Télévision - Mon cerveau a-t-il un sexe ? Les hommes et les femmes semblent ne pas toujours voir le monde de la même manière.
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TV - "MON CERVEAU A-T-IL UN SEXE ?"

VIDÉOS ET TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION - PRÉSENTATION

- 12.07.2014 Mon cerveau a-t-il un sexe ? sur France 5
Les hommes et les femmes semblent ne pas toujours voir le monde de la même manière.
Cette divergence d'appréciation peut-elle s'expliquer par des différences biologiques fondamentales entre le cerveau masculin et le cerveau féminin ?
Cette question n'est jamais neutre.
De la biologie aux dernières découvertes en sciences humaines, la réalisatrice enquête et secoue les idées reçues.

 

PRÉSENTATION :

 

Dossier relatif aux émissions de télévision concernant le domaine de la santé et pour réfléchir !

Il s'agit de comprendre comment la télévision nous renvoie les informations relatives à la santé et de réflexion.

Les transcriptions écrites sont faites avec l'aide des sous-titres.
- Site de Télé Scoop pour les scripts des sous-titres : http://telescoop.tv/



 


MON CERVEAU A-T-UN SEXE ?


France 5 - documentaire - Samedi 12 juillet 2014 à 19h00

Les hommes et les femmes semblent ne pas toujours voir le monde de la même manière.
Cette divergence d'appréciation peut-elle s'expliquer par des différences biologiques fondamentales entre le cerveau masculin et le cerveau féminin ?
Cette question n'est jamais neutre.
De la biologie aux dernières découvertes en sciences humaines, la réalisatrice enquête et secoue les idées reçues.


