   Celle de soigner nos patients.   La sienne frôle l'aveuglement.  Sur la côte opposée de l'île, des hommes récoltent à marée basse les précieuses algues de leur jardin.   Parmi eux, Joseph, dont les mains sont tout aussi agiles pour soigner.    -Je m'appelle Joseph Lingus.   J'habite au village Ango.  J'ai 53 ans, je suis rebouteux.    -Bonjour, Joseph.   Je pensais vous trouver en train de masser.   Que faites-vous en mer?    -C'est mon lieu de travail.    -C'est des algues ?    -Oui, c'est ça.    -Vous les attachez toutes. Quel travail de titan.    -C'est pour bien les nettoyer.    -Une fois développées, vous les ramassez.    -En ce moment, c'est compliqué.   Il faut bien les fixer, à cause du vent.    -Et après ça, vous soignez des gens.    -Oui, je soigne beaucoup de gens dans ce village.    -Vous ne pouvez pas vivre de vos soins ?    -Je ne peux pas demander d'argent.   Sinon, c'est que je suis avare.   Dieu ne serait pas content.   Il m'a donné la force de faire ce métier.   C'est mon gardien.    -A peine sa récolte achevée, Joseph entame une seconde journée.   Chez lui, on l'attend pour profiter de ce don. Il soigne par ses massages.    -Je suis tombé en faisant du surf. J'ai reçu la planche sur l'épaule.    -La clavicule...    -Son os a bougé. C'est déboîté.    -Vous pouvez agir ?    -Le sang ne circule plus. Il faut masser.    -Avec de l'huile de lontar ?     Il gémit.     Il n’y a pas d’anesthésie, là. Mettez ça, comme ça. Voilà...    -Ça fait mal, ça tire trop. Ça tire, c'est la veine, le sang est bloqué.    -Ça y est, c'est remis.    -Ça s'est remis en place ?    -Oui, ça y est. Le muscle est un peu déchiré.    -Il s'est déchiré un muscle. La clavicule, ça a l'air d'aller. Fini, le surf.    -Quelques jours.    -En plus, c'est le bras avec lequel je rame.    -Ça va mieux. Vous traitez aussi les fractures ?    -Oui.    -Vous pouvez les réduire ? Vous avez de quoi immobiliser?   Comment procédez-vous ?    -Avec une écorce d'arbre. Je masse, je remets en place, l'applique un traitement et je referme avec l'écorce en serrant très fort.   Je vous montre comment faire la préparation.    -C'est ça qu'on met sous l’attelle ?    -Cette plante est une liane.   On l’écrase avec du sel pour en faire une pâte.   Elle a beaucoup de vertus.  Elle permet d'absorber l'hématome.   Elle n'a pas de racines.   Elle puise son énergie sur un arbre.   C'est ce qui fait sa force.    -Sur une fracture simple, 0K.   Mais sur une fracture du fémur, ça doit être très compliqué.    -On prend une plus grande écorce.    -Ça doit faire mal.    -Oui, mais ça diminue en 3 ou 4 jours.   Qu'est-ce qui vous rend fier ?   De nourrir votre famille ou de soigner des gens ?    -Je ne fais pas de distinction.   Il y a un travail pour manger et un pour aider les gens.   Dieu m'a donné la chance d'aider les gens.    -Merci, Joseph, pour votre accueil.   Se tenir debout coûte que coûte.   Sur Rote, l'homme s'adapte aux rares essences qui poussent sur cet horizon.   Ici, on ne devient pas guérisseur, on en reçoit le don.   Jonas et Joseph sont comme ces arbres qui aident à rester debout.   Comme promis, je retourne voir Martinus, le premier patient que nous avions vu avec Jonas.     Ruissellement de la pluie.     Vous avez l'air mieux.    -Oui, je vais bien mieux que l'autre jour.    -Vous êtes d'accord pour que j'écoute vos poumons ?    -Oui. Vous pouvez m'ausculter.    -Il a moins de fièvre. Le pouls est plus lent.    -La fièvre est partie.    -A l'écoute, il y a un côté bien et un côté moins bien.   Il y a une infection. Il doit aller à l'hôpital. Le voilà prêt.   Vous voulez écouter?     Martinus tousse.    -Il y a quelque chose qui bouge dedans.    -C'est fort.    -Ça vient de mon épaule, ici.    -Non, on entend l'infection dans le poumon gauche.    -Jonas a raison.   Après son traitement, allez à l'hôpital, et ça ira mieux très vite avec des antibiotiques.   Vous êtes prêt ?   Parfait.     Musique traditionnelle.     C'est au son du 'sasandro', instrument en bois de lontar, que je vais m'en aller.   Une jeune fille malheureuse en amour, selon la légende, a versé tant de larmes qu'elle s'est asséchée et transformée en lontar.   Il faut jouer du sasandro pour la faire pleurer à nouveau, et obtenir la sève du palmier.     -Qui va soigner les gens après vous ?     -Je n'ai pas d'enfant et je suis fils unique.   J'ignore comment transmettre mon savoir.   Mais j'aimerais que quelqu'un continue.    -Il vous arrive de penser que sans ce don, vous auriez pu avoir une vie plus simple, avec moins de travail ?    -Oui, ça m'arrive.   Parfois, je suis très fatigué.   Mais s'il arrivait malheur à quelqu'un, ce serait terrible.   Ce serait un trop lourd fardeau.   Je suis si content de vous avoir rencontré.   Et triste de savoir que vous allez partir.   Je vais me retrouver seul.   C'est la première fois que quelqu'un s'intéresse à ce que je fais.   Vous avez partage ma vie alors que je n'ai rien à vous offrir.   Même si vous habitez très loin de chez moi, promettez-moi, docteur, de me garder une place dans votre cœur.    -C'est promis.     Sous-titrage MFP    Visionner le film avec les sous-titres en français (VFSTF) :  http://www.dailymotion.com/video/x1hu142_medecines-11-indonesie-les-hommmes-lontars-vfstf_travel    Une transcription écrite est proposée au lien :  http://telescoop.tv/reader/432563/medecines-d-ailleurs.html    COMMENTAIRES :    - Sur Arte :   http://www.arte.tv/guide/fr/048081-008/medecines-d-ailleurs

 


 

Ouganda - La vie au bout des doigts
Épisode 12


Arte - Mardi 18 mars 2014 à 17h45 -

Sommaire :
Esther Madudu, 33 ans, sage-femme au centre de santé de Katine, à près de 200 kilomètres de la capitale ougandaise,
a été proposée pour le Prix Nobel de la paix 2015.


Revoir le film sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1kio6f (25'49)

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1i4lv5 (25'49)

Revoir le film en replay :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-018/medecines-d-ailleurs (25'48)
et sur Arte :
http://www.dailymotion.com/video/x1i3jke_medecines-d-ailleurs_tv (25'48)



PRÉSENTATION :

Un tour du monde des soins traditionnels, sur les traces de Bernard Fontanille, médecin urgentiste.
Aujourd'hui, il rencontre Esther Madudu, 33 ans, sage-femme au centre de santé de Katine, à près de deux cents kilomètres de la capitale ougandaise.

Ici, pas d'électricité et les panneaux solaires ne fonctionnent plus.
Elles ne sont que deux sage-femmes pour le dispensaire et accouchent chacune en moyenne cinq femmes par jour.
En soins anténataux, elles s'occupent d’une quarantaine de mères par jour, du lundi au vendredi.
Elles sont aussi en charge du suivi psychologique, de la prévention et du traitement du paludisme, des vaccinations...
Même si Esther a parfois du mal à concilier sa vie de famille et son travail, pas question d'arrêter !
Une vie au chevet des autres qui lui vaut aujourd'hui d'être proposée pour le Prix Nobel de la paix 2015.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-018/medecines-d-ailleurs (25'48)

 

COMMENTAIRES :

- Sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-018/medecines-d-ailleurs

 


 

Ladakh - Les derniers nomades
Épisode 13


Arte - Mercredi 19 mars 2014 à 17h45 -

Sommaire :
Dans le Ladakh, les éleveurs nomades ne bénéficient d'aucune assistance, mais une équipe médicale tibétaine a été mise sur pied par le docteur Deke.


Photo : Ladakh - Les derniers nomades  Arte - Mercredi 19 mars 2014  Dans le Ladakh, les éleveurs nomades ne bénéficient d'aucune assistance, mais une équipe médicale tibétaine a été mise sur pied par le docteur Dekue.    Dans la série Médecines d'ailleurs'    Revoir l'émission sur Dailymotion :  http://www.dailymotion.com/video/x1ie6g1_medecines-d-ailleurs-13-ladakh_travel (26'08)     Visionner le film avec les sous-titres en français (VFSTF) :  http://www.dailymotion.com/video/x1idlz0_medecines-13-ladakh-vfstf-sous-titre-en-francais_travel (26'08)     Revoir l'émission en replay :  http://www.arte.tv/guide/fr/048081-013/medecines-d-ailleurs?autoplay=1    PRÉSENTATION au lien :  http://www.conscience33.fr/tv-medecines-ailleurs.html#ladakh    PRÉSENTATION :    Un tour du monde des soins traditionnels, sur les traces de Bernard Fontanille, médecin urgentiste.   Aujourd'hui, il s'en va au Tibet à la rencontre du Dr Dekue, une femme hors du commun qui, accompagnée de son équipe, prodigue des soins à plus de 5000 mètres d'altitude.    Sur le toit du monde, aux confins des zones habitables, les éleveurs nomades ne bénéficiaient d'aucune assistance.   Mais depuis 2002, une équipe médicale tibétaine a été mise sur pied par le Dr Dekue, une femme hors du commun formée à la médecine traditionnelle. Embarqué dans une ambulance, Bernard Fontanille accompagne cette équipe pour prodiguer des soins à plus de 5 000 mètres d'altitude.    TRANSCRIPTION ÉCRITE DU FILM :    Visionner le film avec les sous-titres en français (VFSTF) :  http://www.dailymotion.com/video/x1idlz0_medecines-13-ladakh-vfstf-sous-titre-en-francais_travel (26'08)     COMMENTAIRES :    - Sur Arte :   http://www.arte.tv/guide/fr/048081-013/medecines-d-ailleurs?autoplay=1

Revoir l'émission sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1ie6g1 (26'08)

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1idlz0 (26'08)


Revoir l'émission en replay :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-013/medecines-d-ailleurs

et sur Arte/Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1idts2_medecines-d-ailleurs_tv


PRÉSENTATION :

Un tour du monde des soins traditionnels, sur les traces de Bernard Fontanille, médecin urgentiste.
Aujourd'hui, il s'en va au Tibet à la rencontre du Dr Deke, une femme hors du commun qui, accompagnée de son équipe, prodigue des soins à plus de 5000 mètres d'altitude.

Sur le toit du monde, aux confins des zones habitables, les éleveurs nomades ne bénéficiaient d'aucune assistance.
Mais depuis 2002, une équipe médicale tibétaine a été mise sur pied par le Dr Deke, une femme hors du commun formée à la médecine traditionnelle. Embarqué dans une ambulance, Bernard Fontanille accompagne cette équipe pour prodiguer des soins à plus de 5 000 mètres d'altitude.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

-Je m'appelle Bernard Fontanille.
Je suis médecin urgentiste. Cette année, j'ai décidé de parcourir le monde à la rencontre de ceux qui prennent soin des autres.

A 4 500m d'altitude, sur les hauts plateaux indiens de l'Himalaya, le Ladakh est un désert de pierre, de vent et de glace.
C'est dans ce no man's land que vivent les Drokpas, des éleveurs nomades venus du Tibet voisin.
Ils se sont réfugiés dans cette région après l'invasion du Tibet par la Chine, en 1959.
300 éleveurs vivent dans cette immensité minérale, avec pour seule richesse leurs troupeaux de yacks, de chèvres et de moutons.
Un peuple en exil qui tente de conserver son mode de vie, malgré la rudesse du climat et l'isolement.

-Mon nom est Sonam Deke.
J'ai 43 ans, et je suis un amshi.
Cela fait 10 ans que je sillonne les plateaux du Changtang avec ma clinique mobile.

-Les amshis sont les médecins tibétains.
Leur pratique, vieille de 2 000 ans, a été influencée par le bouddhisme, les médecines indiennes et chinoises.
Aujourd'hui, elle est enseignée dans les universités.
Sonam est allée dans la plus réputée d'entre elles, à Dharamsala, en Inde, où elle a étudié le corps, l'esprit, mais aussi l'astrologie.

-Bonjour.

-Je cherche Sonam, le Dr Deke. Ici ? Merci. 
Deux à trois fois par an, elle part avec une clinique mobile dans les campements nomades pour apporter soins et médicaments. Bonjour. Sonam Deke ?

-Dr Bernard ?

-Oui, enchanté.

-Nous faisons les préparatifs pour partir avec notre clinique mobile.
On se dépêche, car les plateaux du Changtang sont très loin d'ici.
Désolée, on n'a pas le temps de parler maintenant.

-Allons-y. Je prends un truc ?
Cela fait 4 mois que Sonam n'a pu se rendre auprès des nomades, isoles par la neige et le froid.
Médicaments, nourriture, essence, notre équipe doit être autonome.
On sillonnera pendant 3 semaines les hauts plateaux du Changtang, 500km sur les routes de montagne, perchés à 4 000m d'altitude.
Les membres de l'équipe sont tibétains.
Sira, l'infirmière. Wangchuk, le chauffeur.
Jinpa, le pharmacien.
Et Phuntsok, le cuisinier.
Après 8 h de piste, nous atteignons enfin le campement de Puga Sumdoh.
Les nomades, prévenus de notre arrivée, nous accueillent.

-Voici le Dr Bernard, qui nous suit dans la tournée, cette année.
Bonjour tout le monde.

-J'ai le sentiment d'arriver dans une grande famille enfin réunie.
Sonam et son équipe apportent des nouvelles du monde, et des fruits, un bien précieux, dans ces montagnes arides où ne poussent que de maigres pâturages.
Avant de commencer les consultations, nous allons présenter nos salutations au "gowa", le chef du campement.

-Bonjour.

-Comment s'est passé l'hiver ?

-Ne m'en parle pas !
Les tentes ont été ensevelies, écrasées par la neige !
Il n'y a pas d'herbe pour les bêtes !
Garder les moutons et les chèvres est devenu très difficile.
Ça empire. Il fait tellement froid, l'hiver !
Tu ne sais même pas si tu vas survivre.
De nos jours, nul ne peut endurer ces conditions.
Seuls les anciens y parviennent encore.

-Dans des conditions si difficiles, vous devez souvent être malades.

-Les problèmes de santé sont liés au froid. Et à la nourriture avariée, aussi.
Si on mange sans savoir si c'est encore bon, ça cause des problèmes.
Je vieillis : quand je monte un col, je m'essouffle.
Des moutons se sont enfuis, et je n'ai rien pu faire.
Je les ai laissés partir.

-Je passerais bien la journée avec vous, mais on a du travail.

-Tant pis. Tu es costaud, je t'aurais bien envoyé garder le troupeau !

-Demain. Demain, c'est moi qui vais dans la montagne.

-Je peux faire de toi un bon berger.

-Les Drokpas n'ont pas choisi de vivre ici.
Le gouvernement leur impose les lieux de pâture et de campement.
Une vie de réfugiés, depuis 50 ans.
Leurs troupeaux leur fournissent lait et viande.
Avec l'argent tiré de la laine, ils achètent des céréales et des vêtements.

-Vous avez mal à la main ? Vous avez surtout mal ici.

-Oui, au coude.
Et j'ai une zone douloureuse sur l'autre bras, aussi.

-Je fais votre assistant.

-Tu n'arrives ni à plier ni à tendre ?

-Non, je n'y arrive pas.

-Je sens un foyer de douleur, ici. Reste comme ça. On va traiter ça.
D'après moi, il a un problème nerveux.
La douleur est focalisée sur un point.
Elle est surtout causée par la rudesse du climat, du froid.
Je le traiterai donc par le chaud.

-Moi, je conseille plutôt le froid, sur les douleurs. Ça anesthésie un peu.

-Dans la médecine tibétaine, on a deux types de traitements.
Les chauds, et les froids.
Pour les maladies de nature chaude, on applique du froid.
Pour celles de nature froide, on fait l'inverse.
On s'adapte à la maladie.
On va appliquer un bâton chauffant, pour le soulager.
Il a déjà été traité par cette technique : la moxibustion.
On va appuyer au même endroit.
C'est chaud, là ?

-Oui.

-C'est un bois particulier ?

-Oui, on utilise du bois d'acacia et l'essence de ce bois, dans nos médicaments.
Il a des vertus médicinales, contre les abcès et les accumulations lymphatiques.
Il chauffe très bien, pour la moxibustion.

-La médecine chinoise utilise la moxibustion sur les points d'acupuncture.
Vous aussi ?

-On a deux façons, pour localiser les maladies. 
Les points où on détecte la douleur et ceux connus du médecin seul.
La première vertèbre est liée à ce qu'on appelle le vent, la 2ème à la bile, la 3ème au flegme, et les autres aux organes.

-La médecine tibétaine considère la maladie comme un déséquilibre entre le corps et l'esprit.
L'art de la guérison, le "soda rikpa", consiste à rétablir l'équilibre en cherchant les causes émotionnelles, comme la colère, le désir, l'ignorance.
Selon les amshis, on ne peut guérir sans considérer tous les éléments de sa vie, passée et présenté.
Hou ! C'est spécial...

-C'est du thé tibétain.
On y met du beurre et du sel.
Ce thé est très réchauffant.
Mais il engendre beaucoup de cas de tension et de cholestérol.

-Difficile de changer les habitudes.

-Les nomades boivent ce thé.
Surtout ceux qui ont vraiment vécu au Tibet.
Quand l'exil a conduit notre peuple ici, au Ladakh, tout le monde en a bu davantage, à cause du froid. Malgré les conseils médicaux de réduire la consommation, c'est difficile d'abandonner cette boisson, car l'attachement est fort.

Une femme chante.

-Comment ça va, mamie ?

-Mes jambes sont douloureuses, mais elles me portent.

-Oui.

-Vous dormez bien, la nuit ?

-Mange moins acide et moins gras.

-Très bien.

-Sonam prescrit à chacun des baumes et des pilules, mélanges de plantes et de minéraux.
Elle écoute les récits de chacun, prend des nouvelles de la famille, des enfants, du troupeau.
Pour l'équipe de Sonam, les journées se prolongent bien au-delà de la tombée de la nuit.
Surtout qu'ici, toutes les vies sont précieuses.

-Il faut cautériser sa plaie.
Un loup a mordu cette chèvre.
On la désinfecte.

-Les loups font ça souvent ?

-Ils sont toujours autour de nous, proches du campement.

-Ils viennent la nuit, quand les bêtes sont rassemblées.

-Si on a de bons chiens, ils ne viennent pas.
Mais ça fait peur, quand ils tuent une bête.

Prière chantée.

-Merci. C'est délicieux. Délicieux.
Vivre avec les nomades, manger avec eux, ça fait partie de ce que vous venez chercher ici ?

-Pendant les tournées, on prend toujours le temps de partager un repas sous la tente.
Les nomades en profitent pour nous faire part de leurs soucis.

-Tous les amshis ont autant de proximité avec leurs patients ?

-C'est ma vision des choses.
En étant proche de mes patients, je comprends mieux leurs problèmes.
Mes parents étaient des nomades, quand ils sont venus ici.
J'ai une profonde connexion avec cette façon de vivre.

-La vie de la clinique mobile ressemble à celle des nomades.
Chacun participe.
Nous sommes dépendants et solidaires les uns des autres.
Nous quittons le campement de Puga pour rejoindre le monastère de Mahe, à quelques heures de piste.

Des moines chantent.

-Qu'avez-vous ?

-J'ai mal au ventre.

-Non.

-Vous avez des gaz ?

-Mais vous avez mal au bas du dos.

-Oui, autour de la ceinture.

-Ce moine est sain ?

-Il traîne un problème de digestion depuis longtemps.
Il a pris des traitements pendant 6 mois.
Comme il lit des textes longtemps, il souffre des yeux et des épaules.

-Votre confiance dans les amshis est renforcée par le fait que cette médecine soit liée au bouddhisme ?

-J'ai pris des médicaments allopathiques, mais ils n'ont pas eu beaucoup d'effet.
Mon père a fait une divination, qui a indiqué que les médicaments tibétains seraient mieux pour moi.
Depuis, je fais aussi un peu de yoga le matin, en me levant.
Ça a beaucoup d'effet sur moi.

-En tant que Tibétaine bouddhiste, j'admets que le système médical est relié de près avec notre religion.
Par exemple, le matin, avant de commencer le travail, on récite des prières pendant 10mn, pour pouvoir aider les patients qui viennent nous voir durant la journée.
Quoi qu'il en soit, en tant que médecins, nous nous devons d'avoir un bon cœur, d'être altruistes.
Tout ce qui peut rendre notre cœur meilleur, prières, rituels, ne peut qu'améliorer notre pratique médicale.
En ayant bon cœur, nous sommes plus aptes à soulager nos patients.
C'est cela qui relie la médecine et le bouddhisme : la philosophie de la transformation intérieure.

-Nomadisme, médecine et bouddhisme sont les 3 piliers de la société tibétaine.
Le bouddhisme prône le pacifisme, la compassion et l'altruisme.
Vous êtes proche des nomades.

-Quand j'étais au Tibet, les Chinois ont tué mon père.
Puis ils ont mis un de mes grands frères en prison.
Il me reste deux frères au Tibet.
Moi-même, je suis venu ici après avoir passé 10 ans en prison.

-Comme quoi, on peut être heureux maigre un passé douloureux.

-Je suis heureux, mais ma famille est toujours là-bas.
Et c'est l'endroit où j'ai passé mon enfance. 
Quand je pense à mon pays, je vois les hauts sommets, les pics rocheux, les plaines, les forêts et les rivières.
Les rivières sont énormes !
Et il y a des fleurs partout.
Chaque lieu a son type de fleurs.
Mais je ne me plains pas.
On se fait à la vie ici, malgré tout.
Et grâce à Sa Sainteté le Dalaï Lama, on est vivants et libres d'aller où on veut en Inde.

-Elle fait un tapis ?

-Oui, un tapis.

-J'ai la tête lourde, et comme des vertiges.
Soigne-moi avec ton aiguille d'or.

-Je vais t’ausculter.

-Très bien.

-Ça fait mal, ici ?

-Un peu.

-Avant de planter l'aiguille en or, on prend la mesure du crâne.
Ici, au centre, il y a le point de la fontanelle.
C'est là qu'on plante l'aiguille.

-A l'intersection des deux, on a le bregma, la zone où se rejoignent les sutures des os du crâne.
Et c'est là que vous mettez l'aiguille...
Ça va ?
Vous n'avez pas trop peur?
Qu'avez-vous mis, comme plante ?

-C'est l'herbe trawa.
On en fait une boule.
Son nom scientifique est "Artemisia".

-Je vois : c'est l’armoise.

-Comme vous utilisez cette herbe ?

-On l'utilise contre le paludisme.

-On va commencer le traitement. Il faut réciter des prières.

Scansion.

-Vous sentez la chaleur dans la tête ?

-Ça brûle un peu.

-C'est une moxibustion indirecte.
Exactement.
L'or de l'aiguille propage la chaleur de l'herbe.
On agit précisément sur le point à traiter.

Chants.

-Sonam, ces gens vivent dans des endroits extrêmement difficiles.
Pourquoi restent-ils là-haut ?

-Ces nomades sont tous là depuis de nombreuses années.
Ils sont habitués aux conditions difficiles, et pensent qu'un jour, le Tibet sera libre, et qu'ils pourront y retourner et y retrouver leur vie de nomades.
J'ai moi aussi l'espoir de fouler un jour la terre de mes ancêtres.
On partage tous cet espoir.

-Avec la médecine traditionnelle, vous apportez un peu de Tibet.

-C'est une très bonne remarque.
Chaque année, quand nous tournons avec notre clinique mobile, nous ressentons cette joie apportée aux réfugiés du Changtang.
C'est vrai qu'on apporte avec nous une partie de leur patrimoine.
Les tantras médicaux le disent : médecins et patients sont connectés par leur karma et par leur mérite.
On a un lien particulier.
Bien sûr, un autre médecin aurait pu venir à ma place.
Mais comme on a cette connexion de notre vie passée, je pense que mes traitements sont plus efficaces pour eux.

-Sonam et son équipe ne viennent pas que pour soigner.
Ils sont un lien entre passe et présent.
Ils se sentent redevables de ces nomades qui perpétuent la culture de ce Tibet, si proche et si lointain.

-Docteur, portez-vous bien.
Je prierai pour que nous puissions nous rencontrer encore et encore.

-Merci. Longue vie.

Une femme fredonne.

FIN

Sous-titrage MFP

 

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1idlz0 (26'08)


Une autre transcription écrite est présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/433398/medecines-d-ailleurs.html

 

COMMENTAIRES :

- Sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-013/medecines-d-ailleurs

 


 

Inde/Kerala - Les guerriers guérisseurs
Épisode 14


Arte - Jeudi 20 mars 2014 à 17h45 -

Sommaire :
Dans le village de Kovalam, entre rizières et pistes défoncées, Bernard Fontanille rencontre un maître de ce mode de combat unique au monde :
le varma kalai.


