Télévision - L'urgence de ralentir - Émission présentée le 2 septembre 2014 sur Arte - Aux quatre coins de la planète des citoyens refusent de se soumettre aux diktats de l'urgence et de l’immédiateté, pour redonner sens au temps. 
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TV - L'URGENCE DE RALENTIR

PRÉSENTATION

- 2.09.2014 L'urgence de ralentir sur Arte.
Aux quatre coins de la planète des citoyens refusent de se soumettre aux diktats de l'urgence et de l’immédiateté, pour redonner sens au temps. 

- 3.09.2014 Entretien avec Noël Mamère sur Arte - Complément au documentaire "L'urgence de ralentir"
Entretien avec Noël Mamère, député écologiste, sur les initiatives qui émergent à travers le monde pour redonner sens au temps.

 

PRÉSENTATION :

 

Dossier relatif aux émissions de télévision concernant le domaine de la santé et pour réfléchir !

Il s'agit de comprendre comment la télévision nous renvoie les informations relatives à la santé.

Les transcriptions écrites sont faites avec l'aide des sous-titres.
- Site de Télé Scoop pour les scripts des sous-titres : http://telescoop.tv/



 

L'URGENCE DE RALENTIR

Arte - Mardi 2 septembre 2014 à 22h40 - Documentaire

VIDÉOS - LE CONCEPT - TRANSCRIPTION ÉCRITE - AUTRES INFORMATIONS - COMMENTAIRES

Aux quatre coins de la planète des citoyens refusent de se soumettre aux diktats de l'urgence et de l’immédiateté, pour redonner sens au temps. 



Photo de l'album sur Facebook

Télécharger avec Captvty pendant 6 jours :
http://captvty.fr/

Revoir sur Youtube pendant 6 jours :
https://www.youtube.com/watch?v=nfvbPITaaTE (84')


Voir le film sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/048763-000/l-urgence-de-ralentir (84')
ou avec Dailymotion pendant 6 jours :
http://www.dailymotion.com/video/x254fdr#user_search=1 (84')



LE CONCEPT :

Résumé paru sur le site d'ARTE au lien :
http://www.arte.tv/guide/fr/048763-000/l-urgence-de-ralentir

Aux quatre coins de la planète des citoyens refusent de se soumettre aux diktats de l'urgence et de l’immédiateté, pour redonner sens au temps.
En Europe, aux États-Unis, en Amérique Latine ou encore en Inde, Philippe Borrel est allé à la découverte d'initiatives, individuelles et collectives, qui proposent des alternatives basées sur d’autres paradigmes.

"Course suicidaire et inconsciente", selon Edgar Morin, l'accélération financière et technologique, déconnectée du rythme de l’homme, mène notre système à l'épuisement et vers des catastrophes tout à la fois écologiques, économiques et sociales.
Mais alors que des algorithmes accentuent de manière exponentielle la spéculation financière hors de tout contrôle, aux quatre coins de la planète des citoyens refusent de se soumettre aux diktats de l'urgence et de l’immédiateté, pour redonner sens au temps.
En Europe, aux États-Unis, en Amérique Latine ou encore en Inde, Philippe Borrel (Un monde sans humains ?) est allé à la découverte de ces initiatives, individuelles et collectives, qui proposent des alternatives basées sur d’autres paradigmes.

Reprendre le contrôle

Au Rajasthan, le Barefoot College fondé par Bunker Roy recrute des femmes de milieux ruraux pour les former à l'ingénierie solaire ; les villes de Romans-sur-Isère et de Bristol ont mis en place une monnaie locale pour résister à la toute-puissance des banques ; à Ithaca, au nord de New York, des coopératives font leur preuve pour relocaliser l'économie...
À rebours du "train fou" du modèle dominant, ces alternatives citoyennes, qui rejoignent les analyses de philosophes, sociologues, économistes et scientifiques, pourraient bien être les pionnières du monde de demain.
Autant de gestes qui remettent l’homme au cœur du système.


Lu au lien : https://www.youtube.com/watch?v=nfvbPITaaTE :

Comment, dans un monde où l’accélération s’impose en règle, des initiatives émergent pour redonner sens au temps et inventer de nouveaux modèles pérennes ?


Présentation par LE MONDE :
http://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2014/09/02/l-urgence-de-ralentir_4480455_1655027.html

Le temps n’échappe plus à l’emprise de l’argent. Nous sommes entrés dans l’ère de l’accélération, de l’immédiateté devenue norme. C’est sur cette affirmation que débute ce didactique documentaire de Philippe Borrel, sur une idée originale de Noël Mamère, député écologiste...

... Alors, prenons le temps de visionner ce remarquable documentaire, manifeste politique pour un monde où l’humain retrouverait enfin sa place et son rythme.


Présentation par TELERAMA :
http://television.telerama.fr/tele/programmes-tv/l-urgence-de-ralentir,82462135.php

A l'heure où les opérations financières se déroulent en nanosecondes, « c'est celui qui compresse le temps le plus possible qui gagne », résume l'essayiste Douglas Rushkoff. Cette logique folle et déconnectée du réel conduit l'économie à sa perte, explique Philippe Borrel dans son documentaire L'Urgence de ralentir...

... Les penseurs Jeremy Rifkin, Pierre Rabhi ou Edgar Morin s'interrogent. Dommage que la variété des exemples altermondialistes passés en revue brouille parfois la progression d'une réflexion aussi stimulante qu'urgente à mener.


Présentation par COLIBRIS :
http://colibris.ning.com/events/event/show?id=2998321%3AEvent%3A587841&commentId=2998321%3AComment%3A588943&xg_source=activity

... À partir des réflexions de philosophes, sociologues et économistes tel Edgar Morin, Hervé Kempf, Pierre Dardot, Douglas Rushkoff, Geneviève Azam, Pierre Rabhi, Rob Hopkins, Hartmut Rosa, Jeremy Rifkin, Lionel Astruc, Alberto Acosta, Bunker Roy et Tim Jackson, ce film sillonne la planète à la rencontre des nouveaux rebelles contemporains qui ont choisi de vivre à contre temps du modèle dominant néolibéral, à la recherche de ces précurseurs qui redécouvrent un rapport attentif, patient et fertile au temps.

Par le réalisateur d’ “Un monde sans fous ?” et d’ “Un monde sans humains ?”...


Présentation par CHALLENGES :

http://www.challenges.fr/cinema/20140827.CHA6945/l-urgence-de-ralentir-le-film-qui-nous-invite-a-lever-le-pied.html

 


TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION, À PARTIR DES SOUS-TITRES :

EDGAR MORIN, SOCIOLOGUE :-On marche dans l'inconscience vers des catastrophes en vivant au jour le jour. Personne ne pensait à ce problème du temps dont nous souffrons tous. Tous ces gens qui sont animés par l'immédiat et ne voient pas où ça les mène. Un suicidaire sait qu'il veut se suicider. Là, la course est suicidaire inconsciemment. Cette vitesse est provoquée par le développement de la science, de la technique, de l'économie, qui elle-même nous met dans un état de... d'accélération généralisée.

NARRATEUR :-Qu'avons-nous fait du temps ? Toujours plus rapide, efficace, rentable. Le temps n'échappe plus à la mesure de l'argent. On est dans Père de l'immédiateté devenue norme. Mais à quel prix etjusqu'à quand ? L'humain perd ses repères et court après la croissance. On avance vers des catastrophes annoncées. Mais la résistance s'organise. Des gens ont décidé d'échapper aux dictats de l'urgence sur une planète limitée. Qui sont ces nouveaux rebelles, qui redécouvrent aujourd'hui un rapport patient et fertile

CLAUDIO GIORNO, MILITANT DE NO TAV :-Le tunnel devrait déboucher ici, juste en dessous. Là-bas, c'est le massif d'Ambin. Derrière, c'est la France, St-Jean-de-Maurienne, d'où devrait partir le tunnel. C'est un projet qui devrait coûter 26 milliards d'euros. C'est le chiffre actuel. Car on ne sait pas combien ça coûtera une fois fini. Si ça se fait. Si on regarde l'autoroute, il y a peu de circulation. Si on regarde la voie ferrée existante, encore moins de trafic. Alors pourquoi dépenser autant d'argent pour un ouvrage pour lequel tous les chiffres montrent qu'on n'en a pas besoin. Avec 26 milliards d'euros, on pourrait créer beaucoup plus d'emplois dans la région.