VIDÉO - PRÉSENTATION - TRANSCRIPTION

Photo : MON CERVEAU A-T-UN SEXE ?  France 5 - documentaire - Samedi 12 juillet 2014   Les hommes et les femmes semblent ne pas toujours voir le monde de la même manière.   Cette divergence d'appréciation peut-elle s'expliquer par des différences biologiques fondamentales entre le cerveau masculin et le cerveau féminin ?   Cette question n'est jamais neutre.   De la biologie aux dernières découvertes en sciences humaines, la réalisatrice enquête et secoue les idées reçues.    Revoir le documentaire en entier :  http://www.dailymotion.com/video/x21dopi (52'33)    Revoir l'émission sur France 5 :  http://pluzz.francetv.fr/videos/mon_cerveau_a_t_il_un_sexe_,105803898.html     PRÉSENTATION :     Les hommes et les femmes semblent ne pas toujours voir le monde de la même manière.   Cette divergence d'appréciation peut-elle s'expliquer par des différences biologiques fondamentales entre le cerveau masculin et le cerveau féminin ?   Cette question n'est jamais neutre.   De la biologie aux dernières découvertes en sciences humaines, la réalisatrice enquête et secoue les idées reçues.    Un film de Laure Delesalle.     TRANSCRIPTION :    des différences biologiques de fond entre le cerveau masculin..  -Mon cerveau a-t-il un sexe ?  -Les hommes.. et les femmes ont souvent du mal à s'entendre. Ils semblent ne pas voir.. le monde de la même manière et ne pas vivre, parfois, sur la même planète.   Ça crée forcément des malentendus.   Ou, au contraire, des phénomènes d'attraction.. puissants, fulgurants, irrésistibles, voire incompréhensibles.   Mais quelle est l'origine de ces phénomènes ?   N'y aurait-il pas.. et le cerveau féminin ?    -Les spectacles, la publicité, les médias, les livres nous inondent.. de clichés et d'images de stéréotypes masculins.. et féminins.   Les femmes seraient naturellement bavardes.. et irrationnelles, incapables de lire une carte routière.   Les hommes seraient.. naturellement bons en maths et experts.. en technologie.   D'où viennent ces clichés ?   Ces différences.. et ces inégalités seraient-elles génétiques et héréditaires, programmées dès l'origine ?   Mais justement, au départ, quelle est l'origine.. de la différenciation sexuelle ?   En principe, c'est simple.   Nous avons 2 petits chromosomes sexuels : XX pour les filles, XY pour les garçons, qui déterminent notre sexe anatomique.    -C'est à la 7ème semaine.. environ que le chromosome Y va exprimer un de ses gènes, c'est le gène SRY.   Et, de là, va s'en suivre une cascade d'effets biologiques.. qui vont conduire à la formation de ce qui deviendra les testicules.   Quand il ne se passe pas ça, il se passe qu'on devient une fille.    -Donc, c'est l'enclenchement de ce gène SRY et d'une cascade. d'effets biologiques qui va donner un garçon.   Et sinon, ça va donner une fille.   Et le X, c'est un grand chromosome avec à peu près 1 millier de gènes.   Alors que le Y est une sorte de désert génétique qui ne contient.. qu'une centaine de gènes.    -Le sexe fort n'est peut-être pas celui qu'on croit ?   Moi, dans chacune de mes cellules, j'ai 2 grands X bourrés de gènes.   Alors que toi, tu n'en as qu'un seul et un tout petit Y.    -Ouais ! Mais son rôle est capital !    -Avec les chromosomes, vous pouvez avoir.. un X, un Y ou 2 X.   Ce sont les catégories hommes-femmes traditionnelles.  Maintenant, vous pouvez avoir un homme XY.. mais sur le Y duquel il manquera un fragment qui va être un homme.. infertile, mais quand même un homme. Une femme avec un X en moins, ce sera, malgré tout, une femme.   Si on se mettait.. a catégoriser les variations au niveau des chromosomes sexuels, ça serait sans fin, vu qu'il y a des milliers de possibilités.. de variations.    -Il y a beaucoup de possibilités, en fait.   Mais est-ce.. que les chromosomes sexuels vont différencier aussi nos cerveaux, nos capacités mentales, nos goûts, nos façons de penser ?    -Les gènes. du développement cérébral ne se trouvent pas particulièrement. ou même plutôt pas sur le X et le Y.   Donc on pourrait se dire.. que ça détermine l'aspect masculin ou féminin, mais que ça ne va pas déterminer une pensée masculine ou féminine.   Ça n'a jamais été démontré.    -Finalement, le sexe génétique ne permet pas de séparer.. les individus et leur cerveau en 2 catégories bien distinctes : les hommes d'un côté, les femmes de l'autre.   Un mythe s'écroule !    -S'intéresser aux genres, c'est s'intéresser aux histoires des gens et à leurs différences.   Et pas aux grandes théories du comportement.   Pour moi, aujourd'hui, le genre devient de plus en plus compliqué.   Dans les années 60, je pensais que c'était très simple.   Il y avait des hommes, des femmes et ils s'affrontaient.   Et je pense, maintenant, que l'on a une vision plus complexe du genre.   Il y a le rôle de la biologie mais il y a aussi un rôle énorme.. de la culture et du sens.    -Mais qu'est-ce qui détermine notre genre ?   C'est-à-dire les rôles.. masculins et féminins dans la société ?   On dit souvent que si les femmes et les hommes sont si différents, c'est à cause des hormones qui influencent nos comportements.. et nos humeurs.   Pour les hommes, c'est l'hormone mâle, la testostérone, et pour les femmes, l'hormone femelle, l'oestrogène.   On entend dire aussi par certains scientifiques que notre cerveau.. serait peut-être même masculinisé ou féminisé avant la naissance, grâce à la circulation de ces hormones chez l'embryon.  C'est là-dessus que travaille le chercheur Jacques Balthazart, à Liège, en s'intéressant au comportement sexuel des cailles.   Le cerveau des cailles a-t-il un sexe et si c'est le cas, à quel stade de son développement ce cerveau se masculinise.. ou se féminise-t-il ?   Dans ce laboratoire, on cherche à repérer.. les aires cérébrales sensibles aux hormones sexuelles.   Puis les chercheurs vont suivre le développement du cerveau.. 'jusqu'à l'âge adulte, en découpant à chaque étape.. le cerveau.. en tranches très fines.    -On a une machine qui ressemble a une machine a jambon du boucher.. avec des lames plus fines, qui travaille aussi sur du matériel.. gelé, pour faire des coupes très minces.   Dans ce cas-ci, on coupe à 30 microns.. d'épaisseur, donc 0,03 mm.   Il est en train de remettre les coupes dans l'ordre, avant de les monter.. sur une lamelle microscopique, pour les observer au microscope.    -Ici, Jacques Balthazart procède à une expérience in vivo.   Voilà une caille mâle, avec sa partenaire.   Hum, le courant ne passe pas vraiment.. entre eux, c'est clair.   En réinjectant de la testostérone dans le cerveau du mâle, dans une certaine zone très sensible, sa libido.. se réveille instantanément.   Ah là, ça marche beaucoup mieux !    -Donc le cerveau des cailles a un sexe.    -Oui, grâce à leurs hormones.    -Et le cerveau humain ?    -J'aimerais bien le savoir.    -En tout cas, ces travaux ont permis.. une découverte étonnante par Jacques Balthazart.   Dans le cerveau, ce n'est pas la testostérone.. mais l'hormone dite 'femelle', l'oestradiol, dérivée de l'oestrogène, qui est responsable.. du comportement sexuel, des mâles comme des femelles, chez les mammifères comme chez les cailles.    -On a longtemps.. pensé que les mâles réalisaient des comportements sexuels.. de type mâle à cause de leur testostérone.. et les femelles des comportements de type femelle dus à l'oestradiol.   La réalité est plus compliquée car si on regardé dans lé détail.. chez la caille et chez le rat, on s'aperçoit que la testostérone dans le cerveau.. peut se transformer en oestradiol chez le mâle comme chez la femelle.    -En plus, on sait aujourd'hui que les femelles et les mâles, les femmes et les hommes, ont tous deux des oestrogenes.. et de la testostérone.   Donc, finalement, les hormones sexuelles ont des propriétés. plus variées et moins typées.. mâle-femelle qu'on ne le croyait jusqu'à présent.    -Encore un mythe qui s'écroule.    -Mais alors, d'où viennent.. nos différences ?    -Il me semble qu'on demande.. aux scientifiques de nous débarrasser de la question.. de savoir ce que signifie, pour nous, être un homme ou une femme. Comme s'il y avait déjà une réponse à la question.   Elle était là, quelque part dans mes cellules, et ce n'est pas un problème pour moi, je vais trouver.. la vérité du sexe.   Mais supposons que j'apprenne.. qu'être masculin implique un type d'organisation cellulaire, en quoi cela va-t-il m'éclairer sur l'obscur sentiment que j'ai.. d'être masculin ou féminin ?    -Selon certains scientifiques, il y aurait un cerveau féminin câblé pour l'empathie, l'émotion.. et le sens de l'autre.   Et un cerveau masculin câblé pour la compréhension. de la mécanique, la géométrie.. et la résolution de problèmes.   De plus, les 2 sexes.. n'auraient pas, ça se vérifie au quotidien, la même perception de l'espace ni la même façon.. de s'y orienter.   Des milliers d'études scientifiques.. sont parues sur ce sujet, en Europe.. et dans les pays anglo-saxons.    -Voilà un environnement virtuel qui nous sert à étudier.. les stratégies cognitives employées parles sujets, garçons. ou filles, hommes ou femmes, pour se rappeler un trajet en ville.   Si vous voulez vous rappeler le trajet.. que vous avez fait de votre maison jusqu'à votre bureau, les femmes se rappelleront plutôt la séquence des événements, que nous appelons une 'stratégie égocentrée', centrée sur soi-même. 'Je suis allée jusqu'à la pâtisserie, tu tournes à droite.. '..à la station-service', etc.   La séquence des événements.   Les hommes, eux, le font aussi mais ils préfèrent faire des cartes.   Et ils peuvent plus facilement, souvent, travailler.. à partir d'une inscription cartographique.    -Ah ça, on ne fonctionne pas pareil, c'est sûr !    -C'est parce qu'on n'utilise pas les mêmes parties de notre cerveau.    -Lorsque nous nous rappelons ou nous nous imaginons la route, on active surtout un réseau d'aires pariéto-frontales.. qui, en même temps, est un réseau très important.. dans la perspective et la perception que j'ai de mon corps.. par rapport au monde.   C'est pour ça qu'il y a le mot 'égocentré'.   Au contraire, quand on active dans son cerveau une carte, quand on regarde un GPS ou une carte, on active.. une autre structure, l'hippocampe.   C'est une structure.. très importante du cerveau.   Ce n'est pas un animal marin.   C'est une structure au fond de notre cerveau, où on trouve.. des neurones qui ont une propriété particulière.   Ils s'activent quand on est.. en un point de l'espace.   Ce sont les 'neurones de place'.    -Pour Véronique Bohbot, spécialiste à Montréal.. des stratégies de navigation. dans l'espace, les expériences prouvent, au contraire, que.. que les femmes utilisent beaucoup la stratégie dite 'spatiale'.. pour s'orienter.    -On a trouvé que les femmes utilisaient beaucoup.. la stratégie spatiale.. qui dépend de l'hippocampe et implique la connaissance.. des relations entre les points de repère dans l'environnement.   Ce n'est peut-être pas un hasard si les femmes ont un hippocampe, un volume d'hippocampe plus élevé que l'homme.   Ça s'est retrouvé dans plusieurs études.    -Conclusion : les stratégies spatiales des hommes. et des femmes sont bien différentes.   Mais on ignore.. dans quel sens.   Les nombreuses études scientifiques parues sur ce thème.. sont assez contradictoires.   Par contre, de nouvelles pistes de recherche se dessinent.   Toujours dans le même laboratoire à Montréal, Nicolas, 8 ans, explore virtuellement sous IRM un labyrinthe en étoile, à la recherche.. d'objets cachés.   Ses performances s'améliorent clairement.. avec la pratique et l'apprentissage.   Surprise !   Des régions.. de son cerveau deviennent de ce fait plus denses.   De nouvelles connexions se sont formées.    -Il y a.. une corrélation entre la matière grise.. et l'utilisation de cette navigation spatiale.  Vous voyez ici l'hippocampe qui montre cette augmentation. de matière grise.    -Donc le cerveau se muscle.    -La fonction crée l'organe.    -Une très jolie expérience faite en imagerie cérébrale, à Londres, sur les chauffeurs de taxi a montré que ces chauffeurs.. londoniens ont un hippocampe plus gros que chacun d'entre nous.   Car ils doivent, à tout moment, avoir à la fois.. une carte de Londres, se rappeler leur chemin et manipuler, mentalement, ces cartes.   Donc c'est l'ensemble.. de ces facteurs génétiques, épigénétiques, du développement.. et même du métier qui peuvent moduler, influencer.. les différences entre garçons et filles, entre hommes et femmes.. dans toutes ces fonctions qui nous relient avec le monde.    -Difficile de le nier, le cerveau des hommes et des femmes.. se muscle différemment.   Ils n'ont pas tout à fait les mêmes comportements.   Explication ?   C'est tout simple.   Nous avons hérité cela.. de nos ancêtres.   Pendant que Madame de Cro-Magnon restait.. pour balayer et raccommoder les chaussettes, Monsieur partait.. chasser sur de nouvelles terres.   Ce schéma préhistorique dé répartition des rôles résté.. une référence aujourd'hui pour expliquer nos différences.   Que sait-on vraiment de la division des rôles à la préhistoire ?    -On peut identifier des spécialisations de tâches.   Certaines personnes faisaient des tâches particulières et d'autres, d'autres tâches.   Mais on ne peut savoir qui faisait quoi.   Etait-ce les hommes, les femmes, les enfants, les vieillards ?   Là, toutes nos données nous indiquent bien. que tout le monde ne savait pas tout faire.   Mais on ne peut pas dire qui faisait quoi.   L'homme de Néandertal avait une très mauvaise image.   On le considérait.. comme une brute épaisse, hirsute, un peu voûtée.   Et puis, peu à peu, on s'est aperçu qu'en fait, il avait.. pas mal de capacités techniques, qu'il avait une société.. déjà assez évoluée.   Tout à fait à la fin, avant leur disparition, vous savez qu'ils n'existent plus, on a retrouvé de la parure.. qui les accompagnait, etc.   Donc ce n'est plus la brute épaisse qu'on imaginait il y a un siècle.   Ça signifie que nos interprétations évoluent aussi en fonction. du contexte historique.   Notre présent façonne la façon dont on voit notre passé, si vous voulez.    -Moi, Tarzan !    -Moi c'est Jane, enchantée !    -Savez-vous.. quel métier vous voulez faire plus tard ? Antoine ?    -Joueur de tennis et kiné.    -D'accord.   Dana ? Maîtresse d'école. Nino ?    -Cuisinier, tennisman, rugbyman.    -Pilote d'avion et policier.    -Pompier.    -Diane ? Maîtresse d'école et vétérinaire.    -Les stéréotypes sont déjà bien ancrés dans nos petites cervelles.. brunes et blondes.   Que deviennent ces différences cérébrales. quelques années plus tard au lycée ?   On dit les garçons.. plus forts en maths et les filles meilleures en français.    -Tout le monde le dit.. que les filles sont plus fortes en langues qu'en maths.   Les garçons, l'inverse.    -Des expériences.. disent que les hommes sont forts en maths, les femmes en français.    -Chez les gens, un garçon en S, c'est plus normal qu'une fille.   Les filles doivent plus se cantonner dans l'histoire.. ou dans le français car pour les gens, c'est là qu'est leur place.   Ce genre de stéréotype reste très longtemps dans la tête des gens.   Du coup, on est en retard sur les garçons.    -On pourrait.. se dire que les stéréotypes, c'est pas grave, qu'on classe.. garçons et filles.   Comme ça, tout le monde se repère, c'est plus facile.   Le codage est connu par tous.. et on s'y reconnaît beaucoup plus facilement.   Mais en fait, le problème des stéréotypes, c'est qu'ils induisent des choix.. d'orientation différents, différenciés chez les filles et chez les garçons.   S'occuper des gens, c'est très bien pour les filles.   Donc, que ce soit comme assistante sociale, comme infirmière. ou comme médecin.   Mais faire des sciences dures, être ingénieur, être chercheuse, en mathématiques ou en physique théorique, là, on va se dire : 'C'est pas bien gérable avec la vie.. '..familiale, avec la vie privée.'    -Si vous voulez l'interpréter comme 'f(x)-f(a) .. sur 'x-a', effectivement en bas, ça n'allait pas.   Les filles osent moins prendre la parole, pensent qu'elles sont moins légitimes.   Personne ne leur dit : 'T'es une fille, donc moins bonne en maths.'   Personne n'ose dire une chose pareille.   Mais les messages. qu'elles entendent, que ce soit les journaux, la presse.. pour les jeunes :   'Les filles, elles font des maths..si on les tient par la main et les garçons, eux, sont géniaux.'   Quand on entend ça et qu'on est une jeune fille qui va passer.. un contrôle de mathématiques, l'effet.. ne doit pas être négligeable.    -En réalité, selon les dernières statistiques, les filles sont.. meilleures en maths que les garçons.. jusqu'en terminale et ensuite, il y a de plus en plus de filles.. en filière scientifique.   Encore un mythe.. qui s'écroule.   Apparemment, la différenciation sexuelle des cerveaux commence.. très tôt dans la vie.   A 2 ans déjà, les jouets qu'on offre.. aux enfants semblent dessiner une voie toute tracée pour chaque sexe.    -Qu'est-ce que t'as eu pour Noël ?    -Encore une kalachnikov, et toi ?    -Moi, une table à repasser.    -Abel et Margot, à peine.. 2 ans, adorent laver des baigneurs durant des heures.. ou faire des puzzles.   Un peu plus tard, Abel jouera à des jeux de garçon: jeux de construction, camions, épées, pistolets, et Margot jouera plutôt à des jeux de fille.   Mais d'où viennent ces différences ?   Pourquoi garçons et filles se mettent-ils vers 2 ans à jouer.. à des jeux différenciés ?   Y aurait-il des messages.. biologiques inconscients d'origine génétique.. qui leur indiqueraient leurs futurs rôles de papa ou de maman.. et leur dicteraient le choix des jouets ?   Pour répondre à cette question vitale, des chercheurs.. en neuroscience américains ont distribué des jouets.. de garçons et filles à de jeunes singes rhésus, puis les ont filmés.    -On laissait les singes choisir entre des petites voitures.   Les peluches, c'était différentes sortes d'animaux: des ours en peluche, des tatous, on avait même une tortue.   Et on a découvert que les mâles préféraient les voitures, et très fortement.   Les femelles préféraient plutôt les peluches.. mais s'intéressaient.. aussi aux voitures.   Je pense que la préférence des femelles.. pour les peluches correspond à la préférence qu'elles auront.. à l'âge adulte pour les enfants.   La préférence des mâles.. pour les petites voitures est plus dure à comprendre.   Ça peut correspondre à une différence sexuelle importante, que l'on observe aussi chez les singes rhésus, qui est que les mâles aiment...   Ce jeu de bataille est en fait une sorte de jeu, d'activité spatiale, où vous manipulez, vous jetez.. votre partenaire par terre, vous le roulez sur le sol.   C'est.. ce qu'ils font avec les voitures, ils les manipulent.   Je pense qu'il est possible que cette préférence ne soit pas.. une préférence pour le jouet lui-même mais pour l'activité.. qui va avec.   Donc, le modèle sur lequel nous avons travaillé.. est un modèle où des différences biologiques assez minimes. sont amplifiées avec l'expérience.   Et ça donne.. cette divergence entre mâles et femelles, même si les différences.. sont à l'origine très petites. que ces différences sexuelles.. sont une tendance biologique.. de l'individu qui est ensuite façonné par l'environnement.   C'est la même chose chez les humains mais la différence, c'est que l'on peut être très directif dans ce façonnage.   Ainsi, on peut dire par exemple à un garçon : 'Ne pleure pas'.. ou 'Les garçons ne portent pas de robe'.    -Cette expérience montrerait donc que les jeunes singes dépendent.. plus de leurs hormones, gènes et instincts naturels que les enfants, qui, eux, sont plus directement conditionnés par l'environnement.. et l'éducation.    -Alors, d'après vous, quand on regarde un cerveau, pensez-vous que le cerveau des hommes et celui des femmes.. ou des filles ou des garçons sont les mêmes ?    -Non    -Pourquoi ?    -Je préfère le jaune au rose.   Et la fille pense que le jaune... que le rose, c'est plus beau que le jaune.   Donc on n'a pas les mêmes idées.   Donc ce n'est pas pareil.    -Dessine le cerveau au tableau.   Tu n'es pas obligé de tout dessiner, Théo.   Ca, c'est un cerveau de ?    -Garçon.    -Tu peux mettre un G, pour garçon.   Voilà. tu nous expliques ton dessin.    -C'est que les cellules.. du cerveau de garçon, elles ne sont pas de la même forme.   Les cellules du cerveau de fille ne sont pas de la même forme aussi.    -Pour moi, je ne peux pas dire si c'est.. le cerveau d'un homme ou d'une femme.   Ici, je crois que c'est un homme de 20 ans.. qui ne souffrait d'aucune maladie.    -Normal. On sait très bien qu'on perd des cellules en vieillissant.   Chaque cerveau.. est plus ou moins pareil.   Mais quand on les regarde de près, chacun est unique.   C'est un peu quand on regarde le visage d'une personne.   Les yeux, un nez, une bouche, tout le monde a ça.   Par contre, chaque visage est totalement unique.   Donc c'est un peu pareil.   Quand je regarde un cerveau, c'est la même chose.    -Sur les 4 cerveaux de femmes qu'on voit en haut, pas un seul ne ressemble à l'autre.   Et, de la même façon, sur les 4 cerveaux d'hommes, il y a aussi des grandes variations dans la forme des cerveaux, des variations dans le chemin des circonvolutions.   Et ces images montrent à quel point nous avons tous des cerveaux différents.   Aucun cerveau...   Le processus de l'évolution a doté l'être humain d'un cerveau unique en son genre.   Unique en son genre car le cortex cérébral s'est tellement développé qu'il a dû se plisser pour arriver à tenir dans le crâne.   Or, à l'heure actuelle, avec des méthodes informatiques, on est capable de modéliser un cortex cérébral et donc on va pouvoir le déplier virtuellement.   Et on s'aperçoit que la surface du cortex est de 2 m2 pour 3 mm d'épaisseur.   Or cette surface du cortex cérébral est dix fois plus étendue que celle qu'on trouve chez le singe.   C'est ce qui fait dire aux spécialistes de l'évolution que c'est l'extension du cortex cérébral qui a permis à l'être humain d'échapper au déterminisme strict des hormones et des gènes dans le processus d'évolution.    -Si je comprends bien, ce formidable développement du cerveau et de la pensée a permis aux hommes et aux femmes de se libérer en partie de leurs instincts primitifs.   Mais comment cela s'est-il produit ?    -Dans l'évolution, on observe. un accroissement de l'encéphale, du cerveau, au fur et à mesure de l'hominisation et de l'évolution, et vient un moment où, les hommes marchant en position debout, comme vous le savez, étant bipèdes, il y a une sorte d'incompatibilité entre la largeur du bassin de la femme et la taille.. du crâne du bébé.   C'est-à-dire que si le bébé sortait, naissait parfaitement terminé, achevé, il aurait un crâne beaucoup plus volumineux et donc les femmes ne pourraient pas marcher.   Leur bassin serait trop large.   Il faut avoir un bassin assez fin pour pouvoir marcher, courir.   Résultat, la nature fait bien les choses.   Les bébés humains naissent, finalement, avec un stade d'inachèvement, si vous voulez.   L'encéphale de l'enfant n'est pas du tout achevé.   La taille du cerveau du bébé est beaucoup plus petite que celle des autres animaux.   Pour vous donner un ordre d'idée, chez la plupart des mammifères, lorsque le petit naît, la taille de son cerveau fait à peu près 75 % de la taille du cerveau d'un adulte.   Alors que chez le bébé humain, c'est 25 %.   Et le cerveau continue à grandir, à se développer durant les premières années de la vie.   Surtout, les deux premières années, il grossit de 50 %.   Ensuite, il continue à grandir encore.   Il doit atteindre quelque chose comme 95 % à 4 ans.   Il grandit jusqu'à l'âge de 7 ans.   Donc, vous voyez, il faut des années.. pour que le cerveau atteigne sa taille adulte.   Résultat, lorsqu'on dit : 'Y a l'inné, y a l'acquis', tout ce débat est un faux problème.   