Revoir l'émission sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1iohes_medecines-d-ailleurs-14-inde-les-guerriers-guerisseurs_travel (26'06)

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1ioqij_medecines-14-inde-kerala-les-guerriers-guerisseurs-vfstf_travel (23'06)


Revoir l'émission en replay :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-015/medecines-d-ailleurs (26'05)
et
http://www.dailymotion.com/video/x1ijw9c_medecines-d-ailleurs_tv



PRÉSENTATION :

C'est dans le petit village de Kovalam, entre rizières et pistes défoncées, que Bernard Fontanille, médecin urgentiste, rencontre un maître du varma kalai, un mode de combat unique au monde qui requiert une connaissance scrupuleuse des points vulnérables du corps.
Les jeunes disciples apprennent à les détecter et à les manipuler, autant pour combattre que pour guérir.

Le varma kalai ou l'art des points vitaux : une discipline martiale tamoule, puisant sa source dans les sciences et médecines siddha.
C'est dans le petit village de Kovalam, entre rizières et pistes défoncées, que Bernard Fontanille rencontre un maître de ce mode de combat unique au monde. Sa particularité ?
Une connaissance scrupuleuse des points vulnérables du corps, des articulations aux organes vitaux.
Les jeunes disciples apprennent à les détecter et à les manipuler, autant pour combattre que pour guérir.
En Inde, les siddhars varma kalai ont la réputation de pouvoir prolonger la vie ou y mettre un terme, à leur guise…

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

-Je m'appelle Bernard Fontanille.
Je suis médecin urgentiste. J'ai décidé de parcourir le monde, à la rencontre de ceux qui prennent soin des autres.

Il existe en Inde un art martial ancestral, un art dont l'origine remonte à plus de 2 500 ans.

La jungle épaisse abritait alors encore le tigre du Bengale, et les maharadjahs régnaient en maîtres.
Combat et soin sont liés, indissociables, dans le kalarippayatt.
En pleine mousson, je me rends dans le Kerala, un petit Etat du sud, creuset de cette discipline martiale.
Le kalarippayatt trouve son origine dans le dhanurveda, l'art de la guerre, et l’ayurveda, la médecine traditionnelle.
Dans le village d'Aruvaayi, je découvre le kalari, le gymnase où s'entraînent les pratiquants.
Vinod Kumar est un maître de kalarippayatt, il maîtrise les techniques de combat à mains nues et à l'arme blanche.
Mais s'il est un combattant hors pair, il est aussi médecin.

-Je m'appelle Vinod Kumar Gurukal.
J'habite dans le village d'Aruvaayi.
J'enseigne le kalarippayatt, et fais des traitements kalari-marma-chikitsa.

-Le kalarippayatt s'est construit sur l'observation du monde animal.
Pratiqué par les guerriers de la caste nayar, il connaît un âge d'or entre le 15ème et le 17ème sièce.
Ses pratiquants deviennent alors les protecteurs du commerce indien.
Interdit par les colonisateurs anglais, il sort de la clandestinité à l'indépendance de l'Inde, en 1947. Aujourd'hui, il est enseigné sans distinction de caste ou de sexe.

-Namastè.

-Je suis content de vous recevoir.

-Ça me fait très plaisir.
C'est vraiment très impressionnant.
C'est un mélange d'art martial et de yoga, c'est très beau.

-C'est le kalarippayattu, l'art martial traditionnel du Kerala.
C'est l'histoire du Kerala.
Avec le temps, différentes ethnies ont mis en commun leurs cultures et leurs pratiques médicinales : ça a donné le kalarippayattu.
Quand on s'entraîne régulièrement aux exercices du kalari, on reçoit beaucoup de force et d'énergie.
C'est bon pour le corps, les nerfs et les vaisseaux sanguins.
Tout le corps reçoit la force nécessaire à l'organisme.

-C'est vraiment incroyable.
Vous pratiquez depuis longtemps ?

-Tous les jours, depuis l'âge de sept ans, et je continue encore aujourd'hui.
Il faut s'entraîner régulièrement, sans quoi on ne peut rien faire.
Ce n'est pas seulement un art, ça fait partie de notre quotidien.

-Le kalari où ils s'affrontent est aussi le lieu où ils se soignent: c'est un endroit d'apprentissage, de combat, mais aussi de soin.

-Dans les massages du kalari, on utilise une huile à base de sésame noir.
On y rajoute le kashayam, un mélange de plantes.
On fait bouillir le mélange, et on extrait le concentré final obtenu, le marma taylan.

-Le but de ce massage ?

-C'est pour soigner le sarva naali, l'ensemble du système nerveux.
On débute avec le bula daram, où se rejoignent les terminaisons nerveuses, et on remonte jusqu'au kapala padmam.
En passant sur les sept chakras, on ravive les 72 000 nerfs et les 35 millions de bulbes des poils du corps humain.
Ça élimine les douleurs articulaires et musculaires, et ça permet d'améliorer la souplesse.

-Cette médecine repose sur les massages et la connaissance des marmas, les 107 points vitaux qui parsèmeraient le corps.
La terre, le feu, l'air, l'éther et l'eau constituent les doshas, les cinq éléments qui forment l'univers et le corps humain.
Déséquilibrés, ils apportent la maladie.

-Ça fait partie de la préparation quotidienne des combattants ?

-Chaque année, les pratiquants du kalari font une cure de massages qui dure une à deux semaines.
En ce moment, comme c'est la saison des pluies, beaucoup d'autres patients viennent pour le massage. 10 à 12 par jours.

-Ça a l'air très physique.

-Je ne ressens aucune fatigue.

-Les pores de la peau, ouverts par la chaleur et l'humidité de la mousson, permettent à l'huile de mieux pénétrer, et rendent le traitement plus efficace.
Ecrasé par la chaleur durant l'année, le Kerala revit durant la mousson.
En deux mois, 80 % des précipitations annuelles s'abattent sur cette terre.
La mousson est indispensable à l'agriculture et au fonctionnement des centrales hydrauliques qui alimentent la région.
Alors que la nature se régénère, c'est aussi un temps propice à la récolte de plantes médicinales.

-Je m'appelle Vinay Kumar, j'ai 41 ans. J'enseigne le kalari, et j'habite à Aruvaayi.

-Si l'aîné de la famille Kumar soigne, Vinay, le cadet, est en charge de la préparation des remèdes.

-Ca, vous l'utilisez comment ?

-On retire l'écorce, on s'en sert pour préparer le kashayam.

-Depuis les années 70, le gouvernement indien favorise le développement des médecines traditionnelles, afin d'étendre la couverture médicale du pays.
Il encourage le recensement et la traduction de ces recettes ancestrales.
J’accompagne Vinay dans une herboristerie de la ville voisine.
Namasté.
Ah ouais, c'est carrément la boutique des plantes !
J'achète ici les ingrédients que je ne trouve pas dans ma région.

-Ah, des médicaments sont importés, et vous venez vous servir ici.
Les clients sont uniquement des médecins ?
Des patients aussi viennent se servir ?

-Les patients viennent avec l'ordonnance du médecin, puis préparent eux-mêmes les remèdes à base de plantes.

-Difficile de se dire que ça, c'est un médicament.

-On le coupe en petits morceaux pour préparer du kashayam, puis on l'avale : c'est bon pour tout le corps.

-Ça vient du Népal.

-Goûte, si tu veux. Comme ça, tu verras.

-Pas terrible, hein.

-Ça va prendre une demi-heure pour faire effet.

-C'est dégueulasse. C'est quoi, ça ?

-C'est du nanari.

-C'est quoi, ce truc ?

-C'est bon pour le système nerveux : on le fait bouillir dans l'eau, et on le boit.
Ça a très bon goût.
C'est un peu sucré, c'est bon.
Qui vous a transmis ces connaissances ?

-Quand j'étais petit, mon père avait un magasin.
Il m'expliquait chaque produit.
C'est moi qui emballais les achats des clients.

-Vous avez grandi là-dedans.
C'était pas frustrant, de ne pas pouvoir jouer avec ses copains ?

-Non, je préférais venir ici, et petit à petit, j'ai appris les noms de toutes ces plantes médicinales.

-La nature du Kerala ne suffit pas à pourvoir tous les ingrédients d'une médecine nourrie des influences extérieures : épices de Chine, racines de l'Himalaya et herbes du Moyen-Orient sont indispensables.
De retour au village, Vinay m'enseigne la préparation du kashayam, une huile composée d'un mélange d'herbes, d'écorces et de graines.
Qu'est-ce que vous faites ?

-Je prépare le kashayam, qui sert à apaiser les douleurs du corps : on peut l'utiliser en pommade, mais on peut aussi l'avaler, en traitement interne.

-Il comprend combien de plantes ?

-Il y a 32 sortes de plantes, racines et graines.
Je mixe les ingrédients, j'en fais une poudre, que je mélange à de l'huile.
Ça donne le produit final.

-C'est tout dans votre tête ? Y a rien d'écrit?

-J'ai commencé à apprendre enfant.
Il n'y a pas d'école pour ça.
Ça s'apprend de génération en génération.

-Ça sent fort.
Vous allez incorporer ce jus de plantes dans l'huile ?

-Après avoir cuit les ingrédients, on ajoute le liquide qui reste avec de l'huile.

-Et avec cette huile, on pourra faire des massages...
D'accord. Je peux l'enlever ?

-Vous ne faites rien, là.
Venez m'aider à déplacer la marmite.

-Ça doit être très lourd, ça. Non ?
Très lourd, très chaud. 0K.
Attention à votre pied.
C'est très chaud, hein. C'est bon ? L'huile de sésame.
Il faut trois mesures de kashayam.

-J'imagine que la recette est un peu secrète, familiale. Non ?

-Il n'y a pas de secret, je peux énumérer les ingrédients.

-Ah non ? Je pensais.
Les deux frères entretiennent une relation particulière, une distance faite de respect mutuel, de timidité, où peu de mots sont échangés.
C'est chaud.
Les séparations, c'est pour que l'huile reste bien sur toute la colonne ?

-Ce soin permet d'agir sur des zones spécifiques du dos.
L'action combinée de la chaleur et de l'huile permet de détendre les muscles en profondeur.

-Si ces guerriers n'ont plus le rôle de protéger les villageois, ils continuent de les soigner.
Vinod met ses connaissances au service de sa communauté.

-Est-ce que vous avez mal au-dessus de votre main ?

-J'ai mal ici. C'est là que ça fait mal ?

-Je regarde si c'est gonflé ou pas.

-Il est contracté.

-Si c'est enflé ici, ça va faire mal aussi ici, à la nuque.

-Cette huile comprend trente plantes différentes, plus dix plantes fraîchement coupées.

-Ce n'est pas une simple contraction, c'est un rhumatisme.
Pour le guérir, il faut utiliser plusieurs types d'herbes.
Il y a 84 sortes d'arthrose.

-Pour moi, il n'y en a qu'un.
On donne un ami-inflammatoire et ça va mieux.
84 types d'arthrose, 50 plantes...
C'est très complexe.
Quand mes patients ont des problèmes de dos, je leur donne un ou deux cachets.
Vous préférez ce traitement ?

-Je ne supporte pas les cachets, ils me donnent mal au ventre.
Ce traitement me fait du bien.
Ça me guérit plus vite.

-Chaque jour, le maître invite les divinités à s'installer dans le kalari.
La fumée du rituel dessine un pont entre la terre et les cieux.
C'est aujourd'hui Ganesh, dieu de l'éducation et du savoir, qui offrira protection et force aux combattants.
Initiée il y a 2 500 ans par les brahmanes, pour qui le sang était impur, cette médecine interdit de fait tout acte chirurgical.
Aussi certains guerriers, destines à soigner les blessures, les fractures liées à la guerre, ont développé l'art de soigner les traumatismes sans recourir à la chirurgie.
C'est mieux que du plâtre classique ?

-Si on met un plâtre classique, on doit attendre au moins vingt jours avant de l'ouvrir.
Là, trois jours après, on peut l'ouvrir, évaluer la progression de la fracture, et le remettre ensuite.

-La bande doit être imprégnée complètement, jusqu'à l'intérieur.
Le plâtre aussi, on le met dans l'eau, et quand il est mouillé en profondeur, on peut l'installer.
On a mouillé la bande jusqu'à l'intérieur.
Il ne faut pas trop serrer?

-Non, je ne serre pas trop. Le bandage se serrera tout seul quand j'aurai terminé.
Tenez votre poignet bien droit.

-Pourquoi n'avez-vous pas préféré aller à l'hôpital ?

-Je savais que le médecin me conseillerait une opération.
Ici, ils font de très bons traitements.

-Même après deux opérations, des gens viennent me voir, car l'os n'est toujours pas en place.

-Il faut le laisser sécher combien de temps ?

-Environ une heure.

-Vous visualisez la fracture en palpant ?
Sans faire de radio ?

-Si c'est bien cassé, on peut le savoir en touchant.
Si ce sont des fissures, on ne peut pas savoir.
On envoie alors la personne faire une radiographie.

-Vos doigts sont assez sensibles pour sentir les fractures, sans radio, c'est impressionnant. Le fait d'être un maître de kalarippayatt, de connaître votre corps, vous aide pour soigner ?

-L'entraînement ne suffit pas à faire un bon médecin en kalari.
On doit aussi s'intéresser à la médecine.
Un apprenti doit étudier 12 ans.

-Pourquoi avez-vous voulu devenir guérisseur ?

-La première raison pour laquelle je suis entre dans ce domaine, c'est mon père, et enfin, le respect que les gens nous donnent une fois qu'on les a soignés.
Cette reconnaissance, cette appréciation me pousse à continuer sur cette voie.
C'est la raison pour laquelle je suis passionne par la médecine.

FIN

 

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1ioqij_medecines-14-inde-kerala-les-guerriers-guerisseurs-vfstf_travel (23'06)

Une transcription écrite est présentée au lien http://telescoop.tv/browse/434321/medecines-d-ailleurs.html

COMMENTAIRES :

- Sur Arte :
http://www.dailymotion.com/video/x1ijw9c_medecines-d-ailleurs_tv


 


 

Népal - La médecine des cimes
Épisode 15


Arte - vendredi 21 mars 2014 à 17h45 -

Sommaire :
Bernard Fontanille se rend dans le village de Pokhara, dans l'école des frères Bista, les deux derniers gardiens de la médecine traditionnelle tibétaine.


Revoir l'émission sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x2ohmmi (26'00)

Visionner le film avec les sous-titres en français VOSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x2ohlxz (26'00)


Revoir l'émission en replay :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-016/medecines-d-ailleurs (25'59)
et :
http://www.dailymotion.com/ARTEplus7#video=x1iqo1u (25'59)


PRÉSENTATION :

Bernard Fontanille, médecin urgentiste, par à la rencontre des deux derniers gardien de la médecine "amchi".
Il découvre une institution bien structurée ainsi qu'un jardin biomédical pour la récolte des ingrédients de base des différents remèdes.

Pour découvrir les secrets de la médecine traditionnelle tibétaine, Bernard Fontanille se rend dans le village de Pokhara, à l'école des frères Tenzing et Gyasto Bista, les deux dernier gardiens de la médecine amchi.
Au milieu d’une vingtaine d'enfants âgés de 6 à 15 ans, il découvre une institution bien structurée : des dortoirs, une cuisine, des salles de classe, des cabinets d'acupuncture, des laboratoires ainsi qu'un jardin biomédical pour la récolte des ingrédients de base des différents remèdes.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

-Je m'appelle Bernard Fontanille.
Je suis médecin urgentiste.
J'ai décidé de parcourir le monde à la rencontre de ceux qui prennent soin des autres.

Le Népal.
Un escalier monumental qui s'étire du toit du monde à la frontière indienne.
Au centre du pays, perdu dans les montagnes, s'élève le territoire du peuple Kouroung, une ethnie retirée du monde qui a su s'adapter et faire face à la vie en altitude.
Dans ce territoire isole, où l'espérance de vie ne dépasse guère la cinquantaine, rares sont ceux enclins à soigner.
Un seul médecin et quelques infirmières sont les garants de la santé de ce peuple.
En juin, la mousson renforce encore l'isolement des Kouroungs.
Les coulées de boue rendent les pistes impraticables.
Seuls quelques sentiers permettent de rejoindre le village de Laprak, où se trouve un dispensaire.
Pour y accéder, je marche des heures.
En cours de route, j'en apprends davantage sur la culture kouroung.

-Vous arrivez d'où ?

-De Katmandou.
Je monte jusqu'au village de Laprak.

-Pour aller à Laprak, vous avez encore 7 à 8 heures de marche.
Tout y est acheminé à pied, par les sentiers.

-Vous êtes aussi de cette région ?

-Non.
A Laprak, la majorité des gens sont des Kouroungs. 
Ils habitent dans les montagnes.
C'est un peuple du Tibet venu s'installer sur les contreforts de l'Himalaya.

-Aujourd'hui comme hier, les Kouroungs vivent en autarcie.
Ici, la solidarité adoucit la dureté de la vie.
Chaque parcelle individuelle est cultivée et récoltée par tous, dans un travail coopératif appelé le "nogar".
Ce système soude les Kouroungs depuis plus de 300 ans.
En chemin, je rejoins Dhil.
Ce médecin itinérant a la charge des 6 000 habitants de la région, qu'il parcourt inlassablement à pied.

-Je m'appelle Dhil Prasadh Kouroung.
Je suis médecin au centre de soins de Gumba depuis 24 ans.

-Dans certains hameaux, nul besoin de chercher une clinique, un dispensaire, ou même une simple toile tirée entre deux murs.
C'est à même le sol, sur un coin de rocher, que Dhil soigne.
La sante est ici souvent reléguée au second plan.
Les tâches quotidiennes priment.
Pour Dhil, dépister et anticiper est aussi important que traiter.

-Vous avez fait ce moulin vous-même ?

-Oui, quand j'étais jeune. Je l'ai réparé plus de 20 fois.

-Ça fait combien de temps que vous travaillez dans ce moulin ?

-J'ai commencé tout jeune.
J'ai 80 ans, et je travaille encore.
Voilà, je me remets à tousser !

-Je suis venu voir votre problème de respiration et de toux.
Je vais donc vous examiner.
Voyons si vous avez de la fièvre.
Vous toussez depuis longtemps ?

-Oui, et de plus en plus.

-Vous n'avez pas de fièvre.
Inspirez et expirez bien profondément.
Inspirez longuement.
Expirez.

-L'accès aux soins est difficile.
Et c'est dur d'être médecin, ici.
Quand c'est grave, que faire ?

-Les gens d'ici vont très peu à l'hôpital pour se soigner.
Il y a plusieurs raisons à cela : c'est très cher et très loin. 
Et ils ne comprennent pas la nécessité des soins. 
Avant, on cachait les malades dans les maisons. 
On ne les montrait pas à l'extérieur.
Aujourd'hui, ce qui a changé, c'est que les malades se font soigner.
Avec le temps, les mentalités changent.
Comme vous travaillez encore, il faut bien vous couvrir.
Et ne mangez pas trop salé.
Vous pouvez remettre votre veste.
Voilà.
Prenez bien soin de vous.
Je travaille ici parce que j'aime beaucoup cette région.
Depuis le début de ma carrière, je suis ici.
Les autres ne veulent pas venir.
Les gens préfèrent travailler dans les zones rurales, où ils sont mieux payés.
Ou bien en bas, là où c'est plus facile, plus confortable.

-Nous arrivons enfin au village de Laprak, à 2 300m d'altitude.
Avant de continuer son itinérance, Dhil prend des nouvelles de Yam, l'infirmière qui gère seule le centre de santé.
Les dossiers médicaux sont passés en revue.
Le travail de Yam permet à Dhil de transmettre aux autorités médicales une photographie exacte des besoins en médicaments.

-Avec l'arrivée de la mousson et les faibles températures, il y a beaucoup de problèmes de respiration et de toux.

-C'est vrai. Je l'ai remarqué aussi. On va demander plus d'antibiotiques.

-Oui, ce serait bien.

-Tout ce qu'on sait faire, on doit le faire.
On fait notre maximum.
Quand on ne peut pas soigner, on donne un ticket sur lequel est marque la maladie, la date et le diagnostic.
Et on envoie le malade à l'hôpital.
Tout ce qui est fait ici, on le signale à l'hôpital du district.
Pour que les médecins saisissent mieux les cas qu'on leur envoie.
On n'a pas suffisamment de moyens.
Pas assez de personnel formé.
Le système change petit à petit, mais aujourd'hui, il est comme ça.
Il faudrait plus de formations.
Mais heureusement pour nous, Yam a beaucoup d'expérience et connaît beaucoup de choses, par rapport aux autres personnels médicaux.
Moi, je ne fais que lui donner des conseils pour remplir les rapports et soigner certains cas.
Elle est meilleure que les autres.

-Yam Kumari Kouroung, 38 ans.
Je suis infirmière à Laprak.

-Dhil reprend son itinérance.
Je reste avec Yam, afin de mieux comprendre son exercice, dans ce contexte si particulier.

-Entrez. Une personne à la fois. Vous avez quel âge ?

-59 ans.

-Vous n'avez pas de fièvre, en ce moment ?

-Non.
J'ai les pieds et les mains qui gonflent, et du mal à respirer, quand je monte.

-La tension est bonne.
Pour vos problèmes de respiration, prenez un de ces comprimés.

-Merci. J'espère que ça ira mieux.

-Vous faites le travail d'un médecin, finalement.
Comment vous avez été formée ?

-Avant de venir à Laprak, j'ai travaillé à l'hôpital pendant deux ans.
Puis j'ai été transférée en tant que vacataire pour un an.
Enfin, j'ai travaillé dans un autre village pendant deux ans.
Puis je suis devenue titulaire.
J'ai été mutée à Laprak.
Cela fait 12 ans que je travaille ici.
En tant qu’infirmière, je n'avais pas le droit de donner des médicaments.
Mais j'étais obligée.
Depuis, j'ai fait une formation, pour pouvoir prescrire des médicaments.
Tous les villageois savent comment je travaille.
Même les plus âgés, qui ont jusqu'à 92 ans, ont été soignés par moi.
Comme je parle le kouroung avec eux, le dialogue est facile.
On a établi une véritable relation de confiance.
Avant, ils restaient 4 ou 5 jours malades à la maison.
Maintenant, ils n'hésitent plus à venir consulter.
Comment s'appelle-t-il ?

-Il s'appelle Moulal.

-Moulal.
Quel âge a-t-il ?

-Il aura deux ans en juillet. Il a 23 mois.

-Les diarrhées sont fréquentes, ici, chez les enfants ?

-L'eau non potable et le manque d'hygiène sont les causes principales de diarrhées, dans le village.
Et les parents ne nourrissent pas leurs enfants à heures régulières.
Avant d'aller au travail, ils donnent une grosse quantité de nourriture à disposition.
Et dans la journée, ils les laissent seuls à la maison.
Personne ne s'occupe d'eux.
Ils ne prennent pas le temps de se laver les mains.
Le manque d'hygiène est la principale raison.

-Je suis frappé par l'autonomie de ce peuple.
Quelques produits viennent de la vallée, mais les Kouroungs ont toujours vécu sans avoir recours au monde extérieur.
Peu à peu, je comprends l'importance de Yam pour les 1 200 habitants de Laprak.
Au fil du temps, ils ont tisse une relation où chacun est indispensable à l'autre.

-Si j'avais su que vous veniez, j'aurais nettoyé ma maison. Je n'ai rien à vous offrir.
Nous cuisinons au feu de bois.
Et comme on n'a pas d'évacuation pour la fumée...

-Montez une cheminée.

-Comme ça, on garde la chaleur.
En plus, le feu aide à entretenir le bois des plafonds.
Les forêts, pour le bois de construction, sont loin. Ici, on n'a pas de réchaud à gaz, comme chez vous.
On a peu d'argent.
On habite dans la montagne.

-La fumée fait tousser, ça rend malade.
La cheminée permet de ne pas tousser, c'est bien.

-Sans le feu, c'est impossible de survivre, ici.
Parfois, il fait très froid, et on tremble.
Si l'on n'utilise pas le feu de bois pour nous réchauffer, on ne survit pas,
En hiver, il y a beaucoup de neige tout autour de la maison.
Sans feu, ces bois se mettraient à pourrir.
J'ai déjà 70 ans.
Je n'ai jamais eu de problèmes de respiration.
Je suis en pleine forme.
Mais pour vous faire plaisir, je vais en discuter avec mon mari, voir s'il veut installer une cheminée.
On va y réfléchir, ne t'inquiète pas.
Je sais bien que Yam nous dit ça et fait le maximum pour nous aider.
Sans elle, il y aurait beaucoup plus de malades qu'on ne le pense.
C'est grâce à elle qu'on vit aussi bien aujourd'hui.

-Chaque fois qu'il y a un évènement, ou une fête, je suis invitée comme une personne de marque.
Jusqu'à maintenant, je n'ai même pas à aller au champ pour cultiver mon riz.
Les villageois me l’offrent, et des légumes, aussi.
Quand je vois tout ça, je réalise à quel point les villageois m'aiment.
D'ailleurs, même pour un petit soin, ils me gratifient toujours d'un petit quelque chose.

-Des siècles à vivre sous un climat inhospitalier, à composer avec les éléments, ont rendu ce peuple déterminé et résistant.
Ce n'est pas un hasard si beaucoup de Kouroungs ont rejoint les rangs des Gurkhas, les troupes d'élite de l'armée britannique.

-Elle s'est fait foudroyer, lorsqu'elle était au champ.

-Quand j'ai repris mes esprits, j'ai vu ma cuisse, tout ouverte.
Mais le fait d'être en vie m'a fait réaliser ma chance.