LUCA GIUNTI, MILITANT DE NO TAV :-NO TAV, c'est le mouvement contre la ligne Turin-Lyon. Ça a commencé il y a 20 ans. Dans cette vallée, on a tout de suite contesté cet ouvrage. est le fruit d'un modèle qui ne convient plus à notre monde. On est déjà lancés à grande vitesse vers un gouffre. Et ce modèle nous demande d'aller encore plus vite. Ils nous demandent d'accélérer, alors qu'on tombe. Ce qui doit accélérer, ce sont les idées. La modernité, c'est d'avancer avec plus de sagesse.

CLAUDIO GIORNO, MILITANT DE NO TAV : -Ce qui se joue ici, c'est une guerre du temps. La société n'a plus le temps de réfléchir, ni de regarder autour d'elle, ni d'avoir un rythme de vie à la mesure de l'homme. La société moderne a besoin que, 24 heures sur 24, les ordinateurs soient allumés, et qu'ils décident seuls sur quoi investir. La société financière a toujours besoin d'accélérer car si elle s'arrête, tout risque de s'écrouler. les intérêts sont financiers. Les banques ont intérêt à prêter de l'argent aux Etats qui s'endettent pour des travaux. Il nous semble que le moteur pour pouvoir justifier des travaux de cette ampleur est la possibilité de concentrer énormément d'argent public dans peu de mains. Ces travaux sont justifiés uniquement par la spéculation.

Les coups résonnent.

-Les Français avec les Italiens ! Lyon-Turin, on n'en veut pas !

GENEVIEVE AZAM, PROFESSEUR D'ECONOMIE :-Ce que nous vivons, c'est la colonisation du temps humain dans toutes ses dimensions, écologique, par le temps économique. C'est ça qui me paraît fondamental : l'absorption qui est vide, sans racines, sans société ni histoire. Il est seulement occupé dans le sens de la circulation rapide des capitaux, de l'information qui remplace la connaissance. Tout doit circuler.

HARMUT ROSA, PROFESSEUR DE SOCIOLOGIE :-Dans une économie capitaliste, le temps, c'est l'argent. Et la logique de compétition est un moteur essentiel pour la logique d'accélération.
-On est plus rapides, mais plus stressés.
-On ne peut pas augmenter le temps.

DOUGLAS RUSHKOFF, SOCIOLOGUE DES NOUVELLES TECHNOLOGIES :-Si les gens n'ont plus assez de temps pour travailler et consommer, et si on est si fatigués que le seul moyen d'augmenter notre capacité de produire plus, c'est de devoir porter des appareils... On bosse, on achète, on consomme. Je ne parle plus à mon ami, je tweete. Donc le moteur du commerce continue à être alimente. C'est ridicule. Alors on se met à déprimer, on prend des médicaments, au profit des laboratoires et des médecins, ce qui fait croître le PIB.

HARMUT ROSA, PROFESSEUR DE SOCIOLOGIE :-Un premier pas pour vaincre ce cauchemar, c'est de réaliser qu'on rêve. C'est aussi se rendre compte qu'on a mis en marche une machine, que la société est une machine qui avance à l'aveugle et va dans un sens contraire à celui des promesses autodétermination.
On peut déjouer ça. Le fait de se réveiller, de sortir de ce rêve, ne suffira pas à changer le système. Il faut aussi révolutionner le fondement des sociétés modernes. Cette révolution touchera l'économie. La question n'est pas : combien de temps pouvons-nous accélérer ? C'est : "voulons-nous" ?

GENEVIEVE AZAM, PROFESSEUR D'ECONOMIE :-Et là, il y a des acteurs qui sont responsables, en particulier les milieux financiers, les banques, une partie de l'industrie, toute la logique des actionnaires en entreprise qui demandent une rentabilité immédiate Tout ceci contribue à accélérer le temps.

NARRATEUR :-Aux USA, l'accélération de la financiarisation ces vingt dernières années a d'abord profité à ceux qui ont vite compris qu'on pouvait gagner plus d'argent en maîtrisant le temps grâce à des ordinateurs et leurs programmes.

THOMAS PETERFLY, FONDATEUR ET PRESIDENT DE INTERACTIVE BROKERS :-Je m'appelle Thomas Peterffy. Je suis le fondateur d'Interactive Broker. Nous offrons des services aux riches particuliers en les mettant en relation avec des courtiers, des fonds spéculatifs, des fonds communs de placement et des conseillers. Mais nous devons aller à l'extérieur.
-Pas de problème.
-C'est mon trajet quotidien. C'est là que je travaille lorsque je ne vais pas au bureau, les jours où je n'ai pas de réunion. Je ne parlais pas l'anglais quand je suis arrivé en Amérique. Je devais trouver du travail, mais c'était pas facile. J'ai fini par réaliser que je pouvais apprendre à programmer des ordinateurs plus vite qu'à parler l'anglais. C'est ce que j'ai fait. Et voici mon atelier. C'est le tout premier ordinateur que nous avons utilise à la Bourse, en 1983. Cà, c'est l'écran tactile. Il pouvait être alimenté par une batterie qui était assez large Le trader la portait à la ceinture. C'était le tout premier ordinateur à la Bourse. Lorsque les autres essayaient de deviner le juste prix des options, mes traders le trouvaient de manière précise. Nous avions ainsi un grand avantage. J'étais au bord de la faillite, à l'époque. Et j'ai investi là-dedans.
-J'ai entendu dire que votre société valait 6 milliards.
-Actuellement, elle vaut environ 8 milliards. Non, c'est 9 milliards de dollars.
Le capitalisme reflète la nature intrinsèque de l'homme. Il ne s’écroulera jamais. La compétition est incontournable, et nous avons tous été programmés pour ça. Vous devez vous assurer d'avoir les meilleures armes. Celui qui a les meilleurs logiciels aura la meilleure chance. C'est une crise sociale, accentuée par l'accélération technologique.

DOUGLAS RUSHKOFF, AUTEUR DE "LE CHOC DU PRESENT" :-Aujourd'hui, le capitalisme s'est complètement déconnecté de l'humanité. Plus question d'êtres humains faisant des choix éclairés pour le futur. A leur place, des algorithmes dictent le rythme de stratégies développées par d'autres algorithmes fabriqués par des machines.

ALEXANDRE LAUMONIER, SOCIOLOGUE :-WaIl Street, cet endroit ne sert que pour les touristes. Les quelques traders encore humains contrôlent des écrans. Le New York Stock Exchange a délocalisé dans le New Jersey et le marche est devenu un "data center", centre de traitement de données. Le marché, c'est un serveur qui a cette taille, une sorte d'ordinateur qui relie acheteurs et vendeurs : des algorithmes qui achètent ou qui vendent. Pour aller vite, ces algorithmes sont installes juste à côte du serveur, c'est la colocation. Et grâce à cette colocation, les algorithmes envoient un ordre à exécuter en 37 microsecondes. C'est 1 350 fois moins de temps qu'il nous faut pour cligner de l’œil. Temporellement, on n'est plus à égalité.

DOUGLAS RUSHKOFF :-Autrefois, même quand j'étais jeune, le principe était d'investir dans une entreprise, IBM ou AT&T. Vous achetiez des actions, en déteniez une partie. Et vous deviez attendre 20-30 ans pour que ça prenne de la valeur. C'est le capitalisme. Tout doit croître. De nos jours, les gens n'ont plus cette patience. Au lieu d'acheter une action, j'achète un contrat à terme dessus. Qu'est-ce que c'est ? Au lieu d'acheter une action à son prix, je l'achète sur sa future valeur. Je parie sur le futur de sa valeur dans 3 mois. Donc on spécule sur le futur. On parvient ainsi à compresser ces 3 mois à l'intérieur de cette transaction. On appelle ça un produit dérivé. Si je spécule sur cette seconde, qu'arrive-t-il si un ordre est passé 1 seconde avant ?
Moi aussi, je joue 3 mois dans le futur. Mais j'aurai 2 secondes de retard. La compression amplifie tout. Il faudra des ordinateurs rapides pour voir à quel instant et passer un ordre en fonction de sa transaction. Si je travaille pour Goldman Sachs et que j'ai la meilleure connexion, je peux placer un ordre en me basant sur leur transaction avant qu'elle ait lieu. Je spécule à terme contre les contrats à terme de ce trader. Si je fais pas gaffe, un ordinateur plus rapide nègociera sur mon futur.

ALEXANDRE LAUMONIER, AUTEUR DE "G" :-Il y a un côté marketing des fabricants d'algorithmes qui sont très agressifs. L'algorithme "Guerilla" est un algorithme de crédit suisse, et l'algorithme "Sniper" travaille pour Goldman Sachs. Il observe les autres, leur logique, et il tire pour profiter d'une faille dans les transactions, les ordres de cotation des autres algorithmes. des transactions sont faites en haute fréquence aux USA, et en Europe, ça serait plus de 50 %.