Car la plupart des gens sont façonnés, bien sûr, par cé qui est acquis par l'hérédité mais aussi par l'environnement.   Ce n'est pas forcément un environnement que naturel.   Tout l'environnement social, familial.   Tout ça participe au développement de l'enfant les premières années de la vie.    -Tout ce qu'on croit comme inscrit dès le départ de par la construction biologique est en fait modulé et ouvert.   Quand on arrive à des temps où le développement du petit enfant fait que comme ce développement est assez lent, il est tres vulnérable.  Donc il faut la présence permanente d'adultes pour lui permettre de survivre.   Donc cet état de dépendance ouvre un espace d'apprentissage, de jeux, où, au fond, la rencontre avec la vie, c'est une espèce d'espace de simulation où d'autres s'occupent de lui. est paradoxalement le creuset de ce que nous appelons notre liberté.   Notre capacité à nous construire de la manière la plus riche.   Et l'être humain est celui dont cet état de dépendance est le plus prolongé.    -Donc, finalement, devenir un garçon ou une fille, c'est une sorte d'apprentissage.   En fait, de la naissance à l'âge adulte, la société nous façonne.   Et notre cerveau, grâce à sa plasticité, devient masculin ou féminin.   Il évolue au fil du temps.    -Le système nerveux, le cerveau est marqué par l'expérience.   Notre cerveau contient à peu près 100 milliards de neurones.   Chacun est connecté à 10 000 autres neurones et ces connexions s'appellent les synapses.   C'est là que l'information passe.   Le point fondamental dans la notion de plasticité, c'est que le transfert d'informations entre les neurones n'est pas fixe, figé une fois pour toutes mais il est modulé au cours du temps.   Et un élément fondamental qui module ce transfert d'informations, c'est l'expérience qui laisse des traces.   Imaginez un gratte-ciel la nuit, où on allumerait des fenêtres selon un certain plan, de manière, par exemple, à représenter un arbre de Noël.   Donc c'est un certain plan de lumières allumées.   On peut imaginer que, dans le cerveau, c'est un peu pareil.   Un certain plan de synapses facilitées, comme des fenêtres allumées, comme pour une expérience, une image.   Donc le message important, c'est de se dire que l'expérience laisse une trace dans le cerveau, que les réseaux neuronaux sont en permanence modulés par l'expérience et que, en fait, ces modifications au niveau synaptique sont à la base même de la mémoire et des processus d'apprentissage.    -Donc notre cerveau se structure et se transforme sans arrêt au fur et à mesure des expériences que l'on traverse.    -Le cerveau est un organe embryonnaire.   Les tissus qui le constituent sont ceux des embryons.   C'est la partie embryonnaire de l'être humain.   Ça signifie que cette partie est complètement ouverte à l'avenir.   Elle est là pour capturer les événements et reconstruire ce que nous sommes à partir de ce que nous vivons, de nous permettre de nous inventer, en fait.    -Sionpaflaüdesexernahnenant ? avec plaisir !    -Il y a très longtemps, masculin et féminin ne formaient qu'un seul être.   Le fameux mythe d'Aristophane, dans 'Le Banquet' de Platon, raconte le moment de l'apparition du sexe.   Le mot sexe vient de 'section', de 'coupure'.    -'Au temps jadis, notre nature n'était pas la même qu'aujourd'hui. '  Elle était d'un genre différent.   Et premièrement, la forme.. '..de chaque être humain était celle d'une boule, avec un dos.. '..et des flancs arrondis.   Chacun avait 4 mains, '..un nombre de jambes égal à celui des mains, 2 visages, un cou rond, '..avec au-dessus de ces 2 visages, en tous points pareils. '..et situés à l'opposé l'un de l'autre, une tête unique.. '..pourvue de 4 oreilles.   En outre, chacun avait 2 sexes.. '..et tout le reste à l'avenant.'    -L'idée du mythe d'Aristophane, c'est que des êtres ont été très arrogants par rapport aux dieux et qu'ils ont décidé de les sectionner en deux, pour, au fond, les séparer d'eux-mêmes, dans une certaine mesure, et qu'à ce moment-là, les humains se sont perdus dans le fait de contempler la section, la coupure.   On peut dire que la différence des sexes, la section, elle est nette.   Mais que chacun se constitue comme un mixte par rapport à cette section.   C'est-à-dire, chacun va être composé de façon complexe, à partir du masculin et du féminin.   Il n'y a pas d'être totalement masculin ou totalement féminin.   Par le fait de la section, quelque chose est perdu.   Et tout humain passe sa vie à courir après ce qui est perdu, qu'il va chercher en dehors de lui.   C'est ça l'idée de la libido, d'aller chercher quelque chose. qui a été soustrait, on va le chercher à l'extérieur.   On n'est pas dans l'instinct comme les animaux, on a perdu le mode d'emploi.   Si vous voyez 2 faisans et une poule faisane sur une route toscane, ils se confrontent dans une parade, une mascarade, un jeu sexuel, où tout est extrêmement déterminé, programmé par l'instinct.   Deux humains, je ne décrirai pas, mais c'est beaucoup plus compliqué.   On n'est pas dans l'instinct, on est dans la pulsion.   Et la pulsion signifie aussi qu'on n'a pas le mode d'emploi.    -Les enfants sauvages avaient grandi.. loin de la société des hommes et c'est des enfants qu'on retrouvait entre 10 et 15 ans et qu'on essayait de ramener à la civilisation.    -Victor de l'Aveyron, par exemple, un enfant sauvage découvert à 11 ans, à la fin du 18e siècle, avait été recueilli par le docteur Itard qui avait observé une chose étonnante.   Victor avait une sorte d'agitation qu'il qualifiait de pubertaire.   Donc il a essayé de le mettre en présence d'une assemblée de femmes complaisantes, c'est l'expression qu'il emploie, de prostituées bien entendu.   Et Victor se montre tout à fait incapable de donner forme à cet énervement qu'il a.   C'est un exemple très connu qui montre bien que, alors que la sexualité animale n'a pas besoin d'être apprise, l'homme a perdu la pratique instinctive de la sexualité.   Il a donc tout à apprendre de ce qu'il doit faire sexuellement.   On a besoin de sens, d'abord pour des choses très simples comme reconnaître et donner un nom aux états corporels qui sont en nous.   Par exemple, sentir une tension quelque part dans son corps, ça peut n'avoir aucun sens et n'avoir aucune interprétation. sexuelle.   Ça peut être une émotion.    -Mais se mettre à appeler ça un désir, par exemple, ou une érection, ou autre chose, c'est déjà une représentation.   On peut être touché par des histoires, des récits culturels qui ont cours dans notre société.   Ces histoires culturelles, elles-mêmes, donnent lieu à des fantasmes, à des scripts qu'on se raconte et qui produisent l'excitation.   En tout cas, ces scénarios, soit on s'en imprègne, soit on fait en sorte de vous les apprendre.     Musique langoureuse.    -Mais quelle place prend le sexe dans notre cerveau ?   Les scientifiques se sont beaucoup intéressés aux zones cérébrales activées. lors de l'excitation sexuelle.   Hommes et femmes semblent réagir différemment.    -Avant de participer, j'ignorais ce que c'était.   Je savais qu'il étudiait la différence au niveau du cerveau, de la perception de la sexualité entre hommes et femmes et que j'allais 'être soumis à un examen de résonnance magnétique et visionner des films.    -On a voulu comparer les hommes et les femmes car souvent il a été rapporté que les hommes étaient plus facilement excités par les films érotiques que les femmes.   C'est plus un marché d'hommes.   Ce qui est important à noter, c'est que les hommes et les femmes montraient des zones d'activation dans le cerveau très similaires.   La seule différence manifeste était au niveau d'une structure qu'on appelle l'hypothalamus.   C'est une structure importante car l'hypothalamus est une région qui a été montrée un nombre de fois chez les rats, chez les singes, chez les reptiles, les oiseaux, à travers toute la phylogénie, comme étant une structure essentielle à la sexualité.   De plus, c'est une structure différente entre les hommes et les femmes.   Il y a des sous-noyaux de l'hypothalamus comme le noyau pré-optique médian, 2 fois plus gros chez l'homme que chez la femme.    -Deux fois plus gros ? Non.   Le sexe prendrait deux fois plus de place que dans le cerveau des femmes ?   Mais d'où ça vient, ça ?    -La pratique peut avoir un impact sur les structures cérébrales.   Donc la culture et l'environnement peuvent avoir un impact sur le cerveau. une norme d'égalité qui envahit la société, qui est même inscrite dans la Constitution, on s'aperçoit que les pratiques réelles restent extrêmement inegalitaires.   Eh bien, on peut penser que la sexualité et les inégalités de fait dans les représentations de la sexualité, une manière d'exprimer, de traduire cette inégalité, cette construction, dans le domaine de l'intime.   C'est-à-dire que ces choses passent dans votre corps, passent dans vos émotions, et en existant, en pénétrant dans les corps et dans les émotions, ils acquièrent une très grande force et une véritable force idéologique.   C'est-à-dire qu'on peut arriver à penser cette opposition entre le besoin irrépressible, le désir, le pouvoir chez les hommes et l'affectivité, la disponibilité, l'amour des femmes comme une opposition qui, au fond, permet d'expliquer les inégalités dans tout le monde social.    -Je pense qu'il y a une offensive androcentriste forte dans toutes ces recherches sur le cerveau et sur qu'est-ce que doit être une femme ?   C'est un recul énorme et une offensive antiféministe, une offensive politique.   Et mélanger ce côté scientiste avec cette injonction de morale, sous la présentation: parce que c'est scientifique, c'est neutre, alors que ça ne l'est absolument pas, c'est dangereux pour tous.    -La génétique est utilisée comme outil de catégorisation. mais, en fin de compte, la société souhaite avoir cet outil.   Et si ce n'est pas celui-là, ça sera un autre.    -Je n'existe pas.. 'Puisque' je suis physiologiquement ni masculin ni féminin. ou à la fois masculin et féminin, puisque je suis né sans gonades. sans ovaires et sans testicules.   Et que mon corps était un joli mélange de caractères féminins et masculins.   Et que, bien qu'on m'ait assigné dès la naissance comme garçon et que le process médical et juridique ait fait de moi officiellement un homme, je ne me suis jamais retrouvé ni dans l'homme ou la femme ou à la fois dans l'homme et la femme.   Il n' y a pas de mot pour dire ça.   Je ne peux pas me nommer.   Mon cerveau a-t-il un sexe ?   Je ne sais pas !   Moi, ça m'effare, ce genre de question.   Qu'est-ce qu'un sexe ?   Est-ce que c'est juste des organes génitaux extérieurs ?   Des organes génitaux extérieurs et intérieurs ?   Est-ce le sexe génétique ?   Le sexe hormonal ?   On est en train de superposer tout un tas de sexes différents.   C'est hypersexué.   C'est une hypersexualisation qui ne veut rien dire.    -Peut-être est-ce ça que les transgenres nous montrent et peut-être est-ce ça notre avenir.   Plutôt une multiplication des sexes qu'une abolition de la différence des sexes ou, au contraire, une explication de cette différence qui, de toute manière, est obscure.   Est-ce clair ?    -La machine à fabriquer du masculin et du féminin. marche à fond aujourd'hui.   La science semble chercher tous azimuts les preuves et les fondements biologiques de cette binarité.   Mais il y a sans doute un malentendu.   On ne devrait pas penser la différence entre les sexes comme une opposition binaire.   Ou tout l'un ou tout l'autre.   Le masculin ou le féminin.   Le creux ou le plein.   Le jour ou la nuit.   Nous avons tous des cerveaux différents, donc nous avons tous des sexes différents, à savoir une façon particulière. et multiple d'être sexué.   Chacun pourrait, enfin, choisir sa propre façon d'être sexué et sexy en toute liberté.     Une transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien :  http://telescoop.tv/browse/554549/mon-cerveau-a-t-il-un-sexe.html
Photo de l'album de Facebook