-La foudre est rentrée par la fesse et est ressortie ici.
Mais si elle passe par le cœur, on peut mourir.
Vous avez dû avoir peur.

-Très peur et très mal. 
Je n'osais pas regarder ma blessure.
J'étais à 4 pattes, et je rampais.
Puis j'ai fait signe pour appeler au secours, avec une main.

-Une douzaine de garçons du village l'ont transportée jusqu'ici. Je lui ai fait une perfusion.

-Si personne n'avait pu me soigner, je serais déjà morte.

-Qu'en penses-tu ?

- La plaie n’est pas très jolie, mais ça va s'arranger.
On ne pourrait pas lui faire une anesthésie locale, et gratter comme il faut ?

-Oui, c'est possible.
Mais elle a très peur et ne veut pas le faire.
Elle préfère nettoyer la blessure tous les jours.
Avant, il y avait un grand trou avec du noir autour, qu'on ne pouvait pas enlever.
Je lui ai dit de bien manger, pour que la plaie cicatrise bien.
C'est plus facile, maintenant, pour poser le pansement.
Et comme elle mange bien, cela va guérir vite. Je vis seule, ici.
Mon mari et mes enfants sont loin.
Je les vois tous les 3 ou 6 mois seulement.
Le reste du temps, je suis ici.
Ce n'est pas possible d'aller les voir tous les mois.

-Votre relation avec les villageois, c'est elle qui vous maintient ici ?

-Je ne peux pas tout laisser tomber ici pour aller ailleurs.
J'ai reçu beaucoup d'amour ici, de la part des anciens, notamment.
Quand je suis arrivée, il y a eu des périodes très difficiles.
Comme en... Je ne me rappelle plus exactement de l'année.
En 2006, durant la guerre civile, les gens m'ont beaucoup aimée.
Ils m'ont fait confiance.
Un jour, la guérilla maoïste est venue me chercher, comme tous les fonctionnaires.
Les soldats étaient une quinzaine.
Ils ont dit : "Préparez vos affaires, on vous emmène hors du village."
J'ai préparé ma valise, pour partir.
Mais les villageois se sont révoltés.
Ils ont empêché les maoïstes de m'emmener.
Il y avait beaucoup de vieillards.
Un maoïste me tirait d'un côté, les villageois de l'autre.
Mon sac s'est déchiré, le bracelet de ma montre a cédé...
J'ai alors pris conscience de l'amour qu'avaient ces gens pour moi.
Depuis, j'ai décidé de donner tout ce que je pouvais

-Lors de mon retour vers Katmandou, je repense à Yam et à Dhil, à leur vocation et à leur courage.
Dans des conditions extrêmes, ils ont adapté leur savoir-faire pour offrir à ce peuple une médecine plus proche, plus humaine.

FIN

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1ire5r_medecines-15-nepal-la-medecine-des-cimes-vfstf_travel (26'00)

Une transcription écrite est proposée au lien :
http://telescoop.tv/browse/434886/medecines-d-ailleurs.html?q=fontanille


COMMENTAIRES :

- Sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-016/medecines-d-ailleurs

 


 

Corée du Sud - Le retour des esprits
Épisode 16


Arte - lundi 24 mars 2014 à 17h45 -

Sommaire :
Pour apaiser les tensions et un mal-être grandissants, dans un pays en plein essor économique, les Coréens continuent de recourir au chamanisme.

Revoir l'émission sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1jk122_medecines-d-ailleurs-16-coree-du-sud-le-retour-des-esprits_travel (26'15)

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1jk0m1_medecines-16-coree-du-sud-le-retour-des-esprits-vfstf_travel (26'15)

Revoir l'émission en replay (6 jours) :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-003/medecines-d-ailleurs?autoplay=1
et sur Arte/Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1jizel_medecines-d-ailleurs_tv


PRÉSENTATION :

Pour apaiser les tensions et un mal-être grandissants, dans ce pays en plein boom économique, les Coréens continuent de recourir au chamanisme.
Pour découvrir la culture des esprits et le pouvoir séculaire des mudangs, les chamanes coréennes, le médecin urgentiste Bernard Fontanille se rend sur l'île de Jeju.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1jk0m1_medecines-16-coree-du-sud-le-retour-des-esprits-vfstf_travel (26'15)

 

COMMENTAIRES :

- Sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-003/medecines-d-ailleurs?autoplay=1


 

Cambodge - La clinique du Tônlé Sap
Épisode 17


Arte - Mardi 25 mars 2014 à 17h45 -

Sommaire :
Bernard Fontanille se joint à une équipe médicale qui, depuis quelques années, effectue sa tournée sanitaire auprès des habitants du lac Tônlé Sap, au Cambodge.

Revoir l'émission sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1jq2ba (26'06)

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1jq0my_medecines-17-camboge-la-clinique-du-tonle-sap-vfstf_travel (26'06)


Revoir l'émission en replay :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-006/medecines-d-ailleurs (26'05)
et sur Arte :
http://www.dailymotion.com/video/x1joxzm_medecines-d-ailleurs_tv


PRÉSENTATION :

Les habitants du lac Tônlé Sap ont adapté leur mode de vie au rythme des crues du Mékong.
Une équipe médicale y est en activité depuis quelques années.
Bernard Fontanille, médecin urgentiste, se joint à eux pour une tournée sanitaire pas comme les autres.

Non loin des temples d’Angkor, les habitants du lac Tônlé Sap ont adapté leur mode de vie aux caprices des eaux, inondations et sécheresses se succédant au rythme des crues du Mékong.
Sur les flots, on peut voir glisser une église, un poste de police, un temple bouddhiste, mais aussi une équipe médicale, en activité depuis quelques années. Bernard Fontanille se joint à eux pour une tournée sanitaire pas comme les autres.

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1jq0my_medecines-17-camboge-la-clinique-du-tonle-sap-vfstf_travel


 

COMMENTAIRES :

- Sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-006/medecines-d-ailleurs



 

Bali - L'île des Balians
Épisode 18


Arte - Mercredi 26 mars 2014 à 17h45 -

Sommaire :
A Bali, Bernard Fontanille rencontre le guérisseur Mangku Tambun, un prêtre-médecin qui joue les intermédiaires entre les hommes et les dieux hindous.

Revoir l'émission sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1jwlb1 (25'46)

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1jwkv1 (25'46)


Revoir l'émission en replay :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-009/medecines-d-ailleurs (25'45)
et sur Arte :
http://www.dailymotion.com/video/x1jvvyh_medecines-d-ailleurs_tv


PRÉSENTATION :

Un tour du monde des soins traditionnels, sur les traces de Bernard Fontanille, médecin urgentiste.
À Bali, le sacré imprègne chaque geste.
Bernard Fontanille rencontre Mangku Tambun, l'un des gardiens de Gunung Agung, la "maison des dieux".
C'est l'un des derniers Balinais à avoir reçu le titre de "Balian" (guérisseur).
Ce prêtre-médecin joue les intermédiaires entre les hommes et les dieux hindous.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1jwkv1

Extrait du sous-titrage :

5'09

-Vous vérifiez les articulations ?

-Je masse surtou, au niveau des terminaisons nerveuses.
J'active la circulation pour réduire sa fièvre.
En assouplissant les nerfs, les maux de tête disparaissent.

-Pourquoi vous appuyez sur les ongles ?

-Quand j'appuie dessus, ils deviennent bleus.
Ça indique qu'il a une forte fièvre et une infection interne.
Je peux voir aussi qu'il souffre de rhumatismes.

-C'est intéressant, car je fait ça avec les enfants qui ont de la fièvre.
On appuie sur la peau et on regarde à quelle vitesse la preau se recolore.
Et si c'est long, il y a une infection sévère.

-Notre façon d'ausculter est différente, mais nos connaissances sont les mêmes.
...
-Magku connaît les plantes, et sait faire des remèdes.
Les balians ont hérité de sièces de tâtonnements et d'expérimentations avec la nature.

-Cette plante, je m'en sers contre les boutons de fièvre.
C'est de l'Ardisia elliptica.

-On la frotte dessus ?

-Non, on la boit en infusion.
...
Avec cette racine... on traite la fièvre.
C'est le Temu tis, une sorte de curcuma.

-Ça, ça fait baisser la température ?

-On utilise seulement cette partie du tubercule, pas le reste de la plante.
Vous pouvez en manger pour voir, ça va rien vous faire.
Rien du tout.

-Je mange ? Oh...
C'est horrible.

Rires.

-On dirait de la citronelle.

-Ici, on le mange sans problème.

...

7'42

COMMENTAIRES :

- Sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-009/medecines-d-ailleurs

 


 

Pérou - Soigner au fil de l'eau
Épisode 19


Arte - Jeudi 27 mars 2014 à 17h45 -

Sommaire :
Au Pérou, Bernard Fontanille embarque sur le « Selva viva », un bateau qui conduit une brigade médicale à la rencontre de vingt communautés indiennes en dix jours.

Revoir l'émission sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1k4uw7 (26'10)

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1k4yk0 (26'10)


Revoir l'émission en replay :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-011/medecines-d-ailleurs (26'09)
et sur Arte :
http://www.dailymotion.com/video/x1k32cs_medecines-d-ailleurs_tv (26'09)


PRÉSENTATION :

Un tour du monde des soins traditionnels, sur les traces de Bernard Fontanille, médecin urgentiste.

Au Pérou, Bernard embarque sur le Selva viva, un bateau digne des romans de Gabriel García Márquez.
En moins de dix jours, la brigade médicale du Selva viva visite vingt communautés indiennes, effectuant des consultations gratuites auprès de mille personnes. Dans chaque village, l'équipage doit d'abord rencontrer les anciens et les guérisseurs avant toute intervention.

AUTRES INFORMATIONS :
Plus d'informations sur le Selva Viva, ses missions médicales et ses offres de tourisme solidaire en Amazonie péruvienne au lien :
https://www.facebook.com/latitudsur.org

Concernant le Loreto :
https://www.facebook.com/loretanos.unidos

Des photos du Selva Viva par Annabelle Avril au lien :
- http://500px.com/photo/66374705?utm_medium=facebook&utm_campaign=nativeshare&utm_content=web&utm_source=500px et
- http://500px.com/photo/65963959?utm_medium=facebook&utm_campaign=nativeshare&utm_content=web&utm_source=500px

 

 

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

-Je m'appelle Bernard Fontanille.
Je suis médecin urgentiste. J'ai décidé de parcourir le monde, à la rencontre de ceux qui prennent soin des autres.

L'Amazone, fleuve légendaire, naît au Pérou.
Le Loreto est un immense territoire sauvage, où vit une infime partie de la population péruvienne.
La saison des pluies se termine à peine.
Le fleuve recouvre les rizières, les champs de bananes, de manioc.
L'isolement prive les habitants de soins corrects tout au long de l'année, et une brigade médicale organise des campagnes itinérantes.
Deux fois par an, à bord du Selva Viva, des médecins se rendent dans ces zones reculées.
Maria est l'infirmière du seul poste de santé de Miraflores.
Elle va quitter son dispensaire pour partir naviguer sur les eaux troubles de l'Amazone.

-Je m'appelle Maria Lopez Gonzales. Je travaille au poste de Miraflores, sur le Rio Tigre.

-Maria ?

-Bonjour.

-Comment ça va ?

-Très bien, merci.

-Et ce voyage ?

-Ça va. Très long.

-Que penses-tu de la forêt ?

-Très beau. Ici, c'est le poste de santé

-Oui, le poste de Miraflores, mais temporairement.
Parce qu'il y en a un plus loin.
Mais l'autre est totalement inondé, alors nous sommes venus ici.
Enfin nous avons le principal : les caisses de médicaments pour la brigade de Selva Viva.

-A Miraflores, on vit au rythme du fleuve.
La vie est difficile, mais la solidarité prime.
Ici, les maisons n'ont ni barrières ni cadenas.
Chacun invite l'autre pour manger ou bavarder.
Travaux dans la maison et entretien des pirogues rythment les journées, où seule la pêche nourricière réserve parfois quelques surprises.
Pour la première fois, Maria va quitter ses proches et soigner dans les villages plus en amont du fleuve.
C'est un grand jour pour elle, et une fierté pour sa famille.

-On a besoin de personnes comme elle, des gens mieux préparés : ici, à cause de l'eau, il y a beaucoup de personnes malades, contaminées par l'eau, et qui ont besoin de médicaments.

-Pour moi, c'est très émouvant, de partir suivre la brigade.
Déjà, parce que je sais que je vais laisser mon bébé.
Mais je dois y aller, pour aider des gens qui sont très loin, et qui ne peuvent pas venir ici, parce qu'il n'y a aucun moyen de transport.
Pour eux, le plus important, c'est la brigade, et l'attention qu'on leur porte.

-Mais vous n'êtes pas obligée d'y aller ? C'est un choix ?

-Non, on ne m'oblige pas du tout.
Mais c'est comme si leur douleur, je la ressentais, et que leur bonheur me faisait du bien.

-Deux fois par an, le Selva Viva est envoyé par les autorités sanitaires péruviennes pour aller soigner les communautés du fleuve.
Un bateau de bois aux formes traditionnelles, qui navigue sur des eaux parfois délicates, avec à son bord un médecin, une obstétricienne, un dentiste et une autre infirmière.
Les jeunes Péruviens qui en ont les moyens partent étudier la médecine à Cuba, pour ensuite revenir exercer chez eux.
Maria n'est pas allée à Cuba, mais elle apprend auprès des médecins lors des missions.

-Cette brigade apporte des soins à vingt-cinq communautés, soit au total sept ou huit mille habitants.
Nous allons commencer par le bas du fleuve, en remontant.
Nous avons les médicaments nécessaires, mais nous n'en avons pas beaucoup.
Il faudra établir des priorités.
Nous allons donc tous être docteurs.
On est tous infirmières, obstétriciennes, docteurs.

-Je pense que pendant quinze jours, nous allons courir dans tous les sens, et passer d'un métier à l'autre sans arrêt.

-Je vous demande beaucoup de professionnalisme dans le diagnostic.
J'espère que tout va bien se passer, et que nous parviendrons à soigner la plupart des gens.

-Après plusieurs heures de navigation, l'équipe arrive dans le premier village.
Une vingtaine de familles vivent ici sans électricité.
Les soins et les ateliers de sensibilisation ont lieu dans l'école, tous les habitants sont au rendez-vous.
Consultations, soins dentaires, conseils en gynécologie : les pathologies témoignent de la dureté des conditions de vie et des carences en matière d'hygiène.
Il n'y a ici ni eau potable ni gestion des déchets.
Maria, tous ces gens viennent consulter pour quoi ?

-Les maladies les plus communes, c'est les parasites intestinaux, les diarrhées, la fièvre, mais aussi des infections respiratoires.
Ce sont les infections les plus courantes.

-Mais dans ces contrées tropicales, constamment humides, la principale menace vient des moustiques : chaque année, le paludisme décime des milliers de personnes.
Petit cours de prévention.

-La malaria est transmise par le moustique anophèle, on peut la prévenir et la soigner.
Qui peut être contaminé ?
Tout le monde peut être touché : elle ne fait pas de distinction entre un policier, une infirmière ou un professeur.
Quels sont les symptômes ?
On le voit ici : des frissons, de la fièvre, des maux de tête et un affaiblissement du corps.

-Quand on a ces symptômes, il faut tout de suite penser à la malaria, avant la grippe ou un rhume.

-Oui, on va le voir.
Si les frissons persistent, c'est forcément la malaria.
On prévient la malaria en utilisant une moustiquaire adéquate.
Ça, c'est pour la prévenir.
Et la bonne nouvelle, c'est que ça se guérit.

-Savez-vous quel est l'animal le plus dangereux dans le monde ?
A votre avis, c'est quoi ?

-Un moustique ?

-Oui, c'est lui qui tue le plus de gens dans le monde.
Ce que Maria a expliqué, c'est très important.
Merci à vous.

-Ces gens ne sont pas de ma famille, mais quand ils vont bien, je me sens bien.
C'est comme si la vie était un cycle : aujourd'hui, je suis là pour eux, demain, ils seront là pour moi.
Avec le bien que je leur ai fait, si un jour ma famille est en difficulté, on nous aidera.
Alors je les traite en pensant que leur douleur est aussi ma douleur.

-Pendant deux semaines, le Selva Viva parcourt une centaine de kilomètres.
Chaque village est prévenu de l'arrivée du bateau par radio.
Par manque de moyens, Maria se doit d'être très polyvalente.
Habituée à tout faire dans son dispensaire, elle sait changer de poste en fonction des urgences.
Sûre d'elle, Maria écoute et rassure.
Véritable caméléon des soins, elle n'a de cesse de prodiguer des conseils, pouvant paraître souvent très élémentaires.
Si la mortalité infantile diminue sensiblement au Pérou, Maria sait qu'il faut encore prêter attention aux jeunes mamans.

-Ils sont triplés ?

-Moi. Qui est la mère ?

-Combien as-tu d'enfants ?

-Six enfants ? Tu en avais déjà trois !
As-tu un moyen de contraception ? Tu te protèges ?

-Non. Tu dois te protéger.
Tu risques d'avoir d'autres enfants.

-Ça doit être difficile, d'avoir des triplés ici.

-Oui, surtout pour la mère, par rapport à l'alimentation.
Elle doit se protéger, pour ne pas avoir des triplés à nouveau, parce que c'est un cas difficile.
Elle est mère de trois enfants, déjà.
Avec des triplés, ça en fait six.
Et financièrement, ce n'est pas simple.

-Pour les habitants du Loreto, la science n'explique pas tout.
Les esprits malveillants sont aussi redoutes que les bactéries.
Malgré ses diplômes, Maria reste à l'écoute des traditions.
Elle m'impressionne : sous une chaleur écrasante et sans véritable pause, elle enchaîne les consultations.

-Quand on ausculte le patient, s'il y a des crépitements, des souffles ou des sifflements, on lui donne un traitement spécifique, mais si j'ai des doutes, j'appelle le docteur.

-Ce patient a quoi ?

-Après l'avoir ausculté, on voit que ce n'est pas une vraie bronchite, mais une bronchite chronique obstructive.
C'est fréquent, car on cuisine au bois dans la majorité des maisons.
Souvent, la cuisine et la chambre sont réunies.
C'est pour cette raison que cette maladie est fréquente.

-Il faut un traitement à long terme, avec des corticoïdes. On a ça ?

-Nous n'avons pas de traitement pour ça, car on manque de moyens.
Alors ici, certains se soignent avec les plantes médicinales.

-Le recours aux plantes est courant : quand elle n'est pas inondée, la forêt est une source inestimable pour qui en connaît les secrets.
Sur les conseils de Maria, je pars à la rencontre d'un "curandero", un guérisseur traditionnel du fleuve.
C'est dans une maison sans murs, dans une pièce unique, que Portal Navarro vit avec sa toute famille.
Curandero depuis l'âge de 14 ans, cet herboriste détient un savoir à la fois pratique et spirituel.
Dans la région, lorsqu'une personne est souffrante, on va d'abord voir le curandero, pour s'assurer que le malade n'est pas victime d'un mauvais sort.
Il va m'aider à comprendre le rapport aux soins des habitants du fleuve en l'absence du Selva Viva.

-Bonjour. Je suis Portal Navarro Pinedo.
Je vis à Miraflores, sur le Rio Tigre.
J'ai 72 ans.
Je suis végétaliste et guérisseur.

-Bonjour, Portal. Vous avez bien dormi ?

-Bonjour. Tu as bien dormi ?

-Très très bien. Vraiment.

-Moi aussi, très très bien.

-C'est quoi ?

-Je prépare un remède pour un patient.
Un médicament végétal. C'est fort.

-C'est pas pour cuisiner ?

-Non. Si vous saviez, ce n'est pas une science facile à maîtriser.
Mais quand ça arrive et que vous êtes obligé de l'utiliser, que tu l'aimes ou pas, si tu veux soigner, tu dois te soumettre de ce végétal.
C'est une grande discipline, il ne faut surtout pas lui manquer de respect.

-Quand il n'est pas appelé directement, Portal fait des tournées en pirogue à la rencontre de ses patients.
Aujourd'hui, un de ses amis a besoin de lui sur l'autre rive.
Après un grave accident, Portal s'est retiré en forêt pour apprendre à se soigner grâce aux plantes et à la communication avec les esprits.
Avant de les conseiller à ses malades, il teste sur lui la plupart de ses remèdes.
Guérisseur, prêtre, le rôle du curandero est aussi celui d'apaiser sa communauté et d'atténuer la solitude de ses semblables.

-On se dirige vers un endroit où il n'y a que deux maisons.

-C'est tout petit, alors.

-Il n'y a que vingt-quatre habitants.
Ces familles s'occupent de semer du riz.

-Pourquoi ne vivent-ils pas en face, avec les autres ?

-Les gens veulent rester où ils sont nés.
Ils ne veulent pas vivre à Miraflores : ils ne veulent pas abandonner le lieu où ils vivent, le lieu où ils naissent, grandissent, vieillissent, et où ils meurent.
C'est comme ça.
Alors, mon ami ? Tu souffres ?

-Oui.-Maintenant, tu vas m'expliquer d'où viennent tes douleurs.

-Oui, comme ça. Quand je rame, on dirait que ça bouge, ici.

-Donne ta main. La droite. Quel âge as-tu ?
Soixante-huit ans.

-Ce liquide, c'est quelque chose qui m'aide à détecter la maladie.
Ça va m'aider à détecter la force que lui procure ce mal.
Au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

-Vous mettez quelques gouttes du produit à proximité de l'endroit où les gens ont mai, et ça vous aide à comprendre d'où vient cette douleur.
C'est un peu votre Stéthoscope à vous, quoi.

-Quand tu utilises un végétal, le génie arrive.
L'esprit de ce végétal.
Vous ne pouvez pas vous en rendre compte, mais un végétaliste comme moi va automatiquement le comprendre.
Tu peux retirer ton polo ?
Maintenant, on va voir où se trouve la douleur, c'est comme quelque chose qui sonne creux.
Si ça sonne plein, il n'y a pas de maladie.
Là, il y a quelque chose de diffèrent, une douleur.

-Portal, dans ma pratique, j'utilise la même façon de diagnostiquer, avec les doigts, sur les poumons, le ventre : en tapant, on cherche des zones pleines d'air ou plus denses, comme du liquide dans les poumons.
Les gens qui s'occupaient du vin mesuraient la hauteur du liquide en faisant comme ça.

-Antoniel, mon ami, les années passent, et ton corps est fatigué.
Peu importe le type de maladie que tu as, je vais te soigner.
 Je vais te soigner avec le sanango, et je vais te faire boire plusieurs sortes de plantes, car les autres végétaux ont un esprit.
La lupuna, la hualuma, et beaucoup d'autres choses.
Ça va t'aider pour ta maladie, c'est très curatif.

-Les curanderos soignent notamment à l'aide dmicaros", des chants qui s'apparentent à de simples couplets répétitifs.
Pour Portal, les icaros sont des outils thérapeutiques.
Ils permettent d'accéder aux esprits de la forêt, et réconfortant le patient.

-Il va aller bien mieux.

-Comment les gens choisissent entre le poste de santé et le curandero ?
C'est un vrai problème, ici.

-Au poste de santé, on te donne un médicament basique, qui permet seulement de te calmer un certain temps.
Mais la maladie continue de se développer.
Ce n'est plus la médecine d'antan, qui est une très bonne médecine.
J'ai le sentiment que nous sommes en train d'oublier notre médecine.
Si nous perdons les curanderos, les végétalistes, alors nous allons à l'encontre de l'intérêt de notre santé.

-Le savoir des curanderos ne devrait pas disparaître.
Maria et son équipe reviendront dans quelques mois, pour aider ces populations à gérer durablement leur santé.
Avec les curanderos, ils rédigeront un guide illustré permettant de substituer un médicament par une plante.
Un livre, comme un lien entre curanderos et médecins.
Maria et Portal œuvreront ensemble au bien-être de leur communauté.

FIN

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :

Une transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien http://telescoop.tv/browse/438561/1/medecines-d-ailleurs.html

 

COMMENTAIRES :

- Sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-011/medecines-d-ailleurs

 

 


 

Bolivie - Kallawayas, le peuple guérisseur
Épisode 20


Arte - Vendredi 28 mars 2014 à 17h45 -

Sommaire :
Bernard rencontre Aurelio, un Kallawaya, guérisseur itinérant andin des montagnes d'Apolobamba, qui connaît les caractéristique d'un millier de plantes.

Revoir l'émission sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1kb1sh (26'15)

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1kbh28 (26'16)


Revoir l'émission en replay :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-012/medecines-d-ailleurs (26'14)
et sur Dailymotion/Arte :
http://www.dailymotion.com/video/x1kaciz_medecines-d-ailleurs_tv (26'14)


PRÉSENTATION :

Dernière étape de notre tour du monde des soins traditionnels, sur les traces de Bernard Fontanille, médecin urgentiste.
Aujourd'hui, celui-ci rencontre Aurelio, l'un des Kallawayas, ces guérisseurs itinérants des Andes qui vivent dans les montagnes d'Apolobamba, l'une des plus isolées du pays.

