Télévision - Fukushima : vers une contamination planétaire ? - Vidéo & transcription écrite de l'émission. Près de trois ans après Fukushima, les scientifiques du monde entier voient se profiler une catastrophe sanitaire.
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TV - Fukushima : vers une contamination planétaire ?

VIDÉOS ET TRANSCRIPTION ÉCRITE DES ÉMISSIONS - PRÉSENTATION

- 26.02.2014 Fukushima : vers une contamination planétaire ? sur France 3 dans "Pièces à conviction". Près de trois ans après Fukushima, les scientifiques du monde enier voient se profiler une catastrophe sanitaire.

 

PRÉSENTATION :

 

Dossier relatif aux émissions de télévision concernant le domaine de la santé et pour réfléchir !

Il s'agit de comprendre comment la télévision nous renvoie les informations relatives à la santé et de réflexion.

Les transcriptions écrites sont faites avec l'aide des sous-titres.
- Site de Télé Scoop pour les scripts des sous-titres : http://telescoop.tv/



 

Fukushima : vers une contamination planétaire ?

France 3 - "Pièces à convictions" - Mercredi 26 février à 22h50 -
Près de trois ans après Fukushima, les scientifiques du monde enier voient se profiler une catastrophe sanitaire.

Photo de Conscience de L'Être.

Revoir le documentaire :
http://www.youtube.com/watch?v=M8526fNSU98 (1h12)
ou
http://www.youtube.com/watch?v=TWuBhQmbReE (1h14')

PRÉSENTATION :

Près de trois ans après l'accident à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, les scientifiques du monde entier voient se profiler une catastrophe sanitaire.
Au Japon, les premiers cas de cancers sont apparus, touchant exclusivement des enfants et des adolescents de 0 à 18 ans.
Une contamination terrifiante, qui s'étend bien au-delà du Japon et pourrait avoir des conséquences dramatiques sur la santé des populations. 

En effet, chaque jour, des centaines de tonnes d'eau hautement contaminée se déversent dans le Pacifique, puis sur les plages californiennes.
Les chercheurs, qui tentent d'alerter les autorités, redoutent une véritable catastrophe humaine et écologique si les poissons du Pacifique continuent à être consommés sans aucun contrôle.

Présentation : Patricia Loison


TRANSCRIPTION ÉCRITE DU DOCUMENTAIRE :


Autre pollution dangereuse, radioactive, celle émise par la centrale de Fukushima.
Trois ans après la catastrophe, une contamination planétaire.
C'est tout de suite dans "Pièces à Conviction"...

-Trois ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, une équipe de "Pièces à conviction" a pu pénétrer dans la zone interdite, autour de la centrale.
Au Japon, le gouvernement tente minimiser l'ampleur de la catastrophe, notamment sur le nombre de cancers chez les enfants.
Face aux autorités, il y a ceux qui se battent pour faire éclater la vérité.
Il y a quelques semaines en Europe, des traces de radioactivité ont été retrouvées dans notre alimentation.
"Fukushima, "vers une contamination planétaire".

-10.4 points.

-Oh oui ! Dangereux ! Trop élevé!

-Je suis un résistant, un kamikaze.

-Nous sommes assassinés à petit feu.

*-Si vous souriez, les radiations n'auront aucun effet sur vous.

-Les litres d'eau radioactifs déversés dans l'océan ont augmenté le risque.

-Dans 20 ans, c'est décidé: la Suisse sortira du nucléaire.
La décision a été prise après la catastrophe de Fukushima, au Japon.

-2 nouvelles explosions ont eu lieu dans la centrale de Fukushima.

-Depuis le tsunami et les explosions en série dans la centrale, les Suisses sont devenus très attentifs à la radioactivité.

-Non au poisson japonais radioactif ! La  Corée du Sud  interdit désormais tous les produits de la mer provenant de Fukushima.

-En octobre dernier, à Bâle, un laboratoire fait une découverte : dans les magasins suisses, des poissons radioactifs, des thons surgelés venus du Pacifique, qui contiennent du césium 137 et du césium 134, la preuve, selon Markus Zehringer, que ces poissons ont bien été contaminés par la catastrophe de Fukushima.

-Les deux, vous voyez, ils ont les deux, du césium 134 et 137.

-En quelle quantité ?

-Point 1 jusqu'à point 5 becquerel par kilogramme.

-Pour le chef du laboratoire, ces poissons ne sont pas dangereux pour la santé, car bien en dessous des normes.
Il va analyser un autre échantillon.

-C'est quoi, comme poisson ?

-C'est un cabillaud.

-Cabillaud du Pacifique, qu'on a acheté dans un magasin, à Bâle, pour faire une analyse sur le césium.
Les deux isotopes en même temps, le césium 134 On peut dire que ça vient de Fukushima.

-Finalement, nous apprendrons que ce cabillaud est contaminé par les rejets de Fukushima, à des doses non dangereuses selon les normes officielles, un avis que ne partagent pas certains spécialistes, de l'autre côté de la frontière, en France.
Pour Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire, dire que la radioactivité est inoffensive, est une hérésie.

-En matière d'exposition à la radioactivité, il n'y a pas de seuil d'innocuité.
Le premier becquerel, le premier rayon bêta, gamma, qui va frapper votre organisme, de l'extérieur ou de l'intérieur, peut induire, être à l'origine d'un cancer qui pourra se développer par la suite.

-Une contamination radioactive qu'il faut donc combattre.
Une guerre sans fin, qui fait rage à l'autre bout du monde, depuis 3 ans, au Japon

. Ce jour-là, un tremblement de terre, de magnitude 9, survient au large des côtes nippones.
Quelques dizaines de minutes plus tard, un gigantesque mur d'eau frappe la côte est. 
La vague meurtrière fait plus de 20 000 victimes. 
Aujourd'hui encore, 5 000 personnes restent portées disparues.
Le tsunami va aussi dévaster la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. 
Voici l'instant fatidique ! 
L'énorme vague frappe les bâtiments.
Noyées, les turbines de refroidissement rendent l'âme.
Les réacteurs entrent en fusion et provoquent des explosions.
Le monde assiste au plus grave accident nucléaire depuis Tchernobyl.
Un nuage radioactif s'échappe de la centrale et recouvre une partie du pays.
Les autorités décident d'évacuer 300 000 personnes, et elles créent une zone interdite, ici en rouge, de 20, puis 30 km autour de la centrale. 3 ans plus tard, autour de Fukushima, les traces du tsunami n'ont pas disparu.
A perte de vue, des montagnes de déchets, restes de maisons, de meubles, voitures et camions broyés.
La région est un immense chantier de décontamination.
Partout où le nuage radioactif est passé, des armées d'ouvriers grattent le sol et enlèvent 5 cm de terre, qu'ils déversent ensuite dans des immenses sacs noirs, que d'autres ouvriers empilent à leur tour, faute de savoir quoi en faire.
Le gouvernement japonais l'affirme : la situation est sous contrôle.
Mais les habitants de la région sont inquiets et ils ont décidé d'agir, comme à Minamisoma, à 20 km de la centrale.
La ville a été évacuée au lendemain de la catastrophe, mais depuis avril 2012, elle n'est plus dans la zone interdite.
Ici, les habitants mesurent eux-mêmes cette radioactivité qui, pensent-ils, les empoisonnent.
Des dizaines d'associations ont été créées après la catastrophe.