Revoir le documentaire en entier :
http://www.dailymotion.com/video/x21dopi (52'33)


Mon cerveau a-t-il un sexe ? 12.07.2014 France 5 par conscience33

Revoir l'émission sur France 5 :
http://pluzz.francetv.fr/videos/mon_cerveau_a_t_il_un_sexe_,105803898.html

 



PRÉSENTATION :

Les hommes et les femmes semblent ne pas toujours voir le monde de la même manière.
Cette divergence d'appréciation peut-elle s'expliquer par des différences biologiques fondamentales entre le cerveau masculin et le cerveau féminin ?
Cette question n'est jamais neutre.
De la biologie aux dernières découvertes en sciences humaines, la réalisatrice enquête et secoue les idées reçues.

Un film de Laure Delesalle.

TRANSCRIPTION :

des différences biologiques de fond entre le cerveau masculin..
-Mon cerveau a-t-il un sexe ?
-Les hommes et les femmes ont souvent du mal à s'entendre. Ils semblent ne pas voir le monde de la même manière et ne pas vivre, parfois, sur la même planète.
Ça crée forcément des malentendus.
Ou, au contraire, des phénomènes d'attraction puissants, fulgurants, irrésistibles, voire incompréhensibles.
Mais quelle est l'origine de ces phénomènes ?
N'y aurait-il pas et le cerveau féminin ?

-Les spectacles, la publicité, les médias, les livres nous inondent de clichés et d'images de stéréotypes masculins et féminins.
Les femmes seraient naturellement bavardes et irrationnelles, incapables de lire une carte routière.
Les hommes seraient naturellement bons en maths et experts en technologie.
D'où viennent ces clichés ?
Ces différences et ces inégalités seraient-elles génétiques et héréditaires, programmées dès l'origine ?
Mais justement, au départ, quelle est l'origine de la différenciation sexuelle ?
En principe, c'est simple.
Nous avons 2 petits chromosomes sexuels : XX pour les filles, XY pour les garçons, qui déterminent notre sexe anatomique.

-C'est à la 7ème semaine.. environ que le chromosome Y va exprimer un de ses gènes, c'est le gène SRY.
Et, de là, va s'en suivre une cascade d'effets biologiques qui vont conduire à la formation de ce qui deviendra les testicules.
Quand il ne se passe pas ça, il se passe qu'on devient une fille.

-Donc, c'est l'enclenchement de ce gène SRY et d'une cascade. d'effets biologiques qui va donner un garçon.
Et sinon, ça va donner une fille.
Et le X, c'est un grand chromosome avec à peu près 1 millier de gènes.
Alors que le Y est une sorte de désert génétique qui ne contient qu'une centaine de gènes.

-Le sexe fort n'est peut-être pas celui qu'on croit ?
Moi, dans chacune de mes cellules, j'ai 2 grands X bourrés de gènes.
Alors que toi, tu n'en as qu'un seul et un tout petit Y.

-Ouais ! Mais son rôle est capital !

-Avec les chromosomes, vous pouvez avoir.. un X, un Y ou 2 X.
Ce sont les catégories hommes-femmes traditionnelles.
Maintenant, vous pouvez avoir un homme XY mais sur le Y duquel il manquera un fragment qui va être un homme infertile, mais quand même un homme. Une femme avec un X en moins, ce sera, malgré tout, une femme.
Si on se mettait a catégoriser les variations au niveau des chromosomes sexuels, ça serait sans fin, vu qu'il y a des milliers de possibilités de variations.

-Il y a beaucoup de possibilités, en fait.
Mais est-ce.. que les chromosomes sexuels vont différencier aussi nos cerveaux, nos capacités mentales, nos goûts, nos façons de penser ?

-Les gènes. du développement cérébral ne se trouvent pas particulièrement. ou même plutôt pas sur le X et le Y.
Donc on pourrait se dire que ça détermine l'aspect masculin ou féminin, mais que ça ne va pas déterminer une pensée masculine ou féminine.
Ça n'a jamais été démontré.

-Finalement, le sexe génétique ne permet pas de séparer les individus et leur cerveau en 2 catégories bien distinctes : les hommes d'un côté, les femmes de l'autre.
Un mythe s'écroule !

-S'intéresser aux genres, c'est s'intéresser aux histoires des gens et à leurs différences.
Et pas aux grandes théories du comportement.
Pour moi, aujourd'hui, le genre devient de plus en plus compliqué.
Dans les années 60, je pensais que c'était très simple.
Il y avait des hommes, des femmes et ils s'affrontaient.
Et je pense, maintenant, que l'on a une vision plus complexe du genre.
Il y a le rôle de la biologie mais il y a aussi un rôle énorme de la culture et du sens.

-Mais qu'est-ce qui détermine notre genre ?
C'est-à-dire les rôles.. masculins et féminins dans la société ?
On dit souvent que si les femmes et les hommes sont si différents, c'est à cause des hormones qui influencent nos comportements.. et nos humeurs.
Pour les hommes, c'est l'hormone mâle, la testostérone, et pour les femmes, l'hormone femelle, l'oestrogène.
On entend dire aussi par certains scientifiques que notre cerveau serait peut-être même masculinisé ou féminisé avant la naissance, grâce à la circulation de ces hormones chez l'embryon.
C'est là-dessus que travaille le chercheur Jacques Balthazart, à Liège, en s'intéressant au comportement sexuel des cailles.
Le cerveau des cailles a-t-il un sexe et si c'est le cas, à quel stade de son développement ce cerveau se masculinise ou se féminise-t-il ?
Dans ce laboratoire, on cherche à repérer les aires cérébrales sensibles aux hormones sexuelles.
Puis les chercheurs vont suivre le développement du cerveau "jusqu'à l'âge adulte, en découpant à chaque étape le cerveau.. en tranches très fines.

-On a une machine qui ressemble a une machine a jambon du boucher avec des lames plus fines, qui travaille aussi sur du matériel gelé, pour faire des coupes très minces.
Dans ce cas-ci, on coupe à 30 microns d'épaisseur, donc 0,03 mm.
Il est en train de remettre les coupes dans l'ordre, avant de les monter sur une lamelle microscopique, pour les observer au microscope.

-Ici, Jacques Balthazart procède à une expérience in vivo.
Voilà une caille mâle, avec sa partenaire.
Hum, le courant ne passe pas vraiment entre eux, c'est clair.
En réinjectant de la testostérone dans le cerveau du mâle, dans une certaine zone très sensible, sa libido.. se réveille instantanément.
Ah là, ça marche beaucoup mieux !

-Donc le cerveau des cailles a un sexe.

-Oui, grâce à leurs hormones.

-Et le cerveau humain ?

-J'aimerais bien le savoir.

-En tout cas, ces travaux ont permis une découverte étonnante par Jacques Balthazart.
Dans le cerveau, ce n'est pas la testostérone mais l'hormone dite "femelle", l'oestradiol, dérivée de l'oestrogène, qui est responsable du comportement sexuel, des mâles comme des femelles, chez les mammifères comme chez les cailles.

-On a longtemps.. pensé que les mâles réalisaient des comportements sexuels de type mâle à cause de leur testostérone et les femelles des comportements de type femelle dus à l'oestradiol.
La réalité est plus compliquée car si on regardé dans lé détail chez la caille et chez le rat, on s'aperçoit que la testostérone dans le cerveau peut se transformer en oestradiol chez le mâle comme chez la femelle.

-En plus, on sait aujourd'hui que les femelles et les mâles, les femmes et les hommes, ont tous deux des oestrogenes.. et de la testostérone.
Donc, finalement, les hormones sexuelles ont des propriétés. plus variées et moins typées.. mâle-femelle qu'on ne le croyait jusqu'à présent.

-Encore un mythe qui s'écroule.

-Mais alors, d'où viennent nos différences ?