Les Kallawayas, guérisseurs itinérants des Andes, vivent dans les montagnes d'Apolobamba, l'une des plus isolées du pays.
À la fois médecins, pharmaciens, commerçants, cueilleurs et préparateurs, ils connaissent les plantes andines mieux que quiconque.
On leur prête aussi des pouvoirs surnaturels.
Bernard a rendez-vous dans le village de Chari, l'un des fiefs de cette culture, avec Aurelio, qui connaît les caractéristiques d'un millier d'espèces.
Il tient ce savoir de son père, et l'enseigne à son fils Emilio ; une transmission qui s'effectue en juyai, la langue secrète des Kallawayas.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DU FILM :

Visionner le film avec les sous-titres en français VFSTFR :
http://www.dailymotion.com/video/x1kbh28

 

COMMENTAIRES :

- Sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/048081-012/medecines-d-ailleurs

 


 

Bernard FONTANILLE au journal de 13 h sur France 2 -
Interview


France 2 - Vendredi 21 mars 2014 au journal de 13 heures -

Photo de Maurice Gaultier.


Revoir sur Dailymotion le passage de Bernard Fontanille au "journal de 13 h" :
http://www.dailymotion.com/video/x1k4vqn (6'57)


Bernard Fontanille France 2 Journal de 13... par conscience33

Autre source sur Youtube : "Docteur Bernard Fontanille livre sur les guérisseurs 2014 03 21 France 2 HD"
https://www.youtube.com/watch?v=ItycW8eTc3I (6'19)
COMMENTAIRE par Catherine Jane : "enfin un médecin qui s'ouvre en toute franchise aux autres techniques de soins"

Revoir l'émission en replay :
http://www.francetvinfo.fr/invite-bernard-fontanille-medecines-d-ailleurs_558105.html (45'55)



PRÉSENTATION :

Interview de Bernard Fontanille au sujet de son livre "Médecines d'ailleurs".

Présentatrice : Elise Lucet

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE SUCCINCTE DES SOUS-TITRES DDE L'ÉMISSION :

38'59

-Il a été pendant 15 ans médecin urgentiste à l'hôpital de Chamonix, s'est ensuite dirigé vers la médecine d'aventure.
Au fil de ses voyages, il s'est intéressé à tous ceux qui faisaient le même métier que lui mais de manière moins académique.
Guérisseur, herboriste, chaman ou sorcier, il a été touché par leur attention portée aux malades.
Il en a fait un livre et une série de documentaires passionnants.
Et notre invité, c'est Bernard Fontanille.
Bonjour et merci d'être avec nous pour "Médecines d'ailleurs".
C'est un très beau livre publié aux éditions de la Martinière.
Il y a aussi une série de vingt documentaires diffusés en ce moment sur Arte et produit par Bonne Pioche.
Racontez-nous d'abord comment est née cette envie ou ce besoin d'aller vers d'autres médecines et vers d'autres horizons ?

Bernard Fontanille :-C'est né de nombreux voyages en tant que médecin.
J'ai eu la chance de croiser des gens qui veulent aider les autres.
J'ai eu envie de leur donner la parole aux autres...

Elise Lucet :-Après 15 ans passés dans un service d'urgence, vous découvrez qu'on peut se passer de l'imagerie, des analyses hyper-sophistiquées.
Qu'est-ce qui vous frappe en premier lieu, leur côté instinctif ?

Bernard Fontanille :-C'est de voir à quel point peur s'adapter à son environnement.
Les problèmes sont majeurs, il y a des gens qui souffrent.
On peut se passer de technique, mais pas pour tout. Il y a des réponses à des tas de problèmes.

Élise Lucet :-Dans ce livre, et dans vos documentaires, on vous suit dans ce merveilleux voyage, vous avez choisi, on va d'abord partir avec vous en Inde où vous avez rencontré Sarabhai Salve.
Racontez-nous... intouchable, une personne qui est hors caste...
Elle n'a pas le droit de manger avant les autres, pauvre des pauvres.
Elle a croisé deux médecins indiens dans les années 70.
Ils ont eu l'idée de donner le pouvoir aux gens du peuple.
Ils sont surtout passés par les femmes et ils ont fait de grandes choses ensemble.
Elle accouche les gens alors qu'elle n'a pas le droit de les toucher.
Elle a accouché 900 enfants et sa vie, son regard sur les autres ont changé...

Élise Lucet :-Autre moment clef pour vous, l'Afrique du Sud où vous rencontrez une guérisseuse Zoulou ?

Bernard Fontanille :-Elle incarne ce que la culture zoulou peut incarner de sordide.
En Afrique du Sud, le sida a ravagé le pays.
Les guérisseurs sont plus nombreux que les médecins.
Ils ont compris qu'il fallait les inclure dans la chaîne de soins.

Élise Lucet :-Et puis, le choc, c'est au Brésil avec les chamans.
On va voir un extrait où on comprend comment une infirmière venue de la ville et un guérisseur indigène interagissent pour soigner les patients...

-C'est une passion que tu suis depuis longtemps ?

-Oui, elle a deux types de problèmes.

-C'est une patiente
Elle fait de l'hypertension, ce qui est courant ici à cause de la consommation de sel et autres aliments de la culture blanche.
On traite les maladies des Blancs avec des médicaments.
Ici, par exemple, on utilise de l'hydrochloride.
Elle a aussi des douleurs persistantes.
Pour ses douleurs générales, c'est Tuya qui l'aide à retrouver son bien-être.

Élise Lucet :-Ce qui est très frappant dans tous ces films et dans ce livre, c'est aussi votre attitude, toute en modestie et en écoute, vous n'êtes pas du tout dans la position du médecin occidental qui vient délivrer son savoir ?

Bernard Fontanille :-Je ne suis pas spécialiste de ces médecines, je suis surtout curieux.
L'idée est d'aller écouter ces gens et de voir nos points communs.

Élise Lucet :-Vous en êtes ressorti comment de cette aventure ?
Enrichi j'imagine mais aussi ébranlé dans, peut-être pas vos certitudes, mais vos connaissances...-

Bernard Fontanille :-J'en suis sorti bousculé, parce que j'ai vu beaucoup d'inégalités.
Il y a des êtres humains qui n'ont pas accès aux soins.
Je suis un technicien de la médecine d'urgence.
Il faut s'ouvrir à d'autres cultures.

Élise Lucet :-"Médecines d'ailleurs" de Bernard Fontanille.
C'est un très beau livre publié aux éditions de la Martinière.
Il y a aussi une série de vingt documentaires diffusés en ce moment et pendant encore une semaine sur Arte et produit par Bonne Pioche.

Fin de ce journal. Merci à vous de l'avoir suivi.

 … Ce journal a été sous-titré par M. Berkani, S. Benoits, A. Thiéry, N. Lambert, C. Lambert, A. Bauchet, K. Lempereur et P. Wilpart...

FIN

45'55

Cette transcription est aussi présentée sur le site "Francetvinfo.fr" - rubrique "France 2" au lien :
http://www.francetvinfo.fr/invite-bernard-fontanille-medecines-d-ailleurs_558105.html


 

France 5 - Le magazine de la santé
Interview de Bernard Fontanille

Médecine traditionnelle : Soigner autrement

France 5 -mardi 25 mars 2014 à 13h42 -

... L'invité : Bernard Fontanille...

Revoir l'extrait de l'émission, concernant Bernard Fontanille, sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1jx8p1 (7'36)


Revoir l'émission complète sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1uhxjl (53'26)
(aussi Le soja un aliment de santé ? à 22'32)


Revoir l'émission complète en replay (6 jours) :
http://pluzz.francetv.fr/videos/le_magazine_de_la_sante_,99143464.html (53'25)



PRÉSENTATION :

...
L'invité : Bernard Fontanille
...

Émission présentée par Marina Carrère d'Encausse, Michel Cymes et Benoît Thévenet.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DU SOUS-TITRAGE LORS DU PASSAGE CONSACRÉ A BERNARD FONTANILLE :

TRANSCRIPTION :

Début de l'interview à 14’50

Tout de suite, voici notre invité.

MARINA :-Partir à la rencontre des guérisseurs en Inde pour tenter de percer leurs secrets, c'est ce qu'a fait notre invité, B.Fontanille.
Vous êtes médecin urgentiste.
Vous venez de publier ce livre très joli et intéressant, coécrit avec une journaliste, E.Sender.
Cela fait écho à une série de documentaires qui ont été diffusés tous les soirs sur Arte à 17h45.
C'est jusqu'au 28 mars.
Vous êtes médecin urgentiste à Chamonix.
En parallèle, vous faites de la médecine d'aventure.

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-J'ai la chance de médicaliser des événements sportifs et des émissions de télévision. Cela m'a permis d'aller très loin dans le monde alors que je n'aurais pas pu le faire par mes propres moyens.
J'ai croisé beaucoup de gens pendant mes voyages.
Je me suis posé beaucoup de questions sur les gens qui soignent.
Je voulais les rencontrer et montrer cela à tout le monde.

MICHEL :-En tant que médecin urgentiste à Chamonix, vous disposez de scanners, de perfusions, de tout ce que vous voulez.
Quand vous voyez ces médecins "à mains nues", redevenez-vous le clinicien qu'aurait été les premiers médecins, d'il y a un siècle ?

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-Je me suis retrouvé confronté à des gens qui avaient un problème médical.
Avec mon savoir et ma pratique, je n'arrivais pas à y répondre car il me manquait tous les outils que nous utilisons ici.
Ailleurs dans le monde, on fait autrement.
Je me suis parfois retrouvé dans un embarras certain, avec des malades qui avaient besoin de voir des guérisseurs avant de me voir.
Tout cela a fait naître beaucoup de questionnements chez moi.

MARINA :-Qu'est-ce qui vous a le plus étonné dans ce que vous avez pu voir ?

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-Il n'y a pas que des médecines traditionnelles.
Il y a aussi des dispensaires, un bateau hôpital en Espagne...
Dans les médecines les plus reculées, j'ai été étonné par la somme de connaissances qu'il reste dans le monde, le sens de l'observation de son environnement...
Je suis remonté aux sources de notre médecine.
C'est très étonnant.
J'étais un peu attristé par le fait que c'est un peu en train de se perdre.
Nous avons le choix de ceux qui nous soignent comme nous en avons envie, mais ce n'est pas forcément le cas là-bas.

MARINA :-On est riche en possibilités thérapeutiques lorsque l'on revient ?

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-Oui. Ici, on a tout mais on peut aussi choisir d'autres choses.
Les médecines alternatives sont assez en vogue.
Mais certaines personnes n'ont pas le choix.

MICHEL :-Ceux qui exercent ces médecines traditionnelles dans les différents coins que vous avez visités ne sont pas médecins.
Pourtant, parfois, ils ont parfois des connaissances anatomiques meilleures que celles que l'on a pu acquérir ici.
Comment font-ils ?

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-C'est très vaste.
Nous avons fait un film sur le sujet.
Certaines personnes vont parler de transmissions un peu mystiques.
Il y a des transmissions familiales, des grandes écoles de médecines différentes en Chine, par exemple.
Il y a beaucoup de choses.
C'est très riche.
J'étais à chaque fois un peu étonné par cette somme de connaissances.

MARINA :-On consulte des chamans au Brésil.

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-C'est bluffant.
Le malade est au centre de la communauté.
Ici, le malade est un peu mis sur le banc.
On est presque suspect.
Là-bas, le malade est au cœur.
Les rituels sont publics et les consultations le sont souvent.
On donne une place au malade que l'on a perdu, ici.

MICHEL :-On est obsédé par le secret médical, en France.
Dans les coins que vous avez visités, le secret médical n'existe jamais ?

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-Non.
Au Brésil ou en médecine chinoise, tout le monde passe pour assister aux consultations.
On parle de ses règles, de plein de choses intimes.
Tout le monde est là et écoute, ça ne gêne personne.

MICHEL :-Comment avez-vous été perçu en arrivant ?
Vous étiez le médecin occidental qui faisait un peu voyeur, même si vous avez mis des gants, on vous recevait comme quelqu'un qui pouvait transmettre des choses ?

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-C'est un peu un mélange de tout ça.
Entre soignants, on a pu créer un lien assez rapide.
Je ne suis pas journaliste.
Ils se sont rendu compte que je ne venais pas critiquer ni juger, ni imposer mes connaissances.
Il a fallu que je sorte de mon rôle de médecin et cela n'était pas évident.
Nous avons soigné des gens ensemble.
J'ai dû me mettre en retrait.
Ça a été très dur mais cela a été bien perçu.
Cela a permis de créer des échanges intéressants.

MARINA :-La prise en charge psychologique des malades est importante dans ces cultures ?

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-Pas toujours, mais parfois.
Parfois, les soigneurs ont le même statut social que leurs malades.
Ici, c'est un peu différent.
Les médecins ont toujours été un peu des notables.
Là-bas, le rebouteux est aussi pêcheur, comme le pêcheur qu'il soigne.
Cela crée un lien différent entre soignant et soigné.

MICHEL :-Ils vous ont demandé de leur apprendre des choses ?

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-J'ai appris à un herboriste bolivien comment mesurer la saturation en oxygène.
Il était très impressionné.
J'ai montré qu'on pouvait vérifier la vascularisation capillaire.
Cela montre que ces médecines se sont croisées un jour ou l'autre.
Les chamans d'Amazonie sont issus de la Sibérie.
L'histoire de la médecine nous le raconte très bien.

MARINA :-Vous êtes rentré à Chamonix en modifiant votre pratique ou simplement enrichi de tout cela ?

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-Modifié, c'est difficile.
J'ai besoin de technologie et de drogues puissantes.
Mais je me suis modifié intérieurement.
Je pense que je suis encore plus critique.
J'ai aiguisé mon sens critique.
Notre médecine apporte des preuves de son efficacité.
Mais il faut s'inspirer d'autres choses.
On doit rester critique.

MARINA :-C'est vraiment un très beau livre.
Il est sorti aux éditions de La Martinière.
Merci beaucoup.

DOCTEUR BERNARD FONTANILLE :-Merci.

FIN DE L'INTERVIEW DE BERNARD FONTANILLE

22’26

Une transcription écrite de l'émission complète est donnée au lien :
http://telescoop.tv/browse/437643/6/le-magazine-de-la-sante.html

 


 

France 5 - C à vous
L'invité de l'info avec Bernard Fontanille

SOIGNER AUTREMENT :
LE TOUR DU MONDE DES MÉDECINES

France 5 - Vendredi 11 avril 2014 à 19h -

... L'INVITÉ DE L'INFO : Bernard Fontanille...

 

Revoir l'extrait de l'émission, concernant Bernard Fontanille, sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1nqtkb (7'41)


Revoir l'émission complète en replay jusqu'au 17 avril 2014 :
(début de l'interview de Bernard Fontanille à 24'29)
http://pluzz.francetv.fr/videos/c_a_vous_saison5_,99864339.html (56'05)
et
http://www.france5.fr/emissions/c-a-vous/diffusions/11-04-2014_229371 (56'05)
ou http://www.france5.fr/emissions/c-a-vous/videos/99864339 (56'05)






PRÉSENTATION :

...
L'INVITÉ DE L'INFO : Bernard Fontanille
...

Émission avec Bernard Fontanille présentée par Anne-Sophie Lapix avec Maxime Switek.
Accompagnés avec Patrick Cohen, Jérémy Michalak, Emmanuel Maubert et Matthieu Noël.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DU SOUS-TITRAGE LORS DU PASSAGE CONSACRÉ A BERNARD FONTANILLE :

TRANSCRIPTION :

Début de l'interview à 24'29

SOIGNER AUTREMENT : LE TOUR DU MONDE DES MÉDECINES

...

On va parler médecine traditionnelle avec le docteur Bernard Fontanille.

-ANNE-SOPHIE : Mais tout d’abord, nous accueillons Bernard Fontanille.
Bonsoir.
Vous êtes médecin-urgentiste et pendant 10 ans, vous assuriez les urgences à l’hôpital de Chamonix.
Comme vous aviez la passion des voyages, vous avez commencé à accompagner des raids.

-BERNARD FONTANILLE : C’est comme ça que je suis parti très loin dans le monde et que j’ai vu des gens qui soignent de façon très différente.
C’est une médecine avec très peu de moyens.

-ANNE-SOPHIE : Pour nous la médecine instinctive, c’est comme les remèdes de grands-mères.

-BERNARD FONTANILLE : C’est un peu ça.

-ANNE-SOPHIE : vous dites que c’est une médecine qui s’adapte bien aux lieux.
C’est un peu une médecine faute de mieux ?

-BERNARD FONTANILLE : C’est parfois le cas.
Mais c’est aussi une médecine qui a rendu de grands services à des générations qui vivent dans des zones très reculées.
Elles pourraient s’adapter au monde moderne mais l’accès aux soins est très difficile.

-ANNE-SOPHIE : Vous allez nous emmener dans une vingtaine de points du globe.
Vous commencez en Afrique du Sud chez les zoulous.
Il y a plus de praticiens que de médecins, comme vous dites.

-BERNARD FONTANILLE : Ils ont eu affaire à une épidémie de sida catastrophique.
Ils ont inclus ces praticiens dans la chaîne de prise en charge.
Ça a été très efficace.
En Afrique du Sud, il y a des pratiques de sorcellerie assez terrifiantes.
Ceux que je suis allé rencontrer ont des pratiques acceptables.
En rentrant dans la chaîne de soins, ils peuvent même faire des arrêts de travail.

-ANNE-SOPHIE : Ils soignent avec des potions à base de graisse de python.

-BERNARD FONTANILLE : La graisse de python a des effets sur les cicatrices.
Ça empêche la prolifération de collagène et permet d’éviter les cicatrices disgracieuses.
Il y a également une ethnie de médecins très ancienne qui soignait les incas.
Ils ont développés une science des plantes très développée.
C’est un peu un mythe ethnologique.
On a l’impression que c’est un peuple qui est en train de se perdre.

-ANNE-SOPHIE : Il y a également les médecines asiatiques.
On va parler de la Chine.
Mais tout d’abord, on va regarder les images d’un tradipraticien en Mongolie.

‘-Tu appuies sur des points très précis ?

‘-Oui. Chaque doigt correspond à un organe.
Celui-ci par exemple.
A côté, tu as le foie.
Le suivant, ce sont les voies respiratoires.
Le dernier, c’est le cerveau.
Si tu sens une légère pression sous tes doigts, c’est qu’il y a un problème à l’endroit correspondant.
Là, je ressentais une variation anormale, mais le massage permet de tout réguler.

-ANNE-SOPHIE : Il y a aussi des massages vigoureux qui font un peu mal aux cervicales.
Ça marche ?

-BERNARD FONTANILLE : Je ne sais pas si ça marche mais en tout cas, c’est sa pratique.
Je voulais montrer les pratiques ailleurs.
Je n’ai pas vérifié l’efficacité, ce n’était pas la démarche.
Mais des gens viennent de très loin pour voir ça.

-ANNE-SOPHIE : On utilise également la pulsologie.
Ils donnent immédiatement un diagnostic, selon vous.

-BERNARD FONTANILLE : C’est une technique très ancienne.
Les Chinois disent qu’il faut une dizaine d’années pour être à l’aise avec cette pratique.
C’est une science assez complexe et c’est quelque chose que je ne sais pas faire.
Moi, je prends le pouls et je calcule la fréquence.

-ANNE-SOPHIE : Vous nous parlez des centenaires d’Okinawa, au Japon.
Ils savent comment vivre mieux.
La recette, c’est qu’il faut manger peu.

-BERNARD FONTANILLE : Moins et mieux, avoir une activité sportive, être heureux…
Ce sont des choses pleines de bon sens.

Ils disent qu’il faut arrêter de manger à 80 % de la satiété.

-MAXIME : On est dans la science ou dans la croyance ?

-BERNARD FONTANILLE : On peut être dans la croyance, parfois.
Il y a aussi des croyances qui ont été battues en brèche par la science, chez nous.
Mais il n’y a pas que de la croyance.

-MAXIME : Il y a certaines de ces pratiques auxquelles vous croyez ?

-BERNARD FONTANILLE : Certaines sont efficaces.
Si on a envie de travailler ensemble, il faut sûrement faire un peu de tri avant.
Il y a des endroits où c’est très important de le faire.

-ANNE-SOPHIE : Vous pratiquez un peu ?

-BERNARD FONTANILLE : Non. Moi je suis urgentiste.
C’est en train de se développer.
Il faut que je fasse un peu le tri dans ce que j’ai appris et dans ce que je peux accepter de tout ça.

Quand l’homéopathie est arrivée dans les années 1980, on allait voir dans le mode de vie des patients.
On n’a pas le temps de prendre trop de temps avec les gns

-BERNARD FONTANILLE : C’est vrai dans la médecine libérale, mais également chez les généralistes.
Ils n’ont pas le temps de parler avec les gens.
Ca fait une grosse différence.

-ANNE-SOPHIE : Merci beaucoup Bernard Fontanille.
Je rappelle donc  le titre de votre livre : ‘‘Médecines d’ailleurs’’.
Il y a de très très belles images.
A découvrir.


32’

FIN DE L'INTERVIEW DE BERNARD FONTANILLE

Une transcription écrite partielle de l'émission complète est donnée au lien :
http://telescoop.tv/browse/446682/1/c-a-vous-la-suite.html
Cette transcription n'inclue pas le passage avec Bernard Fontanille !

 


 

TV5MONDE - 64' Grand Angle
LA VOGUE DES MÉDECINES ANCESTRALES
avec Bernard Fontanille


TV5 MONDE dans 64' GRAND ANGLE - Dimanche 13 avril 2014 à 18h -

L'INVITÉ DE 64' GRAND ANGLE : Bernard Fontanille...

Photo : B. Fontanille (Médecines d’ailleurs) à  TV5MONDE  Emission 64’ GRAND ANGLE – 13.04.2014  LA VOGUE DES MÉDECINES ANCESTRALES    Revoir l'émission sur Dailymotion :  http://www.dailymotion.com/video/x1of71g (13'21)    Revoir l'émission sur Youtube :  https://www.youtube.com/watch?v=i9hdvioh0S0 (13'20)     Revoir l'émission complète en replay (jusqu'au 13 mai 2014) :  (interview de Bernard Fontanille de 0'50 à 14'08)   http://www.tv5mondeplus.com/emission/64-le-monde-en-francais?nid=632312 (18'59)     PRÉSENTATION :    À La découverte des médecines ancestrales Bernard Fontanille est médecin et aventurier.   Quand il n'exerce pas aux urgences de Chamonix, en Haute-Savoie, il parcourt le monde en tant que médecin sur des rallyes et des expéditions diverses.   Un parcours étonnant qui l'a amené à rencontrer des 'confrères' dans les endroits les plus reculés de la planète.   Des chamans, des herboristes, des rebouteux qui pratiquent une médecine ancestrale à l'écoute du corps et de l'esprit, sans matériel sophistiqué, aux antipodes de celle pratiquée dans les pays occidentaux.   De ces rencontres sont nés un livre et une série documentaire, 'Médecines d'ailleurs'.     Invités :     Dr Bernard FONTANILLE, médecin urgentiste     avec    Jean-Pierre DOZON, Ethnologue, directeur d'études à l'EHESS (École des Hautes Études en Sciences Sociales)    Émission présentée par Xavier LAMBRECHTS, Journaliste-Rédacteur en chef TV5Monde.    Un dossier 'Médecines d'ailleurs' (avec les films et des transcriptions) au lien :   http://www.conscience33.fr/tv-medecines-ailleurs.html
Image de l'album de Facebook


Revoir l'émission, avec Bernard Fontanille, sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1of71g (13'21)

Revoir l'émission, avec Bernard Fontanille, sur Youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=i9hdvioh0S0 ou http://bit.ly/1mudZvW (13'20)



Revoir l'émission complète en replay (jusqu'au 13 mai 2014) :
(interview de Bernard Fontanille de 0'50 à 14'08)
http://www.tv5mondeplus.com/emission/64-le-monde-en-francais?nid=632312 (18'59)


PRÉSENTATION :


logo

À La découverte des médecines ancestrales Bernard Fontanille est médecin et aventurier.
Quand il n'exerce pas aux urgences de Chamonix, en Haute-Savoie, il parcourt le monde en tant que médecin sur des rallyes et des expéditions diverses.
Un parcours étonnant qui l'a amené à rencontrer des "confrères" dans les endroits les plus reculés de la planète.
Des chamans, des herboristes, des rebouteux qui pratiquent une médecine ancestrale à l'écoute du corps et de l'esprit, sans matériel sophistiqué, aux antipodes de celle pratiquée dans les pays occidentaux.
De ces rencontres sont nés un livre et une série documentaire, "Médecines d'ailleurs".