-Vous allez voir le centre de stockage.
Les matériaux radioactifs y sont stockés. Ils les empilent et ça devient des montagnes de déchets.

-Armés de compteurs Geiger, ces responsables associatifs répondent aux appels au secours des habitants.
Ils ont rendez-vous dans une belle maison, au pied d'une colline.
La maison vient d'être décontaminée par les services de la ville, mais le propriétaire, lui, n'est pas rassuré.

-On va mesurer partout.

-La limite légale mise en place par le gouvernement japonais est de 0,23 microsievert par heure, soit un millisievert par an.
Au-dessus, selon les normes internationales, la radioactivité est dangereuse pour la santé.

-C'est vraiment une belle maison.
Elle serait encore plus belle sans la radioactivité !

-Cette maison est celle d'un artisan renommé, qui fabrique des céramiques traditionnelles.
La visite commence, et les compteurs crépitent déjà.
Plus de 20 fois la norme de sécurité !

-Cette maison a été décontaminée.
Le gouvernement prétend que les matières radioactives ont été éliminées et enlevées, mais ici, sur le béton, mon compteur affiche presque 5 microsieverts.
Normalement, un humain ne peut pas être exposé à plus de 1 millisievert par an.
Ici, nous avons une exposition annuelle de plus de 4,3 millisieverts.
Si nous étions à Tchernobyl, nous serions dans une zone d'évacuation, qui serait interdite.
Personne ne devrait vivre ici.

-Le propriétaire des lieux a envoyé sa femme et ses enfants s'installer à 300 km de là.
Lui ne veut pas partir.
Depuis la catastrophe, Koichi Oyama vit seul, ici.

-Je suis arrivé ici il y a 15 ans, avec une tronçonneuse.
J'ai tout déblayé.
J'ai construit cette maison moi-même.
J'ai même dessiné le jardin, la maison.

-Koichi Oyama l'affirme : sa situation financière est catastrophique.
Il n'a reçu aucune aide, et faute de clients, il n'a plus de revenus, mais tous les ans, il doit payer ses impôts locaux.
Sur la terrasse, les compteurs s'affolent : plus de 40 fois au-dessus de la limite !

-Votre maison est magnifique.
Pourquoi ne pas la vendre ?

-Personne n'en voudra !

-Pourquoi ?

-Personne !
C'est une zone irradiée.
Nous sommes dans la zone contrôlée.
Personne ne veut d'une maison ici.

-A Minamisoma, la radioactivité est partout.
Devant toutes les écoles de la région, le gouvernement a mis des appareils de mesure.
Pour rassurer les parents, les taux de radiation sont affichés en temps réel.
0,13 microsievert de l'heure, un taux bien en dessous de la limite, mais à quelques mètres de là, le compteur monte plus de 5 fois la mesure officielle prise devant l'école.

-L'école a été décontaminée.
Les niveaux de radiation y sont donc moins élevés, mais si vous marchez 10 mètres, le taux est multiplié par 4 ou 5 fois.
Dans certains endroits, les niveaux sont multipliés par 10.
A mon avis, ces appareils de mesure sont inutiles.
C'est du gaspillage d'argent public.

-C'est de la radiation naturelle ?

-Bien sûr que non !
Si c'était naturel, les niveaux seraient à 0,05 microsievert.

-Officiellement, toutes les écoles de la région ont été décontaminées. Nous sommes à  Iwaki City, à 40 km au sud de la centrale nucléaire.
A l'école élémentaire, ce jour-là, c'est l'effervescence.
On reçoit la star locale de l'équipe locale de base-ball, le sport national.
Dans un recoin du stade, 3 mères de famille s'affairent.
Elles ont, elles aussi, créé une association, et décidé de contrôler les mesures officielles.
Mètre après mètre, elles sondent le stade.

-Cet endroit est le plus élevé de l'école. Il est à plus de 0,18 microsievert.
C'est plutôt élevé pour une cour d'école.
C'est à un niveau où on nous assure qu'il n'y a aucun problème pour la santé, mais si on le compare à avant la catastrophe, c'est quand même 4 fois plus élevé.

-Après le stade, la cour de récréation.
Inquiètes pour la santé de leurs enfants, ces mères ne laissent rien au hasard.

-C'est une tablette avec un GPS qui enregistre directement la mesure de radiation.

-Les responsables de l'école affirment que tout va bien, même s'ils ont parfois du mal à masquer leur trouble.

-L'école a-t-elle été décontaminée ?

-Oui. Ils sont venus élaguer les arbres, et puis couper les arbres, là-bas, mais il n'y a pas eu de décontamination officielle.

-C'est sans danger, pour les enfants, de jouer ici ?

-Vous me posez la question d'un point de vue personnel ?
Alors, c'est no comment !

-Derrière le directeur adjoint, pas un, mais deux appareils de mesure de radiation.
L'un affiche 0,9 microsievert, le deuxième, une mesure beaucoup plus élevée, 0,14 microsievert de l'heure.

-C'est une longue histoire.
De ce que je sais, un de ces appareils a été fabriqué par une société.
La précision n'était pas satisfaisante.
Alors, le ministère des Sciences a fait annuler le contrat.
De nouveaux appareils ont été installés. Je crois qu'il y a un procès en cours.

-Ils donnent les mêmes mesures ?

-Je crois que celui de ce côté-là marche mal.
La machine ne donnait pas satisfaction.

-Une histoire étrange !
Partout dans la région, au cours de notre voyage, nous avons rencontré ces appareils de mesure, côte à côte.
Souvent, le compteur Geiger officiel affiche des taux de radioactivité inférieurs à celui installé à côté.
Pourquoi cette différence ?
Retour à Tokyo !
Dans ce petit hangar, la société qui fabrique les compteurs, aujourd'hui remplacée.
Lui, c'est le patron, monsieur Toyota.

-C'est ce qu'avait commandé le ministère des Sciences.
Ils ont commandé 600 systèmes de dosimètres en temps réel, comme ceux-là.
Et ils les ont installés dans la préfecture de Fukushima.

-Peu après la mise en service des premiers appareils, le ministère lui demande de modifier les mesures.
Motif : les appareils affichent une radioactivité trop élevée.
La lettre du ministère est claire, et le ton ferme.

-Voilà la lettre envoyée par le ministère.
Elle est datée du 26 octobre 2011.
Il est écrit : "Parce que vos relevés sont trop élevés".
Ils sont allés inspecter six de nos dosimètres sur place.
Et selon eux, nos appareils affichaient une radioactivité plus élevée que celle de leurs compteurs Geiger, donc ils écrivent que nous devons absolument corriger cela.
Ils nous demandent de faire ces modifications immédiatement.

-Problème : les appareils de M. Toyota sont fabriqués aux Etats-Unis, selon les normes internationales.
Le fabricant américain ne veut rien savoir.
Il refuse de les modifier.

-Nous avons contacté le fabricant aux Etats-Unis, pour lui demander de baisser les données.
Ils ont répondu que leur matériel était conforme aux standards internationaux.
Ils ne voulaient pas les conformer aux standards japonais.
Ils ont rejeté notre demande.