PIERRE DARDOT, PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE :-Certaines choses donnent le vertige. Il est prévu qu'en 2014, grâce à un système en fibre optique on traverse l'Atlantique de NY à Londres. Chaque câble coûte 300 millions, tout ça pour gagner 5 à 6 millisecondes. Ces chiffres sont assez significatifs et révélateurs. Et ça rend bien sûr toute activité de contrôle complètement dérisoire. Il faut imaginer que la SEC, le gendarme de la bourse américaine, elle met quelque chose comme 3 mois à analyser ce qui se passe en 3 minutes. Dans ces conditions, il est inévitable que ces processus échappent au contrôle.

ERIC HUNSADER, FONDATEUR ET PDG DE NANEX :-Voici une autre façon de visualiser la performance des algorithmes. Les machines ne se trompent jamais. Elles laissent des traces derrière elles. Ça, c'est une des manières pour visualiser ces traces.
Chacun des petits points lumineux qui se déplacent représente un nouvel ordre placé à haute fréquence. Souvent, il n'y a pas de transaction réelle. Ces valeurs n'apparaissent que pour tester les autres algorithmes. Le but: renifler le véritable acheteur. L'institution, le type qui gère vos 400 000 ou votre épargne-retraite. Ils veulent le type. S'il s'agit d'un humain, ils essayent de lui faire payer plus s'il est en train d'acheter, ou qu'il vende pour moins cher.
Ils ne vident pas la banque, ils grattent 1 centime pour chaque transaction. lls vous volent tellement peu que vous ne réagissez pas. Et ils le font assez vite pour que vous ne voyiez rien.

DOUGLAS RUSHKOFF, SOCIOLOGUE DES NOUVELLES TECHNOLOGIES :-Ce à quoi on assiste, en réalité, n'a rien à voir avec le marché ou l'économie. Nous n'investissons plus dans des entreprises, en vue de permettre une juste distribution du capital. Nous jouons à un jeu bizarre de voyages dans le temps où celui qui compressera le temps le plus vite gagnera la partie.

THOMAS PETERFLY, FONDATEUR ET PRESIDENT DE INTERACTIVE BROKERS :-Tout l'argent va dans les poches de gens qui en ont déjà. il ne s'agit pas de l'individu moyen. Pas mal de gens ont intérêt à maintenir le statu quo.

NARRATEUR :-En 2008, le château de cartes de la finance s'était pourtant écroulé, avec sa logique spéculative. Le séisme économique mondial qui a suivi nous a conduits au bord du gouffre. Mais cela n'a pas suffi à calmer les appétits. Depuis, au casino, la partie a repris de plus belle.

TIM JACKSON, ECONOMISTE, AUTEUR DE "LA PROSPERITE SANS CROISSANCE" :-Les architectes de la crise, ceux qui en ont tire profit et sont parfois devenus très riches grâce à la spéculation, après la crise par des subventions du gouvernement. Ces subventions ont été payées par les gens ordinaires, ceux qui avaient souffert le plus. En fait, la plupart des conditions qui ont mené à cet effondrement ont subsisté après la crise. La dette souveraine est aujourd'hui supérieure, et les prix sont supérieurs à ce qu'ils étaient avant la crise. La concentration en CO2 dans l'air est supérieure à son taux d'avant la crise. Et les ressources disponibles ont diminué depuis. En d'autres termes, toutes les conditions qui ont conduit à la crise sont toujours présentes dans l'économie, dans la société. Et nous avons créé un ensemble d'institutions qui nous répètent que l'égoïsme, c'est bien, sortir, consommer, le plaisir, c'est bien, ne penser qu'à soi, c'est bien.

PIERRE DARDOT, CO-AUTEUR DE "LA NOUVELLE RAISON DU MONDE" :-L’impératif du toujours plus est intériorisé par les sujets. On répète le mot de Thatcher : "Il n'y a pas d'autre alternative." Cette mutation date du début des années 80. On a pris l'habitude de la désigner moyennant le recours au terme "néolibéralisme".
On en vit les effets, mais la question posée, c'est comment bloquer cette logique et ses effets délétères.

HERVE KEMPF, JOURNALISTE, FONDATEUR DU SITE REPORTERRE :-On est en face d'une décélération de la croissance du produit intérieur brut. Au lieu de s'adapter à cette réalité, donc de réorganiser nos systèmes culturels, nos sociétés, le rapport à l'environnement, il y a un conflit entre une culture qui veut accélérer alors que la réalité est dans la décélération.

NARRATEUR :-Pris dans cette contradiction sans forcément la percevoir, on stagne. Enfin, pas tout le monde. Un nouveau monde émerge, encore invisible si on n'y prête pas attention. Pour le découvrir, il faut quitter les périphéries urbaines comme ici, à Romans-sur-lsère. Au cœur de cette ville, en déroute, s'invente un autre rapport au temps grâce à une monnaie locale, initiative de simples citoyens.

-Aujourd'hui, j'ai payé en Mesure. Il y a tout un réseau de commerçants à Romans qui acceptent la Mesure. Ça peut être un vendeur de chaussures ou de charcuterie... Donc on utilise ça au maximum pour "squeezer" un peu le système bancaire.

-Le fait d'avoir cette monnaie, ça nous oblige à nous poser des questions. Au lieu du supermarché, je choisis les petits commerces.
-2,30 euros.
-Merci.
-Merci bien.
-Bonne journée.
-Pour moi, c'est un acte militant. On ne peut pas la dépenser ailleurs, donc ça fait vivre des artisans du coin, etc.
-Quand ils payent en Mesure, c'est pas comme de l'argent. Donc une distance avec le point de vue financier, je trouve.
-Je prends celui-là.
-25,40 euros.
-25,40 Mesure.
-On peut faire un mélange de Mesure et d'euros, puisque c'est convertible.
-Il faut savoir quel monde on veut. Un employé d'Amazon fait le travail de 16 libraires indépendants. Se poser cette question au moment de l'achat d'un livre, et de payer en monnaie locale d'autant plus, ça a plein de sens.

MICHEL LEPESANT, PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE, CO-FONDATEUR DE LA MESURE :-Avec une monnaie locale, on met des critères. On n'achète pas n'importe quoi, pas n'importe comment. Et ça va pas être n'importe où. L'économie a éliminé toute question morale. Mais les monnaies locales remettent, en disant : "Ce prestataire est quelqu'un de bien. La façon dont il produit, c'est bien, la façon dont il vend, traite ses employés, c'est bien.
Il traite bien ses clients. Alors nous vous incitons à aller chez lui. Il y a un intérêt de relocalisation de l'économie. Il y a un effet mécanique. Tout simplement parce que le billet n'est pas dépensable en dehors du bassin de vie. Ça c'est une première réponse. Ça sert à relocaliser l'économie.

-Allez, file !
-Un panier complet ?
-Un demi.
-Ça remet l'économie à sa juste place, qui sera juste le fait qu'on a besoin d'unités de compte pour permettre les échanges.
-Voilà, on bricole l'économie avec ça, on prend les choses en main nous-mêmes. Ces choses-là sont minuscules, "smaIl is beautiful". C'est prendre les choses en main à partir d'en bas et décider ce qu'on fait. Pas dire : J'y comprends rien à l'économie..." Non, il faut voir ce qu'il en est. Être agisseur au lieu d'être passif.

NARRATEUR :-Chaque jour, des gens améliorent Bristol en prenant les transports en commun, le vélo. Souvent, ça reste inaperçu.
-Des milliers d'autres font leur part à travers des actes quotidiens. Bristol est la plus écologique des villes britanniques, grâce à vous. Merci aux habitants de Bristol. Bristol, capitale verte.

GEORGE FERGUSON, MAIRE DE BRISTOL :-Je suis George Ferguson, le maire de Bristol. Je suis payé en Bristol Pounds. C'est une monnaie complémentaire. Je suis le plus riche. Bien sûr, ça reste marginal par rapport à l'argent qui circule. Mais c'est une manière de defier le rouleau compresseur des multinationales qui ne voient que les bénéfices des actionnaires. Donc nous sommes ouverts aux idées. Nous servons de terrain d'essai, j'offre la ville comme un laboratoire d'idées nouvelles. Nous nous assurons que la croissance est bénéfique, pas nuisible.

LIONEL ASTRUC, AUTEUR DE "(R)EVOLUTIONS" :-L’économie relocalisée est plus résiliente. C'est-à-dire qu'on résiste beaucoup mieux aux chocs extérieurs quand on a une économie locale solide.