Invités :

Dr Bernard FONTANILLE
, médecin urgentiste

avec

Jean-Pierre DOZON, Ethnologue, directeur d'études à l'EHESS (École des Hautes Études en Sciences Sociales)

Émission présentée par Xavier LAMBRECHTS, Journaliste-Rédacteur en chef TV5Monde.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE

Transcription Googolienne du film ! :
(avec les sous-titres qui apparaissent dans la vidéo publiée sur Youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=i9hdvioh0S0 (13'20)
)

0:01 à la rencontre de ceux qui soignent autrement nous allons partir à la
0:04 découverte des médecines d'ailleurs ce sera le thème de notre grand-angle ce
0:07 dimanche adrien arcand m
0:10 r
0:13 un montant qui s'appuie sur l'aventuré d'un homme il est avec nous en studio
0:15 pour le retrouver dans un instant un médecin urgentiste qui a parcouru le
0:19 monde pendant encore un an pour aller
0:21 à la rencontre de médecine différent il faut réduire de médecine au pluriel
0:25 pratiqué par des hommes et des femmes qui soigne les corps mais aussi les
0:28 armes
0:28 les guérisseurs des chamanes des rebouteux ou des passeurs
0:31 cette aventure c'est celle du docteur alain bernard à fontanilles une
0:35 expérience qui nous voient livre très beau très beau livre médecine
0:38 d'ailleurs rencontre avec ceux qui soignent tremens le seul documentaire
0:40 kerry ont été diffusées sur arté un documentaire dans vos propos toutes les
0:44 tares un extrait pour lancer notre débat
0:45 on part dans le sud-ouest de l'inde au kerala pour une rencontre avec un
0:49 maître du kalahari la thérapie des guerriers guérisseur
0:53 il faut s'entraîner régulièrement
0:55 car sans entraînement on ne peut rien faire
0:58 ce n'est pas seulement un art
1:00 ça fait partie intégrante de notre quotidien
1:13 puis vient un moment où il est
1:20 là je suis
1:24 monde
1:32 le moment où l'ue
1:53 la terre rouge sur laquelle s'affrontent c'est aussi celle où il se soigne
1:57 luc alarie états membres d'apprentissage
2:00 de combat
2:01 mais aussi de soins
2:05 capgemini
2:06 dans les massages du kalahari pour n'utiliser lui la femme base de sésame
2:10 noir
2:14 dans ces tués la tâche à m on ajoute le cas chez l'homme un mélange de
2:17 plantes
2:18 on fait bouillir le mélange si on extrait le concentré final obtenus
2:22 appelez-moi maria shriver
2:25 j'ai vu de chasse-neige qu'est-ce que c'est
2:27 c'est pour soigner sa maladie
2:30 l ensemble du système nerveux
2:32 il prend des buts avec les bulls à dharamsala le point de toutes les
2:36 terminaisons nerveuses se rejoignent fillon remonte jusqu'au cap à l'afp
2:39 anne-marie
2:40 en passant sur les sept chakras voilà donc le réanimer les neurones
2:43 sensoriels
2:45 ce qui va permettre de raviver les 72 mille mercis les 35 millions de bulbes
2:49 des poils du corps humain
2:51 cette méthode très efficace et permet d'éliminer les douleurs articulaires
2:54 les tensions et des douleurs musculaires qui permet aussi d'améliorer la
2:58 souplesse
3:05 alors à bernard fontanié qu'avec nos plateaux de val d'isère vous êtes
3:09 médecin l'urgentiste départ à chamonix
3:11 et puis parfois haute montagne vous êtes devenu médecin aventurier
3:15 pulvérisé ce grand projet est donc maintenant au tour du monde à la
3:17 rencontre de ceux qui soignent autrement quinze pays visités on va en parler
3:20 ensemble puis jean-pierre dozon bonsoir soit il ya deux ans vous êtes contre
3:23 paul hodes directeur d'études à l'école des hautes études en sciences
3:26 sociales à paris vous avez beaucoup étudié l'afrique
3:28 et surtout les relations entre le religieux et politique et aussi les
3:31 relations entre le club turc et la santé c'est le cas d'autres sujets
3:34 encore en parler ensemble
3:35 à l'occasion pour commencer votre livre médecine d'ailleurs rencontre avec ceux
3:39 qui soignent autrement je ne m'attaque pas ou n'a tenu la cuisse pas la
3:42 médecine conventionnelle ce qui s'est passé pas de tous usagers à savoir
3:44 cette médecine moderne c'est biomédecine comme on l'appelle
3:47 le concerne environ 15%
3:49 vingt pour chanter de la population mondiale et 80 ou 85%
3:52 du reste des des humains sont soignés par ces médecines traditionnelles
3:56 alternative différente dont vous parlez dans votre livre
3:59 première question pourquoi avez-vous entrepris ce voyage d'un an
4:03 parce que j'ai voyagé le beaucoup et dans ma profession aussi et que j'ai
4:07 j'ai rencontré ces gens et d'autres cibles à travers le monde
4:10 éclore leur destin m'a touché leur estomac toujours tant que soignant je me
4:14 suis toujours dit qu'ils étaient ces gens qui sont liés de façon très
4:16 différente avec un accès aux soins très différent aussi beaucoup plus
4:18 beaucoup moins de moyens que moi
4:20 les gens mais je n'en veux avoir plaisir de remettre en question vous votre
4:23 propre savoir-faire remise en question mais simplement de
4:26 douze de connaître ces gens savoir qu'il était et pourquoi en
4:29 vers le cap horn était encore dans cette situation dans notre monde essaie
4:31 d'aller interprété cinq essais comprendre et on a eu la chance de
4:34 porter un film pour parler de tout ça et
4:36 et de laisser de la portée des pierres qu'ils disaient
4:39 musique inspire pas hésité tout ça mais le livre commence par l'afrique du
4:42 sud et au brésil en chine en inde au japon kényanes je veux demander quelle
4:46 quelle est votre est un peu bateau comme question mais quel est votre expérience
4:48 l'afp
4:49 la plus forte la plus belle que vous avez vécu
4:51 plusieurs études récentes très belle leona au-delà il est plus difficile de
4:55 l'autre mais j'ai été très surpris par le chaman brésilien a par exemple
4:58 parce que leur pratique extrêmement différente de la mienne et
5:01 malgré tout
5:02 le chemin que j'ai rencontré a été capable de me diront c'est un peu la
5:04 même chose que toi et moi quand on soigne les autres consoles à peu nous
5:07 amène aussi écouter et entendent 105 5 9 en récession très très mal
5:10 rappelons l'anthropologue que vous êtes partis voire une aventure pareille que
5:14 ce qui se dit
5:15 beezik le plus élevé à la ferme-auberge les jurés
5:19 le peut-être vous accompagner dans quelques mois ce projet panel africain
5:23 en particulier août
5:24 où en est chez eux euros pourquoi pas moi je m'étonne pas que vous
5:28 vous soyez vollmer toner parce que
5:31 on a frisé partout où le ton dans tous les pays que je connais de d'afrique de
5:35 l'ouest à partie
5:36 publiées dont seulement une médecine la nôtre
5:38 mais biomédecine qui marche mal
5:40 un qui marche mal editis des hôpitaux
5:44 oui a pas ce qu'il faut où les infirmiers ne font pas le travail d'un
5:47 allemand où les médecins ne sont pas là et que cette radeon côté et cela
5:51 même si les marges
5:51 alors raconté loin du compte la médecine alternative la médecine dit
5:55 trad traditionnelle marche très bien elle a toujours marché depuis très
5:59 très longtemps des sur eux les africains nous ont pas attendus pour eux
6:01 pour cela je soignais ils ont des ils ont des recettes ils ont des plans qui
6:06 sont des explications aussi sur la maladie alors qui sont riches ces
6:09 enquêtes et qu'est-ce que qu'est-ce que c'est sa manne qu'est-ce qu'est ce que
6:12 c'est ma soeur qu'est-ce que césaire maurice pour prendre les prend dans leur
6:15 ensemble m6 a de différent d'un internaute
6:18 dix maisons a pris le dessus sur l'homme sur la maladie sur la guérison
6:21 je crois qu'il est bon difficile de faire des généralités mais par
6:24 comptines d'une quête de sens de la part des patients on la sent très bien
6:27 chez nous
6:28 et toutes ces cultures ont des réponses à leur seule réponse qui sont parfois
6:31 un peu fantastique qui nous paraissent un peu
6:33 parfois amusantes prévenu mais en tout cas une relation avec les ancêtres avec
6:37 le cosmos ya beaucoup d'explications qui permettent aux gens de comprendre
6:40 pourquoi ils sont malades ce qui est très du sivom a parfois d'expliquer à
6:43 des mains des passants e pourquoi leur maladie il est apparu pâle voisins et
6:46 ça on se pensait pas toujours très mal pendant cinq ans c'est pas une maladie
6:49 infectieuse transmissible on a du mal à personne
6:51 et la banque qu'on donne des réponses les passants sont plus récents
6:54 on se sent plus en plus que les autres et béthune qui s'intéresse aussi aux
6:58 yeux du dialogue
6:59 au cours de ce fait des maladies pas seulement au fmi mais donné les effets
7:02 il faut aussi être très clair notre médecine est très puissante dans le
7:05 pays et nous espérons été remplacés par des robots devons tous et toutes ses
7:08 victimes
7:09 elles ne sont efficaces dans un certaine mesure pour des soins de santé
7:11 primaires pas pour tout le monde y avait une relation au patient la maladie qui
7:15 est qu'il est très différent de chez nous et que ce qui est très
7:17 intéressant d'après le journal oui c'est tout à fait ça c'est à dire que
7:20 knowles de médecine à une c'est assez pauvre en cause du moins du temps -
7:24 qu'il s'agisse d'un agent pathogène ou des choses comme ça avant mais
7:27 autrement
7:28 mais aussi les gens ont un cancer des choses comme ça et il a poursuivi on va
7:31 leur dire ses ventes en volume du fait que leurs gènes leur mère emma est
7:35 assez rare que ça maintenant c'est pas trop de saverdun en effet les messines
7:38 dites alternatives afin d pourrait-on veulent mettre le accent sur le sens
7:43 arras et donc de ducos immédiatement le l'on va chercher des explications qui
7:47 vont parfois dix pieds sur le site
7:49 terrible puisque serre sylvie fortement une sanction contre l'iran a fait ce
7:53 qu'il fallait avec les ancêtres avec eux
7:55 il est interdit pour les obligations oui on est quelquefois persécuté par les
7:59 autres implants tel-aviv et à sang jaillit au réseau sur ces trois heures
8:03 par jour que la mort n'a par contre évidemment si les gens ont des
8:06 explications il ya déjà un élément de rassurant centipede sortant ils sont
8:09 tout de suite dit oui
8:10 ils vont un peu mieux si vous voulez parle cette peine de connaître une fin
8:13 bien pour la finale pour l'anthropologue que vous êtes c'est sur la médecine
8:17 elle dépend
8:18 beaucoup du contexte culturel dans laquelle celle-ci exerce évidemment
8:21 parce que riz
8:22 écoutez et l'autre l'année les messines borlaug mal à cacher sa
8:26 maladie d'abord il a même dit bien souvent s'inscrire
8:29 dans un contexte de spike à sion 2 tradition de soins et 7 heures
8:34 mais il veut
8:35 pour 100 e la médecine un autre site elle suppose
8:38 tout à l'heure nous n'en semblent de choses qui fonctionne si les pme qui
8:43 fonctionne ou du moins auxquelles les gens adhèreront regarder la vaccination
8:47 complète chez nous il n'y a pas si longtemps la vaccination les gens y
8:51 adhérer d'armements depuis qu'il y a elle des problèmes parfois employé de
8:55 mairie depuis quelques problèmes hépatiques des éclats de verre
8:58 pour les autres la chaîne hbo vient de tomber dans doute ou un mandat d'adjoint
9:03 de croyance chiite dans la hâte
9:05 en rendant là-bas je vais jouer vendredi c'est cependant le temps ça
9:09 marchait pas en même temps ça marche pas on n'est pas si grave n'est pas si
9:12 fort que ça dans l'adhésion à nous laisser piétiner culture sont
9:15 indissociables sa fille oui absolument
9:17 alors senti à l'aise en lisant votre livre ya quelque chose qui qui n'est
9:20 apparu équipe très très nette très nettement
9:22 c'est que ce sont tous des médecines quelle qu'elle soit
9:25 kibboutz consacre du temps la notion du temps de la gestion du temps ce que la
9:29 relation malade et c'est ce que j'ai ressenti on sait très bien que chez
9:32 nous on a un passe-temps pour les médecins en manque de temps les
9:35 hôpitaux manquent de temps et
9:36 éducation en avoir plus de temps en temps avec leur médecin et c'est pour
9:39 ça que beaucoup de nos patients se tournent vers d'autres praticiens
9:42 ceux qui ont plus de temps qui prennent plus de temps
9:45 ailleurs j'ai vu des gens qui voyait très peu de malades par jour par
9:48 semaine et qui avait vendu temps est consacré des rituels très long très
9:51 très complexe qui prennent du temps les gens soupçonnent le temps
9:54 nous on manque de temps très clairement donc qu'il y avait aussi quelque chose
9:57 à comprendre aussi la période a été un peu difficile pour moi j'ai vu sur
10:00 l'afrique cela relève du voyage aussi c'est-à-dire non pas du voyage
10:03 chamanique mais les gens
10:04 prennent du temps ils prennent le temps pourquoi aller voir un guérisseur qui
10:08 parfois est à des centaines de kilomètres parce que celui-là une
10:12 réputation absolument extraordinaire et là ils vont passer en effet quinze
10:16 jours ils vont partir d'un voyou rester là et quelques fruits part pas seul ils
10:20 partent avec leur famille avec un ou deux membres
10:23 et il est donc c'est toute une entreprise
10:25 et lors de ses voyages moi j'ai j'ai accompagné comme ça des leafs des
10:29 idées des gens dans leur voyage on est en tête dans leurs pérégrinations
10:32 thérapeutique et en même temps ils faisaient part de leur plaisir même si
10:37 c'était pas très bien résolu des problèmes sixième si vous avez des
10:39 problèmes et leur plaisir
10:41 allez dans ce voyage là c'est-à-dire que ce qu'on ne connaît presque plus
10:44 nos sauf les pèlerinages
10:46 sous une autre façon de faire de mal
10:48 un terrain plus difficile de faire de la médecine sans avoir besoin de savoir
10:52 mais c'est un peu le csf émane de l'autriche et moralement par tous les
10:55 gens qui font le tour de tous les lieux à 1000m et joggeurs nez et un
10:58 châtiment sévère que psychologique a une influence
11:01 très important samedi à ivry-sur-seine val-de-marne le plaisir des gens dans
11:05 les puces qui partent dans le monde quand même que si je passe rien et vous
11:09 vous avez été debout avait l'impression d'être plus utile quand
11:11 leurs gentils histoire mort en essayant éventuelles ce que vous avez appliqué
11:15 ces médecines l'ordonnancement dans ma pratique je peux pas les appliquer parce
11:18 que le cinéma français très technique et passion
11:21 on lui souhaite vraiment que je vais évidemment pas aisée face à changer
11:24 le traité devra changer la vision de la maladie du rapport à la souffrance a
11:27 manqué beaucoup de questions qui sont posées que j'ai beaucoup de questions
11:30 dans rome autour de l'évolution de notre monde depuis son retour la
11:32 pratique de notre médecine
11:34 elle n'est pas sans se poser de question qui ne se posait pas commode pour les
11:37 vaccins
11:38 il ya des choses à régler mais je t'ai changement qui est arrivé mais il faut
11:40 qu'on prenne ce tourment % intelligemment et et il faut évaluer
11:43 nos confrères et beaucoup de résistance sans parler d'une ville à
11:45 une autre on parle je crois qui est des résistances beaucoup de méconnaissance
11:48 500 et 2 pas beaucoup d'intérêt pas forcément beaucoup d'intérêt non plus
11:51 mais je crois que si les passions une vraie demande il faut il faut il faut
11:54 l'entendre a demandé à l'alliance si vous ne pratiquez pas
11:56 plus en accord avec ce que les gens veulent vivre et vole le ballon retombe
12:00 comme son arrivée il faut il faut comprendre ça me convient plutôt de
12:03 les opposer on peut dire que ce sont des médecines complémentaires il est de
12:06 toute façon même dont notre médecine des mallettes de dédé
12:08 thérapeutique qui sont indispensables pour avoir une espérance de vie telle
12:11 qu'on l'a souhaité une qualité digne quel point ce vote
12:13 pour un nombre de pathologies on peut faire appel à d'autres pratiques à
12:16 d'autres techniques et des croyances parfois aussi n'ont pas toujours très
12:19 bonne
12:19 en tout cas cessé tout ça n'est pas cliver il faut il faut arriver à être
12:22 utilement du foncier critique il faut aussi mieux
12:25 savoir dire des gens qui font des choses qui sont pas bien que plus on n'a pas
12:27 intérêt qu'on n'a pas bronché
12:29 ce sera intéressant le voulu ni inciter à 2 2
12:31 2 commentaires d'intégrer ces décisions tout cas certaines
12:34 d'entre-elles dans le cursus universitaire dans le pays ah oui bien
12:37 sûr
12:38 ahmad chalabi sino-chinoises traditionnelle ça commence à prendre
12:42 tournure un peu sur ma faim déjà
12:45 l mais c'est vrai qu'en france qui a de la résistance à notre pays et nous
12:48 sommes enchaînés à un vrai problème avec l'épreuve reine honda on a une
12:51 médecine qui essaient de faire la promesse de son efficacité face à la
12:54 presse
12:55 elle doit le faire à une exigence d'organiser une passion c'est pas
12:58 toujours parfait mais on essaie de faire comme ça et stoppé beaucoup de ces
13:01 pratiques n'apportent pas brader l'épreuve alors qu'on a et on aime une
13:03 culture scientifique qui s'est fini qui coince un peu à ça on va en rester à
13:07 valence dans le temps parce que je rappelle votre livre médecine
13:09 d'ailleurs
13:10 à la rencontre avec ceux qui soignent autrement vous édition trois éditeurs
13:14 éditions la martinière arte éditions ces bonnes pioches c'est le cas de le
13:17 dire merci beaucoup merci merci d'avoir été là
13:19 nos invités tous les plus aisés



 


 

Bernard FONTANILLE à France Info "Votre France Info"
Dialogue avec Bernard Thomasson


France Info - Lundi 1er avril 2014 au journal de 13 heures -




(Ré)écouter l'émission (11'53) :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=669625359764939&set=a.658080580919417.1073741829.100001524447567&type=1&theater



PRÉSENTATION :

Interview de Bernard Fontanille au sujet de son livre "Médecines d'ailleurs".

Présentateur : Bernard Thomasson

 

CONDENSÉ ÉCRIT DE L'ÉMISSION :

Ce condensé est présenté au lien :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=669625359764939&set=a.658080580919417.1073741829.100001524447567&type=1&theater

Urgentiste à Chamonix, le docteur Bernard Fontanille parcourt la planète pour diverses missions médicales.
Auteur du livre "Médecines d'ailleurs, rencontre avec ceux qui soignent autrement" (aux éditions de La Martinière), il parle de l'exemple d'autres civilisations pour se soigner. 

Le docteur Bernard Fontanille explique cette envie d'aller voir comment on soigne ailleurs : "elle est née de rencontres au cours de voyages que j'ai réalisés avant et où j'ai croisé le quotidien de certains soignants, qui travaillent très différemment par rapport à ce qu'on peut faire chez nous.
Et ça m'a donné envie de leur donner la parole."

L'urgentiste raconte avoir rencontré des herboristes, des spécialistes des manipulations.
Il a également vu des médecines un peu plus occidentales, mais dans des contextes difficiles.
Bernard Fontanille a voulu faire un tour d'horizon de ce qui se passe dans le monde à notre époque.

"Des réponses très locales à des problèmes très locaux"

"C'est différent dans le sens où nous pratiquons une médecine très scientifique, très technologique et très efficace.
Ailleurs, par manque d'argent et d'accès aux soins, on pratique des médecines plus anciennes, mais avec une efficacité qui est relative, mais très certaine. (...) Très souvent, j'ai trouvé des réponses très locales à des problèmes très locaux.
Pour le paludisme, à des endroits, on a des plantes qui marchent très bien."

Le docteur Bernard Fontanille explique que les techniques évoluent en fonction de la disparition de certaines espèces végétales, des nouveautés qui peuvent apparaître, mais elles gardent un aspect ancestral pour certaines, avec des pratiques assez curieuses parfois.

"La religion n'est pas une médecine, mais la prière peut être un soin"

La diversité de ce qu'est l'être humain a surpris le médecin : "Même si on voyage beaucoup, on peut être surpris par les gens qu'on rencontre.
Et c'est aussi la faculté qu'a l'être humain de s'adapter à son environnement et aux problèmes que peut poser l'existence même.
Il trouve des réponses que ce soit psychologiques, philosophiques ou spirituelles, mais aussi des réponses purement médicales."

Bernard Fontanille raconte également que la religion accompagne beaucoup de ces soins.
Le docteur assure que "la religion n'est pas une médecine, mais la prière peut être un soin.
Elle a des effets sur le cerveau, qu'on est en train de découvrir grâce aux IRM fonctionnels par exemple.
Dans beaucoup d'endroits, la religion est bien plus présente que chez nous et parfois extrêmement importante." 



Pour (ré)écouter l'émission (11'53) :
ttp://www.franceinfo.fr/ vie-pratique/ votre-france-info/ les-medecines-venues-d-aill eurs-1370711-2014-04-01

 


 

Bernard FONTANILLE à France Inter "Partir avec"
Par Marie-Pierre Planchon


France Inter - Lundi 7 avril 2014 à 0h00 -




(Ré)écouter l'émission (54'38) :
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=863652

 

Podcast/Itunes : itpc://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_11538.xml

Facebook :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=672483669479108&set=a.658080580919417.1073741829.100001524447567&type=1&theater


PRÉSENTATION :

Présentation au lien :
http://www.franceinter.fr/emission-partir-avec-bernard-fontanille

Présentatrice : Marie-Pierre Planchon

Bernard Fontanille, ce "toubib" pas tout à fait comme les autres, a parcouru la planète pour plusieurs missions médicales et a eu l'envie de partager ses découvertes avec le plus grand nombre.
C'est comme cela qu'est née cette idée de réaliser une série de documentaires, diffusée sur Arte et complétée par un très beau livre "Médecines d'ailleurs" aux Editions La Martinière. 
Médecin urgentiste, il nous emmène découvrir et partager la vie des femmes et des hommes qui prennent soin des autres, sauvent des vies, parfois imaginent de nouvelles manières de soigner et de soulager.
A travers ses rencontres et ces pratiques, il nous raconte les différentes réalités d'un pays, mais aussi le lien universel qui unit un patient à son soigneur, la confiance nécessaire, leur humanité.


INVITÉ BERNARD FONTANILLE :

Médecin urgentiste, Bernard Fontanille parcourt la planète pour diverses missions médicales, qu’il s’agisse d’encadrer des équipes ou bien de soigner les autres.

Il a co-écrit avec la journaliste-grand reporter Elena Sender le livre « médecines d’ailleurs » aux  éditions de la Martinière (2014) qui éclaire les médecines traditionnelles et ancestrales, ainsi que le lien universel qui unit un patient et son soigneur.
Ce livre accompagne la série documentaire éponyme diffusée sur Arte dans laquelle chaque émission invite à découvrir un pays, un médecin et une manière de soigner.

 

PROGRAMMATION MUSICALE :

- Bernard Lavilliers : "Vivre encore" de Bernard Lavilliers. Parution : 2014

- Quantic et Pongo Love : Duvido. Label : tru Though. parution : 2014

 

PROGRAMMATION MUSICALE :

- Médecines d'ailleurs : de Bernard Fontanille et Elena Sender. Editions de la Marinière/ARTE éditions. Parution : 2014

 

AUTRES ÉMISSIONS SUR FRANCE INTER : #france_inter

 


 

"À la découverte de ceux qui soignent différemment"
propos de
Bernard Fontanille à ActuSoins


ActuSoins - toute l'actualité infirmière - 10 avril 2014 -


Photo de l'album dans Facebook

Présentation au lien :
http://www.actusoins.com/21214/decouverte-ceux-soignent-differemment.html



PRÉSENTATION :

Propos recueillis par Laure Martin

ARTICLE paru au lien : http://www.actusoins.com/21214/decouverte-ceux-soignent-differemment.html

A la découverte de ceux qui soignent différemment

Pendant un an, de novembre 2012 à novembre 2013, le Dr Bernard Fontanille, médecin urgentiste habitué aux interventions en terrains difficiles, a parcouru le monde. De la Bolivie à la Corée du Sud, en passant par l’Ouganda, la Mongolie et la Chine, il est parti découvrir ceux qui soignent autrement. Cette vingtaine de rencontres avec des guérisseurs a donné lieu à des reportages diffusés sur Arte et à un livre.

Qui sont ces soignants que vous avez rencontrés et comment avez-vous été accueilli ?

Ce sont des chamans, des moines, des rebouteux, des infirmiers... Je ne suis pas allé les rencontrer comme un touriste, je suis venu comme un médecin qui, en sortant de mon rôle de médecin occidental, était curieux de voir et de comprendre comment ils soignent.

Nous avons en commun notre rôle de soignant, ce qui a instauré une forme de reconnaissance entre nous. Tous ceux que j’ai rencontrés ont eu envie d’en parler car nous avons un rapport aux autres qui est identique : nous sommes face à un patient, qui a besoin de nous et nous lui répondons. Cela nous met sur un pied d’égalité, nous avons un rapport de confiance. Pour beaucoup, c’était la première fois que quelqu’un s’intéressait à ce qu’ils font.

Est-ce qu’une rencontre vous a particulièrement touchée ?

Il n’y en a pas qui ne m’ont pas touchées. Mais certains reportages ont été plus difficiles à réaliser que d’autres. J’ai adoré ma rencontre avec une vraie sorcière d’Afrique du Sud, et des chamans m’ont aussi beaucoup impressionné en plein cœur de l’Amazonie. La plupart des liens que l’on a tissés sont très forts. Je suis encore en contact avec certains d’entre eux, mais je sais qu’il y en a d’autres que je ne reverrai jamais car ils sont trop éloignés de la civilisation.

Est-ce qu’un type de soins vous a étonné ?

Je ne peux pas parler d’efficacité ou de résultats car je ne suis pas resté assez longtemps – au grand maximum 8 jours – à leur côté pour le constater. Mais j’ai remarqué que localement, ces soignants apportent tous quelque chose, ils sont utiles, et donc tous m’ont surpris. J’ai vu des médecines très structurées au Ladakh, et d’autres guérisseurs qui connaissaient parfaitement les bienfaits des plantes et qui m’ont bluffé. J’ai également été impressionné par les Massaïs.