-Les mesurés de la radioactivité sont aléatoires.
Une pondération de plus ou moins 20 % est appliquée, mais par précaution, la plupart des pays affichent la mesure la plus haute.
Les autorités japonaises n'ont pas souhaité nous répondre, prétextant le procès qui les oppose à M. Toyota.
Minimiser les risques, de peur d'effrayer la population : un procédé qui, depuis la catastrophe, exaspère les Japonais.
Pour dénoncer les propos rassurants, certains reporters utilisent des appareils photo dissimulés, dont l'usage est peu répandu au Japon.
Ce journaliste d'investigation restera donc anonyme.
Shun Kirishima est son pseudonyme.
Depuis 3 ans, pour photographier l'intérieur de la centrale, il se fait embaucher régulièrement comme ouvrier.
Ce jour-là, il est reçu dans un syndicat, à Tokyo, pour témoigner de ce qu'il a vu.
Ici, des travailleurs du nucléaire, qui ne veulent pas apparaître, de peur de perdre leur emploi.

-Quand tu regardes la mer, c'est beau, mais dans la centrale, c'est atroce.

-Ça a été pris où ?

-C'est la turbine du réacteur 1.
C'est le tuyau de l'eau contaminée, celui qui a cassé.

-Dans la centrale, un travail pénible et dangereux.
Les 5 000 travailleurs du nucléaire sont tous volontaires.
Shun Kirishima considère que prendre ces photos, c'est son devoir.

-J'accepte les risques.
J'ai 48 ans.
Je ne suis plus très jeune !
Ce n'est pas grave !
Je voulais la vérité, donc je me suis dit : "C'est important !"
Il faut prendre ce risque, pour découvrir ce qui se passe réellement dans la centrale.

-Alors, le journaliste accepte de m'accompagner au plus près de la centrale de Fukushima.
Depuis 2012, la zone d'exclusion n'est plus un arc de cercle de 30 km autour de la centrale.
Elle suit presque le parcours du nuage nucléaire et de la contamination radioactive.
Impossible d'entrer dans la zone rouge sans autorisation !
L'accès à la presse est rare et très encadré, mais le journaliste dispose d'un laissez-passer.
Je vais pouvoir entrer dans la zone interdite, en me cachant dans le coffre de sa voiture.

-On va arriver au check-point.
Ne parle pas.
 Reste silencieux durant quelques minutes !

-Bonjour. Rien à déclarer ?
OK !
Bonne journée !

-Au bout de quelques kilomètres, dans un endroit discret, je peux sortir.
Mais Shun Kirishima me conseille de me couvrir le visage.
Il faut que je m'habille comme ça, pour que j'aie l'air à peu près japonais, qu'on ne voie pas que je suis étranger.
 J'ai l'air japonais comme ça ?

-Oui.

-Ça sera plus discret !
Nous roulons vers la centrale.
Le compteur Geiger se met à sonner, signe que nous sommes au-delà de la limite de sécurité de 0,23 microsievert de l'heure.
10,4.

-Oh oui !
Dangereux !
C'est trop élevé.

-10,4 : trop élevé, trop dangereux.
Tiens !
Regarde !
Ici, si tu tournes à gauche, à 1,5 km, c'est la centrale nucléaire.

-Le journaliste nous emmène à l'ancienne école de Futaba.
Un appareil de mesure officiel du gouvernement affiche 50 fois la norme.
Shun Kirishima est en colère !
Regardez !
Ils ont mis la batterie sur le sol : elle bloque les rayons gamma.
Il y a la batterie et une plaque en acier !
Les rayons gamma n'arrivent pas jusqu'au capteur !
Ainsi les mesures officielles sont faibles.

-Pour le prouver, il s'éloigne de 2 mètres, dans l'herbe.
Son compteur affiche 21 microsieverts de l'heure, près du double de la mesure officielle.
Et derrière l'école, les compteurs vont s'affoler.

-Près de 40 microsieverts !
Et si on le pose par terre, on change d'unité de mesure.
Nous sommes en millisievert : 0,30 millisievert, c'est-à-dire 300 microsieverts.

-Plus de 1 300 fois la norme de sécurité.
Le gouvernement japonais l'affirme : la ville de Futaba est condamnée pour plusieurs décennies.

-Les gens ne pourront pas revenir avant au moins 10 ans, 50 ans.
Si quelqu'un vient vivre ici, il s'exposerait à recevoir 50 fois la dose de sécurité annuelle.
Plus de 50 millisieverts par an !
Il ne faut pas rester trop longtemps ici.

-Vous venez ici souvent.
Les risques sont insensés !

-J'ai travaillé longtemps à la centrale nucléaire.
Je ne suis plus vraiment inquiet !
Mais pour les gens normaux comme vous, il faut éviter la zone !

-Dans la zone d'exclusion, les mesures de radioactivité sont bien au-delà des normes.
Dans les villages alentour, abîmés par le tremblement de terre de mars 2011, le temps s'est figé.

Bip du compteur.

Mais le gouvernement ne désespère pas de faire revenir, un jour, les habitants.
Plusieurs d'entre eux ont d'ailleurs refusé de quitter leur maison.
Ce fermier vit à 14 km de la centrale.

-Je suis un résistant, un kamikaze.
Je suis un éleveur terroriste.

-Mazami Yoshizawa vit là avec ses 300 vaches.
Toutes sont contaminées.

-Les vaches marron sont typiquement japonaises, très différentes des noires.
Elles ne peuvent pas être vendues sur les marchés, et on ne peut pas les manger.
Le gouvernement nous interdit de les emmener ailleurs.

-L'éleveur a touché 200 000 euros d'indemnisation de Tepco, l'opérateur de la centrale.

-Regarde !
C'est à 7.9. 7.6 microsieverts.
Ça va haut !
Il a décidé de rester là, malgré les risques.
Je nourris mon troupeau tous les jours, même si je ne peux pas les vendre.
Il y a eu un accident.
Ça n'a pas d'importance.
Les explosions nucléaires, c'est la vie !
Quoi qu'il arrive, je prendrai soin de mes animaux jusqu'à la fin de ma vie, durant les 20 prochaines années.

-Ses vaches sont malades.
Un an après la catastrophe, sur leur pelage, des taches blanches sont apparues.

-Depuis août 2012, ces marques blanches se sont développées.
Ce sont des vaches noires.
On voit ces points blancs sur leur cou, leur dos, et partout sur leur corps.
Ça s'est un peu atténué, mais elles aussi en ont.
C'est sûrement dû à l'exposition à la radioactivité.
Je pense à une mutation de la peau, de la pigmentation.

-Plus de 200 de ses vaches sont mortes depuis l'accident, et il ne sait pas pourquoi.

-Les vétérinaires du gouvernement sont venus faire des analyses, mais ils n'ont pas envoyé les résultats.
Celle-ci est morte tout d'un coup.
Elle avait l'air en bonne santé, et elle est morte.
Je ne sais pas pourquoi.
Son petit veau est mort avec elle.
Elle était en pleine forme !

-Le fermier a un rituel, un petit mémorial pour chaque vache qui disparaît, mais sa santé à lui, Mazami Yoshizawa ne veut pas en entendre parler.