NARRATEUR :-Aux Etats-Unis, Times Square reste le symbole absolu d'une société de surconsommation. Mais ce n'est peut-être plus qu'une façade. Dans le nord de l'Etat de NY, on expérimente des alternatives à l'opposé de la logique d'accélération économique. Dans cette autre Amérique, la relocalisation de l'économie inspire des pratiques nouvelles qui commencent à essaimer, ayant fait leurs preuves ici, à l'échelle locale.

STEPHEN BURKE, PRESIDENT DU BUREAU D'ITHACA HOURS :-"Nous croyons en lthaca". Oui, c'est de l'argent. Ulthaca Hours existe depuis 1991. L'idée de soutenir les entreprises locales est un enjeu important, pas seulement ici, dans le monde entier. Vous n'allez pas chercher à escroquer vos voisins, ni à les manipuler pour votre profit. Vous faites partie de la communauté. Je ne sais pas d'où provient le changement. Il peut venir de lieux surprenants.
Lorsque cette coop alimentaire a vu le jour, c’était juste des gens qui voulaient manger sain. On avait de l'avoine dans un bac, on se servait nous-mêmes. Les gens payaient tout seuls. A présent, 30 ans plus tard, cette entreprise est une des 30 premières du comté en termes d'emploi : plus de 200 personnes.

JOE ROMANO, DIRECTEUR MARKETING DE LA GREENSTAR COOP :-Nous essayons de faire en sorte de vivre dans une Amérique à dimension humaine.

Annonce en anglais

-Cette alimentation est bio et commerce équitable. Produite localement, saine, fraîche, produite de manière éthique. Les produits locaux sont au niveau des yeux.

-D'autres magasins font payer pour ça. On offre ce service aux producteurs locaux. On les favorise pour le prix et on prend des marges inférieures afin de les soutenir.
Il y a plus de 29 000 habitants à lthaca et nous avons 8 500 membres. 1/3 de la population est membre de notre coopérative. Nous œuvrons pour que notre communauté devienne un endroit meilleur pour l'ensemble de la population. Notre conseil d'administration est élu, et nous avons un programme non lucratif solidaire. Nous offrons 15 % de réduction à tous les allocataires de l'Etat. Donc nous travaillons dur pour nous assurer que chacun ait accès à une alimentation saine.
-How you doing this evening?
-Thank you.
-You're welcome.

KARTIK SRIBARRA, MITARBEITER BEI GREENSTAR COOP :-J'ai le sentiment que les gens en ont marre du métro-boulot-dodo. Ils réalisent que passer du temps avec leur famille et pratiquer une activité est quelque chose de précieux.
-Je ne peux pas prétendre avoir une vie sans impact écologique. Ce serait génial et effrayant. Je crois au mouvement de la simplicité volontaire. Il ne s'agit pas d'austérité, mais de choisir des priorités. Nous avons une voiture, et avant, on n'en avait pas.
Je fais du vélo des que je peux, je marche...

ALLISON SRIBARRA :-Nous soutenons aussi l'économie locale, en dépensant l'argent là où nous vivons et travaillons. Ce qui m'effraie un peu dans l'économie mondiale, c'est que ce que nous consommons échappe à notre contrôle. Lorsqu'on achète des produits venant de Chine, en Chine, ils n'ont pas les mêmes normes de santé. Ils n'ont pas les mêmes normes environnementales.

NARRATEUR :-Ils sont nombreux à lthaca à avoir choisi pour tenter d'échapper aux injonctions du toujours plus vite. Pour y parvenir, il aura suffi de décider que le temps n'était plus synonyme d'argent.

DANIELLE KLOCK, VICE-PRESIDENTE DE ITHACA HOURS :-Nous oublions que le temps est aussi un concept humain. Les animaux ne sont pas régis par le temps. Lorsque nous mettons le temps et l'argent sur le même plan, nous associons en fait deux conceptions humaines qui ne sont pas naturelles. Si on a pu donner du sens au temps et à l'argent, c'est à nous de décider de la valeur qu'on leur attribue. ce que vaut l'argent, et de décider si le temps et l'argent se valent.

CAROL CHERNIKOFF, CO-FONDATRICE D'ALTERNATIVES CREDIT UNION :-Alternatives a été créé en 1979. Au début, il y avait juste une voiture et un tiroir-caisse. Puis une table dans la coop alimentaire. Il y a 30 ans, on était dans un petit bureau délabré, en haut d'un escalier.
Alternatives a été fondé pour servir les exclus et répondre à des besoins insatisfaits. Ici, vous êtes membre de coopérative, pas client. Tous les membres sont propriétaires de la coopérative. Votre argent devient vos actions. Pas d'actionnaires comme ont les banques. Les gens à faible revenu perdent leur argent en frais. On ne facture pas de frais de base. On est partenaire de l'Ithaca Hours depuis sa création. On collabore avec des agriculteurs et des constructeurs locaux. On alloue des prêts à tout le monde. On peut voir nos partenaires partager, s'épanouir, agrandir leur réseau.
-How you doing ?
-Good. You?
-OK.
-Notre impact sur la communauté est énorme. On a influencé la vie de toutes sortes de gens, tous ceux qui se sont retrouvés en difficulté au point que personne ne voulait plus les aider.

[Extrait d'un film de communication de Balle]

-Le système ne fonctionne plus.
Mais ce n'est pas une fatalité. Partout autour de nous, des entrepreneurs, des innovateurs, des agriculteurs, des investisseurs sont en train de reprendre la main. En sautant du train fou, ils construisent une prosperite reelle, ici et maintenant, dans des centaines de lieux. Mais le point de départ, c'est vous. Partout nous agissons pour une économie locale, et nous ne sommes plus seuls. Rejoignez-nous.
[Fin de l'extrait]

MICHELLE LONG, DIRECTRICE DE LA BUSINESS ALLIANCE FOR LOCAL LIVING ECONOMIES :-Je vois un réel changement. Des entreprises prennent des initiatives en disant qu'elles veulent contribuer à un avenir diffèrent. Certaines fondations qui plaçaient tout leur argent à WaIl Street et distribuaient le peu de gain sous forme de subventions, se réveillent et se disent : "On pourrait faire bénéficier la communauté de tout cet argent. Comment utiliser l'argent de WaIl Street pour l'investir intégralement dans les entreprises locales ?"
Aujourd'hui, les gens tissent des liens via les communautés. On fait circuler ces idées. Une communauté s'inspire d'une idée, et on voit des régions entières évoluer vers un autre avenir.

HERVE KEMPF, JOURNALISTE, FONDATEUR DU SITE REPORTERRE :-La promesse d'un avenir pacifique et serein, même si ça sera difficile, de ceux qui pensent le monde autrement. Alors qu'il faut éviter la catastrophe écologique climatique, une dimension que le capitalisme est incapable de prendre en compte, ils n'ont plus d'idées.

[Extrait d'un film de communication du GIEC Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat]
-Là est le défi de notre siècle : sortir d'un modèle de croissance qui épuise les ressources, dans un contexte d'urgence climatique.

JEREMY RIFKIN, ECONOMISTE, PRESIDENT DE LA FOUNDATION ON ECONOMIC TRENDS :-On n'a pas encore compris le côte terrifiant de la situation. A chaque hausse de 1 degré, l'atmosphère absorbe plus de précipitations. Le cycle de l'eau est déséquilibré. On voit de fortes précipitations, et ensuite, des épisodes météo extrêmes. Des tempêtes de neige, des inondations printanières plus intenses, une sécheresse estivale longue, des ouragans de catégorie 3, 4 ou 5. Et les glaciers fondent. Nous pourrions perdre jusqu'à 75 % de toutes les créatures et espèces de notre planète dès la fin de ce siècle. Nous ne prenons pas la mesure de la menace contre l'humanité.

HERVE KEMPF, JOURNALISTE, FONDATEUR DU SITE REPORTERRE :-La réponse traditionnelle du capitalisme, c'est: plus de technologie.
"Accélérons la technologie. Faisons du nucléaire, des énergies nouvelles à profusion, sans changer de système fondamental et sans toucher aux rapports sociaux."

LIONEL ASTRUC, AUTEUR DE "(R)EVOLUTIONS" :-On va faire de la géo-ingénierie, par exemple en ensemençant les mers ou en déployant des parapluies solaires pour se protéger du réchauffement. Donc il faut continuer à accélérer, voire même accélérer plus vite, dans une espèce de fuite en avant.

-Il ne s'agit pas d'être contre la technologie, mais de se la réapproprier et de ne pas s'appuyer que sur elle. Il faut orienter notre système économique différemment.