-Il me semble qu'on demande aux scientifiques de nous débarrasser de la question.. de savoir ce que signifie, pour nous, être un homme ou une femme. Comme s'il y avait déjà une réponse à la question.
Elle était là, quelque part dans mes cellules, et ce n'est pas un problème pour moi, je vais trouver la vérité du sexe.
Mais supposons que j'apprenne qu'être masculin implique un type d'organisation cellulaire, en quoi cela va-t-il m'éclairer sur l'obscur sentiment que j'ai d'être masculin ou féminin ?

-Selon certains scientifiques, il y aurait un cerveau féminin câblé pour l'empathie, l'émotion.. et le sens de l'autre.
Et un cerveau masculin câblé pour la compréhension. de la mécanique, la géométrie.. et la résolution de problèmes.
De plus, les 2 sexes n'auraient pas, ça se vérifie au quotidien, la même perception de l'espace ni la même façon.. de s'y orienter.
Des milliers d'études scientifiques sont parues sur ce sujet, en Europe.. et dans les pays anglo-saxons.

-Voilà un environnement virtuel qui nous sert à étudier.. les stratégies cognitives employées parles sujets, garçons. ou filles, hommes ou femmes, pour se rappeler un trajet en ville.
Si vous voulez vous rappeler le trajet.. que vous avez fait de votre maison jusqu'à votre bureau, les femmes se rappelleront plutôt la séquence des événements, que nous appelons une "stratégie égocentrée", centrée sur soi-même. "Je suis allée jusqu'à la pâtisserie, tu tournes à droite.. "..à la station-service", etc.
La séquence des événements.
Les hommes, eux, le font aussi mais ils préfèrent faire des cartes.
Et ils peuvent plus facilement, souvent, travailler.. à partir d'une inscription cartographique.

-Ah ça, on ne fonctionne pas pareil, c'est sûr !

-C'est parce qu'on n'utilise pas les mêmes parties de notre cerveau.

-Lorsque nous nous rappelons ou nous nous imaginons la route, on active surtout un réseau d'aires pariéto-frontales.. qui, en même temps, est un réseau très important.. dans la perspective et la perception que j'ai de mon corps.. par rapport au monde.
C'est pour ça qu'il y a le mot "égocentré".
Au contraire, quand on active dans son cerveau une carte, quand on regarde un GPS ou une carte, on active une autre structure, l'hippocampe.
C'est une structure très importante du cerveau.
Ce n'est pas un animal marin.
C'est une structure au fond de notre cerveau, où on trouve des neurones qui ont une propriété particulière.
Ils s'activent quand on est en un point de l'espace.
Ce sont les "neurones de place".

-Pour Véronique Bohbot, spécialiste à Montréal.. des stratégies de navigation. dans l'espace, les expériences prouvent, au contraire, que que les femmes utilisent beaucoup la stratégie dite "spatiale" pour s'orienter.

-On a trouvé que les femmes utilisaient beaucoup la stratégie spatiale qui dépend de l'hippocampe et implique la connaissance des relations entre les points de repère dans l'environnement.
Ce n'est peut-être pas un hasard si les femmes ont un hippocampe, un volume d'hippocampe plus élevé que l'homme.
Ça s'est retrouvé dans plusieurs études.

-Conclusion : les stratégies spatiales des hommes. et des femmes sont bien différentes.
Mais on ignore.. dans quel sens.
Les nombreuses études scientifiques parues sur ce thème sont assez contradictoires.
Par contre, de nouvelles pistes de recherche se dessinent.
Toujours dans le même laboratoire à Montréal, Nicolas, 8 ans, explore virtuellement sous IRM un labyrinthe en étoile, à la recherche.. d'objets cachés.
Ses performances s'améliorent clairement avec la pratique et l'apprentissage.
Surprise !
Des régions de son cerveau deviennent de ce fait plus denses.
De nouvelles connexions se sont formées.

-Il y a.. une corrélation entre la matière grise et l'utilisation de cette navigation spatiale.
Vous voyez ici l'hippocampe qui montre cette augmentation. de matière grise.

-Donc le cerveau se muscle.

-La fonction crée l'organe.

-Une très jolie expérience faite en imagerie cérébrale, à Londres, sur les chauffeurs de taxi a montré que ces chauffeurs londoniens ont un hippocampe plus gros que chacun d'entre nous.
Car ils doivent, à tout moment, avoir à la fois une carte de Londres, se rappeler leur chemin et manipuler, mentalement, ces cartes.
Donc c'est l'ensemble de ces facteurs génétiques, épigénétiques, du développement et même du métier qui peuvent moduler, influencer les différences entre garçons et filles, entre hommes et femmes dans toutes ces fonctions qui nous relient avec le monde.

-Difficile de le nier, le cerveau des hommes et des femmes se muscle différemment.
Ils n'ont pas tout à fait les mêmes comportements.
Explication ?
C'est tout simple.
Nous avons hérité cela de nos ancêtres.
Pendant que Madame de Cro-Magnon restait pour balayer et raccommoder les chaussettes, Monsieur partait chasser sur de nouvelles terres.
Ce schéma préhistorique dé répartition des rôles résté une référence aujourd'hui pour expliquer nos différences.
Que sait-on vraiment de la division des rôles à la préhistoire ?

-On peut identifier des spécialisations de tâches.
Certaines personnes faisaient des tâches particulières et d'autres, d'autres tâches.
Mais on ne peut savoir qui faisait quoi.
Etait-ce les hommes, les femmes, les enfants, les vieillards ?
Là, toutes nos données nous indiquent bien. que tout le monde ne savait pas tout faire.
Mais on ne peut pas dire qui faisait quoi.
L'homme de Néandertal avait une très mauvaise image.
On le considérait comme une brute épaisse, hirsute, un peu voûtée.
Et puis, peu à peu, on s'est aperçu qu'en fait, il avait pas mal de capacités techniques, qu'il avait une société déjà assez évoluée.
Tout à fait à la fin, avant leur disparition, vous savez qu'ils n'existent plus, on a retrouvé de la parure qui les accompagnait, etc.
Donc ce n'est plus la brute épaisse qu'on imaginait il y a un siècle.
Ça signifie que nos interprétations évoluent aussi en fonction. du contexte historique.
Notre présent façonne la façon dont on voit notre passé, si vous voulez.

-Moi, Tarzan !

-Moi c'est Jane, enchantée !

-Savez-vous quel métier vous voulez faire plus tard ? Antoine ?

-Joueur de tennis et kiné.

-D'accord.
Dana ? Maîtresse d'école. Nino ?

-Cuisinier, tennisman, rugbyman.

-Pilote d'avion et policier.

-Pompier.

-Diane ? Maîtresse d'école et vétérinaire.

-Les stéréotypes sont déjà bien ancrés dans nos petites cervelles brunes et blondes.
Que deviennent ces différences cérébrales. quelques années plus tard au lycée ?
On dit les garçons plus forts en maths et les filles meilleures en français.

-Tout le monde le dit que les filles sont plus fortes en langues qu'en maths.
Les garçons, l'inverse.

-Des expériences disent que les hommes sont forts en maths, les femmes en français.

-Chez les gens, un garçon en S, c'est plus normal qu'une fille.
Les filles doivent plus se cantonner dans l'histoire ou dans le français car pour les gens, c'est là qu'est leur place.
Ce genre de stéréotype reste très longtemps dans la tête des gens.
Du coup, on est en retard sur les garçons.

-On pourrait.. se dire que les stéréotypes, c'est pas grave, qu'on classe.. garçons et filles.
Comme ça, tout le monde se repère, c'est plus facile.
Le codage est connu par tous et on s'y reconnaît beaucoup plus facilement.
Mais en fait, le problème des stéréotypes, c'est qu'ils induisent des choix d'orientation différents, différenciés chez les filles et chez les garçons.
S'occuper des gens, c'est très bien pour les filles.
Donc, que ce soit comme assistante sociale, comme infirmière. ou comme médecin.
Mais faire des sciences dures, être ingénieur, être chercheuse, en mathématiques ou en physique théorique, là, on va se dire : "C'est pas bien gérable avec la vie familiale, avec la vie privée."

-Si vous voulez l'interpréter comme "f(x)-f(a) sur "x-a", effectivement en bas, ça n'allait pas.
Les filles osent moins prendre la parole, pensent qu'elles sont moins légitimes.
Personne ne leur dit : "T'es une fille, donc moins bonne en maths."
Personne n'ose dire une chose pareille.
Mais les messages. qu'elles entendent, que ce soit les journaux, la presse pour les jeunes :
"Les filles, elles font des maths si on les tient par la main et les garçons, eux, sont géniaux."
Quand on entend ça et qu'on est une jeune fille qui va passer un contrôle de mathématiques, l'effet ne doit pas être négligeable.

-En réalité, selon les dernières statistiques, les filles sont.. meilleures en maths que les garçons jusqu'en terminale et ensuite, il y a de plus en plus de filles en filière scientifique.
Encore un mythe qui s'écroule.
Apparemment, la différenciation sexuelle des cerveaux commence très tôt dans la vie.
A 2 ans déjà, les jouets qu'on offre aux enfants semblent dessiner une voie toute tracée pour chaque sexe.

-Qu'est-ce que t'as eu pour Noël ?

-Encore une kalachnikov, et toi ?

-Moi, une table à repasser.