-Je suis allé faire des examens.
Ils ont vérifié mon ADN deux fois.
Ils ont dit que tout irait bien.
Ils ont dit qu'il y avait peut-être des raisons de s'inquiéter, mais que je restais dans la norme.
Plus vous êtes jeune et plus vous devez vous inquiéter, mais j'aurai 60 ans l'an prochain.
Je suis âgé, alors je n'ai pas peur.

-Il a accepté néanmoins de nous confier son dossier médical.
D'après cet examen, son ADN est abîmé.
Le médecin japonais qui l'a ausculté, a noté, à la main, un commentaire: "Un taux légèrement élevé, "mais pas de problème".
Une annotation qui a le don d'énerver ce médecin.
Il a longtemps travaillé en Ukraine, après la catastrophe de Tchernobyl.

-Nous avons vu les résultats d'un éleveur.
Son ADN a changé, mais le médecin a dit : "Pas de problème !"

-C'est très dangereux !
On ne peut pas savoir ce que cette augmentation veut dire, mais ce qu'on sait, c'est qu'il se passe une chose grave dans votre corps.

-Que se passe-t-il si l'ADN est endommagé ?

-Le risque de cancer est très élevé, mais à Tchernobyl, même s'il y a eu un très fort taux de cancers, d'autres maladies sont apparues.
En fait, le cancer ne représentait plus que 10 % des maladies, suite à l'accident.
Les plus répandues étaient les maladies cardiaques.
Quand le césium rentre dans le corps, il se fixe et se concentre sur le pancréas et le cœur.
Après, il se diffuse dans le corps.
C'est ce que nous avons appris.

-Ce risque pour la santé humaine est présent à Fukushima depuis mars 2011, quand les enveloppes des réacteurs ont été soufflées, libérant un panache hautement radioactif.
Et face à la crainte d'une épidémie de cancers de la thyroïde, l'Etat a mis en place une gigantesque étude médicale : le FHS.
De 0 à 18 ans, les 360 000 enfants de la région doivent subir un scanner complet et une échographie de la thyroïde.
Mais pour les familles, cette étude est menée en dépit du bon sens.
Koriyama, à 50 km de la centrale.
Cette ville a été fortement contaminée lors du passage du nuage.
Les familles ont peur pour leurs enfants.
Regarde !
Tu avais encore des cheveux !

-Oui !
J'avais des cheveux !

-Tokiko Noguchi  a 2 enfants, Yume, 13 ans, et Jintao, un petit garçon trisomique de 9 ans.
Son fils a perdu ses cheveux après la catastrophe, à cause du stress, disent les docteurs.

-Je suis sûre que nous avons été en grand danger le 15 mars.
Il y a eu un laps de temps de plusieurs heures après l'explosion.
Ce jour-là, le vent a amené le nuage radioactif vers nous.
Il y a eu une tempête de neige le 15, et tout Koriyama s'est retrouvé trempé par les radiations.

-L'an dernier, comme tous les enfants de la région, Yume et Jintao ont participé à l'étude FHS.
Ils se sont soumis.

-Les parents doivent signer une autorisation pour cette échographie.
Le résultat arrive dans une enveloppe, adressée à l'enfant ! "A l'attention de M. Jintao Noguchi".
Sur l'enveloppe, il y a écrit "privé" et "confidentiel".
Il est donc le seul à pouvoir ouvrir la lettre.
N'importe quoi !
Il est en CE1 et il est handicapé.
Nous avons ouvert l'enveloppe !
Voilà les seules informations fournies !
Il est écrit qu'il y a "des kystes de moins de 20 mm", sans préciser la taille ou le nombre.
A la fin, ils écrivent : "Il est A 2".
Le prochain test a lieu dans 2 ans.
J'étais scandalisée !
Ils disent qu'il y a des kystes, mais attendre durant 2 ans, ça veut dire quoi ?!
J'étais choquée, mais surtout j'étais très en colère.

-Les deux enfants de Tokiko ont été classés en "A 2".
Selon les documents transmis aux parents, voici les différents cas de figure après l'exposition aux radiations.
"A 1 : votre thyroïde est saine.
"A 2 : il n'y a pas de problème, mais les enfants présentent "des kystes, éventuellement des nodules".
Les 2 autres catégories, B et C, nécessitent d'autres examens, voire une opération.
Ce manque d'informations ne rassure pas les parents, d'autant qu'à ce jour, 75 enfants sont déjà atteints d'un cancer de la thyroïde dans la région.
C'est 15 fois plus que la normale.
Alors partout, des associations se mobilisent, pour connaître la vérité, comme dans le village de Miharu.
Ici aussi, le nuage est passé en mars 2011.
Ce jour-là, des familles patientent dans la salle de spectacle de l'école.

-Ça, c'est son œsophage.
Là, la tache noire, c'est ce qu'on appelle un kyste.

-Ce docteur est un spécialiste du cancer de la thyroïde.
Il pratique ces dépistages bénévolement.

-Elle a un nodule sur sa glande gauche de la thyroïde.
Il mesure 8,2 millimètres sur 3,6 millimètres.

-Selon ce spécialiste, les tests officiels de la région de Fukushima ne sont pas fiables.
Contrairement à ce que disent les autorités, il affirme que le Japon est menacé par une épidémie de cancers.

-Il y aura peut-être un grave problème dans 15 ou 20 ans.
De nos jours, des gens vivent là, où la radioactivité, à un mètre du sol, peut aller jusqu'à 20 millisieverts.
Si on appliquait les normes de Tchernobyl, l'Etat devrait reloger les gens, dès que les radiations sont au-delà de 3 millisieverts par an, mais il laisse des gens vivre dans des endroits qui vont jusqu'à 20 millisieverts.
Nous allons au-devant de graves problèmes.

-Près d'une centaine de familles inquiètes viennent voir le médecin.

-Quel est le résultat ?

-Le docteur a dit que tout allait bien.
Quel soulagement !

-Face au silence de l'Etat, ces associations apportent un peu de réconfort et d'espoir.

-Vous savez : il n'y a pas grand-chose qu'on puisse faire.
Après tout, la radiation est partout autour de nous.
Nous ne savons pas quand aura lieu la prochaine explosion.
Voilà notre situation !
Alors, pour protéger nos enfants des radiations, et parce que nous sommes peu à peu assassinés, nous devons faire quelque chose.
C'est une approche très passive, mais nous devons nous battre contre l'adversité.

-Des parents désarmés face à des autorités jugées peu crédibles.
Tout a commencé quelques jours après la catastrophe, avec le discours du conseiller nucléaire du gouverneur de Fukushima.
Sur cette vidéo, très partagée sur Internet, le docteur Yamashita a scandalisé le Japon.

*-Si vous souriez, les radiations n'auront aucun effet sur vous.
*Sinon, vous en ressentirez les effets.
*Cette théorie a été prouvée par une expérimentation animale.

-Le docteur Yamashita a refusé notre demande d'interview, mais nous avons pu voir son successeur, le docteur Suzuki.
Pour lui, les familles s'inquiètent sans raison.

-Un sujet A 2 n'a pas à recevoir de traitement médical.

-Même s'il a des kystes ?

-Oui.

-Selon le docteur Suzuki, le nombre de cancers de la thyroïde chez les enfants n'a rien d'anormal.
Le plus grand danger serait d'affoler les populations.