GENEVIEVE AZAM, PROFESSEUR D'ECONOMIE :-Faisons comme si nous étions déjà à la fin du pétrole, et réorganisons la société en fonction de ce manque. Et prenons le temps de cette transition. C'est un raisonnement que ne font plus les gouvernements aujourd'hui.

NARRATEUR :-Piégés par l'accélération, les politiques peinent à nous proposer une vision à long terme. Il faut la chercher ailleurs, dans les mouvements citoyens qui s'activent à la marge, avec ceux qui attendent la transition.

CYRIL DION, DIRECTEUR DU MOUVEMENT DES COLIBRIS :-La transition, c'est comment on passe du modèle de société actuel à un modèle qui doit être profondément écologique et respectueux de l'humain. C'est le passage entre les deux. C'est ça qu'on est en train de vivre en ce moment.

-Des organismes financiers d'un genre nouveau remettent l'économie au service du bien-être humain. Des entreprises, des citoyens, des élus donnent la priorité à une économie réelle, sociale, solidaire, ancrée dans les communautés humaines. Nous créons le Collectif pour une transition citoyenne.
-N'attendons pas le changement. Prenons notre avenir en main. Partout sur la planète.

-Lancé modestement sous un chapiteau de foire, ce collectif fédère pourtant déjà 12 entreprises, associations et banques qui veulent remettre l'humain au cœur de l'économie.

PIERRE RHABI, PHILOSOPHE, PAYSAN, FONDATEUR DU MOUVEMENT DES COLIBRIS :-Le problème, c'est l'être humain. Je dis souvent : "Vous pouvez manger bio, recycler l'eau, et exploiter votre prochain. C'est pas incompatible. Attention au changement qui serait simplement structurel, qui ne serait pas un changement pas humain. Sinon, rien ne changera. La crise a ceci de bon, c'est que, finalement, dans sa déconvenue, dans sa faillite, émergent maintenant les valeurs fondamentales.

NARRATEUR :-Ces vraies valeurs, Pierre Rabhi a souhaité qu'elles s'incarnent à travers les Colibris, un mouvement présent aux 4 coins du pays afin de recréer une dynamique de changement concret sur le terrain.

PATRICK VIBERT, MEBRE DU MOUVEMENT DES COLIBRIS :-On a fait le constat que l'économie tourne dans un seul sens, ne bénéficie pas à la plupart. On est conscient de la pollution, et on fait ce qu'on peut.

-Allez, suis ce trait.

MARIE BARS, MEMBRE DU MOUVEMENT DES COLIBRIS :-A mon sens, ne pas s'adapter à une société malade, c'est plutôt une bonne santé.
-Qui veut semer des laitues ?
-C'est des efforts de cultiver son jardin, de faire les choses soi-même, de réparer au lieu de racheter... C'est pas revenir à la chandelle, mais revenir à l'essentiel, revenir à la simplicité. De quoi a-t-on réellement besoin pour être heureux ?

NARRATEUR :-C'est d'abord à Totnes que le mouvement de la transition est apparu il y a déjà 8 ans.

ROB HOPKINS, FONDATEUR DU MOUVEMENT MONDIAL DE LA TRANSITION :-...

NARRATEUR :-En passant de l'agriculture bio Hopkins a fait de la transition un modèle alternatif qui se décline dans 43 pays. Le fruit d'une communication virale efficace, notamment sur le Web.

ROB HOPKINS, FONDATEUR DU MOUVEMENT MONDIAL DE LA TRANSITION :-Vous pouvez regarder ça et dire : "En quoi ça peut sauver la planète ? Comment, avec quelques arbres, inverser le réchauffement ?"
Mais ça donne aux gens le sentiment de pouvoir changer quelque chose. La transition consiste à ouvrir le champ des possibles. Face à la catastrophe, on ne dira pas : "Que faire ?" Mais plutôt : "OK, on peut faire ceci, cela, cultiver localement..." C'est ouvert à tous. La transition en ltalie est propre aux italiens, idem au Canada. Elle différera suivant les endroits, mais ce sera LA transition.

NARRATEUR :-La transition aurait donc autant de facettes que de groupes actifs. Chacun a ses priorités. A Brooklyn, près de WaIl Street, on veut démocratiser l'accès à une alimentation bio en créant du lien social.

-Toutes les 4 semaines, nos membres travaillent quelques heures. Si vous manquez votre tranche horaire, vous devrez en faire deux.

JOSEPH HOLTZ, FONDATEUR ET DIRECTEUR :-Ici, c'est le bureau de la coopérative. Nous avons 16 000 membres. Ils peuvent soit venir ici, soit appeler pour changer de vacation. C'est compliqué de coordonner ces milliers de gens qui travaillent toutes les 4 semaines.

VALERIE RATRON-NEAL, EMPLOYEE DE LA COOPERATIVE PARK SLOPE FOOD COOP :-Ces 10 dernières années, le taux de membership a vraiment augmenté. Il y a un ras-le-bol avec la crise qu'on a eue. Les gens sont intéressés par les prix, mais beaucoup ont réalisé qu'il y avait un malaise dans la société où on vit.

ALLEN ZIMMERMAN, RESPONSABLE DES ACHATS :-Nous avons très peu de nourriture préemballée. Même le fromage est découpé et emballé ici. En économisant sur le coût de la main-d'oeuvre, ça profite à tous les membres.

LIONEL ASTRUC, AUTEUR DE "(R)EVOLUTIONS" :-La transition a commencé, on est déjà de plain-pied dedans. Il y a une prise de conscience. On est plus qu'on ne croit à avoir envie de changer de paradigme, de système. C'est en train de se propager dans la société, ça devient palpable, et pour autant c'est silencieux.

CHARLES HERVE-GRUYER, PERMACULTEUR :-On a généré un système qui marche sur la tête. L'agriculture moderne artificialise la nature et remplace par plein de pétrole, d'intrants, pesticides, OGM et compagnie. C'est une régression. Notre agriculture moderne repose sur un excèdent de fertilité qui vient du Carbonifère, qu'on a épuisé. Hop, hop ! Il faut 10 à 12 calories de pétrole pour faire une calorie alimentaire. La permaculture s'inspire de la nature. Donc on a aménagé un agro-écosystème qui soit à la fois naturel, qui fonctionne sans intrants, sans arrosage. Il y a une sorte de fécondité qui vient de la nature, que dans notre imaginaire on ne perçoit plus, étant trop coupés de la nature. La nature est féconde. Ce jardin-là est complètement autonome. On va chercher des feuilles mortes, des orties, des adventices comme cette consoude, des racines qui descendent à plusieurs mètres, véritable pompe à minéraux. Et ça fait une source de paillage disponible sur place, et je fertilise, comme ça. C'est un système vieux comme le monde, qui a soutenu des civilisations à forte densité. C'était pratiqué en Chine, par les Grecs, les Mayas. Donc on a un système à la fois autonome et très productif. Et en plus, c'est beau.
Cocorico [57'46]

Il sifflote.


CHARLES HERVE-GRUYER, PERMACULTEUR :-On cherche à recréer un jardin d'Eden, et il est plus productif. Et, 2ème cadeau de la vie, la production est meilleure côte gustatif. Quant au maraîchage, on a démarré une étude avec une unité de l'INRA et d'Agro Paristech. On cherche à valider l'hypothèse que 1 000 m2 de maraîchage bio créent un emploi bien payé.

PERRINE HERVE-GRUYER, PERMACULTRICE :-A l'heure où on cherche à tout prix à licencier, à avoir moins de main-d'oeuvre, à utiliser la machine à la place de l'homme, nous, on fait l'inverse.
Au lieu de donner des aides à de gros céréaliers, c'est à des petits agriculteurs pour recréer des systèmes comme ça, à la fois environnementalement durables, conviviaux, qui créent des emplois.

CHARLES HERVE-GRUYER, PERMACULTEUR :-Ce qui rend l'aventure très belle, c'est que plein de gens cherchent à inventer ce monde de demain. On reçoit beaucoup de visites de gens d’Amérique du Nord, du Sud, du Japon, d'Afrique... Ça peut aller du simple paysan au prof de permaculture cubain... On a reçu une ministre brésilienne, des responsables d'ONG... Ça inspire beaucoup de gens.

PAULINE DE VOGHEL, STAGIAIRE :-Petit à petit, ce sont des graines qui sont semées et vont pousser. Certains vont prendre plus de temps à comprendre... et à faire pousser ces idees, les mettre en pratique. Il faut d'abord penser que c'est possible.