-Abel et Margot, à peine 2 ans, adorent laver des baigneurs durant des heures ou faire des puzzles.
Un peu plus tard, Abel jouera à des jeux de garçon: jeux de construction, camions, épées, pistolets, et Margot jouera plutôt à des jeux de fille.
Mais d'où viennent ces différences ?
Pourquoi garçons et filles se mettent-ils vers 2 ans à jouer à des jeux différenciés ?
Y aurait-il des messages biologiques inconscients d'origine génétique qui leur indiqueraient leurs futurs rôles de papa ou de maman et leur dicteraient le choix des jouets ?
Pour répondre à cette question vitale, des chercheurs en neuroscience américains ont distribué des jouets de garçons et filles à de jeunes singes rhésus, puis les ont filmés.

-On laissait les singes choisir entre des petites voitures.
Les peluches, c'était différentes sortes d'animaux: des ours en peluche, des tatous, on avait même une tortue.
Et on a découvert que les mâles préféraient les voitures, et très fortement.
Les femelles préféraient plutôt les peluches mais s'intéressaient aussi aux voitures.
Je pense que la préférence des femelles pour les peluches correspond à la préférence qu'elles auront à l'âge adulte pour les enfants.
La préférence des mâles pour les petites voitures est plus dure à comprendre.
Ça peut correspondre à une différence sexuelle importante, que l'on observe aussi chez les singes rhésus, qui est que les mâles aiment...
Ce jeu de bataille est en fait une sorte de jeu, d'activité spatiale, où vous manipulez, vous jetez votre partenaire par terre, vous le roulez sur le sol.
C'est ce qu'ils font avec les voitures, ils les manipulent.
Je pense qu'il est possible que cette préférence ne soit pas.. une préférence pour le jouet lui-même mais pour l'activité qui va avec.
Donc, le modèle sur lequel nous avons travaillé est un modèle où des différences biologiques assez minimes. sont amplifiées avec l'expérience.
Et ça donne.. cette divergence entre mâles et femelles, même si les différences sont à l'origine très petites. que ces différences sexuelles sont une tendance biologique de l'individu qui est ensuite façonné par l'environnement.
C'est la même chose chez les humains mais la différence, c'est que l'on peut être très directif dans ce façonnage.
Ainsi, on peut dire par exemple à un garçon : "Ne pleure pas" ou "Les garçons ne portent pas de robe".

-Cette expérience montrerait donc que les jeunes singes dépendent plus de leurs hormones, gènes et instincts naturels que les enfants, qui, eux, sont plus directement conditionnés par l'environnement et l'éducation.

-Alors, d'après vous, quand on regarde un cerveau, pensez-vous que le cerveau des hommes et celui des femmes ou des filles ou des garçons sont les mêmes ?

-Non

-Pourquoi ?

-Je préfère le jaune au rose.
Et la fille pense que le jaune... que le rose, c'est plus beau que le jaune.
Donc on n'a pas les mêmes idées.
Donc ce n'est pas pareil.

-Dessine le cerveau au tableau.
Tu n'es pas obligé de tout dessiner, Théo.
Ca, c'est un cerveau de ?

-Garçon.

-Tu peux mettre un G, pour garçon.
Voilà. tu nous expliques ton dessin.

-C'est que les cellules.. du cerveau de garçon, elles ne sont pas de la même forme.
Les cellules du cerveau de fille ne sont pas de la même forme aussi.

-Pour moi, je ne peux pas dire si c'est le cerveau d'un homme ou d'une femme.
Ici, je crois que c'est un homme de 20 ans qui ne souffrait d'aucune maladie.

-Normal. On sait très bien qu'on perd des cellules en vieillissant.
Chaque cerveau est plus ou moins pareil.
Mais quand on les regarde de près, chacun est unique.
C'est un peu quand on regarde le visage d'une personne.
Les yeux, un nez, une bouche, tout le monde a ça.
Par contre, chaque visage est totalement unique.
Donc c'est un peu pareil.
Quand je regarde un cerveau, c'est la même chose.

-Sur les 4 cerveaux de femmes qu'on voit en haut, pas un seul ne ressemble à l'autre.
Et, de la même façon, sur les 4 cerveaux d'hommes, il y a aussi des grandes variations dans la forme des cerveaux, des variations dans le chemin des circonvolutions.
Et ces images montrent à quel point nous avons tous des cerveaux différents.
Aucun cerveau...
Le processus de l'évolution a doté l'être humain d'un cerveau unique en son genre.
Unique en son genre car le cortex cérébral s'est tellement développé qu'il a dû se plisser pour arriver à tenir dans le crâne.
Or, à l'heure actuelle, avec des méthodes informatiques, on est capable de modéliser un cortex cérébral et donc on va pouvoir le déplier virtuellement.
Et on s'aperçoit que la surface du cortex est de 2 m2 pour 3 mm d'épaisseur.
Or cette surface du cortex cérébral est dix fois plus étendue que celle qu'on trouve chez le singe.
C'est ce qui fait dire aux spécialistes de l'évolution que c'est l'extension du cortex cérébral qui a permis à l'être humain d'échapper au déterminisme strict des hormones et des gènes dans le processus d'évolution.

-Si je comprends bien, ce formidable développement du cerveau et de la pensée a permis aux hommes et aux femmes de se libérer en partie de leurs instincts primitifs.
Mais comment cela s'est-il produit ?

-Dans l'évolution, on observe. un accroissement de l'encéphale, du cerveau, au fur et à mesure de l'hominisation et de l'évolution, et vient un moment où, les hommes marchant en position debout, comme vous le savez, étant bipèdes, il y a une sorte d'incompatibilité entre la largeur du bassin de la femme et la taille.. du crâne du bébé.
C'est-à-dire que si le bébé sortait, naissait parfaitement terminé, achevé, il aurait un crâne beaucoup plus volumineux et donc les femmes ne pourraient pas marcher.
Leur bassin serait trop large.
Il faut avoir un bassin assez fin pour pouvoir marcher, courir.
Résultat, la nature fait bien les choses.
Les bébés humains naissent, finalement, avec un stade d'inachèvement, si vous voulez.
L'encéphale de l'enfant n'est pas du tout achevé.
La taille du cerveau du bébé est beaucoup plus petite que celle des autres animaux.
Pour vous donner un ordre d'idée, chez la plupart des mammifères, lorsque le petit naît, la taille de son cerveau fait à peu près 75 % de la taille du cerveau d'un adulte.
Alors que chez le bébé humain, c'est 25 %.
Et le cerveau continue à grandir, à se développer durant les premières années de la vie.
Surtout, les deux premières années, il grossit de 50 %.
Ensuite, il continue à grandir encore.
Il doit atteindre quelque chose comme 95 % à 4 ans.
Il grandit jusqu'à l'âge de 7 ans.
Donc, vous voyez, il faut des années.. pour que le cerveau atteigne sa taille adulte.
Résultat, lorsqu'on dit : "Y a l'inné, y a l'acquis", tout ce débat est un faux problème.
Car la plupart des gens sont façonnés, bien sûr, par cé qui est acquis par l'hérédité mais aussi par l'environnement.
Ce n'est pas forcément un environnement que naturel.
Tout l'environnement social, familial.
Tout ça participe au développement de l'enfant les premières années de la vie.

-Tout ce qu'on croit comme inscrit dès le départ de par la construction biologique est en fait modulé et ouvert.
Quand on arrive à des temps où le développement du petit enfant fait que comme ce développement est assez lent, il est tres vulnérable.
Donc il faut la présence permanente d'adultes pour lui permettre de survivre.
Donc cet état de dépendance ouvre un espace d'apprentissage, de jeux, où, au fond, la rencontre avec la vie, c'est une espèce d'espace de simulation où d'autres s'occupent de lui. est paradoxalement le creuset de ce que nous appelons notre liberté.
Notre capacité à nous construire de la manière la plus riche.
Et l'être humain est celui dont cet état de dépendance est le plus prolongé.

-Donc, finalement, devenir un garçon ou une fille, c'est une sorte d'apprentissage.
En fait, de la naissance à l'âge adulte, la société nous façonne.
Et notre cerveau, grâce à sa plasticité, devient masculin ou féminin.
Il évolue au fil du temps.

-Le système nerveux, le cerveau est marqué par l'expérience.
Notre cerveau contient à peu près 100 milliards de neurones.
Chacun est connecté à 10 000 autres neurones et ces connexions s'appellent les synapses.
C'est là que l'information passe.
Le point fondamental dans la notion de plasticité, c'est que le transfert d'informations entre les neurones n'est pas fixe, figé une fois pour toutes mais il est modulé au cours du temps.
Et un élément fondamental qui module ce transfert d'informations, c'est l'expérience qui laisse des traces.
Imaginez un gratte-ciel la nuit, où on allumerait des fenêtres selon un certain plan, de manière, par exemple, à représenter un arbre de Noël.
Donc c'est un certain plan de lumières allumées.
On peut imaginer que, dans le cerveau, c'est un peu pareil.
Un certain plan de synapses facilitées, comme des fenêtres allumées, comme pour une expérience, une image.
Donc le message important, c'est de se dire que l'expérience laisse une trace dans le cerveau, que les réseaux neuronaux sont en permanence modulés par l'expérience et que, en fait, ces modifications au niveau synaptique sont à la base même de la mémoire et des processus d'apprentissage.

-Donc notre cerveau se structure et se transforme sans arrêt au fur et à mesure des expériences que l'on traverse.