-Ceci est très important, très important.
La radiation est invisible, et les dommages dus aux effets des radiations n'apparaissent pas tout de suite.
Bien sûr, c'est normal !
Les gens étaient inquiets lors de l'accident, mais je crois, et c'est mon opinion personnelle, qu'au-delà des radiations, la peur des radiations est encore plus néfaste pour la santé des Japonais.

-Des radiations dont il ne faudrait pas avoir peur !

-Vous me comprenez ?

-Mais dans le doute, l'université de Fukushima a construit un centre de recherches et de traitement des effets des radiations.
Ouverture prévue en 2016.
Le Japon se prépare encore des jours sombres.
Alors, pour tenter de contrôler l'incontrôlable, le gouvernement a installé, à Fukushima, à 60 km de la centrale, le quartier général de crise.
Tous les ministères concernés sont présents, plus Tepco, la compagnie d'électricité qui gère la centrale.
Masato Kino est à la tête de ce site depuis la catastrophe, et il n'est pas prêt d'en partir.

-Nous sommes là depuis presque 3 ans, déjà.
Je ne sais pas combien de temps il nous faudra encore rester ici.
Mais cela va prendre 30 ou 40 ans pour se débarrasser des radiations.
Visiblement, nous allons encore travailler ici quelque temps.

-40 ans pour démanteler le site.
Mais pour l'heure, il faut refroidir les 3 réacteurs en fusion, les arroser en permanence.
La tâche est inhumaine.
Les bâtiments en ruine fuient.
Des centaines d'ouvriers se relaient, malgré le danger, pour tenter d'endiguer la contamination avec les moyens du bord.
Alors, inexorablement, tous les jours 300 tonnes d'eau hautement contaminée se déversent dans l'océan Pacifique.

-Les gens sont inquiets pour l'environnement car cette eau ultra radioactive s'écoule dans la mer.
C'est légitime.
Et tout le monde s'inquiète pour l'industrie de la pêche.
Il nous faut donc absolument résoudre au plus vite le problème de l'eau contaminée.

-Cette eau radioactive qui s'échappe de la centrale dans le Pacifique contamine les poissons.
Ce murasoi pêché l'année dernière présente plus de 2 500 fois la limite radioactive autorisée.
La pêche est interdite jusqu'à 40km des côtes.
Les chalutiers d'Iwaki doivent partir au grand large.
Ils ne sont autorisés à pêcher qu'une quarantaine d'espèces et doivent soumettre une partie de leur prise à des analyses.
Sur le quai, les fonctionnaires de la préfecture les attendent.

-On va emmener ces poissons au laboratoire.
Ensuite, on les analyse pour vérifier la radioactivité.

-Ces derniers mois, les résultats publiés par le laboratoire se veulent rassurants pour que les poissons soient vendus ou dégustés par les pêcheurs.

-Vous allez les manger ?

-Bien sûr !
Du poulpe...

-Et vous mangez ça cru ?

-Bien sûr, je les mange.
Ce n'est pas contaminé.
Zéro radiation.
Celui-là, zéro radiation.

-Le poulpe, les calamars, sont autorisés car peu sensibles à la radioactivité.
Mais les pêcheurs, eux, voudraient une reprise totale de la pêche.

-Cette surveillance montre qu'il y a encore des poissons au-dessus des normes, au-delà des 100 becquerels.
Mais dès qu'on vérifie, les niveaux baissent.
Mais le gouvernement veut être très prudent.
Il ne nous permettra de pêcher qu'après avoir vérifié des centaines de fois.

-Le gouvernement japonais l'affirme, tant que la contamination continue, la pêche sera strictement surveillée et réglementée.
L'Institut japonais de recherches météorologiques participe à cette surveillance.
A la demande du gouvernement, Michio Aoyama étudie depuis 2011 le parcours de la radioactivité dans les eaux du Pacifique.
Et sa théorie se veut rassurante.

-D'abord, les substances radioactives échappées du réacteur nucléaire dé Fukushima rentrent dans le courant Kuroshio et commencent à partir vers l'est.
Malgré tout, ça ne va pas loin vers l'est.
De 2011 au printemps 2012, voyagent vers l'est, où le courant se refroidit, puis coulent au fond de l'océan.
Elles descendent profondément puis changent de direction et vont vers le sud.
Après, elles repartent vers l'ouest, vers nous.
Une partie revient vers le Japon et les substances restées à 2 500 ou 3 000 km de Fukushima ont déjà coulé à 400 m de profondeur.

-Pour le Pr Aoyama, il n'y aurait donc rien à craindre pour la faune et la flore du Pacifique.

-Il n'y a aucun problème pour les poissons du Pacifique ?

-Non, aucun problème.
Le problème, c'est pour les poissons à proximité immédiate de la centrale.
Nous savons que la radioactivité endommage légèrement l'ADN des poissons qui grandissent là, à côté de Fukushima.
Une fois que les poissons partent au large, qu'ils nagent en surface ou en profondeur, même si la radioactivité est très concentrée.

-On peut donc manger les poissons ?

-Oui.
Moi, je les mange.

-A Tokyo, cette théorie laisse perplexe une éminente scientifique.
Ce jour-là, Hisako Sakiyama est l'invitée du centre d'information sur la radioactivité.
Quand on parle à la directrice de recherches de l'Institut des sciences radiologiques de cette théorie, voici sa réaction.

-Il dit que si les poissons pénètrent dans de l'eau radioactive il n'y aura aucun problème.

-Vraiment ?
Vous plaisantez ?
C'est étonnant.
Je n'ai jamais entendu ça.
Vous parlez bien du Dr Aoyama, le spécialiste de la mer ?
Même si un filet empêche les poissons de sortir, l'eau contaminée circule librement.
Et le césium va adhérer au sable et à l'argile et couler sur le fond de l'eau.
Mais quand même, il y a les poissons qui se nourrissent au fond de l'eau et qui naviguent.
Bien sûr qu'il y aura un effet. Ce n'est pas possible qu'il n'y ait pas d'effet.
Je ne comprends pas pourquoi il a dit ça.

-Malgré les assurances du gouvernement japonais, la crainte de la contamination radioactive du Pacifique serait bien réelle.
Et cette crainte se propage de l'autre côté de l'océan, aux Etats-Unis.

Nous sommes à San Francisco.
Chaque semaine, ces bénévoles arpentent les plages à la recherche de débris du tsunami.
Pour eux, cette contamination est un drame.

-Cet océan, c'est notre vie.
La mer, c'est 70% de la planète.
Bien sûr que cette catastrophe va avoir une influence sur la mer.
C'est une tragédie.
Depuis là-bas jusqu'ici ça aura des conséquences sur la faune.

-Le gros des débris du tsunami devrait arriver au printemps sur les côtes américaines.
Mais les scientifiques s'inquiètent surtout pour la faune.
Dans son laboratoire de l'université de Stony Brook, à New York, ce biologiste marin conserve des morceaux de thons radioactifs.

-Ce sont des thons du Pacifique. Ils ont été attrapés entre 15 et 150 km au large de San Diego.

-Après analyse, le biologiste est catégorique, ces thons ont été contaminés aux césiums 137 et 134 par les rejets de la centrale de Fukushima.