CHARLES HERVE-GRUYER, PERMACULTEUR :-Ça va bien au-delà de la sphère des jardins, ça marche en ville, voire dans toutes les sphères de l'activité humaine. On peut imaginer des entreprises permaculturelles qui donneront plus à l'environnement qu'elles ne prennent, et résisteront à la crise, dans un monde en transition profonde.

PIERRE DARDOT, PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE, CO-AUTEUR DE "LA NOUVELLE RAISON DU MONDE" :-On a tendance à considérer souvent avec un regard un peu moqueur les pratiques alternatives qu'on considère comme nostalgiques, alors que ce n'est pas le cas. Ce qui s'invente, ce sont des formes de vie dans lesquelles, justement, le rapport au temps est très diffèrent. Je crois que l'issue viendra du fait que ces expériences seront capables de se mettre en rapport les uns avec les autres et de transmettre ce qu'elles ont de meilleur à apprendre. Là, on verra des mouvements prendre forme mondialement, à partir d'expériences locales. On le souhaite, c'est la seule alternative possible.

BLAKE JONES, PDG DE NAMASTE SOLAR COOP :-Il y a 10 ans, vous n'auriez pas vu un seul panneau solaire au Colorado. Aujourd'hui, dans n'importe quel quartier, vous en verrez. Nous serions ravis que plus de gens aient leurs propres moyens de production électrique. Au lieu de toujours dépendre d'une compagnie centralisée pour acheter leur électricité. C'est une grande maison. Mais si la maison n'a pas besoin de toute cette électricité car elle est peu occupée, avec peu d'appareils en marche, le compteur tournera à l'envers et créditera le client pour l'électricité exportée.
Ses voisins pourront l'utiliser.
Ici, au Colorado, plus de 70 % de notre électricité provient du charbon, c'est sale. Nous voulons nous en débarrasser.

DAN YECHOUT, DIRECTEUR DES VENTES, COLLABORATEUR ASSOCIE :-Une fois par mois, nous exerçons ici notre démocratie. C'est un peu notre parlement, on en est tous membres. Nous nous asseyons en cercle dans cette pièce, nous sommes cinquante, nous étudions les finances, le nombre d'installations effectuées, nous voyons les ressources humaines... 1 personne, 1 voix.

BLAKE JONES, PRESIDENT ELU, COLLABORATEUR ASSOCIE :-Je crois que nous voulons gagner de l'argent, mais pas seulement. Les entreprises devraient maximiser les bénéfices pour tous les partenaires, pas que les actionnaires. Donc les employés, clients, investisseurs, l'environnement, la communauté, les fournisseurs... tous ceux que l'entreprise devrait favoriser.

JEREMY RIFKIN, ECONOMISTE, PRESIDENT DE LA FOUNDATION ON ECONOMIC TRENDS :-Il y a déjà des millions de gens dans des coopératives énergétiques. Hors frais technologiques, le soleil est gratuit. Mais on continue à exploiter des énergies fossiles chères et polluantes. On diminue ainsi la productivité malgré ce potentiel à portée de la main. Donc, ou bien nous sommes stupides, ou nous n'avons pas pris le temps de nous arrêter pour réfléchir et saisir ces opportunités.

NARRATEUR :-Et l'exemple pourrait aussi venir du Sud. Comme ici, au Rajasthan, dans une Inde en plein boom, mais où le modèle de croissance occidental est loin de faire l'unanimité chez les habitants.

BUNKER ROY, FONDATEUR ET DIRECTEUR DE L'UNIVERSITE DES VA-NU-PIEDS :-La croissance pour qui, aux dépens de qui ? Il y a des millions de gens qui n'ont pas de logement, n'ont pas accès à l'éducation, à l'eau potable. La croissance devrait leur revenir. Malheureusement, tout est fait pour rendre le pauvre plus dépendant du riche et des villes.

RAM NIWAS-REEL, DIRECTEUR DE L COMMUNICATION :-Ce campus fonctionne à l'énergie solaire. Nous recevons plus de 80 kW en solaire. Ici, c'est 5 kW, là, 5 kW. Là, 10 kW, et encore 10 kW. Tous les besoins du campus sont couverts par des panneaux et chauffe-eau solaires. Tout est entretenu par des gens d'ici. Voici un four solaire parabolique. Il permet de cuisiner pour 50 personnes. Il est fabriqué par des paysannes analphabètes ou peu lettrées. Le matin, l'appareil se tourne vers le soleil. Tout est automatique. Car ici, il y a un pendule.
Tic-tic... tic-tic... Ça marche avec des roues et des chaînes de vélo. On utilise du matériel trouvé sur place et disponible partout. C'est un travail hautement technique, mais de la technologie démystifiée.

BUNKER ROY, FONDATEUR ET DIRECTEUR DE L'UNIVERSITE DES VA-NU-PIEDS :- Le point le plus important du modèle Barefoot est sa simplicité. Les gens peuvent le comprendre. Aucune théorie, juste de la pratique.

-Je viens de la Côte d'ivoire. Nous sommes là pour 6 mois. Après les 6 mois, nous allons partir.

-Ici, on fait nos "solar panels", et on sera ingénieurs car aux Comores, il manque d'électricité.

-On est quatre Mexicaines, on est vraiment heureuses. On n'a pas d'électricité chez nous, dans notre village.

-Ça va nous apporter la lumière. Et ça sera gratuit... ça sera gratuit.

BUNKER ROY, FONDATEUR ET DIRECTEUR DE L'UNIVERSITE DES VA-NU-PIEDS :-Leur point commun : l'illettrisme. La communauté les a sélectionnées et a approuvé le fait qu'elles viennent ici. C'est une université réservée aux pauvres. Nous voulons montrer que toute femme illettrée peut quitter son milieu, être amenée en Inde, formée en langue des signes, et devenir ingénieur en énergie solaire en 6 mois.

BHAGWAT NANDAN, COORDINATEUR DE LA FORMATION ENERGIE SOLAIRE :-Ce manuel est nouveau. Il enseigne uniquement à l'aide de photos. Tout l'apprentissage est en photos. Une lampe, 98 photos. Ouvrez le livre, et le circuit est monté. Repartez chez vous et sans problème, vous installez, entretenez, tout est mémorisé.

-Jamais on aurait imaginé être capable de fabriquer ça.

-On va intéresser du monde. Avec ce qu'on a appris ici, on va trouver les matériaux et former les autres à une énergie simple, bon marché. En plus, c'est une énergie qui ne pollue pas, une bonne énergie. Notre planète est déjà trop polluée par les combustibles. On doit donc faire attention à elle.

Les femmes saluent Bunker Roy.

-Le modèle Barefoot a démontré qu'il est possible de vivre décemment en fonction des moyens disponibles, possible de ne pas abuser des ressources naturelles, et de mener une vie simple pour permettre aux autres de vivre, tout simplement.

Elle traduit en anglais.

-Nous travaillons dans 64 pays à travers le monde. Le Barefoot College démontre qu'on peut mélanger tradition et modernité.
C'est la solution. Il faut redonner confiance aux communautés, leur permettre d'administrer, de superviser les choses. C'est ce que fait le Barefoot College depuis 15 ans.

-On peut reproduire ce modèle n'importe où, partout. C'est en train de se produire. Seules les 300 grands-mères ingénieurs solaires en Afrique ont cette compétence. Tous les hommes sont partis. Qui reste sur place ? Ces femmes ingénieurs solaires.

-Chez nous, en Côte d'ivoire, il fait pas froid.

GENEVIEVE AZAM, PROFESSEUR D'ECONOMIE :-Ce sont des groupes sociaux pauvres, dans des pays pauvres, qui nous disent: "Votre croissance, le productivisme, nous n'en voulons pas. Car nous savons que ça détruirait nos écosystèmes." Ils nous parlent de nous aussi, de notre rapport au monde, de l'extraction que nous avons faite de nos ressources. Et du fait que c'est les pays de dite "haute civilisation" qui aujourd'hui mettent la planète vraiment en péril.

ESPERANZA MARTINEZ, PRESIDENTE DE L'ONG "ACCION ECOLOGICA" :-Nous vivons dans une logique de consommation, d'exploitation pétrolière absolue, qui plonge la planète dans la crise. Nous devons changer de modèle. On a donné à ce changement un nom quechua, car il faisait revivre un thème central du monde indien : la relation avec l'environnement, en quechua "sumakausay". En espagnol, on le traduit par "buen vivir", mais ça signifie beaucoup plus que "bien vivre". C'est vivre en plénitude, et il y a une connotation esthétique forte : "sumak" veut dire "vivre dans la beauté". Ces peuples sont en train de sauver nos utopies.