-Le cerveau est un organe embryonnaire.
Les tissus qui le constituent sont ceux des embryons.
C'est la partie embryonnaire de l'être humain.
Ça signifie que cette partie est complètement ouverte à l'avenir.
Elle est là pour capturer les événements et reconstruire ce que nous sommes à partir de ce que nous vivons, de nous permettre de nous inventer, en fait.

-Sionpaflaüdesexernahnenant ? avec plaisir !

-Il y a très longtemps, masculin et féminin ne formaient qu'un seul être.
Le fameux mythe d'Aristophane, dans "Le Banquet" de Platon, raconte le moment de l'apparition du sexe.
Le mot sexe vient de "section", de "coupure".

-"Au temps jadis, notre nature n'était pas la même qu'aujourd'hui. "
Elle était d'un genre différent.
Et premièrement, la forme "de chaque être humain était celle d'une boule, avec un dos" et des flancs arrondis.
Chacun avait 4 mains, "..un nombre de jambes égal à celui des mains, 2 visages, un cou rond, " avec au-dessus de ces 2 visages, en tous points pareils. " et situés à l'opposé l'un de l'autre, une tête unique" pourvue de 4 oreilles.
En outre, chacun avait 2 sexes"..et tout le reste à l'avenant."

-L'idée du mythe d'Aristophane, c'est que des êtres ont été très arrogants par rapport aux dieux et qu'ils ont décidé de les sectionner en deux, pour, au fond, les séparer d'eux-mêmes, dans une certaine mesure, et qu'à ce moment-là, les humains se sont perdus dans le fait de contempler la section, la coupure.
On peut dire que la différence des sexes, la section, elle est nette.
Mais que chacun se constitue comme un mixte par rapport à cette section.
C'est-à-dire, chacun va être composé de façon complexe, à partir du masculin et du féminin.
Il n'y a pas d'être totalement masculin ou totalement féminin.
Par le fait de la section, quelque chose est perdu.
Et tout humain passe sa vie à courir après ce qui est perdu, qu'il va chercher en dehors de lui.
C'est ça l'idée de la libido, d'aller chercher quelque chose. qui a été soustrait, on va le chercher à l'extérieur.
On n'est pas dans l'instinct comme les animaux, on a perdu le mode d'emploi.
Si vous voyez 2 faisans et une poule faisane sur une route toscane, ils se confrontent dans une parade, une mascarade, un jeu sexuel, où tout est extrêmement déterminé, programmé par l'instinct.
Deux humains, je ne décrirai pas, mais c'est beaucoup plus compliqué.
On n'est pas dans l'instinct, on est dans la pulsion.
Et la pulsion signifie aussi qu'on n'a pas le mode d'emploi.

-Les enfants sauvages avaient grandi.. loin de la société des hommes et c'est des enfants qu'on retrouvait entre 10 et 15 ans et qu'on essayait de ramener à la civilisation.

-Victor de l'Aveyron, par exemple, un enfant sauvage découvert à 11 ans, à la fin du 18e siècle, avait été recueilli par le docteur Itard qui avait observé une chose étonnante.
Victor avait une sorte d'agitation qu'il qualifiait de pubertaire.
Donc il a essayé de le mettre en présence d'une assemblée de femmes complaisantes, c'est l'expression qu'il emploie, de prostituées bien entendu.
Et Victor se montre tout à fait incapable de donner forme à cet énervement qu'il a.
C'est un exemple très connu qui montre bien que, alors que la sexualité animale n'a pas besoin d'être apprise, l'homme a perdu la pratique instinctive de la sexualité.
Il a donc tout à apprendre de ce qu'il doit faire sexuellement.
On a besoin de sens, d'abord pour des choses très simples comme reconnaître et donner un nom aux états corporels qui sont en nous.
Par exemple, sentir une tension quelque part dans son corps, ça peut n'avoir aucun sens et n'avoir aucune interprétation. sexuelle.
Ça peut être une émotion.

-Mais se mettre à appeler ça un désir, par exemple, ou une érection, ou autre chose, c'est déjà une représentation.
On peut être touché par des histoires, des récits culturels qui ont cours dans notre société.
Ces histoires culturelles, elles-mêmes, donnent lieu à des fantasmes, à des scripts qu'on se raconte et qui produisent l'excitation.
En tout cas, ces scénarios, soit on s'en imprègne, soit on fait en sorte de vous les apprendre.

Musique langoureuse.

-Mais quelle place prend le sexe dans notre cerveau ?
Les scientifiques se sont beaucoup intéressés aux zones cérébrales activées. lors de l'excitation sexuelle.
Hommes et femmes semblent réagir différemment.

-Avant de participer, j'ignorais ce que c'était.
Je savais qu'il étudiait la différence au niveau du cerveau, de la perception de la sexualité entre hommes et femmes et que j'allais "être soumis à un examen de résonnance magnétique et visionner des films.

-On a voulu comparer les hommes et les femmes car souvent il a été rapporté que les hommes étaient plus facilement excités par les films érotiques que les femmes.
C'est plus un marché d'hommes.
Ce qui est important à noter, c'est que les hommes et les femmes montraient des zones d'activation dans le cerveau très similaires.
La seule différence manifeste était au niveau d'une structure qu'on appelle l'hypothalamus.
C'est une structure importante car l'hypothalamus est une région qui a été montrée un nombre de fois chez les rats, chez les singes, chez les reptiles, les oiseaux, à travers toute la phylogénie, comme étant une structure essentielle à la sexualité.
De plus, c'est une structure différente entre les hommes et les femmes.
Il y a des sous-noyaux de l'hypothalamus comme le noyau pré-optique médian, 2 fois plus gros chez l'homme que chez la femme.

-Deux fois plus gros ? Non.
Le sexe prendrait deux fois plus de place que dans le cerveau des femmes ?
Mais d'où ça vient, ça ?

-La pratique peut avoir un impact sur les structures cérébrales.
Donc la culture et l'environnement peuvent avoir un impact sur le cerveau. une norme d'égalité qui envahit la société, qui est même inscrite dans la Constitution, on s'aperçoit que les pratiques réelles restent extrêmement inegalitaires.
Eh bien, on peut penser que la sexualité et les inégalités de fait dans les représentations de la sexualité, une manière d'exprimer, de traduire cette inégalité, cette construction, dans le domaine de l'intime.
C'est-à-dire que ces choses passent dans votre corps, passent dans vos émotions, et en existant, en pénétrant dans les corps et dans les émotions, ils acquièrent une très grande force et une véritable force idéologique.
C'est-à-dire qu'on peut arriver à penser cette opposition entre le besoin irrépressible, le désir, le pouvoir chez les hommes et l'affectivité, la disponibilité, l'amour des femmes comme une opposition qui, au fond, permet d'expliquer les inégalités dans tout le monde social.

-Je pense qu'il y a une offensive androcentriste forte dans toutes ces recherches sur le cerveau et sur qu'est-ce que doit être une femme ?
C'est un recul énorme et une offensive antiféministe, une offensive politique.
Et mélanger ce côté scientiste avec cette injonction de morale, sous la présentation: parce que c'est scientifique, c'est neutre, alors que ça ne l'est absolument pas, c'est dangereux pour tous.

-La génétique est utilisée comme outil de catégorisation. mais, en fin de compte, la société souhaite avoir cet outil.
Et si ce n'est pas celui-là, ça sera un autre.

-Je n'existe pas.. "Puisque" je suis physiologiquement ni masculin ni féminin. ou à la fois masculin et féminin, puisque je suis né sans gonades. sans ovaires et sans testicules.
Et que mon corps était un joli mélange de caractères féminins et masculins.
Et que, bien qu'on m'ait assigné dès la naissance comme garçon et que le process médical et juridique ait fait de moi officiellement un homme, je ne me suis jamais retrouvé ni dans l'homme ou la femme ou à la fois dans l'homme et la femme.
Il n' y a pas de mot pour dire ça.
Je ne peux pas me nommer.
Mon cerveau a-t-il un sexe ?
Je ne sais pas !
Moi, ça m'effare, ce genre de question.
Qu'est-ce qu'un sexe ?
Est-ce que c'est juste des organes génitaux extérieurs ?
Des organes génitaux extérieurs et intérieurs ?
Est-ce le sexe génétique ?
Le sexe hormonal ?
On est en train de superposer tout un tas de sexes différents.
C'est hypersexué.
C'est une hypersexualisation qui ne veut rien dire.

-Peut-être est-ce ça que les transgenres nous montrent et peut-être est-ce ça notre avenir.
Plutôt une multiplication des sexes qu'une abolition de la différence des sexes ou, au contraire, une explication de cette différence qui, de toute manière, est obscure.
Est-ce clair ?

-La machine à fabriquer du masculin et du féminin. marche à fond aujourd'hui.
La science semble chercher tous azimuts les preuves et les fondements biologiques de cette binarité.
Mais il y a sans doute un malentendu.
On ne devrait pas penser la différence entre les sexes comme une opposition binaire.
Ou tout l'un ou tout l'autre.
Le masculin ou le féminin.
Le creux ou le plein.
Le jour ou la nuit.
Nous avons tous des cerveaux différents, donc nous avons tous des sexes différents, à savoir une façon particulière. et multiple d'être sexué.
Chacun pourrait, enfin, choisir sa propre façon d'être sexué et sexy en toute liberté.

 

Une transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/554549/mon-cerveau-a-t-il-un-sexe.html

 


 

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