-Ce pic n’apparaîtrait pas si le poisson n'était pas contaminé par la radioactivité de la centrale de Fukushima.
Sans ce pic de césium 134, on ne verrait qu'une légère activité.

-Le long de la côte californienne, la communauté scientifique se mobilise.
Daniel Hirsch est enseignant à l'université de Californie.
Il est persuadé que Fukushima est une catastrophe aux conséquences planétaires.

-Il n'existe pas de seuil d'innocuité a la radioactivité. L'eau radioactive déversée dans l'océan a augmenté le risque de contamination.
A quel point ?
Nous l'ignorons.
L'accident de Fukushima était un accident global et il y aura des conséquences planétaires.
Lesquelles ?
Nous l'ignorons.
Elles ne seront ni nulles ni massives, mais il y aura des conséquences sanitaires pour l'homme.

-En Californie, par crainte d'une contamination des eaux du Pacifique, la vigilance demeure.
Et en Europe, qu'en est-il ?
Si les océans ne sont pas touchés, le nuage radioactif, lui, est bien arrivé jusqu'à nous.
Avec quelle ampleur ?
En France, des scientifiques ont tenté de le déterminer.
Nous sommes près de Paris.

-C'est un accident majeur, une catastrophe.

-L'IRSN a cherché à évaluer le parcours du nuage radioactif.
Voici le résultat.

-Le panache s'est propagé dans le Pacifique, en direction du continent nord-américain.
Il a touché les côtes entre les USA, le Canada, la Californie.
Il a progressé sur le continent nord-américain, notamment dans l'Alaska.
Il a traversé l'Atlantique et est sorti vers Boston.
Il a progressé dans l'Atlantique et par le pôle Nord pour toucher l'Europe du Nord par la Suède et l'est de l'Europe.
Puis, avec un flux nord-sud et est-ouest, a touché progressivement la France.

-Ce n'était pas dangereux pour les Européens ?

-Non, c'était dans des niveaux suffisamment bas.

-Mais pour les chercheurs indépendants sur la radioactivité de la CRIIRAD, à Valence, ce n'est pas si simple.
Si en Europe la contamination par le nuage radioactif était très faible, le risque, lui, était bien réel.

-Les Français ont quand même été exposés à une certaine radioactivité liée à Fukushima par inhalation et ingestion.
Heureusement, on est restés dans des niveaux de doses 1000 fois plus faibles que ceux subis en 1986 à Tchernobyl.
C'est pour ça qu'en France, il n'y a pas eu lieu de recommander à la population de prendre des pastilles d'iode, par exemple.
Par contre, toute dose de radiations supplémentaire, augmente les risques.
Il est donc impossible de dire qu'il n'y aura pas de conséquences, à très long terme, pour la population mondiale en dehors du Japon.

-Retour au Japon, à Minamisoma, à 20 km de Fukushima.
Teruo Hiwamoto est retraité.
Depuis qu'il a 3 ans, il pêche dans les rivières de la région.
C'est son grand-père qui lui a appris.

-C'est un poisson-chat.

-Vous pouvez le manger ?
Non !

-Pourquoi ?

-Il est contaminé par les radiations.
Sûrement plus de 1 000 becquerels.

-C'est dangereux ?

-Oui. La norme, au Japon, est de 100 becquerels.
Ici, dans la rivière d'Oda-Gawa, les taux sont à 900 ou 1 000 becquerels.

-Teruo Hiwamoto est un spécialiste de la pêche à l'anguille.
Un poisson que les Japonais adorent.
Plus question d'en manger.
Elles sont hautement radioactives.
De retour chez lui, Teruo Hiwamoto les coupe en morceaux pour les faire analyser.
Depuis la catastrophe, c'en est fini de sa passion.

-Je pensais vraiment que j'allais commencer à profiter de la vie.
Mais juste au moment où j'ai pris ma retraire, cette catastrophe est arrivée.
Je ne voulais pas avoir à faire ce genre de choses, toutes ces mesures de radiation.

-Vous pourrez consommer à nouveau les poissons de la rivière, un jour ?

-Je ne pense pas. Pas de mon vivant, non.

-Teruo Hiwamoto fait ces contrôles de radioactivité spontanément, "par devoir", dit-il.
Pour que les générations futures ne vivent pas à leur tour ce drame qui a détruit les rivières de son enfance et brisé tant de vies.

Chant.

FIN DU FILM (55'42)

DEBAT

COMMENTATRICE :-Avec nous sur ce plateau, Philippe Jamet, commissaire de l'ASN, l'Autorité de Sûreté Nucléaire, le gendarme du nucléaire en France.
Et Yannick Rousselet. Vous êtes chargé de campagne nucléaire chez Greenpeace.
Vous rentrez de Fukushima.
Vous êtes tous les deux allés sur les lieux de la catastrophe.
Qu'est-ce qui vous a le plus marqués.
 Je me tourne vers vous, Philippe Jamet.
Une image, une rencontre.

PHILIPPE JAMET :-J'ai été à Fukushima cinq semaines après l'accident, avec la première mission internationale.
Ce n'est pas la centrale qui m'a le plus frappé, c'est la traversée de la zone interdite.
Le terme qui est dans le documentaire, "la vie s'arrête", est exactement ce que j'ai ressenti.
Vous voyez des écoles, des stations-services, des supermarchés où il y a encore des voitures garées sur le parking.
En voyant ça, vous savez que plus personne ne pourra retourner à ces endroits pendant au moins un siècle et probablement plusieurs siècles.
C'est vraiment tragique.

COMMENTATRICE :-Yannick Rousselet, que vous reste-t-il comme images ?

YANNICK ROUSSELET :-C'est la même chose.
Ce qui marque le plus, c'est le drame humain.
Evidemment, il y a cette catastrophe technologique, mais on ressent très rapidement ces familles brisées, ces gens considérés comme des parias.
Lorsqu'une plaque d'immatriculation de la zone de Fukushima va ailleurs dans le Japon, les gens les regardent de travers.
Des familles ont refusé d'accueillir les leurs car ils venaient de cette zone.
Des mères de famille ont dû arracher leurs enfants à leur quartier.
On ressent ces vies brisées.

COMMENTATRICE :-On va revenir comme vous disiez.
On a deux experts sur le plateau.
Est-ce qu'un accident majeur est encore possible aujourd'hui ?

PHILIPPE JAMET :-Dans la centrale de Fukushima, il y a trois réacteurs dont le cœur a fondu. 
Il s'est transformé en une boule de magma radioactive. 
Une partie est tombée sur le plancher en béton de la centrale.
Il faut refroidir encore ces cœurs, mais toutes les mesures indiquent qu'ils sont solidifiés et que la situation est stabilisée.
En revanche, il y a d'énormes problèmes qui se posent.
Pour refroidir ces cœurs, on produit 400 tonnes d'eau radioactive chaque jour.
Il faut la stocker et par ailleurs, il faudra démanteler l'ensemble du site.
On est partis dans une opération extrêmement longue.
Récupérer ces cœurs fondus sera forcément très difficile.
Tepco a commencé à vider les piscines.

COMMENTATRICE :-Tepco, c'est l'exploitant de la centrale.