ALBERTO ACOSTA, ECONOMISTE, PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE NTIONALE CONSTITUANTE :-Le mouvement indigène, les syndicats, les paysans, ceux qui voulaient un changement ont contribué à la résistance et à la construction de propositions. Ce travail collectif a permis d'introduire ces principes dans la constitution : le "sumakausay", les droits de la nature, dont le droit à l'eau comme droit fondamental.

JOSE CUEVA, AGRONOME, ASSOCIATION DES PRODUCTEURS DE CAFE RIO INTAG :-Ici, nous pratiquons un système agroforestier. On cultive un mélange de café, de fruits, d'arbres. Ces gens m'ont beaucoup appris. J'espère pouvoir un jour récompenser ce savoir donné.
Pour eux, le bien vivre, c'est la famille, les amis, les fêtes, la "minga"... c'est quoi ?
C'est le travail, mais un travail en communauté. On partage les coups de main, mais aussi les repas, les blagues, la transmission du savoir et des informations... C'est ça, la "minga".

ALBERT ACOSTA, ANCIEN MINISTRE DE L'ENERGIE ET DES MINES :-Le "buen vivir", le "sumakausay", ça ne surgit pas seulement du Pérou ou de la Bolivie, de ces territoires andins. C'est une proposition qui s'accorde avec d'autres visions inspirées par la construction dé sociétés visant les harmonies, pas l'accumulation, pas la compétition entre humains. Pas simplement l'"avoir" et le "faire toujours plus", mais l'idée de vivre mieux, d'une façon plus respectueuse de la nature. Nous devons relever ce défi et laisser une terre vivable, toujours meilleure, à nos enfants et petits-enfants.

PIERRE DARDOT, CO-AUTEUR DE "COMMUN, ESSAI SUR LA REVOLUTION AU XXIème SIECLE" :-Il faudrait penser à introduire dans le droit la reconnaissance des choses communes et qui doivent le rester : les semences, l'eau...
Il y a tout un chantier, politique au sens large, à ouvrir, qui est la question de la place que nous devons réserver à ce qui doit résister à toute forme d'appropriation.

JEREMY RIFKIN, ECONOMISTE, PRESIDENT DE LA FOUNDATION ON ECONOMIC TRENDS :-Nous devons abandonner cette manière de faire. Il nous faut une nouvelle vision économique, une nouvelle stratégie opérationnelle. Nous devons être indépendants des énergies fossiles d'ici 35 ans. C'est pour ça que je travaille sur une 3ème révolution industrielle, sur le rétablissement du bien commun.

NARRATEUR :- Combattre les intérêts de quelques-uns, privilégier le bien commun pour faire face aux urgences à venir, c'est peut-être ce dont il s'agit à Notre-Dame-des-Landes. Toute la population a fait d'un projet d'aéroport le symbole d'une lutte pour protéger 2 000 ha de terres. En France, l'urbanisation de terres agricoles par an. 'Paysans, paysannes, collectifs agricoles, amis de lutte, ici comme ailleurs, nous faisons de l'occupation pour défendre ce bien commun qu'est la terre. Parce qu'ils sèment le désert, ils récolteront la révolte et la lutte.

Cris, applaudissements.


-"Sème ta ZAD" est aussi une manière d'imaginer ce que sera la zone après l'abandon de leur grand projet inutile et imposé. Nous luttons contre un aéroport et le monde qui va avec.
Nous voulons mettre en place une communisation des terres. Nous prenons la terre pour promouvoir l'autonomie alimentaire contre Partificialisation.

-Ça fait aussi partie du progrès que de lutter contre lui, que d'empêcher qu'il nous mange... Ce qui se passe ici est anodin pour l'histoire et en même temps d'une grande importance, ce sera une brique de plus. On peut pas se soucier à ce point et investir à ce point autant de moyens pour construire un aéroport dans un tel lieu et en même temps ignorer que des tas de gens n'ont rien à bouffer, n'ont pas de toit, sont dans l'angoisse perpétuelle de perdre leur emploi ou de ne pas savoir si, quand ils vont partir en vacances, au retour, on ne va pas leur dire : "La boîte ferme, allez bosser ailleurs." Çà, ça nécessite qu'on y mette des moyens. L'aéroport, c'est un faux prétexte pour faire croire aux gens que grâce à ça, ils vont travailler. Non, c'est un maillon de plus de la chaîne.

-Les gens ont peur de manquer de plein de choses, de galérer, de pas s'en sortir. une fois que t'as enlevé ce facteur peur, en te disant que ça va bien se passer, tu te rends compte que... la vie est belle, parce qu'elle va dans ton sens. si t'as plus peur, t'as gagné.

HERVE KEMPF, AUTEUR DE "FIN DE L'OCCIDENT, NAISSANCE DU MONDE" :-C'est une contestation qui prend en Europe une forme intéressante car très positive. Elle exprime clairement, par l'idée "grands projets inutiles", une remise en cause très claire des politiques qui sont imposées à l'heure actuelle.

ROB HOPKINS, PERMACULTEUR, FONDATEUR DU MOUVEMENT MONDIAL DE LA TRANSITION :- Partout, des citoyens se mobilisent pour faire émerger un système viable à long terme, mais ça ne suffira pas.

Applaudissements

TIM JACKSON, ECONOMISTE, AUTEUR DE "LA PROSPERITE SANS CROISSANCE" :-Il faut des réglementations pour éliminer les pires excès du capitalisme casino. Et il faut un milieu stable pour permettre l'épanouissement des initiatives.
Et il faut en effet des politiciens courageux pour dire toutes ces choses.

-Et le vent nouveau du courage politique pourrait bien venir d'Amérique latine, là où a été mis en oeuvre le "buen vivir".

-nous accueillons Rafael Correa, président de l'Equateur !

Applaudissements

-Rencontre exceptionnelle organisée à l'occasion de la sortie de son livre, "De la République bananière à la non-république".

RAFAEL CORREA, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE D'EQUATEUR :-Alors que la crise frappe de toutes ses forces certains pays d'Europe, c'est avec inquiétude que nous les observons commettre les mêmes erreurs que celles dont nous subissons encore les conséquences.
On nous a fait croire que tout était une affaire technique, en déguisant les idéologies en sciences.
J'estime que le principal défi de l'humanité, dans ce siècle, est de s'affranchir du joug du capital.
Qui commande dans une société ?
Les êtres humains ou le capital ?

BUNKER ROY, FONDATEUR ET DIRECTEUR DE L'UNIVERSITE DES VA-NU-PIEDS :-L'élite devra écouter la pression de la masse.
Ils n'ont pas le choix.
Mahatma Gandhi a dit : "D'abord, ils vous ignorent.
Ensuite, ils se moquent, puis vous combattent.
Et à la fin, vous gagnez."

La société est en marche !

FIN

C'ÉTAIT L'URGENCE DE RALENTIR

ÉCRIT, FILMÉ ET RÉALISÉ PAR PHILIPPE BORREL

D'APRÈS UNE IDEE ORIGINALE DE NOËL MAMÈRE...


Une transcription écrite est proposée par Téléscoop au lien :
http://telescoop.tv/browse/626437/l-urgence-de-ralentir.html

 

AUTRES INFORMATIONS :

Sur Facebook - L'urgence de ralentir : https://www.facebook.com/profile.php?id=100007858845658

Lu au lien : http://www.arte.tv/guide/fr/048763-000/l-urgence-de-ralentir

BEN : Ce docu s'inspire du livre Un Million De Revolutions Tranquilles, paru en 2012 et reprend une grande partie des exemples qu'il expose. Est-ce qu'il crédite ce livre ?

http://www.amazon.fr/million-r%C3%A9volutions-tranquilles-B%C3%A9n%C3%A9dicte-Manier/dp/B0088B3JCE

 

COMMENTAIRES :

Lu au lien : http://www.arte.tv/guide/fr/048763-000/l-urgence-de-ralentir
CADALIE : sujet fondamental vital
alors pourquoi et toujours à 22h40 ??????????