Certains n’ont pas eu le choix de faire ce qu’ils font. Slindile Ntlego, qui vit en Afrique du Sud, voulait être comptable, et aujourd’hui, elle est une sangoma, porte-parole des esprits dans le monde des vivants. En raison de ses croyances, elle n’a pas la vie qu’elle aurait aimé avoir.

Avez-vous eu l’occasion de rencontrer des infirmières ?

Oui, plusieurs fois, notamment au Brésil ou encore au Népal où une infirmière assure seule la permanence d’un dispensaire. Elle joue tous les rôles. Un médecin vient la voir de temps en temps pour faire le point. Dans les hôpitaux en France, on entend de plus en plus d’infirmières ou d’aides-soignantes dire qu’elles n’ont pas le droit de faire tel ou tel acte. Ce n’était pas le cas il y a 10 ans.

Je ne suis pas nostalgique de cette période car la sécurité des patients passe avant tout. Mais on est en train de se prendre les pieds dans le tapis. Au Népal, cette infirmière fait de nombreux actes, toute seule, car elle n’a pas le choix et le médecin vient de temps en temps et la forme.

Les personnes que vous avez rencontrées connaissent-elles la médecine conventionnelle ?

Tous en ont entendu parler, et ils leur arrivent de se soigner de cette manière. Mais elle coûte chère et parfois, ils en sont trop éloignés. Il est possible que si notre médecine était gratuite, il n’y aurait plus de médecine traditionnelle. Là, grand nombre des patients n’ont pas accès à autre chose.

Et puis ces guérisseurs ont un peu le même rôle que nos médecins traitants, les gens leur font confiance. J’ai vu des personnes qui ont les moyens de se faire soigner par la médecine conventionnelle mais qui vont quand même voir leurs guérisseurs pour avoir leur avis…

Quel regard portez-vous sur la médecine conventionnelle après un tel échange ?

Mon regard a changé dans le sens où avant, je me posais des questions et là, j’ai eu accès à des réponses que je n’avais pas eu jusqu’à présent. Par exemple, dans ma pratique aux urgences, j’ai des patients qui ne sont pas toujours satisfaits car je ne leur ai pas apporté une réponse qui leur convenait faute de temps.

Et lors de mes voyages, J’ai vu des chamans en Corée du Sud passer trois jours avec un patient, qui a pu vider son sac. Chez nous, ça lui aurait pris quatre ans de psychanalyse. Je sais que je ne peux pas apporter toutes les réponses à mes patients, d’autant que chez nous, il manque des possibilités pour les patients qui n’ont accès qu’aux médecins alors qu’ils auraient besoin d’autre chose.

Propos recueillis par Laure Martin

Dr Bernard Fontanille et Elena Senders, Médecines d’ailleurs, rencontre avec ceux qui soignent autrement,
Editions de La Martinière et Arte Edition, 2014, 215 pages, 29 euros.

Dossier concernant la série Médecines d'ailleurs de Bernard Fontanille (vidéos, transcriptions écrites de la majorité des vidéos, radios...) au lien :
http://www.conscience33.fr/tv-medecines-ailleurs.html

 


 

Médecines d'ailleurs dans des journaux

Image illustrative de l'article Le Monde

Le Monde le 21.04.2014

ARTICLE paru au lien : http://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/04/21/les-medecines-du-bout-du-monde_4404895_1650684.html

Les médecines du bout du monde

Comment soigne-t-on sur les hauts plateaux des Andes, dans la forêt amazonienne ou encore sur les îles indonésiennes ? Médecin urgentiste et grand voyageur, Bernard Fontanille est parti un an à la rencontre de ces praticiens qui exercent autrement, souvent seuls, dans les zones les plus reculées de la planète. De ce périple sont nés des reportages (diffusés en mars sur Arte, http://future.arte.tv/fr/medecine-dailleurs) et un beau livre, coécrit avec la journaliste Elena Sender.

Chacun des pays explorés est présenté avec quelques données-clés (population, principales maladies, système de soins…), puis le docteur Fontanille relate sa rencontre avec une médecine traditionnelle et surtout un soignant emblématique. Bien loin d'un traité médical, l'ouvrage, richement illustré, fait la part belle aux reportages et aux portraits.

« CÉRÉMONIE DE GUÉRISON »

Dans le parc indigène du Xingu, en pleine forêt amazon...

L’accès à la totalité de l’article est protégé

 

Image illustrative de l'article Le Nouvel Observateur

Le Nouvel Observateur le 21.04.2014

ARTICLE paru au lien : http://livres-et-voyages.blogs.nouvelobs.com/tag/bernard+fontanille

Médecines d'ailleurs: une ouverture sur le monde

La volonté de guérir est universelle. Dès son apparition sur terre, l’homme a cherché par tous les moyens à réparer ce qui, en lui, se détériorait. Au fil des siècles, chaque peuple a trouvé dans son environnement des solutions à ses maux. Aujourd’hui, de plus en plus de chercheurs occidentaux s’intéressent à ces cultures étrangères qui utilisent plantes, massages, méditation, prières et manipulations diverses pour venir à bout des dysfonctionnements du corps humain.

Bernard Fontanille et Elena Sender nous entraînent dans un tour du monde de ces thérapeutiques quelquefois déroutantes mais toujours passionnantes, où il apparaît que non seulement les diverses façons d’éradiquer les maladies se complètent, mais qu’elles nous éclairent également sur leurs très riches visions de l’univers. C’est surtout une heureuse alternative écologique à la solution chimique souvent génératrice d’effets secondaires indésirables. Nosrebouteux connaissaient et pratiquent depuis la nuit des temps ces autres façons plus « naturelles » et moins agressives d’appréhender l’homme dans son intégralité. Car, in fine, il ne faudrait pas que le remède soit pire que le mal.

Bernadette Atlan

 

 


 


Dans le magazine "Happinez" n°3 Mai-Juin 2014

Bernard Fontanille
Amour, espoir et foi


Magazine "Happinez" n°3 - Mai-Juin 2014 (4,95 €)

(RE)LIRE L'ARTICLE - LE MAGAZINE HAPPINEZ - L'ARTICLE DE BERNARD FONTANILLE


Photo de l'album de Facebook




(Re)lire l'article :
http://fr.calameo.com/read/000973609145f70cb1094

C'est en pages 44 et 45 du magazine, dans le lien de "Calaméo" qui présente la lecture partielle du magazine.
Avec ce lien, il suffit de cliquer et la page de Bernard Fontanille apparaît au 5ème clic !

 

 


LE MAGAZINE HAPPINEZ :

Site web : http://www.happinez.fr

Sur Facebook : https://www.facebook.com/happinezfr

Happinez, un magazine féminin unique en France alliant profondeur, sagesse et art de vivre pour inspirer chacun dans sa quête vers l'épanouissement.

Parution : tous les deux mois.

 

L'ARTICLE DE BERNARD FONTANILLE :

(RE)LIRE L'ARTICLE EN ENTIER avec "Calaméo" au lien :
http://fr.calameo.com/read/000973609145f70cb1094

C'est en pages 44 et 45 du magazine, dans le lien de "Calaméo" qui présente la lecture partielle du magazine.
Avec ce lien, il suffit de cliquer et la page de Bernard Fontanille apparaît au 5ème clic !

Citation de Bernard Fontanille :
« Un chaman m'a dit : En soignant les autres, nos âmes s'embellissent. »

 

Amour, espoir et foi
Bernard Fontanille

Bernard Fontanille, médecin urgentiste à Chamonix, est résolument tourné vers les autres. 
Pendant un an, sa curiosité l’a fait voyager dans le monde entier à la rencontre des personnes qui soignent de façon traditionnelle.
Il en a tiré une série de documentaires intitulée Médecines d’ailleurs, diffusée sur Arte.

Qu’est-ce que l’amour ?
En allant à la rencontre de toutes ces personnes qu’à priori je n’étais pas supposé rencontrer dans ma vie, j’ai été accueilli avec amour.
Pour moi, c’est ça l’amour, recevoir l'autre, l'accepter, sans calcul, sans essayer d'en tirer quoi que ce soit...
...

En quoi croyez-vous ?
Je crois en nous...
...

Qu'est-ce qui est sacré pour vous ?
La parole est sacrée...
...

En quoi placez-vous votre espoir ?
Je le place dans mes enfants, dans ce que je peux leur apporter...

 

LIRE DES EXTRAITS de l'article au Blog "1.2.3... PARIS" :
http://undeuxtroisparis.blogspot.fr/2014/05.3/bernard-fontanille-medecin-urgentiste.html

Bernard Fontanille, médecin urgentiste, a voyagé dans le monde entier à la rencontre des personnes qui soignent de façon traditionnelle.


En quoi croyez vous ?
Je crois en nous.
J’ai pu être pessimiste par le passé. Je sais que la planète ne va pas bien et que les Occidentaux vont mal.
On dit souvent qu’ailleurs, ça doit-être dure, mais ici, si on prend beaucoup d’antidépresseurs et qu’on boit beaucoup d’alcool, c’est qu’on ne doit pas aller très bien…

Nous sommes très angoissés, nous trouvons peu de réponses à nos questions.
Mais j’ai rencontré beaucoup d’optimisme au cours de ces  voyages, dans des coins où on ne s’y attendrait pas forcément, et cela m’a rendu optimiste.

Je crois fortement que nos enfants, nos petit-enfants, auront des idées que nous sommes déjà trop vieux pour exprimer, car il est difficile de ralentir et de changer des habitudes confortables.
Mais il y a des tas de solutions à inventer, un nouveau mode de vie.
Je crois en la sagesse des anciens, mais je crois aussi très forte en la puissance de la jeunesse. 
Il faut aller voir d’autres points de vue, se forcer à s’exposer aux autres, voir qu’ailleurs, les gens ont des tas de projets, d’initiatives, d’autres façons de vivre...

 


 


 

Bernard Fontanille à France Inter :
Les médecines du bout du monde

Radio France Inter - Vendredi 4 juillet 2014 à 17h


Photo de l'album de Facebook




(Ré)écouter l'émission (24'21) :
http://www.franceinter.fr/emission-le-temps-dun-bivouac-les-medecines-du-bout-du-monde
(disponible jusqu'au 29 mars 2017 17h)

Chamane brésilien, guérisseur Masaï, moine shaolin-médecin.
Bernard Fontanille est parti à la rencontre de ces médecins d'ailleurs.
Sans jugement ni parti-pris, il relate leurs pratiques traditionnelles qui ont toutes un point commun : prendre soin de l'autre.


DÉTAILS DE L'ÉMISSION :

Partir au quatre coins du monde pour rencontrer les médecins d'ailleurs.
Voilà le but de Bernard Fontanille que c'était fixé Bernard Fontanille en réalisant sa série de documentaire pour Arte.
Afrique du Sud, Bali, Bolivie, Brésil, Cambodge, Chine, Corée du Sud, Espagne, Inde, Indonésie, Japon, Kenya, Ladakh, Mongolie, Népal, Ouganda, Pérou, le médecin urgentiste originaire de Chamonix a parcouru le globe pour parler avec ces soigneurs traditionnel, ceux qui exercent dans des zones reculées où par manque de moyen, par absence d'infrastructure ou par croyance, les gens ne vont que rarement à l'hôpital.
Sans porter de jugement, il tente de comprendre leur pratique, parfois à l'opposé de la médecine occidentale.

Livre : « Médecines d’ailleurs » de Bernard Fontanille et Elena Sender aux éditions la Martinière

Le site de la série sur Arte : http://www.arte.tv/guide/fr/048081-002/medecines-d-ailleurs

 


EN SAVOIR PLUS SUR BERNARD FONTANILLE :
au lien http://www.franceinter.fr/personne-bernard-fontanille

Médecin urgentiste

Médecin urgentiste, Bernard Fontanille parcourt la planète pour diverses missions médicales, qu’il s’agisse d’encadrer des équipes ou bien de soigner les autres.

Il a co-écrit avec la journaliste-grand reporter Elena Sender le livre « médecines d’ailleurs » aux  éditions de la Martinière (2014) qui éclaire les médecines traditionnelles et ancestrales, ainsi que le lien universel qui unit un patient et son soigneur.
Ce livre accompagne la série documentaire éponyme diffusée sur Arte dans laquelle chaque émission invite à découvrir un pays, un médecin et une manière de soigner.

 

PRÉSENTATION DE L'ÉMISSION LE TEMPS D'UN BIVOUAC :

L'émission LE TEMPS D'UN BIVOUAC par Daniel Fiévet du lundi au vendredi à 17h

Sur Facebook : https://www.facebook.com/LeTempsDunBivouac
Sur le Web : http://www.franceinter.fr/emission-le-temps-dun-bivouac

Du lundi au vendredi, de 17h à 18h, Le temps d'un bivouac donne la parole aux voyageurs avides de rencontres et de découvertes lointaines.

Description

Qu’ils soient scientifiques, écrivains, documentaristes, photographes ou simples globetrotteurs, tous ont en commun le goût de l’aventure et de l’inconnu.
Leur curiosité les a menés parfois très loin, jusqu’au pôle nord, au fin fond d’une forêt tropicale, sur une île perdue ou encore dans une tribu coupée du monde.

Dans « Le temps d’un bivouac », ces aventuriers modernes racontent ces ailleurs où nous n’irons sûrement jamais. Ils nous disent ce que leurs voyages leur ont appris. Ils content aussi les péripéties qui ont jalonné leurs parcours, les rencontres, les prises de consciences, les remises en question et les découvertes.

 

BIBLIOGRAPHIE :

  • Médecines d'ailleurs

    de Bernard Fontanille et Elena Sender
    éditeur : Editions de la Martinière/ARTE éditions
    parution : 2014

 

 

 


 

Bernard FONTANILLE à RCF :
Dr Bernard Fontanille :
Rencontres avec ceux qui soignent autrement

Radio RCF - Mercredi 7 mai 2014 à 17h03


Photo de l'album de Facebook




(Ré)écouter l'émission (55'12) :
http://www.rcf.fr/radio/rcf33/emission/143216/774141
ou
http://www.rcf.fr/radio/rcf33/emission/derniere/143216

 


Télécharger sur Itunes :
itpc://www.rcf.fr/emission/feed/143216

 


DÉTAILS DE L'ÉMISSION :

Médecin urgentiste à Chamonix, Bernard Fontanille vient de passer un an à la rencontre de médecins traditionnels pour réaliser une série documentaire pour ARTE.
Des rencontres de guérisseurs mongols ou de chamanes coréens qui ont changé son regard sur la médecine... et sur notre monde.

 


PRÉSENTATION DE L'ÉMISSION VISAGES :

L'émission Visages
Présentée par : Thierry Lyonnet
Chaque visage est unique, aussi l'émission Visages accueille-t-elle des hommes et des femmes d'une grande diversité : philosophes, personnes engagées dans le développement et dans l'action humanitaire, aventuriers, psychologues, écrivains...

Tous les mercredis à 17h03
Rediffusion le jeudi suivant à 04h00 et 23h00, le samedi suivant à 10h03, le dimanche suivant à 19h00

 

BIBLIOGRAPHIE :

  • Médecines d'ailleurs
    Bernard Fontanille
    Arte Editions et La Martinière

 

 

 


 

Festival organisé par ABM (Aventure du Bout du Monde) :
Interview de Bernard FONTANILLE
Festival  « Partir Autrement » - Paris 12 et 13 avril 2014


7ème festival ABM (Aventure du Bout du Monde) - 12 et 13 avril 2014
Espace Reuilly - 21, rue Hénard, Paris 12ème

(RE)VOIR LA VIDÉO - DÉTAILS DU FESTIVAL - TRANSCRIPTION ÉCRITE DE LA VIDÉO

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Photo de l'album de Facebook




(Ré)voir la vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=Nr6-dMcAWpc (5'57)
"Bernard Fontanille, médecines d'ailleurs, par ABM-TV"

 

Présentation de la vidéo aussi au lien :
http://www.abm.fr/video/latest/23 (5'57)
"Médecines d'ailleurs Rencontre avec ceux qui soignent autrement par Bernard Fontanille"
Tournage durant le 7ème festival PARTIR AUTREMENT 2014 (12 et 13 avril 2014 à Paris).

ainsi que dans le site "trucs-astuces - Tous les trucs pour se soigner" au lien :
http://www.trucs-astuces.info/video/Nr6-dMcAWpc/Bernard-Fontanille-mdecines-dailleurs-par-ABM-TV.html

 

 


DÉTAILS DU FESTIVAL :
au lien : http://www.abm.fr/archive/view/listid-4-adherents-abm-province/mailid-351-abm-partir-autrement-avec-guillaume-mouton-et-bernard-fontanille-j-7

Le rendez-vous incontournable de ce printemps pour tous les voyageurs qui souhaitent se rencontrer, 
échanger et préparer leurs prochaines aventures
 ! 
Deux jours de rêve, d'émotion et de rencontres authentiques sur le thème du voyage et de l'aventure humaine.

SOIRÉE DU SAMEDI 12 AVRIL
Salle 1
20h00 Médecines autrement, film de Bernard Fontanille

20h Médecines d'ailleurs, Rencontres avec ceux qui soignent autrement (Mongolie) 
film de Bernard Fontanille 26’
Bernard Fontanille est médecin urgentiste. Il a réalisé un tour du monde des médecines ancestrales à la rencontre de ces hommes et femmes qui consacrent leur vie à soigner les autres et de ces pratiques toujours profondément ancrées dans une culture. De ce voyage sont nés un ouvrage et une série de vingt épisodes de 26 minutes diffusés sur Arte. 
« Mongolie. Au-delà des steppes » nous emmènera découvrir la médecine traditionnelle mongole en compagnie de Choisuren Puji et de sa fille, tradipraticien et étudiante en médecine mongole.
mongolie14

Cette présentation est à lire au lien http://www.abm.fr/le-festival-partir-autrement/programme-2014/salle-1.html
Sur Facebook : https://www.facebook.com/aventure.boutdumonde/posts/439840309480783?stream_ref=10

(Nota : Ce film n'apparaît pas dans le pdf : http://www.abm.fr/images/Festival_PA_2014/42_PROG_FPA2014.pdf !)


ABM sur Internet : http://www.abm.fr/

ABM sur Facebook : https://www.facebook.com/aventure.boutdumonde

Aventure du Bout du Monde (ABM)
11, rue de Coulmiers
75014 Paris
Tél. : 01 45 45 29 29


PRÉSENTATION AU LIEN : http://www.sortiraparis.com/loisirs/cinema/articles/71137-festival-partir-autrement-2014-a-lespace-reuilly

Fondée en 1987, l’association Aventure du Bout du Monde (ABM) a pour objectif de promouvoir le voyage dans le respect des populations et des pays visités. Au fil des années, ABM est devenu un véritable carrefour de rencontres et d’échanges d’expériences autour du voyage hors des sentiers battusL’association Aventure du Bout du Monde (ABM) organise chaque année un rendez-vous axé sur le tourisme durable : le Festival « Partir Autrement » qui cette année se  se tiendra les 12 et 13 avril 2014 à l’Espace Reuilly.

Vivre une aventure unique, s’immerger dans des communautés locales, mener des actions solidaires, rencontrer les personnes qui œuvrent à un monde et à un tourisme meilleur, partir à pied, à vélo, en bateau ; partir pour créer, voyager, pour se réaliser à la rencontre des autres et de soi-même.

Convaincu de l’impact positif d’un tourisme responsable dans les pays en voie de développement, pendant 2 jours, ABM présente des projections et organise des débats autour de réalisateurs et d’auteurs, témoins d’une autre façon de voyager. Au programme également, rencontres avec des conférenciers et des voyageurs pratiquant une autre forme de tourisme, pour partager leur expérience.

 

ESSAI DE TRANSCRIPTION ÉCRITE DE LA VIDÉO :
Essai de la transcription écrite de la vidéo, à partir de la transcription googolienne présentée sur Youtube et d'une écoute attentive... malentendante !
Merci si quelqu'un peut affiner cette transcription.
Contact : Email conscience33@gmail.com

La vidéo est au lien : https://www.youtube.com/watch?v=Nr6-dMcAWpc (5'57)

-Bonjour et bienvenue au festival « Partir Autrement » édition 2014.
Je reçois avec moi Bernard Fontanille.
Est-ce que tu es docteur ?

-Je suis docteur effectivement.

-Tu es docteur, alors que s'est-il passé ?
Pourquoi tu es ici en tant que médecin ?
 Tu as un projet, ou bien il y a un malade quelque part ?

-Il n'y a pas de malade, je ne suis pas le seul but de diviser grandissement je suis le médecin-chef.
C'est le leur fait une série qui s'appelle médecine d'ailleurs.
Toute une série de vingt films de 26 minutes diffusée en mars dernier un livre qui s'appelle et de sida ayant aussi qui parle de ce projet.
Le projet était en fait de rencontrer à travers le monde des gens qui soignent de façon différente.
Des maladies différentes et des soignants différents et ça m’a interpelé en tant que médecin et je sais des gens que j'ai rencontrés au cours de nombreux voyages que j'ai pu faire avant et j'avais envie de parler d'eux et de montrer qui sont ces gens qui tous les jours donnent du temps et soigné sur le nord lors qu'on leur coupe citoyens en première.

-Donc en fait, il n’est ni la médecine ancestrale qui la voient directement les soignants les marabouts

-C'est pas forcément c'est râlant d'un journal quelques films qui traitent de médecine traditionnelle très traditionnelle dans des endroits très reculés du monde
Et on a aussi des films 2006 un peu plus contextuel est à dire une médecine peu plus occidentale dans des régions du monde qui sont très difficiles d'accès où l'accès aux soins est compliqué.
Ça peut être au Népal dans des dispensaires, on a été sur un bateau en Espagne, on a été chez les chamans en Amérique du sud, au brésil.
On a été voir des médecins très traditionnels en Bolivie par exemple, en Indonésie aussi.
On est allé en chine aussi évidemment et en a fait un film.
On a eu la grande chance de pouvoir en effet une espèce de tour du monde des médecines actuelles.

-Alors c'est un tour du monde en une seule fois ou cela a été de façon séquentielle ?

-Ça a été aussi une série de trois ou quatre films, parce que j'ai une famille, j'ai une vie et c'est le cas les gens quand on peut voir mes enfants.
Donc, j'ai fait les deux allers-retours un peu partout dans le monde et j'ai fait des hommes a fait parole continent et c'est d'organiser ça pour être un peu le moins le moins délétère possible en termes de bilan carbone par exemple.  

-Tu ne partais pas tout seul.
Tu partais par exemple avec ton sac à dos et des casseroles.

-Alors je ne suis pas parti tout seul.
Devant tout ça, ça ne peut pas se faire autrement qu'avec une équipe de production, un peu de production par contre en tournage ont été deux projets.
spartak un réalisateur qui fait le sportif et d'imagés cultes caméra le type appareil photo.
On était donc assez discrets, assez facile à intégrer dans des villes, villages voisins pour un coup les gens pas l'habitude de voir des occidentaux.

-Par exemple, le but c'était de changer certaines choses ou de témoigner comment se passe la médecine ailleurs ?

-Moi je préfère la notion de témoignages, après comme chacun fait un peu ce qu'il veut avec ça.
 Il y effectivement une forte demande pour des médecines alternatives ou complémentaires dans notre pays.
Mais il est aussi une réalité qui est que, dans le monde des gens se soignent avec très peu de choix et l'accès aux soins est difficile.
Donc, c'est d'abord un témoignage, je préfère ce terme de témoignages.
On fait un état des lieux.
On dit voilà, nous sommes en 2013 et on soigne comme ça.
C’est parce qu'on n'a pas le choix et chez nous on a une médecine qui efficace mais qui ne plaît pas forcément à tout le monde.
Qui peut aussi être parfois un peu trop... trop technique et des gens ont peut-être envie d'autre chose et je comprends.
Je comprends bien cette demande des gens ont envie d'autre chose.
Donc montrer ce qui existe, outre ces médecines traditionnelles qui existent aussi chez nous, a été confirmé en France depuis très longtemps pour l'homéopathie qu'une alternative.
Aussi, je ne suis pas un partisan forcément, je ne suis pas un porte-parole de celle-ci.
Par contre, j'avais envie de témoigner, de montrer qu’ailleurs existe autre chose, et que le monde il n’est pas comme chez nous, ailleurs il est différent.
 
-Alors, quand tu dis que tu as voulu voir un petit peu comment ça se passe ailleurs, et surtout dans la médecine, pour toi qui est médecin généraliste at-il répété vu donc des personnes qui font une médecine complètement parallèle d'une autre forme de médecine.
Finalement, qu'est-ce qui marche le plus ?

-Il faut pas parler en termes d'efficacité parce que très très évidemment notre médecine scientifique est très efficace.
On sait très bien l'espérance de vie chez nous est bien plus longue qu'ailleurs.
Ailleurs on meurt très jeune.
On meurt avec des maladies qu’on ne se sait pas traiter, alors qu’on sait les traiter ici.

-Même en Chine avec les chinois pour une médecine particulière.