PHILIPPE JAMET :-Tout à fait.
Qui exploitait les centrales et qui gère le site.
Tous les systèmes qui ont été installés pour refroidir les cœurs, pour gérer le site, sont des systèmes qui ont tous été installés dans l'urgence et qui ne sont pas fiables.
Il faut fiabiliser ce qui existe.

COMMENTATRICE :-Yannick Rousselet, Monsieur Jamet nous dit que ce sera très long.
Pour vous, le risque immédiat existe encore ?

YANNICK ROUSSELET :-J'ai peu de choses à ajouter.
Clairement, l'accident technologique est derrière nous en termes de réactions.
Maintenant, il reste devant nous à découvrir où se trouve le corium, ces cœurs fondus.
Et comment les traiter.
Il y a ces quantités phénoménales d'eau à traiter.
La catastrophe n'est pas terminée tant qu'on n'a pas géré la situation.

COMMENTATRICE :-On a vu des techniciens ramasser de l'eau avec des seaux.
Ils semblent complètement dépassés par la situation, non ?

PHILIPPE JAMET :-On parlait de drame humain pour les populations, mais il faut aussi penser aux travailleurs sur place.
Ils sont face à une situation difficile.
Au jour le jour, ils essaient de s'adapter à La situation est encore accidentelle.

COMMENTATRICE :-Vous parliez de l'eau qu'on utilise pour refroidir ces réacteurs et qui, du coup, devient radioactive.
Il y a 300 tonnes d'eau contaminée qui rejoindraient l'océan chaque jour.
Ça continue ?

PHILIPPE JAMET :-Oui. Il y a de l'eau souterraine qui arrive à proximité des fondations de la centrale, qui se contamine et va vers l'océan.
Le gouvernement japonais et Tepco envisagent de faire des barrières de glace ou de pomper de l'eau.
Ce sera de toute façon un projet pharaonique

YANNICK ROUSSELET :-Après la phase d'urgence, maintenant, on cherche des solutions un peu plus définitives.
Mais malgré tout, on peut encore parler de bricolage.
On est face à une crise qu'on ne sait pas gérer.
Et cette eau qu'on met par au-dessus du réacteur, fait qu'on en perd.
Et cette eau circule par la nappe phréatique et finit dans l'océan.
Cela entraîne de la radioactivité qui part vers l'océan.

COMMENTATRICE :-On a deux spécialistes du nucléaire.
Vous connaissez parfaitement bien ce dossier.
Les gens se demandent après l'onde de choc de Fukushima, si une catastrophe comme celle-là pourrait arriver chez nous.
Un scénario de type Fukushima est envisageable dans une centrale nucléaire française ?

PHILIPPE JAMET :-Vous parliez d'onde de choc.
C'est incontestable.
Quand nous avons appris ce qui s'était passé à Fukushima, ça a été une onde de choc.
Au niveau européen, il y a eu une forte réaction du type "nous ne pensions pas que c'était possible".
Evidemment, au niveau européen, il a été tout de suite décidé qu'il fallait en tirer les leçons pour améliorer nos centrales.

COMMENTATRICE :-On n'avait jamais un tel scénario catastrophe ?

PHILIPPE JAMET :-Les centrales sont dimensionnées pour des séismes, pour des inondations et pour un certain nombre de catastrophes naturelles.
Ce qui n'avait pas été pris en compte, c'est un cataclysme de cette ampleur.
On considérait que c'était tellement improbable que nous n'avions pas été jusqu'à l'évènement extrêmement improbable, mais à conséquences gigantesques.

COMMENTATRICE :-Yannick Rousselet, Fukushima, ça a fait sauter une espèce de tabou sur le nucléaire en France.
On ose dire maintenant qu'un accident majeur comme celui-là peut arriver ?

YANNICK ROUSSELET :-Il y a des barrières qui ont été franchies.
Mais on est loin d'être au bout.
Je pense que malheureusement, les mois passent et qu'on commence déjà à oublier.
J'en veux aux exploitants, à EDF, à Areva, qui nous disent "en France, "ça ne va probablement pas arriver".
On revient vers des thèmes probabilistes.
L'ASN partage notre avis.
Le président de l'ASN rappelle souvent qu'il ne faut pas oublier.
Le temps passe et on n'est toujours pas prêts.

COMMENTATRICE :-Greenpeace a fait sa propre expertise sur les centrales françaises après la catastrophe de Fukushima.
Quels sont nos points faibles ?

YANNICK ROUSSELET :-Nous avons des centrales qui sont dans des zones sismiques à risques, comme Tricastin.
Certaines sont dans des zones inondables, comme à Gravelines, à Blayais ou donc encore à Tricastin.
On pourrait avoir des catastrophes du style de Fukushima.

COMMENTATRICE :-Philippe Jamet, vous êtes d'accord ?
Vous avez fait des recommandations dans ce sens.

PHILIPPE JAMET :-Nous ne faisons pas des recommandations, on impose des exigences.

COMMENTATRICE :-Quelles étaient-elles après Fukushima ?

PHILIPPE JAMET :-Un des leçons tirées de Fukushima, c'est que dans un cas extrême comme celui qui s'est produit, ils n'ont pas réussi à injecter de l'eau dans le cœur pour le refroidir.
Nous avons imposé aux exploitants d'avoir tous des pompes pour que même en cas d'accident extrême, ils puissent refroidir le cœur.

COMMENTATRICE :-Une alimentation de secours ?

PHILIPPE JAMET :-Oui, mais surdimensionnée par rapport aux précautions prises jusqu'ici.
On a imposé d'avoir un local où les équipes puissent rester s'il y avait une fusion du cœur sur un site.
On a aussi imposé des équipes de secours qui puissent arriver sur les sites.
Une espèce de commando spécialisé dans la gestion des accidents graves.
En clair, si on n'imagine l'équivalent d'un Fukushima en France, nous pensons qu'aujourd'hui, on éviterait la fusion du cœur.

COMMENTATRICE :-On n'y avait pas pensé avant ?

PHILIPPE JAMET :-A ce niveau-là, non.

COMMENTATRICE :-Là, c'est un quartier général protégé, des gens qui interviennent rapidement.

PHILIPPE JAMET :-C'est une leçon tirée du Japon.
Beaucoup de choses se sont mal passées au Japon .
On en a tiré des leçons positives, dont ce centre de crise sur site.

COMMENTATRICE :-C'est fait, aujourd'hui ?
C'est en cours ?

YANNICK ROUSSELET :-Il reste un problème, c'est les délais.
On est dans les exigences, d'accord.
Mais les mesures post-Blayais...
Il y a eu une inondation dans la centrale en 1999.
Les mesures post-Blayais ne sont pas encore finies d'être mises en place.
A Gravelines, plus de 10 ans après, ces mesures ne sont pas finies de mettre en place.
L'ASN veut être très exigeante sur ces délais, mais si on prend l'exemple des diesels de secours, il y a actuellement un gros litige entre le fournisseur, Alstom et EDF.
Prions pour que ça n'arrive pas en attendant.

COMMENTATRICE :-La France ne serait pas prête à affronter une telle catastrophe ?

YANNICK ROUSSELET :-Clairement, non.
Les centrales françaises ne sont absolument pas prêtes pour faire face.