Lire l'éditorial paru dans Libération au lien : http://www.liberation.fr/economie/2014/08/31/eloge-de-la-lenteur_1090869

Libération - ÉDITORIAL de J.-C. Féraud : Éloge de la lenteur

Ralentir face à la fulgurante accélération à laquelle le turbocapitalisme numérique soumet l’humanité connectée.
Retrouver le temps de vivre et de penser sa vie et son travail, nonobstant l’idéologie triomphante de l’urgence et de la performance.
Résister aux stimuli permanents qui déferlent sur tous les écrans et dévorent notre attention.
Défendre nos dernières poches de non-productivité face à ce Capitalisme à l’assaut du sommeil pointé par l’universitaire américain Jonathan Crary dans le livre du même nom…
Pour le quidam pressé de travailler plus et plus vite pour ne pas gagner plus, la tentation est grande d’appuyer sur le frein en cette grise rentrée où un gouvernement élu à gauche dit précisément vouloir encore «accélérer» le rythme des réformes libé rales.
Diffusé mardi soir sur Arte, le documentaire l’Urgence de ralentir de Philippe Borrel nous y invite en allant voir ces «refuzniks» qui ont décidé de redonner du temps au temps.
Ces réfractaires à «l’accélération» caractérisée par le sociologue allemand Hartmut Rosa comme «l’anéantissement de l’espace par le temps» ne sont pas légion.
Et leurs «slow» initiatives, sur tous les fronts du travail, de l’alimentation et des modes de vie, restent disparates et sans doute vouées à la marginalité.
«L’essence de la technique» chère à Heidegger aurait-elle aboli la lenteur ?
Va-t-elle changer la condition humaine comme le souhaitent les transhumanistes ?
On peut le craindre.
Car nous vivons désormais dans un présent suspendu, dans l’hypnose du temps réel numérique, sans passé ni futur.
Et nous y prenons du plaisir : « La vitesse est la forme d’extase dont la révolution technique a fait cadeau à l’homme. […] Notre époque est obsédée par le désir d’oubli et c’est pour combler ce désir qu’elle s’adonne au démon de la vitesse », écrivait un Milan Kundera visionnaire en 1995.
Aujourd’hui, il y a urgence à refaire son éloge de la Lenteur.

Jean-Christophe FÉRAUD

Photo parue sur Facebook de "L'urgence de ralentir" : https://www.facebook.com/profile.php?id=100007858845658



Lire l'article paru dans Libération
au lien http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2014/09/01/le-grand-slow-dans-le-vide_1091702

Le grand slow dans le vide : « L'urgence de ralentir »
DOCU Sur Arte, le réalisateur Philippe Borrel fait le tour d’initiatives axées sur la décroissance, qui invitent à un autre rapport au temps.
Longtemps, l’homme s’est appliqué à prendre son temps pour aller loin. Avait-il d’ailleurs le choix ? Aujourd’hui, c’est l’inverse. Il ne prend plus le temps de rien et ne va nulle part. Après Un monde sans humains qui explorait le rapport homme-machine, Philippe Borrel continue de dévider sa pelote, aidé en cela par Noël Mamère, et interroge notre rapport au temps. En quelques décennies, celui-ci a radicalement changé. La faute aux technologies de l’information et à leurs algorithmes si puissants qu’ils ont largement supplanté les cerveaux humains. L’homme va plus vite mais il n’avance plus, il fait du surplace, pire, il creuse sa tombe.
Avec son film-mosaïque, Philippe Borrel nous ramène à cette évidence : sans freins, l’humanité va se prendre un joli mur, et à toute berzingue de surcroît ! «Au moins, un suicidaire sait qu’il va se suicider», ironise presque Edgar Morin. Dans son premier tiers, le documentaire est impitoyable. L’accélération décrite crée une sensation de vertige. Peut-on indéfiniment compresser le temps et imposer à nos cerveaux la multiplication infernale de tâches aussi ineptes qu’irréfléchies (surconsommer par exemple) ?

«L'urgence de ralentir»

Chemins.
Comme le dit le sociologue Hartmut Rosa, «nous allons plus vite, mais nous sommes encore plus stressés». Normal puisque «le temps économique, ce temps vide, a tout absorbé du temps humain», affirme la prof d’économie et porte-parole d’Attac, Geneviève Azam. La preuve avec les transactions financières à haute fréquence. Les algorithmes des sociétés boursières (qui répondent aux doux noms de «sniper», «guérilla»…) ont pris le pas puisque 70% des transactions sont réalisées par les machines aux Etats-Unis.

Fort de ce constat, le film nous fait emprunter des chemins de traverse qui sentent bon la clé des champs, le retour à la terre ou la réappropriation d’ancestraux savoir-faire. «Je voulais aborder le contrechamp de la critique du technocapitalisme, confie Borrel, aller du côté de ceux qui décélèrent et qui s’extirpent du rouleau compresseur.» L’introduction de monnaies locales, l’émergence des mouvements de transition, la transmission des connaissances aux plus démunis…, le film part à la rencontre de ces initiatives en marge des centres commerciaux qu’on voit trop rarement dans les médias, en ville, à la campagne, dans les pays industrialisés ou émergents. Car ceux qui freinent sont légion. Le cerveau aussi fertile qu’un compost, ils inventent de nouvelles façons de traverser l’existence.

« L'urgence de ralentir »

Pied de nez.
Inventer, réellement ? Ne signeraient-ils pas plutôt un immense retour à ce fameux bon sens qui a permis aux hommes de traverser pas mal d’époques ? A Brooklyn, les membres de la Park Slope Food Coop, coopérative alimentaire riche de 16 000 membres, reprennent la main sur le contenu de leur assiette et proposent une nourriture saine bon marché. Ils donnent tous un peu de leur temps - près de trois heures toutes les quatre semaines - pour faire vivre ce magasin qui adresse un magnifique pied de nez, pour ne pas dire autre chose, à l’industrie agroalimentaire. A Romans-sur-Isère, dans la Drôme, les habitants peuvent payer en «mesure», monnaie locale qui leur permet de dire merde au système bancaire, à leur «mesure».

C’est bête, mais ces initiatives donnent envie de se retrousser les manches. Attention, ce que dit clairement le film, c’est que ces inventions sont insuffisantes tant qu’elles ne sont pas relayées par le monde politique. Si cette kyrielle d’initiatives se contentent d’être individuelles et positives, elles seront à terme récupérées par le capitalisme sous la forme - déjà largement surinvestie - du développement durable. Si, pendant que Pierre, Paul et Jacques bêchent leur jardin, le capitalisme achève de tout monétiser, de tout vendre et de tout déballer, cela ne sert pas à grand-chose.

Laure NOUALHAT

Photo parue sur Facebook de "L'urgence de ralentir" : https://www.facebook.com/profile.php?id=100007858845658




 

ENTRETIEN AVEC NOËL MAMÈRE

Complément au documentaire : L'URGENCE DE RALENTIR

Arte - Mercredi 3 septembre 2014 à 0h05 - Débat

VIDÉOS - LE CONCEPT - TRANSCRIPTION ÉCRITE - AUTRES INFORMATIONS - COMMENTAIRES

Entretien avec Noël Mamère, député écologiste, sur les initiatives qui émergent à travers le monde pour redonner sens au temps.




Télécharger avec Captvty pendant 6 jours :
http://captvty.fr/

Revoir sur Youtube pendant 6 jours :
https://www.youtube.com/watch?v=nU0el8n-uGE (7'26)


Voir le film sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/054925-005/entretien-avec-noel-mamere

ou avec Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x254isr_entretien-avec-noel-mamere_tv



LE CONCEPT :

Résumé paru sur le site d'ARTE au lien :
http://www.arte.tv/guide/fr/054925-005/entretien-avec-noel-mamere

Entretien avec Noël Mamère, député écologiste, sur les initiatives qui émergent à travers le monde pour redonner sens au temps.

Né le 25 décembre 1948 à Libourne (Gironde), Noël Mamère, ancien journaliste, est un homme politique français de sensibilité écologiste.
Il est actuellement maire de Bègles, député de la 3ème circonscription de Gironde et vice-président de la Communauté Urbaine de Bordeaux.
Il est diplômé de l’Institut d’études politiques de Bordeaux et titulaire d’un doctorat en communication.

Mots clés : ralentissement, entretien, écologie, Noël Mamère, temps

 

Lu sur les programmes télé : http://www.programme.tv/entretien-avec-noel-mamere-82356564/ ou http://programme-tv.nouvelobs.com/interview/entretien-avec-noel-mamere-923934/

Ecologiste convaincu, Noël Mamère se confie sur la genèse de « L'Urgence de ralentir », réalisé par Philippe Borrel.
Il évoque également les grandes questions soulevées par cette enquête militante.

 


TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION, À PARTIR DES SOUS-TITRES :

Aucune transcription

 

AUTRES INFORMATIONS :

Noël Mamère dans le site de EELV : http://noelmamere.eelv.fr/

Noël Mamère sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/No%C3%ABl_Mam%C3%A8re

 

COMMENTAIRES :

Sur Arte : http://www.arte.tv/guide/fr/054925-005/entretien-avec-noel-mamere?autoplay=1#details-comments




 

 

 

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