-Même en Chine, ce que la médecine chinoise elle-même traditionnelle.
En Chine, les gens vont aussi à l'hôpital se faire opérer et au courage sur mesure au cours de ce mercato
 Par contre là ce qui se passe, c'est que les gens sont plus pragmatiques un peu plus développée que chez nous et n'hésite pas à aller voir loin d'herboriste au sud de van a changé laissez-moi compliqué de scène.
C'est plus évident chez nous, par contre effectivement des régions très reculées du monde où il n’y a que des herboristes avec quelques plantes.
L'espérance de vie n’est pas la même efficacité, et pas très intéressante.
Il faut surtout essayer de comprendre dans un contexte plus anthropologique, comment ça se passe et pourquoi ça se passe comme ça, et pourquoi c’est encore comme ça aujourd'hui.
 
-Donc, tu es parti en quelle année ?

-C'était l'année 2013, en 2012, 2013.

-Donc tu es revenu avec tous ces sujets.
Est-ce que tu as d'autres projets pour le futur ?
 Dans une thématique ou la même ?

-Alors dans la même thématique, on a évidemment envie de parler d'autres pays du monde qu'on n'a pas pu visiter.
On en a vu vingt qui est beaucoup.
Mais ce qui n'est pas énorme et on a fait un sujet suivant on aimerait pouvoir faire une saison et on est en pourparlers en ce moment avec Arte pour relancer la machine et repartir.
 
-Bien, écoute Bernard Fontanille, j'espère que tout le monde va pouvoir dans le pays revoir autant de sujets qui durent 26 minutes
 Ce soir, samedi au festival « Partir Autrement » dans le 12ème arrondissement,  ici en 2014.
Merci de ta venue et j'espère qu’on te reverras prochainement.
 
-Merci infiniment.

FIN

 

ABM-TV vous a présenté l'interview de
Bernard Fontanille, médecin du monde

Réalisation et présentation :
Stéphane Clément

Images :
Norbert Gabry

Musique :
audiojungle

Tournage :
durant le festival PARTIR AUTREMENT

samedi 12 et dimanche 13 avril 2014

Lieu :
Espace Reuilly, Paris 12°

Site officiel :
www.abm.fr

La chaîne Youtube "ABM-TV" :
youtube/abmglobetrotter

© ABM (aventure du bout du monde)
avril 2014

 

 


 

Bernard FONTANILLE à Radio-Canada Première :
émission "Les années lumière"


Radio-Canada Première - Dimanche 25 mai 2014
émission "Les années lumière" de de 12h12 à 14h
(rediffusion le dimanche suivant à 4h)
Le passage de Bernard Fontanille est, en seconde partie, de 10' à 27'.

(RÉ)ÉCOUTER L'EMISSION - DÉTAILS DE L'EMISSION - PRÉSENTATION DE L'EMISSION


Photo de l'album de Facebook




(Ré)écouter l'émission (c'est à partir de 10' jusqu'à 27') :
http://www.radio-canada.ca/widgets/mediaconsole/medianet/7090928

 


DÉTAILS DE L'ÉMISSION :
au lien : http://ici.radio-canada.ca/emissions/les_annees_lumiere/2013-2014/chronique.asp?idChronique=339069

Bernard Fontanille est médecin urgentologue.
Il a parcouru les continents de la planète à la rencontre de ceux qui soignent autrement, par les coutumes ancestrales, avec les ressources de la nature. Médecines d'ailleurs est un livre et une série télévisée diffusée sur ICI Explora.

 

Emission présentée par Yannick Villedieu

 


PRÉSENTATION DE L'ÉMISSION "Les années lumière" :
au lien : http://ici.radio-canada.ca/emissions/les_annees_lumiere/2013-2014/emissions.asp

Émission du dimanche 25 mai 2014

En complément

L'auteur des Années lumière

Le courrier des Années lumière

Médecines d'ailleurs

La règle de 3

Naviguer au pôle Nord

Carnets insolites du prof Durand

Adieu tableau noir!

Écoutez l'émission du dimanche 25 mai 2014

 


 

"Médecines d'ailleurs" au Canada
Chaîne de télévision ICI Explora



Le Samedi dès le 10 mai 2014 à 18h

PROGRAMME AU LIEN :
http://ici.exploratv.ca/emissions/medecines-dailleurs


Photo de l'album de Facebook


PRÉSENTATION :

MÉDECINES D'AILLEURS
16 X 30 MINUTES
Bernard Fontanille est médecin urgentiste, habitué aux interventions en terrains difficiles.
Il voyage aux 4 coins de la planète pour diverses missions, pour encadrer, soigner, protéger, réparer et soulager.
Ses moteurs : une profonde humanité et une curiosité qui le poussent à rencontrer, découvrir et expérimenter.

Dans cette série, Bernard nous fait partager la vie des femmes et des hommes qui prennent soin des autres, sauvent des vies et inventent parfois de nouvelles manières de soigner.

À travers ses rencontres et ces pratiques, il nous raconte les différentes réalités d'un pays, mais aussi le lien universel qui unit un patient à son soigneur.

 


PRÉSENTATION DE LA CHAÎNE DE TÉLÉVISION :

Lu dans Facebook au lien : https://www.facebook.com/iciexplora/info

Chaîne spécialisée en santé/environnement/nature/science de ICI Radio-Canada.
Disponible chez ces télédistributeurs www.ICI.Exploratv.ca/abonnement

Description
Plongez dans les mondes fascinants de la santé, l’environnement, la nature et la science. Avec ses images spectaculaires en haute définition, ses séries captivantes et ses documentaires étonnants, ICI EXPLORA prouve que l’on n’est jamais trop curieux.

Site Web : http://ici.exploratv.ca/

 

Lu dans Wikipédia au lien : http://fr.wikipedia.org/wiki/ICI_Explora

ICI Explora est une chaîne de télévision canadienne spécialisée de catégorie B de langue française appartenant à la Société Radio-Canada lancée le 28 mars 2012 et diffuse une programmation consacrée aux découvertes scientifiques, à l’environnement, à la nature et à la santé humaine.

Diffusion
Satellite Bell Télé : 1845 (HD)
Câble illico télé numérique : 90 (SD), 690 (HD)
Cogeco : 86 (SD), 552 (HD)
ADSL Bell Fibe TV : 126 (SD), 1126 (HD)
Telus Télé Optik : 40 (SD), 518 (HD)

 

PROGRAMME : au lien http://ici.exploratv.ca/emissions/medecines-dailleurs

ÉPISODE 1 : MONGOLIE, AU-DELÀ DES STEPPES - Samedi 10 mai 2014 / 18 h -
En Mongolie, Bernard Fontanille, médecin urgentiste, rencontre Pujii, un médecin traditionnel, qui pratique des massages inspirés des techniques tibétaines.

ÉPISODE 2 : JAPON, LES DERNIERS CENTENAIRES D'OKINAWA - Samedi 17 mai 2014 / 18 h -
Bernard Fontanille est à Okinawa, île japonaise qui cultive l'art de vieillir, grâce au lien social, aux activités physiques et à l'épanouissement personnel.

ÉPISODE 3 : CORÉE DU SUD, LE RETOUR DES ESPRITS - Samedi 24 mai 2014 / 18 h -
Pour apaiser les tensions et un mal-être grandissants, dans un pays en plein essor économique, les Coréens continuent de recourir au chamanisme.

ÉPISODE 4 : CHINE, LA MÉDECINE DES MOINES SHAOLIN - Samedi 31 mai 2014 / 18 h -
En Chine, rencontre dans les montagnes reculées du Song Shan avec Xingzhen, moine Shaolin et maître reconnu pour son enseignement de la médecine traditionnelle.

ÉPISODE 5 : CHINE, LA MÉDECINE DES CENT PLANTES - Samedi 7 juin 2014 / 18 h -
En Chine, l’un des berceaux de la médecine, les soignants se tournent depuis toujours vers la nature pour y puiser des remèdes. Bernard se rend à Baisha, dans la province du Yunnan, où vit le docteur Ho. Ce praticien réputé a ouvert une clinique qui attire des patients de toute la Chine et même du reste du monde.

ÉPISODE 6 : CAMBODGE, LA CLINIQUE DU TÔNLÉ SAP
Non loin des temples d’Angkor, les habitants du lac Tonlé Sap ont adapté leur mode de vie aux caprices des eaux, inondations et sécheresses se succédant au rythme des crues du Mékong. Sur les flots, on peut voir glisser une église, un poste de police, un temple bouddhiste, mais aussi une équipe médicale, en activité depuis quelques années. Bernard Fontanille se joint à eux pour une tournée sanitaire pas comme les autres.

ÉPISODE 7 : CAMBODGE, SUR LA VOIE DES DERNIERS KRU - Jeudi 26 juin 2014 / 22 h 30
Dans le nord-est du Cambodge, dans des villages sur les hauts plateaux à la frontière du Viêtnam, vit l'ethnie des Bunongs. La médecine cambodgienne, marquée par l'influence de diverses doctrines empruntées à la médecine bouddhiste, ayurvédique et chinoise, varie selon les régions. Les Bunongs ont ainsi développé un savoir-faire médicinal ancestral à base de plantes pratiqué par des soignants secrets et respectés de tous : les Krus…

ÉPISODE 8 : INDONÉSIE, LES HOMMES LONTARS - Samedi 28 juin 2014 / 18 h
Le long du littoral de l'île de Rote, la terre le plus au sud de l'archipel indonésien, se dresse vers le ciel une barrière végétale composée d'immenses palmiers : les lontars. Ce sont eux qui font la richesse de l'île. On les collecte pour se nourrir, s'habiller, se loger, s'enivrer mais aussi pour se soigner... Joseph et Jonas, les deux guérisseurs de l'île, guident Bernard Fontanille dans la découverte d’une pratique thérapeutique étonnante.

 

...

GALERIES DE PHOTOS : au lien http://ici.exploratv.ca/emissions/medecines-dailleurs

BOLIVIE :

http://ici.exploratv.ca/upload/site/emissions/medecines-dailleurs/photos/2109/medecines-dailleurs-bolivie-consultation-2109.png

CHINE :

http://ici.exploratv.ca/upload/site/emissions/medecines-dailleurs/photos/2110/medecines-dailleurs-chine-homme-2110.png

CHINE :

http://ici.exploratv.ca/upload/site/emissions/medecines-dailleurs/photos/2111/medecines-dailleurs-chine-position-2111.png

INDE :

http://ici.exploratv.ca/upload/site/emissions/medecines-dailleurs/photos/2112/medecines-dailleurs-inde-massage2-2112.png

KENYA :

http://ici.exploratv.ca/upload/site/emissions/medecines-dailleurs/photos/2113/medecines-dailleurs-kenya-pied-2113.png

 

 


 

"Rendez-vous en Terre Inconnue"

avec Bernard Fontanille, médecin


L'émission : http://www.france2.fr/emissions/rendez-vous-en-terre-inconnue


PRÉSENTATION :

Série documentaire

Une personnalité s’envole vers l’inconnu et ne découvre la destination qu’une fois dans l’avion.
Elle rejoint quelqu’un qui l’attend quelque part sur la planète, pour lui faire découvrir un autre mode de vie.
Mettre en lumière et entendre la parole d’hommes et de femmes qui vivent dans des zones particulièrement reculées, comprendre leur culture, leur religion, partager leur vision optimiste du monde, telles sont les intentions de « Rendez-vous en terre inconnue ».
La magie naît de cette rencontre improbable et de la connivence entre ces êtres humains.

L'émission : http://www.france2.fr/emissions/rendez-vous-en-terre-inconnue

Générique et musique Diffusé le 29/08/2013
Médecin : Bernard Fontanille

http://www.france2.fr/emissions/rendez-vous-en-terre-inconnue/generique-et-musique_1973

 


ÉPISODES :

Série http://www.france2.fr/emissions/rendez-vous-en-terre-inconnue/diffusions

La série à revoir au lien : http://www.youtube.com/channel/UCYFGwNnCLIX7E7bjdXVr6LA/videos

Diffusé le 21-01-2014 Avec Melissa Theuriau chez les Maasaï
Pour ce nouvel épisode, c’est Mélissa Theuriau qui a accepté de suivre Frédéric Lopez, les yeux bandés, vers une nouvelle terre inconnue.
En plein vol, elle découvre sa destination : le nord de la Tanzanie, l’immensité du lac Natron et de ...

Diffusé le 18-12-2012 Retour en terre inconnue
Dans cette émission spéciale, Adriana Karembeu, Zazie, Gérard Jugnot et Gilbert Montagné revivront les meilleurs moments de leur RENDEZ-VOUS EN TERRE INCONNUE et partageront avec le public leurs émotions et les souvenirs de ces rencontres ...

19 - François Xavier Demaison au RAJASTHAN en INDE
Diffusé le 24-09-2013 Avec François-Xavier Demaison chez les Raïka - RAJASTHAN
Pour ce 15e rendez-vous, c’est François-Xavier Demaison qui a accepté de s’envoler vers l’inconnu, les yeux bandés, accompagné de Frédéric Lopez. À l’extrême nord-ouest de l’Inde, l’humoriste part à la rencontre des Raïka, des bergers empr...
Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=wMCQ4eX2xDY (1h49)
Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=rEje_D9mm8k (1h43)

18 - Sylvie Testud au TCHAD
Diffusé le 22-08-2013 Avec Sylvie Testud chez les Gorane
Pour ce 14e rendez-vous, c’est Sylvie Testud qui a accepté de suivre Frédéric Lopez les yeux bandés.
A l’Est du Tchad, elle part à la rencontre des Gorane. Des éleveurs nomades épris de liberté, qui ont fait le choix d’une existence hors d...
Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=9GcJQ-9WIFk (1h53)

17 - Zazou Breitman en ETHIOPIE
Diffusé le 29-08-2013 Avec Zabou Breitman chez les Nyangatom
Pour ce nouvel épisode, c’est Zabou Breitman qui a accepté de s’envoler, les yeux bandés, vers une nouvelle terre inconnue. En plein vol, elle découvre sa destination finale : la basse vallée de l’Omo, au Sud-Ouest de l’Ethiopie.
Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=QTvDvV2ieS0 (1h53) Au nord du Tchad.
Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=T1jaIPfY4fM (1h49)

16 - Frédéric Michalak au VIÊTNAM
Diffusé le 01-11-2011 Avec Frédéric Michalak chez les Lolo noirs
Pour cet épisode, c’est Frédéric Michalak qui a accepté d’embarquer, les yeux bandés, vers une nouvelle terre inconnue.
En plein vol, Frédéric Lopez lui annonce sa destination finale : l’extrême Nord-Est du Viêt-nam. Frédéric Michala...
Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=l-8sS-rPE2c (1h48)

15 - Virginie Efira en MONGOLIE
Diffusé le 14-12-2010 Avec Virginie Efira chez les Tsaatans - MONGOLIE
Pour ce nouvel épisode de Rendez-vous en terre inconnue, c’est Virginie Efira qui embarque, les yeux bandés, avec Frédéric Lopez. En plein vol, elle découvre sa destination finale, l’extrême Nord de la Mongolie. C’est là que Virginie Efira...
Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=wMCQ4eX2xDY (1h47)
Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=FQmWCuYY-Xg (1h47)

14 - Gérard Jugnot en BOLIVIE
Diffusé le 14-09-2010 Avec Gérard Jugnot chez les Chipayas - BOLIVIE
Pour ce 10ème Rendez-Vous, c’est Gérard Jugnot qui a accepté de suivre Frédéric Lopez, les yeux bandés, vers une nouvelle “terre inconnue”.
En plein vol, il découvre sa destination finale : l’altiplano bolivien, à la rencontre des Chipayas...
Vidéo http://www.youtube.com/watch?v=3B7854Xr1Lg (1h49)
Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=DnR1pBdyWWc (1h45)

13 - Marianne James en INDONESIE
Diffusé le 06-04-2010 Avec Marianne James chez les Bajaus
Pour ce nouvel épisode, c’est Marianne James qui a "Rendez-vous en terre inconnue".
Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=2xT9dRFp3I8 (1h37)

12 - Gilbert Montagné en INDE
Diffusé le 01-09-2009 Avec Gilbert Montagné au Zanskar
C’est au tour du chanteur Gilbert Montagné de suivre Frédéric Lopez en terre inconnue.
Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=0yy6U9NU_uw (2h27')
Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=-vHvdD-p1Mw (1h41)

11 - Zazie en INDONESIE
Diffusé le 30-06-2009 Avec Zazie chez les Korowai
Les yeux bandés, c’est au tour de la chanteuse Zazie de suivre Frédéric Lopez en terre inconnue.
Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=rQB1ojBaG2o (1h47)

10 - Diffusé le 05-01-2009 Avec Edouard Baer chez les Dogons - MALI
Suspendu au-dessus du désert malien, c’est dans un univers minéral que vivent les Dogons...
Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=G6tgIgUAKwA (3h22)

09 - Diffusé le 07-05-2008 Avec Adriana Karembeu en Ethiopie - ETHIOPIE
Pour ce nouveau numéro de Rendez-vous en terre inconnue, c’est au tour d’Adriana Karembeu d’embarquer aux côtés de Frédéric Lopez pour une destination insolite.
Au programme, un voyage au cœur des hauts plateaux d’Abyssinie (au nord de l’É...
Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=GQASPpQDyCY (1h34)

08 - Bruno Solo en MONGOLIE
Diffusé le 27-12-2007 Avec Bruno Solo chez les cavaliers mongols
Dans l’infini de la steppe, rencontrez des hommes qui ont appris à coexister avec la Nature...
Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=wdUg2GSnbe4 (1h45)

07 - Charlotte De Turckheim en SIBERIE
Diffusé le 12-05-2007 Avec Charlotte de Turckheim chez les Nénètses
Dans l’immensité du désert blanc sibérien vit le peuple Nénètse. Aux confins du monde, dans l’immensité du désert blanc sibérien, il a su trouver un équilibre entre tradition et modernité.
Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=XMfzKXgDmHc (1h40)

06 - Patrick Timsit en INDONESIE
Diffusé le 28-12-2006 Avec Patrick Timsit au pays des "hommes fleurs"
L’histoire des Mentawaï a été marquée par un long isolement, la persécution puis par l’arrivée brutale de la modernité. Aujourd’hui, ce peuple de l’île de Siberut en Indonésie profite de la présence de Patrick Timsit pour délivrer un messa...
Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=xBVHCo9RPdk (1h23)

05- Muriel Robin en NAMIBIE
Diffusé le 31-08-2006 Avec Muriel Robin chez les Himbas - CAMEROUN
Les Himbas "luttent pour la survie" de leur culture.
Ouverts depuis peu au monde, ils sont à l’orée d’un changement qui peut apporter autant de positif que de négatif.
Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=0t-_ngT2ObM (1h57)

04 - Muriel Robin au CAMEROUN
Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=JlOOxr-2N5s (1h28)

03 - Emmanuelle Béar au YEMEN
Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=MUqgT2xlQPw (1h29)

02 - Pierre Palmade au NIGER
Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=r4cZUdN4js0 (1h25)

01 - Thierry Lhermitte à MADAGASCAR
Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=G6tgIgUAKwA (1h29)

 

 


 

Bernard FONTANILLE à :
PSYCHOLOGIES MAGAZINE
"Un urgentiste chez les guérisseurs"

Psychologies Magazine n°342 juillet-août 2014 pages 168 à 172


Photo de l'album de Facebook


TEXTE DE L'ARTICLE :

Présenté au lien :
http://www.psychologies.com/Bien-etre/Medecines-douces/Se-soigner-autrement/Articles-et-Dossiers/Bernard-Fontanille-un-urgentiste-chez-les-guerisseurs

Par Patricia Salmon Tirard

Bernard Fontanille : un urgentiste chez les guérisseurs

Quand un médecin de montagne français rencontre un guérisseur massaï, qu’est-ce qu’ils se racontent ? C’est le concept de la série documentaire Médecines d’ailleurs. Entretien avec un soignant ouvert et curieux des autres, mais qui n’hésite pas à nous bousculer…

Pas de look Indiana Jones. Un jean, un tee-shirt, c’est tout. Dans le petit restaurant thaï où nous avons rendez-vous, Bernard Fontanille est attablé en face d’un journaliste. Je devine à son accent qu’il est allemand (le journaliste). Depuis qu’il a sorti son livre, Médecines d’ailleurs, à la suite de son émission diffusée en mars sur Arte, le « médecin baroudeur » enchaîne les interviews. L’Allemand remballe ses affaires. Au suivant !

J’attaque ma première question, forcément banale : « Comment un médecin urgentiste atterrit-il au bout du monde devant une caméra avec des guérisseurs ? » Bernard Fontanille m’explique son parcours. Urgentiste à Grenoble, médecin de montagne à Chamonix, il est habitué à intervenir dans des conditions compliquées. Il a donc souvent été engagé sur des raids aventure ou des émissions comme Rendez-vous en terre inconnue [1]. Et c’est en rencontrant d’autres hommes ou femmes qui font la même chose que lui – soigner des gens –, mais dans des conditions très différentes, qu’il a imaginé cette série documentaire.

Vingt émissions de vingt-six minutes, au Kenya, en Inde, au Cambodge… Devant la caméra, l’urgentiste laisse la vedette aux « généralistes du coin ». Quand il ne comprend pas une plante, un rituel, il pose des questions. Il explique aussi comment lui ferait pour traiter la même maladie. Le parallèle entre celui ou celle qui se débrouille le plus souvent avec ce que lui procure la nature et l’homme « moderne » alliant chimie et technologie est fascinant. La série nous raconte les pratiques de chacun, mais aussi le lien universel qui unit un patient à son soignant. Je me demande si Bernard Fontanille est lui-même adepte de ces médecines. Un peu de phyto, d’acupuncture ? Pas du tout ! « Je ne me soigne pas comme ça parce que je ne me soigne pas beaucoup, j’ai la chance de ne pas être trop malade. Et puis je fais de la médecine d’urgence, je ne croise pas d’acupuncteurs. »

Le ton de l’interview est donné : le médecin est très ouvert à ces approches dans leur pays, dans leur culture, moins en France. Il est parti là-bas pour faire un état des lieux, c’est tout. Il n’est pas convaincu qu’il faille à tout prix se soigner autrement… Mais n’est pas contre non plus. Surtout, il est très fier de sa médecine scientifique. « Allez faire soigner votre eczéma par un acupuncteur, mais venez me voir quand vous aurez un infarctus ! » En France, il se méfie des « charlots », qui prétendent tout soigner avec « une plante qui guérit tout » : « Au bout du monde, je sais que c’est par manque de connaissances qu’ils disent ça, cela ne me choque pas. En France, c’est différent. » L’urgentiste se méfie aussi de l’engouement pour les pratiques non conventionnelles : « Nous sommes tombés dans l’excès inverse. C’est triste, parce que l’on rejette la science. Bien sûr, cette défiance est liée à des scandales – sang contaminé, Mediator… –, mais ce sont des humains qui ont dérapé. Cela a fait du tort à beaucoup de monde et il y a une justice pour régler tout ça, mais, dans ma tête, cela n’a pas tout bouleversé. »

Des approches complémentaires

Il n’a donc aucun doute sur l’ efficacité de « sa » médecine ? Si. Il assure qu’elle est « la meilleure en termes de résultats », mais il reconnaît qu’elle ne traite que 30 % des pathologies et n’apporte pas toujours de réponses à ceux qui souhaitent donner un sens à leur maladie. Le médecin français l’avoue humblement : comme il ne peut pas répondre à toutes les demandes de ses patients, il ne peut pas rester fermé aux autres voies, celles qui, justement, semblent apaiser les malades que sa médecine ne peut pas soigner. Je lui fais remarquer que l’on reproche souvent aux praticiens occidentaux d’être trop techniques et lui demande si, « ailleurs », les guérisseurs sont plus « humains ». La réponse fuse, cinglante : « Ne me dites pas que je ne suis pas humain ! Même si ce que je fais ne vous plaît pas, je suis quelqu’un d’humain, et mes confrères aussi. C’est vrai, on s’énerve parfois et on envoie balader des gens pénibles, mais c’est humain de faire ça. Prendre la main d’une personne âgée, passer dix minutes de plus avec quelqu’un pour qui on a plus d’empathie, c’est ça, être humain. Ce n’est pas passer cinq heures à caresser les cheveux… C’est juste être là au bon moment, dire les bons mots et faire les bons gestes. Tous mes collègues sont humains. Bien plus que dans les pays que j’ai visités, où ils peuvent être très secs parfois. Il faut se calmer ! En tenant de tels discours, on est en train de séparer encore plus nos approches alors que l’on devrait travailler ensemble. On ne fait pas le même métier, on n’a pas les mêmes moyens, mais notre démarche est la même, aider les autres. La complémentarité, ça se fait dans l’amour, pas dans la guerre. »

Une médecine de bobos ?