PHILIPPE JAMET :-Il est vrai que quand on impose à l'exploitant des programmes de cette ampleur-là, ça ne se fait pas d'un claquement de doigts.
Dans certains cas, on sature ls capacités industrielles.
Ce qu'on demande ne peut pas être produit avant quelques années.
Il y a une deuxième raison qui était tout à fait partagée.
Il faut faire des choses de bonne qualité.
Il n'y a pas pire dans la sûreté que de croire qu'on est protégé et de ne pas l'être.
Nous poussons pour que ça aille le plus vite possible.
Mais il y a aussi le souci que ça marche.
Ça nous conduit à accepter des délais un peu plus longs.

YANNICK ROUSSELET :-Les politiques doivent donner les moyens à l'ASN de sanctionner.
Ça devrait être dans la loi sur l'énergie.
Il faut donner des moyens à l'ASN pour pouvoir faire pression sur l'exploitant.

COMMENTATRICE :-Dans le reportage, on a vu ces populations qui ne sont plus désirées dans le reste du Japon.
Parlons des populations françaises.
Est-ce qu'il y a des exercices d'évacuation, est-ce que les gens sont prêts ?
Au Japon, il y avait cette sensibilité au risque.
Est-ce qu'en France, on est prêts à évacuer les populations ?

YANNICK ROUSSELET :-Clairement non.
Nos plans particuliers d'intervention sont encore basés sur une zone de 2 km d'évacuation et 10 km de confinement.
Autour de Fukushima, à 60 km, on voit encore aujourd'hui des points de contamination extrêment élevée.
Les périmètres ne sont plus adaptés.
Tout le monde a l'air d'accord.
Mais on est trois ans après, et nous ne sommes pas prêts à faire face à un accident.

COMMENTATRICE :-Si on plaque le nuage de Fukushima sur une des centrales, il aurait fallu évacuer combien de personnes ?

YANNICK ROUSSELET :-Il suffit de mette le nuage de Fukushima sur la centrale de Cattenon, en Moselle.
Que fait-on de la population du Luxembourg ?
Où est le territoire pour recevoir ces personnes ?
Aujourd'hui, cette question est posée, elle est encore sur la table, mais sans réponse.

PHILIPPE JAMET :-Il n'y a pas de réponse opérationnelle aujourd'hui.
On ne peut pas dire qu'il n'y ait pas de travail qui se fait là-dessus.
Il y a un groupe de travail présidé par l'ASN qui regroupe l'ensemble des groupes concernés.
Les comités locaux d'information des centrales, les associations, les syndicats, les exploitants.

COMMENTATRICE :-On fait des tests d'évacuation ?

PHILIPPE JAMET :-On ne fait pas des tests à l'échelle de Fukushima.
Il faudra le faire au niveau européen.
Si vous faites cet exercice, on va se retrouver au Luxembourg, un peu en Belgique, en Allemagne.
Il n'y a pas d'homogénéité au niveau européen sur les mesures qui seraient à prendre.

COMMENTATRICE :-Vous le demandez ?

PHILIPPE JAMET :-Oui
C'est un chantier qui est devant nous.
Ce n'est pas facile car le nucléaire est une prérogative nationale, chacun l'a développée de son côté.
Homogénéiser, c'est difficile, mais c'est un chantier à traiter.

COMMENTATRICE :-Yannick Rousselet l'a dit clairement, il faut le faire, mais à quel prix ?
Combien ces améliorations vont-elles coûter ?
A EDF, notamment ?

PHILIPPE JAMET :-Le rôle de l'ASN est de formuler des exigences.
On leur dit "si vous voulez continuer à exploiter vos centrales, voilà ce qu'il faut faire".
Après, il incombe à EDF de faire ses additions.

COMMENTATRICE :-Vous avez une idée ?

PHILIPPE JAMET :-EDF a annoncé 10 milliards.

YANNICK ROUSSELET :-Personne n'arrive à contrôler les chiffres donnés par l'exploitant.

COMMENTATRICE :-10 milliards.
On a les moyens ?

YANNICK ROUSSELET :-C'est l'exploitant qui doit le dire.
Les mesures pour faire durer les réacteurs ajoutées aux mesures post-Fukushima, EDF dit que ça coûte 55 milliards.
On a sorti très recemment un rapport qui dit qu'en étant sérieux, c'est plus que cela.
Le prix du nucléaire tel qu'on nous l'a vendu, il est loin derrière nous.
Ces mesures si elles sont mises en place vont augmenter de manière très forte le prix de l'énergie nucléaire demain.

COMMENTATRICE :-Nos centrales avaient été conçues pour une certaine durée et on arrive au bout de cette durée.
Les échéances se cumulent.

PHILIPPE JAMET :-Pour l'ASN, ce sont deux choses indépendanes.
Ce que nous demandons en termes de mesures post-Fukushima, c'est pour aller jusqu'à 40 ans.
Un autre dossier s'ouvre, c'est ce que nous demanderons en plus pour aller au-delà de 40 ans.
Nous en sommes au début.
Ce n'est pas acquis.
Nous ne savons pas si nous autoriserons les centrales à aller au-delà de 40 ans.

YANNICK ROUSSELET :-L'autre élément qui revient, c'est celui de la sécurité.
Après le 11 septembre 2001, on avait laissé de côté certaines choses.
On revient maintenant à la bunkerisation des piscines et il ne serait pas surprenant de devoir dépenser énormément pour cela aussi.

COMMENTATRICE :-Merci de nous avoir fait partager votre expérience et votre expertise sur ce dossier.
Merci à vous de votre fidélité.
Je vous retrouve le 19 mars pour une nouvelle enquête de "Pièces à conviction".
Ce sera un document consacré au trafic de drogue.
Bonne fin de soirée.

FIN

 

Un magazine présenté par Patricia Loison.

Rédaction en chef :
Marie de la Chaume
Jean-François Gringoire

Réalisation :
Olivier d'Angély

Un film de
Lionel De Coninck

Enquête
Makiko Segawa
Mahaut Chantrel
Lionel De Coninck

FIN

 

ARTICLE PARU DANS SUD-OUEST le 10 mars 2014 :

http://www.sudouest.fr/2014/03/10/pollution-de-fukushima-la-chaine-alimentaire-touchee-par-la-contamination-1486541-5010.php#xtor=EPR-260-[Newsletter]-20140311-[zone_info]

Pollution de Fukushima : la chaîne alimentaire touchée par la contamination

L'eau de mer polluée par les rejets des centrales Tepco, au Japon, va bientôt toucher les côtes américaines. Pour l'association Robin des Bois, le risque sanitaire est réel pour les populations

La pollution de l'eau de mer en provenance de Fukushima pourrait atteindre les côtes américaines – Hawaï puis la Californie – d'ici les prochaines semaines, annonce une simulation mise en ligne par la Woods Holes Oceanographics Institution, relayée notamment par le site SurferToday.com. Une situation préoccupante pour toutes les association écologistes, soucieuses de la préservation des océans. Pour Jacky Bonnemans, président de l'association Robins des Bois, le danger réside ailleurs, dans la contamination de la chaîne alimentaire. 

Les courants contaminés par Fukushima vont toucher les côtes américaines. Etait-ce anticipé ?...

...

 

 

 


 

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