Bernard Fontanille est au taquet. Il enchaîne : « Je vais être un peu provocateur, mais est-ce que ce n’est pas un truc de bobos ? Moi, j’ai un peu le sentiment que c’est de la médecine pour des gens qui vont bien. Mais c’est un sentiment, pas une vérité… » Waouh, comment vais-je caser le coup du « truc de bobos » dans mon article ? De quoi en avaler de travers nos granules. Et le voilà qui m’interroge : « Est-ce qu’on a les moyens de se payer une médecine différente ? Car, la vraie question, c’est le remboursement. Si c’est oui, allons-y ! Si c’est non, “priorisons” ! Moi, je suis urgentiste, j’agis par priorité. Est-ce qu’il ne vaut pas mieux s’intéresser à la faim dans le monde qu’à la méditation ? En France, il y a des gamins qui ne vont pas chez le dentiste parce qu’ils n’ont pas d’argent. Or on sait qu’une mauvaise hygiène bucco-dentaire est un facteur de risque de cancer du pancréas… » Pour lui, pas de doute : l’urgence n’est pas de se soigner autrement mais de se soigner tout court. Et moi qui pensais glaner plein d’histoires exotiques…

Des rencontres fascinantes

Des histoires, il m’en a pourtant raconté. De fascinantes, comme celle de ces guérisseurs kallawaya en Bolivie qui ont inventé le patch il y a des milliers d’années en collant sur la peau des feuilles avec de la graisse de lama chauffée. D’autres un peu dégoûtantes, comme celle de ce guérisseur balinais qui découpe des oiseaux, les fait macérer plusieurs jours dans une bouteille en plastique avec de l’alcool et vous badigeonne ça sur l’eczéma… De mystérieuses, comme celle de ce chaman brésilien qui aspire le ventre de sa fille dépressive après un chagrin d’amour, crache par terre et va vomir dans la forêt… Il m’a aussi parlé des Mentawaï en Indonésie. « On les appelle les “hommes-fleurs”. Ils sont en pagne, tatoués, très beaux, ils vivent dans la forêt en communauté, et tout ce qu’ils prélèvent dans la nature est partagé au prorata du nombre d’enfants, de vieillards. Un jour, ils se sont retrouvés en ville, coupés de leurs racines. Un groupe a voulu revenir en forêt et j’ai discuté avec eux. Ils m’ont dit : “Vous, vous avez la télé, des lecteurs de musique numérique, on sait bien ce que c’est, mais ça ne nous intéresse pas. Nous, on veut embrasser les arbres et parler aux fleurs… Le jour où votre monde ira très mal – et c’est pour bientôt –, nous, on s’en sortira toujours parce qu’on sait vivre avec rien. Mais vous, vous ne saurez jamais faire et vous mourrez tous.” »

L’urgentiste est à nouveau en état d’alerte. « Notre mode de vie nous tue ! Avant, c’était le palu, puis le cancer ; maintenant, c’est la pollution. Un décès sur sept est lié à notre environnement. Depuis quelques mois, notre espérance de vie recule ! J’ai l’impression que nous sommes dans un train qui fonce dans un mur à trois cents à l’heure et que personne ne freine ! » Je l’arrête en lui disant qu’un peu partout des gens se lèvent et s’unissent pour inventer un monde différent. Il sort un livre de sa poche. « Oui, et heureusement qu’il y a des gens comme ça ! » Sur la jaquette, un homme sourit : Pierre Rabhi [2], écrivain et pionnier de l’agriculture biologique. « C’est important que nos enfants entendent ce discours. Et c’est à nous, parents, de leur demander de nous aider à trouver des solutions, parce que nous, on est trop vieux déjà.%» Et je souris à mon tour en pensant à mon petit garçon de 10 ans. Un jour, peut-être, grâce à lui ou à ses enfants, nous réapprendrons nous aussi à parler aux fleurs.


[1] Rendez-vous en terre inconnue, émission animée par Frédéric Lopez et diffusée sur France 2.

[2] Pierre Rabhi, auteur, entre autres de Conscience et environnement (Le Relié, 2013). Retrouvez ses chroniques sur http://www.psychologies.com/


 


 

Interview de Bernard FONTANILLE à :
PSYCHOLOGIES MAGAZINE
"Autrement ou pas, l'urgence est de se soigner !"

Psychologies Magazine - septembre 2014


Photo de l'album de Facebook


TEXTE DE L'INTERVIEW :

Présenté au lien :
http://www.psychologies.com/Bien-etre/Medecines-douces/Se-soigner-autrement/Interviews/Autrement-ou-pas-l-urgence-est-de-se-soigner

Par Patricia Salmon Tirard

INTERVIEW :

Autrement ou pas, l'urgence est de se soigner !

Médecin urgentiste, Bernard Fontanille a sillonné la planète pendant un an pour rencontrer ses collègues chamans ou guérisseurs. Il est rentré avec une formidable série documentaire sur les médecines d’ailleurs et… plein d’interrogations.

*

Psychologies : Comment un médecin urgentiste atterrit-il au bout du monde devant une caméra avec des guérisseurs ?

Bernard Fontanille : Médecin d’urgence à Grenoble, puis médecin de montagne à Chamonix, j’ai souvent été sollicité pour mes capacités à travailler seul et dans des situations compliquées pour des tournages ou des raids aventure à l’étranger. J’ai beaucoup travaillé avec Frédéric Lopez pourRendez-vous en terre inconnue. En mission, j’ai croisé des médecins de village, des gens qui font un peu la même chose que moi mais dans des conditions très différentes. Forcément, je me suis posé des questions. Est-ce qu’on est pareil ? Est ce qu’on est différent ? Et j’ai commencé à imaginer une émission qui permettrait de mieux les connaître.


Etiez-vous « adepte » de ces médecines d’ailleurs ?

Bernard Fontanille : J’étais ouvert à ces médecines dans leur pays, beaucoup moins ici. Je fais de la médecine d’urgence, je ne croise pas d’acupuncteurs. Et je ne me soigne pas comme ça parce que je ne me soigne pas beaucoup. Mais je voulais comprendre pourquoi, en 2014, la majorité des gens sur cette Terre se soigne avec des plantes en première intention. 


Comment avez-vous sélectionné ces médecines ?

Bernard Fontanille : On a fait un gros travail de tri en amont. En Afrique du sud, où l’on pratique lemuti, les sorciers zoulous tuent des enfants pour fabriquer des remèdes. On n’a pas voulu filmer ça. On a préféré montrer une médecine optimiste, bienveillante. Alors on est allé voir les « généralistes du coin », des gens qui me ressemblent. On a aussi voulu montrer qu’un guérisseur en Indonésie a la même relation avec son malade qu’un généraliste du Poitevin.


La même relation peut-être mais pas les mêmes méthodes. On ne prend pas le pouls de la même façon ni pour les mêmes raisons en Europe et en Asie. Qui a tort, qui a raison ? Est-ce une question que vous vous êtes posée ?

Bernard Fontanille :
 Non parce que j’avais déjà « ma » réponse avant, qui sortait de la fac.Si on prend les choses de façon scientifique, la physiologie sur laquelle est fondée la médecine chinoise est dépassée. Elle est du niveau de celle qu’utilisaient les médecins sous Richelieu. En même temps, cette médecine m’interpelle. Un jour, un médecin chinois m’a dit : «  Un malade qui est guéri pour toi ne l’est pas forcément pour moi. Si toutes les analyses sont bonnes pour toi, je vais peut-être trouver qu’il y a encore des choses à faire. » Moi, ça me parle parce que je me rends compte que, parfois, je laisse partir des gens qui viennent aux urgences avec une douleur thoracique et qui repartent en ayant toujours mal. J’ai éliminé les grandes causes – l’infarctus, l’embolie pulmonaire, le pneumothorax, l’infection –, les résultats arrivent, tout est normal… mais ils ont toujours mal et je ne sais pas pourquoi. La question n’est donc pas tellement de savoir si ces médecines marchent ou pas, si on y croit ou pas, mais de s’interroger sur ce que veulent les patients. 


Et que veulent-ils selon vous ?

Bernard Fontanille : Aujourd’hui, de plus en plus de Français se tournent vers d’autres médecines parce qu’ils ont une vraie quête de sens, dans leur vie comme dans leur maladie. Quelqu’un qui tombe malade d’un cancer à 40 ans se demande pourquoi lui. Or moi, je ne sais pas répondre à cette question. Je peux lui dire pourquoi il a attrapé le VIH, ça oui, mais il y a certaines choses que notre médecine ne sait pas expliquer aux gens, alors on leur dit «  C’est idiopathique ». Un joli mot qui veut dire « On ne sait pas pourquoi, mais c’est comme ça ». C’est terrible d’entendre ça quand on est malade ! Ma médecine scientifique qui est si efficace - sans elle, on vit comme aux fins fonds de l’Afrique, on meurt jeune et en mauvaise santé - ne s’adresse qu’à 30 % des pathologies. Pour le reste, il y a plein d’autres voies et moi, je ne peux pas être fermé à ces voies-là puisque je ne sais pas répondre à toutes les attentes de mes patients. 


Les médecines d’ailleurs invoquent souvent les esprits. Vous, vous semblez plutôt sceptique…

Bernard Fontanille : Quand vous voyez un chaman au Brésil qui aspire le ventre de sa fille, crache par terre, puis va vomir dans la forêt… ça laisse pantois. C’est vrai, je ne comprends pas forcément tout ce que l’on m’a montré. Mais c’est intéressant aussi de se faire expliquer les choses. Cette jeune fille est venue se faire soigner chez son père parce qu’à l’hôpital elle ne s’en sortait pas. Elle avait un chagrin d’amour et faisait une dépression réactionnelle. Il lui a fait un rituel avec des plantes, ça a duré plusieurs jours, tout le monde s’est investi. C’est une autre forme de soins. 

En France, on reproche souvent aux médecins d’être trop techniques, pas assez humains… Les médecins d’ailleurs sont ils plus « humains » ?

Bernard Fontanille : Ne me dites pas que je ne suis pas humain ! Même si ce que je fais ne vous plaît pas, je suis quelqu’un d’humain et mes confrères aussi. C’est vrai, on s’énerve parfois et on envoie balader des gens qui sont pénibles, mais c’est humain aussi de faire ça. Prendre la main d’une personne âgée, passer dix minutes de plus avec quelqu’un pour qui on a plus d’empathie, c’est ça être humain. Ce n’est pas passer cinq heures à caresser les cheveux… c’est juste être là au bon moment, dire les bons mots et faire les bons gestes. Tous mes collègues sont humains. Bien plus que dans les pays que j’ai visités, où ils peuvent être très secs parfois. 


Ah bon ? Comment l’expliquez-vous ?

Bernard Fontanille : Peut-être parce qu’ils intellectualisent moins. Quand il y a beaucoup de traditions, on ne se pose pas trop de questions.Moi, en partant, je me demandais ce qui se passait dans la tête d’un guérisseur au fin fond d’une forêt quand un gamin meurt et qu’il n’a pas les moyens de le soigner. Est-ce qu’il est malheureux, est-ce que ça l’angoisse en tant que soignant ? En fait, il ne se pose pas ces questions. C’est moi qui me les pose, petit Occidental perturbé. Là-bas, il y a un certain fatalisme. 


Y a-t-il des méthodes de soin naturelles qui ont épaté le scientifique que vous êtes ?

Bernard Fontanille : Bien sûr ! On a mis des années à fabriquer des dispositifs transdermiques pour arrêter de fumer ou des patchs de Trinitrine pour les infarctus et, là, en Bolivie, je me rends compte que ça se fait depuis des milliers d’années ! Les guérisseurs ont compris qu’en collant une feuille avec de la graisse de lama chauffée sur la peau, ce qu’il y a dans la plante passe dans le corps. Moi, ça m’émerveille !

Et des soins qui vous ont… rebuté ?
Bernard Fontanille : Le Balinais qui coupe des oiseaux, les met dans une bouteille en plastique avec de l’alcool, les fait macérer pendant des jours et vous badigeonne ça sur l’eczéma… c’est culturel. Vous, vous ne le feriez pas si vous aviez de l’eczéma. Vous seriez très réticente pour des raisons de culture et d’hygiène. D’ailleurs, l’ayurvéda pratiqué aux fins fonds de l’Inde et ici, ce n’est pas le même. Ce qui est fait chez nous est forcément occidentalisé, adapté à notre goût. Je pense que la plupart des gens qui sont attirés par des médecines différentes ne se feraient pas soigner là-bas. 

Y a-t-il des pratiques méconnues que nous devrions importer chez nous ?

Bernard Fontanille : Je n’aime pas trop l’idée d’importer parce que c’est très colonialiste. Et puis c’est déjà fait. La plupart des médecines que nous avons montrées dans notre série ont déjà été « importées ». L’acupuncture, c’est le père de Berlioz, qui l’a introduite en France, donc ce n’est pas tout jeune (Louis Berlioz a introduit l’acupuncture en Occident au début du XIXe siècle). Et ces trente dernières années, les grands labos ont fouillé dans les huttes de tous les petits gars qui font de la médecine traditionnelle pour rapporter des plantes. Mais ça aussi, c’est terminé. Aujourd’hui, on fait de la chimie et il n’y a quasiment plus de recherches de plantes. Heureusement d’ailleurs que nous avons la chimie, car, sans elle, il n’y aurait plus de plantes ! Si la phyto continue de se développer chez nous, les gens qui en ont besoin parce qu’ils ne trouvent que ça chez eux n’auront plus rien. Les Masaï commencent à ne plus trouver de plantes parce que les Kényans les ramassent et en remplissent leurs échoppes pour les vendre aux Occidentaux. On est aussi en train de mettre en péril cette médecine traditionnelle par notre envie de faire pareil. Pour le coup, ils aimeraient bien eux aussi trouver une médecine complémentaire, mais ils ne l’ont pas. On est en train de leur piquer leurs plantes et bientôt ils n’auront ni l’une ni l’autre. 

Certaines de ces médecines, comme l’acupuncture, ont prouvé leur efficacité et sont désormais pratiquées à l’hôpital. Vous êtes pour ?

Bernard Fontanille : Est-ce qu’il faut remplacer les anti-inflammatoires par l’acupuncture ? S’il y a une étude qui prouve que c’est mieux, oui. Et là, en l’occurrence, cette étude existe. Mais l’acupuncture n’est pas une alternative dans la chirurgie du genou pour la rupture du ligament croisé ! En fait, pour moi, l’urgence n’est pas de se soigner autrement, mais de se soigner tout court. En France, on ne se soigne pas les dents parce que ça coûte trop cher, or on sait qu’une mauvaise hygiène buccodentaire est un facteur de risque de  cancer du pancréas.… Est-ce que ce n’est pas ça qu’il faut faire d’abord ? C’est une réflexion d’urgentiste, j’agis par priorité. Je vais être un peu provoquant mais est-ce que se soigner autrement ce n’est pas un truc de bobos ? Moi, j’ai un peu le sentiment que c’est de la médecine pour des gens qui vont bien. Mais c’est un sentiment, pas une vérité… En tout cas, je m’interroge : est-ce qu’il ne faudrait pas que les soins soient gratuits jusqu’à 25 ans, comme en Finlande ? Ou est-ce qu’il faut que les gens qui vont bien aillent mieux en prenant des plantes ? 

Les deux !

Bernard Fontanille : Oui, il faudrait réinventer notre système de soins, mais je ne suis pas certain que nous en ayons les moyens financiers. Je le répète, pour moi, l’urgence ce n’est pas de faire davantage d’acupuncture à l’hôpital, mais de comprendre que notre monde va très mal. Dans cinquante ans, ma série n’existera plus. On ne pourra plus la tourner parce que tous ces gens seront dans des baraques en tôle et auront des Iphone. Il y a de la 3 G partout, même chez les Masaï… L’un d’eux m’a demandé d’être son ami sur Facebook ! C’est notre monde, il est comme ça. Mais, aujourd’hui, notre mode de vie nous tue. Avant c’était le palu, puis le cancer, maintenant c’est la pollution. Un décès sur sept est lié à notre environnement. Notre espérance de vie recule ! J’ai l’impression que nous sommes dans un train qui fonce dans un mur à 300 à l’heure et que personne ne freine ! La Nasa a mis au point un modèle mathématiques d’étude du comportements des êtres humains qui s’appelle Handy. Ce modèle a comparé notre emprise sur la nature par rapport à celle des grandes espèces animales qui ont disparu. Résultat : on se rend compte qu’on se comporte comme ces grandes espèces, donc la Nasa en a conclu que nous allions disparaître. Et l’une des conclusions les plus pessimistes c’est que c’est prévu pour 2100 ! Dans quatre-vingt-dix ans. C’est demain. Il faut réagir. Vite. »

juin 2014



A lire aussi

L'article : "Un urgentiste chez les guérisseurs" au lien :
http://www.conscience33.fr/tv-medecines-ailleurs.html#psychologies

 


 

Interview de Bernard FONTANILLE à :
"Santé-Médecine douce"
« La médecine est universelle »

"Santé-Médecine douce" - n° 8. Juin-Juillet-août 2014 - pages 22 & 23
Cet article a aussi fait l'objet d'ne parution dans "Médecine Naturelle" n°10. Août-Septembre-Octobre 2014 – pages 22 & 23




Photo de l'album de Facebook


TEXTE DE L'INTERVIEW :

Par Anne Florin
Présenté au lien : http://fr.1001mags.com/parution/sante-medecine-douce/numero-8-jun-jui-aou-2014/page-22-23-texte-integral

TRANSCRIPTION :

Santé SANTÉ DOSSIER
Dossier Se soigner au naturel au naturel

INTERVIEW
AUTEUR D'UN LIVRE SUR LES MÉDECINES D’AILLEURS
Bernard FONTANILLE, médecin urgentiste

« La médecine est universelle »

Bernard Fontanille, médecin urgentiste, est un habitué des interventions à l’étranger.
De la Mongolie au Japon, du Brésil au Népal, du Kenya à l’Afrique du Sud, il est allé à la rencontre de médecins et guérisseurs qui soignent et sauvent des vies en restant ancrés dans les réalités de leurs cultures respectives.
Un livre vient de paraître, après les émissions de la chaîne Arte.
Une rencontre avec l’humanité.

- QUELQUES MOTS SUR VOTRE PARCOURS DE M
ÉDECIN
- Bernard Fontanille :
Je suis médecin urgentiste, à Chamonix en Haute Savoie dans les hôpitaux du Mont Blanc depuis 1997.
J’y ai fait mon internat, passé ma thèse en 2001.
Là-bas, comme d’autres collègues, j’ai eu la chance de participer à des événements sportifs, tels que La Gauloise ou le Trophée des Gazelles, mais aussi à des accompagnements d’émissions en tant que médecin, par exemple « Rendez-vous en Terre Inconnue ».

- COMMENT L'AVENTURE A-T-ELLE D
ÉMARRÉ ?
-
Avec le premier producteur de cette émission justement, la société Bonne Pioche.
Le producteur Alexandre Soulier est jeune, dynamique, passionné également par la nature, nous nous sommes bien entendu et avons rédigé un dossier avec cette idée de découvrir les soins dans d’autres environnements culturels.
Une fois le dossier écrit, nous l’avons présenté à Arte en 2012, puis réalisé un pilote sur la Mongolie et la chaîne nous a commandé 20 émissions de 26 minutes.
Le travail préparatoire a duré un an d’octobre 2012 à octobre 2013.

- COMMENT AVEZ-VOUS CHOISI LES PAYS ?
-
Nous avions énormément ainsi que des pays inévitables, étant donné le sujet, comme la Chine, le Tibet et la Mongolie.
Nous avons aussi été dans un dispensaire incroyable au Népal, dans un bateau hôpital en Espagne, un hôpital flottant au Cambodge, une clinique mobile efficace qui suit le fleuve.
Il s’agissait d’étudier les médecines alternatives en quelque sorte ?
Nous n’avions pas pour ambition de faire un livre sur les plantes, mais sur les médecines quelles qu’elles soient.
Je ne renie nullement la médecine que je pratique bien au contraire.
Il s’agissait d’entamer une réflexion différente sur la santé.
Il est évident que l’on ne peut pratiquer la même médecine au fin fond de la forêt.
D’ailleurs, les patients n’ont pas non plus les mêmes attentes.
Aucune comparaison donc, mais une vraie découverte sans a priori.
Il y avait quand même un parti pris, celui de ne pas aller dans une optique trop sombre en ne se concentrant pas sur des cas graves.
Nous voulions un certain optimisme, et surtout pas rendre le téléspectateur anxiogène.

- MÉDECINE HOLISTIQUE CONTRE MÉDECINE ALLOPATHIQUE ?
- Il s’agit d’un raccourci saisissant et typiquement occidental.
En vérité, j’ai pu constater sur place que des médecins chinois dits holistiques n’auscultaient qu’à partir de symptômes, et donnaient directement un traitement.
Certains autres allaient au-delà du symptôme pour avoir accès à l’esprit.
Mais franchement, les approches ne sont pas différentes, car en France aussi, le médecin se renseigne sur les soucis, la vie de famille, etc.
Après avoir vu tous ces soignants, je pense que les deux médecines ne sont pas opposées, ce sont les moyens qui font la différence.

- CE QUI VOUS A LE PLUS FRAPPRÉ ?
- Ma curiosité a sans cesse été éveillée, car les approches culturelles sont tellement diverses, et parfois les certitudes vacillent.
On se retrouve ainsi avec des personnes qui refusent un traitement, car il est contraire à certaines croyances.
Mais cela est passionnant, même s’il faut bien se rendre compte que les trois quarts de la planète souffrent d’un manque d’accès aux soins.
J’ai trouvé que les soignants quels qu’ils soient avaient souvent la même attitude qu’il s’agisse de chamans ou d’herboristes.

- L'ÉLÉMENT COMMUN À TOUS CES « PRATICIENS » ?
-
L’énorme point commun est humain.
La souffrance engendre une demande qui elle-même enclenche une réponse.
Certains êtres sont plus à même d’apporter cette réponse, qu’ils soient diplômés ou pas.
Cela est identique partout, la limite est en réalité la pauvreté qui empêche cette réponse d’être parfois vraiment efficace.
Moi-même, je n’étais pas très à l’aise sans radio ou résultats biologiques.
Il faut se débrouiller.
Au fin fond de nulle part, les malades savent aussi qu’en cas de maladie grave, il va falloir qu’ils s’organisent pour aller jusqu’à l’hôpital le plus proche, ce qui est parfois compliqué.

- PAS DE CHARLATANS, DONC ?
-
Ce mot horrible s’applique plus à notre réalité qu’à la leur.
En réalité, j’ai rencontré effectivement des personnes que l’on peut qualifier de dangereuses, mais par ignorance ou suite à des croyances erronées.
Ainsi, en Afrique du Sud, le diagnostic par divination existe toujours (on lance des dés et des ossements).
Cette pratique est en fait autorisée et les médecins classiques du pays sont formés pour travailler avec ces personnes car elles seules peuvent orienter des malades du Sida par exemple vers les hôpitaux.
En fait, c’est un peu le rôle du généraliste chez nous, le patient vient d’abord chercher chez lui le conseil avant d’être éventuellement dirigé vers un spécialiste.

- CES MÉDECINES DU MONDE SONT-ELLES SI DIFFÉRENTES ?
-
Après ces 20 films, j’ai pu m’apercevoir que la médecine était universelle.
Et que depuis la nuit des temps, certaines techniques avaient voyagé, le brassage de connaissances a joué son rôle.
Ainsi, j’ai pu constater des techniques de diagnostic au Pérou, où un soignant qui prenait des champignons hallucinogènes pratiquait la percussion des poumons pour son diagnostic exactement comme je le fais.
C’était vraiment surprenant, on approche alors de l’anthropologie, la médecine est en fait profondément culturelle.
Au Brésil par exemple, les chamans sont parfaitement intégrés à la médecine traditionnelle, car cela est un passage obligé.

- D'AUTRES PAYS VOUS FONT ANCORE RÊVER ?
- Tous ! J’aurais envie d’aller partout y compris dans des régions plus proches.
En Roumanie, au Canada, on trouve des pratiques médicales culturelles diverses.
Et même chez moi en Haute Savoie.

- QUELS SONT A PRÉSENT VOS PROJETS ?
- Il est évident que l’audimat d’un documentaire sur Arte à certains horaires ne peut rivaliser avec de grandes émissions comme Ushuaia, mais nous sommes très heureux du succès presse et de l’engouement que cette série « Médecines d’ailleurs » a provoqué.

- ET QUE FAITES-VOUS AUJOURD'HUI ?
- Je suis revenu à Chamonix exercer mon métier depuis le début de cette année, car je suis un passionné de la médecine.
Beaucoup de mes amis et collègues médecins m’envient d’avoir eu la possibilité de faire ces émissions et ces voyages, car la pratique médicale au quotidien dans un hôpital n’est pas simple, parfois trop administrative. ■

Propos recueillis par Anne Florin.

À LIRE : Médecines d’ailleurs Comment soigne-t-on aux quatre coins du monde ?
Médecines d’ailleurs, qui accompagne la série documentaire du même nom diffusée sur Arte, nous le fait découvrir.
Le Dr Bernard Fontanille, médecin urgentiste, nous emmène avec lui pour une itinérance humaine inédite, à la rencontre de ces femmes et de ces hommes qui prennent soin des autres, sauvent des vies, mettent au monde et soulagent.
Chaque chapitre raconte une destination, un soignant, un savoirfaire, de l’Inde à l’Afrique du Sud, de la Chine au Brésil, en passant par le Japon ou le Népal…
À travers ces rencontres, se dessinent les différentes réalités d’un pays, mais surtout le lien universel qui unit un patient à son médecin, la confiance nécessaire, leur humanité.

« Médecines d’ailleurs » par Bernard Fontanille, Éditions de la Martinière, 216 pages, 29 €

NB. Ce livre a été co-écrit par Elena Sender, grand reporter pour le magazine Sciences & Avenir, spécialiste des domaines de la médecine, de la biologie et des sciences du cerveau.

Article paru dans « Santé-Médecine douce » n° 8. Juin-Juillet-août 2014 - pages 22 & 23
Cet article a aussi fait l'objet d'ne parution dans « Médecine Naturelle » n°10. Août-Septembre-Octobre 2014 – pages 22 & 23

L'article est téléchargeable sur internet au lien :
http://fr.1001mags.com/parution/sante-medecine-douce/numero-8-jun-jui-aou-2014/page-22-23-texte-integral

 

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